Droit et société
Ed. juridiques associées

I.S.B.N.2275021086
336 pages

p. 557 à 581
doi: en cours

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n°48 2001/2

2001 Droit et société

Les avatars de la citoyenneté en Algérie coloniale ou les paradoxes d’une catégorisation

Laure Blévis
L’Algérie coloniale a constitué une situation singulière au regard de la tradition juridique française puisque la citoyenneté et la nationalité s’y trouvaient distin-guées en droit, aux dépens des Algériens « indigènes » qui, reconnus français, se voyaient refuser le titre de citoyen. Cet article se propose de retracer le processus de production et de catégorisation de la citoyenneté dans le droit colonial algé-rien, en soulignant la négation continue de l’exception coloniale qui est à l’Å“uvre dans cette recherche de la cohérence juridique. L’étude conclut à l’incomplétude et à l’inachève¬ment de cette formalisation juridique, qui, bien loin d’être une don-née, se révèle être une contrainte et parfois une ressource argumentative pour les acteurs de la colonie. The Metamorphosis of Citizenship in Colonial Algeria : A Paradoxical Categorization
Colonial Algeria was in a peculiar situation in regards to the French legal tradition, since citizenship and nationality were legally distinguished : the natives, the Indigènes, were recognised as French but were rejected as citizens. The purpose of this article is to trace the categorization of citizenship in Algerian colonial law. It becomes clear then that, through this attempt to construct a legal coherence, the exceptional character of colonial domination was continuously denied. In conclusion, this legal formalization appears to be incomplete and imperfect ; instead of being a fact, it seems to have constrained – and sometimes even to have offered argumentative possibilities to – colonial actors.
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