2004
Revue du Mauss
Dossier: Une théorie sociologique générale est-elle pensable ? / B. De quelques obstacles à l’élaboration d’une théorie sociologique générale - La sociologie, science ou discipline?
« Mais qu’est-ce que la sociologie?»
Jean Baechler
Je conçois la sociologie comme une discipline et non comme une science.
Elle partage ce statut avec la philosophie et l’histoire. Toutes trois sont à
ranger dans une classe distincte de celle où l’on trouve les sciences économique, politique, religieuse, démographique et autres. Les deuxclasses
peuvent se croiser, car elles ne se situent pas dans le même champ cognitif. On est justifié de parler de philosophie, d’histoire et de sociologie démographiques, religieuses, politiques, économiques et autres. Pour comprendre
et peut-être justifier ces distinctions, sur lesquelles me paraît reposer l’exploration rationnelle du règne humain, il suffit d’admettre que les objets
composant celui-ci se rangent de nature dans des ordres distincts et que
chaque objet peut et doit être saisi à trois niveaux différents de réalité.
Prenons un exemple limpide dans le seul livre jamais écrit qui puisse
prétendre être définitif, le De la guerre de Clausewitz. Il porte sur un objet
distinct, la guerre, susceptible de fonder une science consacrée à son exploration rationnelle. Cette science, que l’on a proposé d’appeler « polémologie » – pourquoi pas ? –, est un département de la science politique, car
la guerre est un phénomène politique. Dans ce livre, Clausewitz s’est livré
à l’analyse la plus rigoureuse et la plus profonde, pour réussir à définir et
à saisir l’objet de la guerre à son niveau conceptuel de réalité. La définition conceptuelle une fois posée sur des fondements solides, une masse
immense et presque infinie d’événements et de phénomènes s’est offerte à
son attention, dont il a choisi d’excepter les guerres napoléoniennes, celles
de Frédéric II et, plus secondairement, celles de l’Antiquité grecque et
romaine. Chacune de ces guerres a été un événement historique, qu’il a
fallu reconstituer, tant bien que mal, dans sa singularité irréductible à l’aide
de documents toujours lacunaires. Clausewitz ne s’est pas ou peu occupé
de ce travail d’historien, du moins dans De la guerre, mais il s’est nourri
des travaux des historiens militaires. Pour faire quoi ? Eh bien, de la socio-logie ! En effet, après avoir construit en philosophe son objet dans sa réalité
conceptuelle, il ne se lance dans le récit d’aucune guerre en particulier, mais
se sert de son immense culture en histoire militaire pour mettre en évidence
et expliquer des particularités, par exemple celles introduites par la Révolution
et l’Empire dans l’art de la guerre en Europe. Car ces particularités,
vécues par lui en tant que général prussien, lui sont apparues comme une
question majeure, dont la réponse éventuelle ne pouvait être trouvée que
par les efforts réunis de la philosophie, de l’histoire et d’une troisième discipline, dont le projet propre est de réunir un certain nombre de cas historiques et de les comparer entre eux, de manière à se donner les moyens de
repérer et de peser les facteurs qui affectent la transition de l’Un au Multiple
ou du Même à l’Autre.
J’aurais pu prendre un autre exemple dans la Politique d’Aristote, où
l’on retrouve la même démarche triple : une analyse conceptuelle, une moisson de cas historiques, une comparaison entre les cas, pour réussir à expliquer leur diversité à la lumière du concept. Je tiens Aristote pour le fondateur
de la sociologie, sans le mot. Si l’on généralise ces deuxexemples glorieux,
on parvient à une conception cohérente, dont je me contenterai de vous
énoncer les propositions les plus générales. Dans tout objet du réel
humain – et peut-être du réel en général, mais je ne suis pas compétent pour
parler des règnes physique et vivant –, il existe un niveau de réalité universel, qui se retrouve identique dans tous les objets de la même classe. Au
pôle opposé à celui de l’universalité, chaque objet a aussi son niveau de
réalité singulier, qui le rend unique, incomparable et à jamais inconnaissable de manière exhaustive. Entre ces deux niveaux se trouve une succession de niveaux de particularité, qui ne peuvent être détectés que par la
comparaison entre cas singuliers. Il y a la guerre, la révolution, le régime
politique, comme il y a la guerre du Péloponnèse, la Révolution française
et la république de Venise. Mais il y a aussi la guerre, la révolution, le régime
politique dans les cités, où ils se présentent avec des caractères intelligiblement distincts de ceux que l’on rencontre dans le monde tribal, dans les
empires ou dans le concert des nations européennes. La singularité exclusive de la guerre du Péloponnèse est, aussi et par ailleurs, une guerre du
monde des cités grecques, dont on chercherait en vain un parallèle dans
les histoires chinoise ou indienne, alors qu’il s’en présente un en Europe
deux mille trois cents ans plus tard dans la seconde guerre de TrenteAns
( 1914-1945). Le rapprochement est justifié par la considération que, dans
l’un et l’autre cas et pour des raisons qu’il est possible de repérer, les
conditions ont été réunies, qui engagent la guerre dans sa destination conceptuelle de la montée aux extrêmes et de la lutte à mort ou guerre totale.
En quarante ans de travail soutenu, il m’a été jusqu’ici impossible de
repérer un seul événement humain, qu’il s’agisse de suicides, de révolutions, de régimes politiques ou économiques, de castes, de civilisations, qui
n’exigeât l’effort d’une démarche conjointement philosophique, historiographique et sociologique. De quelque point de vue que l’on parte, la nature
des choses et la logique de la connaissance scientifique impose, si l’on
creuse assez loin et profond, de rejoindre les deux autres. Mais, me direz-vous, comment expliquez-vous que la sociologie n’apparaisse qu’au
XIXe siècle, alors que la philosophie et l’histoire existent depuis
deux mille cinq cents ans au moins ? L’objection n’est que partiellement
vraie. L’analyse des révolutions dans les cités par Aristote est de la socio-logie impeccable. Ibn Khaldun a produit, dès le XIVe siècle, un monument
de la sociologie politique. En cherchant bien, on trouverait d’autres précurseurs un peu partout, Sima Qian en Chine, Nizam al-Mulk en Iran,
Jean Bodin en Europe. Mais il demeure que le point de vue sociologique
a été inauguré en tant que tel dans De l’esprit des lois de Montesquieu et
que c’est une discipline reconnue depuis le XIXe siècle seulement.
La présente interprétation suggère une explication de ce décalage chronologique entre les trois disciplines. La philosophie et l’histoire naissent
de développements néolithiques qui ont abouti à la mise en place des grandes
aires culturelles, chinoise, indienne, asiatique antérieure, européenne, mésoaméricaine. Partout, la philosophie émerge de transformations avant tout
religieuses, alors que l’histoire est plutôt dans la dépendance d’évolutions
politiques. Ces développements néolithiques se sont étendus sur cinq à
septmilleans et ont abouti à la définition d’aires repliées chacune sur elle-même. Dans ce contexte, la comparaison ne va pas de soi, car le temps
déborde la documentation et pousse l’historiographie dans le mythe, la
légende et l’épopée, et l’espace est maintenu clos sur l’extérieur. Il a fallu
l’émergence de la modernité en Europe, l’analogue de la mutation néolithique, pour que son caractère explosif et inflatoire et son extension quasi
instantanée à la planète et à l’humanité entières imposassent l’urgence d’en
proposer une explication plausible. Le choc de la modernité a ébranlé jusque
dans ses fondements la philosophie dès le XVIIe siècle, a imposé à l’histoire
une mue profonde à partir du XVIIIe siècle et donné l’occasion à la sociologie
de se différencier au XIXe siècle.
En définissant la sociologie comme une discipline attachée à la particularité et distincte à la fois de la philosophie consacrée à l’universalité et
de l’histoire appliquée à la singularité, et en rapportant sa naissance tardive à la modernisation, j’entrevois la possibilité d’expliquer trois développements contemporains notables. La sociologie s’est mise au pluriel, au
risque de perdre son identité. Elle subit, du fait de sa date de naissance, l’attraction de l’idéologie. Tout ce qui parle et écrit fait à longueur de journée
de la sociologie sans le savoir. Ces trois développements, probablement
inévitables, ont brouillé l’identité de la discipline, terni sa réputation et valu
à ses praticiens maintes avanies.
La sociologie s’est mise au pluriel par deuxvoies tout à fait distinctes.
La première est imposée par son statut disciplinaire. En tant que spécialiste
de la particularité et de la particularisation, la sociologie a pour objectif de
contribuer à l’explication des faits humains, en postulant qu’ils ne sont
jamais les résultats exclusifs de développements spontanés et endogènes,
qui feraient passer de l’unité de la nature humaine à la diversité de ses
expressions culturelles. Le postulat a un corollaire : l’explication d’un fait
humain ne peut pas être trouvée exhaustivement dans le segment du réel
dont il est originaire, elle doit aussi repérer et peser les contributions de
faits originaires de segments différents du réel. Un événement politique
évoque nécessairement des développements économiques, religieux, démographiques ou autres, et réciproquement. La ou les clés du réel perçu sont
toujours en partie ailleurs. Pour les trouver, il n’est pas d’autre piste d’enquête que la comparaison entre plusieurs cas. Si l’on prétend expliquer
pourquoi le capitalisme est né en Europe, on ne voit pas comment il serait
possible de procéder autrement que Max Weber : après avoir atteint une
définition plausible de l’objet, ce qui n’est pas une mince affaire, il faut
aller voir là où le capitalisme n’est pas né ou est né incomplètement et épisodiquement, en Chine, en Inde et ailleurs, dans l’espoir de repérer la ou
les particularités européennes qui pourraient plausiblement en être responsables et dont le postulat sociologique stipule qu’elles ne sont pas économiques, sous peine de tautologie ou de pétition de principe, mais religieuses,
éthiques, politiques, cognitives, démographiques ou autres. Le fait que la
sociologie soit, de nature, tendue entre la philosophie et l’histoire impose
un premier dédoublement de la discipline. Les uns, comme Durkheim et
Pareto, inclinent par tempérament intellectuel à la mise en évidence systématique des corrélations et à la construction de modèles explicatifs du réel.
Logiquement, ils doivent prendre en compte la totalité de l’aventure humaine
dans toutes ses expressions particulières, non pas au sens où ils devraient
tout savoir, ce qui est absurde, mais en ce que les échantillons de cas doivent être représentatifs, qu’ils construisent pour élaborer leurs théories.
De là, le statut anecdotique et artificiel des partages de la matière historique entre l’archéologie préhistorique, l’ethnologie et l’ethnographie,
l’orientalisme et d’autres rubriques administratives. Les autres, comme
Tocqueville et Weber, inclinent plutôt vers l’histoire et ne s’imposent des
détours comparatifs et théoriques que pour en appliquer les enseignements à l’événement historique qui les intéresse, l’égalisation des conditions en Europe ou la naissance du capitalisme. Les premiers sont plus
volontiers théoriciens, les seconds plutôt des historiens sociologues.
Une seconde occasion, tout aussi inévitable et légitime, de mettre la
sociologie au pluriel, naît de la distinction entre discipline et science. En
tant que discipline, la sociologie n’a pas d’objet propre, pas plus que la philosophie ou l’histoire. L’aventure humaine tout entière est leur objet. Mais
notre entendement est ainsi fait qu’il ne peut saisir avec une rigueur satisfaisante que des segments du réel humain. Chaque segment est pris en charge
par une science, la démographie, la politologie, la criminologie, la suicidologie, la science économique, et ainsi de suite. De ce fait, la sociologie
se spécialise inévitablement et risque d’y perdre son identité. La situation
est, en fait, plus grave. De deux choses l’une. Ou bien les compétents dans
chaque science, les économistes, les démographes, les politologues, recourent alternativement aux points de vue philosophique, historique et socio-logique selon les questions à résoudre, et ils courent un risque sérieux de
le faire en amateurs. Le risque est le plus grand pour la sociologie, dont le
point de vue propre et le postulat interdisent de s’en tenir à un segment du
réel. Un économiste sociologue doit avoir plus que des idées vagues sur le
politique, le religieux et le démographique, sinon il n’est pas sociologue
du tout. Ou bien, on se forme en sociologie générale et on a toutes les
chances de rester incompétent dans les diverses sciences qui pourraient en
bénéficier.
Pour échapper à ce dilemme probablement insoluble, la sociologie a
tenté une mutation, en développant des indications anciennes du caméralisme et de la statistique sociale et en posant que, après tout, la sociologie
n’est pas une discipline, mais une science. De même que la science économique étudie l’économique et la science politique le politique, la socio-logie étudie le social. La solution n’est ni abusive ni dépourvue de sens. Il
existe, de fait, dans la matière historique, des objets susceptibles d’être pris
en charge par une ou des sciences distinctes et que l’on peut convenir
d’appeler « sociaux ». L’humanité est distribuée en populations innombrables, dont les acteurs sont marqués par des traits culturels variés, sont
stratifiés de manière non quelconque, forment des ensembles de consistance variable, sont réunis en réseaux plus ou moins intégrés, sont susceptibles de se mobiliser en certaines circonstances, produisent par agrégations
non intentionnelles des objets inédits, et ainsi de suite. Cette solution, déjà
esquissée, et même au-delà, par Durkheim, l’a emporté, dès lors que les
Américains l’ont reçue et sont devenus guides d’opinion planétaires. Ils
l’ont reçue peut-être parce qu’elle concourait à deuxautres développements
américains, la non-pertinence de l’histoire pour qui n’a pas de passé et se
veut tout avenir et la réduction de la philosophie à une science particulière,
consacrée à décider ce que parler veut dire. L’influence américaine, triomphante et incontestée, consacre la dissolution, provisoire, à n’en pas douter, des troisdisciplines dans un foisonnement de sciences spécialisées. La
solution trouvée est légitime, mais elle a le tort d’user du même mot de
sociologie pour désigner une démarche cognitive radicalement différente
de la précédente. La confusion est immédiatement dénoncée et dissipée, si
l’on maintient la distinction entre discipline et science. Il y a une ou des
sciences de réalités que l’on peut décider d’appeler « sociales », comme
d’autres sont économiques, politiques ou religieuses, mais cette ou ces
sciences du social doivent par nécessité cognitive recourir aux points de
vue philosophique, historien et sociologique. Il doit y avoir, en parallèle
rigoureux avec la démographie ou l’économie ou la politologie sociologiques, une sociologie sociologique ! Il aurait mieux valu changer la terminologie, parler peut-être de « philosophie de l’histoire » à propos de la
discipline et conserver « sociologie » pour la science, mais l’expression de
philosophie de l’histoire a un passé si chargé et si mêlé qu’elle est devenue à peu près inutilisable. De toute façon, il est probablement trop tard.
Les liens de la sociologie avec l’idéologie sont notoires, dénoncés,
déplorés. Je ne les crois pas incestueux. Je les vois plutôt comme des viols
répétés. La sociologie, dans toutes ses acceptions légitimes, n’a, de soi, rien
à dire sur la manière d’assurer le bonheur des gens sans leur demander
leur avis. Sans doute, le propre du règne humain étant de se construire sur
des efforts, toujours plus ou moins manqués, pour atteindre des fins et se
conformer à des normes, les troisdisciplines et toutes les sciences humaines
doivent s’incliner devant les indications de leurs objets et tenir compte de
leurs insuffisances objectives et de leurs défauts intrinsèques; mais ce n’est
pas parce que la tyrannie et la planification sont des régimes politique et
économique dénaturés que l’on peut se dispenser de les étudier avec la
même rigueur et le même soin que les bons régimes. On peut, sans doute,
plaider que le détachement objectif est plus difficile et plus méritoire dans
les sciences humaines que dans les sciences physiques, et constater que
les économistes ont une tendance fâcheuse à confondre l’économie politique avec la politique économique. Le mouvement n’est pas de la socio-logie à l’idéologie mais de l’idéologie à la sociologie. Il se comprend de
soi, si l’on définit l’idéologie comme un ensemble plus ou moins cohérent
de représentations au service de l’action politique. Le propre de l’idéologie est de se nourrir, pour produire ces représentations, d’emprunts à des
domaines étrangers au politique. Dans les mondes prémodernes, le domaine
parasité avec prédilection était la religion. Elle a été mise au service du pouvoir politique partout, non parce que les religions auraient des affinités particulières avec le pouvoir, mais du fait que celui-ci a besoin de justifier
idéologiquement une position fondée sur un coup de force originel et de
donner au peuple de bonnes raisons de ne pas se révolter. « Dieu le veut,
ou le Ciel, ou le dharma » est une solution plausible. Dans le monde moderne,
la religion peut toujours servir à des fins idéologiques dans les intégrismes
réactionnaires; mais elle a cédé, pour l’essentiel, la place à la science comme
référent et comme justificatif. Il n’est pas mystérieux que, de toutes les
entreprises scientifiques disponibles, l’idéologie ait exprimé une préférence
marquée pour la sociologie. En tant que discipline reposant sur le postulat
de la relativité intelligible des choses et en tant que science portant sur le
« social », la sociologie convient bien mieux aux idéologues que la philosophie, l’histoire et toutes les autres sciences du règne humain. Toutes
sont sollicitées et contaminées, mais la sociologie plus que les autres. Ce
ne sont pas les sociologues qui deviendraient par état des idéologues, mais
les idéologues qui rejoignent de préférence la sociologie. Le sens du mouvement est déjà perceptible chez les pères fondateurs, à commencer par
Karl Marx.
Les sociologues ne savent pas très bien ce qu’est la sociologie et beaucoup sont des idéologues. Pour le comprendre, il suffit d’observer le discrédit dans lequel la discipline et la science sociologiques sont tombées
depuis les années soixante. C’est un plaisir très délicat pour les initiés de
constater quotidiennement que les non-sociologues font à longueur de journée de la sociologie sans le savoir, à la manière dont monsieur Jourdain faisait de la prose et avec des résultats pires encore. Monsieur Jourdain produisait
de la mauvaise prose. Les non-sociologues ne commettent pas de la mauvaise sociologie : le dommage serait sans conséquence. Ils répandent, sans
s’en douter, de l’idéologie. La sociologie procure une explication simple.
Elle est née d’un besoin de comprendre la modernité. La modernité est un
analogue de la mutation néolithique. Toutes deux sont marquées par des
phénomènes simultanés de décomposition des héritages et de recomposition de patrimoines inédits. La néolithisation a duré plus de cinqmilleans,
la modernisation moins d’un demi-millénaire. Le traumatisme est violent
et a engendré une demande idéologique intense et universelle. La demande
s’adresse, sans le savoir, à la sociologie, qui répond par une offre idéologique. Elle s’exprime dans les journaux, à la télévision, dans les livres, sur
Internet, dans les conversations de café, au cinéma, dans les dîners en
ville, dans les chansons, partout et de manière obsédante. Le seul recours
pour les initiés, quand le spectacle ne les amuse plus, est de suivre l’exemple
de leurs prédécesseurs dans tous les mondes antérieurs : zapper et se réfugier dans la solitude et les cercles choisis, pour s’occuper sérieusement
entre gens sérieux de questions sérieuses, par exemple de sociologie, mais
aussi d’histoire et de philosophie.