Revue du MAUSS
La Découverte

I.S.B.N.2707144630
480 pages

p. 62 à 69
doi: 10.3917/rdm.024.0062

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Dossier / A) qu'il n'y a nullement lieu de regretter l'inexistence d'une théorie sociologique générale / Une sociologie sans société

no 24 2004/2

2004 Revue du Mauss Dossier: Une théorie sociologique générale est-elle pensable ? / A. qu’il n’y a nullement lieu de regretter l’inexistence d’une théorie sociologique générale – Une sociologie sans société

La société est un mirage

Harrison C. White
La conférence organisée par le GÉODE nous a proposé de nous pencher sur la façon dont « la dissolution de l’idée de société » bouleverse la théorie sociologique. (La « mondialisation » – comme il est de bon ton de le faire cette année, sauf pour ImmanuelWallerstein – y tient le rôle du méchant.)
Dans un premier temps, j’avais décliné l’invitation des organisateurs de la conférence au motif que je ne croyais pas à l’existence de la société et qu’il ne me semblait donc pas utile de m’inquiéter de sa dissolution.
Stéphane Dufoix m’a convaincu de venir précisément parler de cela et d’envoyer un petit texte. Le voici.
Entre-temps, Roger Friedland m’avait harcelé pour que je lui envoie quelques pages qui seraient discutées lors de la conférence qu’il organisait avec John Mohr, à Santa Barbara, sur l’institution des institutions. La rédaction de ce papier m’a aidé à clarifier les choses. L’argumentaire du GÉODE m’avait fait réaliser que je n’avais jamais conçu la sociologie comme traitant de la « société », et que cette dernière était un mirage produit par notre civilisation. Il est devenu clair pour moi, à mesure que j’écrivais le présent texte, que la « société » – au sens vaguement national que nous utilisons sans y réfléchir dans la vie quotidienne – est une institution qui, bien que digne d’étude, se révèle un guide inadéquat à la pratique de la sociologie [1].
Je commencerai par présenter rapidement les différentes bases possibles de l’exploration sociologique avant de développer celle qui a ma préférence. Dans la plupart des projets de recherche contemporains, les socio-logues n’ont pas besoin de s’embarrasser de la notion de société. Bien souvent, la recherche fonctionne à partir de modèles de comportement ou de sujets palpables qui ne requièrent pas une délimitation stricte, qu’elle soit implicite ou explicite. Il suffit de penser au travail qualitatif d’Erving Goffman [ 1971] ou à la grande majorité des études quantitatives qui peuplent nos revues… Néanmoins, les théoriciens feront observer qu’une importante dimension de cadrage ( framing) nous est indispensable à nous autres observateurs, même si elle ne doit pas nécessairement se conformer aux cadrages de ceux que nous observons.
Un exposé cohérent de ces questions de cadrage et de frontières se trouve dans la théorie des systèmes élaborée par feu Niklas Luhmann [ 1995].
Une version plus au fait de la recherche actuelle a récemment été présentée par Stephan Fuchs dans Against Essentialism [ 2001]. Fuchs réalise un grand pas en avant en exprimant la construction sociale en termes de réseaux sociaux, ce qui me semble compatible avec la vision que je développe dans mon intervention de Santa Barbara. Fuchs utilise également le terme de « société » dans le sens d’un « mirage ».
Par égard envers les organisateurs de la rencontre du GÉODE, je me dois de traiter plus directement de ce qui peut remplacer la notion de « société » plutôt que de me lancer dans la théorie générale. Ce que je propose à la place de « société », c’est le concept de « population-réseau » ( network population) que j’ai développé dans mon travail au cours des décennies précédentes. Ce qu’on va lire assemble des éléments tirés de publications antérieures [ cf. White, 1992]. (Je vous prie de m’excuser par avance de ce bricolage.)
 
LA POPULATION-RÉSEAU (NETWORK POPULATION )
 
 
Les identités, qu’il s’agisse de celles des acteurs ou des événements, résultent de décalages entre réseaux d’acteurs et encastrent les structures sous la forme de disciplines [2] dans les liens qu’elles tissent. Ces liens s’organisent en réseaux ou, quand les déséquilibres sont trop importants, se scindent en sous-réseaux plus indéterminés ( vaguer catnets). J’appelle « population-réseau » ( network as population) l’ensemble qui en résulte.
On utilise fréquemment des termes tels que le monde, l’école, la société, au lieu du mot « population », qui est peut-être le terme le plus trompeur du vocabulaire des sciences sociales en raison de son évidence – « cet ensemble de gens qui se trouvent ici ». Une population formée d’identités toutes en quête de contrôle en vient, par cette lutte, à délimiter son propre espace social; elle ne se laisse pas imposer arbitrairement ses frontières, contrairement à ce qu’un observateur est tenté de faire. De la sorte, les identités, dans leur lutte incessante pour le contrôle, se trouvent enchâssées dans des récits partagés qui lient les membres du réseau.
Lorsqu’une relation à deux personnes ( pair relation) est générale, le lien est dit « multiplexe [3] ». Chaque lien multiplexe synthétise les implications perçues des processus en cours à partir d’un certain échantillon des incidents passés. Ou encore, toute relation multiplexe synthétise un certain nombre de relations spécialisées et différenciées.
Les relations agrégées dans un lien multiplexe impliquent qu’on soit suffisamment familier avec l’autre pour connaître ses autres relations. Par exemple, l’ami d’un ami est une réalité qui fournit une orientation à l’action. Pour autant, le lien avec l’ami d’un ami n’est pas nécessairement lui-même une relation amicale. On peut ainsi se donner une mesure grossière, pas à pas, de l’intensité d’une relation en fonction du degré d’intensité nécessaire au codage d’un lien. La pensée de réseau implique un certain sens de la distance et du cumul – un certain sens de l’espace social – qui en est à la fois le sous-produit et l’origine.
Les luttes de contrôle jouent dans les liens forts comme dans les liens faibles et, sous la pression des identités en interaction, les récits partagés débouchent, dans la population, sur une série d’histoires stéréotypées. À chaque histoire correspond un type de liens, et on peut envisager son incidence sur les paires d’acteurs comme un réseau distinct. Les luttes de contrôle fragmentent un réseau multiplexe en réseaux distincts selon les types de liens.
Ces types de liens, ces histoires stéréotypées sont des manières sociales de « rendre compte » ( social accountings) qui sont perçues aussi bien par des tiers que par ceux qui occupent tant les « terminaisons » ( ends) que les nœuds du réseau. Le tiers peut être un observateur ou un analyste. Le réseau est alors autant un construit analytique qu’une phénoménologie de sens commun.
Dans les divers types de liens, les différences dans les relations s’identifient avec les différences dans leur cadrage; ou encore, la façon dont elles se distinguent de leur contexte structurel recoupe les distinctions selon l’asymétrie, la force ou la qualité qui règnent dans les relations des différentes paires. Cependant, la distinction des types de liens est suffisante pour prédire efficacement les changements qui interviendront dans les relations ou leur structure, comme on va le voir dans le cas des blockmodels [4].
L’interprétation théorique de ces blockmodels conduit à la redécouverte des « cadres de rôle ».
Les blockmodels décrivent les différentes manières dont les réseaux multiples sont susceptibles de procéder simultanément à l’agrégation des acteurs et des types de liens dans une structure articulée plus large. Toute structure de ce type fait partie d’un ensemble de structures latentes dans le contexte, dont l’activation dépend des à-coups du hasard et du contrôle.
L’existence de ces types de liens n’est en rien une question de pure analyse externe : ces liens sont coextensifs aux armements mis en œuvre en vue du contrôle.
En dehors du chevauchement et de l’asymétrie, il existe une troisième base universelle pour l’émergence de types distincts de liens : l’institutionnalisation des liens indirects. Les observateurs comme les membres des réseaux sont convaincus de la légitimité qu’il y a à considérer ces liens comme un réseau propre. La parenté en est le premier exemple, avec ses grands-parents, ses cousins et ses oncles.
Si l’on en croit la large gamme d’études de cas disponible sur la question, il semble que l’intensité et les caractéristiques du lien indirect soient plus homogènes que celles des liens directs qui le construisent phénoménologiquement. Dans le cas des Normands en 1066, les efforts délibérés des plus puissants en vue de renforcer la reconnaissance des liens de féodalité indirects eurent pour conséquence de rendre ces derniers bien plus uniformes que les liens directs, même si ces derniers étaient eux-mêmes plus uniformes que sous la domination anglo-saxonne précédente. Ce n’est pas le lien de protection ( patronage) qui fait la particularité de la société thaï, mais plutôt la reconnaissance des liens indirects étendue à la population tout entière : c’est un cas limite où la population-réseau se confond avec l’univers.
Il existe un processus inverse : une fois distingués, les liens peuvent à nouveau être réunis dans un genre commun sans faire nécessairement disparaître les diverses et subtiles multiplexités. Cela peut aller de pair avec un encastrement plus fort des réseaux ou des corps constitués ( corporates).
Pour reprendre l’exemple normand, à travers les mécanismes monétaires, les procédures de l’écuage ( scutage) et du droit de justice seigneurial ( infangenetheof) rendaient les droits attachés aux liens indirects fongibles dans les liens directs.
Dans la mesure où la formation d’un lien indirect tend à engendrer la reconnaissance de la spécificité d’autres types de liens et où les limites pertinentes de la population tendent à s’élargir, la reconnaissance de cette spécificité pourrait en être affaiblie. Il se peut que la forme de base du lien asymétrique soit modifiée à tel point qu’elle n’engendre plus de relations indirectes : c’est ce qui s’est passé dans l’évolution de la figure du simple chevalier normand. Tandis qu’apparemment, les liens symétriques engendrent, et cela universellement, des liens indirects reconnus.
La combinaison des modes asymétrique et indirect d’engendrement de la reconnaissancede types distincts de liens produit une plus grande variété de motifs que le chaînage indirect de liens symétriques à partir des chevauchements. Ces derniers tendent vers une forme de solidarité ou de référence commune partagée. Cela peut aussi être le cas des premiers, comme le montre la multiplication des conseils et des cours chez les vassaux de même rang d’un seigneur normand; mais ces liens peuvent également déboucher sur la formation de chaînes de dépendance en détestation mutuelle caractéristiques du clientélisme.
Les différences entre les liens symétriques et les liens asymétriques sont développées dans la véritable dissection de l’émergence et de la consolidation du pouvoir des Médicis qu’ont pratiquée Padgett et Ansell [ 1989].
Leur article propose une distinction particulièrement fine des liens suggérés par les sources historiques. Il y en a neuf, et l’analyse montre qu’ils s’agrègent en deux familles : une famille de types de liens forts – chacun tendant vers la consanguinité au sens de Rapoport – et une famille de types de liens faibles rassemblant les acteurs de manière tout à fait différente et selon la logique de l’équivalence structurale.
Chaque type de liens engendre des formes de discipline spécifiques.
Il semble qu’il existe une correspondance lâche entre, d’un côté, ces trois modes universels d’induction des types de liens – comme le suggèrent les études de cas – et, de l’autre, trois formes de discipline [ cf. White, 1992].
Le lien asymétrique évoque la forme de l’interface, le lien de chevauchement celle du conseil, et le lien indirect celle de l’arène ( arena). Il est instructif de faire correspondre cette partition abstraite – où le chevauchement, la symétrie et la concaténation des liens sont envisagés indépendamment des disciplines – et une partition concrète que l’on trouve fréquemment dans la littérature, respectivement les affaires, l’honneur et le professionnalisme. Mais ce serait distordre le matériau social que de prendre ces distinctions et ces topographies utilisées par l’analyste à des fins de calcul d’inférence pour la réalité sociale elle-même.
 
LES CONVENTIONS
 
 
On peut s’attendre à ce que les conventions réellement utilisées par les acteurs varient arbitrairement selon les mécanismes sociaux à l’œuvre, mais se révèlent très résistantes au changement [ cf. Lazega et Favereau, 2002].
Ces conventions ne sont pas une simple affaire de perception. C’est précisément parce qu’une convention, un ensemble d’histoires, correspond peu ou prou à n’importe quelle situation que son existence ne peut être réfutée par l’observation courante. Et d’ailleurs, plus une convention est répandue et plus elle est ambiguë.
Les pressions exercées en faveur d’un changement de conventions surgiront à titre de sous-produit des efforts engagés pour obtenir le contrôle.
Les luttes de contrôle qui influencent les conventions ajoutent une nouvelle dimension d’ordre, la culture. Et ainsi se poursuit la bataille de l’organisation sociale.
L’ambage [5] ( ambage), par ailleurs, intervient dans le monde concret des liens sociaux. L’ambage est donc un « dual » de l’ambiguïté : l’un introduit du flou dans la réalisation concrète, l’autre du flou dans les règles de perception et d’interprétation. Il doit donc exister une sorte d’arbitrage ( trade-off) entre ambage et ambiguïté. L’analyse par blockmodels traite la réduction de l’ambage – mesurée par des blocs zéro – et l’accroissement de l’ambiguïté qui résulte de l’adjonction d’un nombre toujours plus important d’identités initiales dans les nœuds constitués d’une partition. Le blockmodel particulier ainsi prédit tiendra des deux d’une manière ou d’une autre.
Le découplage est fondamental pour les réseaux. Dans les chaînes de liens, il est plus évident de suivre le couplage, mais le découplage est tout aussi important : il s’agit du « décrochage » de deux chaînes d’actions. Le hasard se combine avec le réseau et l’histoire pour produire des modèles de découplage et d’encastrement. Le découplage représente la dimension phénoménologique de ce qui, d’un point de vue analytique, se présente comme calcul entre ambage, ambiguïté et contingence.
 
INSTITUTION ET STYLE
 
 
Il faut considérer un ensemble de positions à l’intérieur des données d’un réseau comme une structure de connexion ( bridging) entre des cadres de rôle distincts. Après tout, tant que d’autres cadres de rôle ne sont pas activés, il n’existe aucune base phénoménologique permettant de distinguer les rôles dans un cadre donné. On ne peut être considéré comme parent tant qu’on n’est pas également collègue de travail, chercheur ou membre d’une tribu; on ne peut être camarade de jeuqu’à la condition d’être aussi écolier, etc. Cela est vrai même si les analystes peuvent inférer ces rôles à partir des modèles d’équivalence structurale dans un seul réseau.
Prenons l’exemple d’une cour de récréation : l’enfant tiendra un rôle déterminé parmi un ensemble de cadres de rôle possibles, que ce soit le rôle du vantard, de la brute tyrannique, du suiviste ou autre, rôles classés selon des complémentarités bien connues maintenues en tension dans un cadre de rôle. Dans un autre cadre, à la maison, il existe toute une panoplie de rôles à jouer vis-à-vis des parents et des frères et sœurs. Ailleurs encore, dans les bandes, il y a le rôle de risque-tout, celui de chef, ou celui de mouton, etc. [ cf. Whyte, 1943].
La position sociale de tel ou tel enfant ne tient pas à l’un ou l’autre de ses rôles, mais au fait qu’on le reconnaît simultanément dans tous les rôles qu’il occupe au sein de chacun des cadres. Chaque position peut être vue comme une parenthèse au sein de laquelle il est spécifié quel rôle est choisi dans chaque cadre et parmi quels blocs au sein de la populationréseau. Cette même position constitue une identité dans chacune des populationsréseaux. Cette position peut éventuellement se voir coller une étiquette – comme le chouchou du professeur, le bouffon de la classe ou le caïd.
Une position particulière réunit donc un ensemble d’identités spécifiques, chacune d’elles étant soutenue par une discipline et provenant de populations-réseauxdistinctes. Elles sont réunies en un tout plus ou moins bien intégré. On peut considérer que ce tout correspond à la personnalité sociale.
 
LA SOCIÉTÉ EST NOTRE MIRAGE
 
 
Je soutiens que la théorie sociologique n’a pas besoin de la « société » mais, comme le rappelle l’argumentaire du GÉODE, il est vrai que nombre de grands théoriciens ont fait quelque usage de ce terme. Pourquoi donc ? Parce qu’aucun d’entre eux n’était un Tikopian, un Swat Pathan ou un Tallensi. Au contraire, ils étaient tous comme nous, ils vivaient dans une civilisation qui en était arrivée à utiliser ce terme comme un tenant lieu ( place holder ) commode. Mais le « tenant lieu » ne rend l’institution réelle que dans sa dimension sémantique, de la même manière que – et voir pour cela les approches françaises de l’actor network theory – la « pratique » ne rend l’institution réelle que dans sa dimension d’incarnation.
Les avancées techniques ont détourné la sociologie de cette convention, de ce mirage, et l’importance de cette évolution mérite qu’on s’y attarde.
L’analyse des réseaux sociaux, les modèles stochastiques et quantité de nouvelles méthodes d’observation, en particulier l’observation des observateurs ( observing observers), me paraissent être au cœur de cette libération. Il y a trois ans, Stephan Fuchs publiait un ouvrage d’une grande lucidité qui mêlait Anatol Rapoport et Niklas Luhmann. La clé – comme V. O. Key l’a brillamment montré – est de prendre l’action sociale par son milieu et d’élargir ensuite.
Il en est de même avec l’étude d’un mirage cousin, « l’économie ». Là aussi, la clé est de commencer par l’action sociale prise en son milieu et d’aller en élargissant. Personnellement, j’ai travaillé sur les marchés de production où la question cruciale soulevée par le mirage est celle de savoir si les excédents et les déficits de valeur ajoutée s’ajustent suffisamment pour reproduire cette économie [White, 2002]. Les banquiers deviennent les prêtres du mirage. Comme tous les prêtres, ils ont peu de certitudes sur la reproduction du système, et peu de preuves scientifiques.
Terminons sur une note positive. L’expression « système institutionnel » est adéquate pour désigner une formation concrète, bien que sujette à des différences de style. Elle permet d’incorporer des dimensions culturelles et interprétatives dans la notion de population-réseau. Un concept encore plus fondamental est celui de l’instituant ( institution), ce processus de réinscription continue sur lequelrepose tout système institutionnel. De même, ce sont les commutations ( switchings), les incessantes commutations de la vie quotidienne, qui forment la réalité de l’instituant, le système institutionnel étant pour sa part le mirage accompagnateur que nous observons. Il s’agit d’étudier le niveau le plus fondamental, qui consiste à expliquer la constitution réciproque du langage et de l’organisation sociale en termes de commutation entre des domaines de réseaux.
Quel est l’élément le plus important de cet article ? Les systèmes institutionnels n’ont pas de frontières, ils les font à travers des pratiques qui évoluent dans le temps en fonction des positions occupées. Si vous avez un accès direct à Dieu, tant mieux pour vous ! Mais nous autres, nous devons jurer de renoncer aux frontières et aux mirages qui vont avec.
( Traduit par Stéphane Dufoix et Alain Caillé)
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  FUCHS Stephan, 2001, Against Essentialism : A Theory of Culture and Society,
·  Cambridge, MA, Harvard University Press.
·  GOFFMAN Erving, 1971, Behavior in Public Places, New York, Harpers.
·  LAZEGA Emmanuel, FAVEREAU Olivier (sous la dir. de), 2002, Conventions and
·  Structures in Economic Organization : Markets, Networks, and Hierarchies,
·  Cheltenham, Elgar.
·  LUHMANN Niklas, 1995, Social Systems (traduit par J. Bednarz avec l’aide de
·  DirkBaecker), Stanford, CA, Stanford University Press.
·  PADGETT John F., ANSELL Christopher K., 1989, « From Faction to Party in Renaissance
·  Florence », Department of Political Science, University of Chicago, septembre.
·  WHITE Harrison C., 1992, Identity and Control, Princeton, NJ, Princeton University
·  Press.
·  – 2002, Markets from Networks, Princeton, NH, Princeton University Press.
·  WHYTE William F., 1943, Street Corner Society, Chicago, University of Chicago Press.
 
NOTES
 
[1] Mon usage des mots, ici comme dans le titre, peut sembler quelque peu glissant. Mon intervention à Santa Barbara a tenté d’éclairer de quelle manière l’organisation sociale et l’organisation linguistique se construisent mutuellement et conjointement comme significatives.
[2] Le concept de discipline est un des concepts centraux de H. White par lequel il désigne une « molécule sociale », c’est-à-dire une formation relativement stable et reconnaissable, composée d’un nombre limité d’identités ou d’acteurs. Ou encore, une discipline est un contexte pour l’action relativement ordonné grâce auquel les identités parviennent à un important degré de contrôle sur les contingences et les incertitudes qui les assaillent ( ndt).
[3] La relation multiplexe de White semble très proche de ce que Mauss aurait appelé une « relation sociale totale », i.e. une relation dans laquelle sont impliquées les différentes dimensions de l’action (économique, symbolique, politique, affective, etc.) et qui mobilise une part appréciable de la personnalité ( ndt).
[4] Blockmodels désigne l’analyse technique des matrices relationnelles qui permet de définir les équivalences structurales entre les nœuds de réseau. Cf. E. Lazega, Réseaux sociaux et structure relationnelle, PUF-Que sais-je ? 1998, p. 55 ( ndt).
[5] Nous avons choisi de garder ce mot qui désignait en français comme en anglais (mais au pluriel) des détours, circonlocutions, équivoques…, mais n’existe plus aujourd’hui que dans l’expression « sans ambages » ( ndt).
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Blockmodels désigne l’analyse technique des matrices re...
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