2004
Revue du Mauss
Dossier: Une théorie sociologique générale est-elle pensable ? / A. qu’il n’y a nullement lieu de regretter l’inexistence d’une théorie sociologique générale – Une sociologie sans société
La société est un mirage
Harrison C. White
La conférence organisée par le GÉODE nous a proposé de nous
pencher sur la façon dont « la dissolution de l’idée de société » bouleverse la
théorie sociologique. (La « mondialisation » – comme il est de bon ton de le
faire cette année, sauf pour ImmanuelWallerstein – y tient le rôle du
méchant.)
Dans un premier temps, j’avais décliné l’invitation des
organisateurs de la conférence au motif que je ne croyais pas à l’existence de
la société et qu’il ne me semblait donc pas utile de m’inquiéter de sa
dissolution.
Stéphane Dufoix m’a convaincu de venir précisément parler de
cela et d’envoyer un petit texte. Le voici.
Entre-temps, Roger Friedland m’avait harcelé pour que je lui
envoie quelques pages qui seraient discutées lors de la conférence qu’il
organisait avec John Mohr, à Santa Barbara, sur l’institution des institutions.
La rédaction de ce papier m’a aidé à clarifier les choses. L’argumentaire du
GÉODE m’avait fait réaliser que je n’avais jamais conçu la sociologie comme
traitant de la « société », et que cette dernière était un mirage produit par
notre civilisation. Il est devenu clair pour moi, à mesure que j’écrivais le
présent texte, que la « société » – au sens vaguement national que nous
utilisons sans y réfléchir dans la vie quotidienne – est une institution qui,
bien que digne d’étude, se révèle un guide inadéquat à la pratique de la
sociologie
[1].
Je commencerai par présenter rapidement les différentes bases
possibles de l’exploration sociologique avant de développer celle qui a ma
préférence. Dans la plupart des projets de recherche contemporains, les
socio-logues n’ont pas besoin de s’embarrasser de la notion de société. Bien
souvent, la recherche fonctionne à partir de modèles de comportement ou de
sujets palpables qui ne requièrent pas une délimitation stricte, qu’elle soit
implicite ou explicite. Il suffit de penser au travail qualitatif d’Erving
Goffman [ 1971] ou à la grande majorité des études quantitatives qui peuplent
nos revues… Néanmoins, les théoriciens feront observer qu’une importante
dimension de cadrage ( framing) nous
est indispensable à nous autres observateurs, même si elle ne doit pas
nécessairement se conformer aux cadrages de ceux que nous observons.
Un exposé cohérent de ces questions de cadrage et de frontières
se trouve dans la théorie des systèmes élaborée par feu Niklas Luhmann [
1995].
Une version plus au fait de la recherche actuelle a récemment
été présentée par Stephan Fuchs dans Against
Essentialism [ 2001]. Fuchs réalise un grand pas en avant en
exprimant la construction sociale en termes de réseaux sociaux, ce qui me
semble compatible avec la vision que je développe dans mon intervention de
Santa Barbara. Fuchs utilise également le terme de « société » dans le sens
d’un « mirage ».
Par égard envers les organisateurs de la rencontre du GÉODE, je
me dois de traiter plus directement de ce qui peut remplacer la notion de «
société » plutôt que de me lancer dans la théorie générale. Ce que je propose à
la place de « société », c’est le concept de « population-réseau » (
network population) que j’ai développé
dans mon travail au cours des décennies précédentes. Ce qu’on va lire assemble
des éléments tirés de publications antérieures [ cf. White, 1992]. (Je vous prie de m’excuser par
avance de ce bricolage.)
LA POPULATION-RÉSEAU (NETWORK
POPULATION )
Les identités, qu’il s’agisse de celles des acteurs ou des
événements, résultent de décalages entre réseaux d’acteurs et encastrent les
structures sous la forme de
disciplines
[2] dans les liens qu’elles tissent. Ces liens
s’organisent en réseaux ou, quand les déséquilibres sont trop importants, se
scindent en sous-réseaux plus indéterminés (
vaguer catnets). J’appelle « population-réseau »
(
network as population) l’ensemble
qui en résulte.
On utilise fréquemment des termes tels que le monde, l’école,
la société, au lieu du mot « population », qui est peut-être le terme le plus
trompeur du vocabulaire des sciences sociales en raison de son évidence – « cet
ensemble de gens qui se trouvent ici ». Une population formée d’identités
toutes en quête de contrôle en vient, par cette lutte, à délimiter son propre
espace social; elle ne se laisse pas imposer arbitrairement ses frontières,
contrairement à ce qu’un observateur est tenté de faire. De la sorte, les
identités, dans leur lutte incessante pour le contrôle, se trouvent enchâssées
dans des récits partagés qui lient les membres du réseau.
Lorsqu’une relation à deux personnes (
pair relation) est générale, le lien
est dit « multiplexe
[3]
». Chaque lien multiplexe synthétise les implications perçues des processus en
cours à partir d’un certain échantillon des incidents passés. Ou encore, toute
relation multiplexe synthétise un certain nombre de relations spécialisées et
différenciées.
Les relations agrégées dans un lien multiplexe impliquent qu’on
soit suffisamment familier avec l’autre pour connaître ses autres relations.
Par exemple, l’ami d’un ami est une réalité qui fournit une orientation à
l’action. Pour autant, le lien avec l’ami d’un ami n’est pas nécessairement
lui-même une relation amicale. On peut ainsi se donner une mesure grossière,
pas à pas, de l’intensité d’une relation en fonction du degré d’intensité
nécessaire au codage d’un lien. La pensée de réseau implique un certain sens de
la distance et du cumul – un certain sens de l’espace social – qui en est à la
fois le sous-produit et l’origine.
Les luttes de contrôle jouent dans les liens forts comme dans
les liens faibles et, sous la pression des identités en interaction, les récits
partagés débouchent, dans la population, sur une série d’histoires
stéréotypées. À chaque histoire correspond un type de liens, et on peut
envisager son incidence sur les paires d’acteurs comme un réseau distinct. Les
luttes de contrôle fragmentent un réseau multiplexe en réseaux distincts selon
les types de liens.
Ces types de liens, ces histoires stéréotypées sont des
manières sociales de « rendre compte » ( social
accountings) qui sont perçues aussi bien par des tiers que par ceux
qui occupent tant les « terminaisons » ( ends) que les nœuds du réseau. Le tiers peut
être un observateur ou un analyste. Le réseau est alors autant un construit
analytique qu’une phénoménologie de sens commun.
Dans les divers types de liens, les différences dans les
relations s’identifient avec les différences dans leur cadrage; ou encore, la
façon dont elles se distinguent de leur contexte structurel recoupe les
distinctions selon l’asymétrie, la force ou la qualité qui règnent dans les
relations des différentes paires. Cependant, la distinction des types de liens
est suffisante pour prédire efficacement les changements qui interviendront
dans les relations ou leur structure, comme on va le voir dans le cas des
blockmodels
[4].
L’interprétation théorique de ces blockmodels conduit à la redécouverte des «
cadres de rôle ».
Les blockmodels
décrivent les différentes manières dont les réseaux multiples sont susceptibles
de procéder simultanément à l’agrégation des acteurs et des types de liens dans
une structure articulée plus large. Toute structure de ce type fait partie d’un
ensemble de structures latentes dans le contexte, dont l’activation dépend des
à-coups du hasard et du contrôle.
L’existence de ces types de liens n’est en rien une question de
pure analyse externe : ces liens sont coextensifs aux armements mis en œuvre en
vue du contrôle.
En dehors du chevauchement et de l’asymétrie, il existe une
troisième base universelle pour l’émergence de types distincts de liens :
l’institutionnalisation des liens indirects. Les observateurs comme les membres
des réseaux sont convaincus de la légitimité qu’il y a à considérer ces liens
comme un réseau propre. La parenté en est le premier exemple, avec ses
grands-parents, ses cousins et ses oncles.
Si l’on en croit la large gamme d’études de cas disponible sur
la question, il semble que l’intensité et les caractéristiques du lien indirect
soient plus homogènes que celles des liens directs qui le construisent
phénoménologiquement. Dans le cas des Normands en 1066, les efforts délibérés
des plus puissants en vue de renforcer la reconnaissance des liens de féodalité
indirects eurent pour conséquence de rendre ces derniers bien plus uniformes
que les liens directs, même si ces derniers étaient eux-mêmes plus uniformes
que sous la domination anglo-saxonne précédente. Ce n’est pas le lien de
protection ( patronage) qui fait la
particularité de la société thaï, mais plutôt la reconnaissance des liens
indirects étendue à la population tout entière : c’est un cas limite où la
population-réseau se confond avec l’univers.
Il existe un processus inverse : une fois distingués, les liens
peuvent à nouveau être réunis dans un genre commun sans faire nécessairement
disparaître les diverses et subtiles multiplexités. Cela peut aller de pair
avec un encastrement plus fort des réseaux ou des corps constitués (
corporates).
Pour reprendre l’exemple normand, à travers les mécanismes
monétaires, les procédures de l’écuage ( scutage) et du droit de justice seigneurial (
infangenetheof) rendaient les droits
attachés aux liens indirects fongibles dans les liens directs.
Dans la mesure où la formation d’un lien indirect tend à
engendrer la reconnaissance de la spécificité d’autres types de liens et où les
limites pertinentes de la population tendent à s’élargir, la reconnaissance de
cette spécificité pourrait en être affaiblie. Il se peut que la forme de base
du lien asymétrique soit modifiée à tel point qu’elle n’engendre plus de
relations indirectes : c’est ce qui s’est passé dans l’évolution de la figure
du simple chevalier normand. Tandis qu’apparemment, les liens symétriques
engendrent, et cela universellement, des liens indirects reconnus.
La combinaison des modes asymétrique et indirect d’engendrement
de la reconnaissancede types distincts de liens produit une plus grande variété
de motifs que le chaînage indirect de liens symétriques à partir des
chevauchements. Ces derniers tendent vers une forme de solidarité ou de
référence commune partagée. Cela peut aussi être le cas des premiers, comme le
montre la multiplication des conseils et des cours chez les vassaux de même
rang d’un seigneur normand; mais ces liens peuvent également déboucher sur la
formation de chaînes de dépendance en détestation mutuelle caractéristiques du
clientélisme.
Les différences entre les liens symétriques et les liens
asymétriques sont développées dans la véritable dissection de l’émergence et de
la consolidation du pouvoir des Médicis qu’ont pratiquée Padgett et Ansell [
1989].
Leur article propose une distinction particulièrement fine des
liens suggérés par les sources historiques. Il y en a neuf, et l’analyse montre
qu’ils s’agrègent en deux familles : une famille de types de liens forts –
chacun tendant vers la consanguinité au sens de Rapoport – et une famille de
types de liens faibles rassemblant les acteurs de manière tout à fait
différente et selon la logique de l’équivalence structurale.
Chaque type de liens engendre des formes de
discipline spécifiques.
Il semble qu’il existe une correspondance lâche entre, d’un
côté, ces trois modes universels d’induction des types de liens – comme le
suggèrent les études de cas – et, de l’autre, trois formes de discipline [
cf. White, 1992].
Le lien asymétrique évoque la forme de l’interface, le lien de
chevauchement celle du conseil, et le lien indirect celle de l’arène (
arena). Il est instructif de faire
correspondre cette partition abstraite – où le chevauchement, la symétrie et la
concaténation des liens sont envisagés indépendamment des
disciplines – et une partition
concrète que l’on trouve fréquemment dans la littérature, respectivement les
affaires, l’honneur et le professionnalisme. Mais ce serait distordre le
matériau social que de prendre ces distinctions et ces topographies utilisées
par l’analyste à des fins de calcul d’inférence pour la réalité sociale
elle-même.
On peut s’attendre à ce que les conventions réellement
utilisées par les acteurs varient arbitrairement selon les mécanismes sociaux à
l’œuvre, mais se révèlent très résistantes au changement [
cf. Lazega et Favereau,
2002].
Ces conventions ne sont pas une simple affaire de perception.
C’est précisément parce qu’une convention, un ensemble d’histoires, correspond
peu ou prou à n’importe quelle situation que son existence ne peut être réfutée
par l’observation courante. Et d’ailleurs, plus une convention est répandue et
plus elle est ambiguë.
Les pressions exercées en faveur d’un changement de conventions
surgiront à titre de sous-produit des efforts engagés pour obtenir le
contrôle.
Les luttes de contrôle qui influencent les conventions ajoutent
une nouvelle dimension d’ordre, la culture. Et ainsi se poursuit la bataille de
l’organisation sociale.
L’ambage
[5] (
ambage),
par ailleurs, intervient dans le monde concret des liens sociaux. L’ambage est
donc un « dual » de l’ambiguïté : l’un introduit du flou dans la réalisation
concrète, l’autre du flou dans les règles de perception et d’interprétation. Il
doit donc exister une sorte d’arbitrage (
trade-off) entre ambage et ambiguïté. L’analyse
par
blockmodels traite la réduction de
l’ambage – mesurée par des blocs zéro – et l’accroissement de l’ambiguïté qui
résulte de l’adjonction d’un nombre toujours plus important d’identités
initiales dans les nœuds constitués d’une partition. Le
blockmodel particulier ainsi prédit
tiendra des deux d’une manière ou d’une autre.
Le découplage est fondamental pour les réseaux. Dans les
chaînes de liens, il est plus évident de suivre le couplage, mais le découplage
est tout aussi important : il s’agit du « décrochage » de deux chaînes
d’actions. Le hasard se combine avec le réseau et l’histoire pour produire des
modèles de découplage et d’encastrement. Le découplage représente la dimension
phénoménologique de ce qui, d’un point de vue analytique, se présente comme
calcul entre ambage, ambiguïté et
contingence.
Il faut considérer un ensemble de positions à l’intérieur des
données d’un réseau comme une structure de connexion (
bridging) entre des cadres de rôle
distincts. Après tout, tant que d’autres cadres de rôle ne sont pas activés, il
n’existe aucune base phénoménologique permettant de distinguer les rôles dans
un cadre donné. On ne peut être considéré comme parent tant qu’on n’est pas
également collègue de travail, chercheur ou membre d’une tribu; on ne peut être
camarade de jeuqu’à la condition d’être aussi écolier, etc. Cela est vrai même
si les analystes peuvent inférer ces rôles à partir des modèles d’équivalence
structurale dans un seul réseau.
Prenons l’exemple d’une cour de récréation : l’enfant tiendra
un rôle déterminé parmi un ensemble de cadres de rôle possibles, que ce soit le
rôle du vantard, de la brute tyrannique, du suiviste ou autre, rôles classés
selon des complémentarités bien connues maintenues en tension dans un cadre de
rôle. Dans un autre cadre, à la maison, il existe toute une panoplie de rôles à
jouer vis-à-vis des parents et des frères et sœurs. Ailleurs encore, dans les
bandes, il y a le rôle de risque-tout, celui de chef, ou celui de mouton, etc.
[ cf. Whyte, 1943].
La position sociale de tel ou tel enfant ne tient pas à l’un ou
l’autre de ses rôles, mais au fait qu’on le reconnaît simultanément dans tous
les rôles qu’il occupe au sein de chacun des cadres. Chaque position peut être
vue comme une parenthèse au sein de laquelle il est spécifié quel rôle est
choisi dans chaque cadre et parmi quels blocs au sein de la populationréseau.
Cette même position constitue une identité dans chacune des populationsréseaux.
Cette position peut éventuellement se voir coller une étiquette – comme le
chouchou du professeur, le bouffon de la classe ou le caïd.
Une position particulière réunit donc un ensemble d’identités
spécifiques, chacune d’elles étant soutenue par une
discipline et provenant de
populations-réseauxdistinctes. Elles sont réunies en un tout plus ou moins bien
intégré. On peut considérer que ce tout correspond à la personnalité sociale.
LA SOCIÉTÉ EST NOTRE MIRAGE
Je soutiens que la théorie sociologique n’a pas besoin de la «
société » mais, comme le rappelle l’argumentaire du GÉODE, il est vrai que
nombre de grands théoriciens ont fait quelque usage de ce terme. Pourquoi donc
? Parce qu’aucun d’entre eux n’était un Tikopian, un Swat Pathan ou un
Tallensi. Au contraire, ils étaient tous comme nous, ils vivaient dans une
civilisation qui en était arrivée à utiliser ce terme comme un tenant lieu (
place holder ) commode. Mais le «
tenant lieu » ne rend l’institution réelle que dans sa dimension sémantique, de
la même manière que – et voir pour cela les approches françaises de l’actor network theory – la « pratique » ne rend
l’institution réelle que dans sa dimension d’incarnation.
Les avancées techniques ont détourné la sociologie de cette
convention, de ce mirage, et l’importance de cette évolution mérite qu’on s’y
attarde.
L’analyse des réseaux sociaux, les modèles stochastiques et
quantité de nouvelles méthodes d’observation, en particulier l’observation des
observateurs ( observing observers),
me paraissent être au cœur de cette libération. Il y a trois ans, Stephan Fuchs
publiait un ouvrage d’une grande lucidité qui mêlait Anatol Rapoport et Niklas
Luhmann. La clé – comme V. O. Key l’a brillamment montré – est de prendre
l’action sociale par son milieu et d’élargir ensuite.
Il en est de même avec l’étude d’un mirage cousin, « l’économie
». Là aussi, la clé est de commencer par l’action sociale prise en son milieu
et d’aller en élargissant. Personnellement, j’ai travaillé sur les marchés de
production où la question cruciale soulevée par le mirage est celle de savoir
si les excédents et les déficits de valeur ajoutée s’ajustent suffisamment pour
reproduire cette économie [White, 2002]. Les banquiers deviennent les prêtres
du mirage. Comme tous les prêtres, ils ont peu de certitudes sur la
reproduction du système, et peu de preuves scientifiques.
Terminons sur une note positive. L’expression « système
institutionnel » est adéquate pour désigner une formation concrète, bien que
sujette à des différences de style. Elle permet d’incorporer des dimensions
culturelles et interprétatives dans la notion de population-réseau. Un concept
encore plus fondamental est celui de l’instituant (
institution), ce processus de
réinscription continue sur lequelrepose tout système institutionnel. De même,
ce sont les commutations ( switchings), les incessantes commutations de la
vie quotidienne, qui forment la réalité de l’instituant, le système
institutionnel étant pour sa part le mirage accompagnateur que nous observons.
Il s’agit d’étudier le niveau le plus fondamental, qui consiste à expliquer la
constitution réciproque du langage et de l’organisation sociale en termes de
commutation entre des domaines de réseaux.
Quel est l’élément le plus important de cet article ? Les
systèmes institutionnels n’ont pas de
frontières, ils les font à travers des
pratiques qui évoluent dans le temps en fonction des positions occupées. Si
vous avez un accès direct à Dieu, tant mieux pour vous ! Mais nous autres, nous
devons jurer de renoncer aux frontières et aux mirages qui vont avec.
( Traduit par Stéphane Dufoix et
Alain Caillé)
·
FUCHS Stephan, 2001, Against
Essentialism : A Theory of Culture and Society,
·
Cambridge, MA, Harvard University Press.
·
GOFFMAN Erving, 1971, Behavior in
Public Places, New York, Harpers.
·
LAZEGA Emmanuel, FAVEREAU Olivier (sous la dir. de), 2002,
Conventions and
·
Structures in Economic Organization : Markets, Networks, and
Hierarchies,
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Cheltenham, Elgar.
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LUHMANN Niklas, 1995, Social
Systems (traduit par J. Bednarz avec l’aide de
·
DirkBaecker), Stanford, CA, Stanford University Press.
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PADGETT John F., ANSELL Christopher K., 1989, « From Faction to
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·
Florence », Department of Political Science, University of
Chicago, septembre.
·
WHITE Harrison C., 1992, Identity
and Control, Princeton, NJ, Princeton University
·
Press.
·
– 2002, Markets from
Networks, Princeton, NH, Princeton University Press.
·
WHYTE William F., 1943, Street
Corner Society, Chicago, University of Chicago Press.
[1]
Mon usage des mots, ici comme dans le titre, peut sembler
quelque peu glissant. Mon intervention à Santa Barbara a tenté d’éclairer de
quelle manière l’organisation sociale et l’organisation linguistique se
construisent mutuellement et conjointement comme significatives.
[2]
Le concept de
discipline est un des concepts centraux de H.
White par lequel il désigne une « molécule sociale », c’est-à-dire une
formation relativement stable et reconnaissable, composée d’un nombre limité
d’identités ou d’acteurs. Ou encore, une discipline est un contexte pour
l’action relativement ordonné grâce auquel les identités parviennent à un
important degré de contrôle sur les contingences et les incertitudes qui les
assaillent (
ndt).
[3]
La relation multiplexe de White semble très proche de ce que
Mauss aurait appelé une « relation sociale totale »,
i.e. une relation dans laquelle sont
impliquées les différentes dimensions de l’action (économique, symbolique,
politique, affective, etc.) et qui mobilise une part appréciable de la
personnalité (
ndt).
[4]
Blockmodels désigne
l’analyse technique des matrices relationnelles qui permet de définir les
équivalences structurales entre les nœuds de réseau.
Cf. E. Lazega,
Réseaux sociaux et structure
relationnelle, PUF-Que sais-je ? 1998, p. 55 (
ndt).
[5]
Nous avons choisi de garder ce mot qui désignait en français
comme en anglais (mais au pluriel) des détours, circonlocutions, équivoques…,
mais n’existe plus aujourd’hui que dans l’expression « sans ambages » (
ndt).