Les fondements utilitaristes et anti-utilitaristes de la coopération en biologie
Bruno Kestemont
Alors que les sciences naturelles ont semblé donner raison à l’utilitarisme
pendant plus d’un demi-siècle, il devient aujourd’hui possible de contredire
cette hypothèse : l’homme n’est pas uniquement égoïste, en plus du fait
qu’il n’est pas parfaitement rationnel. Ce non-utilitarisme de l’être humain
s’applique aux formes les plus primitives de la vie : la coopération est inscrite
dès les origines et pourrait être un des moteurs essentiels de l’évolution. La
découverte récente de mécanismes permettant la naissance de la coopération
dans un contexte de gènes postulés égoïstes remet cent ans de débats socio-logiques sur la table de travail.
During the last 50 years, life sciences seemed to demonstrate that utilitarianism was the only possible evolutionary pathway, closing the debate in social
sciences. The latest converging results of studies using more complexe, less
biaised models and behavioural experiments suggest today that this hypothesis was fundamentally wrong : humans are neither rational nor perfectly
selfish. This non-utilitarianism of Human Beings is also a characteristic of
primitive life forms : cooperation has existed since the origine of life and
could even be one of the fundamental motors of evolution. The recent parallel discovery of various mecanism allowing the apparition and survival of
cooperation in a context of postulated selfish genes revitalizes a 100 years
old sociological debate.
• Introduction
• La réciprocité indirecte
• La réciprocité indirecte en chaîne
• La réciprocité dure
• Finitude, milieux hétérogènes, flèche du temps
• L’effet des fluctuations
• La sélection de groupe
• L’instabilité de la concurrence parfaite
• La sélection culturelle ou la coévolution groupe-individu
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE