La vie est sans pourquoi
Redécouverte de la question téléologique
Jacques Dewitte
À travers l’examen de quatre auteurs de langue allemande (R. Spaemann,
H. Jonas, Th. von Uexküll, A. Portmann), il est montré que la question
de la finalité, bannie par une bonne partie de la pensée moderne et par la
science biologique, doit être prise en considération et réhabilitée si l’on veut
rendre justice au phénomène de la vie. Pourtant, introduire de la sorte un
point de vue téléologique n’implique en soi aucune réduction à une finalité
rationnelle et utilitaire. En dernière instance, « la vie est sans pourquoi »,
mais, pour le comprendre, il faut s’interroger sur les fins immanentes qu’elle
poursuit, en constatant alors que l’autoconservation, la simple survie, n’est
nullement sa raison d’être ultime.
Through the discussion of four german-writing authors (R. Spaemann,
H. Jonas, Th. von Uexküll, A. Portmann), it is shown that the question of
finality – though it is banished by the great part of modern thought and
biological science – must be rehabilitated if we want to think correctly
about the phenomenon of life. But this reintroduction of finality implies
no reduction to rational or utilitarian finality. In the last analysis, « life
is without why », and self-conservation, mere survival, is in no way the
ultimate reason of life.
• Robert Spaemann et l’inversion de la téléologie
• Hans Jonas et la signification ontologique du métabolisme
• Thure von Uexküll ou l’enveloppement
de la finalité par la causalité
• Adolf Portmann et la question de la fin ultime du vivant