2001
Économie et Prévision
Faut-il s'inquiéter de la baisse du niveau des aquifères ?
Jean-Pierre Amigues
[(*)]
Pascal Favard
[(**)]
Michel Moreaux
[(***)]
L'objet du présent article est l'analyse des problèmes posés par la gestion des aquifères continentaux rechargés par le
passage en nappe des eaux de surface. De tels aquifères peuvent être considérés comme des mines dotées d'une certaine
capacité de régénération. La thèse développée dans l'article est que l'épuisement progressif des aquifères est une
conséquence du caractère minier de ces ressources. Nous montrons ce résultat sous diverses hypothèses concernant les
différentiels de coûts d'exploitation entre réserves en nappe et eaux de surface dans un modèle endogénéisant l'offre de
travail nécessaire à l'exploitation de la ressource. L'analyse exhaustive de différentes configurations des paramètres du
modèle (niveau initial des réserves, importance des recharges et demandes pour la ressource) démontre la robustesse de ce
résultat.
This paper analyses the problems raised when managing continental aquifers replenished by the trickledown of surface
water. These aquifers can be regarded as natural wells with a certain amount of regeneration capacity. The theory
developed in this paper is that aquifers are gradually depleted due to their being used as wells. This is shown using
different assumptions for the cost differences between using ground water reserves and surface water in a model that
endogenises the labour supply required to exploit the resource. Our findings are shown to be robust by a thorough
analysis of the model’s different parameter configurations (initial level of reserves, importance of replenishment and
demand for the resource).
Nous remercions P. Malgrange et les deux rapporteurs
anonymes dont certaines remarques ont permis d'améliorer la
version préliminaire de cet article.
Les ressources que constituent les aquifères d'eau
douce ont tendance à se détériorer dans la plupart des
zones où l'eau n'est pas surabondante
[1]. Cette
détérioration présente deux aspects. Le premier
aspect est d'ordre qualitatif. Dans de nombreuses
régions, la qualité de la ressource est gravement
affectée par le passage en nappe de rejets polluants
d'origines industrielle, agricole et domestique. Le
second aspect, dont traite cet article, est d'ordre
quantitatif. Nombreuses sont en effet les régions du
monde où le niveau de la nappe a considérablement
baissé au cours des dernières décennies. L'exemple
le plus frappant peut-être est celui du grand aquifère
d'Ogallala, situé sous les Grandes Plaines aux
États-Unis, qui s'étend sur plus de treize cents
kilomètres, du Dakota du Sud au Texas, et qui est
considéré comme la plus grande réserve d'eau douce
de la planète
[2]. Cet aquifère fournit environ trente
pour cent de la totalité de l'eau d'irrigation du pays et
alimente vingt pour cent de l'ensemble des surfaces
irriguées. Depuis 1940, le niveau moyen de la nappe
a baissé d'à peu près trois mètres, la chute pouvant
atteindre trente mètres en certains points. Au dire des
experts
[3] la poursuite des prélèvements à ce rythme
devrait conduire à la disparition de l'aquifère et, à
l'horizon 2002, cinq millions d'acres de terres
aujourd'hui irriguées devraient changer de méthode
culturale pour passer en
dry-farming. En France,
plusieurs aquifères présentent certains signes de
surexploitation bien que la pauvreté des données, en
particulier l'absence de séries statistiques longues et
fiables, incite à une certaine prudence dans
l'interprétation d'événements récents.
La baisse du niveau des nappes pose des problèmes
qui diffèrent d'un type de nappe à l'autre. Dans
certaines nappes au réseau d'alimentation complexe,
le système d'alimentation subit des dégradations
irréversibles dès que le niveau passe au-dessous d'un
seuil critique. La nappe n'est plus alors ni rechargée,
ni rechargeable, ce qui est plus grave. Les problèmes
posés par ce genre d'irréversibilité ont été
récemment étudiées par Tsur et Zemel
[4]. Pour les
aquifères côtiers, la baisse du niveau provoque des
intrusions d'eau de mer. Ces intrusions sont le plus
souvent réversibles
[5]. L'objet du présent article est
l'analyse des problèmes posés par la gestion des
aquifères continentaux rechargés par le passage en
nappe des eaux de surface. L'exploitation optimale
de ces aquifères peut se concevoir comme
l'exploitation d'une mine un peu particulière dont les
réserves sont en permanence réalimentées, le flux
d'alimentation pouvant lui-même faire l'objet de
prélèvements avant son passage en nappe. À ce titre,
et parce qu'une mine exploitable doit être exploitée,
l'épuisement progressif du stock de la ressource ne
devrait pas surprendre, c'est du moins la thèse que
nous soutenons. Ce dont il faudrait s'inquiéter c'est
donc moins du fait que le niveau des aquifères a
tendance à baisser que, peut-être, de la vitesse à
laquelle il baisse.
L'article est organisé comme suit. Le modèle que
nous utilisons pour mener l'analyse est exposé en
première partie. On examine à la deuxième partie le
cas dans lequel le coût des prélèvements en nappe est
inférieur à celui des prélèvements sur le flux de
recharge et en troisième partie la transition vers le
régime régulier. On conclut brièvement en dernière
partie.
On considère un territoire et sur ce territoire une
population d'effectif N, constant. A tout instant t
chaque individu peut voir mis à sa disposition une
quantité c ( t ) de bien de consommation et devoir
consacrer au travail une fraction ω( )t de son temps
( ( )0 1≤ ≤ω t ), de sorte que le loisir dont il bénéficie
est égal à l ( ) ( )t t= -1 ω. Soit U c t t( ( ), ( ))l l'utilité
qu'il en retire, la même quel que soit l'individu
considéré. On suppose que la fonction U définie sur
R+ ×[0,1] est strictement concave et que le bien de
consommation et le loisir sont des biens essentiels :
et
On suppose de plus que ∂ ∂ ∂ 2 0U c/ l ≥ : l'utilité
marginale de la consommation croît avec le loisir et
réciproquement. Cette hypothèse implique que les
isoclines sont croissantes. Notons Iσ le lieu des
cou ples ( , ) [ , ) [ , ]c l ∈ ∞ ×0 0 1, tels que
∂ ∂ ∂ ∂ σ σU c U/ / / , l = >0. Sous l'hypoth èse
∂ ∂ ∂ 2 0U c/ l ≥, on peut voir ce lieu comme le graphe
d'une fonction croissante, qu'on notera aussi
I I σ σ, :[ , ) [ , ]0 0 1∞ →, qui à to ut niveau de
consommation c∈ ∞[ , )0 fait correspondre le niveau
de loisir I c σ ( ) [ , ]∈ 0 1. Cette hypothèse implique aussi
que le long de toute droite l = - > >a bc a b, ,0 0, les
valeurs absolues des pentes des courbes
d'indifférence sont des fonctions décroissantes de c.
Les deux propriétés simplifient la détermination des
sentiers optimaux d'utilisation des ressources. Sous
l'hypothèse ∂ ∂ ∂ 2 U c/ l <0 ou ∂ ∂ ∂ 2 U c/ l de signe
quelconque, la structure des sentiers optimaux peut
être beaucoup plus complexe.
La production totale instantanée du bien de
consommation ainsi que le travail nécessaire à sa
production sont, àchaque instant, également répartis
entre tous les membres de la population. Le
planificateur actualise les utilités à un taux constant
ρ > 0 et se propose de maximiser la somme des
utilités instantanées actualisées sur l'ensemble des
effectifs présents et à venir, c'est-à-dire de
maximiser la fonction de bien-être social U définie
par :
La production du bien de consommation requiert du
travail et une ressource naturelle. Cette dernière est
disponible soit sous forme de flux, l'eau de
ruissellement, soit sous forme de stock, l'eau en
nappe. Le flux est indéfiniment renouvelé, et
d'intensité constante x, de sorte que sur l'intervalle
de temps (t, t + dt) la société peut utiliser la quantité
xdt de la ressource en question. La ressource est
également disponible sous forme d'un stock en
nappe, de niveau Y ( t ) à l'instant t. On note Y le
0 niveau initial de ce stock. La nappe est
approvisionnée par cette partie du flux qui n'a pas été
directement utilisée dans la production du bien de
consommation, tant que sa capacité de stockage n'est
pas saturée. Notons Y la capacité de la nappe. Pour
aller à l'essentiel on pose que, à l'instant t, si le stock
en nappe est inférieur à la capacité, Y t Y( )<, et si le
prélèvement sur le flux x (t) est inférieur aux apports
x, alors une partie a x x t a( ( )), ( , )- ∈ 0 1, du flux non
directement utilisé passe en nappe, tandis que l'autre
partie (1– a) (x x t- ( )) est irrémédiablement perdue.
Si les réserves en nappe sont à leur niveau maximal
Y, la totalité du flux non-utilisé est perdue.
Il est clair par ailleurs qu'on ne peut pas prélever,
dans une nappe à son niveau le plus bas, plus que le
flux des apports qui lui parviennent :
L a tech nique de p rod uctio n du bien de
conso mmation est du typ e à facteurs
complémentaires et à rendements constants. Pour
produire une unité de bien de consommation il faut
une unité de ressource
[6] et une unité de travail
[7]. Les
techniques d'exploitation de la ressource sont
également à facteurs complémentaires et à
rendements constants
[8]. Afin de disposer d'une unité
de ressource utilisable par l'industrie de production
du bien de consommation, il faut, si on exploite le
flux, une unité de ressource-flux et
η unités de
travail, et, si on exploite la nappe,
μ unité de
travail
[9]. Selon les cas
[10], le coût en travail
nécessaire pour exploiter le flux peut être inférieur,
égal ou supérieur au coût en travail nécessaire pour
exploiter la nappe. Il est parfois plus simple de
considérer le secteur productif comme un secteur
intégré qui transforme directement le travail et la
ressource à l'état naturel, en bien de consommation,
une partie du secteur exploitant le flux, l'autre partie
la nappe. Les coefficients techniques de la partie du
secteur qui exploite le flux sont 1 pour la ressource et
1 +
η pour le travail; ceux de la partie du secteur qui
exploite la nappe, 1 et 1+
μ. On note respectivement
η
et
μ les coefficients 1 +
η et 1 +
μ.
Le programme déterminant les trajectoires,
socialement optimales, des prélèvements sur chaque
type de ressource admet la formulation (P.1)
suivante si le secteur productif est intégré :
Y Y( )00 = donné
La contrainte a x x t y t( ( )) ( )- - ≥ 0 si Y t( ) =0,
garantit que, pour toute trajectoire admissible, on a
Y t( ) ≥ 0.
Lorsque le coût de prélèvement dans la nappe est
supérieur au coût de prélèvement sur le flux, il est
clair qu'il faut en priorité exploiter le flux et que la
nappe ne doit être exploitée que si l'utilisation de la
totalité du flux ne suffit pas à satisfaire les besoins.
Considérons le programme (P.2) suivant :
Alors, de deux choses l'une :
- ou bien la solution xr* de ce programme est telle que
la contrainte x x- ≥ 0 n'est pas saturée et dans ce cas
il n'y a pas lieu d'exploiter la nappe, la solution du
pro gramme (P.1) étant alors x t xr ( )* = et
y t t( ) ,= ≥0 0;
- ou bien la solution xr* de ce programme est égale à
x et il convient alors d'exploiter la totalité du flux.
Dans ce cas, il faut considérer Y comme une mine
0 c'est-à-dire un stock de facteur non-renouvelable
dans lequel on peut puiser. Le problème de
l'épuisement optimal de cette mine peut se formuler
comme suit :
Ce problème qui est un problème classique
d'exploitation minière est traité en détail dans
Amigues et alii (1999).
Plus intéressant est le cas où le coût de prélèvement
dans la nappe est inférieur au coût de prélèvement en
surface.
Les régimes permanents optimaux dans
un système hydrologique où le coût de
prélèvement en nappe est inférieur au
coût de prélèvement en surface
Lorsque les coûts de prélèvements en nappe sont
inférieurs au coût de prélèvement sur le flux il existe
quatre types de régimes permanents optimaux, selon
les valeurs prises par les fondamentaux du modèle.
Caractérisons ces quatre régimes.
Le coût d'exploitation en nappe étant inférieur au
coût d'exploitation directe du flux, mieux vaudrait
laisser celui-ci passer en nappe avant de l'exploiter.
Cette politique est la politique évidente si l'intensité
du flux après transfert, ax, est suffisamment
importante. Si au contraire ax n'est pas très élevé, on
doit se demander s'il n'est pas plus pertinent de
procéder à une exploitation directe du flux d'apports,
sinon totalement tout au moins partiellement, pour
disposer d'une quantité supérieure de bien de
consommation, quitte à travailler plus.
Notons x cette partie du flux exploitée directement.
Considérons le problème (P.4) suivant :
L'ensemble des couples ( , )c l qu'il est possible
d'atteindre sous les contraintes du programme (P.4)
est illustré à la figure 1 ci-dessous. Surcette figure, la
ligne ABC représente la frontière supérieure des
possibles. Le segment AB de pente -μ correspond à
ce qu'il est possible de produire en n'exploitant le
flux qu'après passage en nappe. Le segment AC de
pente -η, correspond à ce qu'il serait possible
d'obtenir par exploitation directe du flux. Le coût en
travail est plus élevé mais la quantité maximale de
bien de consommation qu'il est possible d'obtenir est
plus importante. Le segment BC correspond aux
couples ( , )c l qu'on peut obtenir en combinant
l'exploitation directe du flux et son exploitation
après transfert en nappe. Si par exemple la partie
Nd / a du flux est exploitée après transfert, de sorte
que les prélèvements en nappe s'élèvent à Nd, et la
partie x Nd a- / est exploitée directement, il est
possible d'obtenir un couple consommation-loisir
par tête égal à ( ', ')c l, indiqué par le point D'sur la
figure 1 où le segment D'D'' est de pente -η.
Quelle est la pente du segment BC, lieu des points
efficaces de transformation du loisir par tête en
consommation par tête lorsque la société combine
l'exploitation directe du flux et son exploitation
après passage en nappe ? Partons d'un point intérieur
au segment B C. Po ur obtenir une unité
supplémentaire de bien de consommation il faut
augmenter les prélèvements directs sur le flux d'un
montant 1 / (1 - a). Le travail additionnel qu'il faut
fournir pour disposer de cette unité supplémentaire
s'élève donc à η μ/ ( ) / ( )1 1- - -a a a, le premier
terme représentant l'augmentation induite par
l'accroissement d'exploitation directe du flux, le
second la réduction du travail affecté à l'exploitation
de la nappe. L'accroissement net de travail auquel il
faut consentir pour obtenir l'unité additionnelle de
bien de con sommation est donc ég al à
( ) / ( )η μ- -a a1.
Selon les valeurs des paramètres x a, , ,η et μ selon la
forme de la fonction U, le programme (P.4) peut
admettre l'un des quatre types suivants de solution
( , ) * * x y r r :
Type i : n'exploiter qu'une partie du flux après
transfert en nappe, parce que le flux est abondant :
x ax y r r* * = > >0 0et.
Figure 1
régimes stationnaires optimaux
de types i et iii
C'est le genre de solution illustrée au point E sur la
figure 1. La courbe d'indifférence de niveau d'utilité
le plus élevé parmi celles qui ont un point commun
avec le domaine des couples ( , )c l techniquement
réalisables est tangente au segment AB. La totalité de
l'apport àla nappeà chaque instant n'est pas exploitée
et la nappe se remplit progressivement.
Type ii : n'exploiter la totalité du flux qu'après
passage en nappe, bien que les apports ne soient pas
très importants : x y ax r r* * = =0 et.
Cegenrede solution est illustré au point
B de lafigure
2. À n'exploiter qu'après passage en nappe, la société
doit exploiter la totalité du flux. Mais la pente de la
courbe d'indifférence passant par
B est en valeur
absolue supérieure à
μ
[11] et inférieure à
(
η μ - -
a a) / ( )1, la valeur absolue de la pente du
segment
BC. Au coût marginal en travail
μ, la société
serait prête à travailler plus pour consommer plus.
Mais au coût marginal en travail (
η μ - -
a a) / ( )1
chacun préfère ne consommer que
ax N/.
Type iii : exploiter la totalité du flux, pour partie
directement et pour partie après passage en nappe :
*
0 0< < < = - <x x y a x x ax r r r* * ( )et.
Ce genre de solution est illustrée au point D' de la
figure 1. La courbe d'indifférence de niveau d'utilité
le plus élevé ayant un point commun avec l'ensemble
des possibles est tangente au segment BC.
Type iv : exploiter directement la totalité du flux :
x x y r r* * < =et 0.
Ce type de solution est illustré en
C sur la figure 2. La
courbe d'indifférence de niveau d'utilité le plus élevé
ayant un point commun avec l'ensemble des
possibles passe par
C et sa pente, en valeur absolue,
est supérieure à celle du segment BC
[12] et donc aussi
supérieure à
η. Chacun serait prêt à consommer plus
au coût marginal en travail
η.
Figure 2
régimes stationnaires optimaux
de types ii et iv
Montrons maintenant que s'il n'y a pas de ressource
initialement en nappe, la solution du problème du
planificateur est le sentier stationnaire qui reproduit
à chaque instant la solution du problème statique
(P.4). C'est évident si la solution de (P.4) est du type
i. Le flux d'apport est tellement abondant qu'en
prélevant en nappe ce que l'on veut prélever on
n'épuise pas les apports ax. Considérons donc les
autres cas et remarquons que partant des sentiers
stationnaires reproduisant la solution de (P.4), les
seules substitutions intertemporelles possibles sont
l'un des deux genres suivants.
Le premier genre de substitution est praticable
lorsque la solution de (P.4), ( , ) * * x y r r, commande
qu'on prélève en nappe yr* >0. Une option est alors
de réduire légèrement le prélèvement en nappe d'un
montant dy à chaque instant d'un premier intervalle
de temps, de laisser en nappe cette ressource
non-utilisée et d'augmenter ultérieurement les
prélèvements d'un même montant à chaque instant
d'un second intervalle de temps de même durée. En
procédant ainsi, si on néglige provisoirement
l'actualisation, au premier ordre, le gain est nul. À
chaque instant du premier intervalle de temps, la
perte d 'utilité par tête s'élève à
[ / / ]∂ ∂ μ∂ ∂U c U dy /N- l, les d érivées étant
évaluées en c x y N r r r* * * ( ) /= + et
lr r r x y N * * * [ ] /= - +1 η μ et à chaque instant du second
intervalle, le gain est le même. Donc :
- ou bien ∂ ∂ μ∂ ∂U c U/ /= l, ce qui est alors le cas
lorsque la solution de (P.4) est du type i, et alors
même en tenant compte de l'actualisation le bilan
reste nul
[13];
- ou bien ∂ ∂ μ∂ ∂U c U/ /> l, ce qui est le cas si la
solution de (P.4) est d'un autre type que le type i, et
alors, lorsque l'on tient compte de l'actualisation
apparaît une perte : les gains à attendre du report, à
chaque instant du second intervalle sont, du fait de
l'actualisation, inférieurs aux pertes subies à chaque
instant du premier.
Le second genre de substitution est possible lorsque
la solution de (P.4) implique un prélèvement direct
sur le flux d'apports, xr* >0. On peut alors réduire
légèrement le prélèvement direct sur le flux d'un
montant dx à chaque instant du premier intervalle de
temps, laisser passer en nappe cette partie non-utilisée du flux et l'y conserver pour ultérieurement
accroître le prélèvement en nappe d'un montant adx à
chaque instant d'un second intervalle de même
durée. Distinguons selon que le prélèvement en
nappe yr* est positif ou nul. Si yr* >0, on est dans le
cas de type iii où yr* >0 et xr* >0 de sorte que
∂ ∂ η μ ∂ ∂U c a U a/ ( )( / )( )= - -l 1. Au co urs du
premier intervalle de temps, la perte d'utilité par tête
à chaque instant est au premier ordre égale à
{[( ) / ( )] }η μ η- - -a a1 ( / / [ ( )∂ ∂ ) η μU dx N al = - /
( )]( / ) /1- a U dx N∂ ∂l, tandis que le gain par tête, à
chaque instant du second intervalle, n'est égal qu'à
[ ( ) / ( )]( / ) /a a U dx N 2 1η μ ∂ ∂- - l. L e bilan est
donc négatif en négligeant l'actualisation et la prise
en compte de celle-ci ne l'améliore pas. Si yr* =0, on
est dans u ne situation de type iv et
∂ ∂ η μ ∂ ∂U c a U a/ ( )( / ) / ( )> - -l 1. La perte subie à
chaque instant du premier intervalle de temps,
( / / ) /∂ ∂ η∂ ∂U c U dx N- l, est supérieure au gain
a U c U dx N[ / / ] /∂ ∂ η∂ ∂- l permis à chaque instant
d u secon d intervalle lorsqu'on néglige
l'actualisation. La prise en compte de celle-ci
détériore un bilan déjà dans le rouge.
Les transitions vers les régimes
permanents
Examinons maintenant le cas dans lequel il existe des
réserves initialement en nappe.
Puisque les réserves initialement disponibles sont
d'un coût d'accès inférieur au coût d'accès direct au
flux, il faut toujours les exploiter. L'actualisation des
utilités instantanées suggère que les sentiers
optimaux comprennent deux phases. La première est
une phase pendant laquelle on épuise les réserves et,
éventuellement, on prélève aussi directement sur le
flux. À l'issue de cette première phase, les réserves
étant épuisées, le sentier est l'un des régimes
stationnaires que l'on vient de caractériser.
Notons Ur* le niveau d'utilité par tête en régime
stationn aire, quel que soit son type, i.e.
*
U U c r r r* * ( , )= l. Soit T la date d'épuisement des
réserves. On peut alors réécrire la fonction d'objectif
du problème (P.1) sous la forme (P.5) suivante :
Les contraintes du problème restent les mêmes que
celles du problème (P.1) sur l'intervalle [0,T].
Il n'y a évidemment de problème économique à
résoudre que si le flux d'apports x n'est pas abondant.
On conduit donc l'étude en fonction des trois types,
ii, iii, et iv, de régimes stationnaires susceptibles de
s'instaurer après épuisement des réserves, dans
lesquels la contrainte x y a x- - ≥( / ) 0 est active.
Cas d'un régime permanent de type ii
Puisqu'en l'absence de réserves il n'est pas optimal
d'exploiter directement le flux, a fortiori lorsqu'il
existe des réserves, celui-ci ne devrait jamais être
exploité. Montrons qu'on peut construire un sentier
qui vérifie les conditions de premier ordre de
maximisation du hamiltonien et la condition de
transversalité, le long duquel x t( ) =0, sentier qui est
donc un sentier optimal sous les hypothèses du
présent modèle.
Compte tenu du fait que les hypothèses posées sur U
impliquent que la contrainte de saturation de l'offre
de travail n'est jamais active, les conditions de
premier ordre de maximisation du hamiltonien par
rapport à y t( ) et x t( ), en tout t tel que
Y t Y y t( ) ( , ), ( )∈ >0 0 et x t( ) =0, sont
respectivement :
et
où v t x ( ) est le multiplicateur associé à la condition
de non-négativité de x t( ).
La condition de transversalité a pour expression :
Pour déterminer la solution, procédons comme suit.
Soit λ α=r a/, où
les dérivées
étant évaluées en cr* et lr*, est la valeur du
multiplicateur associé à la contrainte d'utilisation du
flux x y a x- - ≥( / ) 0 dans le régime permanent de
type ii. Pour tout λ λ∈ ( , )0, définissons T( )λ comme
la solution de l'équation λ λ λ ρ e T t =. ( ) est une
fonction décroissante de λ et lim ( )λ =+∞T, et,
λ↓ 0 lim ( )λ =T 0. Pou r tout λ λ∈ ( , )0 et tout
λ λ↑ t T∈ [ , ( ))0 λ, soit y t( , )λ la solution de l'équation (1)
obtenue en posant c = y /N et l = -1 μ λy N y t/ ; ( ; )
est une fonction décroissante de t qui tend vers
ax N/ lorsque t tend vers T( )λ. Pour tout
λ λ∈- ( , ( )01 T t)), y(t ; est une fonction décroissante
de λ qui tend vers ax N/ lorsque λ tend vers T t -1 ( ).
Enfin lorsque λ tend vers 0, ( ; )y t λ tend vers y
solution de :
La solution de cette équation correspond au point G
de la figure 3.
Pour tout λ λ∈ ( , )0 on définit $( )Y λ comme les
réserves dont il faut initialement disposer pour
prélever y t( ; )λ dans la nappe durant l'intervalle de
temps [ , ( ))0 T λ, compte tenu du fait que celle-ci est
en permanence rechargée par le flux d'apports qui
n'est pas directement exploité :
L a fon ction $( )Y λ est décroissante et
lim $( ) λ λ ↓ = +∞ 0 Y, et, lim $( ) λ λ λ ↑ =Y 0. L'équation :
possède donc une solution uniqueλ* et la solution du
problème (P.5) est
Par construction en effet, y t * ( ) vérifie la condition
(1) de maximisation du hamiltonien par rapport à
y t( ) sur l'intervalle [ , ) * 0 T. Remarquons maintenant
que
, les dérivées étant
évaluées en
c t y t N( ) ( ) / * = et l( ) ( ) / *
t y t N= -1
μ,
est positive sur l'intervalle [0,
T*)
[14]. Si donc on pose
, la condition (2) de
maximisation du hamiltonien par rapport à x (t) est
également vérifiée. Enfin en
et, l* * ( ) /T a x N= -1 μ, de sorte que les membres
droit et gauche de l'égalité (3) sont tous deux nuls, et
la condition de transversalité est satisfaite.
Figure 3
sentier optimal. Cas où le régime
permanent optimal est de type ii
Le sentier optimal est représenté à la figure 3. Il
démarre en un point k situé sur la partie GB de la
droite de transformation de pente -μ, d'autant plus
près de G que les réserves initiales sont élevées, et
parcourt le segment k B, le point B étant atteint en T*.
Au cours de cette phase la consommation par tête
diminue et le loisir augmente. Ensuite consommation
et loisir restent indéfiniment en B =(cr r* * )l.
Cas d'un régime permanent de type iii
Dans un régime stationnaire de type iii le flux est
pour partie exploité directement et pour partie
exploité après passage en nappe :
. De plus, en
on a :
Montrons que si les réserves initiales sont
suffisamment importantes la phase d'épuisement
des dites réserves comprend deux périodes : pendant
la première, seule la nappe est exploitée tandis que
pendant la seconde le flux est exploité directement
ainsi que la nappe ; si les réserves sont peu
importantes, la phase d'épuisement ne comprend
qu'une période pendant laquelle la société a recours
aux deux modes d'exploitation.
Pendant une période d'exploitation de la seule nappe,
les conditions de premier ordre de maximisation du
hamiltonien par rapport à y(t) et x(t) sont les
conditions (1) et (2) établies à la section précédente
pour ce genre de période. Pendant une période où le
flux est directement exploité ainsi que la nappe, ces
conditions sont respectivement :
et,
Les relations (7.1) et (7.2) impliquent que
, et donc que :
Pendant une période d'exploitation simultanée du
flux d'apport, directement, et de la nappe, le sentier
de la consommation et du loisir par tête doit donc
suivre l'isocline
I a a σ σ η μ, ( ) / ( )= - -1
[15].
Figure 4
sentier optimal. Cas où le régime
permanent optimal est de type iii
Enfin la condition de transversalité prend la même
forme que la conditio n (3) av ec
*
U U x y N r r r* * ( ) / ,= + 1- ( ) /η μx y N r* r* + ).
La construction de la solution est illustrée à la figure
4. Sur cette figure D cr r =( , ) * * l est le point de la partie
BC d'utilisation conjointe en régime des deux formes
de la ressource, correspondant au régime
stationnaire optimal. D est le point d'intersection de
l'isocline Iσ et du segment BC. Notons
E c μ μ μ =( , )l le point d'intersection de cette isocline
avec la droite l = -1 μc. Puisque le segment BC est
situé sous cette droite d'une part et puisque les
isoclines sont croissantes d'autre part, on a c c r* <μ et
l l r* <μ.
Distinguons deux valeurs critiques de λ λ,1 et
λ λ λ 2 1 2, <, définies comme suit :
évaluées en Eμ.
,
évaluées en D.
Les égalités
, dans (9)
et (10) viennent du fait que Eμ et D sont tous deux
situés sur l'isocline Iσ. L'inégalité λ λ 1 <2 résulte du
fait que d'une part
est une fonction
décroissante de
c le long de l'isocline
[16] et que
d'autre part
c c r* <
μ (cf.
supra).
Pour λ λ∈ ( , )0 c'est-à-dire si les réserves initiales
1 sont suffisamment élevées, la phase d'épuisement
des réserves est constituée des deux périodes
évoquées plus haut ; pour λ λ λ∈ [ , ], la phase
1 2 d'épuisement des réserves ne comprend qu'une
période pendant laquelle les deux formes de la
ressource sont simultanément exploitées.
Pour tout
λ λ∈ ( , )0 définissons
T ( )
λ comme la
soolution de
11lution de
λ λ ρ et = et
T ( )
λ comme la s
12 λ λ ρ et =.
T T( ) ( )
λ λ-, solution de
λ λ 1
ρ et =, est
2 2 1
2 une constante.
T ( )
λ est une fonction décroissante de
1 λ qui tend vers 0 si
λ tend vers
λ, et vers +∞ si
λ tend
1 vers 0. Pour tout
λ λ∈ ( , )0 et pour tout
t T∈ [ , ( )]0
λ
11 soit
x t 0( ; )
λ = et
y t( ; )
λ la solution de (1) obtenue
1 1 en posant
c =
y /
N et l = -1
μc. Cette fonction est la
même que la fonction
y t( ; )
λ de la section
précédente. Elle possède donc les mêmes propriétés
et lim ( ; )
y t Nc=
λ. Pour
t T T∈ [ ( ), ( ))
λ λ
μ
( )
t T↑ 1 1
λ 1 2 soit ( ( ; ), ( ; ))
x t y tλ λ la solution du système
2 2 d'équations (7.1)-(7.2), système qui possède une
solution unique. Au cours de cette seconde période,
[ ( ), ( )], ( ; )
T T x t 1 2 2
λ λ λ est une fonction croissante de
t, de
x T 2 1 0( ( ); )
λ λ = à
x T xr2 2 ( ( ); )
* λ λ =, tandis que
y t( ; )
λ décroît de
y T Nc 2 1 ( ( ); )
λ λμ = à
2
y T yr2 2 ( ( ); )
* λ λ =
[17].
Pour tout λ λ λ∈ [ , ], on définit T ( )λ de la même
1 22 façon qu'à l'alinéa précédent, ainsi que les fonctions
x t 2 ( ; )λ et y t 2 ( ; )λ.
Pour tout λ λ∈ ( , )02 on définit $( )Y λ comme le
montant des réserves initiales qui permet de suivre
successivement les sentiers y t t T0( ; ), [ , ( ) )λ λ∈ et
1 1 y t t T T 1 ( ; ), [ ( ), ( ) )λ λ λ∈ lorsque λ λ∈ [ , ]0 et le
2 21 sentier y t t T0( ; ), [ , ( ))λ λ∈, lorsque λ λ λ∈ [ , ),
2 2 1 2 compte tenu du fait que la nappe est alimentée par la
partie du flux non directement exploitée :
La fonction $( )Y λ est décroissante, de +∞ pourλ =0,
à 0 pour λ λ=2, de sorte que l'équation :
possède une solution unique λ*, et le programme
(P.5) admet la solution suivante :
- pour tout λ λ λ * * * ( , ): ( )∈ =02 2 T T
- pour λ λ * ( , ):∈ 01
-
-
et
-
-
pour λ λ λ * ∈ [ , ] 1 2 :
-
Un argument identique à celui développé en
première section montrerait que les conditions
(1)-(2) de maximisation du hamiltonien sont
vérifiées au cours de la période d'exploitation de la
seule nappe lorsqueλ λ * ∈ ( , )0. Par construction les
1 conditions de maximisation (7.1) et (7.2) sont
satisfaites pendant la période d'exploitation des
deux fo rmes d e la ressou rce. Enfi n, en
T x T xr* * * *, ( ) = et y T yr* * * ( ) =, de sorte que les
membres droit et gauche de (3) sont tous deux nuls et
la condition de transversalité est également
satisfaite.
Pour des niveaux des réserves initiales suffisamment
impo rtants, Y Y 0 1 > $( )λ, le sentier de la
consommation et du loisir par tête part d'un point k de
la partie GEμ de la frontière l = -1 μc et parcourt
cette droite en direction de Eμ qui est atteint en
T1 ( ) * λ. Pendant cette première période la
consommation décroît mais le loisir augmente, et le
niveau d'utilité par tête décroît. À partir de T1 ( ) * λ le
sentier suit l'isocline Iσ, de Eμ en direction de D qui
est atteint en T*. Au cours de cette seconde période,
consommation et loisir décroissent tous les deux.
Ensuite le sentier reste indéfiniment au point D. Le
point de départ du sentier est situé d'autant plus près
du point G, où une courbe d'indifférence est tangente
à la droite de transformation l = -1 μc, que les
réserves initiales sont élevées. Pour des niveaux plus
faibles des réserves initiales, Y Y 0 1 < $( )λ, la phase
d'épuisement de celles-ci ne comprend que la seule
période d'exploitation simultanée des deux formes
de la ressource. Le sentier de la consommation et du
loisir par tête part d'un point situé sur l'isocline Iσ
entre Eμ et D et parcourt l'isocline en direction de D
qui est atteint en T*.
Cas d'un régime permanent de type iv
Dans un régime stationnaire de type iv, la totalité du
flux est exploitée directement :
Montrons que dans ce cas, si les réserves initiales
sont suffisamment importantes, la phase
d'épuisement des réserves comprend trois périodes :
une période d'exploitation de la seule nappe, une
période d'exploitation conjointe des deux formes de
la ressource au cours de laquelle la nappe continue
d'être rechargée et enfin une période d'exploitation
conjointe au cours de laquelle la totalité du flux
d'apport est exploitée directement. Si les réserves
initiales ne sont pas très importantes, la première
période disparaît. Si les réserves initiales sont très
faibles, les deux premières périodes disparaissent.
Figure 5
sentier optimal. Cas où le régime
permanent optimal est de type iv
On a déjà établi aux deux sections précédentes les
conditions de maximisation du hamiltonien pendant
les deux premières périodes. Pendant une période où
la totalité du flux est exploitée directement et où la
nappe est aussi exploitée, ces conditions prennent la
forme :
où ξx t( ) est le multiplicateur associé à la contrainte
x x- ≥ 0 qui est saturée pendant cette période.
La construction de la solution est illustrée à la figure
5. Sur cette figure le point
C cr r =( , ) * * l correspond au
régime stationnaire. Le segment de droite
CH est de
pente -
η. Tout point de ce segment correspond à une
situation où la totalité du flux est exploitée
directement ainsi que la nappe. Si le régime
stationnaire est du type
iv, alors la pente de la courbe
d'indifférence de niveau d'utilité
Ur*, en
c cr r =( , ) * * l,
est en valeu r abs olue s upérieure à
σ η μ= - -( ) / ( )
a a1
[18]. Il en résulte que l'isocline
Iσ
a un point d'intersection avec le segment
CH
[19]. On
note
E c η η η =( , )l ce point d'intersection. On a donc
c c r* <
η, et, puisque l'isoclineest croissante,
c c η μ <.
Distinguons trois valeurs critiques de λ λ λ, , et
1 2 λ λ λ λ 3, < <, définies comme suit. λ est définie
1 2 31 comme àla section précédente (cf. équation (9))et :
,
évaluées en Eη
évaluées en C
L'inégalité λ λ 1 2 < résulte du fait que d'une part
est une fonction croissante le long de
l'isocline
[20] et que d'autre part
c c η μ <. L'inégalité
λ λ 2 3 < résulte du fait que d'une part
est une fonction décroissante de c le long de CEη et
que d'autre part c c r* <η.
Pour
λ λ∈ ( , )0 on définit
T ( )
λ comme la solution de
λ ρ et et
11 λ=
T ( )
λ comme la solution de
λ λ ρ et =
122 T ( )
λ comme la solution de
λ λ ρ et =.
T T( ) ( )
λ λ33 2 1 et
T T( ) ( )
λ λ- sont indépendants de
λ, et
T ( )
λ qui
3 2
1 est définie comme en deuxième section
[21], possède
les propriétés déjà mises en évidence, en particulier
T ( )
λ décroît de +∞ pour
λ = 0 à 0 pour
λ =
λ1. Pour
1 tout
λ λ∈ ( , )0 soit
x t( ; )
λ,
y t( ; )
λ,
t T∈ ( , )0 (
λ) et
1 1 1
1 x t( ; )
λ,
y t( ; )
λ,
t T T∈ ( , )(
λ) (
λ) les fonctions
2 2 1 2 définies à la section précédente. Ces fonctions ont
d onc les mêmes propriétés ; d e p lus
Posons x t x( ; )λ = et définissons y t( ; )λ comme la
3 3 solution de (1) obtenue en posant c x y N= +( ) / et
l = - +1 ( ) /η μx y N. La fonction y t( ; )λ décroit sur
3 l'intervalle [ , )T T 3 (λ) (λ) de y T Nc x 3 2 ( ( ); )λ λη = -
2 à y T 3 3 0( ;( ); )λ λ =.
Pourλ λ λ∈ [ , ) 1 2 on poseT1 0( )λ = et on définitT2 ( )λ
et T ( )λ de la même façon qu'à l'alinéa précédent
3 ainsi que les fonctions x t 2 ( ; )λ, y t 2 ( ; ),λ x t 3 ( ; )λ et
y t 3 ( ; )λ.
Pour λ λ λ∈ [ , ) on pose T T 0( ) ( )λ λ= = et on
2 3 1 2 définit T ( )λ comme ci-dessus ainsi que les
3 fonctions x t 3 ( ; )λ et y t 3 ( ; )λ.
Définissons $( ), ( , )Y λ λ λ∈ 03 comme les réserves
nécessaires pour procéder aux prélèvements dans la
nappe prescrits par les fonctions y t i( ; ),, ,λ =1 2 3,
i compte tenu des apports qu'elle reçoit :
$( )Y λ est décroissante, de +∞ pour λ =0 à 0 pour
λ λ=3. L'équation :
possède donc une solution uniqueλ* et la solution de
(P.5) est la suivante :
- pour tout λ λ λ * * * ( , ), ( )∈ =03 3 T T;
- pour λ λ * ( , ):∈ 01
-
-
et,
-
-
- pour λ λ λ * ∈ [ , ) la première sorte de période
1 2 disparaît et le sentier débute par une période de la
seconde sorte, sur [0, T2 ( )) * λ;
- pour λ λ λ * ∈ [ , ) les deux premières périodes
2 3 disparaissent et la phase d'épuisement ne comprend
qu'une période de la troisième sorte, sur [ , ) * 0 T.
Des arguments identiques à ceux développés en
deuxième section de la présente partie montreraient
qu'au cours des périodes de la première et de la
deuxième sortes, les conditions de maximisation du
hamiltonien sont satisfaites. Remarquons
maintenant que
, les dérivées
étant évaluées en
c t x y t N * * ( ) ( ( )) /= + et
l
* * ( ) ( ( )) /
t x y t N= - +1
η μ, est po sitive sur
l'intervalle[ ( )
T 2
λ
[22]. Si donc on pose
ξx t( )égal
), * *
T
à cette différence, la condition (11.2) de
maximisation du hamiltonien par rapport à
x (
t) est
satisfaite sur [ ( ), ) * *
T T 2
λ. Par construction de
y t 3 ( ; ) *
λ la condition de maximisation par rapport à
y t( ) est aussi vérifiée sur cet intervalle. Enfin en
T*
les membres droit et gauche de (3) sont tous deux
nuls et la condition de transversalité est également
vérifiée.
Pour des réserves initiales élevées, Y Y 0 1 > $( )λ, le
sentier de consommation et de loisir par tête part d'un
point k de la partie E G μ de la droite l = -1 μc et
parcourt le segment kEμ en direction de Eμ qui est
atteint en T1 ( ) * λ. Pendant cette phase la
consommation par tête décroît tandis que le loisir
augmente. Ensuite lesentiersuit l'isocline Iσ de Eμ à
Eη qui est atteint en T2 ( ) * λ. Pendant cette période,
consommation et loisir par tête diminuent tous les
deux. Au cours de la dernière période [ ( ), ) * * T T 2 λ, le
sentier décrit le segment Eη C; la consommation par
tête continue de décroître tandis que le loisir croît à
nouveau. À partir de T* le régime stationnaire est
atteint et le sentier reste indéfiniment en C. Si les
réserves so nt moi ns importan tes,
$( ) $( )Y Y Yλ λ 2 0 1 < <, le sentier part d'un point de la
partie Eμ Eη de l'isocline Iσ. Si enfin les réserves
sont faibles, Y Y 0 2 < $( )λ, le sentier part d'un point du
segment Eη C.
Nous avons montré, en nous plaçant dans un cadre
d'équilibre général, que l'exploitation optimale des
aquifères peut impliquer à long terme la baisse de
leur niveau lorsqu'on ne considère que l'aspect
fourniture de facteur de production. Ce sera le cas
lorsque le flux d'apport n'est pas très élevé et ce, que
le coût de prélèvement en nappe soit inférieur ou
supérieur au coût de prélèvement sur les
ruissellements de surface. La prise en compte des
amén ités de stock ne modifierait pas
fondamentalement les conclusions. Simplement, au
lieu d'épuiser les réserves en nappe lorsqu'il faut les
exploiter, il serait optimal de n'en utiliser qu'une
partie
[23]. Pour revenir au cas de l'aquifère d'Ogallala
évoqué dans l'introduction, le problème est moins
celui de la substitution du
dry-farming à l'irrigation
dans certaines zones, que celui de la date à laquelle
cette substitution devrait s'effectuer.
Il est clair que de toute façon il faut facturer aux
usagers les prélèvements qu'ils opèrent
[24],
[25]. En
l'absence de redevance pour épuisement de la
ressource suffisamment élevée, celle-ci sera
gaspillée et la vitesse d'épuisement des nappes sera
trop élevée. Le fait que dans certains pays de
nombreux usagers, qui sont précisément ceux qui
utilisent le plus intensément la ressource (et
accessoirement la polluent) réussissent pour
l'essentiel à se soustraire aux redevances ne manque
pas d'être préoccupant.
Annexe 1 : conséquences des hypothèses
posées sur la fonction d'utilité
Considérons une isocline Iσ σ, > 0. Tout mouvement le long
de cette isocline doit vérifier :
D'où pour tout dc d/ l tel que ( / )/ ( / )∂ ∂ ∂ ∂ σU c U l =
Pour tout déplacement le long d'une droite l = - >a bc a, 0et
b > 0, on a : d bdcl =, de sorte que :
Considérons l'utilité marginale nette
qu'implique
l'exploitation d'une ressource de coût moyen d'exploitation
en travail égal à γ γ η μ, { , }∈. La dérivée de cette utilité
margi nale le l ong de la frontière de production
l = - >a c aγ, 0, a pour expression, puisque d dcl / = -γ :
Le long de l'isocline I a a σ σ η μ η μ, ( ) / ( ),= - - >1, les
dérivées des utilités marginales nettes
ont
respectivement pour expression, compte tenu de (A-1) :
et
Annexe 2 : non négativité de νx t( ) et ξx t( )
, <0 est équivalent à
si
et donc équivalent à
Pendant la seule période d'épuisement des réserves dans le
cas d'un régime stationnaire de type ii, ou pendant les
périodes d'exploitation de la seule nappe lorsque les régimes
stationnaires sont des types iii, ou iv,
, car
le sentier ( ( ), ( ) * * c t tl ) décrit la partie d'une droite l = -a cμ
avec c t c( )>μ d'une part, et d'autre part
est une
fonction décroissante de c le long d'une telle droite, donc
.
Pendant la dernière période de la phase d'épuisement des
réserves, lorsque le régime stationnaire est de type iv, on a
, car le sentier ( ( ), ( ) * * c t tl ) décrit la partie
d'une droite l = -a cμ avec c t c * ( )< 'μ, d'une part, et, d'autre
part,
est une fonction décroissante de c le long de
c ett e d ro it e, par co nséqu ent ξx t( ) =
.
Annexe 3 : étude des fonctions x t 2 ( ; )λ et
y t 2 ( ; )λ
Différentions totalement les conditions (7.1) et (7.2). On
obtient :
Le déterminant de la matrice du système a pour expression :
et
Puisque η μ> et a a< - >1 0, ,η μ et donc dx dt 2 0/ > et
dy dt 2 0/ <.
·
Amigues J.P., Bonnieux F., Le Goffe P. et Point P.
(1995). Valorisation des usages de l'eau, Economica, Paris.
·
Amigues J.P., Favard P., Gaudet G. et Moreaux M.
(1994). Fondements théoriques d'une tarification de
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·
Amigues, J.P., Favard P. et Moreaux M. (1999). Faut-il
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Tsur Y. et Zemel A. (1995). Uncertainty and
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·
Wahl P.A. (1989). Markets for Water, Resources for the
Future, Washington, D.C.
[(*)]
LEERNA, IDEI, INRA et Université de Toulouse I.
[(**)]
Université de la Rochelle et LEERNA.
[(***)]
LEERNA, IDEI et IUF - Université de Toulouse I.
E-mail : m
mmoreaux@ cict. fr
[(1)]
La ressource en eau est une ressource naturelle qui
présente un certain nombre de caractéristiques très
spécifiques. On en trouvera une recension dans J.P.
Amigues, P. Favard, G. Gaudet et M. Moreaux (1994).
[(2)]
D'après T.L. Anderson et P. Snyder (1997). Voir en
particulier le chapitre 8 : Ground-Water Deeds.
[(3)]
Cf. par exemple D.E. Kromm et S.E. White (1992).
[(4)]
Cf. Y. Tsur et A. Zemel (1995).
[(5)]
Les problèmes posés par la gestion de ce genre
d'aquifère sont abordés dans B. Caussade, M. Moreaux et
A. Reynaud (2000).
[(6)]
Sur les valorisations multiples de l'eau qu'à dessein ici
nous réduisons à la seule production du bien de
consommation, on consultera Amigues
et alii (1995).
[(7)]
Le choix des unités de mesure des trois biens est fixé, à
un même facteur multiplicatif près, par cette normalisation
à un des deux coefficients de la technique de Leontiev.
[(8)]
Poser que le coût de prélèvement en nappe ne dépend
pas de son niveau Y (t) est une approximation admissible
lorsque la nappe n'est pas trop épaisse, quelle que soit la
profondeur à laquelle elle se trouve. On traite dans une autre
étude le cas des nappes épaisses.
[(9)]
On néglige les pertes de ressource qu'implique leur
exploitation.
[(10)]
La nature du terrain, sa morphologie, le régime des
pluies, le régime des températures, celui des vents et
l'ensoleillement.
[(11)]
On néglige ici, comme dans toute cette section, le cas
anecdotique où on aurait
x y ax r r* *,= =0 et
∂ ∂ ∂ ∂
μU c U/ / / l = en (
cr r* *, l ).
[(12)]
On néglige ici, comme dans toute cette section, le cas
dégénéré dans lequel on aurait
x x y r r* *,= = 0 et
∂ ∂ ∂ ∂
η μU c U a a/ / / ( )/ ( )l = - -1 en (
cr r* *, l ).
[(13)]
On montre aisément, qu'au second ordre, le bilan est
négatif.
[(15)]
On notera
σ la valeur du rapport ( )/ ( )
η μ- -
a a1 dans
tout le reste de l'article.
[(18)]
Sauf cas anecdotique qu'on négligera.
[(19)]
C'est une conséquence immédiate du fait que le long
de toute droite l = - > >
a bc a b, ,0 0, la valeur absolue des
pentes des courbes d'indifférence le long de la droite,
décroît avec
c (cf. Annexe 1).
[(23)]
Cf. Berck (1981) pour le cas d'une ressource
renouvelable classique et Krautkraemer (1985) pour le cas
d'une ressource non renouvelable.
[(24)]
Pour une analyse du système de prix face auquel il
faudrait mettre les différents agents dans le modèle étudié
dans cet article, se reporter à Amigues
et alii (1999).
[(25)]
Pour une revue rapide des problèmes posés par
l'instauration de marchés de l'eau on pourra consulter
Babillot et Le Lourd (1998). On trouvera dans Spulber et
Sabbaghi (1998) un cadre d'analyse classique de
l'ensemble des problèmes posés pour la gestion de ce genre
de ressources. L'ouvrage que nous voudrions
recommander, tant pour la finesse de ses analyses que pour
la diversité des expériences dont il rend compte, est le livre
de Easter, Rosegrant et Dinar (1998). Pour certaines formes
d'adaptation de l'offre à la demande à court terme, on pourra
consulter Miller (1996). On trouvera dans Wahl (1989) une
étude très documentée des dérives auxquelles peuvent
donner lieu une gestion politico-administraive niant la
nécessité de l'instauration des marchés, qui n'est pas sans
rappeler par certains aspects l'expérience française,
notamment pour ce qui concerne la concurrence pour la
captation des rentes.