2001
Économie et Prévision
L’exploitation régulée d’une ressource renouvelable : inefficacité d’un rationnement factoriel et efficacité des quotas individuels transférables
Louis-Pascal Mahé
[(*)]
Carole Ropars
[(*)]
L’exploitation des ressources renouvelables est souvent réglementée par rationnement d’un facteur. L’inefficacité
résultante est étudiée à l’aide d’une fonction de coût restreint représentant la technologie. La solution optimale exige que
l’écart entre coût marginal et prix de la capture soit égal à la valeur adjointe de la ressource. La perte de revenu due à la
restriction est estimée en comparant la solution optimale stationnaire avec le rationnement. L’application porte sur la
coquille Saint-Jacques en baie de Saint-Brieuc. La ressource peut être exploitée de façon optimale et décentralisée par un
système de Quotas Individuels Transférables (QIT). En effet, le prix d’équilibre des QIT est la valeur (adjointe) de la
ressource en stock à l’optimum.
The use of renewable resources is often regulated factor rationing. The resulting inefficiency of this is studied using a cost
function restricted to technology. The optimal solution calls for the deviation between marginal cost and catch price to be
equal to the resource’s costate variable. The loss of income resulting from the restriction is estimated by comparing the
optimal static solution with rationing. The case studied is scallops in the Saint-Brieuc bay. The resource can be used in an
optimal and decentralised way by a system of Individual Tradeable Quotas (ITQs). The equilibrium price for the ITQs is
the (associated) value of the total resource at optimum.
Les ressources naturelles ont deux caractéristiques
essentielles qui affectent leur destin : elles ont une
dynamique basée sur une relation stock-flux et sont
presque toujours des biens publics ou des
« communs ». Cette situation, soulignée depuis
longtemps, les prédispose à la surexploitation et les
menace d’épuisement dans certains cas. Hardin
(1968) a parlé de tragédie des communs. Ce
problème est devenu d’une plus grande actualité à
cause des menaces que la société industrielle fait
peser sur la qualité de l’environnement et la survie
de certaines ressources naturelles. Il a cependant été
identifié depuis longtemps dans les pêcheries
industrielles dont les inefficacités sont connues et
font l’objet d’un e abondante littératu re
économique.
De nombreuses pêcheries sont, à l’échelle
mondiale, perçues comme surexploitées et certaines
sont gravement menacées d’épuisement en
l’absence de régulation efficace des captures.
Certaines ont été réglementées en restreignant
l’accès ou en limitant l’usage de certains intrants,
comme par exemple le nombre ou la taille des
bateaux. La seule limitation de l’accès par des
licences n’est pas suffisante pour inciter les agents à
prendre en compte l’effet de la capture totale sur la
reproduction et le coût d’opportunité correspondant
de la ressource prélevée.
Plusieurs auteurs ont attiré l’attention sur les
inefficacités qui résultent de structures de coût
déformées par des restrictions particulières comme
le temps de pêche. Les inefficacités viennent de la
substitution de facteurs de production libres à ceux
qui sont contraints. Les pêcheurs individuels
maximisent leur revenu privé en s’efforçant de
maintenir (ou d’augmenter) leurs captures par une
intensification en capital ou en travail. On a
observé, dans ces situations, une érosion des
revenus à cause de la surcapitalisation de la flotte et
de la surexploitation de la ressource qui perdure. En
effet, le contrôle du facteur restreint s’avère souvent
inefficace et la fraude importante.
On cherche ici à mesurer cette inefficacité
allocative dans le cadre d’un modèle dynamique et
d’une technologie flexible. L’expression de la
substitution entre facteurs, à l’origine des surcoûts
d’exploitation, est difficile à identifier dans les
modèles classiques de pêcheries construits dans la
tradition de Schaefer où la technologie de la capture
est représentée par un index agrégé des facteurs de
production appelé “effort de pêche” qui est supposé
représenter l’ensemble des facteurs variables (c’est
le cas de Clark dans son ouvrage classique, 1976).
Cet index est souvent assimilé au seul facteur
capital, ce qui rend la fonction de production
facilement inversible pour trouver une relation entre
le coût moyen et le stock. La solution du problème
de contrôle optimal avec une seule variable de
décision est alors simplifiée. Clark et Munro (1975)
utilisent aussi cette approche à l’aide d’une
expression du coût unitaire qui dépend du stock de
ressource mais non explicitement des prix des
facteurs variables, ce qui ne permet pas d’étudier
leur demande dérivée et donc le niveau optimal des
divers facteurs variables. L’hypothèse de
rendements constants est souvent retenue.
Smith (1968,1969), dans son article classique,
étudie la dynamique d’une pêcherie en utilisant une
fonction de coût dont les arguments traduisent les
externalités et non la combinaison factorielle.
L’in efficacité allocative rés ultan t d’un
rationnement de facteur ne peut être étudiée avec ce
modèle. D’autre part, les équations différentielles,
décrivant l’état de la pêcherie, ne sont pas tirées
d’une optimisation dynamique puisqu’il traite le cas
du propriétaire unique en considérant la fonction de
reproduction comme une contrainte statique. Ses
solutions s’avèrent cependant proches de
l’optimum si le taux d’actualisation est faible.
La dissipation de la rente à cause de la substitution
factorielle en présence de rationnement a été étudiée
par Squires (1987) et par Dupont (1990) à l’aide
d’une approche duale utilisant la fonction de profit
restreint. Ces approches mettent en évidence de
sérieuses inefficacités et des pertes de rente
estimées à 42 % de la recette brute (Dupont, 1990,
p. 42). Elles sont cependant statiques et ne
permettent pas de comparer la situation observée
sous restriction avec une situation où le niveau de
capture et le stock sont également optimisés.
Le problème de la régulation inefficace par
rationnement de facteur est étudié ici en
représentant la technologie de la capture par une
fonction de coût restreint générale dans un cadre
d’optimisation dynamique. Selon une tradition
répandue en économie des ressources, l’effort de
pêche et la fonction de coût sont dans un premier
temps définis de façon agrégée au niveau de la
branche. La condition optimale sur la capture est
formellement proche de celle de Clark, mais elle
s’interprète aussi, du fait des rendements non
constants, comme la capture telle que le coût
marginal est égal au prix diminué de la valeur
adjointe de la ressource. L’accent étant mis sur
l’inefficacité allocative, on s’intéresse surtout aux
états stationnaires. Des conditions suffisantes sont
définies pour l’existence de la solution stationnaire
et pour sa stabilité locale conditionnelle. Les
demandes de facteurs variables sont déduites de la
fonction de coût en ce point, précisant la
combinaison productive correspondant à la capture
optimale.
Quand un facteur variable est rationné, les pêcheurs
optimisent le revenu net sous la seule contrainte
correspondante tout en négligeant la fonction de
reproduction. Il en résulte un équilibre sous
optimal. La perte d’efficacité en présence de
restriction d’un facteur peut alors être estimée par
une statique comparative de la fonction de profit
entre les deux solutions. Une application à
l’exploitation de la coquille Saint-Jacques en baie
de Saint-Brieuc est présentée. Cette ressource est
réglementée à la fois par le nombre de navires et par
le temps de pêche par bateau. L’augmentation
rapide de la puissance des navires laisse présager
une surcapitalisation que l’on peut attribuer en
partie à cette forme de régulation du temps de pêche
par bateau.
On étudie ensuite un modèle désagrégé avec
plusieurs unités de capture. L’exploitation optimale
en situation coordonnée par un planificateur exige
alors que les coûts marginaux individuels soient
égaux entre eux et que toutes les unités d’extraction
respectent le même écart entre prix et coût marginal.
Cet écart est la valeur adjointe de la ressource. Un
système de Quotas Individuels Transférables (QIT)
est alors analysé en prenant en compte les fonctions
de coût individuelles. On peut ainsi faire le lien
formel entre l’équilibre issu d’un marché de
location des quotas et l’optimum.
L’efficacité d’exploitation peut être restaurée par la
fixation de la capture autorisée totale (CAT)
correspondant au niveau optimal du stock et par
l’attribution de QIT. L’équilibre sur le marché des
QIT détermine un prix de location égal à la valeur
adjointe de la ressource, c’est-à-dire au différentiel
entre le prix de la capture et les coûts marginaux
individuels requis par les conditions nécessaires
d’optimalité. Il est ainsi montré que l’optimum peut
être soutenu par les QIT.
L a première partie présen te le modèle
d’exploitation agrégé de la pêcherie, avec une
fonction de coût pour l’ensemble de la pêcherie. La
deuxième partie traite de la mesure de l’inefficacité
induite par la restriction d’un facteur et présente
l’illustration concrète. La troisième partie traite du
modèle désagrégé avec des coûts individuels,
analyse un système de QIT et formalise la relation
entre le marché de location des quotas et la solution
stationnaire de l’exploitation optimale.
Un modèle d’exploitation de ressource
renouvelable où l’effort de capture est
représenté par la fonction de coût
Une ressource renouvelable est caractérisée par une
relation entre le stock et l’accroissement de la
biomasse : sa fonction de reproduction naturelle.
Lorsque cette ressource est exploitée, la croissance
nette peut s’exprimer par la différence entre la
croissance naturelle et la capture, d’où l’équation de
mouvement de la ressource exploitée suivante :
où Zt est le stock de la ressource ou biomasse, &Zt la
dérivée du stock par rapport au temps, Y le
t prélèvement ou capture et F Zt ( ) la fonction de
reproduction naturelle de la ressource. On considère
une ressource dont la croissance est positive lorsque
le stock est positif et compris entre une valeur basse
Z et une valeur haute Z qui correspond à la capacité
maximale du milieu naturel. Le seuil inférieur
(positif) du stock, en deçà duquel la croissance
devient négative, traduit la possibilité d’extinction.
La fonction F (Z) est supposée strictement concave
avec un maximum en Z qui définit le rendement
M maximum soutenable (RMS) ou maximum
biologique. La forme quadratique, qui donne une
évolution naturelle du stock en fonction du temps,
d’allure logistique, est en effet souvent retenue par
les biologistes. On pose donc sur la fonction F, les
hypothèses suivantes assez classiques :
pour
où F et F désignent les dérivées premières et
ZZZ secondes de la fonction F ( Z ). (Ces notations
s’appliqueront aux dérivées partielles des autres
fonctions utilisées).
Pour étudier les conditions d’une exploitation
optimale et les conséquences des restrictions sur
certains facteurs, la technologie de capture doit
représenter l’ensemble des facteurs et leurs
possibilités de substitution. Cette technologie est
représentée ici par une fonction de coût restreint
global pour la branche dont les arguments sont : Y le
volume d’output, c’est-à-dire le niveau des
captures, w le vecteur des prix des facteurs de
0 production variables à court terme (dont les
quantités sont dénotées par le vecteur X), K le
capital et Z le stock de ressource.
sous la contrainte Y T X K Z∈ ( , , )
où T (.) est l’ensemble de production supposé
strictement convexe. La fonction de coût restreint
possède les propriétés de régularité suivantes : elle
est croissante en Y, croissante et concave en w,
0 décroissante en K et Z et strictement convexe en Y,
K et Z (Diewert, 1973). On suppose que la fonction
de coût est deux fois différenciable. D’un point de
vue statique, la ressource joue le rôle d’un facteur
quasi-fixe comme le capital. La décroissance du
coût par rapport à Z traduit aussi l’externalité de
stock, c’est-à-dire la plus grande difficulté de
capture quand le niveau de la ressource est bas. La
technologie de capture est donc supposée être à
rendements marginaux et globaux décroissants.
Dans l’application qui suit, où l’on compare des
situations d’état stationnaire de long terme, on n’a
pu prendre en compte le coût d’ajustement du
capital. L’exploitation optimale sera étudiée
comme si le capital s’ajustait instantanément, donc
en utilisant la fonction de coût à long terme. Celle-ci
peut être déduite de la minimisation du coût total
restreint de court terme par rapport au capital en
prenant le coût d’usage du capital comme prix de ce
facteur (Haavelmo, 1960 ; Lucas, 1967).
où w v r K = +( )δ,
où v est le prix d’acquisition de l’investissement, r
le taux d’actualisation et δ le taux de dépréciation
du capital. Comme la fonction de coût dans (4) est
strictement convexe en K, la solution est donnée
par :
qui définit le niveau optimal de capital
K Y w w Z( , , , ) et la fonction de coût de long
K0 terme (6) en remplaçant cette expression de K dans
(3). On note que la fonction de coût (6) n’est plus
restreinte que par le niveau du stock de la ressource :
où w w wK = ( , ) 0
Le problème est traité avec un horizon de temps
infini en supposant implicitement que les
utilisateurs sont un continuum d’héritiers avec un
même taux d’actualisation. Dans le cas des
ressources renouvelables, la variable d’état
correspondant à l’exploitation optimale converge
sous certaines conditions vers une valeur
stationnaire. C’est sur la base des états stationnaires
que nous comparerons les modes de régulation de
l’exploitation.
L’exploitation optimale est définie classiquement
comme le problème d’un propriétaire unique ou
d’un planificateur central qui vise à obtenir la valeur
actualisée maximale du flux de revenu net tiré de la
ressource, sans restriction sur les facteurs autre que
la fonction de reproduction de la ressource. Les prix
des facteurs et du produit de la capture sont
supposés concurrentiels et sans distorsion.
Problème I
En désignant par r le taux d’actualisation et par p le
prix de la ressource, le problème s’écrit :
sous la contrainte (1) et les suivantes :
Les hypothèses sur la technologie et la fonction de
coût se traduisent par les expressions :
On y ajoute les hypothèses suivantes qui
s’appliquent au cas pratique et facilitent l’étude de
la solution du problème I.
et C w ZZ ( , , )0 0= pour Z C Y w ZYZ > <0 0, ( , , )
Le problème I est un problème de contrôle optimal
autonome et à horizon infini. Le Hamiltonien
courant correspondant est défini par :
oùe à la
μt est la variable adjointe courante relié rt
variable adjointe actualisée λt par μ λ t t e=
Les conditions nécessaires sont déduites de la
maximisation du Hamiltonien courant par rapport à
la commande Y sous la contrainte de non-négativité
de celle-ci (9). L’évolution de la variable adjointe
par rapport au temps est donnée par la dérivée du
Hamiltonien par rapport à Z. L’équation de
mouvement (1) doit en outre être vérifiée. Les
contraintes de valeurs admissibles du stock ne sont
pas p rises en compte explicitement dans
l’optimisation, mais on vérifiera qu’elles sont
satisfaites par la solution d’état stationnaire. Les
conditions nécessaires sont les suivantes (en
omettant désormais l’indice temps pour alléger les
notations) :
et
qui est l’équation de mouvement (1)
Le Hamiltonien étant dérivable et strictement
concave en Y, la condition (15) maximise le
Hamiltonien. On a supposé dans la condition (12)
que le coût marginal est nul quand la capture est
nulle et le stock positif. Les conditions (15)
définissent alors la valeur du contrôle Y en fonction
de Z p, ,μ et de w :
Pour μ < p, la fonction Y p w Z( , , )- μ a les
propriétés d’une fonction d’offre restreinte car elle
est définie par la relation p C Y w Z- =( , , ) μ.
Y Elle est donc croissante en p et Z et décroissante en
μ, ce que l’on vérifie en différenciant (15i).
Dans (14) et (15), la variable adjointe courante μ
s’interprète comme la valeur courante de la
ressource en stock. On sait que, la fonction de valeur
à optimiser étant croissante en Z, la variable
adjointe sera positive le long de la trajectoire
optimale (Léonard et Van Long, 1992, p. 163).
La condition (15) exige que, sur le sentier optimal,
la différence entre le prix et le coût marginal de la
capture (que nous appellerons « marge brute ») soit
inférieure ou égale à la variable adjointe courante.
Pour que l’exploitation ait lieu ( )Y > 0, il faut que
(15) soit satisfaite à l’égalité, c’est-à-dire que le
coût marginal soit égal au prix de la capture diminué
de la valeur adjointe de la ressource en stock qui est
le coût d’opportunité du prélèvement d’une unité
supplémentaire de ressource. Le prix diminué de μ
s’interprète comme la valeur collective ou sociale
du produit de la capture, le prix p ne représentant
que la valeur privée. La gestion optimale requiert
donc, pour un niveau du stock donné, un volume de
capture inférieur à celui qui correspond au régime
décentralisé sans régulation où la capture est
poussée jusqu’au point où le coût marginal est égal
au prix de marché. Si le coût marginal est supérieur
à cette valeur collective de la ressource quand Y tend
vers zéro, la capture doit être nulle (condition
(15ii)).
Si une solution au problème existe pour des valeurs
admissibles de Z, les conditions nécessaires sont
aussi suffisantes dans le cas des hypothèses posées
sur la technologie. La fonction de valeur à optimiser
est en effet concave en Y et Z, du fait de la convexité
de la fonction de coût, de la concavité de la fonction
de reproduction et du signe de μ.
Interprétation de la solution stationnaire
Si une solution stationnaire ( , , ) * * * Y Zμ existe
pour Y > 0, elle satisfera les équations
différentielles (1) et (14) pour &Z = 0 et &μ = 0, et la
condition (15i). On peut exprimer ces conditions
sous la forme :
À l’état stationnaire, le coût marginal est égal à la
valeur sociale de la capture, c’est-à-dire au prix
diminué de la valeur de la variable adjointe du stock
de ressource. À l’état stationnaire, cette dernière est
égale (au signe près) à la « valeur actualisée » de
l’externalité de stock (le taux de l’actualisation
utilisé pour cela étant la somme du taux r et de la
pente de la fonction de reproduction). Cette valeur
adjointe ou coût d’opportunité actualisé de la
ressource doit donc être égale à la marge brute
courante tirée de la capture. On note que μ* étant
positif et CZ négatif, Z* doit être supérieur au
niveau $Z où F Z r Z ( $ ) =.
Cette relation peut se mettre sous une forme proche
de celle de Clark (1976), la fonction de coût étant ici
non-linéaire par rapport à la capture :
L’interprétatio n classique est qu’à l’état
stationnaire, la productivité marginale du stock
(pente de la fonction de reproduction) doit être
inférieure au taux d’actualisation r d’un montant
égal au « taux d’externalité » (défini par le rapport
de l’externalité de stock à la marge brute). Le stock
doit donc être maintenu à un niveau d’autant plus
élevé que le coût est sensible au niveau du stock.
Une dernière présentation (20) de la même
expression permet de souligner la parenté classique
entre la règle d’or d’utilisation du capital
(l’expression (5)) et celle de l’exploitation d’une
ressource renouvelable. Dans les deux cas, la
profitabilité marginale de l’actif, naturel ou
fabriqué, mesurée par l’opposé de C ou de C doit
ZK être égale au coût d’usage de l’actif. Dans le cas de
la ressource, la marge brute de la capture représente
le prix de l’actif investi et (l’opposé de) la pente de
la fonction de reproduction de la ressource joue le
rôle du taux de dépréciation du capital.
Les niveaux optimaux des facteurs variables à l’état
stationnaire sont obtenus à partir du Lemme de
Shephard au point correspondant :
Étude de la solution stationnaire
La vérification de l’existence et les conditions de
stabilité d’une solution stationnaire dans le cadre
des hypothèses posées sont présentées dans
l’annexe 1 et résumées sur le graphique 1 par le
diagramme en phase dans l’espace ( , )μ Z. La
solution ( , ) * * μ Z doit satisfaire à la fois les
rel ation s définies par & ( , )Z S Z= =μ 0 et
& ( , )μ μ= =M Z 0 définies par (1) et (14), où Y est
remplacée par la fonction d’offre restreinte
Y p w Z( , , )- μ tirée de (15i). L’espace des
solutions possibles, où Y et Z sont positifs, est limité
par la valeur maximale de μ, qui est p en supposant
que le coût marginal est nul pour Y nul et Z positif
(hypothèse (12)).
L a courbe représentant la fo nctio n
& ( , )μ μ= =M Z 0 définit μ comme une fonction
positive et décroissante en Z et part du point ( , $ )p Z,
où $Z ZM < est défini par F Z r Z ( $ ) =. La courbe
représentant & ( , )Z S Z= =μ 0 qui définit la seconde
fonction de μ par rap port à Z n’est pas
nécessairement monotone en Z. Elle passe par les
points ( , )p Z et ( , )p Z et présente un minimum
pour un niveau de Z inférieur au RMS. Les deux
courbes se croisent donc nécessairement dans
l’intervalle $, )Z Z.
Proposition 1 : Sous les hypothèses (2), (11) et (12)
l’exploitation optimale d’u ne res source
renouvelable définie par le problème I possède une
solution stationnaire telle que le stock soit compris
entre $Z et Z, où $Z est tel que F Z r Z ( $) = et Z est la
capacité maximale du milieu naturel.
Examinons la stabilité de la solution stationnaire.
Le problème de contrôle optimal I est du type
autonome avec un taux d’actualisation positif. Si un
état stationnaire existe, il ne peut être au mieux
qu’un point selle, c’est-à-dire localement stable
seulement le long d’une trajectoire définie (Kurz,
1968 et Kamien et Schwartz, 1981). L’étude des
équations différentielles au voisinage de l’état
stationnaire et du diagramme en phase montre
qu’une condition suffisante pour que la solution soit
un point selle, est, lorsque le Hamiltonien est
concave, ou bien que la solution pour Z soit à droite
du RMS ou que le taux d’actualisation r soit faible.
On a donc formulé des conditions suffisantes pour
l’existence et la stabilité conditionnelle d’une
solution stationnaire. La trajectoire optimale pour
un niveau donné Z du stock consiste à choisir μ sur
00 la branche stable du point selle (Léonard et Van
Long, p. 297). La capture correspondante
Y p w Z( , , )- μ permet d’atteindre l’état
0 0 stationnaire. Les conditions suffisantes identifiées
ci-dessus sont fortes et non strictement nécessaires.
Il est possible qu’une solution stationnaire existe
dans le cadre d’hypothèses plus faibles en
particulier sur la technologie. C’est d’ailleurs le cas
dans l’application.
Graphique 1
diagramme des phases
Inefficacité d’une régulation par la
restriction d’un facteur de production
comme le temps de pêche
Dans le cas de la pêche côtière à la coquille
Saint-Jacques en Bretagne, le nombre de bateaux et
le temps de pêche sont limités par les comités des
pêches maritimes. Le nombre maximum de jours est
fixé chaque année et la durée de pêche journalière
par bateau est très restreinte (une demi-heure
environ).
On s’attend à ce que la gestion correspondante soit
sous-optimale, la restriction sur un facteur
conduisant les agents à maximiser leur profit sous
contrainte. On a pu constater qu’en particulier, les
pêcheurs substituent les autres facteurs comme la
puissance (des bateaux et des équipements) et le
travail (nombre de marins par bateau) au temps de
pêche autorisé. On observe alors une perte de
revenu net et plus particulièrement de revenu du
travail.
Partant de l’analyse précédente, le vecteur des
facteurs de production variables X est séparé en
deux. X est le vecteur correspondant aux facteurs
1 toujours libres de s’ajuster et X le vecteur des
2 facteurs contraints. Pour simplifier la présentation,
on considère un seul facteur de production variable
( X au prix w1 ) et un seul facteur contraint (X2 au
1 prix w2 ).
Le manque de données individuelles détaillées nous
conduit à traiter le problème au niveau agrégé en
utilisant la fonction de coût de la branche. Comme
la seule contrainte sur le choix de chaque patron
pêcheur est le temps d’accès à la ressource, on
postule qu’il maximise la valeur actualisée du
revenu net et choisit les niveaux d’équipement et de
facteurs variables en conséquence, sans prendre en
compte l’équation dynamique du stock de
ressource, puisque c’est encore une ressource
commune dans ce cas. Les pêcheurs subissent
cependant la fonction de reproduction qui
détermine l’équilibre de la branche. Le modèle
correspond alors au problème étudié par Gordon
(1954) et par Schaefer (1957), mais avec ici des
coûts croissants et un facteur rationné. Le problème
est une optimisation statique sous la contrainte du
facteur rationné.
Problème II : (sous optimum contraint)
On cherche le point ( , , )' ' 'Y X Z satisfaisant à la
1 fois les conditions (22) et (23) ci dessous :
Les arguments ne peuvent prendre de valeurs
négatives. La condition (23) est l’équation
d’équilibre de la branche, elle est subie par les
pêcheurs et n’est pas une contrainte prise en compte
dans l’optimisation. La solution doit satisfaire la
condition du premier ordre (24) c’est-à-dire (en
supposant '>Y 0) :
et la relation (23). En exprimant (24) sous la forme
de la fonction d’offre ' ' 'Y p w X Z Z( , , , ),, sera
1 2 solution de la relation d’équilibre (25) ci dessous :
La fonction de reproduction est positive pour
Z Z Z< < et strictement concave et la fonction
d’offre restreinte est croissante en Z. L’expression
(25) aura par suite zéro, une ou deux solutions pour
'Z, selon les valeurs de p, de w et du rationnement de
X. Dans le cas où il y a deux solutions, seule la
2 valeur supérieure satisfera (22).
Le niveau du facteur variable, évalué au
sous-optimum contraint par le niveau du facteur X2,
est la dérivée du coût restreint par rapport à w1 :
Le prix virtuel du facteur régulé X est l’opposé de
2 la dérivée de la fonction de coût, par rapport au
facteur contraint X, évaluée pour des valeurs
2 d’équilibre des variables endogènes,
La perte de revenu net permanent dans le cas régulé
par rapport à l’optimum est obtenue par la
différence entre les niveaux de profit dans les deux
situations désignées respectivement par les points
'= ' ' ' Y X X Z( , , , ), solution d’équilibre sous
1 2 con trainte du problème II, et
E Y X X Z * * * * * ( , , , )=1 2, solution optimale du
problème I. À l’optimum, le profit perçu s’écrit :
En E’, le profit sous régulation tient compte de la
rémunération du facteur rationné en plus du coût
restreint du facteur variable et s’écrit :
Si les points sont voisins, la perte de revenus nets
peut être tirée d’une approximation au premier
ordre par différenciatio n du profit sous
rationnement au point 'E. Pour cela, il est commode
d’exprimer d’abord (29) sous la forme de la
fonction de coût non restreint évaluée au même
point mais en termes du prix virtuel de la contrainte
'w défini par (27) et du coût du facteur rationné, soit
2 'w X 2 2.
avec ' ' ' '=X Y w w Z X 2 1 2 2 ( , , , )
L’expressi on (31) ci-dessous décrit
l’approximation au premier ordre de la perte du flux
de revenus nets procurés par l’activité de pêche en
régime rationné par rapport à la situation optimale
définie dans le problème I.
La notation '( ) signifie que la fonction de coût non
restreinte est évaluée au point 'E. Compte tenu de la
condition du premier ordre (24) et du fait que
( )C X X w 2 2 2 '= '=, l’approximation au premier
degré de la perte de revenu se réduit à deux
composantes : l’effet du stock sur le coût et l’effet
dû au rationnement de X2.
Le signe du second terme est positif si la contrainte
est effective, le prix virtuel du facteur 2 étant
supérieur au prix réel. Mais le signe du premier
terme n’est pas défini de façon générale. S’il n’y
avait pas de rationnement dans le problème II, on
pourrait montrer que le niveau de 'Z est inférieur à
Z*. En effet, dans ce cas, la fonction d’offre
optimale, qui est restreinte seulement en Z et s’écrit
Y p w w Z( , , , ) * - μ1 2, ne peut rencontrer la courbe
F(Z) qu’en un point où Z est supérieur à 'Z, solution
de Y p w w Z F Z( , , , ) ( )'= 'et de la maximisation
1 2 du profit, parce que μ* est positif et l’offre est
décroissante en μ*. Dans le cas rationné, rien ne
prouve que le niveau 'Z de la biomasse ne sera pas
supérieur à l’optimum, car on ne peut affirmer en
général que la pente par rapport à Z de la fonction
d’offre rationnée Y p w X Z( , , , ) sera plus forte
1 2 que celle de la fonction d’offre optimale. En effet, si
la contrainte sur le temps de pêche est très
restrictive (empêchant une compensation de la perte
de capacité de capture par substitution des facteurs
libres, avec pour cas limite l’interdiction de pêcher),
alors le niveau de la biomasse sous rationnement
peut être supérieur à celui de l’optimum. Le signe de
l’expression (32) est donc une question empirique.
Résultats
À partir des résultats économétriques partiels sur la
fonction de reproduction et d’un calibrage pour la
fonction de coût restreint, nous présentons une
illustration pratique et une évaluation de la perte de
revenu due au rationnement du temps de pêche. Le
calcul des valeurs des variables dans les deux
situations étudiées (optimale et régulée) est détaillé
dans l’annexe II. Le tableau ci-dessous donne les
résultats empiriques.
Compte tenu de l’écart important entre 'Z et Z*, le
calcul direct des deux niveaux de profit a été préféré
à l’approximation locale. L’inefficacité du système
actuel de régulation par une contrainte sur le temps
de pêche autorisé est confirmée par les résultats.
Elle se traduit par une perte de revenu net
significative pour l’ensemble de la pêcherie.
Sur la base de ces résultats, les pêcheurs choisiraient
d’augmenter le nombre d’heures de pêche de près de
la moitié (90 heures au lieu des 65 heures autorisées
sur l’année observée), en l’absence de la restriction
sévère du nombre d’heures de pêche. Par contre, ils
utiliseraient beaucoup moins de capital et de
salariés. Ils seraient alors moins incités à investir
dans des équipements très puissants. Le capital
utilisé diminuerait d’un quart, par rapport à la
situation où le temps de pêche est restreint. Quant à
la main-d’œuvre employée (des matelots), elle
devrait baisser de plus de 40 %. Cette nouvelle
allocation des facteurs de production permettrait de
diminuer les coûts.
Le stock de la ressource augmenterait fortement,
réduisant les coûts de capture. Le niveau des
captures augmenterait également, ce qui a un effet
positif sur les recettes et donc sur le revenu. On
vérifie que les pêcheurs régulés par une contrainte
sur le temps de pêche choisissent par contre un
niveau de capture 'Y (2 781 tonnes) qui correspond à
un niveau de biomasse 'Z (7 000 tonnes) proche de
celui observé actuellement et à des coûts élevés. À
l’optimum ( ) * E le niveau de capture est Y* (3 667
tonnes), supérieur de 1000 tonnes à celui estimé en
'E. Le niveau optimal de biomasse correspondant
Z* est plus élevé (19 907 tonnes), ce qui fait baisser
les coûts d’exploitation.
La restauration de l’optimum par un
système de Quotas Individuels
Transférables (QIT)
Dasgupta et Heal (1979) montrent qu’une taxe
pigouvienne sur la capture ou sur le facteur dans le
cas où il est unique, peut en principe éviter la
surexploitation. Dans le modèle de la première
partie ; une taxe sur les captures égale à μ* serait
appropriée. L’imposition d’une taxe se heurtant à
des réticences de la part des agents, certaines
pêcheries sont soumises à une limitation de la
capture globale répartie entre les pêcheurs. La
limitation de la capture permet d’éviter la
surexploitation, mais la répartition des quotas
individuels ne permet pas nécessairement d’assurer
la minimisation des coûts. On sait, au moins dans un
cadre statique, qu’un marché des quotas peut
restaurer cette minimisation.
L’efficacité des QIT a été surtout étudiée dans le
cadre d’une approche statique (Squires et Kirkley,
1991; Weninger, 1998). Anderson (1991) a montré
dans un modèle statique que l’existence de gros
acteurs sur le marché des quotas leur donne un
pouvoir de marché susceptible de compromettre les
conditions d’égalisation des coûts marginaux.
Copes (1986) a aussi mis en doute la capacité des
QIT à réguler de façon efficace une pêcherie en
soulignant qu’ils rendent plus difficile le suivi de la
ressource à cause de l’incitation à la fraude sur les
quantités prélevées et débarquées. Boyce (1992) a
analysé les conséquences des QIT sur la répartition
des captures dans une campagne donnée. Il souligne
la tendance à la concentration des captures en début
de campagne et les inefficacités qui en découlent à
cause des externalités entre agents. Il montre que le
système des QIT est en mesure de résoudre les
externalités de stock mais pas celles liées à la
technique de capture. Il est clair que les QIT ne
résolvent pas toutes les inefficacités et tous les
problèmes d’une régulation.
Garcia-Gil (1998) a construit un modèle de pêcherie
à deux flottes appliqué à la pêche au merlu de la
zone ibéro-atlantique et analyse dans un cadre
dynamique un problème semblable à celui traité ici.
La différence principale est que la technologie y est
représentée sous l’angle primal alors qu’ici nous
abordons la question sous l’angle dual. L’avantage
de l’approche de la fonction de coût est la possibilité
d’écrire formellement le marché des quotas et de
caractériser plus facilement son équilibre.
Tableau 1
comparaison des situations contrainte et optimale de la pêcherie
Tableau 1 : comparaison des situations contrainte et optimale de la pêcherie
Optimum Equilibre sous régulation
Biomasse Z* (tonnes) 19 907 Biomasse observée Z (tonnes) 9 370
Captures Y* (tonnes) 3 667 Captures Y’(tonnes) 2781
Puissance K* (CV) 11 457 Puissance K’(CV) 14 603
Effectif X1* (heures-marins) 86 961 Effectif X1’(heures-marins) 149 512
Durée de pêche X2* (heures) 32 081 Coût virtuel d'une heure de pêche (francs) 897
Revenu net global (milliers de francs) 28 388 Revenu net global (milliers de francs) 10 772
Revenu net / patron pêcheur (milliers de francs) 77,35 Revenu net / patron pêcheur (milliers de francs) 29,35
Problème III : Exploitation optimale par plusieurs
pêcheurs
Le problème d’optimisation III est écrit à l’aide des
fonctions de coût restreint individuelles des bateaux
dont l’effectif est donné par l’attribution de
licences. L’exploitation optimale pour l’ensemble
des usagers est celle qui maximise la somme des
profits actualisés de tous les pêcheurs. Le problème
est formulé de façon identique au problème I en
remplaçant la fonction de valeur à optimiser par :
avec
sous les mêmes contraintes (1), (8), (10) et la
contrainte de non négativité des yi, remplaçant la
contrainte (9). Les yi sont les niveaux individuels
de capture et Ci (.) les fonctions de coût
individuelles (l’indice t est omis pour alléger les
notations).
Les mêmes hypothèses sont posées sur les fonctions
de coût individuel et la fonction de reproduction.
Les conditions nécessaires sont présentées en
annexe III. L’analyse de la solution stationnaire est
parallèle à celle du problème I et montre qu’une
solution unique existe pour μ* et Z*, sous les mêmes
conditions suffisantes (en particulier les coûts
marginaux nuls pour yi = 0et Z > 0). La solution est
aussi un point selle sous les mêmes hypothèses que
dans le problème I. Les solutions stationnaires pour
les captures individuelles optimales doivent alors
satisfaire :
Pour la valeur de μ* et Z* d’équilibre stationnaire,
ces relations définissent de façon unique les niveaux
de captures optimales individuelles. En effet, Z*
détermine le niveau global de capture Y* de façon
unique et, comme les coûts marginaux sont
croissants par rapport aux niveaux de capture, il n’y
a qu’une valeur yi* des yi qui satisfasse l’égalisation
des coûts marginaux pour une somme des yi
donnée. Les relations (34) et (35) peuvent se
résumer en une seule (36) en tirant de (34) les
fonctions d’offre restreinte individuelles
y y p w Z i i* * * ( , , )= - μ et en les reportant dans
(35).
L’efficacité allocative dans un e gestio n
décentralisée de la ressource peut alors être rétablie
par la mise en place d’un système de QIT. Il s’agit
ici d’un marché de location des QIT en régime
stationnaire. Un marché d’acquisition définitive des
quotas nécessiterait la prise en compte des
anticipations sur le mode de régulation, les prix et le
changement technique, et traiterait alors de
l’évolution structurelle de la branche.
La possibilité d’échanger les quotas permet aux
p êcheurs d ont les co ûts marginaux so nt
relativement faibles d’acheter des unités de quota
(désignées par ei > 0). D’autres pêcheurs seront
prêts à céder en location une partie de leur quota
( )ei < 0 si leurs coûts marginaux sont élevés.
Pour un pêcheur individuel, le prix de marché des
quotas est donné si les agents sont suffisamment
nombreux pour que le marché des quotas soit
concurrentiel. Il est désigné par μ. Le problème du
pêcheur individuel est alors de prendre en location
ou de mettre en location une quantité de quota
suffisante pour avoir un niveau de capture
optimisant son profit en tenant compte du prix de
location. Le programme d’optimisation du pêcheur
en régime de location de QIT est le suivant :
où yi est le quota individuel alloué au départ au
pêcheur i. Les conditions du premier ordre sont
alors :
où $yi est le niveau optimal de capture pour le
pêcheur individuel en présence d’un marché des
QIT. La quantité désirée de quotas par le pêcheur i
sera alors $ei telle que $ $y y e i i i = +. L’hypothèse
que les coûts marginaux sont nuls pour un niveau
nul de capture, a pour conséquence que tous les
pêcheurs produisent tant que le prix de location est
inférieur à p, c’est-à-dire toujours, sinon le profit
sera négatif pour tout le monde. La première
condition du premier ordre dans (38) est donc
satisfaite à l’égalité. Certains pêcheurs i
souhaiteront acheter des unités de quotas tant que
p C y w Z yi i - - >( , , ) μ 0. Les autres pêcheurs j
vont inversement céder des unités de quotas tant que
p C y w Z yj j - - <( , , ) μ 0, et ce jusqu’à ce qu’il y
ait égalité entre les offres et les demandes de QIT.
En utilisant la monotonicité des fonctions de coût
marginal, et en résolvant les expressions (38) pour
obtenir les yi, on trouve les fonctions d’offre
individuelles en présence d’un marché de location
des quotas, soit $ $ ( , , )y y p w Z i i = - μ. Le prix
d’équilibre $μ sur le marché des quotas est déduit de
l’égalisation entre les fonctions d’offre et de
demande de quotas, soit encore entre la somme des
offres de capture et le niveau de la capture autorisée
totale Y (CAT) :
Le prix d’équilibre du marché des QIT est donné
par l’équation (40).
Les fonctions d’offre $ (.)yi, et donc Σ $ (.)yi, sont
monotones, croissantes en p et décroissantes en μ, la
fonction d’excès de demande de quotas Σ $ (.)ei est
donc monotone et décroissante en μ. Il existe alors,
pour un niveau du stock donné, un prix de marché
des quotas $μ unique, déterminé par l’équilibre entre
l’offre et la demande de quotas.
Lorsque la capture admissible totale (CAT) est fixée
de façon optimale en Y* et quand le stock est en Z*,
les quotas individuels yi alloués au départ à chaque
pêcheur vérifient Σ y Y i =*. Le prix d’équilibre $μ
des quotas sera alors défini par l’égalité (41). Il est
donc égal à la valeur adjointe μ* de l’équilibre
stationnaire puisqu’il vérifie également (36).
En effet, les fonctions d’offre individuelles sont
issues des mêmes fonctions de coût évaluées au
niveau optimal de la ressource. Elles sont donc les
mêmes et sont monotones en p et μ. Ces deux
équations sont donc vérifiées pour une même valeur
de μ. Pour une CAT optimale de Y* et un niveau
optimal du stock de Z*, la solution $μ du marché des
quotas qui est unique est égale au niveau μ* donné
par l’état stationnaire. Les conditions d’une
restauration de l’exploitation optimale par la mise
en place du marché de location des quotas sont
résumées dans l’expression (42).
tels que
À l’équilibre sur le marché des quotas, la somme des
coûts est par suite minimisée. Au niveau optimal du
stock et de la capture totale (CAT), solutions de
l’optimisation dynamique, correspond une
allocation individuelle optimale des captures. Cette
allocation peut être assurée par le système des QIT.
L’efficacité économique, à la fois dans un sens
statique et dynamique, peut être ainsi restaurée par
les QIT, dans le cadre de nos hypothèses.
Proposition 2 : Sous les hypothèses (2), (11) et (12),
l’état stationnaire de l’exploitation optimale d’une
ressource renouvelable par des agents individuels,
défini au problème III, peut être assuré par un
marché de location des QIT, si le stock et la CAT
sont tous deux à leur niveau optimal.
De même que dans le cas du problème I, la
trajectoire optimale vers l’état stationnaire, est
définie par la branche stable du point selle, dans
l’espace ( , )μ Z. Pour Zt* et μt*, donnés sur cette
branche, il existe une capture totale annuelle
Yt* optimale. Chaque année, le marché des QIT pour
cette CAT optimale définit le prix de location
d’équilibre de façon unique et égale à μt*.
Proposition 3 : Une trajectoire optimale
( , , ) * * * Y Z t t t μ convergeant vers l’état stationnaire et
partant d’un stock Z Z 0 > $, proche de l’état
stationnaire Z*, peut être mise en œuvre par un
marché des QIT, en fixant les CAT annuelles aux
niveaux Yt*, correspondant aux points ( , ) * * Zt t μ
vérifiant la branche stable du point selle.
Le graphique 2 illustre la formation de l’équilibre
sur le marché de location des quotas dans le cas de
deux pêcheurs. Les coûts marginaux sont
croissants. La disposition des courbes de coût
marginal et la répartition initiale des quotas sont
telles que le pêcheur 1 a un coût marginal
relativement faible par rapport au pêcheur 2.
Chaque pêcheur a un quota yi. La longueur du
segment 0 0 est égale à la CAT. La possibilité
1 2 d’échanger des quotas entre les individus incite le
premier à acquérir des unités de quotas car son coût
marginal évalué au niveau de son quota initial est
plus faible que celui du pêcheur 2. Sa rente
marginale est plus élevée dans la dotation initiale.
Le second, qui a un coût marginal plus élevé au
niveau de son quota initial et donc une rente plus
faible, sera prêt à céder une partie de ses droits de
capture. Tant que le prix du quota offert par le
pêcheur 1 sera supérieur à la rente du pêcheur 2, ce
dernier tirera un gain des unités cédées. L’équilibre
sur le marché des quotas est en A. Il est tel que
$ $y y y e y e y y 1 2 1 1 2 2 1 2 + = + + + = +. E n ce
point, la surface sous les coûts marginaux est
minimisée.
En pratique, lorsque la fonction de reproduction
naturelle a un maximum, il y a deux niveaux du
stock compatibles avec un niveau de CAT. La
fixation de la CAT, au niveau de l’état stationnaire,
n’assure pas que l’exploitation soit optimale, s’il
n’est pas vérifié que le stock est aussi au niveau
optimal. S’il advenait que le régulateur ouvre un
marché des licences pour un niveau optimal de
CAT, le stock étant inférieur à l’état stationnaire, les
courbes de coût marginal seraient décalées vers le
haut car le stock a un effet négatif sur le coût
marginal.
Graphique 2
marché des quotas échangeables
(état stationnaire)
Cette situation donnerait lieu à un prix de location
des quotas plus faible qu’à l’optimum. Le coût total
de capture ne serait pas minimisé, le niveau faible
du stock obérant les coûts. Le niveau de prix des
licences n’est donc pas défini de manière unique par
la fixation de la seule CAT. Comme le suggère le
bon sens, le quota global ne peut être fixé
indépendamment du niveau du stock et de la
connaissance de la fonction de reproduction. Un
faible prix de location des licences est un indice de
surexploitation de la ressource complémentaire à
celui du niveau du stock.
Dans un modèle d’exploitation d’une ressource
renouvelable où la technologie est représentée par
une fonction de coût, il existe un état stationnaire
unique qui est un point selle, sous certaines
conditions suffisantes, entre autres : la fonction de
coût est strictement convexe, les coûts marginaux
sont nuls lorsque la capture est nulle et le taux
d’actualisation est faible.
Le modèle est appliqué à l’évaluation de la perte
d’efficacité qui découle de la régulation d’une
pêcherie par un rationnement de facteur. Dans le cas
d e la coqui lle Saint-Jacq ues en baie de
Saint-Brieu c, la perte de rev enu du e au
rationnement du temps journalier de pêche pourrait
être de l’ordre de 50 % par bateau.
Avec le même modèle, on a montré que sous les
mêmes hypothèses un sys tème de quotas
individuels transférables peut restaurer l’optimum,
dynamique et statique, en fixant la capture autorisée
totale (CAT), au niveau optimal conjoint du stock et
de la capture. Les QIT obligent les pêcheurs à
prendre en compte les externalités de stock et le coût
d’opportunité de la ressource. Le prix d’équilibre de
location des QIT est égal à la valeur d’opportunité
de la ressource en stock à l’état stationnaire de la
solution optimale.
Les conditions suffisantes sont assez restrictives et
ne sont pas strictement nécessaires. Elles
mériteraient d’être relâchées pour se rapprocher de
conditions nécessaires et suffisantes. L’application
pratique est limitée par les données disponibles et
doit être considérée comme indicative. Enfin,
l’efficacité des QIT invoquée ici ne porte que sur la
minimisation des coûts dans le cas de rendements
décroissants. Elle ne suffit pas à justifier les QIT
dans toutes les situations concrètes.
Annexe 1 : étude de la solution stationnaire du problème I
La fonction Y p w Z( , , )- μ est croissante en p et Z et
décroissante en μ, ce que l’on vérifie en différenciant
(15i).
et
En reportant Y p w Z( , , )-μ dans les équations (1) et (14),
on obtient le système d’équations différentielles
suivant :
Un équilibre stationnaire existe s’il satisfait les relations
(A.2) et (A.3) pour &Z = 0 et &μ = 0 et pour des valeurs
admissibles de μ, Y et Z, soit :
D’après (15), Y e st nul si p C w ZY - ≤( , , )0 μ,
c’est-à-dire par la condition (12) si μ ≥ p. Comme Y ≥ 0
ne peut satisfaire (A.4) quand Z Z>, l’espace des
solutions est borné supérieurement par le point ( , )p Z.
On étudie deux points remarquables satisfaisant
S Z p Z( , ) : ( , )μ = 0 et ( , )p Z.
alors la valeur de μ est μS Z p( ) ≥.
alors la valeur de μ est μS Z p( ) ≥.
L’expression (A.4) nous permet de définir une fonction
μS Z( )telle que :
Comme CYZ < 0 et C ZYY S > 0, ( )μ est une fonction
croissante de Z, lorsque Z se situe au-delà de ZM. La
dérivée de μS Z( ) est null e au poi nt Z1 où
F Z C CZ YZ YY ( ) 1 1 0= - > -, c’est-à-dire en un point
Z ZM1 ≤. Comme FZ est monotone et décroissante, la
dérivée de la fonction μS Z( ) est négative pour
Z Z Z< <1. La fonction μS Z( )a donc une valeur unique
pour tout Z et présente un minimum en Z RMS 1 <.
Le long de &μ = 0, les variables μ et Z sont définies par
(A.5). Si μ ≥ p et Z ≥ 0, alors Y = 0. D’après les
hypothèses (12) sur la fonction de coût, l’expression
(A.5) devient ( )r FZ - =μ 0. Celle-ci est vérifiée si
μ = 0 (mais μ ≥ >p 0) ou F r Z =. Il existe donc un
point ( , $ )p Z, défini par F Z r Z ( $ ) = > 0 et donc tel que
Z ZM > >$ 0, satisfaisant la relation (A.5). Si μ < p et
Z > 0 alors Y p w Z( , , )- >μ 0. L’expression (A.5) nous
permet de définir une fonction μM Z( ) qui est monotone
car :
quand Z Z> $
La fonction μM Z( ) est donc décroissante en Z, pour les
valeurs de μ admissibles, c’est-à-dire inférieures à p. En
Z Z C Y p w Z w ZZ = - =$, ( ( , , $ ), , $ )μ 0, ce qui n’est
vrai que pour Y p w Z( , , $ )- =μ 0, la valeur de μ est donc
μM Z p( $ ) ≥. On vérifie, le long de M p( , )μ = 0, que μ
reste positive en Z Z=. En effet la relation (A.5)
devient :
Com me μ < p, d’a près la condit ion (17),
Y p w Z( , )- >μ 0, comme - >CZ 0 et
F Z r( ) < <0, alors la valeurμM Z( )vérifiant (A.8) est
Z bien positive, pour $Z Z Z< <.
L’intersection des courbes le long desquelles &Z = 0 et
&μ = 0 définit donc un unique point d’équilibre ( , ) * * μ Z,
où 0 < <μ* p et $ * Z Z Z< <. En ce point, on a la relation
(18).
Le problème I étant du type autonome avec un taux
d’actualisation positif, sa solution ne peut être que stable
localement et n'être au mieux qu’un point selle (une
racine réelle négative). La stabilité locale de l’équilibre
stationnaire est étudiée en linéarisant le système
d’équations différentielles autour du point d’équilibre.
Une approximation de Taylor au premier ordre donne :
où ε μ( , ) * * Z → 0 et '→ε μ( , ) * * Z 0
L’équation caractéristique associée à la matrice définie
par
a deux racines. Si ces racines
sont réelles, la plus grande est positive et l’autre sera
négative si les termes de la matrice, c’est-à-dire les
dérivées secondes des fonctions de coût et de
reproduction, satisfont :
Une condition suffisante, pour que (A.12) soit satisfaite,
est que le Hamiltonien soit concave en Z et Y (ce qui est
assuré par nos hypothèses, par ailleurs fortes), et
également ou bien que Z ZM* > ou bien que r soit petit.
Dans le cas où r tend vers zéro, si Z Z * <, il en est
M proche, car $Z tend alors vers ZM. Sous ces deux dernières
conditions, il existe donc deux trajectoires passant par
l’équilibre stationnaire, l’une stable sur laquelle Z
converge vers l’équilibre et l’autre instable. Cet équilibre
sta tionna ire est ai nsi st able loca leme nt m ais
conditionnellement.
Annexe 2 : détails de l’application
à la coquille Saint-Jacques et
de l’évaluation de la perte de revenu due
au rationnement du temps de pêche
La fonction de reproduction
Nous avons fait l’hypothèse que la fonction de
reproduction avait une forme quadratique. C’est ce qui
est supposé en général dans la littérature sur ce sujet,
bien que d’autres fonctions, où la dérivée de la fonction
de reproduction par rapport au stock reste positive et
décroissante, soient pertinentes dans certains cas. Il n’est
pas certain que ce soit la meilleure spécification, mais
elle simplifie la résolution analytique et permet de
déterminer plus facilement les solutions d’équilibre
stationnaire.
où Z est la capacité biotique de la ressource et ρle taux de
croissance intrinsèque de la ressource.
Les résultats des estimations sur données globales de la
pêcherie sont les suivants : ρ = 0,535, ρ / Z =
0,176x10-4
. Les t de Student sont respectivement de 3,01
et 2,6. Le R2 est de 0,4 et le Durbin Watson de 2,16.
L’ajustement n’est pas très bon ce qui peut être en partie
dû à la mauvaise connaissance du stock de biomasse.
La technologie
Le manque de données, pour une estimation correcte de
la fonction de coût d’exploitation, nous a conduit à
retenir un calibrage, afin de pouvoir évaluer
l’inefficacité de la régulation par une restriction du
temps de pêche. La technologie de production retenue est
de type Cobb-Douglas. Ce choix n’est justifié que pour
sa simplicité. Il impose une élasticité de substitution
unitaire entre facteurs, sans doute excessive. Cette
fonction s’écrit dans le cas présent :
La variable X0 est le nombre de patrons pêcheurs,
supposé fixe (en raison du système de licences de pêche),
X1 représente le travail des matelots, X2 est le nombre
d’heures de pêche autorisées pour l’activité coquille,
dont le coût est lié aux consommations intermédiaires
correspondantes, X3 est le capital (représenté par la
puissance motrice des bateaux) et Z la biomasse
disponible exploitable. Les ai sont les élasticités
associées aux facteurs. s est l'élasticité associée à la
biomasse.
La fonction de coût dual associée à cette technologie de
production est obtenue en minimisant la somme des
coûts des facteurs variables. Dans le régime optimal où
les seuls facteurs fixes sont le nombre de bateaux
(représenté par le nombre de patrons pêcheurs) et le
stock de la ressource, la fonction de coût est :
wi est le prix du facteur Xi, σ est la somme des élasticités
des facteurs variables et du facteur rationné.
Cette fonction de coût fait bien apparaître l’existence
d’externalités de stock, puisqu’elle est décroissante en Z.
Elle possède les propriétés suivantes, croissante et
convexe en Y, croissante et concave par rapport aux prix
des facteurs de production et décroissante et convexe par
rapport aux facteurs quasi-fixes. Elle est conjointement
concave en (Y, Z) si σ + ≤s 1.
Le calibrage sur une année de la fonction de coût ainsi
définie et de la fonction d’offre qui correspond à l’état
observé sous régulation nous a permis de déterminer des
valeurs pour les termes A (2,51.10-5 ), σ (0,94), s (0,8),
a1 (0,37), a2 (0,42) et a3 (0,15).
La fonction de coût (A.15) que nous venons de définir, est
équivalente à la fonction de coût (5) si w3 est défini
comme le prix virtuel du capital : w r w 3 = +( )γ.
La solution optimale du Problème I, c’est-à-dire sans
aucune régulation, doit satisfaire la condition suivante :
Z* doit vérifier l’expression ci-dessous :
avec F Z Y( ) * * =
Le fait que nos hypothèses soient trop fortes est confirmé
par l’existence d’une solution stationnaire avec des
rendements croissants sur l’ensemble des facteurs y
compris la ressource.
Les demandes dérivées des facteurs 1,2,3, sont obtenues
à partir de la relation (21), évaluées à l’optimum.
Dans le problème II, le facteur X2 est contraint au niveau
X2. L’expression de la fonction de coût, après
minimisation des coûts variables liés à X1 et X3, en
fixant X X 0 2, et Z est donc :
La solution d’équilibre du problème II devant satisfaire la
condition (23) d’équilibre de la branche et la condition du
premier ordre (24), on en déduit la fonction d’offre :
Les demandes de facteurs variables, c’est-à-dire l’effectif
et le niveau de capital sur l’ensemble de la pêcherie, sont
évaluées à partir de l’expression (26). Le prix virtuel du
facteur rationné X2 calculé à l’équilibre sous régulation
par rationnement est donné par l’expression (27).
Annexe 3 : exploitation optimale
avec agents individualisés
Le problème s’écrit :
sous les contraintes :
Le Hamiltonien courant de ce problème est défini par :
où μ est la variable adjointe courante associée à
l’équation d’état sur le stock de la ressource.
Les conditions nécessaires sont les suivantes :
et
pour i = 1 , ... , n
La valeur du contrôle est
c’est une fonction de p - μ, w et de Z. La fonction
d’offre y p w Z i ( , , )- μ définie par (A.26i) est
croissante en p et Z et décroissante en μ :
et
En reportant y p w Z i ( , , )- μ dans les équations (A.25)
et (A.27), on obti ent le systèm e d’équati ons
différentielles suivant :
On peut montrer qu’une solution stationnaire existe si
l’on pose les mêmes hypothèses sur les fonctions de coût
individuel que celles faites sur la fonction de coût agrégé
dans le cadre du problème centralisé. La solution
d’équilibre stationnaire est telle que S Z Z( , ) &μ = = 0 et
M Z( , ) &μ μ= = 0; elle est définie par les relations (34)
et (35). Cette solution est telle que le stock de la
ressource se trouve dans l’intervalle ( $, )Z Z.
La stabilité locale de l’état stationnaire est étudiée en
linéarisant le système d’équations différentielles autour
de l’équilibre, par une approximation de Taylor au
premier ordre :
Comme dans le problème centralisé, sous nos
hypothèses, l’état stationnaire est un point selle, à la
condition suivante :
Une condition suffisante pour que (A.33) soit satisfaite,
est que, d’une part le Hamiltonien soit concave (ce qui
est assuré par nos hypothèses) et, d’autre part, que la
solution Z* se trouve à droite du RMS, ou bien, que le
taux d’actualisation r soit petit.
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[(*)]
Département d’Économie Rurale et Gestion.
E-mail : Louis.
Mahe@ agrorennes. educagri. fr
[(*)]
École Nationale Supérieure Agronomique de Rennes.
E-mail : r
ropars@ agrorennes. educagri. fr
Les auteurs remercient Ch. Mouton et Ch. Tavéra pour leurs
suggestions, et les relecteurs pour leurs remarques
constructives.