Economie & prévision
La Doc. française

I.S.B.N.sans
188 pages

p. 49 à 70
doi: en cours

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no 148 2001/2

2001 Économie et Prévision

Interaction entre taux d’intérêt allemands et français : un réexamen de l’hypothèse de dominance allemande

Marie Podevin  [(*)]
Cet article étudie l’interaction entre les taux d’intérêt à court terme allemands et français en utilisant une stratégie d’inférence causale proposée par Hoover (1990). Cette approche consiste à analyser l’invariance relative des distributions marginales et conditionnelles des variables d’intérêt, que sont ici les taux d’intérêt allemands et français, en présence d’interventions de politique économique. Nos résultats suggèrent une causalité au sens de Hoover unidirectionnelle des taux allemands vers les taux français, avant 1983 et après 1992, et bidirectionnelle entre 1987 et 1992. Nous en déduisons que le nouveauSMEest moins asymétrique que l’ancien avant la rupture de 1992 mais qu’il redevient asymétrique après cette date. This paper uses Hoover’s causal inference strategy (1990) to study the interaction between French and German short-term interest rates. The approach consists of analysing the relative invariance of the marginal and conditional distributions of the variables in question, here the French and German interest rates, in the presence of economic policy interventions. Our findings suggest Hoover uni-directional causality running from the German rates to the French rates before 1983 and after 1992, and bi-directional causality from 1987 to 1992. We deduce from this that the new EMS is less asymmetrical than the old system before the 1992 break, but that it becomes asymmetrical again after this date.
Je tiens à remercier P-Y.Hénin et K.Hoover sans qui ce travail n’aurait pas vu le jour ainsi qu'un rapporteur anonyme pour ses remarques constructives. Je remercie également les participants du séminaire d’économétrie de Paris I et ceux du colloque T2M 1998. Je reste néanmoins seule responsable des erreurs qui peuvent subsister.
L’institution de l’euro est venue achever une expérience majeure, celle du SME. Alors que l’Union Monétaire est constituée, sa mise en place laisse encore ouvertes de nombreuses questions, et l’analyse de cette expérience constitue en soi un enjeu important dans les relations monétaires internationales et le rapprochement de partenaires de poids différents : renforce-t-elle la domination spontanée du partenaire initial le plus fort ou induit-elle plutôt une "symétrisation" des rôles dans le jeu stratégique entre les grands blocs monétaires ? La question de la dominance allemande reste au cœur des travaux relatifs à l’union monétaire européenne. La vision asymétrique du SME, considéré alors comme une zone-mark, bien que privilégiée par les travaux théoriques, ne semble pas faire l’unanimité des nombreux travaux empiriques relatifs à cette question. Face à ce décalage, l’évaluation empirique de l’asymétrie du SME mérite d’être de nouveau examinée en particulier quant au rôle de la monnaie unique, l’avenir du Système Européen de Banques Centrales (SEBC) ainsi que la compréhension des interactions européennes au cours decette périodede convergence des économies. L’Allemagne pèse-t-elle trop lourdement dans le système européen, obligeant ainsi l’Union Monétaire à s’effectuer sous sa domination ?
En vue d’évaluer le degré d’asymétrie, les travaux empiriques récents ont généralement recours, parfois sur plusieurs sous-périodes, à des tests de cointégration et de causalité au sens de Granger (1969 ) [1] au s ein de modèles vecto riels autorégressifs (VAR), reposant sur une formalisation des interactions entre les taux d'intérêt, et de comportements joints des innovations. Cependant, n’est-il pas plus important d’examiner l’impact d’inflexions sensibles et discrétionnaires des politiques nationales au sein du SME, interprétables en termes d’interventions plutôt que d’innovations ? Dans ce cadre, on se propose de réexaminer la validité du caractère asymétrique du SME au profit de l’Allemagne au cours de ces trente dernières années, en adoptant une approche alternative de causalité fondée sur l'apport informatif des changements structurels appliquée ici aux taux allemands et français. Nous nous référons au concept de causalité en termes de contrôlabilité fondé sur la question suivante à laquelle une analyse de causalité au sens de Granger ne peut répondre : « s’il est possible d’intervenir pour contrôler directement une des deux variables d’intérêt, est-ce que cela va permettre de contrôler l’autre variable ? » (Hoover, 1990). Selon Engle, Hendry et Richard (1983), on peut distinguer deux variétés d’actions de politiques économiques, la première comme des chocs sur les innovations pour un paramètre marginal inchangé et la deuxième comme interventions sur les paramètres marginaux. Cette stratégie d’inférence repose sur les implications d’une telle contrôlabilité [2] sur l’invariance des distributions des variables d’intérêt face à des interventions sur les paramètres de contrôle. Autrement dit, une expérience historique interprétable comme la modification d’un paramètre de contrôle, comme une expérience naturelle utilisée pour l'inférence des sciences naturelles [3], permet d’observer quelle relation reste invariante à une telle intervention et d’en inférer un choix entre les ordres causals alternatifs. Les ruptures du SME en 1987 et 1992, en tant qu’interventions de politique monétaire, ont-elles remis en cause la marche vers un plus grand équilibre entre les deux principaux partenaires du SME que sont l’Allemagne et la France ? [4]
Après un bref état des lieux des questions de dominance allemande, cette étude se poursuit par la présentation de la méthodologie retenue en introduisant d’abord le concept de causalité au sens de Hoover puis les différentes étapes de cette méthode. Les résultats des étapes préliminaires de la méthode, à savoir la construction des chronologies d’interventions, la caractérisation des données, le choix des périodes stables et l’estimation des modèles sur ces périodes stables sont ensuite examinés. Enfin, les résultats des tests de stabilité et les conclusions en termes de causalité au sens de Hoover sont présentés dans la dernière partie.
 
Asymétrie du SME : un état de la question
 
 
Les travaux théoriques et empiriques relatifs au Système Monétaire Européen (SME) se sont ordonnés autour de deux visions alternatives du fonctionnement de ce mécanisme. S’opposent ainsi la conception d’un SME asymétrique, dans lequel domine l’Allemagne dont la politique monétaire est déterminée de façon autonome et à laquelle les autres pays membres s’ajustent, et celle d’un SME symétrique, conformément aux intentions de ses fondateurs, sans causalité unidirectionnelle mais bidirectionnelle entre les taux d’intérêt allemands et ceux des autres pays européens connaissant une certaine autonomie dans l’évolution de leurs taux d’intérêt. La vision asymétrique du SME, considéré alors comme une zone-mark, bien que privilégiée dans une perspective théorique (Giavazzi et Pagano, 1988; Herz et Röger, 1992), ne semble pas confortée par l’ensemble des travaux empiriques. En effet, les résultats qui se dégagent des études empiriques sur la question de la dominance allemande sont divers comme le traduisent les propositions suivantes : les banques centrales nationales abandonnent leur autonomie de politique monétaire pour l’hégémonie de la Bundesbank (Karfakis et Moschos, 1990; Artus et alii, 1991 ; Bruneau et alii, 1992 ; Henry et Weidmann, 1995), l’Allemagne joue un rôle relativement important dans le système mais n’est pas le seul pays "dominant" (De Grauwe, 1989 ; Fratiani et von Hagen, 1990), les politiques au sein du SME sont plus symétriques (De Grauwe, 1989 ; Koedijk et Kool, 1992; Katsimbris et Miller, 1993; Gardner et Perraudin, 1993 ; Thornton et Garcia-Herrero, 1997; Hassapis et alii, 1999), la politique monétaire américaine peut, d’une certaine façon, orienter la politique allemande (Fratiani et von Hagen, 1990 ; Artus et alii, 1991 ; Katsimbris et Miller, 1993 ; Hassapis et alii, 1999) et enfin, la présence d’un changement de régime autour de la Réunification allemande a modifié la causalité entre taux européens et allemands. Certaines études concluent à un rôle amoindri de l’Allemagne leader après cette rupture (Gardner et Perraudin, 1993 ; Uctum 1995 ; Bordes et alii, 1996 ; Cherif, 1997 ; Camarero et Ordonez, 1999) tandis que d’autres, au contraire, concluent à un rôle renforcé de l’Allemagne, désormais déconnectée des taux américains (Henry et Weidmann, 1995a ; Henry et Weidmann, 1995b).
En vue d’évaluer le degré d’asymétrie, à l’exception de quelques exemples d’analyses structurelles en termes d’estimations de modèles économétriques (Fratiani et Von Hagen, 1990 ; Artus et alii, 1991; Wiedland, 1997), les travaux empiriques récents ont généralement recours à des tests de cointégration et de causalité au sens de Granger (1969) au sein de modèles vectoriels autorégressifs (VAR), reposant sur une formalisation des interactions entre les taux d'intérêt, et de comportements joints des innovations (Karfakis et Moschos, 1990 ; Katsimbris et Miller, 1993; Caporale et Pittis, 1993; Henry et Weidmann, 1995a; Thornton et Garcia-Herrero, 1997; Hassapis et alii, 1999). Ces études ne permettent pas de dégager une conclusion univoque. Les périodes d’échantillon, les définitions, méthodes et arguments visant à la validation de l’hypothèse de dominance allemande sont extrêmement nombreux. Toutefois, comme le démontrera notre étude, les liens decausalité paraissent varierselon les périodes, ce qui pourrait apporter une réponse à ce manque d'homogénéité des résultats. Gardner et Perraudin (1993) défendent en effet qu’il est plus intéressant d’examiner l’évolution de l’asymétrie au cours du temps que de répondre statistiquement à la question de l’existence ou non de dominance allemande. Plusieurs chocs majeurs, dont la réunification allemande, amènent les auteurs à examiner un changement éventuel de causalité entre les politiques allemandes et européennes. Cependant, certaines études citées précédemment, pour tenir compte de l'existence de tels changements structurels dans leur analyse de causalité, adoptent des tests de causalité au sens de Granger sur plusieurs sous-périodes. Un problème commun à ces études réside dans le caractère a priori du choix du point de rupture sans vérification statistique que la périodisation adoptée assure l’invariance des distributions des variables d’intérêt sur les périodes d’estimation. Les travaux de Camarero et Ordonez (1999) proposent au contraire une analyse en termes de cointégration et de causalité au sens de Granger autorisant la présence de ruptures structurelles endogènes.
 
Une nouvelle approche de la causalité : la stratégie de Hoover
 
 
La stratégie d’inférence causale proposée par K.D. Hoover (Hoover, 1990) repose sur les implications d’une intervention affectant un paramètre de contrôle sur la stabilité relative des distributions marginale et conditionnelle d’une variable d’intérêt. Hoover (1991) en propose une application pour déterminer le sens de causalité entre monnaie et prix sur des données américaines. Hoover et Sheffrin (1992) généralisent les implications de causalité lorsqu’il existe des restrictions croisées entre les paramètres conditionnels et marginaux. Ils s’intéressent à la causalité entre dépenses et recettes budgétaires américaines après la seconde guerre mondiale, analyse de causalité étendue à l’histoire budgétaire américaine depuis 1791 par Hoover et Siegler (1998). Perez (1998) étudie le lien de causalité entre revenu réel et prêts bancaires et étend l’analyse de stabilité relative à des tests de constance plus récents. Nous proposons dans un premier temps d’illustrer le concept de causalité au sens de Hoover sur un modèle parcimonieux des interactions monétaires françaises et allemandes.
Définitions
En notant Ra et Rf les variables d’intérêt que sont respectivement les taux d’intérêt à court terme allemands et français, on remarquera que la distribution jointe entre ces deux variables décrivant le processus générant les données (DGP), inobservable, admet deux représentations équivalentes sous forme de partitions, produits de distributions marginales et conditionnelles interprétées comme des régressions linéaires dans le cas où la distribution jointe suit une distribution normale. Soit,
La première factorisation s’interprète comme Rf cause Ra et la seconde comme Ra cause Rf. Dans un seul « régime », il n’y a pas de véritable choix entre les deux factorisations et on ne peut pas discriminer entre les deux schémas causals implicites à partir des données. On parle d’équivalence observationnelle. L’économétrie traditionnelle résout ce problème par l’identification de modèles structurels à équations simultanées, c’est-à-dire en imposant aux données une structure causale issue de la théorie économique. Mais les restrictions identifiantes ne pouvant être soumises aux tests (Sims, 1980), Hoover propose une alternative permettant de surmonter cette limitation. On ne peut déterminerla structure causale que si le DGP est soumis à des interventions entraînant des changements sur les paramètres gouvernant les variables. Dans chacune des partitions alternatives de l’équation (1), la distribution marginale représentera dans notre exemple une règle de politique monétaire, et les changements dans cette distribution, des interventions de politique monétaire, porteuses d’information sur l’ordre causal. La stabilité relative des partitions permet alors de déterminer l’ordre causal.
Supposons par exemple que la politique monétaire allemande à travers ses taux d’intérêt cause les taux d’intérêt français ; une modification de cette politique, constituant une intervention délibérée sur les taux d’intérêt allemands, va modifier le processus suivi par les taux français. Un observateur non-économètre en déduit que les distributions des taux français sont déstabilisées. Pour l’économètre, en revanche, l’instabilité du processus des taux français n’est qu’apparente puisqu’il peut en rendre compte par l’influence des taux allemands. Il dira que la distribution marginale des taux français s’est trouvée perturbée mais que la distribution des taux français conditionnelle aux taux allemands est restée invariante. Pour expliciter ce point, considérons l’exemple simple d’un DGP général dans lequel les quatre configurations possibles de causalité entre les taux allemands et français peuvent être illustrées par des restrictions alternatives sur les paramètres βet δ [5].
Dans le modèle (2)-(3), selon le critère de structure causale récursive de Simon (1953), la nullité deβ, de δou deβetδconjointement, implique respectivement la causalité de Rf vers Ra, de Ra vers Rf et l’indépendance de Rf et Ra, le modèle complet induisant en revanche une causalité mutuelle entre Ra et Rf.
La forme réduite du système d’équations (2) et (3) est la suivante :
Introduisons maintenant les distributions marginales et conditionnelles, respectivement DM et DC, associées à ce modèle :
On interprétera chacune des distributions marginales comme une représentation structurelle d’une règle de politique monétaire. Un changement dans un des paramètres de la marginale peut donc être interprété comme une intervention porteuse d’information sur la conduite de cette politique monétaire. Supposons que, dans le modèle de causalité unilatérale des taux allemands vers les taux français (δ=0), la Bundesbank décide de changer la conduite de sa politique monétaire en jouant sur un des paramètres déterminant les taux d’intérêt allemands, γou συ2. On constate alors que seul le processus conditionnel D Rf Ra( | ) n’est pas C modifié. Par contre, si un des paramètres déterminant les taux français est modifié (α β, ou σε2 ), alors seule D Ra M ( ) reste invariante à une telle intervention. La partition D Rf Ra( | ) D Ra( ) est C M stable puisqu’une intervention dans l’un ou l’autre des processus laisse l’autre non affecté. En l’absence de restrictions croisées sur les paramètres et de choc commun (covariance nulle entre les perturbations), nous avons dérivé, dans le tableau suivant, l’ensemble des propositions théoriques pour trois modèles illustrant la causalité mutuelle (Ra Rf↔ ), la causalité unidirectionnelle de Ra vers Rf (Ra Rf→ ) [6] et l’indépendance (Ra <–/–> Rf ).
Les notions d’instabilité et d’invariance des relations causales à des interventions sur les paramètres [7], autrement dit à des interventions de contrôle "direct", permettent donc de mettre en évidence l’ordre causal. En effet, les deux DGP respectivement caractérisés par δ=0 et β =0 induisent deux sens de causalité opposés mais ont cependant la même forme réduite. Dans ce cas, un test de causalité « statistique » au sens de Granger en termes de prévisions, au même titre qu’un simple examen des données, ne permet pas de déterminer l’ordre causal induit par le DGP vrai. La causalité est une question de relations structurelles entre les variables et non une question de sentier de réalisation de ces variables (Hoover et Siegler, 1998). C’est en ce sens que la causalité au sens deHoover dépasse, en donnant un aspect qualitatif, la causalité statistique en terme de prévisibilité. La solution au problème d’équivalence observationnelle réside alors dans l’existence d’un expérimentateur pouvant altérer les paramètres du système causal. En effet, on a vu que si une intervention sur Ra déstabilise la distribution marginale de Rf, mais que la prise en compte de Ra permet de la rendre stable, alors Ra cause Rf au sens de Hoover. L’instabilité révèle l’information. Au lieu de considérer que l’instabilité révèle une mauvaise spécification, elle peut être utilisée au contraire pour déterminer l’ordre causal. L’étude de causalité au sens de Hoover fournit aussi un cadre général dans lequel la notion de super-exogénéité [8] est simplement une condition nécessaire pour l’inférence causale. En effet, l’invariance de D Rf Ra( | ) à une intervention allemande C correspond au rejet de la critique de Lucas [9], c’est-à-dire lorsqu’un changement dans la règle de politique laisse inchangée la distribution conditionnelle. Dans ce cas, de vraies expériences de changements de politiques prennent un sens.

Tableau 1:
stabilité relative des partitions
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Tableau 1: stabilité relative des partitions Modèles théoriques Ra Rf↔ Ra Rf→ Ra <–/–> Rf {δ=0} {δ β= =0 0, } Ra et Rf Ra Rf Ra et Rf Ra Rf Ra et Rf Ra Rf Interventions α β,, σε2,γ δ,συ2, γ δ,συ2, α β,, σε2, α β,, σε2,γ συ2, γ συ2, α β,, σε2 α σε,2,γ συ2, γ συ2, α σε,2, D Ra M ( ) I I I I I S I I S D Rf Ra C ( | ) I I I I S I I S I D Rf M ( ) I I I I I I I S I D Ra Rf C ( | ) I I I I I I I I S Notes : les symboles I et S sont respectivement utilisés pour l’instabilité et la stabilité des régressions et I en caractère gras désigne l’instabilité des régressions associées au processus soumis à l’intervention.

En pratique, l’étude de stabilité relative associée à la détermination de la nature de l’intervention permet de déterminer l’ordre causal, mais les tests statistiques de stabilité ne prennent un sens que lorsqu’ils sont associés à une analyse historique et institutionnelle des interventions. La mise en œuvre de la méthode pour déterminer l’ordre causal nécessite donc de l’information sur la structure et l’histoire institutionnelle des deux variables.
Méthodologie
La mise en œuvre empirique de la méthode employée par Hoover pour identifier les source, nature et date des changements de régime et déterminer l’ordre causal est la suivante. La détermination du sens de causalité nécessite tout d’abord l’identification des interventions pour déterminer les périodes de référence interprétables comme des "périodes tranquilles". On construit alors, dans une première étape, une chronologie d’interven tions potentiellement importantes dans le processus des deux variables d’intérêt, utilisée pour identifier les périodes tranquilles [10], sans intervention importante dans les deux processus. On estime [11] ensuite les paramètres des régressions correspondant aux fon ction s de distributions marginales et conditionnelles pendant les périodes de référence. On utilise la démarche de spécification du « général au particulier » de Hendry [12] pour obtenir des régressions correctement spécifiées à l’intérieur des périodes stables et pouvoir isoler les ruptures structurelles authentiques des ruptures dues à de mauvaises spécifications [13]. A priori, pendant les périodes de tranquillité, les régressions sont invariantes et les coefficients stables et donc l’équivalence observationnelle prévaut. Pour établir la stabilité en dehors des périodes tranquilles et repérer les points de rupture, nous utilisons des méthodes de régressions récursives, initialisées sur période stable et projetées « backward » (vers l’arrière) et « forward » (vers l’avant), nous permettant d’étudier la stabilité relative des différentes distributions pour toutes les ruptures possibles selon le rejet de stabilité par les coefficients récursifs et les trois tests de Chow récursifs, que sont les tests de Chow récursifs a un pas, à base constante et à horizon constant [14]. L’étude économétrique menée selon l’algorithme d’inférence causale présenté ci-dessous, complétée par l’analyse institutionnelle des points de rupture et l’ordre temporel de leur sortie donne, dans un premier temps la nature de l’intervention et, dans un second temps, l’ordre causal.
 
Les interactions entre taux allemands et français : éléments de "périodisation"
 
 
Nous présentons maintenant les résultats des premières étapes de la méthode que sont la construction des chronologies d’interventions pour la détermination de la période de stabilité institutionnelle, la caractérisation des données dont leur source, leur degré d’intégration et de cointégration, ainsi que l’estimation des modèles sur les périodes stables.
Chronologie et choix de la période stable a priori
La première étape de la méthode consiste à réaliser une chronologie institutionnelle commune aux variables d’intérêt pour la France et l’Allemagne que sont les taux d’intérêt à court terme afin d’identifier des changements potentiels importants ou des interventions dans les processus gouvernant ces variables. Une telle chronologie doit permettre de déterminer les périodes de référence dites « périodes de tranquillité » au cours desquelles il n’y a pas d’intervention importante. Nous excluons d’emblée les périodes de choc pétrolier (1973,1979), de grande instabilité du SME (1982,1987,1992,1993), de krachs boursiers (1987), de nombreux réalignements des monnaies, de changements de gouvernement, symboles de nouvelles politiques, et d’interventions (1981,1982,1986,1988,1993...) ou encore d’accords et de grands changements internationaux (1971,1973,1979,1985,1987, 1989-1990,1993...).
Tableau 2
algorithme d'inférence causale
IMGIMGalgorithme d'inférence causaleIMGIMF
Nous avons retenu la période entre début 1983 et les Accords du Nyborg de septembre 1987 pendant laquelle pratiquement aucune intervention des Banques Centrales française et allemande n’ont été répertoriées, ce qui va nous permettre d’étudier les liens de causalité entre les politiques monétaires française et allemande au cours de l’ancien SME, à savoir avant 1983, et du nouveau SME, après 1987, et de comparer nos résultats à ceux d’études existantes récentes. Au cours de cette période, le SME est resté un pôle de stabilité jusqu’à la mise en place de nouvelles règles régulant les interventions au sein de l’ERM en septembre 1987. Elle exclut les périodes de réalignements fréquents du franc (FRF) et du Deutsche Mark (DEM) au début des années quatre-vingt [15] ainsi que l’expérience inflationniste de la France en 1981-1982 et les périodes de turbulences liées à la Réunification allemande, à la libéralisation des flux de capitaux et à la rupture du SME fin 1992.
Mais ce choix de période de référence nécessite une analyse plus fine faisant appel à une étude économétrique de stabilité réalisée sur nos données pour affiner la période stable et poursuivre l’application de cette méthode.
Caractérisation des données
Description et abréviations
Nos variables d’intérêt sont les taux d’intérêt à court terme allemand s et français co nsidérés conditionnellement aux taux courts américains ainsi qu’au taux long, au taux d’inflation et à l’écart conjoncturel domestiques. Les données mensuelles utilisées proviennent des Principaux Indicateurs Economiques de l’OCDE de 1979 :3 à 1996 :10. Les taux d’intérêt allemands, français et américains à court terme, Ra, Rf et Reu, ainsi que les taux longs alleman ds et français, RLa et RLf, sont respectivement le PIBOR (à partir de 1986) et le FIBOR à trois mois se référant au taux interbancaire offert à trois mois sur le marché de Paris ou de Francfort, le taux des certificats de dépôt à trois mois ainsi que les taux d’intérêt des obligations publiques et semi-publiques. Nous utilisons les logarithmes de l’indice des prix à la consommation ainsi que de l’indice de production industrielle dont on a extrait la tendance pour mesurer respectivement l’inflation en glissement annuel et l’écart conjoncturel (infla, inflf, ECLa et ECLf).
Graphique 1
graphe des taux courts allemands, américains et français [16]
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américains et f...IMGIMF
Tests de racines unitaires ADF et de cointégration (1979 :3-1996 :10)
D’après le test de racine unitaire de Dickey-Fuller augmenté (ADF), les cinq taux d’intérêt, Ra, Rf, Reu, RLa et RLf, et les deux taux d’inflation, infla et inflf, sont intégrés d’ordre un et les deux écarts conjoncturels, ECLa et ECLf sont stationnaires. Le test de Boswijk (1992,1994) [17] conduit à accepter l’existence d’une relation de cointegration entre les taux courts français, allemands, américains, le taux long et le taux d’inflation français et d’une quasi-relation de cointégration entre les trois taux courts, le taux long et le taux d’inflation allemands. Il conduit en effet à rejeter à 5% la nullité des niveaux retardés des taux Ra, Rf, Reu, RLf et inflf d’une part et des taux Rf, Reu, RLf et inflf d’autre part dans les équations conditionnelles et marginales des taux français respectivement [18], et à 10% les niveaux Ra, R eu, infla, RLa et Rf dans les équ ation s allemandes [19]. Compte tenu de la présence d’une relation stable entre les différents taux dans les équations françaises, nous incluons, dans toutes les équations, les niveaux retardés des cinq taux dans une modélisation à correction d’erreur afin de prendre en compte cette information supplémentaire et d’enrichir la dynamique de court terme à celle de long terme.
Spécification des distributions
L’objectif de considérer les distributions marginales des taux allemands et français [20] comme des fonctions de réaction de banques centrales, nous amène à introduire comme covariables le taux court américain ainsi que le taux long, le taux d’inflation et l’écart conjoncturel domestiques [21]. De plus, l’instabilité provoquée par l’omission de telles covariables pourrait être interprétée à tort comme un changement de politique monétaire allemande ou française au lieu d’une rupture issue de la mauvaise spécification du modèle. L es régressions conditionnelles « larges » en différences sont modélisées en régressant la variable dépendante en différences, le taux français de court terme par exemple, sur une constante, trois retards de la variable dépendante en différence ainsi que sur les valeurs présentes et passées des variables indépendantes, que sont les taux courts allemand et américain et les régresseurs domestiques que sont le taux long, le taux d’inflation et l’écart conjoncturel français [22]. La régression marginale « large » est modélisée comme l’équation conditionnelle dans laquelle sont exclus les taux allemands dans notre exemple. Les niveaux retardés d’une période de toutes les variables sont inclus dans les régressions. La stabilité [23] et les tests de spécification [24] sont vérifiés pour les quatre modèles sur la période 1983 :1-1987 :8. Les régressions conditionnelles et marginales pour les taux allemands et français sont respectivement notées
Pour l’ensemble des régressions sur la période stable, les résidus récursifs sont largement situés à l’intérieur de leur intervalle de confiance et les statistiques des trois tests de Chow sont toutes inférieures au seuil à 5%.
Sélection des modèles parcimonieux
On procède ensuite à une simplification des régressions « larges » en supprimant les variables peu significatives par la démarche du « général au particulier » proposée par Hendry. À chaque variable enlevée, nous avons testé de nouveau la stabilité de la régression ainsi que la normalité, le pouvoir explicatif des régresseurs et les non-autocorrélations AR et ARCH des résidus afin de conserver les bonnes propriétés. Un test de Chow (1960) « classique » de la première moitié de l’échantillon contre l’échantillon complet et un test de nullité des coefficients des variables exclues des régressions larges noté PARCI sont également présentés [25]. Tous ces tests sont satisfaits excepté celui de normalité pour D Rf( |.), la marginale des taux M français. Les modèles parcimonieux pour les deux variantes sont les suivants :

Tableau 3
régressions parcimonieuses sur la période stable (1983:1-1987:8)
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Tableau 3 : régressions parcimonieuses sur la période stable (1983:1-1987:8) D Ra Rf C ( | ,.) ΔRa Rf Ra t t t =- - - + - - 1 06 0 13 0 32 1 1, , , 1 1 0 56 0 18 0 17, , ,RLa Ra Ra t t- - + -Δ Δtt Rf - - 2 0 06, Δ 0 0019 0 0142 0( , ) ( , ) ( ,0001 0 0001 0 1285) ( , ) ( , ) 0 1538 0 5233( , ) ( , ) + + - - 0 13 0 06 0 54 1 1, Re , ,Δ Δu ECLa RLa t t t 0 0459 0 1730( , ) ( , ) ( , )0 0002 D Ra M ( |.) ΔRa Ra u t t t =- - + - - - 0 67 0 30 0 03 1 1, , , Re, , , 1 1 0 04 0 29 0 22inflat t RLa - - + + ΔRat-1 0 0711 0 0002 0( , ) ( , ) ( , ) ( , ) ( , )3400 0 2349 0 0031 0 0627( , ) + + - - 0 16 0 08 0 48 1 1, Re , ,Δ Δu ECLa RLa t t t 0 0210 0 0945( , ) ( , ) ( , )0 0008 D Rf Ra C ( | ,.) ΔRf Ra Rf t t t =- - - - - - 0 39 0 14 0 20 1 1, , , 1 1 0 12 0 22 0 19, Re , ,u RLf Ra t t- - + + Δtt Ra+-, 3 0 33Δ 0 0667 0 0514 0( , ) ( , ) ( ,0217 0 0010 0 0027) ( , ) ( , ) ( , ) ( , )0 1421 0 0098 + + - - 0 25 0 14 0 15 2 1, , Re ,Δ Δ ΔRf u t t infltt t RLf,0 34+ Δ 0 0336 0 0616( , ) ( , ) ( , ) ( , )0 0876 0 0001 D Rf M ( |.) ΔRf t =+ Rf f t t - + + - - 0 78 0 30 0 12 0 1413 10 0040 1, , , ( , ) ( , ) infl ( , ) ( , ) ( , ), , , 0 0514 10 0918 10 0111 0 13 0 29 0 20RLf Rf t t- - + -Δ Δ Δ ΔRf i f RLf t t t- + + 20 0900 0 0875 0 002 0 17 0 29 ( , ) ( , ) ( ,, ,nfl030 0918 0 15 ) ( , ),+- ΔRLft Régressions R² ET SCR DW NORM AR1-12 ARCH 12 PARCI CHOW D Ra Rf C ( | ,.) 0,56 0,16 1,16 2,04 0,87 0,87 0,98 0,95 0,68 D Ra M ( |.) 0,53 0,16 1,26 2,04 0,89 0,89 0,99 0,85 0,84 D Rf Ra C ( | ,.) 0,59 0,18 1,54 1,74 0,01* 0,66 0,96 0,99 0,45 D Rf M ( |.) 0,51 0,20 1,84 1,97 0,35 0,51 0,85 0,99 0,48 Notes : les valeurs entre parenthèses sous les coefficients sont les probabilités associées au test de significativité des coefficients. Les valeurs reportées pour tous les tests sont leurs probabilités associées. ET et SCR sont l'écart-type de régression et la somme des carrés des résidus. NORM est testée avec le test de normalité de Jarque-Bera. PARCI est un test de validité des modèles parcimonieux. CHOW est un test de constance des coefficients de la moitié de l'échantillon contre l'échantillon complet.

 
Stabilité relative des relations et inférence causale
 
 
Cette nouvelle étape consiste à étudier la stabilité relative des quatre régressions conditionnelles et marginales en dehors des périodes stables. Pour cela, nous testons la stabilité de chaque régression projetée « forward » (vers l’avant) et « backward » (vers l’arrière) à l’aide des MCO récursifs initialisés sur la période stable. Les tests de stabilité reportés dans le tableau 4 suivant sont les tests de Chow récursifs (test récursif à un pas, test à base constante et test à horizon constant) dont les statistiques sont explicitées en annexes.
Projections hors période stable
Les trois tests de stabilité (tableau 4), que sont les tests de Chow récursifs à un pas, à base et à horizon constants, ainsi que les graphiques des coefficients et résidus récursifs (graphiques 4 à 11 en annexe) permettent de déterminer le comportement de stabilité relative des régressions au cours des sous-échantillons précédant et succédant la période stable et de mettre en évidence les points de rupture dans le processus de détermination des taux allemands et français. Trois constatations découlent de cette étude de stabilité relative.
Au regard des trois tests de stabilité, les régressions projetées « backward » et « forward » sont toutes instables sur les trois sous-périodes, exceptée la régression marginale des taux allemands sur la période 1992 :9-1996 :10 pour laquelle tous les tests concluent à la stabilité. Deux points de rupture communs au x rég ressions marginale et conditionnelle d’une variable semblent se distinguer en termes de changement structurel : 1981 :3 et 1992 :9 respectivement pour les équations de taux allemands et français. Enfin, on peut remarquer que les régressions marginale et conditionnelle des taux allemands sur la première so us-p ériode (1982 :12-1979 :3) apparaissent peu dissociables en termes d’instabilité. De même, sur la troisième so us-p ériode (19 92 :9-1996 :1 0), les deu x régressions de taux français sont semblables et l’introduction des taux allemands dans les taux français n’apporte rien en termes de stabilité.
Les graphiques des coefficients et des résidus récursifs constituent une information essentielle quant à la datation des points de rupture. Sur la première sous-période, ils confirment l’existence d’un point de rupture brutal au début de l’année 1981 pour les régressions marginale et conditionnelle « backward » des taux allemands ainsi que pour l’équation marginale des taux français. D’autre part, ils rendent compte du profil semblable des régressions marginale et conditionnelle allemandes sur cette période. Au regard de ces coefficients, la conditionnelle des taux français semblerait plus stable, ne laissant apparaître aucun changement structurel clair. L’introduction des taux allemands semble de ce fait stabiliser la régression des taux français. Sur les deux derniers sous-échantillons hors période stable, ils indiquent l’existence de ruptures importantes fin 1992 et en 1995, communes aux deux régressions « forward » des taux français. Après un choc important en 1990 et un moindre en 1991, seule la régression marginale des taux allemands se stabilise complètement. Après une rupture autour de 1992, en revanche, la régression conditionnelle des taux allemands se déstabilise légèrement autour de 1994. Les résidus récursifs de cette dernière marquent que la fin de l’année 1987 est bien la fin de la période stable.

Tableau 4
tests de stabilité
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Régr...IMGIMF
Tableau 4 : tests de stabilité Régressions UN-PAS H-C B-C INSPECT Stat. Date Rejet Stat. Date Date Période 1982 :12-1979 :3 D Ra Rf C ( | ,.) 114,05** 1981 :3 [0,17] 11,89** 1981:3 1982:11 Milieu 1981/1980 D Ra M ( |.) 183,86** 1981 :3 [0,11] 14,51** 1981:3 1982:7 Milieu 1981 D Rf Ra C ( | ,.) 32,91** 1982:4 [0,26] 8,67** 1982:11 1982:11 1981 D Rf M ( |.) 60,48** 1981:6 [0,19] 11,10** 1982:8 1982:4 Début 1981 1987 :9-1992 :8 D Ra Rf C ( | ,.) 11,44** 1987 :11 [0,12] 2,23** 1987 :9 Stable 1987-90 D Ra M ( |.) 14,06** 1988 :7 [0,13] 2,03** 1987:9 Stable 1987-88 D Rf Ra C ( | ,.) 10,71** 1990:4 [0,12] 6,24** 1987:9 Stable 1990 D Rf M ( |.) 6,77** 1989 :10 [0,10] 5,71** 1987 :9 Stable fin 1989-90 1992 :9 - 1996 :10 D Ra Rf C ( | ,.) 4,95** 1994 :5 [0,04] Stable Stable Milieu 1993 et milieu 94 D Ra M ( |.) 3,18 [0,00] Stable Stable Stable D Rf Ra C ( | ,.) 32,51** 1993:4 [0,16] 6,60** 1992:9 1992:9 fin 1992-93 et 1995 D Rf M ( |.) 52,91** 1992 :12 [0,18] 7,18** 1992 :9 1992:12 fin 1992-93 et 1995 Notes : les probabilités associées sont notées entre parenthèses. * =significatif à 5%, ** =significatif à 1%. UN-PAS comprend la valeur non normalisée de la statistique maximale du test de Chow récursif à un pas, la date qui lui est associée ainsi que le ratio du nombre de rejets de l'hypothèse de stabilité au nombre total de statistiques (noté entre crochets). H-C comprend la date et la statistique maximum (non normalisée) du test de Chow récursif à horizon constant. B-C comprend la date à laquelle la statistique du test de Chow récursif à période de base constante excède pour la première fois la valeur à 5%. INSPECT rappelle les périodes d'instabilité ou de ruptures par un examen des coefficients et résidus récursifs.

Interprétation des points de rupture et ordre causal
L’étude économétrique précédente nous a permis d’étudier la stabilité relative économétrique. Complétée par l’analyse institutionnelle de l’ensemble des points de rupture [26] et l’ordre temporel de leur sortie, elle nous permet d’obtenir, dans un premier temps la nature de l’intervention et, dans un second temps, l’ordre causal. Le tableau 5 suivant synthétise cette information nécessaire à la détermination de l’ordre causal : la stabilité relative (précédemment analysée) ainsi que l’examen historique des points de rupture issus du test récursif à un pas [27].
De cette analyse de stabilité relative associée à l’examen historique des points de rupture, on peut en déduire trois remarques quant au sens de causalité au cours des trois sous-périodes examinées. Sur le sous-échantillon précédant la période stable (1979-1983), les taux allemands causent les taux français au sens de Hoover. La politique monétaire allemande est indépendante et permet de contrôler les taux français par l’intermédiaire des taux allemands. En effet, les interventions de politique, essentiellement françaises, ne se transmettent pas aux paramètres marginaux des taux allemands, marquant l’indépendance des taux allemands et leur contrôle sur les taux français. La fin de la période stable marque ensuite le début d’une indépendance des taux français par rapport aux taux allemands au cou rs des années 1987-19 88 su ivi d’une "symétrisation" du SME matérialisée par une causalité mutuelle entre les taux allemands et français fin 1988. Enfin, les difficultés rencontrées par le SME fin 1992 marquent un retournement de causalité en faveur d’une causalité unidirectionnelle des taux allemands vers les taux français, et donc d’une plus grande asymétrie dans le SME. En effet, après 1992, plus aucune intervention allemande n’est identifiée. La politique monétaire allemande est stable et l’Allemagne redevient l’ancre du SME. La nature du système a évolué au cours du temps suite aux trois épisodes de bouleversements de 1983, 1987 et 1992, passant d’un système asymétrique avant 1983 à un système symétrique entre 1987 et 1992 de nouveau plus asymétrique après 1992. On peut noter que l’indépendance de l’Allemagne observée entre 1991 et 1992 amorce déjà ce mouvement "d’asymétrisation" du SME.
Gros et Thygesen (1998, chapitres 3 et 4) apportent plusieurs justifications aux trois précédents résultats que nous venons de mettre en évidence. La période 1979-1983 est marquée par un fonctionnement agité du SME, soumis à de nombreux réalignements des monnaies et d’attaques spéculatives, notamment sur le FRF en 1982. L’asymétrie se manifeste durant cette période par des variations fortes des taux d’intérêt français au cours des phases de turbulence précédant les réalignements des monnaies, les taux allemands n’étant que très peu affectés par ces derniers, et par un manque de coordination des politiques monétaires françaises et allemandes. L’examen des points de rupture révèle en effet une indépendance marquée de la politique monétaire allemande.
Au cours du nouveau SME après 1987, Gros et T hygesen (1998) dis tinguent aussi deu x sous-périodes avant et après septembre 1992. La première correspond à une période de convergence, de coordination des politiques monétaires en termes de rigueur, de désinflation, d’engagements et d’amélioration en crédibilité pour l’ensemble des partenaires européens, notamment pour la France. Les différentiels de taux d’intérêt et d’inflation des membres européens avec ceux de l’Allemagne se réduisent. La marche vers l’Union Monétaire est enclenchée dès les Accords de Basel-Nyborg, première étapevers un système plus symétrique. « Le SME est graduellement perçu sur cette période comme un mécanisme implicite de coordination à travers lequel les pays qui partagent le vaste objectif de stabilité interne et externe peuvent améliorer leurs performances en respectant les règles du système et, en particulier, en maintenant du mieux qu’ils peuvent la stabilité de leur taux de change par rapport au DEM. » (Gros et Thygesen, 1998, page 83). Selon Wiedland (1997), cette période jusqu’à la rupture de 1992 marque un mouvement de convergence entre les membres et un plus grand rôle de la France au sein du SME. Nos tests de causalité au sens de Hoover révèlent en effet une causalité mutuelle des politiques monétaires française et allemande ainsi qu’une plus grande autonomie de la politique monétaire française entre 1987 :10 et 1988 :7, au moment où la Banque de France affirme d’une part, sa crédibilité par une politique monétaire stricte de désinflation et de défense du franc et d’autre part, son rôle au sein du SME. La politique monétaire allemande ne semble pas indépendante aux développements du SME et à la politique monétaire de la France et de ses partenaires européens, qui tend même à être déterminée par ces dernières (Gros et Thygesen 1998, page 177). La Réunification allemande de 1990 et son effet inflationniste ne renversent pas cette causalité mais renforcent au contraire l’autonomie de la politique monétaire française, affaiblissant ainsi le rôle leader de l’Allemagne au sein du SME et notamment par rapport à la France (Gardner et Perraudin 1993). D’après Jacq, Jondeau, Sédillot (1993), la convergence des taux aurait été facilitée par l’effet inflationniste de la Réunification allemande d’octobre 1989. Pourtant, dès 1991, l’Allemagne adopte une politique non coopérative fondée sur des objectifs internes, mais ne bouleversant pas pour autant le sens de causalité.

Tableau 5
étapes d’identification et de discrimination
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Tableau 5 : étapes d’identification et de discrimination Interventions Stabilité relative (C) et invariance (I) Conclusion Date Origine Commentaires D Rf Ra C ( | ) D Ra M ( ) D Ra Rf C ( | ) D Rf M ( ) 82:12--79:3 Ancien SME C(?)# NC NC NC Ra cause Rf Récursion « backward » 82:8 FRANCE (Tensions sur le FRF) NI I I NI Indépendance de Ra 82:7 ALLEMAGNE I NI NI NI Ra cause Rf 82:5 ALLEMAGNE (DEM affaibli) NI I I I Indétermination 82:4 FRANCE (Tensions sur le FRF) NI I I NI Indépendance de Ra 82:2 FRANCE (Tensions sur le FRF) NI I I NI Indépendance de Ra 81:8 FRANCE I I I NI Indétermination 81:6 FRANCE NI I I NI Indépendance de Ra 81:3 ALLEMAGNE (Réalignement DEM/$) I NI NI I Indépendance de Rf causalité 81:1 ? NI NI NI NI Indétermination oumutuelle 80:8 ? NI I I I Indétermination 79:11 ALLEMAGNE I I NI I Indétermination 87:9--92:8 Nouveau SME NC NC NC NC Causalité bidirectionnelle Récursion « forward » 87:10 ALLEMAGNE I NI NI I Indépendance de Rf 87:11 ALLEMAGNE NI NI NI I Rf cause Ra 88:3 FRANCE (Tensions sur le FRF) NI I I NI Indépendance de Ra 88:7 ALLEMAGNE I NI NI I Indépendance de Rf 88:12 ALLEMAGNE NI NI NI NI Causalité mutuelle 89:2 ? NI NI NI NI Indétermination ouCausalité mutuelle 89:10 ALL et FRANCE I NI I NI Indétermination : non 90:2 SME NI NI NI NI Choc communinformatif 91:12 FRANCE (Pressions sur le FRF) NI I I NI Indépendance de Ra 92:9--96:10 SME post-crise NC C NC NC Ra cause Rf Récursion « forward » 92:9 FRANCE (Tensions sur le FRF) NI I I NI Indépendance de Ra 92:11 FRANCE NI I NI NI Ra cause Rf 92:12 FRANCE NI I I NI Indépendance de Ra 93:4 FRANCE (Tensions sur le FRF) NI I I NI Indépendance de Ra 94:5 ALLEMAGNE (Pressions sur le DEM) I I NI I Indétermination 95:3 FRANCE NI I I NI Indépendance de Ra 95:10 FRANCE (Tensions sur le FRF) NI I I NI Indépendance de Ra Notes : le symbole ? signifie que l’origine de la rupture ne peut être déterminée. Les points de rupture mentionnés dans ce tableau sont issus du test de Chow récursif à un pas. Les symboles NC, NI, C et I signifient respectivement non-constant, non-invariant, constant et invariant. #: se reporter à l’étude de stabilité des régressions, plus haut.

Cependant, la période qui suit la rupture du mécanisme de change européen en 1992, qualifiée par Gros et Thygesen (1998) de « phase de turbulences », est de nouveau marquée pratiquement jusqu’à la fin de l’année 1996 par d’importants et fréquents réalignements des monnaies, de divergences dans les taux d’inflation européens, de conflits quant aux politiques macro-économiques allemandes et européennes et de tensions qui semblent affecter le sens de causalité des taux d’intérêt en faveur d’une plus grande asymétrie. Selon Gros et Thygesen (1998, page 99), « la combinaison d’une récession forte en Europe, l’arrivée du nouveau gouvernement français en avril 1993 engagé à mener une politique agressive de baisse des taux d’intérêt, a graduellement augmenté les tensions au sein du SME ». Au regard du tableau 5, ces événements (1993 :4) contribuent de nouveau à renforcer l’indépendance et l’hégémonie de la politique monétaire allemande face à la politique monétaire française. En effet, en 1993, Gros et Thygesen (1998) soulignent l’existence de tensions concernant le resserrement de la politique monétaire allemande ainsi que le refus de la Bundesbank de baisser ses taux d’intérêt jusqu’à l’élargissement des marges de fluctuations. Les élections de mai 1995 en France provoquent de nouvelles inquiétudes quant à la possibilité d’une éventuelle hausse de l’inflation et renforcent l’indépendance de la politique monétaire allemande (1995 : 3).
 
Éléments de conclusion
 
 
Dans cette étude de causalité entre taux allemands et français, nous avons réexaminé la validité de l’hypothèse du caractère asymétrique du SME au profit de l’Allemagne au cours des trente dernières années, en adoptant une approche alternative en termes de contrôlabilité, fondée sur l'information apportée par les changements structurels (Hoover, 1990). Dans ce but, nous avons analysé les propriétés d’invariance des distributions marginales et conditionnelles des taux d’intérêt français et allemands face à une série d’interventions sur les paramètres de contrôle interprétables. À la question si les ruptures du SME en 1987 et 1992, en tant qu’interventions de politique monétaire, ont remis en cause le principe fondateur de symétrie au sein du SME, et notamment entre les deux principaux partenaires du SME que sont l’Allemagne et la France, cette étude apporte une réponse nuancée, tout en ne contredisant pas les résultats de la littérature existante. Nous concluons que le SME a fonctionné de façon asymétrique au profit de l’Allemagne avant 1987, malgré la présence de l’influence américaine sur l’évolution des taux européens, et de façon symétrique entre 1987 et 1992, laissant ainsi s’amoindrir le contrôle des taux allemands sur les taux français et la politique monétaire française prendre de l’autonomie. Cependant, nos résultats suggèrent aussi que ce fonctionnement symétrique du SME n’a été que temporaire. En effet, la rupture structurelle de 1992 donne fin à ce fonctionnement coopératif du système et l’Allemagne redevient l’économie dominante du système. Cet exercice illustre l’intérêt de réaliser de véritables expériences de contrôle intervenant sous forme d’expériences naturelles. La simulation d’un changement de politique comme intervention sur un paramètre marginal de par ses implications en termes d’invariance en est une forme intéressante.
 
Annexe
 
 
Graphiques 1 à 3
taux d’intérêt de long terme, taux d’inflation et écarts conjoncturels français et allemands
IMGIMGtaux d’intérêt de long terme, taux 
d’inflation et...IMGIMF
Encadré : tests de stabilité
Tests de stabilité
Chow (1960) :
Ce test est un test de prévision lorsque l’horizon H est ajouté à l’échantillon de base T, N étant le nombre total d'observations de l'échantillon (N=T+H). Ce test de constance peut revenir à un test de significativité du coefficient d’une variable muette valant 1 en T, T représentant alors le point de rupture. L’autre possibilité consiste à effectuer deux régressions pour les T premières observations et les H autres. La statistique de test est la suivante :
H0 est l’hypothèse nulle de constance des paramètres.
Une estimation récursive peut être faite pour chaque point de rupture possible dans le cas par exemple où le point de rupture est inconnu. Ce sont les trois tests suivants, variantes du test de Chow (1960).
Test récursif à un pas (UN-PAS) :
Il est généralement nommé en anglais ou dans les logiciels one-step-ahead sequential Chow test ou one-step forecast test.
(2) Pour t = T,...,N on a :
Dans le tableau 4, ne sont reportées que la valeur de la statistique non normalisée par sa valeur critique à 5% , la date de la statistique maximum du test de Chow récursif à un pas et la statistique du « ratio » qui fournit le ratio du nombre de rejets de l’hypothèse nulle sur le nombre total de statistiques. En grands échantillons normalement, avec une valeur critique à 5%, environ 5% des statistiques vont être supérieures à la valeur critique.
Test séquentiel à horizon constant (H-C) :
Il est nommé Constant-horizon sequential Chow test, break-point F-test ou encore N decreasing Chow test (Nâ dans PC GIVE car l’horizon H de prévision décroît de gauche à droite, c’est-à-dire que le nombre de prévisions va de N-T+1 à 1).
Ce test compare la régression pour t = 1,...N à celle pour t =1,...,T-1 (si T-1 représente la dernière observation avant la rupture) puis à celle pour t =1,...,T, et puis à celle pour t =1,...,N -1.
La statistique de test est la suivante :
L’hypothèse nulle est celle du modèle de 1 à N (avec contrainte de constance des paramètres), et l’hypothèse alternative de n’importe quel changement de t à N. Si t est le point de rupture, ce test va tendre à accepter la stabilité après t et la rejeter avant. Nous ne reportons dans le tableau 4 que la valeur (non normalisée) et la date de la statistique de Chow maximum. Il est bien sûr intéressant de regarder l’ensemble des autres statistiques (maxima locaux) afin de détenir une idée générale de la localisation des points de rupture.
Test séquentiel à période de base constante (B-C) :
C’est aussi ce qu’on appelle plus communément le Constant-base sequential Chow test.
Il est noté N↑ dans PC GIVE car l’horizon de prévision augmente de T à t (t = T,...,N). La statistique est la suivante :
L’hypothèse nulle est celle du modèle de 1 à T-1 (période de référence comme nos périodes tranquilles), et l’hypothèse alternative de n’importe quel changement de T à N. T représente, soit la première observation de la période tranquille soit la dernière, suivant que l’on projette « backward » ou « forward ». Nous résumons l’information contenue dans ce test par la date à laquelle la statistique de Chow excède pour la première fois la valeur critique à 5% (B-C dans le tableau 4). Ces deux derniers tests ne sont pas indépendants, à savoir que la statistique de test d’une étape dépend de la statistique de l’étape précédente. C’est pour cette raison que l’on arrête la procédure séquentielle dès qu’une rupture est identifiée. Le seul qui soit indépendant, et qui assure que le point de rupture détecté soit bien un vrai point de rupture et non le résultat d’une accumulation d’instabilité de provenance antérieure, est le test récursif à un pas.


IMGIMGChronologie (mars 1979-décembre 1996...IMGIMF
Chronologie (mars 1979-décembre 1996) mars 1979 SME Démarrage du SME. mars 1979 ALL La Bundesbank augmente de 1 point le taux d’escompte et le taux de ses avances sur titres (4% et 5% respectivement). juin 1979 ALL La Bundesbank porte de 5% à 5,5% le taux de ses avances sur titres. juillet 1979 ALL La Bundesbank porte le taux d’escompte de 4% à 5% et celui de ses avances sur titres de 5,5% à 6%. septembre 1979 SME Réévaluation du DEM de 2% novembre 1979 ALL La Bundesbank porte le taux d’escompte de 5% à 6% et celui de ses avances sur titres de 6% à 7%. 1980 ALL Interventions massives de la Bundesbank sur le marché des changes (hausse des taux courts US et appréciation du dollar). Mi-80 : DEM déprécié par rapport au dollar jusque mi-81 et hausse des taux allemands CT et j/j. février 1980 ALL La Bundesbank relève le taux d’escompte de 1 point (7%) et celui de ses avances sur titres de 1,5 point (8,5%). février 1980 FR Relèvement du taux de base des banques centrales de 11,5% à 12% puis à 12,5% et des taux d’intérêt créditeurs des bons du Trésor. mars 1980 FR Relèvement du taux de base bancaire à 13,5%. Niveau maximum des taux français (annonce de mesures restrictives américaines). avril 1980 FR Le taux de base bancaire est ramené à 13%. mai 1980 ALL La Bundesbank augmente le taux d’escompte à un des niveaux les plus élevés depuis la Guerre (7,5%); celui des avances sur titres atteint 9,5%. juillet 1980 FR Le taux de base bancaire est ramené à 12,75%. Assouplissement du contrôle des changes. septembre 1980 ALL La Bundesbank ramène le taux des avances sur titres de 9,5% à 9%. février 1981 ALL La Bundesbank limite les avances sur titres. février 1981 FR Relèvement du taux de base bancaire de 12,25% à 13% et du taux d’escompte des bons du Trésor à court terme de 10,75% à 11%. mars 1981 ALL DEM réaligné au sein du SME et renforcé par rapport au dollar et baisse des taux. mars 1981 FR Le taux de base bancaire est ramené à 12,75% et le taux d’escompte des bons du Trésor à court terme est porté à 12,5%. mai 1981 FR Nouveau gouvernement français. FRF dévalué par rapport au DEM et déprécié par rapport au dollar, relèvement des taux (mai, août et sept) et rigueur jusqu’en juin 82. Relèvement du taux de base bancaire de 12,75% à 14,75% puis 17% et du taux d’escompte des bons du Trésor à court terme de 12,5% à 14,25% puis 22%. Renforcement du contrôle des changes. juin 1981 FR Abaissement du taux de base bancaire à 15,90%. Assouplissement de l’encadrement du crédit en juin, juillet et août. juillet 1981 FR Baisse du taux de base bancaire à 15,60% et du taux d’escompte des bons du Trésor à court terme de 19,75% début juillet à 18,50% fin juillet. août 1981 FR Le taux de base bancaire est ramené à 15,30%. septembre 1981 FR Baisse du taux de base bancaire à 14,50% et le taux d’escompte des bons du Trésor à court terme atteint 19,50%. Les normes d’encadrement du crédit sont assouplies. octobre 1981 FR Abaissement du taux de base bancaire à 14%. Augmentation du taux sur les livrets «A» de caisses d’épargne. octobre 1981 SME Réévaluation du DEM de 5,5% et dévaluation du FRF de 3%. ? FR Gel des prix et des salaires. décembre 1981 ALL Le taux Lombard « spécial » est ramené de 11% à 10,5%. janvier 1982 FR Baisse de ¼ de point du taux directeur de la Banque de France qui passe à 14,75%. Fixation du taux créditeur des livrets de caisses d’épargne à 8,5%. 1982 ALL Arrivée en Allemagne des conservateurs au pouvoir. mars 1982 ALL Le taux Lombard « spécial » est ramené de 10% à 9,5%. mai 1982 ALL La Bundesbank rétablit les prêts Lombard normaux à un taux de 9%. juin 1982 SME Réévaluation du DEM de 4,25% et dévaluation du FRF de 5,75%. août 1982 ALL La Bundesbank ramène le taux d’escompte de 7,5% à 7% et le taux Lombard de 9% à 8%. octobre 1982 ALL La Bundesbank ramène le taux d’escompte de 7% à 6% et le taux Lombard de 8% à 7%. décembre 1982 ALL Le Conseil de la Banque Centrale décide de ramener le taux d’escompte de 6% à 5% et le taux Lombard de 7% à 6%. janvier 1983 FR Le taux de base bancaire baisse d’un demi point. mars 1983 SME DEM réévalué de 5,5% et FRF dévalué de 2,5%. Crise spéculative au sein du SME (faiblesse du dollar). Bundesbank neutre face aux taux jusque mi-86 et stabilité du taux de change DEM/$. juillet 1983 FR Baisse du taux servi sur les livrets des caisses d’épargne de 8,5% à 7,5% et de celui sur les bons du Trésor (de 14% à 13%). septembre 1983 ALL Relèvement (ponctuel) du taux Lombard d’un demi point. 1984 SME Très forte dépréciation du DEM vis-à-vis du dollar (déconnexion des taux allemands et américains). juin 1984 ALL Relèvement (ponctuel) du taux Lombard d’un demi point. fin juin (passe à 4,5%). août 1984 FR Réduction d’un point des taux d’intérêt servis aux livrets d’épargne et aux bons du Trésor. Assouplissement du contrôle des changes en juillet et novembre.



IMGIMGjanvier 1985 FR Début du désencadrem...IMGIMF
janvier 1985 FR Début du désencadrement du crédit en France, réforme des trois marchés de 85 à 86 et abolition du contrôle des changes de 85 à 90. février 1985 ALL Relèvement du taux Lombard à 5,5%. Le taux des prises en pension est fixé à 5,7%. juin 1985 FR Baisse de l’ensemble des taux d’intérêt réglementés (débiteurs et créditeurs). juillet 1985 SME Réévaluation du DEM de 2% et du FRF de 2% août 1985 ALL La Bundesbank réduit de 0,5 point le taux d’escompte et le taux Lombard (4% et 5,5% respectivement). septembre 1985 Accords du Plaza (les États-Unis) abandonnent le « laissez-faire » en matière de change). décembre 1985 SME Signature de l’Acte Unique. 1986 Contre- choc pétrolier et baisse du dollar. mars 1986 FR Libéralisation intégrale des prix en France. mars 1986 ALL La Bundesbank ramène le taux d’escompte de 4% à 3,5%. avril 1986 SME DEM réévalué et FRF dévalué de 3%. Taux allemands inchangés malgré la baisse du dollar. mai 1986 FR Sommet de Tokyo. Baisse des taux d’intérêt réglementés (débiteurs et créditeurs). janvier 1987 SME Réévaluation du DEM de 3%. Crise spéculative au sein du SME (faiblesse du dollar). La Bundesbank baisse ses taux ALL directeurs (le taux Lombard et d’escompte passent à 5% et 3%). Dernier grand réalignement avant crise du SME de septembre 1992. février 1987 Sommet du Louvre (coopération pour stabiliser cours du change à l'intérieur de zones cibles) février 1987 ALL La Bundesbank ramène son taux d’intervention sur le marché monétaire de 4,3% à 3,8%. juillet 1987 SME Mise en œuvre de l’Acte Unique. août 1987 ALL La Bundesbank ramène son taux d’intervention sur le marché monétaire de 3,8% à 3,6%. septembre 1987 SME Accords de Basle-Nyborg (élargissement des marges de fluctuation). octobre 1987 Krach boursier. octobre 1987 ALL La Bundesbank ramène son taux d’intervention sur le marché monétaire de 3,6% à 3,8%. nov et déc 1987 ALL Baisse des taux directeurs imposée à la Bundesbank. Le taux Lombard passe à 4,5% et celui d’intervention sur le marché monétaire à 3,25% fin novembre. Le taux d’escompte passe à 2,5% en décembre. mai et juin 1988 ALL Le DEM baisse fortement vis-à-vis du dollar et monnaies du SME. Hausse des taux de marché allemands (suite à celle des taux américains) en juin qui passent à 3,5%. juillet 1988 ALL La Bundesbank porte le taux d’escompte de 2,5% à 3%, le taux Lombard de 4,5% à 5% et son taux d’intervention sur le marché monétaire de 3,5% à 4%. août 1988 ALL La Bundesbank porte son taux d’intervention sur le marché monétaire de 4% à 4,25% et le taux d’escompte de 3% à 3,5%. décembre 1988 ALL La Bundesbank porte le taux Lombard à 5,5% et son taux d’intervention sur le marché monétaire à 5%. janvier 1989 FR La Banque de France relève ses taux directeurs de 0,5 point (le taux d’intervention passe à 8,25% et celui des prises en pension à 9%). janvier 1989 ALL La Bundesbank porte le taux d’escompte et le taux Lombard à 4% et 6% respectivement. mars, avril, juin, ALL Relèvement marqué mais ponctuel des taux directeurs allemands (en octobre surtout) du fait des bouleversements et oct 1989 politiques et de la déstabilisation des marchés financiers et de la hausse des taux américains en mars. Le taux d’escompte et Lombard atteignent respectivement 6 et 8% en octobre. juin-juillet 1989 FR Relèvement de 0,5 point des taux directeurs (passent à 8,75% et 9,5%). Les taux de base passent à 10%. octobre 1989 FR Relèvement de 0,75 point des taux directeurs (passent à 9,5% et 10,25%). Les taux de base passent à 10,5%. décembre 1989 FR Relèvement de 0,5 point des taux directeurs (passent à 10,0% et 10,75%). Les taux de base passent à 11,0%. janvier 1990 SME Elargissement des marges de fluctuations à +/- 2,25%. avril 1990 FR Les taux directeurs de la Banque de France sont abaissés de 0,5 point. juillet 1990 ALL, Unification monétaire allemande; taux inchangés. Marché unique des capitaux. SME octobre 1990 ALL Six Etats fédéraux de l’Allemagne de l’Est rejoignent la République Fédérale d’Allemagne. octobre 1990 FR Le taux des prises en pension auprès de la Banque de France est abaissé de 0,25 point (passe à 10%). novembre 1990 FR Le taux des appels d’offre de la Banque de France est abaissé de 0,25 point (passe à 9,25%). novembre 1990 ALL La Bundesbank porte le taux Lombard de 8 à 8,5%. janvier 1991 ALL La Bundesbank porte les taux d’escompte et le taux Lombard à 6,5 et 9% respectivement. mars 1991 FR La Banque de France abaisse son taux directeur de 9,25% à 9%. août 1991 ALL La Bundesbank relève le taux d’escompte de 6,5 à 7,5% et le taux Lombard de 9 à 9,25%. octobre 1991 FR La Banque de France abaisse son taux directeur de 9% à 8,75% et celui des prises en pension de 10% à 9,75%. Le taux de base bancaire est réduit de 10,25% à 10%. novembre 1991 FR La Banque de France relève son taux directeur de 8,75% à 9,25% et celui des prises en pension de 9,75% à 10%. Le taux de base bancaire est réduit de 10,25% à 10%. décembre 1991 ALL Resserrement monétaire (tensions inflationnistes); relèvement des taux directeurs (8% et 9,75% pour les taux d’escompte et Lombard respectivement). décembre 1991 SME, Sommet de Maastricht. FR Nouveau relèvement d’un demi point des taux directeurs et de 0,35 point du taux de base.


table et
attaques du FRF. Détente des taux à court
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1992 FR Jusqu’à la fin 93, interventions incessantes de la Banque de France (sur les taux de prises en pension). février 1992 SME, Signature du traité de Maastricht. Mesures de soutien contre les attaques du FRF. FR mai 1992 FR Le taux de base bancaire passe de 10,35% à 9,85%. août 1992 ALL Petite baisse des taux allemands au jour le jour (les taux restant élevés) et hausse du taux d’escompte de 8 à 8,75% fin juillet. septembre 1992 SME, Crise du SME. Véritable mouvement de baisse des taux allemands dès septembre. Le taux d’escompte passe à 8,25% et ALL le taux Lombard à 9,5%. septembre 1992 FR La Banque de France relève le taux des prises en pensions de 10,5% à 13% mais laisse son taux d’intervention inchangé à 9,6% (niveau de décembre 1991). Référendum du Traité de Maastricht. octobre 1992 FR La Banque de France ramène le taux des prises en pension de 13% à 10,5%. novembre 1992 FR La Banque de France abaisse le taux des prises en pension de 10,5% à 10% et le taux d’intervention de 9,6% à 9,10%. janvier 1993 SME Mise en place du « Grand Marché ». janvier 1993 FR Suspension temporaire du mécanisme des prises en pension rétabli en février à 12%. février 1993 ALL Le taux Lombard passe de 9,5% à 9% et le taux d’escompte de 8,25% à 8%. mars 1993 ALL La Bundesbank ramène le taux d’escompte de 8 à 7,5%. à partir de mars FR Priorité en France à la stabilité monétaire, mais taux de change moins stable et attaques du FRF. Détente des taux à court 1993 terme par les autorités en avril. avril 1993 FR La Banque de France abaisse le taux d’intervention de 9,10% à 8,25% et celui des prises en pension de 12% à 9,5%. avril 1993 ALL La Bundesbank ramène le taux Lombard de 9 à 8,5% et le taux d’escompte de 7,5 à 7,25%. mai 1993 FR La Banque de France abaisse le taux d’intervention à 7% et celui des prises en pension à 8,5%. juin 1993 FR La Banque de France abaisse le taux de l’argent au jour le jour à 7% et celui des prises en pension à 8%. été 1993 FR Importantes attaques spéculatives (crise) et tensions franco-allemandes en juillet. juillet 1993 FR La Banque de France abaisse le taux de l’argent au jour le jour à 6,75% et celui des prises en pension à 7,75%, puis suspend le taux des prises en pension et augmente le taux de l’argent au jour le jour à 10,5%. juillet 1993 ALL La Bundesbank ramène le taux Lombard de 8,5 à 7,25% et le taux d’escompte de 7,25% à 6,75%. août 1993 SME Elargissement des marges de fluctuations à +/- 15%. août 1993 FR La Banque de France rouvre le taux des prises en pension à 10% et réduit celui de l’argent au jour le jour à 7,75%. septembre 1993 FR La Banque de France abaisse le taux de l’argent au jour le jour à 7,5% et celui des prises en pension à 7,25%. septembre 1993 ALL La Bundesbank ramène le taux Lombard de 7,75% à 7,25% et le taux d’escompte de 6,75% à 6,25%. octobre 1993 FR La Banque de France abaisse le taux de l’argent au jour le jour à 7%. octobre 1993 ALL La Bundesbank ramène le taux Lombard et le taux d’escompte à 6,75% et 5,75%. décembre 1993 FR La Banque de France abaisse le taux de l’argent au jour le jour à 6,75%. janvier 1994 FR Indépendance définitive de la Banque de France. Le taux de base passe de 8,15% à 7,95%. février 1994 ALL La Bundesbank ramène le taux d’escompte de 5,75% à 5,25%. février 1994 FR La Banque de France ramène de 6,20 à 6,10% le taux de ses appels d’offre. mars 1994 FR La Banque de France ramène le taux de ses appels d’offre à 5,90%. avril 1994 FR La Banque de France ramène le taux de ses appels d’offre à 5,60% et abaisse le taux de ses prises en pension de 7% à 6,75%. avril 1994 ALL La Bundesbank ramène le taux Lombard de 6,75% à 6,50% et le taux d’escompte de 5,25 à 5%. mai 1994 FR La Banque de France ramène le taux de ses appels d’offre à 5,40% et abaisse le taux de ses prises en pension de 6,75 à 6,40%. Le taux de base bancaire passe de 7,95 à 7,70%. mai 1994 ALL La Bundesbank ramène le taux Lombard et le taux d’escompte à 6% et 4,5% respectivement. juin 1994 FR La Banque de France ramène le taux de ses appels d’offre de 5,40 à 5,10%. juillet 1994 FR La Banque de France ramène le taux de ses appels d’offre à 5,00%. mars 1995 ALL La Bundesbank ramène le taux d’escompte de 4,5% à 4% et met en place un système de prise en pension fixe à 4,5%. août 1995 ALL La Bundesbank ramène le taux d’escompte de 4 à 3,5% et le taux Lombard de 6 à 5,5%. décembre 1995 ALL La Bundesbank ramène le taux d’escompte de 3,5 à 3% et le taux Lombard de 5,5% à 6%. février 1996 ALL La Bundesbank remplace le taux variable pour les opérations de prises en pension par un taux fixe à 3,3%. avril 1996 ALL La Bundesbank ramène le taux d’escompte de 3 à 2,5% et le taux Lombard de 5 à 4,5%. août 1996 ALL La Bundesbank ramène le taux d’intérêt des opérations de prises en pension à taux fixe à 3%. novembre 1996 FR La Banque de France abaisse le taux des appels d’offre de 3,25 à 3,20%. décembre 1996 FR La Banque de France abaisse le taux des pensions de 4,75 à 4,60% et le taux des appels d’offre à 3,15%. Sources : Cahiers Économiques et Monétaires, Études Économiques de l’OCDE, Allemagne et France. Weber (1991). Sont mentionnées dans ce tableau les décisions de Banques centrales. Elles prennent parfois effet avec un mois de décalage mais le sont souvent à partir du mois indiqué.
Cahiers Économiques et Monétaires, Études Économiques de l’OCDE, Allemagne et France. Weber (1991).

Graphiques 4
coefficients et tests de Chow récursifs sur 82 :12-79 :3 pour DC (Rf|Ra,.)
IMGIMGcoefficients et tests de Chow récursifs sur 82 :12...IMGIMF
Graphiques 5
oefficients et tests de Chow récursifs sur 82 :12-79 :3 pour DM (Ra|.)
IMGIMGoefficients et tests de Chow récursifs sur 82 :12-...IMGIMF
Graphiques 6
coefficients et tests de Chow récursifs sur 82 :12-79 :3 pour DC (Ra|Rf,.)
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Graphiques 7
coefficients et tests de Chow récursifs sur 82 :12-79 :3 pour DM (Rf|.)
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Graphiques 8
coefficients et tests de Chow récursifs sur 87 :9-96 :12 pour DC (Rf|Ra,.)
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Graphiques 9
coefficients et tests de Chow récursifs sur 87 :9-96 :12 pour DM (Ra|,.)
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Graphiques 10
coefficients et tests de Chow récursifs sur 87 :9-96 :12 pour DC (Ra|Rf,.)
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Graphiques 11
coefficients et tests de Chow récursifs sur 87 :9-96 :12 pour DM (Rf|.)
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·  Simon H.A. (1953). "Causal Ordering and Identifiability", in SIMON, H.A., Models of Man, Editions Whiley. Thornton J. et Garcia-Herrero A. (1997). "Additional Evidence on Monetary Base and Interest Rate Linkages in the EMS", Weltwirtschaftliches Archiv, vol. 133, n°2, pp. 359-368.
·  Uctum M. (1995). "European Integration and Asymmetry in the EMS", Document de travail, Federal Reserve Bank of New York, novembre.
·  Walsh C.E. (1988). "Testing for Real Effects of Monetary Policy Regime Shifts", Journal of Money, Credit and Banking, vol. 20, n°3, août, pp. 393.
·  Weber A.A. (1991). "Reputation and Credibility in the European Monetary System", Economic Policy, avril, pp. 58-102.
·  Wiedland V. (1997). "Monetary Policy Targets and the Stabilization Objective : a Source of Tension in the EMS", Journal of International Money and Finance, vol. 15, n°1, pp. 95-116.
 
NOTES
 
[(*)]EUREQua, Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Email : ppodevin@ univ-paris1. fr.
[(1)]La causalité au sens de Granger est fondée sur le critère statistique de variance minimale des erreurs de prévision au sens d’une meilleure capacité explicative des réalisations passées d’une variable sur une autre.
[(2)]Il s’agit ici d’une contrôlabilité de A sur B au sens d’un contrôle des paramètres structurels du processus gouvernant A sur B. Se reporter aux articles de Hoover (1990,1991) pour un développement plus approfondi.
[(3)]Généralement, on considère que les mesures de politiques micro-économiques, qui laissent inchangée la situation de certains ensembles de "contrôle", fournissent de meilleurs cas pour les "expériences naturelles". Se reporter à Meyer (1995).
[(4)]Se reporter à Gros et Thygesen (1998) pour une approche globale et à Hénin, N’Diaye et Podevin (2000) pour une étude économétrique quant à l’impact de la rupture de 1992 sur les comportements économiques des partenaires européens.
[(5)]Pour une autre intuition de ces propositions, se reporter à l’exemple théorique proposé par Walsh (1988).
[(6)]Le cas de causalité inverse est symétrique et les résultats en termes de stabilité sont renversés.
[(7)]On peut dire qu’il y a une intervention authentique dans le processus de Ra (cf. étape I dans tableau 1et 2) quand il existe un point de rupture institutionnellement interprétable dans les régressions marginale et conditionnelle de Ra. Voir Hoover et Siegler (1998).
[(8)]On rappelle que, pour une classe d’interventions spécifiques, une variable de décision est superexogène par rapport aux paramètres d’intérêt lorsque ces derniers sont, d’une part indépendants des paramètres de décision (ou paramètres marginaux), et d’autre part invariants par rapport aux interventions sur ces paramètres marginaux. Se reporter à Engle, Hendry et Richard (1983), Engle et Hendry (1993) et Hendry et Mizon (1998) pour une définition formelle des applications et des développements.
[(9)]Voir Favero et Hendry (1992) page 269.
[(10)]Les périodes de tranquillité sont indicatives et la stabilité statistique des paramètres doit être vérifiée.
[(11)]Toutes les estimations et les tests ont été réalisés sous PC GIVE 8.00 et GAUSS 3.2.
[(12)]Voir Hendry (1995).
[(13)]Les régressions doivent principalement satisfaire les critères de normalité, de non-autocorrélation AR et ARCH des résidus et de significativité des coefficients.
[(14)]Les différents tests de stabilité sont présentés en annexes.
[(15)]Henry et Weidmann (1995a) soulignent que les parités dans le SME ont été ajustées sept fois entre mars 1979 et le printemps 1983.
[(16)]Les autres séries sont représentées en annexes.
[(17)]Ce test de non-cointégration se fait directement sur le modèle ECM, non pas en introduisant la relation de cointégration estimée préalablement au cours d’une première étape, mais en introduisant directement dans le modèle les niveaux retardés des variables. Les valeurs critiques sont lues dans les tables de Boswijk (1994). On accepte l'hypothèse nulle de non-cointégration lorsque la nullité des coefficients des niveaux retardés est acceptée.
[(18)]Ces résultats sont également confirmés par le test d’Engle et Granger (1987).
[(19)]On remarque que les objectifs domestiques et de politiques monétaires étrangères sont neutres à long terme dans les équations de taux court.
[(20)]On entend par distribution marginale des taux allemands, la distribution marginalisée par rapport aux taux français.
[(21)]Le taux d’intérêt français peut être affecté par les influences d’un certain nombre de facteurs au-delà du taux d’intérêt allemand, comme celui du reste du monde reflété dans notre analyse par le taux américain (pour une justification, se reporter aux travaux de Artus et alii, 1991 et Hassapis et alii, 1999), le taux d'inflation ou l'écart conjoncturel domestiques. Une fonction de réaction autorisant aussi la présence du taux long domestique comme nous le suggérons ici, reflète l'hypothèse selon laquelle la Banque Centrale tend à resserrer la politique lorsque le taux long est élevé. Selon McCallum (1994), le taux long fournit non seulement un bon indicateur d'expansion monétaire mais aussi un bon prédicteur de la croissance future du PNB. Se reporter aux travaux de Belhomme (1990,1992) et Rudebusch (1995), pour une évaluation quant à l'apport prédictif de la structure par termes aux taux courts anticipés.
[(22)]Seuls trois retards sont pris en compte dans cette spécification étant donné le faible nombre de points sur la période stable. Ils suffisent cependant à blanchir les résidus.
[(23)]Ce test de stabilité est un test de Chow classique, de la première moitié de l'échantillon contre l'échantillon total. Les trois tests de Chow récursifs et le graphique des résidus récursifs pour les quatre régressions sur la période stable confirment également la stabilité.
[(24)]Ces tests de diagnostic sont la significativité des coefficients, le test de normalité de Jarque et Bera, le test LM d'autocorrélation, dont l'hypothèse nulle est celle de résidus bruits blancs, et un test de constance de la variance des résidus contre une structure ARCH de ces derniers.
[(25)]Le test de cointégration de Boswijk dans les régressions parcimonieuses sur le sous-échantillon de la période stable n’est pas présenté. La nullité des niveaux retardés des variables non-stationnaires est systématiquement rejetée dans les quatre régressions.
[(26)]L’essentiel de l’information contenue dans les données quant au sens de causalité ne se révèle pas qu’à travers une seule grande intervention (Perez, 1998), mais à travers l’ensemble des points de rupture tout entier.
[(27)]Se reporter à l’algorithme d’inférence causale.
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algorithme d'inférence causale
graphe des taux courts allemands, américains et français [16]
taux d’intérêt de long terme, taux d’inflation et écarts conjoncturels français et allemands
coefficients et tests de Chow récursifs sur 82 :12-79 :3 pour DC (Rf|Ra,.)
oefficients et tests de Chow récursifs sur 82 :12-79 :3 pour DM (Ra|.)
coefficients et tests de Chow récursifs sur 82 :12-79 :3 pour DC (Ra|Rf,.)
coefficients et tests de Chow récursifs sur 82 :12-79 :3 pour DM (Rf|.)
coefficients et tests de Chow récursifs sur 87 :9-96 :12 pour DC (Rf|Ra,.)
coefficients et tests de Chow récursifs sur 87 :9-96 :12 pour DM (Ra|,.)
coefficients et tests de Chow récursifs sur 87 :9-96 :12 pour DC (Ra|Rf,.)
coefficients et tests de Chow récursifs sur 87 :9-96 :12 pour DM (Rf|.)