2001
Économie et Prévision
Arbitrage entre fluctuations de l’inflation et de l’activité au niveau de la zone "euro"
Catherine Bac
[(*)]
Cette étude estime l'arbitrage de long terme entre variance de l'inflation et variance de l'activité auquel les autorités
monétaires européennes auront à faire face. Lorsque la Banque Centrale a un objectif d'inflation et d'écart à l'activité
potentielle, cet arbitrage représente la frontière de politique monétaire optimale. Un modèle VAR structurel est utilisé pour
calculer une règle de politique monétaire optimale. En modifiant les pondérations associées aux objectifs respectifs de
stabilisation des fluctuations de la croissance et de l'inflation, on détermine empiriquement un arbitrage de long terme
entre les deux. L'application aux séries européennes montre que le pouvoir de contrôle de la politique monétaire sur
l'inflation est plus fort que celui sur l'activité. En particulier, il semble qu'il existe un seuil incompressible en dessous
duquel il paraît impossible de diminuer la variance de l'activité. De plus, l'arbitrage devient très fort lorsque la variance de
l'inflation descend en dessous de 1%. Ce résultat suggère que si l'inflation est l'unique préoccupation de la Banque
Centrale, cela se traduira vraisemblablement par un niveau élevé de la variation de l'activité.Mots-clés :
politique monétaire, modèles vectoriels autorégressifs structurels.
This study estimates the long-term trade-off between variance of inflation and variance of output facing the European
monetary authorities. When the central bank pursues inflation and output gap objectives, its choice represents the limit of
optimum monetary policy. A structural VAR model is used to determine a rule for optimum monetary policy. By
modifying the weighting of the stabilisation objectives for growth and inflation fluctuations, respectively, we can
empirically determine a long-term trade-off between the two. Application to the European series shows that monetary
policy is more effective in controlling inflation than output. There seems in particular to be an incompressible threshold
below which it is impossible to reduce the output variance. Moreover, the trade-off becomes very tight when the variance
of inflation drops below 1%. This result suggests that when inflation is the only concern of the central bank, the output
variance can be expected to be high.Keywords :
monetary policy, structural autoregressive vector, based models.
Cette étude estime l'arbitrage de long terme entre variance de l'inflation et variance de l'activité
auquel les autorités monétaires européennes auront à faire face. Lorsque la Banque Centrale a
un objectif d'inflation et d'écart à l'activité potentielle, cet arbitrage représente la frontière de
politique monétaire optimale. Un modèle VAR structurel est utilisé pour calculer une règle de
politique monétaire optimale. En modifiant les pondérations associées aux objectifs respectifs
de stabilisation des fluctuations de la croissance et de l'inflation, on détermine empiriquement
un arbitrage de long terme entre les deux. L'application aux séries européennes montre que le
pouvoir de contrôle de la politique monétaire sur l'inflation est plus fort que celui sur l'activité.
En particulier, il semble qu'il existe un seuil incompressible en dessous duquel il paraît
impossible de diminuer la variance de l'activité. De plus, l'arbitrage devient très fort lorsque la
variance de l'inflation descend en dessous de 1%. Ce résultat suggère que si l'inflation est
l'unique préoccupation de la Banque Centrale, cela se traduira vraisemblablement par un
niveau élevé de la variation de l'activité.
La plupart des économistes s’accordent sur le fait
que la politique monétaire n’a pas d’impact à long
terme sur les variables réelles mais qu’elle peut en
avoir à court terme en raison de l’existence de
rigidités nominales des prix et des salaires
nominaux. En présence de telles rigidités, la Banque
Centrale peut, à l’aide de ses instruments, influencer
le taux d’intérêt réel et le taux de change réel, en
faisant varier le taux d’intérêt nominal.
Par ailleurs, le processus d’ajustement imparfait des
prix et des salaires rend possible une relation de court
terme entre l’activité et l’inflation. L’arbitrage entre
inflation et taux de croissance ne peut donc être
exploité par la politique monétaire qu’à un horizon
de court-moyen terme, tandis qu’à long terme un tel
arbitrage n’existe pas. Autrement dit, la courbe de
Phillips est verticale à long terme.
Cependant, lorsque l’économie est continuellement
perturbée par des chocs, l’arbitrage de court terme
entre les niveaux conduit à un arbitrage de long terme
entre les variances. En effet, lorsque la Banque
centrale accorde plus de poids à la minimisation des
fluctuations de l’activité, face à des chocs d’offre et
de demande, elle doit laisser persister les chocs qui
affectent l’inflation, ce qui accroît la variance de
l’inflation. Inversement, lorsque les autorités
attachent plus d’importance à la cible d’inflation, la
variance du taux de croissance de l’activité
augmente.
La politique monétaire optimale peut alors être
définie comme la réaction des autorités monétaires
aux perturbations de l’économie qui permet de
minimiser une moyenne pondérée de la variance de
l’activité et de celle de l’inflation.
L’évaluation de cet arbitrage a fait l’objet de
plusieurs études dans le cas des États-Unis (Taylor
(1979), Fuhrer (1997), Cecchetti (1995,1997), De
Fina, Stark et Taylor (1995)). Cet arbitrage repose
sur le calcul d’une règle de politique monétaire
optimale en fonction des objectifs postulés pour la
Banque Centrale. Le calcul de cette règle s’appuie
sur un mod èle qui permet d’apprécier
quantitativement le lien entre l’instrument de
politique monétaire et les variables ciblées par
l’objectif.
Alors que Taylor et Fuhrer utilisent un modèle
macroéconométrique standard, De Fina
et alii ainsi
que Cecchetti utilisent un modèle
VAR pour le calcul
de la règle optimale. Ce type de modèle a aussi été
utilisé par Feldstein et Stock (1994) pour analyser les
performances qu’auraient enregistré sur le passé une
règle monétaire fondée sur une cible de
PIB nominal.
Mais, dans leur modèle, les perturbations
représentent les erreurs de prévision à l’horizon
d’une période et n’ont pas d’interprétation
économique
[1].
À notre connaissance, Cecchetti est le seul à utiliser
explicitement un modèle
VAR identifié pour
l’estimation de l’arbitrage. Il identifie de manière
récursive
[2] les innovations de politique monétaire et
retient un objectif de politique monétaire qui
consiste à minimiser l’erreur quadratique moyenne
des variables d’inflation et d’activité à leur cible
pour un horizon de 3 ans.
À la différence des modèles macroéconométriques
standards, les modèles
VAR ne restreignent pas
a
priori la dynamique des variables
[3]. Mais, comme
les modèles macroéconomiques standards, les
modèles
VAR identifiés supposent l’existence de
perturbations structurelles, non corrélées entre elles.
Cette hypothèse permet de décrire l’impact des
variables de politique monétaire en séparant les
variations de l’instrument en composante anticipée
(la fonction de réaction) et en composante non
anticipée (l’innovation de politique monétaire). Les
hypothèses nécessaires à l’identification sont
explicites. Cela permet de savoir conditionnellement
à quelles hypothèses un résultat est obtenu.
L’ensemble de ces études qui utilisent des modèles et
des méthodes différentes converge cependant sur
l’existence d’un arbitrage de long terme important
entre variance de l’activité et variance de l’inflation.
Elles montrent, en outre, qu’on ne peut chercher à
abaisser la variance de l’inflation en dessous d’un
certain seuil (de l’ordre de 2 %en moyenneannuelle)
sans conduire à une augmentation très forte de la
variance de l’activité.
Cette étude s’inscrit dans le cadre de ces travaux
mais s’applique à la zone Euro. Nous montrons
comment un modèle VAR structurel dans lequel tous
les chocs ont une interprétation économique peut
être utilisé pour calculer analytiquement une règle de
politique monétaire optimale. Le modèle est alors
simulé pour calculer une règle de politique
monétaire optimale pour des chocs d’ampleur
équivalente à ceux observés historiquement. En
modifiant les pondérations associées aux objectifs
respectifs de stabilisation des fluctuations de la
croissance et de l’inflation, il est possible de
déterminer empiriquement un arbitrage de long
terme entre les deux objectifs.
L’application sur les séries européennes montre,
comme pour les séries américaines, que l’arbitrage
de long terme entre les variances de l’activité et de
l’inflation est fort. Les résultats montrent qu’en
période de faible inflation, une cible d’inflation trop
rigide de la Banque Centrale peut conduire à une
amplification des fluctuations de l’activité.
Dans la partie suivante, la méthode de détermination
de la frontière à l’aide d’un modèle VAR structurel
est exposée. Puis, dans une seconde partie, le modèle
structurel est présenté. L’arbitrage de long terme
pour les séries « européennes » est analysé dans une
dernière partie.
Détermination de la frontière
d’efficacité de la politique monétaire à
l’aide d’un modèle VAR structurel
Fonction objectif des autorités
On suppose quela Banque Centrale a pour objectif de
stabiliser les fluctuations de l’activité et de
l’inflation. Pour les fluctuations de la production,
nous avons retenu, dans cette étude, la minimisation
de la variance du taux de croissance du
PIB (Fina,
Stark et Taylor (1995)), car elle évite les difficultés
et les incertitudes associées au calcul d’un
output
gap
[4]. On note
Δy, le taux de croissance de l’activité
et
Δp, le taux d’inflation. La fonction objectif (ou de
perte) de la Banque Centrale s’écrit :
avec0 1< <λ et la variance correspond à la variance
de chacune des variables objectif.
Identification des chocs dans un modèle VAR
Pour déterminer une règle de politique monétaire
optimale, il est nécessaire de quantifier le lien entre
l’instrument de politique monétaire et les variables
ciblées. Dans ce but, on retient un modèle vectoriel
autoregressif qui résume la dynamique des variables
macroéconomiques. Ce modèle inclut au minimum
l’instrument des autorités monétaires, noté ipm,
(agrégat monétaire ou taux d’intérêt de court terme),
et les variables objectif. Sous l’hypothèse de stabilité
des coefficients du modèle sur la période
d’estimation, on peut alors interpréter l’équation du
modèle qui correspond à l’instrument comme la
fonction de réaction de la Banque Centrale.
Le modèle vectoriel autorégressif pour les trois
variables s’écrit :
L, l’opérateur retard tel que LX X t t =-1
et Id3, la matrice identité de dimension 3.
Pour simplifier l’écriture du modèle, on omet les
constantes en considérant les variables en écart par
rapport à leur moyenne historique. On suppose que le
modèle VAR est stable, c’est-à-dire que le
déterminant de A(z) a ses racines à l’extérieur du
cercle d’unité.
Ce modèle est un résumé des corrélations entre les
trois variables. Sous l’hypothèse de stabilité, ce
modèle admet une représentation de Wold :
Cette représentation ne permet pas de calculer des
multiplicateurs dynamiques car les perturbations ut
du modèle représentent les erreurs de prévision à
l’horizon 1 et n’ont pas a priori d’interprétation
économique simple (en particulier ils ne sont pas
indépendants). Cependant, le modèle (1) peut
s’interpréter comme la forme réduite d’un modèle
structurel :
Les chocs qui forment εt, quant à eux indépendants,
peuvent se voir donner une interprétation
économique. Le lien entre le modèle structurel (2) et
sa forme réduite (1) est donné par :
L’identification du modèle structurel consiste à
expliciter le lien entre les innovations de la forme
réduite ut et les perturbations structurelles εt qui
ont une signification économique. Ce lien est
entièrement décrit par les paramètres de la matrice
B01-. Une fois le modèle identifié, c’est-à-dire
lorsque les coefficients de la matrice B sont
0 déterminés, on peut calculer les multiplicateurs
p ertinents pou r l’an alys e à l’aide de la
représentation :
Comme la matrice de variance Σ est symétrique, la
dernière équation du système (3) fournit 6
contraintes. La matrice B ayant 9 éléments,
0 l’identification du modèle nécessite donc d’imposer
3 contraintes. Il n’existe pas une façon unique
d’identifier les innovations structurelles. De plus,
ces contraintes ne sont pas testables. Ce sont donc
des restrictions a priori qui sont imposées sur le
modèle.
Il existe une littérature abondante sur l’identification
des chocs de politique monétaire dans les modèles
VAR. On peut, par exemple, se référer à Bagliano et
Favero (1997) pour une revue récente de cette
littérature. Nous expliciterons les hypothèses que
nous avons retenues dans la partie suivante. Comme
on a retenu un modèle simple comprenant le taux de
croissance du PIB réel, le taux d’inflation et
l’instrument de politique monétaire, trois chocs
structurels peuvent être identifiés. Un choix
traditionnel consiste à identifier un choc d’offre
agrégée, ε0, un choc de demande agrégée, εd et un
choc de politique monétaire, εm.
Détermination de la politique monétaire optimale
La troisième équation du modèle structurel (2) qui
correspond à l’instrument de politique monétaire
peut alors s’interpréter comme la fonction de
réaction de la Banque Centrale aux chocs de
l’économie. Pour calculer la règle de politique
monétaire optimale, il est utile de réécrire les deux
premières équations du modèle structurel pour
exprimer les variables ciblées en fonction de
l’instrument (ipm) et des chocs d’offre et de
demande :
La règle de politique monétaire optimale est alors
calculée comme la réponse, que l’on suppose
linéaire, de l’instrument ipmt aux chocs afin de
minimiser la fonction objectif des autorités
monétaires. C’est-à-dire que cette règle est obtenue
par le programme suivant :
(cf. en annexe 1 pour la résolution de ce problème
d’optimisation en fonction des coefficients des
matrices du polynôme G(L)).
En modifiant la pondération λassociée aux objectifs
respectifs de stabilisation des fluctuations de la
croissance et de l’inflation, il est possible de
déterminer empiriquement l’arbitrage de long terme
entre les deux objectifs. Cet arbitrage détermine une
frontière, convexe par rapport à l’origine, ce qui
signifie que pour obtenir une variance plus faible de
l’activité, l’économie doit supporter une variance
plus forte de l’inflation. Étant donné le modèle
postulé pour l’économie, les autorités monétaires ne
peuvent pas fairemieux que d’atteindre un point de la
frontière. Tout point intérieur est possible, il n’est
simplement pas optimal.
Le modèle structurel estimé
Il existe dans la littérature deux schémas principaux
d’identification des chocs de politique monétaire. Le
premier se fonde sur un examen approfondi des
procédures d’intervention de la Banque Centrale,
tandis que le second retient une approche
macroéconomique. En raison de la diversité de ces
procédures en Europe, le schéma retenu pour cet
exercice appartient au second type de modèle.
Le modèle vectoriel décrit le comportement joint du
taux de croissance du
PIB en volume ( )
Δy, du taux
d’inflation ( )
Δp et du taux d’intérêt de court terme
(r). Les séries trimestrielles sont en logarithme et en
équivalent annuel sauf le taux d’intérêt. Elles
couvrent la période du premier trimestre 1980 au
premier trimestre 1997. La méthode de construction
des séries, ainsi que leurs graphiques, est fournie en
annexe 2. Le système formé par le taux de croissance
du
PIB, le taux d’inflation et letaux d’intérêt nominal
est considéré comme stationnaire. L’hypothèse de
stationnarité du taux de croissance de l’activité n’est
pas rejetée par les tests (ADF). En revanche, les
résultats des tests sont plus litigieux en ce qui
concerne le taux d’inflation et le taux d’intérêt
nominal sur la période étudiée. De ce fait, les
conclusions concernant le degré d’intégration de ces
séries repose plus sur l’
a priori économique. En
effet, il a semblé plus pertinent de considérer que si la
Banque Centrale répond aux écarts du taux
d’inflation à sa cible, on peut raisonnablement
retenir l’hypothèse de stationnarité pour le taux
d’inflation. Pour le taux d’intérêt, les arguments
théoriques sont favorables
[5] à la stationnarité du taux
réel et, compte tenu de celle du taux d’inflation, on
retient donc l’hypothèse de stationnarité pour le taux
d’intérêt nominal.
Le critère AIC nous a conduit à retenir 4 retards pour
l’estimation du modèle. De plus, une variable
indicatrice pour le premier trimestre 1991 est incluse
dans le modèle pour prendre en compte l’effet de la
réunification allemande.
Deux contraintes majeures pèsent sur le choix des
restrictions d’identification :
- la première est dictée par le choix des variables. En
effet, on ne peut identifier au plus qu’un choc
structurel par variable endogène. Comme le modèle
retenu ici comporte 3 variables, on considère en
général qu’il s’agit de la forme réduite minimale
d’un modèle macroéconomique comprenant une
courbe IS, une courbe de Phillips et une fonction de
réaction de la politique monétaire. Le choix des
variables activité, prix et taux d’intérêt a deux
implications. D’une part, il suppose que les
différents chocs (offre et demande) ont des effets
similaires sur ces variables et peuvent donc être
agrégés en un choc d’"offre agrégée" et un choc de
demande agrégée". D’autre part, ce choix de
variables suppose que l’instrument de politique
monétaire est le taux d’intérêt de court terme et que
toute l’information à laquelle la Banque Centrale va
réagir est représentée par l’activité et les prix
[6];
- la seconde est la nécessité d’obtenir des fonctions
impulsions réponses (c’est-à-dire la réponse de
chaque variable aux chocs structurels tels qu’ils ont
été identifiés) cohérentes avec l’interprétation des
chocs, à savoir un choc d’offre, un choc de demande
et un choc de politique monétaire. Cette condition est
cruciale pour pouvoir calculer la frontière optimale.
Si, par exemple, le VAR estimé présentait le
« liquidity puzzle »
[7], qui apparaît dans certaines
applications (Sims 1992), alors la politique
monétaire optimale consisterait à augmenter les taux
d’intérêt face à un choc d’offre ou de demande
défavorable. En effet, la règle de politique monétaire
optimale est obtenue à partir de la fonction de
réaction de la Banque Centrale. Cette dernière est
l’équation d u modèle identifiée co mme
correspondant à l’instrument de politique monétaire.
Le caractère pertinent des réponses au choc
monétaire est donc crucial pour pouvoir interpréter
cette équation comme la fonction de réaction de la
politique monétaire.
Nous avons retenu les mêmes hypothèses que
Gerlach et Smets (1995). Ces auteurs ont, en effet,
validé la cohérence des fonctions impulsions
réponses pour les pays du G7. Ces hypothèses sont
constituées par une combinaison de restrictions
portant sur le long terme et le court terme. On
identifie le choc d’offre agrégé en supposant que seul
ce choc a un impact à long terme sur l’activité en
niveau. Le choc de demande et celui de politique
monétaire sont distingués en imposant que le choc de
politique monétaire n’a pas d’impact sur l’activité à
court terme, c’est-à-dire dans le trimestre où il se
produit
[8]. La justification d’une telle hypothèse
repose sur l’existence d’un délai de réaction de
l’activité à la politique monétaire.
Les fonctions impulsions réponses sont présentés en
annexe avec un intervalle de confiance d’un
écart-type
[9]. Ces fonctions permettent d’analyserles
réactions du taux nominal de court terme, de
l’activité et de l’inflation aux chocs d’offre, de
demande et de politique monétaire. L’étude de ces
fonctions est complétée par l’analyse de la
décomposition de la variance qui permet de
déterminer l’importance relative des différents
chocs
[10].
L’ensemble des fonctions sont plausibles dans la
mesure où les effets des chocs sont du signe, de la
taille et de la persistance attendus a priori. Ces
fonctions impulsions réponses sont assez similaires
à celles obtenues par Gerlach et Smets pour les
principaux pays Européens. Les politiques
monétaires n’ont pas été homogènes sur la période.
Donc le modèle ne peut être interprété que comme
une approximation de la réalité. Les fonctions
impulsions réponses de la politique monétaire
peuvent être considérées comme une fonction de
réaction « moyenne » des Banques Centrales.
La première ligne de graphiques montre les réponses
des variables à un choc d’offre favorable. Ce choc
réduit l’inflation et le taux d’intérêt nominal de court
terme. Il a un effet positif sur l’activité. L’ajustement
vers l’équilibre est assez lent puisqu’il ne se produit
que dans un délai d’environ 5 ans.
La seconde ligne de graphiques donne les réponses
des variables endogènes au choc de demande. Ce
choc a un impact positif instantané sur les 3
variables. Cet effet s’estompe au bout de 4-5 ans. La
troisième ligne de graphiques représente les
réponses à un choc de politique monétaire. Un choc
de politique monétaire qui conduit à une
augmentation du taux d’intérêt a un impact négatif
sur l’activité et les prix. L’effet dépressif sur
l’activité est à son maximum au bout de 5-6
trimestres et disparaît après 2-3 ans. L’effet sur
l’inflation ne persiste pas au delà d’un an. La réponse
du taux d’intérêt nominal a une forme en J, ce qui
peut s’expliquer par la réponse négative de
l’inflation durant la même période.
Le tableau 1 présente un résumé de la décomposition
de la variance des erreurs de prévision. Cette
décomposition montre quelle part de la variance des
erreurs de prévisions des variables endogènes est due
à chacun des chocs structurels pour des horizons
différents.
Tableau 1
décomposition de la variance des erreurs de prévision
Tableau 1 : décomposition de la variance des erreurs de prévision
Variables Horizons (en trimestres )ChocsPolitiquemonétaire Offre Demande
1 0 35 65
Taux de croissance du PIB réel 4 2 25 73
20 4 59 37
42 28 30
Taux d’inflation 4 36 34 30
20 31 23 46
26 48 26
Taux d’intérêt nominal 4 10 50 40
20 7 24 69
Le tableau illustre le fait que les chocs de politique
monétaire expliquent seulement une faible part de
l’erreur de prévision de l’activité même à un horizon
de moyen terme. À cet horizon, la plus grande part de
la variance est due à un effet combiné des chocs
d’offre et des chocs de demande. Par construction,
l’effet du choc d’offre domine celui des chocs de
demand e lorsque l’horizon augmente. La
décomposition pour le taux d’intérêt et l’inflation
montre que les chocs de politique monétaire
représentent une part faible mais significative de la
variance à court terme, puis le choc de demande
devient prépondérant.
L’estimation de la frontière d’efficacité
de la politique monétaire montre qu’il
est plus coûteux de réduire la variance
de l’inflation en termes de variance de
l’activité que l’inverse
En utilisant la méthode décrite dans la première
partie, le modèle structurel associé à la fonction de
perte de la Banque Centrale permet de calculer la
règle de politique monétaire optimale. Pour une
pondération relative ( )
λ donnée des deux objectifs,
cette règle s’exprime sous la forme de réponse
optimale de la politique monétaire aux chocs d’offre
et de demande
[11].
Les réponses optimales de la politique monétaire
aux chocs
On a aussi estimé le modèle structurel avec les seules
données allemandes. Cette estimation permet de
calculer les fonctions impulsions réponses du taux
d’intérêt nominal de court terme allemand, considéré
ici comme l’instrument de politique monétaire, aux
chocs d’offre et de demande. La comparaison des
règles optimales pour la zone euro et des fonctions
impulsions réponses estimées pour l’Allemagne
seulement est présentée dans les deux graphiques
ci-dessous.
La comparaison avec les fonctions impulsion
réponse estimées sur les seules séries allemandes a
deux objectifs. D’une part, sur la période, la
Bundesbank a mené une politique monétaire visant à
garantir la stabilité des prix, ce qui est l’objectif de la
Banque Centrale Européenne. Il apparaît que si la
Banque Centrale Européenne mène la même
politique que celle qu’a menée la Bundesbank, alors
elle aura un comportement proche d’une réponse
optimale.
D’autre part, les fonctions impulsion réponse
estimées avec les seules séries allemandes ne
semblent pas très différentes (forme et amplitude)
des réponses optimales. Ce résultat est rassurant
dans la mesure où il signifie que la règle de politique
monétaire optimale n’est pas absurde. La
stabilisation, c’est-à-dire la réponse aux chocs,
n’implique pas en effet des variations trop
importantes des taux d’intérêt.
Par rapport aux fonctions impulsions réponses
estimées pour le modèle EURO, la réponse optimale
à un choc de demande est, quelle que soit la valeur de
λ, plus ample, plus rapide et d’une durée plus
importante. En revanche, en cas de choc d’offre, la
réponse estimée sur le modèle EURO apparaît plus
proche d’une fonction optimale avec un λ
privilégiant la lutte contre l’inflation.
Enfin, les réponses optimales calculées pour le
modèle euro montrent que plus la Banque Centrale
Européenne attachera de l’importance aux
variations de l’inflation (plus λest proche de 0) plus
l’amplitude de la réponse du taux d’intérêt sera
importante.
L’arbitrage de long terme
Le modèle structurel permet aussi de calculer la
frontière d’efficacité de la politique monétaire,
c’est-à-dire l’ensemble des combinaisons de
variances d’inflation et de taux de croissance de
l’activité que la politique monétaire peut, au mieux,
atteindre.
Graphique 1
réponses optimales du taux d’intérêt
nominal de court terme à un choc d’offre et réponse
estimée sur le passé de la Banque Centrale Allemande
Graphique 2
réponses optimales du taux d’intérêt
nominal de court terme à un choc de demande et
réponse estimée sur le passé de la Banque Centrale
Allemande
Graphique 3
arbitrage de long terme variance de
l’activité-variance de l’inflation
Cette frontière est bien convexe. Une diminution de
la variance d’une des variables ciblées ne peut se
faire qu’au prix de l’augmentation de la variance de
l’autre.
On peut essayer deplacerles variances observées des
prix et du PIB sur la période du 1er trimestre 1980 au
1er trimestre 1997 vis-à-vis de la frontière, pour
évaluer l’écart entre la politique monétaire
effectivement menée sur le passé et celle qui aurait
été « optimale ». Si on calcule les variances
empiriques, on obtient un point très éloigné de la
frontière. Cette manière de procéder n’est cependant
pas la bonne. En effet, le calcul de la frontière
d’efficacité de la politique monétaire a été calculé à
partir de la variance inconditionnelle, alors que la
variance empirique est une variance conditionnelle,
qui dépend en particulier de l’inflation initiale. Or,
au début des années quatre-vingt, l’inflation héritée
des années soixante-dix était élevée, très au-dessus
de la cible visée par les autorités monétaires au cours
des années quatre-vingt ou quatre-vingt-dix, soit
parce que la cible d’inflation a changé entre les
années soixante-dix et les années quatre-vingt, soit
parce que les chocs des années soixante-dix ont été
d’une ampleur inhabituelle. Dans ces conditions,
tout le début de la période est marquée par une
inflation trop élevée, ce qui pousse la variance
empirique vers le haut.
Le point observé obtenu en calculant les variances
inconditionnelles
[12] ne paraît pas très éloigné de la
frontière. De manière un peu surprenante, alors que
les gouvernements en Europe sont réputés avoir
privilégié la lutte contre l’inflation depuis le début
des années quatre-vingt, la règle de politique
monétaire qui a été appliquée semble avoir privilégié
la stabilisation conjoncturelle de l’activité au
détriment de la stabilisation de l’inflation.
La frontière calculée avec ce modèle montre que les
termes de l’arbitrage deviennent vite très
déséquilibrés. Ainsi, une réduction de la variabilité
de l’inflation en dessous de 1% en moyenne annuelle
nécessite un accroissement très fort de la variabilité
de l’activité. À l’inverse, une réduction de la
variance de la croissance du PIB vers 3% nécessite
un accroissement très fort de la volatilité de
l’inflation.
Il semble, en outre, apparaître un seuil
incompressible en dessous duquel il serait
impossible de diminuer la variance de l’activité,
alors qu’il serait en revanche possible de diminuer la
variance de l’inflation jusqu’à un niveau
arbitrairement faible. Ce résultat tient pour une
part
[13] ) à la contrainte identifiante retenue lors de
l’estimation du
VAR structurel : dans la mesure où
l'on a supposé que la politique monétaire avait un
impact immédiat sur les prix, mais pas sur l’activité,
il est donc théoriquement possible à la politique
monétaire de contrôler parfaitement l’évolution des
prix, au prix d’une variance très importante de
l’activité, mais pas celle de l’activité.
Ce résultat empirique suggère que la politique
monétaire a une influence plus forte sur le sentier
d’équilibre nominal de l’économie, c’est-à-dire sur
la monnaie et les prix. En revanche, son impact
apparaît relativement faible sur les variables réelles
comme la production. Fung et Kasumovitch (1998),
dans un modèle qui ne fait pas l’hypothèse d’un délai
de réaction de la production à la politique monétaire,
obtiennent des résultats similaires sur six pays
industrialisés.
Ce résultat doit cependant être interprété avec
prudence car le modèle n’est pas exempt de
faiblesses. En particulier, un certain nombre de
variables sont absentes comme le taux de change. Ce
dernier peut aussi jouer un rôle important dans la
transmission de la politique monétaire. On peut noter
cependant que son rôle joue dans le même sens en ce
qui concerne l’inflation et la production. En effet, un
choc restrictif de politique monétaire conduit à une
appréciation du taux de change qui limite l’inflation
tout en accentuant l’effet négatifsurlaproduction.
On s’est intéressé ici à l’arbitrage entre inflation et
activité auquel sera confronté la BCE si la zone euro
est confrontée aux mêmes types de chocs que ceux
qu’elle a subis entre le début des années quatre-vingt
et aujourd’hui.
Sur la base d’un modèle VAR structurel assez
standard, il ressort que les termes de l’arbitrage sont
assez nets. Chercher à diminuer la variance de
l’inflation en dessous d’un certain point conduit à
une augmentation très forte de la variance de
l’activité et réciproquement.
Deux résultats plus surprenants apparaissent. Tout
d’abord, alors qu’il paraît possible de contrôler
presque parfaitement l’inflation (même si c’est au
prix d’une très forte volatilité de l’activité), il semble
exister un seuil incompressible au-dessous duquel il
est impossible de faire descendre la variance de
l’activité. Ensuite, les Banques Centrales
Européennes semblent avoir privilégié, sur le passé,
l’amortissement des fluctuations de l’activité plutôt
que celles de l’inflation.
Les conclusions reposent sur l’hypothèse que le
modèle VAR estimé constitue une représentation
suffisamment fiable de la réalité. Leur robustesse
mérite donc d’être examinée vis-à-vis d’autres types
de représentation de l’économie. Une première
tentative en ce sens a été menée ici, sans changer
fondamentalement les conclusions, mais d’autres
travaux sont clairement nécessaires.
Annexe 1 : règle de politique monétaire
optimale
Le système de la deuxième partie
est
obtenu à partir du modèle structurel B L Xt t ( ) =ε, avec
4
L B B L B L B L B L( ) = - - - - 0 1 2 2 3 3 4
en partitionnant les matrices Bi i = 0,1,..., p sous la forme
d’où, en développant les deux
premières lignes :
et en notant G L B L V L( ) ( ) ( )=-1 et G L B L ε ( ) ( )=-1.
On peut alors partitionner les matrices de ces polynômes
selon les deux équations du système Δyt et Δpt c’est-à-dire
que l’on peut écrire :
La règle de politique monétaire est alors calculée comme la
réponse linéaire de l’instrument aux chocs qui permet de
minimiser la fonction objectif des autorités monétaires. Par
conséquent, cette réaction optimale peut s’exprimer sous la
forme d’un polynôme matriciel :
qui minimise la fonction objectif :
En utilisant la partition du système, le problème
d’optimisation s’écrit :
Dans le cadre de ce modèle, les éléments Gy i, et Gp i, sont des
scalaires et Gy iε, et Gp iε, des matrices (1,2). Les matrices fi
sont donc des matrices (1,2).
La minimisation de la fonction objectif consiste alors à
déterminer la suite de matrices f f 0 1, ,... qui minimise :
La solution de ce problème d’optimisation pour un horizon
n
[14] (qui représente le degré de
F) est de la forme :
où les matrices DY et CY sont de la forme :
Les matrices DP et CP sont de la même forme mais
construites à l’aide des scalaires Gp i, et des matrices Gpε.
On obtient, pour un λ donné, une règle de politique
monétaire optimale. Cette dernière permet de calculer une
variance correspondante pour les variables cibles. En
faisant varier le coefficient de pondération λ, on peut tracer
l’ensemble des couples de variances pour les variables
cibles qui constitue la frontière d’efficacité de la politique
monétaire.
Les prix à la consommation sont évalués par la somme des
indices nationaux chaînés pondérés par les parts de PIB
nominal exprimés en dollar PPA. Le PIB euro (en volume
1990) est calculé comme la somme des PIB nationaux
exprimés en dollar PPA 1990. Pour des raisons de
disponibilité de données sur le passé, la zone est limitée aux
six plus grands pays : l’Allemagne, la France, l’Italie,
l’Espagne, les Pays-Bas et la Belgique qui représentaient en
1997 84 % du PIB de l’ensemble de la zone. Le taux
d’intérêt est une moyenne des taux à 3 mois pondérée par le
poids de chaque pays dans le PIB euro.
Graphique 4
taux d’intérêt nominal à court terme
Graphique 5
taux de croissance de PIB en volume en
équivalent annuel
Graphique 6
taux d’inflation en équivalent annuel
Annexe 3 : identification du modèle
structurel
Cette annexe présente la méthode d’identification des chocs
structurels à partir de l’estimation du modèle VAR non
contraint. Nous utilisons le modèle et les restrictions
d’identifications proposés par Gerlach et Smets (1995). La
procédure d’estimation est celle de Shapiro et Watson
(1988) qui utilise les variables instrumentales. Le modèle de
Gerlach et Smets (1995) comprend trois variables : une
variable d’activité (y), une variable de prix (p) et un taux
d’intérêt nominal (r) : x y p r t t t t =[ , , ]Δ Δ. Les auteurs
cherchent à identifier trois chocs : un choc d’offre, un choc
de demande et un choc monétaire : ε ε ε ε t ts td tm =[ , , ].
Le modèle structurel s’écrit : x D L t t = ( )ε
Comme les chocs structurels sont indépendants, leur matrice
de variance covariance est diagonale. De plus les chocs sont
normalisés à l’unité. Leur matrice de variance est alors la
matrice identité de dimension 3. La forme réduite du modèle
est donnée par : x C L u= ( ) avec C(0) la matrice identité de
t t dimension 3 et [ ] u u u t t t t = les résidus du VAR.
u y p r, ,
L’identification du modèle consiste à déterminer D (0). En
effet, si cette matrice est identifiée, le modèle structurel
s’obtient à partir de la forme réduite :
Comme D D( ) ( )0 0 '=Σ fournit six restrictions, trois
contraintes sont nécessaires pour identifier le modèle. Les
restrictions proposés par Gerlach et Smets portent sur le
court et long terme.
- Le choc d’offre est identifié par rapport aux deux autres en
imposant qu’il est le seul à avoir un impact à long terme sur
la variable d’activité en niveau. Cette hypothèse implique
deu x re st rict i ons sur la ma tric e d e lon g te rm e
D D 12 13 1 1 0( ) ( )= =
- Le choc monétaire est distingué du choc de demande en
imposant qu’il existe des délais de réaction à la politique
monétaire. Autrement dit, on impose qu’un choc monétaire
n’ait pas d’impact instantané sur le PIB. Cette restriction
impose une contrainte sur la matrice contemporaine :
D13 0 0( ) =.
La procédure d’identification est alors la suivante. Le
modèle comprend trois équations et on note n le nombre de
retards. La première équation est celle de l’activité. Comme
l’effet de long terme des chocs d’inflation et de taux
d’intérêt sur l’activité est nul, cela signifie que seules les
variations du taux d’inflation et du taux d’intérêt doivent
intervenir dans l’équation de l’activité.
Le résidu uty ainsi obtenu est alors proportionnel au choc
d’offre εty. Les prix et les taux d’intérêt contemporains
interviennent dans cette équation, on ne peut pas utiliser les
MCO. L’équation est donc estimée par variables
instrumentales en utilisant Δ Δy p t j t j- -, et r j n t j- =( ,..., )1
comme instruments.
Les deux autres équations du modèle, qui n’ont pas de
restriction portant sur le long terme, sont des équations de
forme réduite qui peuvent être estimées par les MCO :
(A2) et (A3) sont des équations de forme réduite, les résidus
utp et utr sont de ce fait corrélés entre eux et corrélés avec uty.
À cette étape, le modèle qui relie les chocs structurels aux
résidus s’écrit :
Pour retirer l’effet du choc d’offre sur les résidus utp, et utr on
régresse :
Les nouveaux résidus ζtp et ζtr sont orthogonaux au choc
d’offre mais sont corrélés entre eux. Ce sont des
combinaisons linéaires des chocs de demande et monétaire :
d’où on obtient :
Pour identifier les chocs de demande et monétaire, on utilise
la restriction que les chocs monétaires n’ont pas d’impact
contemporain sur l’activité. Cela se traduit par la restriction
(d’après (A1)) :
Si on normalise b33 1=, on a
d’où
On peut alors poser que le choc de demande non normalisé
est égal à :
On peut alors obtenir des estimations préliminaires pour b22
et b32 en estimant (A6) et (A7).
La seconde étape de la procédure d’estimation consiste à
normaliser les chocs et les paramètres bij.
En notant Ω, la matrice de variance covariance des εt
Annexe 4 : modèle structurel :fonctions impulsions réponses estimées
Réponse du produit en niveau a un choc d'offre
Réponse du taux d'intérêt nominal à un choc d'offre
Réponse de l'inflation à un choc de demande
Réponse du produit en niveau à un choc de politique
0,4
0,3
0,2
0,1
0,0
-0,1
-0,2
-0,3
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
demande
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0,0
-0,1
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Réponse de l'inflation au choc d'offre
Réponse du produit en niveau au choc de demande
Réponse de l'inflation à un choc monétaire
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in Monetary Policy, Chicago, University of Chicago Press,
édité N.G. Mankiw.
[(*)]
DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques). Au moment de la rédaction de cet article,
l'auteur appartenait à la Direction de la Prévision.
L’auteur tient à remercier E. Dubois, B. Martinot, R. Méary et N. Sobczak pour leurs remarques et suggestions et reste seule
responsable des erreurs pouvant subsistuer.
E-mail : c
catherine. bac@ sante. gouv. fr
Économie et Prévision n° 150-151 2001 4-5
[(1)]
Dans son commentaire de l’article de Feldstein et Stock,
Taylor (1994) écrit concernant la critique de Lucas que c’est
l’utilisation d’une forme réduite qui est problématique et
suggère aux auteurs d’utiliser un modèle
VAR identifié.
[(2)]
Il suppose qu’aucune variable autre que l’instrument ne
répond contemporainement à un choc de politique
monétaire.
[(3)]
Les paramètres de chaque équation du
VAR n’ont pas
d’interprétation économique directe.
[(4)]
D’autres travaux considèrent plutôt la minimisation de
la variance du
PIB autour d’une tendance exponentielle
(McCallum (1997) )
[(5)]
Voir Bec et Hairault (1993) : « les conditions d’une
croissance équilibrée dans une économie fermée soumises à
des chocs intégrés d’ordre un impliquent la stationnarité du
taux d’intérêt réel dans la mesure où le produit et le capital
sont cointégrés »
[(6)]
Le modèle est sous forme réduite mais cela n’exclut pas
les mécanismes de transmission indirects comme l’effet
d’encaisses réelles.
[(7)]
Une hausse des taux d’intérêt suit une augmentation de
l’offre de monnaie.
[(8)]
Les hypothèses d’identifications se traduisent par des
restrictions sur la matrice D(0) : (le troisième élément de la
première ligne est nul) et par des restrictions sur la matrice
D(1) (le second et le troisième éléments de la première ligne
sont nuls). La procédure d’identification est explicitée en
détails en annexe.
[(9)]
Ces intervalles sont obtenus par
bootstrap avec 1000
réplications.
[(10)]
En suivant Sims (1980), la décomposition de la
variance et les fonctions impulsions réponses sont les deux
instruments de l’analyse des modèles
VAR structurels.
Contrairement aux modèles macroéconomiques standards,
les équations du modèle ne sont pas utilisées directement.
[(11)]
Cette présentation est standard dans la méthdologie
VAR structurel.
[(12)]
La variance inconditionnelle est calculée à partir de la
forme
VAR à 3 équations en utilisant les covariances des
résidus.
[(13)]
Nous avons aussi utilisé un autre modèle dans lequel la
politique monétaire a
a priori un impact immédiat sur
l’activité et les prix. Un schéma d’identification similaire à
celui de Fung et Kasumovich (1998) est retenu. Dans ce
modèle, le choc de politique monétaire est identifié par
l’hypothèse qu’une variation permanente de la monnaie a
un impact proportionnel sur les prix et pas d’effets réels. Le
pouvoir de contrôle de l’inflation reste beaucoup plus
important que celui de l’activité.
[(14)]
L’horizon retenu dans le calcul est de 40 trimestres
c’est-à-dire 10 ans. Cela semble raisonnable du point de vue
économique (impact des chocs sur le taux d’intérêt). Une
analyse de sensibilité (disponible sur demande) montre que
la forme de l’arbitrage est peu modifiée par cette hypothèse.