2002
Économie et Prévision
Mondialisation, mobilité du capital et volatilité macro-économique
Frédérique Bec
[(*)]
Cet article propose un examen des effets de la mondialisation sur la volatilité macroéconomique des pays occidentaux,
dans le cadre d'un modèle stochastique d'équilibre général dynamique à deux pays et deux biens. Ces pays se distinguent
essentiellement par les proportions de travailleurs qualifiés et non-qualifiés dont ils disposent. La mondialisation est
appréhendée par un accroissement de la part des pays à forte dotation en travailleurs non-qualifiés dans les échanges des
pays occidentaux. Deux sources de perturbations stochastiques sont tour à tour envisagées : des chocs sectoriels
communs aux deux régions et des chocs régionaux communs aux secteurs. Les résultats suggèrent que quelle que soit la
nature des chocs, les échanges entre pays structurellement identiques sont moins déstabilisants pour le Nord que les
échanges entre régions de type Nord-Sud. Lorsque les chocs sont sectoriels, la spécialisation complète du Nord accroît
encore la volatilité, ce qui est moins net en cas de chocs régionaux.Mots-clés :
mondialisation, fluctuations macroéconomiques internationales.
This paper offers an examination of the impact of globalisation on macroeconomic volatility in Western countries using a
two-good, two-country stochastic dynamic general equilibrium model. These countries differ mainly in the proportions of skilled
and unskilled workers that they possess. Globalisation is experienced through a growth in the share of countries with many
unskilled workers in the trade of Western countries. Two sources of stochastic disturbances are considered in turn: sectoral shocks
common to two regions and regional shocks common to sectors. The findings suggest that, whatever the nature of the shocks, trade
between structurally similar countries is less destabilising for the North than interregional trade such as that between North and
South. If the shocks are sectoral, the North's comprehensive specialisation increases volatility yet further – a phenomenon less
pronounced in the case of regional shocks.Keywords :
Globalisation, international macroeconomic fluctuations.
Ce travail, réalisé au sein du Thema-Université de Cergy-Pontoise pour la Direction de la Prévision, a bénéficié de nombreuses
discussions avec F. Collard, H. Erkel-Rousse, J.-Fr. Fagnart et M. Fleurbaey. Je reste toutefois seule responsable des éventuelles
erreurs restantes.
Cet article propose un examen des effets de la mondialisation sur la volatilité
macro-économique des pays occidentaux, dans le cadre d'un modèle stochastique d'équilibre
général dynamique à deux pays et deux biens. Ces pays se distinguent essentiellement par les
proportions de travailleurs qualifiés et non-qualifiés dont ils disposent. La mondialisation est
appréhendée par un accroissement de la part des pays à forte dotation en travailleurs non
qualifiés dans les échanges des pays occidentaux. Deux sources de perturbations stochastiques
sont tour à tour envisagées : des chocs sectoriels communs aux deux régions et des chocs
régionaux communs aux secteurs. Les résultats suggèrent que quelle que soit la nature des
chocs, les échanges entre pays structurellement identiques sont moins déstabilisants pour le
Nord que les échanges entre régions de type Nord-Sud. Lorsque les chocs sont sectoriels, la
spécialisation complète du Nord accroît encore la volatilité, ce qui est moins net en cas de chocs
régionaux.
Le terme de « mondialisation » recouvre de nos jours
un ensemble de dimensions dont bon nombre
échappe à la théorie économique. Au sein même de
ce domaine, plusieurs approches coexistent. Il est
cependant possible de distinguer deux grands axes
de recherche selon la perspective dans laquelle le
processus même de mondialisation est appréhendé.
Le premier regroupe l’ensemble des travaux qui
placent au cœur de l’analyse de la mondialisation le
développement des échanges commerciaux
intra-branche entre pays semblables et se
concentrent donc sur l’analyse du commerce
“Nord-Nord” et ses conséquences en matière de
spécialisation au sein des branches d’activité
[1]. Le
second axe de recherche, dans lequel notre étude
s’inscrit, s’inspire plus directement de la théorie
traditionnelle du commerce international en plaçant
les différences internationales de dotations
factorielles au centre d e l’an alys e d e la
mondialisation, cette dernière étant alors abordée
dans la perspective d’un développement des
échanges “Nord-Sud”. Ces deux approches ont en
commun d’axer l’examen théorique de la
mondialisation de l’économie sur ses conséquences
de long terme en termes de spécialisation de la
production ou de bien-être des différents acteurs en
présence. Au sein de l’approche “Nord-Sud”, il est
possible de distinguer essentiellement trois cadres
d’analyse : modèles à deux pays ou plus sans
accumulation de capital et généralement sans
mobilité des facteurs de production
[2], ou modèles de
petite économie ouverte avec accumulation de
capital
[3] ou enfin modèle de croissance
néoclassique à deux pays avec mobilité du capital
[4].
Ces cadres théoriques ont en commun leur caractère
déterministe. Un aspect de la mondialisation reste
donc encore largement inexploré : ses conséquences
sur la volatilité des agrégats économiques. Pourtant,
certaines questions méritent réflexion. Par exemple,
la mondialisation tend-elle à amplifier ou à amortir
les fluctuations conjoncturelles ? L’intégration des
marchés fournit un mécanisme propagateur des
chocs qui doit certes contribuer à les amplifier et à en
augmenter le nombre. En outre, la spécialisation
accrue qu’engendre la mondialisation devrait
déboucher sur une plus grande asymétrie des chocs
entre régions. En revanche, l’ouverture des marchés
de capitaux permet aussi de diversifier les
placements, ce qui peut les amort ir. La
mondialisation modifie-t-elle de la même façon la
volatilité des revenus des différents facteurs ? Ainsi,
il n’est pas rare que la dégradation de la situation des
travailleurs peu ou pas qualifiés en Europe au cours
de la dernière décennie soit partiellement imputée
aux échanges accrus avec les pays émergents.
L’étude de l’évolution des revenus sur le marché du
travail américain menée par Gottschalk et Moffitt
(1994) suggère que l’élargissement de la distribution
des salaires observé depuis les années soixante-dix
s’explique en grande partie par l’instabilité
croissante des salaires et non pas seulement comme
une augmentation dans la dispersion des salaires
moyens ou “permanents”. Ces auteurs montrent que
30 à 50% de l’augmentation de la variance annuelle
des salaires sont imputables à une augmentation de la
variance de la composante de court terme,
transitoire, des mouvements des revenus. Selon
Gottschalk et Moffitt (1994)
[5] :
"Les causes les plus vraisemblables des
augmentations globales de l’instabilité sont le déclin
de la régulation, le déclin de la syndicalisation, la
disparition des prix administrés et l’intensification
générale de la concurrence au sein des secteurs et de
l’étranger"(p. 219).
L’examen de cette dimension possible de la
mondialisation requiert l’introduction d’une
dimension stochastique dans le cadre théorique
retenu. À notre connaissance, seul Traca (1998)
adopte une démarche de cette nature. Dans un
modèle de petite économie ouverte, sans
accumulation du capital, cet auteur modélise la
mondialisation comme une expansion du secteur des
biens échangeables relativement au secteur abrité.
Dans le secteur exposé, l’impact d’un choc de
productivité se répercute intégralement sur la
demande de travail car la concurrence internationale
impose le niveau du prix du bien. L’impact de ce
même choc dans le secteur abrité est plus faible en
raison des effets opposés sur le prix du bien
engendrés par l’offre domestique et l’absence de
substituts étrangers. Par conséquent, tout
accroissement du secteur exposé se traduit par une
volatilité plus grande des revenus des facteurs.
L’analyse que nous proposons ici s’écarte de celle de
Traca (1998) par de nombreux aspects. Tout
d’abord, il nous semble important de modéliser le
phénomène de mondialisation récent comme un
accroissement des échanges entre des pays
structurellement différents. Ensuite, il est
probablement réducteur d’ignorer les effets de
rétroaction entre les acteurs des échanges. Enfin, il
nous paraît important de ne pas négliger une autre
caractéristique de la mondialisation que représentent
les flux accrus de capitaux. Ces mouvements de
capitaux sont en effet susceptibles d’affecter
considérablement la dynamique d’accumulation du
capital dans chaque pays et, par là même, la
dy namiq ue de n ombreux autres ag régats
macro-économiques, en particulier des revenus des
facteurs de production.
Notre analyse se propose donc d’examiner les effets
de la mondialisation sur la volatilité à court terme,
dans le cadre d’un modèle stochastique d’équilibre
général intertemporel à deux pays, ou deux blocs de
pays, le Nord et le Sud par exemple. L’extension à
deux pays du modèle de croissance néoclassique
standard soumis à des chocs technologiques
exogènes
[7] nous paraît appropriée pour une
première analyse
[6]. Nous nous écarterons du modèle
canonique principalement en distinguant deux
catégories de travailleurs, selon qu’ils sont ou non
qualifiés. Nous supposerons alors que la part relative
de travailleurs qualifiés dans le total de la population
active est la caractéristique permettant de distinguer
le Nord et le Sud.
L’étude des conséquences pour le Nord en termes de
volatilité du processus de mondialisation reposera
finalement sur la comparaison des fluctuations
engendrées par ce modèle autour des états
stationnaires de trois variantes. La première, de type
“Nord-Nord”, décrit à titre de référence les échanges
entre deux régions structurellement identiques. Les
deuxième et troisième variantes, de type
“Nord-Sud”, décrivent respectivement les échanges
commerciaux entre i) deux régions à dotations en
travail qualifié/non-qualifié différentes, mais pas
suffisamment pour conduire à la spécialisation, et ii)
deux régions à dotations si différentes que l’une des
deux régions se spécialise. La structure du “Nord”
restant inchangée dans ces trois versions, la
mondialisatio n est appréhendée par le
développement des échanges internationaux du
Nord que provoque l’intensification des différences
structurelles de la région “Sud”. Comme cette
dernière est modifiée dans chaque variante, nous ne
pourrons traiter des effets de la mondialisation pour
le “ Sud”. Deux sou rces de perturbations
stochastiques sont tour à tour envisagées : des chocs
de productivité sectoriels communs aux deux
régions et des chocs de productivité régionaux
communs aux secteurs. En raison de leur nature
mondiale, les chocs sectoriels se prêtent moins bien à
la diversification des risques que les chocs
régionaux. Il est donc probable que selon leur nature,
les chocs considérés n’affectent pas de la même
façon les revenus et le bien-être des travailleurs
qualifiés ou non.
Dans une première partie, nous présentons le modèle
théorique et décrivons les conditions qui le
caractérisent à l’équilibre macro-économique. Ses
implications de long terme sont brièvement
exposées dans la deuxième partie. La troisième
partie expose les propriétés de court terme du
modèle, ainsi que ses implications pour la volatilité
de la consommation et des revenus salariaux et le
bien-être des ménages du Nord, selon que les chocs
sont sectoriels ou nationaux. Les principaux
résultats sont rappelés en conclusion.
Nous supposons que l’économie mondiale est
constituée de deux pays, ou blocs de pays, produisant
chacu n deux biens éch ang eables
internationalement. Le bien 1 est produit par un
secteur de pointe, relativement intensif en travail
qualifié. Il s’agit d’un bien d’investissement qui ne
peut être consommé. Le bien 2 provient d’un secteur
traditionnel, nécessitant relativement peu de travail
qualifié. Il ne peut être que consommé. Chacun de
ces secteurs subit des chocs technologiques
aléatoires à chaque date.
La population totale du Nord est normaliséeà l’unité,
alors que celle du Sud est supposée plus élevée. La
proportion de travailleurs non qualifiés diffère d’un
pays à l’autre. On considère ainsi que le “Nord”
dispose d’une proportion relativement plus élevée de
travailleurs qualifiés que le “Sud”. Le travail est un
facteur de production spécifique à chaque pays : il est
immobile entre pays. Le capital financier est
parfaitement mobile entre ces deux blocs et l’on
suppose que les marchés financiers sont complets.
Le capital physique, bien que mobile entre
secteurs
[8], est soumis à des coûts d’ajustement.
Dans un premier temps, les hypothèses relatives aux
comportements des agents et aux contraintes qu’ils
subissent sont présentées. Dans un second temps,
l’équilibre concurrentiel est caractérisé.
Les comportements
Dans ce qui suit, les indices 1 et 2 désignent
respectivement le secteur de pointe et le secteur
traditionnel, tandis que l’exposant “*” désigne les
variables relatives au “Sud”. Les grandeurs par tête
sont notées en lettres minuscules et les variables
agrégées en lettres majuscules.
Les ménages
Comme chaque pays est supposé peuplé de
nombreux individus identiques de durée de vie
infinie, nous pouvons considérer le comportement
d’un ménage représentatif de chaque catégorie de
travailleurs, domestique et étranger. Qu’ils soient ou
non des travailleurs qualifiés, les ménages offrent
une unité de travail à chaque période, de façon
inélastique. Outre le fait qu’ils ne percevront pas le
même salaire, les travailleurs non qualifiés et
qualifiés se distinguent par le fait que seuls les
derniers ont la possibilité d’épargner. Les quatre
catégories de ménages (qualifiés ou non-qualifiés,
domestiques ou étrangers) ont les mêmes
préférences
[9] et demandent du b ien de
consommation. Les variables relatives aux ménages
qualifiés et non-qualifiés son t d ésign ées
respectivement par les indices “
q” “l”.
Les ménages offrant un travail non qualifié :
Nous présentons ici le programme relatif au ménage
domestique uniquement, celui correspondant au
ménage étranger étant en tous point analogue.
Comme ces ménages n’ont pas accès aux marchés
des capitaux, ils n’ont pas la possibilité de lisser le
profil de leur consommation dans le temps.
L’objectif du ménage représentatif de cette catégorie
est :
où β est le taux d’escompte, u (.) est la fonction
d’utilité instantanée, et ctl désigne la consommation
de bien 2 du ménage non qualifié. À chaque date, ce
ménage doit respecter la contrainte budgétaire
suivante :
où pt exprime le prix relatif du bien 2 en unités de
bien 1 et wtl est le salaire perçu par ce type de
travailleurs pourune unité detravail. On en déduit:
La condition obtenue pour le Sud est :
Les ménages offrant un travail qualifié :
Cette catégorie de ménages accumule le bien 1 sous
la forme de capital et le loue aux firmes de son pays
au prix unitaire z pour le secteur 1 et z pour le
t1t2 secteur 2. Le capital se déprécie au tauxδ. Ce ménage
paie un coût d’ajustement de l’investissement
représenté par la fonction concave Φ(.) supposée
deux fois différentiable et homogène de degré zéro.
Pour garantir l’absence de coût d’ajustement à l’état
stationnaire, on impose de plus Φ ( )δ δ= et
'=Φ ( )δ 1. On suppose enfin que le ménage qualifié a
accès à un marché financier international où
s’échange un titre contingent. Notons q s t ( ) le
t +1 prix d’un titre acheté à la date t qui rapportera une
unité de bien 1 si l’état de la nature s S∈ se réalise
t +1 en t +1. b s( ) représente la quantité achetée par le
t +1 ménage du Nord, en t, de titres contingents à l’état
s. Outre les revenus que lui procurent ses capitaux,
t+1 ce ménage perçoit le salaire unitaire wqt pour son
travail qualifié. La contrainte budgétaire du ménage
qualifiédu Nord à une date t quelconque s’écrit donc:
La fonction valeur du consommateur qualifié, notée
V k k b t t t ( , , ) 1 2 vérifie alors l’équation :
sous la contrainte budgétaire (1) et les lois
d’évolution des stocks de capital :
Les conditions nécessaires du premier ordre sont les
suivantes
[10] :
pour i = 1,2
λt est le multiplicateur non négatif associé à la
contrainte budgétaire et μ i, ,=1 2 représente les
i t, multiplicateurs associés aux lois d’évolution des
stocks de capital dans les deux secteurs. f s s t ( )est
t +1 la fonction de densité de s conditionnelle à la
t+1 réalisation des processus exogènes en t.
Des conditions analogues sont bien sûr obtenues
pour le ménage qualifié du Sud. La condition (4) et
son équivalent étranger impliquent :
soit encore la relation de proportionnalité suivante
entre les multiplicateurs :
D’après la condition (2), ceci implique alors que les
utilités marginales des consommateurs qualifiés du
Nord et du Sud sont proportionnelles à chaque date.
Ce résultat découle de l’hypothèse de complétude
des marchés financiers qui permet à ces ménages de
mutualiser le risque. Ainsi, pour une valeur donnée
de Λ qui détermine la richesse relative de chaque
région, les ménages échangent des titres contingents
de façon à maintenir l’égalité de leurs utilités
marginales, au facteur Λ près, quel que soit l’état de
la nature.
Les entreprises
On suppose pour simplifier que le Nord et le Sud
disposent d’une technologie à rendements d’échelle
constants identique par secteur, ce qui peut
correspondre à la diffusion internationale de la
meilleure technologie possible. Chaque secteur est
affecté par des chocs exogènes spécifiques sur la
productivité globale des facteurs, qui seront définis
plus loin. Ainsi, nous supposerons que les chocs sont
successivement spécifiques à la productivité de
chaque secteur, mais communs aux deux pays, puis
spécifiquement nationaux, mais communs aux deux
secteurs. Les fonctions de production du secteur i (i =
1,2) pour le Nord et le Sud, sont :
où les majuscules désignent des grandeurs totales par
secteur, et A est la productivité globale des facteurs
it du secteur i à la date t, supposée suivre un processus
stochastique exogène stationnaire du type :
A est la moyenne du processus A, ρ <1 et ε
ii iit représente le choc i.i.d. affectant la technologie du
secteur i à la date t tel que Eit ( )ε =0etVit i ( )ε σ=2.
Des hypothèses analogues sont retenues pour le
processus A L it it*. correspond à la quantité de travail
non qualifié utilisée dans le secteur i du Nord à la date
t Q, désignant alors la quantité de travail qualifié
it pour ce même secteur. On peut d’ores et déjà
remarquer que les technologies de ces deux secteurs
ne se distinguent pas seulement par leur productivité
globale : en effet, nous supposerons que la
technologie de l’un des deux secteurs est plus
intensive en travail qualifié que l’autre. Nous
distinguerons ainsi un secteur “de pointe" et un
secteur “traditionnel" dans chaque pays.
Le programme d’optimisation des firmes
représentatives de chaque secteur est totalement
statique : elles maximisent, à chaque date, le profit
résultant de la vente de leur produit, une fois
rémunérés les facteurs de production (achat d’unités
de travail non-qualifié au prix wtl qualifié au prix wqt
et location du capital aux ménages de leur pays au
prix unitaire zit pour le secteur i du Nord et zit* pour le
Sud).
Pour le secteur 1, dont l’output sert de numéraire, le
programme est donc le suivant :
Les conditions du premier ordre correspondantes
sont donc :
Des conditions analogues sont obtenues pour le
secteur 1 du Sud. Le programme de la firme
représentative du secteur 2 est :
et les conditions du premier ordre associées sont les
suivantes :
On obtient des conditions similaires pour le secteur 2
du Sud.
L’équilibre concurrentiel
À l’équilibre concurrentiel de ce modèle, les
conditions d’optimalité résultant du programme des
ménages et des firmes doivent être satisfaites, ainsi
que les conditions de transversalité. Doivent
également être satisfaites les conditions d’équilibre
sur les marchés nationaux du travail et de la location
du capital physique, ainsi que les conditions
mondiales d’équilibre sur le marché des biens 1 et 2,
et surle marché des actifs financiers. Notons L L( ) * et
Q Q( ) * le nombre de ménages non-qualifiés et
qualifiés dans le Nord (Sud). Par convention, nous
normalisons la population du Nord à l’unité, i.e. L +
Q = N = 1. Au Sud, L Q N * * * + = où N* >1. Les
conditions d’équilibre sur le marché du travail du
Nord, respectivement pour les travailleurs qualifiés
et non qualifiés, sont données par :
La condition d’équilibre sur le marché mondial du
bien 1 est alors :
où I Qi=. Le bien 2 n’étant destiné qu’à la
it it consommation, la condition d’équilibre sur le
marché mondial est:
L’équilibre sur le marché des actifs financiers
requiert la condition :
Comme l’équilibre de ce modèle ne peut être résolu
analytiquement sous sa forme non-linéaire, nous
étudions ses propriétés dynamiques à partir de
l’approximation log-linéaire des règles de décision
d’équilibre au tour de l’état stationnaire
déterministe
[11]. On obtient de la sorte un système
dynamique d’équations linéaires qui décrit le profil
des déviations des variables endogènes à leur valeur
d’état stationnaire, lorsque surviennent des chocs
exogènes. Ce système dynamique est résolu sous
l’hypothèse d’anticipations rationnelles, selon la
méthode proposée par Blanchard et Kahn (1980).
Les implications de long terme du
modèle
Ainsi que nous l’avons souligné dans l’introduction,
nous considérerons dorénavant trois versions du
modèle développé plus haut dans lesquelles le bloc
“Nord" est fixé une fois pour toutes, alors que le bloc
“Sud" est modifié pour renforcer ses différences de
dotations factorielles avec le Nord. Ce choix, motivé
par l’analyse des conséquences pour le Nord de
l’intensification de ses échanges commerciaux avec
le Sud, ne permet pas d’étudier l’impact de la
mondialisation au Sud, cette région voyant sa
structure modifiée au fil des variantes.
Afin de caractériser l’équilibre de long terme du
modèle, il est nécessaire, dans un premier temps, de
spécifier les différentes fonctions sur lesquelles il
repose ainsi que les valeurs des paramètres
structurels.
L’étalonnage du modèle
Les fonctions caractérisant la technologie de
production, les préférences des consommateurs et la
loi d’évolution du stock de capital sont supposées
identiques au Nord et au Sud.
En ce qui concerne les ménages, le taux d’escompteβ
est fixé à 0,988, ce qui correspond à un taux de
préférence pour le présent de 1,2 % par trimestre. La
fonction d’utilité instantanée des qualifiés et
non-qualifiés est de la forme suivante :
Le paramètre
θ gouverne le profil de lissage
intertemporel de la consommation, ce qui n’est pas
sans conséquence pour la mesure du bien-être des
travailleurs qualifiés. Lucas (1987) suggère de
retenir une valeur négative de
θles agents étant plus
averses au risque que ne l’indique une fonction
log
[12]. Nous choisissons
θ = - 0 5,.
Le taux de dépréciation du capital est fixé àδ =0 025,
soit un taux annuel de 10 %. Le paramètre ''ϕ δ( )de la
fonction de coût d’ajustement est fixé, dans
l’étalonnage de référence, à - 0,2 afin de reproduire
au Nord la volatilité de l’investissement observée sur
données américaines d’après-guerre. Ce paramètre
gouvernant la mobilité des capitaux entre secteurs, il
est vraisemblable qu’il affecte sensiblement les
effets des chocs technologiques. Il sera donc modifié
pour évaluer la sensibilité des résultats.
La technologie de production retenue pour la suite de
l’étude est de type Cobb-Douglas à rendements
constants :
où la part du capital est fixée à α =0 36, valeur
correspondant à ce qui est observé sur données
américaines d’après-guerre. Afin de distinguer les
deux secteurs de production, nous supposons que
β β<, i.e. le secteur de pointe utilise relativement
1 2 plus de travail qualifié que le secteur traditionnel. De
façon arbitraire, nous fixonsβ à 0,30 et β à 0,36, ce
12 qui porte la part du travail qualifié à 0,34 dans le
secteur de pointe et à 0,28 dans le secteur
traditionnel. Enfin, les paramètres de l’équation (7),
gouvernant le processus de la productivité globale
des facteurs, sont fixés comme suit , ∀ ∈i { , }1 2 :
Dans l’ensemble des variantes qui sont analysées
plus loin, nous normalisons la population du Nord à
l’unité et nous supposons qu’elle est constituée de
31 % de travailleurs qualifiés, suivant en cela l’étude
de Wood (1994)
[13]. Les modèles I, II et III se
distinguent alors par la taille de la population du Sud,
N*, la proportion de travailleurs qualifiés qu’elle
contient,
et la richesse relative des qualifiés du
Nord par rapport à ceux du Sud que détermine le
paramètre Λdéfini en (6). Dans le cas de référence, le
modèle I, nous considérons deux régions
identiques :
Il s’agit
donc du modèle Nord-Nord, modélisant les
échanges commerciaux et financiers entre pays
occidentaux semblables. Dans le modèle II, nous
examinons une situation intermédiaire où la part des
pays à forte dotation en travail non qualifié a
augmenté dans les échanges du Nord, mais pas
suffisamment pour entraîner la spécialisation de
l’une des deux régions. Pour ce faire, nous retenons
les valeurs suivantes :
Ensuite, nous choisissons les paramètres du modèle
III de sorte que la spécialisation du Nord dans le
secteur de pointe soit complète
[14] :
N* = 4 et
Nous pourrons ainsi analyser les
conséquences, en termes de volatilité, de la
disparition d’un secteur.
Enfin, il faut rappeler que dans ces modèles à deux
pays, seule la richesse mondiale peut être calculée à
l’état stationnaire, pas sa répartition entre les
régions. Cela explique le recours à une contrainte
identifiante portant par exemple sur Λ ou encore sur
le solde commercial. Traditionnellement, lorsque les
deux économies sont parfaitement identiques, on
pose Λ =1 ce qui revient à supposer que chaque pays
détient la moitié de la richesse mondiale. C’est donc
l’hypothèse que nous retiendrons pour le modèle I.
Pour le modèle II, nous supposerons que Λ =1,25 ce
qui revient à considérer un état stationnaire où la
richesse des ménages qualifiés du Nord est 1,25 fois
supérieure à celle des ménages du Sud. Finalement,
dans le modèle III, nous poserons Λ =15,.
L’état stationnaire
Le tableau 1 reporte les valeurs obtenues pour ce
choix des paramètres, à l’état stationnaire des
modèles I, II et III. La variable XN désigne les
i exportations nettes relatives au secteur i.
Les résultats obtenus pour le modèle I correspondent
à ceux que l’on obtiendrait à l’état stationnaire du
Nord en autarcie. En effet, ils se caractérisent par une
absence totale d’échange entre les deux régions.
Toutefois, ceci n’est vrai qu’à l’état stationnaire : ces
régions peuvent avoir intérêt à échanger lorsque le
système est soumis à des chocs mutualisables
[15]. Le
Nord (comme l’autre région), produit alors les deux
types de biens, le bien 2 étant relativement moins
cher que le bien 1. Les revenus du capital permettent
aux ménages qualifiés de consommer plus que les
ménages non qualifiés.
La modification des paramètres structurels opérée
dans le modèle II débouche surun état stationnaire où
le Nord exporte du bien 1 et importe du bien 2. Plus
généralement, chaque région exporte du bien qui
utilise relativement intensivement le facteur dont
elle est abondamment dotée : on assiste à une
spécialisation partielle des productions nationales,
conforme au théorème de Hecksher-Ohlin. À travers
les marchés financiers où ils sont créanciers, les
ménages qualifiés du Nord permettent au Sud
d’accumuler plus de capital que cela ne serait
possible en autarcie. La production de bien 2 est ainsi
partiellement délocalisée au Sud, ce qui libère de la
main-d’œuvre qualifiée pour le secteur de pointe au
Nord. La différence de dotation relative en travail
qualifié/non-qualifié entre le Nord et le Sud, toutes
choses étant égales par ailleurs, est bien entendu à
l’origine des différences de prix d’équilibre en
autarcie. Le prix relatif du bien de consommation
diminue relativement au modèle I. Toutefois, la
baisse du salaire des non-qualifiés domine l’effet de
la baisse du prix et les ménages non qualifiés du Nord
y perdent en termes de consommation et donc de
bien-être. Au contraire, les ménages qualifiés du
Nord voient leur situation grandement améliorée par
rapport à la situation autarcique. L’accentuation des
différences structurelles entre régions sous-jacente
au modèle III conduit, pour les paramètres que nous
avons choisis, à la spécialisation complète du Nord
en bien 1. Elle accroît encore les échanges entre
régions. De manière générale, tous les effets du
modèle II sont accentués.
Tableau 1
état stationnaire
Tableau 1 : état stationnaire
(I) (II ) (III )
Nord Sud Nord Sud
L1 0,145 0,371 0,081 0,690 0,061
Q1 0,087 0,195 0,043 0,310 0,022
K1 3,839 9,163 2,014 15,685 1,243
Y1 0,396 0,945 0,208 1,618 0,128
L2 0,545 0,319 1,378 0,000 3,138
Q2 0,223 0,115 0,497 0,000 0,778
K2 12,006 6,571 28,381 0,000 52,941
Y2 1,292 0,713 3,078 0,000 5,872
p 0,959 0,951 0,951 0,930 0,930
wl 0,818 0,765 0,765 0,704 0,626
cl 0,854 0,804 0,804 0,759 0,654
wq 1,553 1,649 1,649 1,775 1,966
cq 2,268 2,660 2,292 3,545 2,705
XN1 0,000 0,552-0,552 1,226-1,226
XN2 0,000-0,666 0,666-1,623 1,623
Λ 1,000 0,800 - 0,666 -
Les effets de court terme de la
mondialisation
Dans ce modèle très stylisé, les fluctuations ont pour
origine des chocs affectant la productivité globale
des facteurs de production, i.e. A A A 1 2 1, ,* et A2*. Afin
de distinguer les conséquences des effets de chocs
inter-s ectoriels et in ternat ionaux, n ous
con sidérerons, su ccessivement, les deux
configurations suivantes :
Ces deux types de chocs sont très différents puisque
la configuration i) définit des chocs communs aux
deux régions alors que la configuration ii) définit des
chocs spécifiquement régionaux. Dans le premier
cas, l’accès à un marché international d’actifs
financiers ne permet pas la mutualisation, même
imparfaite, du risque, puisque les deux régions les
subissent simultanément : l’ouverture des
économies permet simplement d’élargir les
possibilités d’arbitrage des travailleurs qualifiés. De
plus, la nature de ce type de chocs se modifie avec le
phénomène de mondialisation : ces chocs deviennent
asymétriques entre les régions si l’une d’entre elles
se spécialise.
Le second type de chocs se prête davantage au
“partage du risque" en économie ouverte, puisqu’il
est régional, asymétrique. Dans cette configuration,
les effets de la mondialisation sur les fluctuations, en
termes de volatilité et de bien-être, seraient à coup
sûr bénéfiques dans un contexte où tous les agents
auraient accès au système complet de marchés
financiers internationaux. Dans le modèle que nous
étudions ici, les effets sont moins triviaux car la
majorité des agents de chaque pays ne peut s’assurer
faute d’accès au marché des titres.
Les fluctuations engendrées par les chocs sectoriels
Dans un premier temps, afin de bien saisir
l’articulation des mécanismes à l’œuvre dans le
modèle, il nous semble utile de rappeler pour chaque
type de chocs les effets qu’ils produisent. Nous
étudierons ensuite les conséquences de la
mondialisation en termes de volatilité.
Les mécanismes dans le modèle I
Cette analyse de la dynamique du modèle repose sur
le calcul des fonctions de réponse aux différents
chocs des variables du modèle, évaluées en
pourcentage d’écart à leur valeur d’état stationnaire.
Il s’agit, dans tous les cas, d’un choc ponctuel positif
de 1 point par rapport à la valeur d’état stationnaire
du modèle considéré. Dans ce modèle, les deux
régions se comportent de façon identique lorsque
survient un choc sectoriel.
Choc favorable au secteur 1 :
Les fonctions de réponse à un choc technologique de
un point dans le secteur de pointe sont reportées dans
le graphique 1 de l’annexe 1. L’effet direct d’un choc
favorable à la productivité globale des facteurs du
secteur 1 est d’accroître la productivité marginale du
capital de ce secteur ( )z ce qui encourage
1 l’investissement I. La productivité du travail
1 augmentant également, L et Q augmentent. La
11 production du bien 1 entre en phase d’expansion. Ce
faisant, le facteur travail se détourne de l’autre
secteur et, à stock de capital inchangé puisqu’il est
prédéterminé, la production du secteur traditionnel
ne peut que baisser instantanément. Toutefois, le
choc de productivité favorable au bien 1 permet d’en
diminuer le prix relatif, ce qui a pour conséquence
d’augmenter le prix relatif du bien 2. Très
rapidement, cette augmentation de p fait plus que
compenser la baisse de la productivité du secteur 2
liée à la "fuite" du facteur travail et il en résulte un
accroissement de z. Cet effet de prix relatif rend
2 attrayant l’investissement dans le secteur 2, ce qui
explique son augmentation. Au total, ce choc
favorable permet une augmentation du salaire des
deux catégories de travailleurs. Cela se traduit par
une augmentation de la consommation des
non-qualifiés, alors que l’arbitrage intertemporel
des ménages qualifiés les incite à réduire leur
consommation. Enfin, les deux régions étant
identiques et les chocs communs, elles n’ont aucun
intérêt à échanger et les exportations nettes ne
s’écartent donc pas de leur valeur d’état stationnaire,
i.e. zéro.
Choc favorable au secteur 2 :
Les graphiques correspondant à ce choc sont
reportés en annexe
[16]. Un choc dans ce secteur
provoque une forte baisse du prix relatif du bien 2, ce
qui explique que la production de ce bien augmente,
instantanément, moins que le choc. En effet,
l’impulsion ainsi donnée au prix relatif fait plus que
compenser celle du choc technologique, ce qui
augmente la rentabilité de la production du bien 1.
On constate ainsi que le travail, qualifié ou non, se
déplace (très faiblement) du secteur 2 vers le secteur
1, tout comme l’investissement. Les salaires se
modifient très peu sous l’influence de ce choc, mais
la consommation en volume augmente pour les deux
catégories de ménages, sa valeur restant à peu près
inchangée en raison de la chute de
p.
Les mécanismes des modèles II et III
Les fonctions de réponse à ces chocs sont reportées
dans l’annexe 1
[17] pour le modèle II uniquement,
celles du modèle III étant qualitativement
identiques.
Choc favorable au secteur 1 :
La plupart des effets de ce choc dans les modèles II et
III ne sont pas très différents de ceux observés dans le
modèle I. On observe simplement, dans le modèle II
(respectivement III), une réponse plus faible (resp.
nulle) de l’emploi dans le secteur 1 au Nord puisque
l’offre de travail domestique s’y trouve déjà
massivement. Par conséquent, la productivité du
capital augmente moins au Nord qu’au Sud et
l’investissement se dirige alors massivement vers le
secteur 1 du Sud. Les exportations nettes de bien 1 du
Nord augmentent. L’emploi au Sud est redirigé vers
le secteur le plus productif. Lorsque l’effet initial du
choc s’estompe, le secteur 2 redevient attrayant dans
les deux pays.
La main-d’œuvre se déplaçant plus fortement vers le
secteur le plus productif au Sud, les salaires y
augmentent moins qu’au Nord. En conséquence, les
travailleurs non qualifiés du Nord sont en mesure
d’accroître instantanément leur consommation de
bien 2 plus fortement que ceux du Sud, malgré
l’augmentation de son prix. Comme dans le modèle
I, l’effet de substitution inter-temporelle explique la
réponse négative de la consommation des
travailleurs qualifiés des deux régions au cours des
premières périodes suivant le choc.
Choc favorable au secteur 2 :
Les effets observés dans les modèles II et III sont
qualitativement identiques à ceux obtenus pour le
modèle I. Pour les mêmes raisons que dans le modèle
I, le secteur 1 des deux régions bénéficie aussi de ce
choc. En termes de production, l’impact de ce choc
est plus élevé au Sud et moins élevé au Nord que dans
le modèle précédent, et ce dans les deux secteurs, le
Sud mobilisant relativement plus de ressources dans
le secteur 2. Le salaire des travailleurs non qualifiés
diminuant relativement moins au Nord qu’au Sud, la
consommation de cette catégorie de ménages
augmente relativement plus au Nord. Enfin, la
production de bien 1 augmentant relativement plus
au Sud qu’au Nord, les exportations nettes en bien 1
de ce dernier passent légèrement au-dessous de leur
valeur d’état stationnaire à court terme.
Les effets des chocs sectoriels sur la volatilité
Comme nous l’avons déjà souligné, ces chocs
sectoriels étant subis simultanément par les deux
pays, le marché international des actifs financiers ne
permet pas de partager le risque. Toutefois, plus les
régions se spécialisent et plus asymétrique est la
perception des chocs dans chaque région. Les
ménages qualifiés devraient donc bénéficier de cet
effet de la spécialisation. Une façon d’amortir les
chocs consiste à modifier la répartition des facteurs
de production entre les différents secteurs. La
disparition du secteur 2 au Nord engendre ainsi deux
effets opposés. D’une part, elle amenuise la
possibilité d’amortir les chocs. D’autre part, elle
élimine une source directe de chocs au Nord, bien
que les chocs affectant le secteur 2 du Sud se
transmettent via les variations du prix du bien de
consommation. L’effet total est donc ambigu.
Dans les tableaux 2 et 3, nous reportons les
écart-types ( )×100 des composantes cycliques
[18] de
la consommation et du salaire des travailleurs non
qualifiés et qualifiés, ainsi que la production totale
exprimée en unités de bien 1 et le prix relatif du bien
2, au Nord et au Sud, pour les modèles I, II et III
[19].
Tableau 2
chocs sectoriels et volatilité
Tableau 2 : chocs sectoriels et volatilité
wl cl wq cq Y p
Modèle I
Nord 0,935 1,184 1,017 1,096 0,973 1,579
Modèle II
Nord 0,973 1,245 1,113 1,096 1,042 1,570
Sud 0,864 1,171 0,899 1,096 0,879 -
Modèle III
Nord 1,236 1,628 1,236 1,110 1,236 1,547
Sud 0,617 1,164 0,642 1,110 0,628 -
Tableau 3
sensibilité aux coûts d’ajustement
Tableau 3 : sensibilité aux coûts d’ajustement
wl cl wq cq Y p
Modèle I
φ = - ×- 1 106
Nord 1,050 1,170 1,145 1,118 1,093 1,633
φ = - ×1 104
Nord 1,913 1,181 1,747 1,416 1,837 2,362
Modèle II
φ = - ×- 1 106
Nord 1,063 1,201 1,168 1,121 1,114 1,635
Sud 1,036 1,163 1,126 1,121 1,076 -
φ = - ×1 104
Nord 1,874 1,317 1,550 1,458 1,715 2,735
Sud 2,421 1,174 2,337 1,458 2,384 -
Modèle III
φ = - ×- 1 106
Nord 1,168 1,378 1,168 1,139 1,168 1,657
Sud 1,019 1,158 1,141 1,139 1,072 -
φ = - ×1 104
Nord 1,246 1,607 1,246 1,109 1,246 1,555
Sud 0,663 1,161 0,698 1,109 0,678 -
D’après ces résultats, la volatilité de la production
totale du Nord s’accroît avec les différences
structurelles entre le Nord et le Sud. En effet, en
présence de deux secteurs par région, les productions
sectorielles sont corrélées négativement ce qui tend à
réduire la volatilité de la production totale. Lorsque
la spécialisation s’intensifie, les possibilités
d’arbitrage entre secteurs se réduisent. À la limite,
lorsqu’un secteur disparaît, il n’est plus possible de
déplacer le travail et la volatilité du produit
engendrée par les chocs sectoriels est maximale. Il
semble donc que la perte, ou la réduction, d’une
possibilité d’arbitrage l’emporte, au niveau
macro-économique, sur l’élimination d’une source
de chocs. La volatilité du salaire des qualifiés et des
non-qualifiés d u N ord augmente av ec la
spécialisation pour les mêmes raisons. La volatilité
du prix relatif du bien 2 n’étant presque pas affectée
par l’accroissement de la spécialisation, la
consommation des non-qualifiés du Nord augmente
également. La volatilité de la consommation des
qualifiés des deux régions est identique dans les trois
modèles, en raison de la complétude des marchés
financiers, et ne se modifie pas sensiblement avec la
spécialisation du Nord. Celle-ci tend certes à
accroître la volatilité générale comme nous l’avons
vu plus haut, mais elle rend également les chocs plus
asymétriques, ce qui est favorable au partage du
risque : l’échange de titres contingents se substitue à
la réallocation des facteurs entre secteurs pour ces
ménages. Comme la fonction d’utilité des ménages a
pour seul argument la consommation de bien 2, le
coût des fluctuations en termes de bien-être
[20] est
proportionnel à la volatilité de la consommation. On
peut donc conclure des résultats présentés dans le
tableau 2 que lorsque l’incertitude provient de chocs
sectoriels, la mondialisation augmente le coût des
fluctuations pour les ménages non-qualifiés mais
laisse inchangé celui des ménages qualifiés.
Comme nous l’avons déjà souligné, les résultats
obtenus ici ne peuvent s’interpréter en termes des
effets de la mondialisation pour le Sud puisque cette
région se modifie structurellement d’un modèle à
l’autre, le Nord restant lui inchangé. On peut
simplement constater que l’accroissement de lataille
de la population de cette région permet un meilleur
amortissement des chocs grâce à une réallocation
plus aisée des facteurs de production entre secteurs.
Au vu du tableau 3, on constate que dans l’ensemble,
la volatilité des agrégats considérés est plus élevée
que dans le tableau 2. Ceci s’explique par le fait
qu’une valeurélevée des coûts d’ajustement du stock
de capital (cas oùφ = - ×1 104 ) limite la mobilité de
ce facteur entre les secteurs, ce qui réduit
considérablement la possibilité d’amortir les chocs
sectoriels. Au contraire, une mobilité excessive (cas
où φ = - ×- 1 106 ) eng end re des flux
d’investissements tels que les fluctuations de tous les
inputs et outputs sectoriels sont accentuées. Le fait
que les qualifiés n’aient pas intérêt à ce que les
capitaux soient parfaitement mobiles est lié au
caractère peu ou pas mutualisable des chocs
sectoriels communs aux deux régions.
Les fluctuations engendrées par des chocs
régionaux
Les mécanismes du modèle I
Les pays étant identiques, leurs réponses à un choc
domestique ou étranger sont bien sûr symétriques.
Les graphiques 7 et 8 de l’annexe 2 présentent les
fonctions de réponse du “Nord" à un choc
domestique et étranger respectivement. Suite à un
choc domestique, la production des deux biens
s’accroît instantanément. Comme la productivité
marginale du capital augmente, l’investissement
augmente dans les deux secteurs. Toutefois, le prix
relatif du bien 2 diminuant, le secteur de pointe est
provisoirement plus attrayant : l’emploi s’y dirige.
Les deux types de travail étant plus productifs suite à
ce choc, les salaires augmentent. La consommation
des ménages non-qualifiés s’élève plus que celle des
qualifiés puisque ces derniers peuvent investir pour
lisser leur consommation. Suite à un choc survenant
à l’étranger, le capital est relativement plus
accumulé dans ce pays qui voit sa productivité
augmenter. Les exportations nettes en bien 1 du pays
domestique augmentent donc en contrepartie des
sorties de capitaux, ce qui explique l’expansion
modérée de la production dans ce secteur.
Les mécanismes des modèles II et III
Les graphiques 9 à 12 de l’annexe 2 présentent les
fonctions de réponse correspondant successivement
à un choc au Nord et au Sud dans le modèle II.
Choc favorable au Nord
L’augmentation de la productivité globale des
facteurs permet une expansion de la production des
deux secteurs au Nord. L’investissement étant plus
rentable au Nord qu’au Sud suite à ce choc, les
exportations nettes de bien 1 diminuent durant
quelques périodes, tout comme l’investissement au
Sud dans les deux secteurs. La diminution du stock
de capital au Sud provoque une baisse de la
productivité des deux types de travail, qui se traduit
par une diminution des salaires réels. Les ménages
non-qualifiés du Sud doivent réduire leur
consommation durant quelques périodes, ce qui
n’est pas le cas pour ceux du Nord qui bénéficient
d’une hausse substantielle de leur pouvoir d’achat.
La consommation des qualifiés augmente
légèrement dans les deux régions, l’effet richesse
dominant l’effet de substitution inter-temporelle.
Choc favorable au Sud
Ce choc provoque instantanément une baisse du prix
relatif du bien 2 qui entame les gains de productivité
dans ce secteur. L’investissement se dirige alors
massivement vers le secteur 1 du Sud qui bénéficie
largement du choc technologique régional. La
réponse de l’ensemble des variables du Sud est
standard : les salaires augmen tent et la
consommation de l’ensemble des ménages aussi. Au
Nord, la baisse du prix relatif du bien 2 favorise
également l’expansion du secteur de pointe. La
productivité du travail diminuant, les salaires
passent au-dessous de leur valeur d’état stationnaire,
tout comme la consommation des ménages
non-qualifiés.
Les effets des chocs régionaux sur la volatilité
Les tableaux 4 et 5 sont les analogues des précédents,
correspondant cette fois à des chocs régionaux.
Tableau 4
chocs régionaux et volatilité
Tableau 4 : chocs régionaux et volatilité
wl cl wq cq Y p
Modèle I
Nord 1,147 1,300 1,192 0,389 1,167 0,351
Modèle II
Nord 1,399 1,359 1,328 0,542 1,360 0,613
Sud 0,811 1,230 0,870 0,542 0,837 -
Modèle III
Nord 1,287 1,622 1,287 1,020 1,287 1,344
Sud 0,472 1,165 0,510 1,020 0,487 -
Ce type de chocs engendre une volatilité
généralement plus grande que les chocs sectoriels.
Ce résultat n’est pas très surprenant dans la mesure
où les chocs nationaux engendrent des mouvements
internationaux de capital, alors que les chocs
sectoriels engendraient essentiellement des
mouvements entre secteurs
[21], ceux-ci étant
généralement de sens opposés. La covariance
négative entre les
inputs et les
outputs sectoriels
d’unemême région tendait à stabiliserles agrégats au
niveau agrégé. Ici, en ce qui concerne le Nord, seuls
le prix relatif du bien 2 et la consommation des
ménages qualifiés voient leur volatilité amoindrie
relativement à celle qu’engendrent les chocs
sectoriels. On comprend en effet que ces chocs étant
mutualisables sur le marché financier international,
les ménages qualifiés sont en mesure de mieux lisser
le profil de leur consommation.
Les modèles II et III engendrent une volatilité plus
élevée que le modèle I pour l’ensemble des agrégats
considérés. On constate cependant que lorsque le
Nord se spécialise totalement, la volatilité de son
produit et des salaires diminue légèrement
relativement au modèle II. Ce résultat est
vraisemblablement imputable au fait que le produit
du Nord dans le modèle III n’est pas affecté
directement par le choc survenant au Sud car
l’emploi est fixé et le stock de capital prédéterminé :
instantanément, le Nord ne subit plus qu’une source
de fluctuations. L’effet du choc étranger, qui ne se
produit qu’une période plus tard, est donc atténué par
les arbitrages qui ont déjà eu lieu au Sud. En
revanche, la volatilité de la consommation des deux
catégories de travailleurs est accentuée par la
spécialisation complète du Nord, ce qui accroît le
coût en bien-être des fluctuations. La cause
principale de ce résultat est l’augmentation
importante de la volatilité du prix relatif du bien de
consommation. Tous les effets mis en évidence dans
le modèle III sont accentués si l’on diminue la
proportion de qualifiés au Sud de façon à ce que cette
région se spécialise totalement dans le secteur
traditionnel. Ainsi, pour
la volatilité du
prix relatif augmente encore à 1,541 ce qui accroît la
volatilité de la consommation des qualifiés du Nord à
1,117 et celle des non-qualifiés à 1,714.
Au total, comme pour les chocs sectoriels, la
mondialisation est plutôt déstabilisante pour le Nord
puisqu’elle engendre des volatilités plus élevées que
celles obtenues lors des échanges entre pays
structurellement identiques.
D’après le tableau 5, on constate que comme dans le
cas des chocs sectoriels, la mobilité ou l’immobilité
parfaite des capitaux déstabilise l’activité. Par
contre, la consommation des travailleurs qualifiés
des deux régions est toujours moins volatile lorsque
les capitaux atteignent le maximum de mobilité.
Lorsque les capitaux sont quasiment immobiles, les
chocs régionaux engendrent moins de volatilité que
les chocs sectoriels, les mouvements internationaux
étant nettement atténués. Bien sûr, le lissage de la
consommation des qualifiés en pâtit, ce qui explique
la volatilité accrue de cette variable.
Tableau 5
sensibilité aux coûts d’ajustement
Tableau 5 : sensibilité aux coûts d’ajustement
wl cl wq cq Y p
Modèle I
φ = - ×- 1 106
Nord 1,384 1,440 1,436 0,324 1,407 0,297
φ = - ×1 104
Nord 1,586 1,107 1,487 1,390 1,540 0,618
Modèle II
φ = - ×- 1 106
Nord 1,589 1,621 1,520 0,436 1,553 0,501
Sud 1,195 1,291 1,356 0,436 1,266 -
φ = - ×1 104
Nord 1,452 1,420 1,369 0,514 1,406 0,582
Sud 0,906 1,248 0,972 0,514 0,935 -
Modèle III
φ = - ×- 1 106
Nord 1,630 1,925 1,630 0,735 1,630 0,987
Sud 1,175 1,178 1,460 0,735 1,299 -
φ = - ×1 104
Nord 1,173 9,156 1,173 2,661 1,173 10,327
Sud 10,353 1,172 10,159 2,661 10,268 -
Afin d’étudier les répercussions de la mondialisation
en termes de volatilité, nous avons soumis un modèle
d’équilibre général dynamique à deux régions à deux
types de perturbations : des chocs technologiques
successivement sectoriels et régionaux. Dans ce
cadre théorique, nous avons analysé le phénomène
de mondialisation comme une spécialisation accrue
des économies. Il ressort des simulations
stochastiques des différentes variantes de ce modèle
que quel que soit le type de chocs, la mondialisation,
au sens d’une plus grande spécialisation et donc
d’échanges internationaux accrus, tend à accentuer
la volatilité des principaux agrégats du “Nord"
étudiés (revenus salariaux, consommation, prix
relatif).
Le modèle théorique développé ici conforte donc la
conjecture de Gottschalk et Moffitt (1994) selon
laquelle la mondialisation des échanges a pu
contribuer à renforcer la volatilité des revenus
salariaux. Or, la configuration du commerce
mondial s’est profondément modifiée depuis les
années soixante-dix. Par exemple, selon Krugman
(1995), les exportations mondiales de biens, en
pourcentage du PIB mondial, sont passées de 7,1%
en 1950 à 11,7% en 1970 pour finalement atteindre
17,1 % en 1993. On a également assisté à une forte
progression des exportations des pays émergents
vers les économies industrialisées : toujours selon
Krugman (1995), les exportations de biens
manufacturés en provenance des pays émergents
sont passées de 0,24 % à 1,61 %, en pourcentage du
PIB des pays occidentaux.
Les résultats obtenus dans cette étude sont toutefois
liés au cadre théorique retenu et à la façon dont nous
avons appréhendé la mondialisation. D’un point de
vue théorique, nous avons délibérément opté pour un
cadre walrasien standard en raison de sa simplicité
relative. Toutefois, les limites bien connues de ce
cadre pour l’analyse des fluctuations de court terme
constituent autant d’extensions possibles de cette
première approche. En particulier, ce modèle ne
permet pas d’étudier la dynamique du chômage ou
les effets de chocs de demande de type « keynésien ».
Il faudrait pour cela introduire des rigidités réelles
et/ou nominales et abandonner l’hypothèse de
concurrence parfaite. En outre, la robustesse des
résultats que nous avons obtenus à la quantité de
secteurs (exposés ou abrités) et de facteurs (mobiles
et immobiles internationalement) considérés doit
être vérifiée. Finalement, nous nous sommes inscrits
dans l’approche traditionnelle du commerce
international en modélisant la mondialisation
comme un accroissement des échanges entre des
pays structurellement différents. Il faut toutefois
garder à l’esprit que le développement des échanges
internationaux est aussi en partie lié au commerce
intra-branche entre des pays structurellement
semblables.
Annexe 1 : réponses aux chocs sectoriels
Graphique 1
modèle I, choc A1
Graphique 2
modèle I, choc A2
Graphique 3
modèle II, choc A1
Graphique 4
modèle II, choc A1 (suite)
Graphique 5
modèle II, choc A2
Graphique 6
modèle II, choc A2 (suite)
Annexe 2 : réponses aux chocs régionaux
Graphique 7
modèle I, choc au Nord
Graphique 8
modèle I, choc au Sud
Graphique 9
modèle II, choc au Nord
Graphique 10
modèle II, choc au Nord (suite)
Graphique 11
modèle II, choc au Sud
Graphique 12
modèle II, choc au Sud (suite)
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Barro R., Mankiw G. et Sala-i-Martin X. (1995). « Capital
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Inequality, Clarendon Press - Oxford.
[(*)]
Crest-Ensae.
Email : b
bec@ ensae. fr
[(1)]
Voir Greenaway, Hine et Milner (1995) ou Fontagné,
Freudenberg et Péridy (1998) par exemple.
[(2)]
La théorie traditionnelle du commerce international s’est
développée dans ce cadre.
[(3)]
Voir par exemple Barro, Mankiw et Sala-i-Martin (1995).
[(4)]
Voir Vellutini (1997).
[(5)]
Les résultats de l’étude de Gottschalk et Moffitt (1994)
reliant la croissance des inégalités amorcée dans les années
quatre-vingt à l’instabilité croissante des revenus et de
l’emploi, demandent à être confirmés sur d’autres échantillons
de données pour que l’on puisse en évaluer la portée. De plus,
ils ne doivent pas occulter le fait que la plus grande partie de la
croissance des inégalités de revenus est probablement
imputable à des augmentations de la dispersion des revenus
liées aux rendements croissants de l’éducation, des
qualifications, etc.
[(6)]
Voir Baxter et Crucini (1993), par exemple.
[(7)]
L’abandon du cadre walrasien est le prolongement naturel
de ce travail.
[(8)]
Les agents d’un pays ne peuvent investir directement en
capital physique à l’étranger, mais l’échange international de
titres permet à un pays de financer l’investissement de l’autre
pays. Ce choix de modélisation permet de simplifier l’analyse
sans affecter sensiblement les conclusions.
[(9)]
Comme le remarquent Obstfeld et Rogoff (1996), cette
hypothèse est très souvent retenue dans les modèles à deux
pays. Bien que discutable, elle simplifie l’analyse et peut se
justifier par la convergence mondiale des préférences de
consommation.
[(10)]
On note
fx la dérivée de la fonction
f par rapport à
l’argument
x.
[(11)]
Cette démarche est usuelle depuis le développement du
courant des cycles réels (
Real Business Cycle). Pour une
description détaillée de cette méthode de résolution des
modèles d’équilibre général stochastiques inter-temporels,
voir King, Plosser et Rebelo (1988) ou Hairault (1992) par
exemple.
[(12)]
Le cas
θ =0 correspond en effet à une fonction d’utilité
instantanée logarithmique.
[(14)]
Selon Wood (1994), la proportion de travailleurs
qualifiés au Sud serait de 16 %, ce qui n’est pas très éloigné de
la valeur retenue pour le modèle III.
[(15)]
Dans ce cas, les ménages qualifiés utiliseront les échanges
internationaux pour lisser le profil de leur consommation.
[(16)]
Graphiques 2 de l’annexe 1.
[(17)]
Graphiques 3 et 4 pour le choc survenant dans le secteur
1et graphiques 5 et 6 pour le choc survenant dans le secteur 2.
[(18)]
La composante tendancielle est éliminée en appliquant le
filtre de Hodrick-Prescott, pour une valeur de
λ =1600.
[(19)]
Dans le modèle I, les deux régions ont les caractéristiques
structurelles du Nord : il n’y a pas de “Sud".
[(20)]
Celui-ci est défini, comme dans Lucas (1987), à partir du
développement de Taylor à l’ordre 2 de l’utilité espérée autour
de l’état stationnaire :
W c V c E t = - -( ) ( $ )/ ( )
θ β1 2 1.
θ
[(21)]
Les fonctions de réponse des exportations nettes aux deux
types de chocs révèlent en effet un impact plus prononcé des
chocs régionaux que des chocs sectoriels.