Economie & prévision
La Doc. française

I.S.B.N.sans
242 pages

p. 55 à 69
doi: en cours

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n° 152-153 2002/1-2

2002 Économie et Prévision

Transition, variété des produits et intégration économique

Tito Boeri  [(*)] Joaquim Oliveira Martins  [(**)]
La convergence des pays en transition aura des impacts sur leur compétitivité extérieure. Les petites économies ouvertes peuvent croître plus rapidement que leurs partenaires sans être contraints par la balance des paiements si elles parviennent à augmenter l’offre de produits différenciés (effet de variété). Cela suppose un processus de important de restructuration économique puisque la production y est encore concentrée sur des produits homogènes ou peu différenciés et que densité d'entreprises est encore sensiblement plus faible qu'en Europe occidentale. Dans ce contexte, cette étude développe un cadre théorique simple que permet de prendre en compte ces faits stylisés de la transition et présente des simulations chiffrées qui permettent de déduire les impacts potentiels de la restructuration économique sur l'emploi, la production et les coûts de démarrage des entreprises.Mots-clés : pays en transition, variétés de biens produits, spécialisation des échanges. Convergence of transition countries will have an impact on their external competitiveness. However, small open economies can grow faster than their partners without being constrained by the balance of payments if they succeed in increasing the supply of differentiated goods produced domestically (variety effect). This will require extensive economic restructuring as production is still largely focused on homogeneous goods with little differentiation and business density is significantly lower than in Western Europe. This paper introduces a simple open-economy model that can account for these stylised facts of transition and provides numerical simulations to evaluate the potential impact of the economic restructuring process on employment, production and start-up costs for new businesses.Keywords : Transition countries, product variety, trade specialisation.
Les auteurs souhaitent adresser leurs remerciements à R. Faini, H. Erkel-Rousse à un référé anonyme pour les commentaires et suggestions sur une version antérieure de ce texte. Les opinions exprimées dans le présent article représentent le point de vue des auteurs et n’engagent pas l’OCDE ni ses pays membres.
La convergence des pays en transition aura des impacts sur leur compétitivité extérieure. Les petites économies ouvertes peuvent croître plus rapidement que leurs partenaires sans être contraintes par la balance des paiements si elles parviennent à augmenter l’offre de produits différenciés (effet de variété). Cela suppose un processus important de restructuration économique puisque la production y est encore concentrée sur des produits homogènes ou peu différenciés et que la densité d'entreprises est encore sensiblement plus faible qu'en Europe occidentale. Dans ce contexte, cette étude développe un cadre théorique simple qui permet de prendre en compte ces faits stylisés de la transition et présente des simulations chiffrées qui permettent de déduire les impacts potentiels de la restructuration économique sur l'emploi, la production et les coûts de démarrage des entreprises.
La littérature sur les économies en transition a souvent négligé la réorientation fondamentale de la con sommation qui a lieu au d ébu t de la transformation vers une économie de marché. En effet, les consommateurs se sont détournés des anciens produits homogènes vers les biens plus différenciés offerts sur les marchés occidentaux (Boeri, 1998). À cet égard, la période qui a précédé la transition s'est caractérisée par un manque considérable de variété de produits qui a empêché l'équilibre socialo-autarcique d'être déterminé par l'offre et la demande : les consommateurs ont alors été largement rationnés dans leurs achats de variétés (Matsuyama, 1995). C'est pourquoi l'"effet de variété" peut contribuer à expliquer certains phénomènes associés au processus de transition. Entre autres, il pourrait expliquer pourquoi les échanges ne se sont pas effondrés avec la production et pourquoi une réorientation massive des flux de commerce a eu lieu tandis que la demande de produits occidentaux augmentait. L’effet variété permet également de comprendre pourquoi la spécialisation des pays en transition s’est parfois renforcée dans les industries lourdes ou intensives en énergie au lieu de se détourner vers les avantages comparatifs de ces pays.
L'effet de variété a aussi des impacts au niveau macro-économique, en particulier en ce qui concerne le taux de change réel. En effet, les deux facteurs qui ont permis aux économies en transition d'Europe centrale et orientale de faire face à la contrainte extérieure sont principalement : i) l'existence de coûts unitaires de main-d'œuvre relativement faibles et ii) la sous-évaluation initiale du taux de change. Leur accession à l'UE entraînera inévitablement une réduction des deux sources de compétitivité des exportations d'Europe centrale et orientale. Les salaires réels sont susceptibles de rattraper les niveaux des salaires d'Europe occidentale et les membres actuels de l'UE pressent ces pays d'appliquer une législation du travail et une législation sociale qui induiront une augmentation des coûts salariaux. En outre, la stabilité du taux de change constituera une condition préliminaire aux négociations sur l'adhésion.
Les petites économies ouvertes peuvent néanmoins croître plus rapidement que leurs partenaires commerciaux sans encourir le risque d'une crise de la balance des paiements si elles réussissent à augmenter la variété de leurs produits. Ce lien entre croissance, commerce et variété des produits a été mis en évidence dans la littérature récente (Krugman, 1989; Oliveira Martins, 1992; Funke et Ruhwedel, 2001). Cependant, l'augmentation du nombre de variétés exigera un processus important de restructuration économique du fait que la production demeure encore relativement concentrée sur des produits homogènes et que la densité d'entreprises est encore sensiblement plus faible qu'en Europe occidentale.
La présente étude s’ouvre par un survol des changements de profil et d'orientation des échanges dans les économies en transition d'Europe centrale et orientale. Nous développons ensuite un cadre théorique simple qui permet de prendre en compte les faits stylisés de la transition. Nous confrontons ensuite les résultats de notre modèle avec les faits stylisés de la transition et terminons par quelques remarques finales.
 
Quelques faits marquants de la transition
 
 
Cette partie étaye certains faits portant sur les flux de commerce au cours de la période de transition. Afin de conserver une certaine homogénéité statistique, nous concentrerons l’analyse sur la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Roumanie et la Slovaquie.
Les échanges ne se sont pas effondrés avec la production
Tous les pays en transition ont vécu, après 1989, l'une des plus fortes dépressions de l'histoire économique moderne. Entre 1989 et 1991, les PIB des pays d’Europe centrale et orientale ont baissé, jusqu’à 30 pour cent dans le cas de la Bulgarie et de la Roumanie (figure 1). Les différentes causes de cette baisse de la production ont été traitées dans la littérature économique. Ainsi, un certain effet de désorganisation a résulté de la perte des anciens réseaux de production et de distribution (Blanchard et Kremer, 1997; Roland et Verdier, 1999) ou de la perte des marchés de l’ancien CAEM (Conseil d'Assistance Économique Mutuelle). Il n'en reste pas moins que la baisse de production peut partiellement s'expliquer par le niveau de distorsions préexistantes et la gestion du processus de réforme. Dans les pays en transition les plus avancés, comme la Hongrie ou la Slovénie par exemple, un processus de prise de décision plus décentralisé était en place avant la transition. Certains pays ont pu adopter des réformes plus rapidement et plus intégralement que les autres, ce qui n'a pu que renforcer leur position favorable. Globalement, les baisses de production les plus fortes et les plus prolongées ont eu lieu dans les pays qui connaissaient les distorsions les plus fortes avant la transition ou qui ont le plus tardé à mettre en place les réformes, comme la Roumanie et la Bulgarie.
Bien que cette dépression du début de la transition soit relativement bien documentée, le fait que les volumes d'échanges ne se soient pas effondrés dans les mêmes proportions que la production demeure surprenant. Notamment, le profil des importations est particulièrement troublant puisque celles-ci ne semblent avoir souffert d'aucune baisse (figure 2). Au contraire, il semblerait qu'alors que ces pays souffraient d'une dépression économique grave, les importations sont demeurées soutenues. La seule exception notable a été la Bulgarie.
Graphique 1
chute du PIB (1989=100)
IMGIMGchute du PIB (1989=100)IMGIMF
UN/ECE (1999)
Graphique 2
importations en dollars US (1989=100)
IMGIMGimportations en dollars US (1989=100)IMGIMF
UN/ECE (1999)
Après la libéralisation des échan ges, les con sommateurs on t pu déplacer quasi instantanément leur consommation vers des produits de meilleure qualité et de plus grande variété. Le même schéma peut s’appliquer à l'investissement et à la demande de biens intermédiaires. En revanche, l'offre avait besoin de temps pour s'ajuster. Les petites économies ouvertes importent naturellement une grande gamme de produits mais au cours de la période de transition la croissance des exportations ne peut pas suivre le rythme de la demande d'importations. Quand la croissance économique démarre et à condition de trouver du financement extérieur, un pays en transition tend ainsi à avoir un déficit d'échanges commerciaux croissant.
L'effondrement du CAEM et la réorientation rapide des échanges commerciaux
En 1989, environ un tiers des échanges commerciaux d'Europe centrale et orientale se faisait avec l'ex-URSS. Les échanges intra-régionaux en Europe centrale et orientale représentaient environ 15 à 16 % des échanges (figure 3). Les pays de l'OCDE couvraient déjà plus de 40 % des flux commerciaux, le reste du monde en représentait 1 6 % supplémentaires. Six ans plus tard, en 1995, la situation avait considérablement changé. Les exportations vers la Fédération russe n'étaient plus que de l'ordre de 10 %, tandis que les importations en provenance de Russie n'atteignaient pas 15 % des importations totales. La part des échanges intra-régionaux se situait, quant à elle, bien en-dessous des 10 %. La part des échanges avec le reste du monde a également quelque peu décliné par rapport à la période antérieure à la transition. Au total, environ 70 % des échanges de l'Europe centrale et orientale s’effectuaient avec des économies de marché développées (principalement l'Union européenne).
Graphique 3
flux commerciaux d'Europe Centrale et Orientale (en % des exportations et importations totales)
IMGIMGflux commerciaux d'Europe Centrale et 
Orientale (...IMGIMF
UN-ECE (1999)
La spécialisation dans les exportations traditionnelles au début de la transition
Une troisième caractéristique des échanges a été la spécialisation persistante au début de la transition dans les secteurs intensifs en énergie et en capital, ce malgré la faiblesse des coûts de main-d'œuvre dans ces pays par rapport à leurs contreparties d'Europe occidentale ainsi que leur niveau d'éducation tout à fait satisfaisant. Pour illustrer ce point, nous avons calculé l'indicateur d'avantage comparatif révélé (RCA) proposé par Neven (1995) :
X et M représentent, respectivement, les ii exportations et les importations d’un produit i. Par construction, cet indicateur se situe entre-100 et 100. Les limites inférieure et supérieure de cet indice ne peuvent être atteintes que dans le cas (théorique) où les échanges du pays sont intégralement spécialisés et où il n'existe que deux biens. En pratique, la valeur de cet indice dépasse rarement 10 (en valeur absolue). Plus la valeur de l'indice est élevée, plus la spécialisation des échanges est forte [1].
Selon ce critère, nous avons sélectionné les sept RCA les plus forts et les plus faibles sur le champ des produits manufacturés [2], pour tous les pays où les données sont disponibles (tableau 1). Selon les pays, ces produits couvrent de 30 à 40 pour cent des échanges commerciaux. Nous ne considérons que les biens manufacturés pour deux raisons. En premier lieu, les échanges de produits agricoles ont tendance à être extrêmement faussés par de fortes barrières aux échanges sur les marchés européens, ce qui affecte notre mesure d'avantage comparatif. En second lieu, l'effet de la variété des produits discuté dans ce papier a principalement trait aux produits manufacturés.

Tableau 1
spécialisation des produits manufacturés en Europe Centrale et Orientale, 1995
IMGIMGTableau 1 : spécialisation des produ...IMGIMF
Tableau 1 : spécialisation des produits manufacturés en Europe Centrale et Orientale, 1995 Code RCAs Part des Code RCAs Part desions CTCI Avantages comparatifs (1) exportations (%) CTCI Désavantages comparatifs (1) importat(%) RÉPUBLIQUE TCHÈQUE 67 Fer et acier 4,7 9,4 75 Machines pour bureau ou traitement automatiquede l'information-3,7 4,4 66 Articles minéraux non métalliquesmanufacturés 3,8 5,7 76 Équipement de télécommunications,enregistrement et reproduction de son-2,7 3,0 69 Articles manufacturés en métal 2,9 6,0 74 Machines et appareils industriels & piècesdétachées-2,5 6,5 65 Fils et fils textiles, etc. 2,7 4,8 77 Machines et appareils électriques-2,3 6,0 78 Véhicules automobiles routiers 1,7 8,3 72 Machines spécialisées-2,2 6,3 51 Produits chimiques 1,6 3,4 54 Produits pharmaceutiques et médicaux-1,9 3,0 63 Articles manufacturés en bois et liège,sauf meubles 1,1 1,6 87 Instruments professionnels et scientifiques-1,8 2,5 18,9 39,2-17,3 31,7 HONGRIE 84 Vêtements et accessoires 5,6 8,0 65 Fils et fils textiles, etc. -3,4 5,7 77 Machines et appareils électriques 2,6 9,7 75 Machines pour bureau ou traitement automatiquede l'information-2,2 2,7 57 Matières plastiques en formes de base 2,1 3,8 74 Machines et appareils industriels & piècesdétachées-2,1 5,0 85 Chaussures 1,1 2,1 64 Papier et articles manufacturés en papier-2,1 3,3 82 Meubles et leurs parties 0,8 1,7 79 Autre matériel de transport-1,2 1,4 63 Articles manufacturés en bois et liège,sauf meubles 0,7 1,0 72 Machines et appareils spécialisés pour industries-1,2 3,3 42 Huiles végétales fixes, brutes, raffinées 0,4 0,6 89 Articles manufacturés divers-1,1 3,2 13,3 27,1-13,5 25,0 POLOGNE 84 Vêtements et accessoires 8,9 10,0 65 Fils, tissus, articles textiles façonnés, etc. -5,1 7,4 82 Meubles et leurs parties 5,3 5,8 74 Machines et appareils industriels & piècesdétachées-4,0 6,0 68 Métaux non ferreux 4,7 5,9 75 Machines pour bureau ou traitement automatiquede l'information-2,7 2,9 79 Autre matériel de transport 4,4 4,6 72 Machines et appareils spécialisés pour industries-2,3 4,4 67 Fer et acier 2,4 5,6 54 Produits médicinaux et pharmaceutiques-2,1 3,1 69 Articles manufacturés en métal, n.d.a. 2,2 4,9 76 Équipement de télécommunications,enregistrement et reproduction de son-1,7 2,5 63 Articles manufacturés en bois et liège,sauf meubles 2,1 2,6 58 Matières plastiques artificielles, résines, éthers etc. -1,5 1,8 30,2 39,7-19,8 28,4



IMGIMGROUMANIE 
84 Vêtements et accessoire...IMGIMF
ROUMANIE 84 Vêtements et accessoires 17,6 19,3 65 Fils, tissus, articles textiles façonnés, etc. -7,1 9,2 67 Fer et acier 7,5 10,8 33 Pétrole et produits dérivés et connexes-5,5 12,6 82 Meubles et leurs parties 5,5 6,0 34 Gaz naturel et gaz manufacturé -5,4 5,4 85 Chaussures 5,1 6,2 72 Machines et appareils spécialisés pour industries-4,7 6,1 56 Engrais manufacturés 4,3 4,4 74 Machines et appareils industriels & piècesdétachées-2,6 5,4 04 Céréales et préparations à base decéréales 3,3 3,8 32 Houille, coke et briquettes-2,6 2,8 24 Liège et bois 2,6 2,7 77 Machines et appareils électriques, pièces-2,3 4,5 45,9 53,2-30,2 46,0 RÉPUBLIQUE SLOVAQUE 67 Fer et acier 12,5 17,2 75 Machines pour bureau ou traitementautomatique de l'information-3,2 3,4 66 Articles minéraux non métalliquesmanufacturés 2,7 4,3 72 Machines et appareils spécialisés pour industries-2,9 4,8 62 Caoutchouc manufacturé, n.d.a. 2,5 3,1 74 Machines et appareils industriels & piècesdétachées-1,9 4,9 65 Fils, tissus, articles textiles façonnés,n.d.a. 2,0 4,3 54 Produits médicinaux et pharmaceutiques-1,3 3,1 84 Vêtements et accessoires du vêtement 2,0 3,0 77 Machines et appareils électriques, pièces-1,1 4,7 64 Papiers, cartons, ouvrages en pâte decellulose 1,7 3,9 76 Équipement de télécommunications,enregistrement et reproduction de son-1,1 2,0 82 Meubles et leurs parties et piècesdétachées 1,7 2,1 78 Véhicules routiers (y compris a coussin d'air) -1,0 5,3 25,0 37,9-12,5 28,3 SLOVÉNIE 84 Vêtements et accessoires du vêtement 5,1 7,9 93 Transactions spéciales et articles non classés parcatégorie-2,6 2,8 82 Meubles et leurs parties et piècesdétachées 4,2 5,4 75 Machines pour bureau ou traitementautomatique de l'information-2,2 2,3 77 Meubles et leurs parties et piècesdétachées 4,2 9,1 72 Machines et appareils spécialisés pour industries-2,0 3,9 64 Papiers, cartons, ouvrages en pâte de 2,5 4,7 57 Matières plastiques-1,4 2,3 cellulose 63 Ouvrages en liège et en bois saufmeubles 2,4 3,2 78 Véhicules routiers (y compris a coussin d'air) -1,1 12,5 54 Produits médicinaux et pharmaceutiques 2,0 3,8 51 Produits chimiques organiques-0,8 2,2 62 Caoutchouc manufacturé 1,5 2,4 59 Matières et produits chimiques, n.d.a. -0,8 1,3 22,2 36,6-11,28 27,7 Notes: Les secteurs correspondent à CTCI Rev 3 pour tous les pays sauf la Pologne où ils correspondent à CTCI Rev 2. n.d.a.= non-dénommé ailleurs (1) L'indicateur RCA correspond à (Xi /SXk - Mi /SMk ).100, cf. corps du texte, première partie. Source : OCDE et sources nationales.
OCDE et sources nationales.

En 1995, la plupart des pays en transition se caractérisaient encore par une spécialisation persistante dans les produits traditionnels. En République tchèque, les principaux avantages comparatifs révélés étaient localisés dans les industries lourdes et dans les produits intermédiaires tels que le fer et l'acier (CTCI 67), les produits manufacturés minéraux non ferreux (CTCI 66, comme le verre), les produits métalliques (CTCI 69), les fils, tissus (CTCI 65) ou les produits chimiques de base (CTCI 51). Le seul produit de consommation finale représenté parmi les sept RCA les plus élevés sont les véhicules routiers (CTCI 78). Toutes ces industries formaient le noyau dur de l'ancienne structure industrielle de ce pays. Le biais en faveur des industries lourdes était encore plus marqué en Slovaquie dont le secteur du fer et de l'acier avait un RCA supérieur à 10 et représentait 17 pour cent des exportations totales à lui seul [3]. Par contraste, les désavantages comparatifs étaient surtout observés dans les secteurs des biens de consommation ou dans les industries hautement diversifiées, c'est-à-dire les secteurs caractérisés par un grand nombre de variétés comme les machines pour le bureau (CTCI 75), les télécommunications (CTCI 76), les machines (CTCI 72,74 et 77) ou les produits pharmaceutiques (CTCI 54). La Pologne semblait plus spécialisée dans les biens de consommation finale produits par l'industrie légère, tels que les vêtements et accessoires du vêtement (CTCI 84), les meubles (CTCI 82) ou les autres matériels de transport (CTCI 79). Il faut cependant noter que ces exportations étaient rendues possibles en raison d’une intense activité de sous-traitance avec des firmes occidentales [4]. La spécification et la conception des produits (soit les activités les plus pertinentes en termes de différenciation des produits) étaient principalement réalisées sous contrat plutôt que par des firmes locales. Les autres RCA suivent un schéma identiqueà celui de la République tchèque.
Seules la Hongrie et la Slovénie faisaient preuve d'avantages comparatifs dans les industries légères et se montraient également capables de devenir des exportateurs nets dans des industries comme les machines électriques (CTCI 77), les plastiques (CTCI 57) ou les produits pharmaceutiques (CTCI 54). Ceci était un signe d’un tissu industriel plus diversifié.
 
Variété des produits et transition : un modèle simplifié
 
 
Il est étonnant que la littérature sur les économies en transition ait souvent négligé une dimension cruciale du changement structurel, à savoir le passage des produits "homogénéisés" aux produits différenciés, en particulier par la différenciation horizontale des produits (augmentation du nombre de variétés). Pourquoi la variété des produits faisait-elle défaut avant le processus de transition ? Sous le régime de planification centrale, les ressources étaient systématiquement détournées des biens de consommation finale et les relations commerciales avec les pays occidentaux étaient limitées. En outre, l'augmentation du nombre de variétés disponibles à la consommation nécessite une augmentation de la densité d'entreprises. Or, il existait alors d'insurmontables barrières à la création d'entreprises dans ces pays [5]. En effet, une des caractéristiques des firmes socialistes en était le fort degré d'intégration verticale qui, naturellement, ne favorise pas (même dans un système de marché) le développement des variétés de produits [6].
L'ouverture des échanges a été la première étape de la transition vers une économie de marché, avec la levée des restrictions d'achat des produits différenciés par les consommateurs nationaux. Ainsi, le côté de la demande a commencé à compter dans la détermination de l'équilibre économique. Par suite, une grande variété de produits a fait l'objet d'importations nouvelles. La production intérieure de variétés a également commencé à croître, mais plus progressivement. La formation d'un réseau d’entreprises est en effet un processus coûteux en temps et en investissements. Dans la mesure où ce processus passe par la création de nouvelles entreprises, il induit des coûts fixes d'entrée et un fort taux d'échec. Les barrières à l'entrée étaient particulièrement élevées en Europe centrale et orientale du fait que cette zone manquait d'institutions de marché, d'entrepreneurs et d'intermédiaires financiers pour convoyer les ressources vers la création d'entreprises. Or, plus les barrières à l'entrée sont fortes, plus la création d'entreprises est limitée et plus le développement de nouveaux produits différenciés est lent.
Le comportement de demande
Les effets du développement de variétés sur les échanges et sur la production intérieure peuvent être mis en évidence dans un modèle très simple d'équilibre général en économie ouverte. La demande jouant le rôle principal dans les résultats obtenus, il est donc utile de commencer par définir la fonction d’utilité.
Ce qui nous intéresse principalement est d'isoler les effets de l'augmentation du nombre de produits. Nous ne supposerons donc pas de changement dans les goûts des consommateurs au cours du temps (ni même au début du processus de transition), ni d'asymétries dans les goûts des consommateurs entre une économie en transition et les économies plus avancées. Pour simplifier, supposons qu'il n'existe que deux produits : un produit homogène (H) et un produit différencié (D) [7]. Les préférences du consommateur représentatif [8] sont de type CES :
Cette spécification de la fonction d'utilité a l'avantage de résumer toute l'information pertinente sur les préférences des consommateurs en trois paramètres de base. Le paramètre ρ caractérise le degré de substitution entre produits homogènes et différenciés, tandis que α est un paramètre de distribution qui influe sur l'allocation du budget du consommateur entre les deux ensembles de produits. Enfin, le paramètre θ résume l'importance du "goût pour la variété" des consommateurs : plus θ est faible, plus la variation de bien-être associée à la multip lication d es variétés offertes au consommateur est grande. Comme il ressort de la formule (2), la fonction de sous-utilité des produits différenciés correspond également à une fonction CES, selon le modèle standard de Dixit-Stiglitz (1977). Seuls n produits, parmi un très grand nombre possible de variétés (M), sont produits et offerts à la consommation.
Le programme de maximisation de l'utilité peut, normalement, être séparé en deux étapes. Au niveau supérieur d’utilité, le consommateur décide comment il alloue son budget entre le produit homogène et le produit différencié composite. Dans un second temps, le consommateur décide comment il alloue ses dépenses entre les différentes variétés disponibles. Nous supposons que les producteurs de variétés appliquent les mêmes technologies de production à rendements croissants. Nous maintenons également l'hypothèse habituelle que chaque variété ne peut être produite que par une seule firme [10]. Étant donnée l’hypothèse de symétrie, au point d'équilibre, toutes les variétés auront le même prix, noté p. Étant donnée la fonction d'utilité, le consommateur partagera sa consommation uniformément entre les variétés et demandera la même quantité, notée x, de chaque variété. De la fonction (2), nous pouvons déduire la demande (relative) de produits différenciés comme suit :
σ ρ= -1 1/ ( ) représente l'élasticité de substitution entre les produits homogènes (H) et les produits composites (D) et P le prix du bien H homogène. La formule (3) montre que – pour p et P H donnés – l'augmentation du nombre de variétés produites induit une plus grande consommation de biens différenciés. Ceci ne signifie pas que la demande de chaque variété augmente également. Si l'élasticité de substitution entre variétés σx est supérieure à σ, la demande de chaque variété diminue avec n. Nous nous plaçons donc sous cette hypothèse (c'est-à-dire on suppose que θ ρ> ).
Équilibres pré- et post-transition
Avant la transition, nous supposons qu'il n'y avait qu'un seul type de produits (une seule variété) disponible sur le marché domestique (par exemple, un seul type de chemises ou de voitures) et que les consommateurs n'avaient pas d’accès aux variétés importées. Ce résultat peut être obtenu par un planificateur central (non bienveillant) qui maximiserait la production selon une idéologie marxiste d'accumulation primaire. En effet, si l’on note Lx le montant de travail qui est alloué à la production du bien différencié, x le volume de pro duct ion de chaque v ariété et F et a, l respectivement, le coût fixe et le coût marginal dans la production des variétés, le choix de produire n variétés peut se formuler ainsi :
Ce problème simple de programmation linéaire a comme solution le point extrême, n = 1. Le prix de la variété peut être fixé en-dessous du niveau en vigueur sur une économie de marché, soit parce que le monopole ne maximise pas les profits soit, parce que le seuil de rentabilité de l'entreprise est inférieur à celui de ses contreparties dans une économie de marché [10]. Le bien homogène est produit avec des technologies à rendements d'échelle constants. Dans ce cas, le prix (sans profit pur) fixé par le planificateur et le prix du marché coïncident. Comme il arrive souvent dans ce type de modèles, nous supposons l'offre de travail (L) fixe. Étant donné que dans le secteur H, la même technologie à rendements constants est utilisée partout, les taux de salaire sont les mêmes à l'Ouest comme à l'Est [11], et H fera office de bien numéraire. Afin d'en simplifier la notation, nous supposons aussi qu'il faut exactement une unité de travail pour produire une unité de bien H. Sous ces hypothèses, l'équilibre au début de la transition peut être intégralement défini (voir annexe 1).
Deux événements principaux ont eu lieu au début de la transition. Le premier est la libéralisation des échanges. Le second est la possibilité d'entrée de nouvelles entreprises.
Dans notre cadre simplifié, la libéralisation des échanges peut être représentée simplement par une augmentation du nombre de variétés disponibles aux résidents nationaux. Ceux-ci peuvent ouvrir leur consommation D à un plus grand nombre de variétés ( )nw produites à l’Ouest. Puisque les préférences des consommateurs nationaux et étrangers sont identiques, de même que les technologies de production [12], les variétés ne peuvent qu'avoir le même prix en situation d'équilibre [13], soit le prix initial du marché occidental [14] ( )pw. Appelons x la demande par variété du consommateur représentatif, où x est une fonction décroissante de pw et, comme nous l'avons dit plus haut, du nombre total de producteurs de variétés (soit nw variétés à l’Ouest et une seule variété à l’Est). Notons maintenant Le et Lw les tailles des populations à l’Est et à l’Ouest respectivement. L'équilibre des échanges au début de la période de transition est alors donné par :
Hxe représente les exportations nettes en produit homogène des économies en transition, déterminées de manière résiduelle en prenant en considération la contrainte globale de ressources. Comme il ressort de l'équation (5), tant que n L L w e w ≥, les pays d’Europe centrale et orientale seront importateurs nets de variétés et exportateurs nets en produit homogène.
Le second événement marquant le début de la période de transition a été la libre entrée des producteurs de variétés. De ce fait, le nombre de variétés produites sur le marché national n'est plus décidé par le planificateur central mais devient le résultat de décisions décentralisées induites par les incitations du marché. Selon le modèle standard de concurrence mono polistiqu e de Dixit-Stiglitz (1977), le nombre optimal de variétés produites à l'Est à long terme dépend de la taille du marché, du degré de substitution entre variétés et des coûts fixes (F) associés à la création de nouvelles entreprises, de la manière suivante :
Comme le montre l'équation (6), avec la symétrie des technologies et des préférences, la densité en entreprises dans les pays de l'Est converge à long terme vers les niveaux existants à l'Ouest, soit :
Il est à noter que la condition ci-dessus, ainsi que (5), signifient que les échanges de variétés s'équilibrent. En d’autres termes, à long terme, les pays d’Europe centrale et orientale n'effectuent que des échanges de type intra-industriel [15]. Mais dans la transition vers l’équilibre de long terme, notre modèle prévoit en effet que les économies d’Europe centrale et orientale connaissent à leur début d'importants déficits commerciaux dans les produits différenciés. Ces déficits sont financés par des exportations de produits homogènes.
La transition
L'augmentation du nombre de firmes représente un processus coûteux et qui peut, notamment dans le secteur de la transformation, entraîner des coûts fixes importants. En outre, la probabilité d'échec est élevée. Par exemple, dans les pays de l'UE, le taux d'échec parmi les entrants peut s'élever à 50 pour cent après cinq ans d'activité (EuroStat, 1996a). Le taux d'échec dans les pays en transition peut s'avérer encore plus élevé, en raison d’un esprit d'entreprise moins développé et d’infrastructures souvent inadaptées au soutien de la création d'entreprise. L'incapacité du système bancaire à offrir du capital-risque aux nouvelles entreprises peut constituer un facteur d’échec supplémentaire du fait de son inefficacité et de son implication avec les grandes entreprises (souvent largement endettées). Ainsi, il paraît plus réaliste de modéliser le développement de variétés comme un processus lent, induisant des coûts fixes élevés et de nombreux échecs.
La façon la plus simple de modéliser les caractéristiques précédemment citées du processus d'entrée de nouvelles entreprises est de supposer une probabilité de survie (constante), λ. Ceux qui parviennent à pénétrer le marché y restent à tout jamais. Ceux qui n'y parviennent pas tentent à nouveau leur chance à la période suivante, mais doivent repayer à nouveau les coûts fixes d’entrée. Les coûts fixes proviennent des coûts de développement des produits (comme la R&D, le design du produit, sa commercialisation, etc.). Les firmes qui entrent doivent employer du personnel durant une période avant de commencer à produire. Afin de payer les coûts d'entrée, les firmes doivent emprunter sur le marché des capitaux (ou trouver un partenaire à l’Ouest). Au cours de la période suivante, les firmes qui réussissent à pénétrer le marché commencent à rembourser leur dette au taux d'intérêt en vigueur, r. Celles qui n’y parviennent pas sont fermées et leur dette n’est pas remboursée [16] (ou bien l’est par leur partenaire occidental).
La littérature sur la variété des produits fait souvent des hypothèses qui reviennent à réduire le choix de consommation à un problème de décision statique (Grossman et Helpman, 1991). Pour respecter cette tradition - qui est sûrement davantage justifiée pour la modélisation des économies en transition [17] que pour les économies de l'OCDE - nous supposons que le taux pur de préférence temporelle des consommateurs est égal au taux d'intérêt du marché. Ceci signifie que la dépense (nominale) reste constante dans le temps.
Notons v la valeur ex ante de la firme à l'entrée et b 0 le nombre de firmes qui paient les coûts fixes d'entrée. La condition de libre entrée s’exprime comme suit :
πreprésente le montant des profits instantanés etδ le facteur d'escompte,δ = + 1 1/ ( )r. Dans la mesure où le flux de profits atteints par les entrants diminue avec n, (voir annexe 1), tous les entrepreneurs débutants sont incités à payer les coûts d'entrée fixes immédiatement après la libéralisation des échanges. On a en effet observé une explosion du nombre d'entrepreneurs inscrits et entités privées juste après les premières réformes systémiques (voir OCDE, 1992, tableau 6.4). Comme il ressort de (8) et de la relation (7), le nombre d'entrepreneurs privés inscrits dépassera à long terme la densité d'entreprises d’un facteur proportionnel au taux d'échec et à la taille du pays, soit :
L'équation (9) montre qu'un plus grand risque d'échec augmente le poids de l'ajustement à l'équilibre de long terme des économies en transition parce que la perte brute de ressources inhérente au processus d'entrée est plus importante. S'il n'existe aucune asymétrie parmi les économies en transition en ce qui concerne les coûts fixes, alors les pays ayant le plus fort taux d'échec auront la plus forte baisse de production.
On pourrait néanmoins soutenir que le manque de variétés hérité du passé, et donc l'existence de nombreuses niches de marché inexploitées, rendent la concurrence moins sévère pour les nouveaux entrants dans les économies en transition. Ce processus de "comblement des niches de produits" peut être modélisé en supposant tout simplement que λdécroît avec n (augmente avec le nombre de niches du marché inexploitées). Ceci n'altère en rien nos conclusions en ce qui concerne le moment de l'entrée. Tout comme dans le cas du scénario précédent, tous les entrants potentiels essaieront immédiatement de pénétrer le marché.
Afin d'étaler les entrées dans le temps, il serait nécessaire de supposer, soit que la probabilité de survie décroît avec b, soit que les coûts fixes diminuent avec l’augmentation du nombre de producteurs nationaux de variétés. Ces deux hypothèses nepeuvent pas être rejetées. En effet, on a observé des signes de coûts de congestion à l'entrée [18] et on ne peut exclure l’existence d’un effet de masse critique lié à la création d'un Mittlestand de producteurs de variétés. Ces stratégies alternatives de modélisation sont discutées en annexe 2. En tout état de cause, elles ne changent pas les résultats fondamentaux de notre modèle simplifié.
 
Confrontation du modèle avec les faits
 
 
Nous allons maintenant montrer que le modèle esquissé dans la partie précédente peut tenir compte des faits marquants du processus de transition décrits dans la première partie.
L'effondrement initial de la production
Dans la mesure où l'entrée suppose des coûts fixes et que le nombre d'entrepreneurs qui paient ces coûts dépasse la différence entre la faible densité d'entreprises héritée du système passé et ces niveaux d'équilibre à long terme, une quantité non négligeable de ressources est soustraite de la production immédiatement après le début de la transition. Le montant de la perte de production liée à l'explosion du nombre de nouvelles entreprises augmente par rapport au montant des coûts fixes d’entrée et décroît par rapport aux probabilités de survie. La variation de la production du bien homogène est ainsi donnée par :
ou, en considérant (7) :
Ainsi, plus grand est l'écart entre le nombre de variétés du pays et celui de l’étranger (mesuré par le déficit initial de la balance commerciale des variétés donné par l’équation 5), plus la baisse de la production en bien homogène liée à la transition est importante.
Dans ce modèle, la perte de production est principalement induite par les coûts fixes à l'entrée et par la sur-réaction du nombre de nouvelles entreprises cherchant à entrer sur le marché des variétés. Plutôt que de rejeter les autres explications possibles de la forme en U de la dynamique de la production dans ces pays, l'histoire de notre modèle demeure cohérente - sinon complémentaire - avec la prise en compte de deux facteurs additionnels qui peuvent augmenter encore plus les pertes de production. En premier lieu, comme a pu le suggérer Daianu (1996), un changement important des prix relatifs induits par la transition (c'est-à-dire le changement de prix relatifs entre les produits homogènes et les produits différenciés induits par l'explosion de n) ne peut pas être facilement absorbé dans une courte période. Les changements de prix relatifs ne se résolvent pas non plus uniquement par des ajustements de taux de change. Ainsi, l'économie en transition est poussée à déplacer son équilibre à court terme loin de la frontière de production. En second lieu, les secteurs traditionnels produisant des biens homogènes étaient généralement composés de grandes entreprises très intégrées. Ceci a généré différentes sortes d'indivisibilité qui ont contribué à augmenter les pertes de production liées au transfert de ressources de la production de produits homogènes vers le secteurdes produits différenciés.
Si notre intérêt porte sur l'effondrement de la production, le modèle peut également servir à simuler la baisse du PIB enregistrée dans les économies en transition. Cette dernière provient de la diminution du prix composite des variétés liée à la libéralisation des échanges et du fait que les comptes nationaux ne prennent pas en compte l'effet de l’augmentation de la variété des produits. En effet, l’indice des prix à la consommation (IPC) s'obtient en général par une simple moyenne pondérée (par la part des consommations) des prix des différents biens. Dans notre modèle, l'indice des prix à la consommation dans les comptes nationaux d'avant la libéralisation peut s’écrire [19] :
La variation enregistrée de l'indice des prix à la consommation est donc égale :
La variation du véritable indice des prix à la consommation, soit l'indice qui prend en considération l'augmentation du nombre de variétés, est quant à elle égale à :
L'équation (14) montre que l’indice de prix ‘vrai’à la consommation est effectivement susceptible de diminuer après la libéralisation des échanges dans la mesure où l’effet du nombre croissant de variétés offertes aux co nsommateurs compense l'augmentation de prix de chaque variété individuelle. Le tableau 2 présente une illustration numérique de la manière dont l'effet de variété peut produire des résultats très différents de l'impact de la libéralisation des échanges sur le PIB. En supposant les paramètres fictifs de notre simulation, si on utilise (13), le PIB réel s'effondre tandis que si on applique (14) on observe une légère augmentation de la mesure réelle du PIB.
Selon notre modèle, la dépression post-transition est liée aux déplacements de structure de la consommation au bénéfice des produits différenciés et à l'inertie de l'offre à s'adapter à ce choc. Cette explication de la dépression induite par l'offre est cohérente avec deux faits marquants de la transition, notamment : i) l'investissement total a chuté moins que la production [20] et ii) tandis que le PIB et la production industrielle s'effondraient, les importations ne décroissaient pas de la même manière et ont même augmenté assez rapidement après la première phase de transition. Une des caractéristiques importantes de notre modèle réside dans le fait que le déplacement de la demande a lieu sans changements (exogènes) des préférences.
La spécialisation initiale dans les produits traditionnels
Comme nous l'avons montré ci-dessus, la balance commerciale des produits différenciés est initialement en déficit et s'améliore avec l'augmentation du nombre de variétés domestiques produites. Ainsi, un pays en transition est au départ un exportateur net de H même si, dans l'équilibre à long terme, le pays augmente sa spécialisation dans les produits différenciés. La question est que H doit être exporté jusqu'à ce qu'une masse critique de producteurs de variétés soit atteinte.
Pourquoi la privatisation ne suffit-elle pas ?
Une question annexe est liée aux effets de la privatisation. Les gains de production (et d'emploi) ne sont atteints dans ce modèle que par les nouvelles firmes produisant de nouveaux produits. Le changement de propriété n'importe pas dans la mesure où la privatisation ne comporte pas de changement dans la conception du produit. De ce point de vue, les firmes ex-novo sont plus performantes que les entreprises privatisées en place tant en matière d'emploi que d'augmentation du chiffre d'affaires (voir Bilsen et Konings, 1996 et Richter et Schaffer, 1996).

Tableau 2
simulation de l'impact de la libéralisation selon différentes mesures de l'indice des prix à la consommation
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Tableau 2 : simulation de l'impact de la libéralisation selon différentes mesures de l'indice des prix à la consommation Variables Pré-transition Post libéralisation Taux de variation Prix de chaque variété p 1,00 1,50 50% Prix du produit homogène (H) PH 1,00 1,00 0% Élasticité de substitution globale s 1,50 1,50 --Élasticité de substitution entre variétés sx 10 10 --Nombre de variétés n 1 50 4900% Coefficient de préférence pour le bien homogène (H) a 0,50 0,50 --Taux de salaire w 1,00 1,00 0% Population L 1 000 1 000 0% Prix du produit composite (D) PD 1,00 0,97-3% Indice des prix à la consommation comme moyenne pondérée(1) IPC$ 1,00 1,25 25% Indice des prix à la consommation comprenant l'effet de variété(1) IPC 1,00 0,99-1% PIB réel en utilisant IPC$ (2) 1 000 800-20% PIB réel en utilisant le vrai IPC(2) PIB 1 000 1 014,76 1% (1) Voir les formules (13) et (14) dans le texte. (2) Calculé avec la formule w.L / IPC. Source : Calculs des auteurs.
Calculs des auteurs.

L'effondrement du CAEM et la réorientation des échanges
Comme nous l'avons analysé dans la deuxième partie, les échanges au sein du CAEM concernaient principalement les produits de consommation finale "homogénéisés" (à l'exception des importations d'énergie et de matières premières en provenance de l'ex-URSS). Après la libéralisation des échanges, aucun des anciens partenaires du CAEM n'avait le potentiel d'offre suffisant pour satisfaire la demande de produits différenciés et l'offre excédentaire de H.
 
Autres implications du modèle
 
 
Notre modèle reste également cohérent avec l'augmentation de la densité d'entreprises enregistrée depuis 1990 dans toutes les économies en transition. Le tableau 3 - tiré d'un rapport d'EuroStat (1996b) - montre que la densité d'entreprises a effectivement augmenté rapidement en Europe centrale et orientale tout en restant bien en-dessous des niveaux existants dans les pays de l'Union européenne.

Tableau 3
comparaison de la densité d'entreprises
IMGIMGTableau 3 : comparaison de la densit...IMGIMF
Tableau 3 : comparaison de la densité d'entreprises (nombre d'entreprises pour 1000) e et Par rapport à : UE Europe centralorientale(1) Total habitants 43 31 Population active 95 64 Population non agricole 113 83 (1) Albanie, Bulgarie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Slovaquie et Slovénie. Source : EuroStat (1996b).
EuroStat (1996b).

La figure 4 montre que le rapport entre la densité d'entreprises [21] (corrigée pour les firmes inactives) et les niveaux de revenu réel par tête (PIB exprimé en PPA) est approximativement vérifié dans tous les pays, que ce soient les pays en transition ou les pays occidentaux. Les pays les plus avancés dans le processus de transition tels que la République tchèque, la Hongrie et la Slovénie sont également ceux où le PIB par tête et la densité d'entreprises sont les plus élevés. En outre, les pays où la densité d'entreprises est la plus forte dès l'origine (et donc, selon notre modèle, les pays où sont produits dès l'origine le plus grand nombre de variétés) sont ceux qui affichent les baisses les plus faibles et les moins durables de production. Ainsi, la production a davantage décliné en Bulgarie ou en Roumanie qu'en Hongrie ou en République tchèque. Ceci demeure cohérent avec les prévisions du modèle.
Graphique 4
densité d'entreprise(1) et PIB par tête, 1995
IMGIMGdensité d'entreprise(1) et PIB par tête, 
1995 IMGIMF
EuroStat(1996.b) et calculs des auteurs.
Les hausses de déficits commerciaux qui ont été observées dans les premiers stades de la transition et qui sont réapparues en 1996 et en 1997 sont également conformes aux implications du modèle. Dans la mesure où le nombre de producteurs nationaux de variétés est loin de l'équilibre à long terme, les augmentations de salaires réels (associées aux effets de rattrapage) se traduisent largement par une augmentation de la demande de variétés importées. L'offre de main-d'œuvre est fixe dans notre modèle mais ces effets de coûts unitaires de la main-d'œuvre peuvent être modélisés en tant que variations des coûts marginaux de H, ce qui complique le financement par le pays du déficit de produits différenciés. Globalement, le seul moyen de soutenir la croissance des salaires réels sur le long terme est l'augmentation du nombre de variétés (de firmes) qui génère sa propre demande.
 
Remarques finales
 
 
L'objectif de cet article était de souligner des mécanismes de la transition qui pouvaient être à l’œuvre en considérant la dimension structurelle des changements, jusqu'ici peu étudiée. Nous faisons référence au "choc de la variété des produits" survenu dans tous les pays en transition juste après la chute du mur de Berlin. Un simple modèle schématisant cet effet de variété peut aider à comprendre plusieurs faits marquants de la transition. Le modèle a également des implications sur la conception des politiques permettant la transformation économique.
La sortie de la récession due à la transition est liée pour bon nombre de pays à la demande de biens homogènes produits à l'Est émanant des pays de l'OCDE. Notre modèle suggère cependant qu'une croissance durable ne peut provenir que du développement de nombreuses petites unités spécialisées dans le secteur manufacturier. En d’autres termes, la croissance à long terme ne peut émaner que de l'augmentation de la densité d'entreprises.
Bien que l'entrée soit la force motrice de la croissance économique à long terme, à court terme elle détourne les ressources de la production, induisant ainsi des pertes de production. Ces pertes sont d'autant plus élevées que l'écart existant entre la densité passée d'entreprises et celle qui existera à long terme est grand et que les barrières à l'entrée de nouvelles firmes sont élevées. Des mesures pour réduire ces barrières sont susceptibles d'accélérer sensiblement la transition et d'en réduire les coûts sous forme de moindre perte de production.
Après l'explosion initiale d'entreprises nouvelles, la création de nouvelles firmes subit un fort ralentissement et ces pays en transition sont loin d'atteindre une densité d'entreprises comparable à celle des pays de l'OCDE. La majeure partie du développement d'un nouveau secteur privé s'est concentrée sur les activités de services plutôt que dans le secteur manufacturier. Le contexte est encore peu favorable au développement de petites entreprises dans ce dernier secteur. Les taux d'intérêt réels sont élevés, le capital risque manque, il existe un lien serré entre les grandes entreprises et le secteur bancaire et peu d'infrastructures propices au développement de petites entreprises.
L'ouverture aux échanges a joué un rôle important dans l'affaiblissement du pouvoir de monopole des entreprises en place et a permis d'ouvrir la voie aux nouvelles entreprises. Les échanges ont également favorisé la sous-traitance dans des secteurs traditionnels (habillement, bois) mais aussi dans des secteurs nouveaux (comme par exemple machines et appareils). Il devrait en résulter un transfert de savoir-faire et un processus d'apprentissage ainsi que l'émergence d'une masse critique de petites et moyennes entreprises (PME) suffisamment dynamiques et innovantes. Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour réduire les barrières à l'entrée et pour la survie des nouvelles entreprises dans les économies en transition.
 
Annexe 1 : équilibre pré- et post-transition
 
 
Supposons que chaque résident offre une unité de travail.
Dans ce cas, en plein emploi, le revenu d'un individu est égal à une unité du bien homogène. Notons cet équilibre d'avant la transition par "0 ". Compte tenu de l’homogénéité des technologies de production et des préférences des consommateurs, la demande de chaque variété à l'équilibre initial et à l'équilibre final est égale respectivement à :
Le prix des variétés avant le début de la transition est égal au coût moyen, c'est-à-dire :
où 0 < F < ( 1 - α ) ,
tandis que le calcul du prix maximisant le profit (dans un contexte de concurrence monopolistique) lorsque la demande perçue est de xi entraîne :
ξreprésente le surcoût par rapport aux coûts marginaux et εx l'élasticité demande-prix
Dans un équilibre symétrique post-transition, on a :
Les conditions de résolution du marché pour les variétés sont donc :
n est le nombre total de variétés. La demande intérieure de produits homogènes est donnée, avant et après la transition, par :
La production intérieure de H est obtenue de manière résiduelle par la contrainte globale de ressources :
Ainsi par substitution de iv) dans vi) et utilisant v), les exportations en H Hx ( ) s'obtiennent par :
En utilisant la condition d'équilibre à long terme (équation 7 dans le texte), l'équilibre post-transition des exportations en produit homogène peut également être reformulé ainsi :
d représente l’inverse de la densité d'entreprises à long terme (i.e. L n e e / ) et les taux de marge tendent vers une constante lorsque n est grand. Ceci complète la caract érisat io n des équi l ibres pré-tran sit io n et post-transition à long terme.
L'équilibre existant au cours de la phase de transition s'obtient par simple soustraction du terme n F e du terme de droite de vii).
 
Annexe 2 : dynamique de l’entrée pendant la transition
 
 
Nous montrerons que, lorsque la probabilité de survie est constante dans le temps, soit l'entrée a lieu immédiatement après la libéralisation, soit elle n'a pas lieu du tout. Comme nous le montrons dans l'annexe 1, le taux de marge sur les coûts marginaux, ξ( )n diminue avec le nombre de producteurs de variétés. Supposons alors que l'entrée a lieu en t. D’après (8), on a alors :
De même, si l'entrée a lieu en t + 1 :
mais, dans la mesure où '<ξ 0, ce qui correspond au cas présenté dans l'annexe I, ceci contredit i).
La description ci-dessus est a fortiori valable lorsque la probabilité de survie diminue avec n, notamment parce qu'une plus forte densité d'entreprises signifie un moindre nombre de niches de marché à exploiter par les nouveaux entrants.
L'entrée après la première période ne peut être générée par le présent modèle que si l'on suppose que les coûts d'entrée fixes diminuent avec n (notamment en raison d’effets de masse critique) et que pour les faibles valeurs de n, car si F n'est pas concave il pourrait y avoir une explosion du nombre de firmes. Ces réductions de coûts sur-compensent la baisse du flux de profits escomptés après l'entrée liée à l'augmentation du nombre des producteurs de variétés.
Remarquons que n'importe quelle fonction λ( )b où '<λ 0 et λ( )0 0>, aurait pour effet de lisser l'entrée et d'induire une baisse du nombre des entrants (et non seulement du taux d'entrée) dans le temps.
 
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NOTES
 
[(*)]Université Bocconi et IGIER.
[(**)] Département des Affaires Économiques, OCDE. E.mail : jjoaquim. oliveira@ oecd. org.
[(1)]L'indice RCA peut s'interpréter comme une balance commerciale "normalisée" (étant donné que la somme des indicateurs RCA des différents secteurs est égale à zéro, les avantages comparatifs sont ainsi mesurés dans l'hypothèse théorique d'échanges équilibrés). La valeur de cet indicateur est également liée à l'intensité des échanges commerciaux intra-sectoriels. Plus les échanges bi-latéraux sont forts, plus la spécialisation est peu développée, plus l'indice se situe près de zéro (voir OCDE, 1996).
[(2)]Comme le montre le tableau 1, la valeur de l'indice RCA diminue rapidement (en valeur absolue) et il n'y a donc pas de perte d'information si l'on réduit la liste aux sept premiers et aux sept derniers produits. Des résultats plus détaillés sont disponibles, sur demande, auprès des auteurs.
[(3)]Par la suite, les exportations de la Slovaquie se sont diversifiées vers l’industrie automobile suite à la création d’une usine par un constructeur allemand.
[(4)]Voir Hoekman et Djankov (1996) pour ce qui concerne le rôle des échanges de services de transformation externe dans les relations commerciales entre l'UE et l'Europe orientale.
[(5)]La Hongrie représente un exception partielle dans ce contexte. L'entrée était permise mais uniquement à des entreprises de taille relativement importante.
[(6)]Voir Feenstra et alii (1997) en ce qui concerne cet effet dans le cas des exportations de la Corée et de Taiwan.
[(7)]Nous aurions pu considérer deux paniers, domestique et importé, de produits différenciés mais cela ne ferait que compliquer notre modèle sans changer fondamentalement les résultats.
[(8)]Étant donné que nous ne considérons que la différenciation horizontale des produits, cela ne pose pas de problème de modéliser le comportement de demande par un seul consommateur représentatif. Voir aussi Erkel-Rousse (1997) pour une étude des stratégies de différenciation englobant à la fois une dimension verticale et horizontale.
[(9)]Une explication convaincante de cette hypothèse réside dans le fait que l'imitation implique des coûts fixes et qu’avec des produits similaires les entreprises sont susceptibles de s'engager dans une concurrence des prix ex-post. Dans ces conditions, les imitateurs n'auraient jamais l'occasion de récupérer ces coûts à l'entrée. Nous écartons également la possibilité (peu probable) que plusieurs variétés du même type soient produites avant l'ouverture aux échanges, du fait qu’avant la transition, pratiquement aucune variété n’était produite sur le marché intérieur (voir ci-dessous).
[(10)]Ceci est a fortiori vrai lorsqu'il s'agit d'un producteur travaillant à perte et lourdement subventionné par l'État.
[(11)]C’est une hypothèse facilement modifiable. Dans la mesure où les taux de salaires à l'Est sont inférieurs à ceux de l'Ouest, les producteurs nationaux de H peuvent pénétrer les marchés à l’exportation avec d’autant plus de succès.
[(12)]Pour des raisons de simplicité, nous ne traitons pas ici le cas où les producteurs nationaux de variétés sont moins efficaces que leurs contreparties occidentales. Dans une situation de technologies asymétriques, on pourrait s'attendre à des déficits de la balance commerciale, y compris en équilibre de long terme.
[(13)]Comme dans tout modèle de concurrence monopolistique, le prix commun des variétés, p, comprend une majoration par rapport aux coûts opérationnels qui est inversement liée à l'élasticité de la demande de variétés, et donc au nombre total de producteurs de variétés.
[(14)]Si nw est suffisamment grand, l'ouverture aux échanges avec l'Est (l'apparition d'une nouvelle variété) ne change en effet en rien le prix d'équilibre des variétés.
[(15)]Une manière possible d'étendre notre modèle serait de supposer que la productivité totale des facteurs dans la production de variétés augmente avec le nombre d'intrants intermédiaires à la disposition des entreprises. Nous ne suivrons pas cette voie bien que le passage vers une augmentation des variétés, traité en termes de produits intermédiaires, puisse également être interprété comme le passage de produits homogènes à fort contenu énergétique à une production lègère et diversifiée.
[(16)]Ceci signifie que r intègre le risque d'échec, ainsi
rw représente le taux d'intérêt dominant à l'Ouest.
[(17)]Ces pays avaient des systèmes bancaires relativement sous-développés, des marchés de capitaux et d'assurance pratiquement inexistants, parfois une forte inflation et une incertitude (Knightienne) des consommateurs en ce qui concerne l’avenir. Dans la mesure où nw est grand par rapport à ne, il n'existe aucune incitation dans notre modèle à épargner ni à attendre que la transition soit terminée. Cependant, si les consommateurs anticipent le changement de régime, ils auront tendance à épargner afin d'augmenter leur pouvoir d'achat lorsque les variétés occidentales seront disponibles, induisant de ce fait une baisse de la production (induite par la demande) avant le début effectif de la transition. Nous nous intéressons ici surtout à la phase de transition et aux explications de la récession transitionnelle induites par l'offre.
[(18)]Voir, sur ce point, le numéro spécial 13/1995 du International Journal of Industrial Organisation.
[(19)]On rappelle que le prix du bien homogène est le numéraire et donc par définition vaut 1.
[(20)]Lors d'une dépression induite par la demande, on peut s'attendre à ce que l'investissement diminue dans les mêmes proportions que la production. Ceci n'a pas été observé dans les pays en transition où une résurgence de l'investissement est apparue avant que la production n'atteigne son plus bas niveau (voir sur ce point Rostowski, 1997). Il est à noter que l'investissement dans les activités naissantes est mal documenté par les comptes nationaux (EBRD, 1995).
[(21)]Ces données ne comprennent pas les entreprises agricoles.
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[(*)]
Université Bocconi et IGIER. Suite de la note...
[(**)]
Département des Affaires Économiques, OCDE. E.mail : jjoaq...
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[(1)]
L'indice RCA peut s'interpréter comme une balance commerci...
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[(2)]
Comme le montre le tableau 1, la valeur de l'indice RCA di...
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[(3)]
Par la suite, les exportations de la Slovaquie se sont div...
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[(4)]
Voir Hoekman et Djankov (1996) pour ce qui concerne le rôl...
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[(5)]
La Hongrie représente un exception partielle dans ce conte...
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[(6)]
Voir Feenstra et alii (1997) en ce qui concerne cet effet ...
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[(7)]
Nous aurions pu considérer deux paniers, domestique et imp...
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[(8)]
Étant donné que nous ne considérons que la différenciation ...
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[(9)]
Une explication convaincante de cette hypothèse réside dan...
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[(10)]
Ceci est a fortiori vrai lorsqu'il s'agit d'un producteur ...
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[(11)]
C’est une hypothèse facilement modifiable. Dans la mesure ...
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[(12)]
Pour des raisons de simplicité, nous ne traitons pas ici le...
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[(13)]
Comme dans tout modèle de concurrence monopolistique, le p...
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[(14)]
Si nw est suffisamment grand, l'ouverture aux échanges ave...
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[(15)]
Une manière possible d'étendre notre modèle serait de supp...
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[(16)]
Ceci signifie que r intègre le risque d'échec, ainsi où rw...
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[(17)]
Ces pays avaient des systèmes bancaires relativement sous-...
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[(18)]
Voir, sur ce point, le numéro spécial 13/1995 du Internati...
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[(19)]
On rappelle que le prix du bien homogène est le numéraire ...
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