2002
Économie et Prévision
Comptabilité générationnelle en Europe
Arnaud Dellis
[(*)]
Depuis son apparition au début des années 90, la comptabilité générationnelle d'Auerbach, Gokhale et Kotlikoff a connu
un succès considérable. À un point tel qu'elle a fait partie pendant tout un moment des documents officiels aux États-Unis
et que beaucoup d'autres pays se sont dotés de cet outil.
Il existe deux études internationales de comptabilité générationnelle, l'une coordonnée par le NBER et l'autre par la
Commission Européenne. Ces études montrent que, malgré la convergence imposée par le traité de Maastricht, les
politiques budgétaires nationales en Europe sont encore très différentes.Mots-clés :
comptabilité générationnelle, finances publiques.
Since its emergence in the early 1990s, the generational accounting of Auerbach, Gokhale and Kotlikoff has enjoyed
considerable success – to such an extent that for a long while it was incorporated in official documents in the United
States and many other countries have adopted this tool.
There exist two international studies of generational accounting, one coordinated by the NBER and the other by the
European Commission. These studies show that, despite the convergence required by the Treaty of Maastricht, domestic
fiscal policies in Europe still remain very different.Keywords :
Generational accounting, public finance.
Je tiens à remercier Pierre Pestieau et André Masson pour leurs commentaires sur une version précédente de ce texte.
Depuis son apparition au début des années quatre-vingt-dix, la comptabilité générationnelle
d'Auerbach, Gokhale et Kotlikoff a connu un succès considérable. À un point tel qu'elle a fait partie
pendant tout un moment des documents officiels aux États-Unis et que beaucoup d'autres pays se sont
dotés de cet outil.
Il existe deux études internationales de comptabilité générationnelle, l'une coordonnée par le NBER et
l'autre par la Commission Européenne. Ces études montrent que, malgré la convergence imposée par
le traité de Maastricht, les politiques budgétaires nationales en Europe sont encore très différentes.
Un des objectifs prioritaires de la politique
budgétaire est la réduction des déficits. C’est
particulièrement vrai dans les pays européens où le
traité de Maastricht impose aux différents pays
membres de l’UEM le respect de critères de
convergence. En matière de finances publiques, ces
critères portent sur le niveau du déficit budgétaire et
de la dette publique. Cependant, ces indicateurs ne
permettent pas de voir si la politique budgétaire est
viable à long terme. En effet, la dette publique
résume l’histoire passée tandis que le déficit
renseigne sur la situation présente.
La comptabilité générationnelle d’Auerbach-Gokhale-Kotlikoff (1994) permet de voir dans
quelle mesure la politique budgétaire est soutenable
à long terme. Cette méthode consiste à mesurer pour
un individu représentatif de chaque génération la
valeur actualisée du flux de taxes nettes qu’il peut
s’attendre à payer d’ici la fin de sa vie
[1]. La
population est divisée en deux groupes : les
générations présentes et les générations futures.
Pour les premières, la politique budgétaire est
maintenue inchangée. Pour les secondes, les taxes et
transferts sont ajustés de façon à satisfaire la
contrainte budgétaire intertemporelle de l’État.
Aux États-Unis, les comptes générationnels
figuraient jusqu’il y a peu dans les documents
officiels du budget fédéral. Ils permettent de voir
l’effet à long terme des réformes prises au cours de
l’année considérée. Ainsi, certaines mesures n’ont
pas d’effet immédiat sur le budget et donc sur le
déficit. Pourtant elles auront un impact important
dans le futur, impact qui apparaîtra dans les comptes
générationnels. Les réformes en matière de retraite
en sont un exemple typique.
Deux études internationales ont été réalisées,
chacune ayant pour objectif de comparer la situation
dans différents pays en estimant les comptes
générationnels sur la base d’une méthodologie
commune. La première, “Generational Accounting
around the World”, a été coordonnée par le NBER et
a rassemblé 17 pays (cf. Stijns, dans ce numéro, pour
la Belgique) ; la seconde est celle réalisée pour la
Commision Européenne dans 12 des 15 pays de
l’Union
[2].
Dans la première partie, je présenterai les résultats
de l’étude européenne. Dans la deuxième partie, je
les comparerai avec ceux du NBER en me basant sur
le cas de la Belgique.
Comptes générationnels en Europe
La comptabilité générationnelle mesure pour un
individu représentatif de chaque génération la valeur
actualisée du flux de taxes nettes qu’il peut
s’attendre à payer d’ici la fin de sa vie
[3]. On appelle
cette valeur le compte générationnel. Pour les
personnes en vie, il est calculé en appliquant la
politique budgétaire en vigueur. Pour les générations
futures, les taxes et transferts sont ajustés de façon à
satisfaire la contrainte budgétaire intertemporelle de
l’État, a savoir :
où
A est la valeur actualisée des taxes nettes payées
par l’ensemble des générations futures,
B la valeur
actualisée des taxes nettes que les générations
vivantes vont payer d’ici la fin de leur vie,
C la valeur
actualisée des consommations publiques à venir et
D
le passif net de l’État
[4]
[5].
La comptabilité générationnelle est une méthode
prospective c’est-à-dire qu’elle ne s’intéresse qu’au
futur ; on ne prend pas en compte les taxes et les
transferts passés. Il n’est donc pas possible de
comparer le compte générationnel de deux
personnes qui appartiennent à des classes d’âge
différentes puisque la période sur laquelle on estime
le flux de taxes et de transferts est différente ; cette
période est d’autant plus longue que l’agent est
jeune. On ne peut donc rien conclure quant à la
redistribution entre générations vivantes. Il s’agit là
d’une des principales limites de la comptabilité
générationnelle.
En revanche, cette approche donne une bonne
indication sur la distribution des taxes et transferts
tout au long du cycle de vie. De façon schématique,
on peut dire que les impôts et taxes sont concentrés
sur les générations entre 25 et 65 ans; les pensions de
retraite et soins de santé sur celles de plus de 60 ans;
les allocations de chômage sur les générations
actives ; et les transferts liés à la naissance,
allocations familiales et dépenses d’éducation
profitent aux plus jeunes.
Comparons les comptes des générations en vie dans
les différents pays européens. L’année de référence
est 1995. Les évolutions budgétaires qui ont eu lieu
en 1996 et 1997 ont été prises en compte lors de
l’estimation des comptes. Le taux d’actualisation est
de 5 % et le taux de croissance de 1,5 %. Le tableau 1
présente les valeurs minimales et maximales des
taxes nettes selon l’âge. Les minimas sont
généralement atteint aux environs de 65 ans, âge
auquel les agents prennent leur retraite, et les
maximas aux environs de 25 ans, période qui
correspond à l’entrée sur le marché du travail. C’est
en Belgique que le maximum est le plus élevé, en
raison de l’importance de la charge fiscale qui pèse
sur les générations actives. Le minimum se trouve en
Autriche et en Allemagne, pays où les pensions de
retraite sont importantes. Le profil des comptes en
fonction de l’âge est très différent d’un pays à l’autre
(graphique 1). En Belgique, en France ou en
Allemagne, par exemple, la charge fiscale est très
lourde mais les transferts y sont importants, à
l’inv erse de pays comme l’Irlan de ou le
Royaume-Uni (tableau 2).
Tableau 1
taxes nettes minimales et maximales selon
l’âge (en ECU 1995)
Tableau 1 : taxes nettes minimales et maximales selon
l’âge (en ECU 1995)
Minimum Maximum
Allemagne-205,7 130,7
Autriche-212,2 81,3
Belgique-114,0 161,0
Danemark-161,6 142,0
Espagne-111,0 52,7
Finlande-163,8 87,4
France-135,1 98,2
Irlande-58,5-49,8
Italie-157,1 122,2
Pays-Bas-115,0 106,7
Royaume-Uni-77,1 48,4
Suède-152,9 111,4
Source : Raffelhüschen (1998).
Raffelhüschen (1998).
Graphique 1
comptes des générations en vie en 1995
Raffelhüschen (1998).
Tableau 2
taxes et transferts en 1995
Tableau 2 : taxes et transferts en 1995
( % PIB)
Impôts et taxes Transferts
Allemagne 42,6 31,3
Autriche 42,3 32,2
Belgique 46,8 28,9
Danemark 51,4 33,5
Espagne 34,8 23,6
Finlande 46,3 33,1
France 44,6 30,4
Irlande 36,3 20,4
Italie 40,7 24,7
Pays-Bas 45,4 31,9
Royaume-Uni 34,9 28,1
Suède 51,5 35,8
Source : Raffelhüschen (1998).
Raffelhüschen (1998).
En raison du caractère prospectif de cette méthode, il
n’est possible de mesurer la redistribution
inter-générationnelle qu’en comparant le compte
des nouveau-nés avec celui des générations futures.
Nous appellerons n le premier et n le second. Dans
les deux cas, l’horizon de vie est identique (à savoir
la vie entière) mais la politique budgétaire est
différente : pour les nouveau-nés, elle est maintenue
inchangée tandis que les taxes et transferts sont
ajustés pour les générations futures, de façon à
respecter la contrainte budgétaire intertemporelle de
l’État. Si le rapport du compte des générations
futures sur celui des nouveaux-nés
est
supérieur à l’unité, cela signifie que les générations
présentes laissent une dette aux générations futures
(inversement s’il est inférieur à l’unité). Les résultats
sont présentés dans la première colonne du tableau 3.
On s’aperçoit que cet indicateur de la redistribution
inter-générationnelle pose des problèmes. Par
exemple, il est difficilement imaginable que, en
France, les générations futures doivent payer quinze
fois plus de taxes que les nouveau-nés. En fait, ce
problème se pose dès que le compte générationnel
des nouveau-nés est négatif ou proche de zéro
[6].
Il existe un autre indicateur de la redistribution
inter-générationnelle qui ne présente pas ce
problème : la “véritable dette publique”. Il s’agit de
la dette que les générations présentes laissent aux
générations futures. Celle-ci est égale au terme A de
la contrainte budgétaire intertemporelle de l’État,
c’est-à-dire la différence entre le passif net de l’État
(i.e. D) et la valeur actualisée des consommations
publiques (i.e. C) et des taxes nettes que les
générations en vie aujourd’hui vont devoir payer
d’ici la fin de leur vie (i.e. B), en supposant que la
politique budgétaire à laquelle elles sont soumises
restera inchangée. Les résultats figurent dans la
seconde colonne du tableau 3. Il existe un écart
important entre, d’un côté l’Irlande où la “véritable
dette” est négative, c’est-à-dire que les générations
présentes font plus que rembourser la dette publique
existante et, de l’autre côté, la Finlande. Il est
intéressant de rapprocher ce résultat du montant de la
dette publique (tableau 4). Prenons l’exemple de la
Belgique. La"véritable dette" n’est que de 18,8 % du
PIB, une des plus faibles en Europe, alors que la dette
publique s’élevait à 122 % du PIB en 1997. Cette
différence est le résultat de la politique d’austérité
qui y est menée depuis bientôt 20 ans. De 13 % au
début des années quatre-vingt, le déficit a été ramené
à 1,5 %. Dans le même temps, le déficit primaire s’est
rapidement transformé en un surplus qui aujourd’hui
est de 6 %, le plus élevé en Europe.
Tableau 3
redistribution inter-générationnelle
Tableau 3 : redistribution inter-générationnelle
n
1 (en %) Véritable dette publique
n 0 en % du PIB
Allemagne 158,6 136,0
Autriche 350,1 192,5
Belgique 20,0 18,8
Danemark-6,3 71,2
Espagne 477,8 151,9
Finlande-520,1 253,2
France 1540,2 136,0
Irlande 6,3-4,3
Italie 139,3 107,3
Pays-Bas 113,2 75,9
Royaume-Uni-6928,9 184,8
Suède-1446,1 236,5
Source : Raffelhüschen (1998).
Raffelhüschen (1998).
Tableau 4
dette publique et véritable dette
publique ( % PIB)
Tableau 4 : dette publique et véritable dette
publique ( % PIB)
Véritable dette Dette publique Δ Dette publique
publique (1997) (1997-1993 )
Allemagne 136,0 61,3 13,3
Autriche 192,5 66,1 3,4
Belgique 18,8 122,2-13,0
Danemark 71,2 65,1-17,0
Espagne 151,9 68,8 8,8
Finlande 253,2 55,8-2,2
France 136,0 58,0 12,7
Irlande-4,3 66,3-30,0
Italie 107,3 121,6 2,5
Pays-Bas 75,9 72,1-9,1
Royaume-Uni 184,8 53,4 4,9
Suède 236,5 76,6 0,8
Source : Raffelhüschen (1998) et European Commission (19 98).
Raffelhüschen (1998) et European Commission (19 98).
L’Irlande, la Belgique, le Danemark et les Pays-Bas
sont les pays qui présentent les politiques
budgétaires les plus viables à long terme. Ce sont
également ceux qui ont réduit le poids de leur dette
publique de façon significative entre 1993 et 1997.
En fait, il n’est pas étonnant de trouver une relation
entre ces deux indicateurs : si ces pays ont vu lepoids
de leur dette se réduire, c’est parce qu’ils ont mené
une politique budgétaire restrictive.
Il convient cependant d’être prudent car derrière ces
résultats peuvent se cacher des inégalités entre les
générations en vie, inégalités qui ne sont pas
appréhendées par la comptabilité générationnelle en
raison de son caractère prospectif. Ainsi, dans le cas
de la Belgique, il n’est pas exclu que l’essentiel de la
dette publique soit remboursé par les plus jeunes et
non par leurs aînés.
Comparaison avec l’étude du NBER
Le NBER a également coordonné une étude
internationale à laquelle ont participé 17 pays, dont 7
parmi ceux qui figurent dans l’étude européenne.
Ces deux études présentent des résultats très
différents, qui peuvent même être contradictoires.
Ainsi, dans l’étude du NBER, l’Italie, l’Allemagne
et les Pays-Bas laisseraient une dette importante aux
générations futures ; les politiques budgétaires
belge, danoise et française ne seraient pas non plus
viables à long terme ; quant à la Suède, les
générations futures y laisseraient un actif net positif.
Pour comprendre les différences entre ces deux
études, je vais me baser sur le cas de la Belgique. Il
convient également de noter que je vais utiliser dans
cette section le rapport du compte des générations
futures sur celui des nouveau-nés
comme
mesure du déséquilibre générationnel, la raison étant
que l’étude du NBER se limite à cet indicateur.
Selon l’étude du NBER, il faudrait augmenter les
taxes nettes des générations futures de 107 % contre
20 % seulement dans l’étude européenne (cf.
colonne 1 du tableau 3). En fait, cette différence
s’explique par le choix de l’année de référence et par
celui du taux de croissance et du taux d’actualisation.
Comme tout exercice de prospective, la comptabilité
générationnelle est très sensible à la valeur donnée
aux différents paramètres. Le taux de croissance et le
taux d’actualisation sont respectivement de 1,5 % et
de 5 % dans l’étude européenne et de 0,75 % et 6 %
dans celle du NBER. Si on applique les taux de 1,5 %
et 5 % dans l’étude du NBER, l’augmentation des
taxes nettes ne serait plus que de 66 % au lieu de
107%. C’est ce que montre Stijns (ce numéro)
lorsqu’il étudie la sensibilité des résultats de
comptabilité générationnelle aux taux de croissance
et d’actualisation.
Dans les deux études, l’année de référence est 1995.
Cependant, les développements budgétaires et les
mesures fiscales prises en 1996 et 1997 sont inclus
dans l’étude européenne, pas dans celle du NBER. Si
on ne tient pas compte dans l’étude européenne des
changements intervenus durant cette période, les
taxes nettes devraient alors augmenter de 63,2 % au
lieu de 20 %. Ce résultat est très proche des 66 %
obtenus dans l’étude du NBER. Dans le cas de la
Belgique, l’écart entre ces deux études s’explique
donc par le choix de la période de référence et par
celui du taux de croissance et du taux d’actualisation.
Ces deux études se différencient également sur un
plan purement méthodologique. Il existe toute une
série de taxes et de transferts qu’il n’est pas possible
d’attribuer à une classe d’âge bien précise. C’est le
cas des dépenses militaires ou des investissements
publics. C’est ce que l’on a appelé la consommation
publique. Que faut-il en faire ? Jusqu’à présent, deux
options ont été retenues dans la littérature. La
première, celle d’Auerbach-Gokhale-Kotlikoff (qui
est celle employée dans l’étude du NBER), consiste à
ne pas l’inclure directement dans les comptes. La
contrainte budgétaire intertemporelle de l’État
s’écrit donc :
où A est la valeur actualisée des taxes nettes payées
par l’ensemble des générations futures, B la valeur
actualisée des taxes nettes que les générations
vivantes vont payer d’ici la fin de leur vie, C la valeur
actualisée des consommations publiques à venir et D
le passif net de l’État.
Dans ce cas, le compte générationnel ne mesure pas
le montant total de taxes et de transferts. C’est ce que
rappellent Auerbach et Oreopoulos (1999).
La seconde consiste à inclure la consommation
publique dans les comptes en la répartissant chaque
année de façon uniforme entre les classes d’âge; C se
partage alors entre A et B. Or la consommation
publique comprend à la fois des dépenses de
consommation et des dépenses d’investissement.
Cette méthode revient donc à traiter les dépenses
d’investissement comme des transferts. Le tableau 5
présente les comptes des nouveau-nés et des
gén ération s futures obtenus dans l’étude
européenne, selon qu’on utilise l’une ou l’autre
métho de. A vec la méthode A uerbach -
Gokhale-Kotlikoff, les comptes sont positifs ; en
valeur présente, les agents peuvent s’attendre à payer
plus de taxes qu’ils ne recevront de transferts. Mais
toutes les taxes et tous les transferts ne sont pas pris
en compte. Lorsqu’on applique l’autre méthode, ils
deviennent négatifs.
Le traité de Maastricht a imposé aux pays européens
le respect de critères visant à assurer la convergence
des différentes économies nationales. Malgré cela, il
existe encore des différences importantes. D’un
côté, l’Irlande et la Belgique présentent des
politiques budgétaires viables à long terme. D’un
autre côté, si rien ne change en Finlande ou en Suède,
les générations présentes lègueraient à leurs enfants
une dette considérable.
Les résultats de comptabilité générationnelle
contrastent avec la dette publique. Le cas de la
Belgique est à cet égard exemplaire : la dette
publique belge est une des plus élevées en Europe
tandis que la “véritable dette” (c’est-à-dire la charge
effectivement laissée aux générations futures) est
une des plus faibles. Ce paradoxe s’explique par la
politique budgétaire restrictive qui y est menée
depuis presque vingt ans (et par le fait que la
comptabilité générationnelle suppose que pour les
générations aujourd’hui en vie cette politique
restrictive restera inchangée jusqu’à leur décès).
C’est dans les pays où le poids de la dette publique a
diminué leplus durant les dernières années (en raison
des mesures d’austérité qui y ont été prises) que la
charge laissée aux générations futures est la plus
faible.
Enfin, nous nous sommes attachés à réconcilier deux
études de comptabilité générationnelle. Les
différences entre les résultats obtenus dans ces
études montrent qu’il convient d’être très prudent ;
des changements dans les hypothèses peuvent
conduire à des conclusions opposées.
Tableau 5
comptes générationnels belges en 1995 (milliers d’ECU 1995)
Tableau 5 : comptes générationnels belges en 1995 (milliers d’ECU 1995)
Consommation publique non-inclue : A + B = C + D Consommation publique inclue : C est réparti entre A et B
Nouveau-nés 58,0-29,1
Générations futures 69,7-16,9
·
Auerbach A.J., Gokhale J. et Kotlikoff L.J.(1994).
“Generational Accounting : a Meaningful way to Evaluate
Fiscal Policy”, Journal of Economic Perspectives, 8,
pp. 95-111.
·
Auerbach A.J., Kotlikoff L.J. et Leibfritz W. (1999).
Generational Accounting Around the World. Chicago :
University of Chicago Press.
·
Auerbach A.J. et Oreopoulos P. (1999). "Generational
Accounting and Immigration in the United States”, NBER
Working Paper, 7041.
·
European Commission (1998). Convergence Report 1998.
Brussels.
·
European Commission (1999). “Generational Accounting in
Europe”, European Economy, 6.
·
Masson A. (2002). “Méthodes et usages des comptes
générationnels : un regard décalé", Économie et Prévision,
dans ce numéro.
·
Raffelhüschen B. (1998). “Aging, Fiscal Policy and Social
Insurances : a European Perspective", Discussion Paper of the
Institute of Public Finance, 69, University of Freiburg.
·
Stijns J-Ph. (2002). “Comptabilité générationnelle belge”,
Économie et Prévision, dans ce numéro.
[(*)]
Cornell University.
E-mail : a
ard23@ cornell. edu
[(1)]
On entend par génération, l’ensemble des individus nés
durant une même année.
[(2)]
Voir Auerbach
et alii (1999) pour l’étude du NBER et
European Commission (1999) pour l’étude européenne.
[(3)]
Par taxe nette, on entend la différence entre cotisations
versées et transferts reçus au cours d’une période.
[(4)]
La consommation publique comprend l’ensemble des
dépenses publiques qu’il n’est pas possible de ventiler par âge
(par exemple, les dépenses militaires, investissements
publics,...).
[(5)]
Voir Masson (ce numéro) pour une présentation plus
détaillée de la méthodologie.
[(6)]
Voir Raffelhüschen (1998) pour une discussion de ce
problème.