2002
Économie et Prévision
Existe-t-il des interactions fiscales stratégiques entre les collectivités locales
Hubert Jayet
[(*)]
Sonia Paty
[(*)]
Alain Pentel
[(*)]
Cet article vise à montrer empiriquement l'existence d'interactions fiscales stratégiques entre les décisions des
collectivités locales dans le Nord-Pas de Calais. Notre démarche consiste à estimer la pente de la fonction de meilleure
réponse qui relie le taux de taxe professionnelle d'une commune aux différents taux des collectivités concurrentes à l'aide
d'un modèle avec autorégression spatiale. Nous montrons que dans certains cas, l'hypothèse d'interactions fiscales est
vérifiée, les collectivités ne fixent pas librement leur taux de taxe professionnelle mais sont influencées par les choix des
communes voisines et cela plus particulièrement dans les zones d'emploi à caractère métropolitain.Mots-clés :
fiscalité, autorégression spatiale, mimétisme.
This paper aims to demonstrate empirically the existence of strategic tax interactions between the decisions of local authorities in
the Nord-Pas de Calais region. Our approach consists in calculating the gradient of the best-response function linking the rate of
local business tax in one commune with the different rates in rival authorities by means of a spatial autoregression model. We show
that in some cases the hypothesis of tax interactions is confirmed; local authorities do not set their local business tax rate freely but
are influenced by the choices of neighbouring communes, especially in urban areas of employment.Keywords :
Taxation, spatial autoregression, mimicry.
Cet article vise à montrer empiriquement l'existence d'interactions fiscales stratégiques entre les
décisions des collectivités locales dans le Nord-Pas de Calais. Notre démarche consiste à estimer la
pente de la fonction de meilleure réponse qui relie le taux de taxe professionnelle d'une commune aux
différents taux des collectivités concurrentes à l'aide d'un modèle avec autorégression spatiale. Nous
montrons que dans certains cas, l'hypothèse d'interactions fiscales est vérifiée, les collectivités ne
fixent pas librement leur taux de taxe professionnelle mais sont influencées par les choix des communes
voisines et cela plus particulièrement dans les zones d'emploi à caractère métropolitain.
La question de l'interdépendance fiscale peut être
traitée de deux manières différentes : avec des
modèles de concurrence fiscale ou avec des modèles
basés sur des analyses en termes de dilemme du
prisonnier (Harrison et Kanter, 1978; Cornia et alii,
1978 ; Meadows et Mitrisin, 1981). Ces derniers
travaux justifient en effet les aides locales aux
entreprises comme une condition minimale
d'installation qui peut faire l'objet d'une surenchère
préjudiciable pour les budgets locaux (Madiès,
1997).
La littérature sur la concurrence fiscale, quant à elle,
fait l'objet d'un nombre important de contributions
théoriques. Dans la lignée des articles de Mintz et
Tulkens (1986) et Wildasin (1988,1991), les travaux
les plus récents supposent que les collectivités
locales peuvent adopter des comportements
stratégiques et que leurs décisions concernant le
choix du niveau de taxe locale influencent celles des
autres collectivités. Chaque décideur local adopte
alors un comportement non-coopératif de fixation du
taux d'imposition sur le capital industriel (supposé
parfaitement mobile entre les localités) et aboutit, à
l'équilibre de Nash fiscal, à la fixation de niveaux de
taux d'imposition et de fourniture de biens publics
locaux insuffisants.
Les deux courants aboutissent à des conclusions
similaires : la mobilité des bases fiscales, en
particulier du capital, conduit chaque collectivité à
choisir ses taux d'imposition en tenant compte des
stratégies de ses concurrents. Il y a donc interactions
fiscales. Cependant, les investigations empiriques
de ces interdépendances sont beaucoup plus rares
(Case, Rosen et Hines, 1993 ; Brueckner, 1996 ;
Brueckner et Saavedra, 2001; Buettner, 2001). Case,
Rosen et Hines (1993) montrent que les dépenses
totales d'un État américain sont reliées positivement
à la variation de celles des États voisins. D'autre part,
Brueckner et Saavedra (2001) confirment l'existence
d'un effet de mimétisme concernant les décisions des
communes portant sur la property tax dans l'aire
métropolitaine de Boston.
En nous appuyant plus particulièrement sur un
modèle standard de compétition fiscale, nous testons
dans cet article l'existence d'interactions
stratégiques entre les décisions des collectivités
locales concernant le taux de taxe professionnelle
dans le Nord-Pas de Calais. Notre démarche consiste
à estimer la fonction de meilleure réponse qui relie le
taux de taxe professionnelle d'une collectivité locale
aux différents taux des collectivités concurrentes.
Nous montrons que dans certains cas, l'hypothèse
d'interdépendance fiscale est vérifiée. Les
collectivités ne fixent pas librement leur taux de taxe
professionnelle mais sont influencées par les choix
des communes voisines.
Notre originalité par rapport aux travaux déjà
réalisés tient au traitement de données françaises et
au test de la même spécification spatiale sur quatre
zones urbaines différentes. Notre apport n'est donc
pas en termes de méthode et ce choix est volontaire.
La similitude dans la démarche adoptée nous permet
ainsi de comparer nos résultats avec ceux des travaux
américains et cela malgré d'importantes différences
institutionnelles entre les deux pays.
L'article s'organise de la manière suivante. Après
avoir brièvement rappelé quelques éléments
concernant le modèle théorique standard de
compétition fiscale, nous présentons le modèle
empirique et les données puis nous exposons les
résultats des estimations.
Le modèle théorique de compétition
fiscale
Dans la littérature théorique, la concurrence qui
s'établit entre un petit nombre de collectivités
[1] pour
attirer des investisseurs est formulée en termes de jeu
de compétition fiscale. Dans ce cadre, les
interactions stratégiques ne peuvent être ignorées.
La question récurrente à toutes ces études est de
savoir s'il existe des interdépendances entre bases
fiscales et si lacompétition induite aboutit à une offre
sous-optimale de biens publics, les taux d'imposition
et le niveau des dépenses publiques étant
insuffisants.
La réponse à ces questions est apportée par des
modèles où les joueurs sont des collectivités locales,
le vecteur des stratégies étant assimilé à leurs choix
budgétaires ou fiscaux. On suppose ainsi que chaque
commune choisit son taux d'impôt sur le capital de
façon à maximiser l'utilité de l'individu représentatif
en considérant comme donnés les taux d'impôt des
autres communes, ce qui conduit à déterminer un
équilibre de Nash.
Les modèles de Mintz et Tulkens (1986), Wilson
(1986) et de Wildasin (1988,1989,1991) sont
représentatifs de cette démarche. Nous présentons
dans ce qui suit une synthèse du modèle standard de
concurrence fiscale en nous inspirant fortement de
Wildasin (1988,1989). Notre objectif est de fournir
un cadre d'analyse simple permettant de bien
comprendre les interactions stratégiques entre les
collectivités locales
[2].
L'économie considérée, celle d'une agglomération
ou d'un bassin d'emploi, est composée de N
collectivités indicées i=1,..., N, qui cherchent à
attirer du capital productif supposé parfaitement
divisible et se déplaçant sans coût.
Dans chaque commune, les ménages, supposés
sédentaires, possèdent un facteur fixe (du travail, des
terrains ou tout autre actif spécifique) et un facteur
mobile taxé, le capital productif. Le stock de capital
est fixe au niveau de l'agglomération et il est détenu
selon le cas par les individus résidents ou par des
propriétaires extérieurs.
Le stock global de capital productif, K est considéré
comme donné et Ki représente le volume de capital
productif investi dans la collectivité i de sorte que :
Le capital et le facteur fixe, i.e. le travail dont l'offre
est notée Li, servent à produire un bien privé
échangé sur un marché parfaitement concurrentiel et
considéré comme numéraire. La technologie de
production est à rendements constants sur les deux
facteurs utilisés. L'offre de facteur fixe étant
parfaitement rigide, on exclut tout effet de
substitution entre eux suite à une modification de
leur prix relatif.
En négligeant le facteur fixe, la fonction de
production du bien privé, quasi-concave et deux fois
différentiable, s'écrit
Le capital est supposé parfaitement mobile entre les
différentes communes. Les in vestis seurs
recherchent donc la localisation qui offre le meilleur
rendement après impôt. À l'équilibre, le rendement
net du capital, ρ, est donc partout identique,
Ces deux équations fournissent un système de n+1
équations permettant de déterminer l'allocation
optimale du capital entre les différentes collectivités
locales et le rendement net du capital comme des
fonctions du vecteur d'imposition t :
On montre facilement en annexe que d dti ρ / <0.
Une diminution du taux d'imposition sur le capital
productif dans une localité i a donc un effet positif
sur le retour net sur investissement. Comme
dK dt j i / >0, la diminution du taux d'impôt local
dans la commune i i j( )≠ se traduit par des
délocalisations dont bénéficie cette même
collectivité au détriment des autres. On a donc
dK dt i i / <0 une baisse unilatérale du taux d'impôt
local dans une commune i augmentant sa base
imposable.
On retrouve un résultat courant de la littérature sur la
concurrence fiscale. Toute modification de la
fiscalité des entreprises par une partie des
collectivités induit une mobilité des bases fiscales.
Le capital rejoint les collectivités dont la fiscalité
diminue relativement aux autres. Il en résulte des
externalités de bases fiscales. L'existence de ces
externalités est à l'origine d'une interdépendance
entre les décisions fiscales des collectivités.
Pour déterminer l'équilibre, il nous faut préciser le
comportement de l'autorité locale. On suppose que
les résidents perçoivent une rémunération qui
correspond au revenu résiduel une fois que le capital
a été rémunéré à sa produtivité marginale. En
l'absence d'épargne, les individus consomment tout
leur revenu, déduction faite, bien évidemment, des
impôts payés, d'où une consommation debien privé :
où θi est la part du stock de capital détenue par
l'individu représentatif dans chacune des
collectivités. Le premier terme de cette expression
représente le revenu du facteur résiduel (par exemple
le salaire si le travail est le facteur fixe) et le second
correspond aux revenus du capital.
Les résidents d'une commune, supposés identiques
dans leurs goûts et leur revenu, ont une fonction
d'utilité dont les trois arguments sont la
consommation de bien privé, ci, la quantité de bien
public local, zi, ce dernier ne faisant l'objet d'aucun
effet de débordement dans son utilisation et les
caractéristiques socio-économiques de la
collectivité. La fonction d'utilité de l'ensemble des
résidents d'une collectivité s'écrit donc
Le bien public local, produit exclusivement à partir
du bien privé, est financé par une taxe unitaire
prélevée à la source, ti. L'équilibre budgétaire de la
collectivité locale se traduit donc par :
Un vecteur t t tI* ( ,..., )=1 est un équilibre de Nash
fiscal si, pour tout i ti,* est la solution du programme
suivant :
ti est déterminé par la solution de l'expression du
TMS
[3] qui suit :
La solution de ce problème de maximisation permet
de définir à l'équilibre de Nash la fonction de
meilleure réponse de la collectivité i. Elle donne la
valeur optimale de ti en fonction des tj anticipés
( i = 1 ,...,I, i j≠ ) ainsi que des déterminants des
besoins fiscaux des habitants de la collectivité i
résumés dans Xi. Elle s'écrit donc :
Chaque localité choisit son propre taux de taxe de
manière stratégique en anticipant le taux de taxe
local des autres communes et en tenant compte des
déterminants locaux de la fonction de production. À
l'équilibre de Nash, les anticipations de chacune sont
vérifiées.
Comme nous l'avons noté plus haut, une collectivité
qui procède à une baisse de son taux d'imposition
voit le capital affluer sur son territoire en provenance
des autres localités. Ces dernières ont donc tout
intérêt à diminuer aussi leur taux de façon à enrayer
la fuite des capitaux. On s'attend alors à une
complémentarité stratégique des taux de taxation.
Les fonctions de réactionτi (.) sont donc croissantes
(voir Wildasin, 1991, pp.399-400) soit ∂τ ∂ i j t/ >0.
Si les travaux théoriques relatifs aux interactions
fiscales stratégiques sont relativement nombreux,
les études empiriques sont beaucoup plus rares et
presque toutes américaines. Pionniers en la matière,
Case, Rosen et Hines (1993) estiment la pente de la
fonction de réaction qui relie le budget d'un État à
ceux des États voisins en utilisant la méthode du
maximum de vraisemblance. Ils montrent que les
dépenses totales d'un État augmentent de 70 cents
suite à une hausse de 1 dollar de celles des États
voisins
[4]. S'inspirant de la même démarche pour
vérifier et mesurer l'intensité de la concurrence
fiscale sur l'aire métropolitaine de Boston,
Brueckner et Saavedra (2001) proposent d'estimer la
pente de la fonction de réaction qui relie le niveau de
la
property tax
[5] d'une commune à celui des autres
communes voisines. Ils obtiennent une estimation
significative et positive de cette pente et concluent à
l'existence d'un effet de mimétisme ou de
copycat
fiscal entre les décisions des collectivités.
À l'instar de ces derniers travaux, l'objectif de nos
investigations empiriques sera l'estimation d'un
système de fonctions de meilleure réponse donné
plus haut par l'équation (8). L'ensemble des
fonctions de meilleure réponse de chaque
collectivité forment un sytème d'équations
simultanées (8). A l'équilibre de Nash fiscal, les taux
de chaquecollectivité sont donnés par ce système
[6].
Puisqu'à l'équilibre le taux d'imposition d'une
commune dépend des choix fiscaux des autres
communes, la relation (8) conduit à une spécification
avec autorégression spatiale (Anselin, 1988 ; Jayet,
1993) dans laquelle la variable expliquée dépend en
chaque point des valeurs prises en d'autres points de
l'espace. Ce modèle peut être considéré comme une
approximation locale au premier ordre d'une
fonction de réaction quelconque. En écriture
matricielle, la spécification de notre modèle
empirique prend la forme du modèle log-linéaire
avec autorégression spatiale suivant :
avec :
-
t le vecteur des taux de taxe professionnelle ;
-
W la matrice d'interactions spatiales normalisée;
-
X la matrice des caractéristiques socio-économiques ;
- ρ le coefficient d'autorégression qui donne la pente
de la fonction d e meilleure réponse. La
significativité statistique du ρestimé nous indiquera
l'existence ou non d'interactions stratégiques
fiscales entre les collectivités ;
- ε le vecteur des résidus, identiquement et
indépendamment distribués (i.i.d.). Toutefois, dans
le cadre de ce modèle, nous testerons également la
présence éventuelle d'autocorrélation spatiale. Dans
ce cas, les résidus sont dépendants entre localités
selon la relation ε λ ε μ= +W où λ est le coefficient
d'autocorrélation spatiale et μ est supposé i.i.d.
Aussi, la forme réduite de notre modèle devient :
La méthode des moindres carrés ordinaires n'est pas
directement applicable à ce type de modèle car
l'autorégression introduit des interdépendances
entre les valeurs de la variable endogène en
différents points de l'espace. Les coefficients
estimés sont biaisés et inefficaces. L'introduction de
la dimension spatiale nécessite donc un cadre
méthodologique alternatif d'estimation. Nous
utiliserons ici la technique du maximum de
vraisemblance.
Il est exclu d'estimer séparément chacun des
coefficients de la matrice d'interactions spatiales
W.
Le nombre de coefficients à estimer serait alors plus
élevé que le nombre d'observations. La méthode
usuelle est de spécifier
W puis d'estimer le
coefficient
ρ. Comme la théorie n'aboutit pas à la
spécification d'une matrice de pondération ou
d'interaction
W particulière, il est préférable d'en
essayer plusieurs. Aussi, dans le cadre de notre
modèle, à l'instar de Brueckner et Saavedra (2001),
nous testons les quatre matrices de pondération
normalisées
[7] suivantes :
- la matrice de contiguïté simple notée Wcont : le
poids unitaire de chaque ligne est également réparti
entre toutes les localités j qui possèdent une frontière
commune avec la localité i. Les localités non
contiguës ont un poids nul ;
- la matriceWd suppose une décroissance lente du
poids avec la distance. Le poids global unitaire de
chaque ligne est réparti entre toutes les localités, de
manière inversement proportionnelle à la distance,
soit
-
- avec i j≠ et i k≠ où dij et dik
désignent respectivement les distances entre
centroïdes des communes i et j et des communes i et
k ;
- la matrice de contiguïtéWPcont attribue un poids P
j proportionnel à leur population aux localités j
contiguës à la localité i et un poids nul à celles qui ne
sont pas contiguës à i;
- dans la matrice
-
- les poids sont proportionnels à
la taille et inversement proportionnels à la distance.
Ils sont donnés par
-
- avec i j≠ et
i k≠. Cette matrice présente l'avantage de prendre
en compte non seulement la contiguïté spatiale
d'ordre supérieur à 1 mais aussi les poids relatifs des
communes les unes par rapport aux autres.
Pour les informations de nature fiscale, nous
disposons de fichiers fournis par l'intermédiaire de
l'Insee contenant les bases fiscales et les taux locaux
de taxe professionnelle, ventilés en parts
communale, communauté urbaine, départementale
et régionale pour les communes du Nord-Pas de
Calais en 1995. Les caractéristiques socio-économiques de chaque commune appartenant aux
zones étudiées sont issues de la base "Abrégé des
données communales" de l'Insee.
Nous n'avons pas retenu l'ensemble du Nord-Pas de
Calais comme zone d'étude car nous pensons que les
interactions n'y sont pas partout de même niveau que
celles qui existent au sein des zones les plus
urbanisées de larégion. Nous avons donc sélectionné
les quatre ensembles de zones d'emploi, au sens de
l'Insee
[8], les plus urbains du Nord-Pas de Calais :
- la zone métropolitaine lilloise : il s'agit des deux
zones d'emploi de Lille et Roubaix-Tourcoing (soit
au total 125 communes et plus d'un million
d'habitants) ;
- le littoral composé des trois zones d'emploi du
Boulonnais, du Calaisis et du Dunkerquois (soit 198
communes) ;
- les deux zones d'emploi du Valenciennois et du
Cambrésis (soit 130 communes) ;
- le bassin minier constitué des communes les plus
urbaines des zones d'emploi de l'Artois-Ternois
- Arras), du Lens-Hénin (Lens) et du Béthune-Bruay
- Béthune) (soit 230 communes).
N ous av ons retenu parmi les variables
socio-économiques disponibles celles qui nous
semblaient les plus pertinentes pour expliquer les
choix fiscaux des ensembles traités :
- des variables de richesse : la base fiscale par
habitant et le revenu par habitant par rapport à la
population totale. Même si la théorie n'a pas de
conclusion tranchée sur le sujet, ces variables sont
supposées évoluer en sens contraire du taux de taxe
professionnelle car une commune bénéficiant de
ressources importantes peut en profiter pour
diminuer sa pression fiscale (Aragon et Le Pottier,
1988) ;
- des variables de structure d'activité. Nous retenons
le nombre d'établissements dans les secteurs
primaire, secondaire et tertiaire
[9]. Les activités
agricoles n'étant pas assujetties à la taxe
professionnelle, une commune rurale doit
compenser ses faibles ressources par une pression
fiscale plus forte sur d'autres secteurs. Par ailleurs,
comme les activités du secondaire nécessitent des
dépenses publiques importantes, nous pensons que
le signe de cette variable est a priori positif ;
- des variables de composition de la population : le
taux de chômage et la proportion des employés par
rapport à la population totale. Le signe du taux de
chômage doit être a priori négatif. Il traduit l'effet de
compétition fiscale selon lequel une commune qui se
caractérise par un chômage important souhaite
attirer plus d'entreprises grâce à une baisse de la
pression fiscale. La proportion des employés traduit
quant à elle un effet de composition. En effet, cette
catégorie de travailleurs se retrouve majoritairement
dans le tertiaire, secteur qui nécessite moins
d'infrastructures publiques que le secondaire. Le
signe est a priori négatif ;
- un indicateur du degré d'urbanisation : la densité de
la population. En effet, les agglomérations se
caractérisent le plus souvent par une pression fiscale
alourdie ;
- une variable muette indiquant la proximité du
littoral (seulement pour Boulogne, Calais et
Dunkerque). Les activités portuaires ou liées au
tourisme impliquent des dépenses publiques
importantes et nécessitent des ressources fiscales
plus élevées.
Dans le tableau 1 qui suit, nous indiquons, pour
chaque site, les valeu rs des coefficients
d'autorégression ρ, i.e. de la pente de la fonction de
meilleure réponse, estimés avec l'ensemble des
variables socio-économiques retenues. Dans le
cadre de ce modèle avec autorégression spatiale,
nous précisons également à chaque fois les résultats
du test d'autocorrélation résiduelle. Puis, pour
chacun des sites étudiés, nous présentons dans le
tableau 2 les résultats pour la seule matriceWP d/.
Les résultats confirment en général nos hypothèses
quant à l'existence d'interactions fiscales. En effet,
nous obtenons des coefficients positifs et
significatifs de la pente de la fonction de meilleure
réponse pour trois des quatre sites étudiés et ce,
quelle que soit la matrice d'interactions spatiales
utilisée. Sauf dans le bassin minier, la meilleure
réponse d'une collectivité à la variation du taux de
taxe professionnelle dans les communes voisines est
donc bien de modifier son propre taux dans le même
sens, ce qui est conforme aux prédictions théoriques.
De plus, selon le site étudié et la spécification de la
matrice de pondération choisie, nous obtenons des
estimations différentes du co efficient
d'autorégression spatiale. Le mimétisme fiscal
n'atteindrait donc pas la même intensité dans les
quatre ensembles de zones d'emploi.
La matrice de pondérationW
P d/ basée à la fois sur la
distance et sur la population donne les résultats les
plus significatifs
[10] et les plus pertinents. Or, par
rapport aux autres matrices, W
P d/ présente deux
caractéristiques essen tielles. D'une part,
contrairement à
Wcont et
WPcont, elle ne cantonne pas
les interactions à de simples effets de contiguïté.
D'autre part, à l'inverse de
Wd et
Wcont, l'interaction
est d'autant plus forte que la collectivité concurrente
est peuplée. De la meilleure qualité des résultats avec
W
P d/, on tire donc la conclusion que la concurrence
fiscale a tendance à se diffuser à l'ensemble de
l'agglomération et est plus intense entre les
communes les plus importantes. Nous ne
présenterons dans la suite de cet article que les
résultats liés à cette spécification. Nous rappelons
que si nous n'avons pas retenu l'ensemble du
Nord-Pas de Calais, c'est parce qu'il n'y a aucune
raison de considérer
a priori que les interactions sont
partout de même niveau que celles qui existent au
sein des zones les plus urbaines.
Tableau 1
estimations du coefficient d'autorégression spatiale et tests d'autocorrélation résiduelle
pour les quatre sites(*)
Tableau 1 : estimations du coefficient d'autorégression spatiale et tests d'autocorrélation résiduelle
pour les quatre sites(*)
Variable dépendante : Ln taux de taxe professionnelle
Wcont WPcont Wd WP /
Lille Roubaix Tourcoing
Coef. d'autorégression ρ 0,239 0,282 0,752 0,652
Statistique de Wald ( 5,187) (9,984) (20,618) ( 26,510)
P (Wald) [ 0,023] [ 0,002] [0,000] [0,000]
Test d'autocorrélation résiduelle 0,443** 2,648** 0,081** 0,090**
[0,506] [ 0,104] [0,776] [ 0,764]
Log-vraisemblance-25,933-26,937-26,361-24,772
Littoral
Coef. d'autorégression ρ 0,349 0,293 0,721 0,726
Statistique de Wald (16,444) (14,504) (16,045) (77,487)
P (Wald) [ 0,000] [ 0,000] [ 0,000] [ 0,000]
Test d'autocorrélation résiduelle 0,089** 0,369** 0,562** 0,615**
[ 0,766] [ 0,544] [ 0,454] [ 0,433]
Log-vraisemblance-98,165-100,194-102,632-101,374
Valenciennois-Cambrésis
Coef. d'autorégression ρ 0,187 0,171 0,611 0,581
Statistique de Wald ( 5,407) ( 5,475) (9,507) (14,601)
P (Wald) [ 0,020] [ 0,019] [ 0,002] [ 0,000]
Test d'autocorrélation résiduelle 0,002** 0,433** 0,033** 0,144**
[ 0,967] [ 0,511] [ 0,856] [ 0,704]
Log-vraisemblance-74,257-74,584-73,779-72,095
Basin minier
Coef. d'autorégression ρ 0,160** 0,155** 0,143** 0,108**
Statistique de Wald (2,350) (2,695) (0,126) (0,100)
P (Wald) [ 0,125] [ 0,101] [ 0,723] [ 0,751]
Test d'autocorrélation résiduelle 0,000 0,002 0,033 0,027
[ 0,983] [ 0,965] [ 0,856] [ 0,870]
Log-vraisemblance-31,645-32,109-34,967-34,994
(*) Nous indiquons entre parenthèses la valeur de la statistique de Wald. La probabilité de rejet figure entre crochets.
Tableau 2
résultats des estimations pour les quatre sites(*)
Tableau 2 : résultats des estimations pour les quatre sites(*)
Variable dépendante : Ln taux de taxe professionnelle
Variables explicatives Lille Roubaix Tourcoing Littoral Valenc.-Cambrésis Bassin minier
W t P d/ ln 0.652 0.726 0.581 0,108**
(26,510) (77,487) (14,601) (0,100)
[0,000] [0,000] [0,000] [0,751]
Constante 2.261 0,185** 0,677** 4.049
(17,344) (0,177) (1,494) (12,598)
[0,000] [0,674] [0,222] [0,000]
Ln base par habitant-0.092-0.096-0.127-0.185
(30,731) (18,437) (48,620) (56,792)
[0,000] [0,000] [0,000] [0,000]
Ln nb étab. secteur primaire 0.067 0,010** 0,024** -0,083*
(6,833) (0,096) (0,430) (3,672)
[0,009] [0,757] [0,512] [0,055]
Ln revenu par habitant-0.259 0.264 0,076** -0.436
(7,551) (7,129) (1,037) (8,561)
[0,006] [0,008] [0,309] [0,003]
Ln densité population 0.096 0.113 0.205-0,025**
(8,167) (5,002) (19,949) (0,185)
[0,004] [0,025] [0,000] [0,668]
Ln proportion des employés 0,068** 0,044** -0.176-0.3
(0,486) (0,594) (7,846) (6,783)
[0,486] [0,441] [0,005] [0,009]
Ln proportion des chômeurs 0,003** -0,022** -0,065** -0,137
(0,011) (0,444) (2,134) (5,433)
[0,916] [0,505] [0,144] [0,020]
Ln nombre étab.second. et ter. 0,041** 0,025** 0,066** 0,23
(1,555) (0,228) (2,215) (19,805)
[0,212] [0,633] [0,137] [0,000]
Variable muette littoral 0,229
- (5,833) - -
[0,016]
(*) Nous indiquons entre parenthèses la valeur de la statistique de Wald. La probabilité de rejet figure entre crochets.
La présence d'autocorrélation spatiale dans la partie
aléatoire du modèle pouvant fausser les résultats,
nous avons utilisé un test du score avec pour
hypothèse nulle l'absence d'autocorrélation spatiale.
Dans tous les cas, l'hypothèse nulle est largement
acceptée aux niveaux usuels de risque
[11]. Le modèle
log-linéaire avec autorégression spatiale est donc la
spécification adéquate car elle intègre le mieux la
dimension spatiale du phénomène étudié. Pour
chacun des sites étudiés, nous présentons donc le
tableau 2 des estimations pour la seule matriceW
P d/.
Nous remarquons que l'effet des variables et leur
caractère significatif varie d'un site à l'autre
[12]. En
effet, ce sont les variables socio-économiques qui
expliquent les différences de comportement entre les
différentes localités et qui justifient la persistance
des écarts de taxation. Comme les différents
ensembles de zones étudiées diffèrent par leurs
caractéristiques socio-économiques, les variables
explicatives des choix fiscaux de chacun des
ensembles traités sont donc différentes d'un site à
l'autre.
Nous procédons alors à une estimation du modèle
avec autorégression spatiale spécifique à chacun des
sites (voir tableau 3). La différence avec l'analyse
précédente provient du choix des variables
socio-économiques retenues. Nous estimons les
modèles avec autorégression spatiale avec les seules
variables apparues significatives au tableau 2 et cela
pour chaque site.
Par rapport aux tableaux 1 et 2, les résultats du
tableau 3 confirment à nouveau nos hypothèses
quant à l'existence d'interactions fiscales entre les
décisions des communes du Nord-Pas de Calais
[13].
Comme plus haut, nous obtenons des coefficients
positifs et significatifs de la pente de la fonction de
meilleure réponse pour les quatre sites étudiés sauf
pour le bassin minier. Ils sont pratiquement
identiques aux résultats précédents. La spécification
avec autorégression spatiale ne permet donc pas
d'expliqu er la fix ation du taux de taxe
professionnelle dans le bassin minier. Les autorités
locales ne tiendraient pas compte des décisions des
autres localités pour décider de leur propre taux de
taxe professionnelle. En revanche, les coefficients
d'autorégression spatiale prennent des valeurs
significatives et relativement importantes dans la
zone métropolitaine lilloise, le littoral et le
Valenciennois-Cambrésis. Les décisions fiscales
des zones les plus urbaines semblent donc plus
sensibles aux taux pratiqués par les collectivités
locales concurrentes. De plus, pour ces trois zones, le
coefficient d'autorégression présente des valeurs
similaires entre 0,58 et 0,73. On notera que, dans un
contexte institutionnel très différent, les estimations
de Brueckner et Saavedra (2001) étaient d'un ordre
de grandeur similaire. À l'opposé, les choix
d'imposition des communes d'un site plus
déstructuré comme le bassin minier sont moins
influencés par ceux des localités voisines mais
davantage par des caractéristiques socio-économiques.
Les indicateurs de richesse comme la base fiscale et
le revenu par habitant nous permettent de vérifier les
résultats théoriques standards. Un coefficient
négatif situé devant ces deux variables nous indique
que les collectivités profitent de ressources plus
importantes pour diminuer leur taux de taxe
professionnelle. La base fiscale moyenne prend une
valeur négative et significative pour tous les sites
étudiés. Le revenu moyen présente le signe attendu
pour la zone métropolitaine lilloise et le bassin
minier mais pas pour le littoral, ni pour le
Valenciennois-Cambrésis.
Tableau 3
résultats des estimations pour les quatre sites(*)
Tableau 3 : résultats des estimations pour les quatre sites(*)
Variable dépendante : Ln taux de taxe professionnelle
Variables explicatives Lille Roubaix Tourcoing Littoral Valenc.-Cambrésis Bassin minier
0.582 0.758 0.597 0,085**
W t P d/ ln (15,187) (108,034) (16,462) (0,060)
[0,000] [0,000] [0,000] [0,806]
2,417 0,008** 0,612** 3.219
Constante (19,087) (0,000) (1,290) (7,359)
[0,000] [0,984] [0,256] [0,007]
-0.082-0.088-0.126-0.172
Ln base par habitant (28,409) (17,175) (48,031) (48,878)
[0,000] [0,000] [0,000] [0,000]
0.088
Ln nb étab. secteur primaire (22,405) - - -
[0,000]
-0.285 0.288 0.141-0.344
Ln revenu par habitant (9,748) (8,924) (4,950) (6,039)
[0,002] [0,003] [0,026] [0,014]
0.137 0.133 0.191
Ln densité population (62,537) (20,513) (24,226) -
[0,000] [0,000] [0,000]
-0.166-0.202
Ln proportion des employés - - (7,056) (4,824)
[0,008] [0,028]
-0,128
Ln proportion des chômeurs - - - (4,813)
[0,028]
0,075 0,209
Ln nombre étab.second. et ter. - - (4,352) (62,388)
[0,037] [0,000]
0,244
Variable muette littoral - (7,098) - -
[0,008]
(*) Nous indiquons entre parenthèses la valeur de la statistique de Wald. La probabilité de rejet figure entre crochets.
* : non significatif au seuil de 5%.
** : non significatif au seuil de 10%.
En ce qui concerne les variables de structure
d'activité, le nombre des établissements du secteur
primaire n'est significatif que pour la zone
métropolitaine lilloise. Son signe positif signifie
qu'une collectivité rurale serait obligée de maintenir
son taux à un niveau relativement élevé pour financer
ses dépenses. Le nombre des établissements des
deux autres secteurs réunis est une variable
significative pour le Valenciennois-Cambrésis et le
bassin minier et prend le signe positif attendu,
indiquant le besoin des collectivités de financer des
dépenses d'infrastructures plus importantes à l'aide
d'une hausse du taux de taxe professionnelle.
Notre indicateur du degré d'urbanisation, à savoir la
densité, est significatif pour les quatre sites, sauf
pour le bassin minier. Plus une commune est urbaine
(i.e. se caractérise par une densité élevée), plus la
commune devrait augmenter son taux de taxe
professionnelle pour satisfaire les besoins en
services publics plus importants de ses habitants.
Les variables de composition de la population
interviennent surtout dans le cadre des deux derniers
sites étudiés, le Valenciennois-Cambrésis et le
bassin minier. Il semble donc que les décisions
fiscales des zones les moins urbaines soient plus
sensibles aux caractéristiques socio-économiques
qu'aux indicateurs de richesse fiscale.
Le signe négatif attendu de la proportion d'employés
se retrouve à la fois pour le Valenciennois-Cambrésis et pour le bassin minier. En effet, la
liaison négative entre les deux variables peut
s'interpréter comme un effet de composition car les
employés travaillent majoritairement dans le
tertiaire, secteur qu i nécessite moins
d'infrastructures publiques que le secondaire.
Nous observons que le taux de chômage est relié
négativement au taux de taxe professionnelle dans le
seul bassin minier. Ce signe négatif serait lié à un
effet de compétition fiscale entre les collectivités.
Ces dernières, lorsqu'elles se caractérisent par un
taux de chômage élevé, tenteraient d'attirer des
entreprises sur leur territoire afin d'offrir de
nouveaux emplois et cela en diminuant leur taux de
taxe professionnelle.
Enfin, comme certaines localités proches de la mer
bénéficient d'une industrie portuaire et/ou d'activités
liées au tourisme, la variable muette permet de saisir
les effets de la proximité du littoral sur les choix
fiscaux d'une localité. Elle prend une valeur positive
très significative pour le seul site concerné (le
littoral) nous indiquant que la proximité de la mer est
une aménité qui incite les collectivités à augmenter
leur pression fiscale.
Nous pouvons conclure qu'il existe effectivement
des différences significatives entre les variables
d'accompagnement de nos quatre ensembles de
zones étudiées. Si Lille, Roubaix-Tourcoing (et dans
une moindre mesure le littoral et le Valenciennois-Cambraisis) se définissent comme des zones
métropolitaines, le bassin minier a perdu ce caractère
métropolitain et garde néanmoins une dimension
urbaine en crise.
Les tests empiriques menés sur le Nord-Pas de Calais
nous ont permis de mettre en évidence l'existence
d'interactions fiscales stratégiques entre les
collectivités locales concernant le taux de taxe
professionnelle pour l'année 1995 pour trois des
quatre ensembles des zones d'emploi testées.
L'hypothèse de mimétisme fiscal est donc bien
vérifiée pour la zone métropolitaine lilloise, le
littoral et le Valenciennois-Cambrésis. Ceci signifie
que les autorités locales appartenant à ces zones
d'emploi ne décident pas de leur taux de taxe
professionnelle indépendamment de ceux fixés par
les localités voisines. En revanche, nous n'avons pas
obtenu de résultats similaires pour le bassin minier.
Les collectivités de cette zone, caractérisées par un
degré d'urbanisation moindre que les précédentes, ne
seraient pas soumises à l'influence significative des
décisions des localités voisines en matière de
politique fiscale. La détermination du taux de taxe
professionnelle de chaque commune ne semble obéir
qu'à ses seules caractéristiques intrinsèques.
Le degré d'urbanisation paraît donc influencer
l'intensité des interactions stratégiques au sein des
zones d'emploi. Plus la région a un caractère
métropolitain, plus le mimétisme fiscal est
important.
Des équations (3) et (4), nous obtenons :
Sachant que f K i i''( )<0 on a donc bien pour i j≠ :
La diminution du taux d'impôt local dans la commune j se
traduit par des délocalisations de la collectivité i vers la
commune j. On a donc :
Une baisse unilatérale du taux d'impôt local dans une
commune i augmente sa base imposable.
On en déduit que :
Une diminution du taux d'impôt sur le capital productif dans
une localité i a donc un effet positif sur le retour net sur
investissement.
ti* est la solution du programme suivant :
Des conditions du premier ordre, nous tirons :
avec λ multiplicateur de Lagrange, d'où :
·
Anselin L. (1988). Spatial econometrics : Methods and
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·
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[(*)]
MEDEE, Faculté des Sciences Economiques et Sociales, USTL.
J
Jayet@ pop. univ-lille1. fr
P
Paty@ pop. univ-lille1. fr
[(1)]
Le nombre de collectivités étudiées est souvent réduit à
deux afin de simplifier la résolution du problème.
[(2)]
Le lecteur pourra aussi se reporter au modèle simple de
Madiès et Paty (2000).
[(3)]
Les calculs figurent en annexe
[(4)]
Ils estiment un modèle avec autorégression spatiale en
utilisant des données annuelles sur le continent
nord-américain pendant la période 1970-1985.
[(5)]
La
property tax ne correspond ni exactement à notre taxe
professionnelle ni à notre taxe foncière au sens où elle désigne
un impôt sur la propriété foncière et immobilière. En France,
son équivalent serait plutôt une combinaison de la taxe
foncière et de la taxe professionnelle pour les entreprises (et
une association de la taxe foncière et de la taxe d'habitation
pour les ménages).
[(6)]
Il s'agit donc d'une structure statique et non pas d'une
réaction à un changement.
[(7)]
La normalisation signifie que la somme des termes de
chaque ligne de la matrice est égale à l'unité. Elle permet
d'interpréter le coefficient
ρ comme un coefficient de
corrélation, compris entre-1 et +1.
[(8)]
Une zone d'emploi est une zone géographique où la
majeure partie de la population réside et travaille. Elle
délimite l'aire d'influence des grands pôles d'emploi.
[(9)]
Ici le problème de la simultanéité entre le nombre
d'établissements et la quantité de capital à attirer ne se pose pas
pour deux raisons. Tout d'abord, il peut exister des dispersions
de taille d'établissements très fortes. À un faible nombre
d'établissements dans une commune peut correspondre une
quantité de capital très importante. D'autre part, il existe un
décalage dans le temps entre ces deux variables. Les données
sur les nombres d'établissements sont fournies par des
enquêtes de 1990 tandis que les taux destinés à expliquer les
quantités de capital attiré datent de 1995.
[(10)]
Cette matrice nous permet d'une part d'observer des
valeurs élevées de la log-vraisemblance dans le tableau 1 mais
aussi d’obtenir des résultats convergents pour chacun des sites
(ce qui n’est pas le cas avec les autres matrices). Le choix
d’une seule matrice permet en outre de comparer les résultats
obtenus entre les différents ensembles de zones d’emploi
testées.
[(11)]
En effet, la probabilité très elévée figurant entre crochets
nous indique l'absence d'autocorrélation spatiale résiduelle.
[(12)]
Il s'agit d'interprétations toutes choses égales par ailleurs.
[(13)]
À nouveau, le test de Lagrange ne met pas en évidence
d'effets résiduels liés à l'autocorrélation.