Convergence Monétaire Européenne, PPA et PINC
Hélène Chevrou-Séverac
Dans la lignée des travaux de Frankel (1979) et de Froot et Rogoff (1995), nous proposons un modèle plus général de
détermination de l'inflation nationale de long terme qui lie les hypothèses de parité des pouvoirs d'achat (PPA) relative
''faible''et de parité de taux d'intérêt non couverte (PINC). À partir de ce modèle, nous cherchons à déterminer si, d'une
part, la convergence monétaire au sens de Maastricht qui lie ces variables entre elles a eu lieu et, d'autre part, si la
réalisation de cette convergence entraîne la vérification des hypothèses de PPA et de PINC. Étant donné qu'aussi bien la
convergence maastrichtienne que la PPA semblent être des relations économiques de long terme, nous utilisons la
cointégration fractionnaire pour tester ces relations. La cointégration fractionnaire nous permet de déterminer, d'une part,
si la convergence vers un équilibre de long terme a eu lieu et, d'autre part, à quelle vitesse le système économique revient
vers cet équilibre à la suite d'un choc exogène. Après avoir précisé la définition de la cointégration fractionnaire et donné
une interprétation économique de cette méthode, nous l'appliquons à trois couples de pays participants à l'Union
Monétaire Européenne. Nous montrons que la convergence monétaire ''maastrichtienne''a eu lieu pour les Pays-Bas et la
France vis-à-vis de l'Allemagne. Nous concluons en faveur de la PPA relative et de la PINC dans leur forme faible entre
les Pays-Bas et l'Allemagne. La vitesse de convergence au sens de Maastricht avec l'Allemagne est rapide pour les
Pays-Bas et plus lente pour la France. Dans le cas de l'Italie vis-à-vis de l'Allemagne, il semble qu'il n'y ait pas eu de
convergence.Mots-clés :
PPA, PINC, mémoire longue, cointégration fractionnaire, convergence européenne.
Building on the work of Frankel (1979) and Froot & Rogoff (1995), this article proposes a more general model to
determine long-term national inflation. It combines the assumptions underlying "weak" relative purchasing power parity
(PPP) with those underlying the uncovered interest rate parity (UIRP). Using this model, we endeavour to determine,
first, whether monetary convergence - within the meaning of the Maastricht Treaty - linking these variables has occurred
and, secondly, whether achievement of such convergence bears out the PPP and UIRP assumptions. Since
Maastricht-based convergence and PPP both appear to be long-term economic relations, we are using the fractional
cointegration to test these relations. Fractional cointegration allows us to determine, first, whether convergence towards a
long-term equilibrium has occurred and, secondly, at which speed the economic system returns to this equilibrium after
an exogenous shock. After defining fractional cointegration and giving an economic interpretation of this method, we
apply it to three pairs of "in" countries. We show that the Netherlands and France have achieved monetary convergence
with Germany within the meaning of the Maastricht Treaty. We conclude that the weak form of PPP and UIRP is working
between the Netherlands and Germany. The speed of Maastricht-based convergence with Germany is fast for the
Netherlands and slower for France. Italy does not appear to have converged with Germany.Keywords :
PPP, UIRP, long memory, fractional cointegration, European convergence.
• Parité des pouvoirs d’achat, parité de
taux d’intérêt non couverte et
mécanisme de change européen
— Une modification de la relation de PPA
— PPA relative et PINC : un modèle de
détermination de l’inflation
— PPA, PINC et critères monétaires de Maastricht
• La cointégration fractionnaire : une
méthode d’analyse de la convergence
— La cointégration fractionnaire : définition et
interprétation
— Méthodologie : cointégration fractionnaire et
convergence
— Tests versus estimation du degré d’intégration
fractionnaire
• Quelle convergence des pays de
l’UEM ?
— Présentation des données
— Résultats des tests de cointégration fractionnaire
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE