2002
Économie et Prévision
Dynamique des interactions fiscales entre les communes belges
1984-1997
Jean-François Richard
[(*)]
Henry Tulkens
[(**)]
Magali Verdonck
[(**)]
Nous testons économétriquement l’existence d’interactions fiscales entre les communes belges pour deux types
d’impôts : les additionnels à l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IPP) et au précompte immobilier (PrI). Un
modèle dynamique est spécifié et estimé sur la base de données en panel provenant des 589 communes du pays sur 15 ans.
Les résultats révèlent d’une part qu’il existe une interaction certaine entre les communes dans leurs choix des taux des
deux impôts. D’autre part, leurs ajustements en réaction aux taux des autres communes se font à un rythme lent : l’écart
entre le taux pratiqué et le taux souhaité en raison des interactions ne se réduit annuellement que de 6 % pour le PrI et de
10 % pour l’IPP.Mots-clés :
concurrence fiscale, empirique, dynamique.
The authors test econometrically for the existence of tax interactions among Belgium’s local authorities (communes) for
two types of taxes, the local component of personal income tax (additionnels à l’impôt sur le revenu des personnes
physiques, IPP) and the property tax (précompte immobilier, PRI). A dynamic model is specified and estimated on the
basis of panel data from the country’s 589 communes over a 15-year period. The results show a definite interaction among
the communes in setting the rates of the two taxes. Further, their adjustments to changes in rates in other communes are
slow: the gap between the actual rate and the rate desired because of the interactions is reduced annually by only 6% for
the PRI and only 10% for the IPP.Keywords :
tax competition, empirical economics, dynamics.
Cet article est un élément d'une recherche réalisée pour le compte de Mr J. Simonet, Ministre-Président de la Région de
Bruxelles-Capitale. Pour leurs commentaires et suggestions, les auteurs tiennent à adresser leurs remerciements à V. Ginsburgh,
B. Heyndels, M. Marchand et J. Vuchelen, ainsi qu'aux participants aux séminaires du CORE en Belgique, du ESF/SCSS Exploratory
Workshop à Paris et de l'UCSC à Milan. Cet article est une version remaniée d'une première version ayant circulé sous la forme d'un
ARC Discussion Paper n°3 portant le même titre.
Nous testons économétriquement l’existence d’interactions fiscales entre les communes belges
pour deux types d’impôts : les additionnels à l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IPP)
et au précompte immobilier (PrI). Un modèle dynamique est spécifié et estimé sur la base de
données en panel provenant des 589 communes du pays sur 15 ans. Les résultats révèlent d’une
part qu’il existe une interaction certaine entre les communes dans leurs choix des taux des deux
impôts. D’autre part, leurs ajustements en réaction aux taux des autres communes se font à un
rythme lent : l’écart entre le taux pratiqué et le taux souhaité en raison des interactions ne se
réduit annuellement que de 6 % pour le PrI et de 10 % pour l’IPP.
Nous appelons interaction fiscale le fait que les
décisions fiscales prises par une autorité
indépendante sont influencées par les décisions
fiscales prises par les autorités voisines. Nous
voyons deux sources possibles à ce genre
d'interactions. La première est la concurrence
fiscale. Dans ce cas, le canal de transmission des
interactions fiscales est la mobilité géographique des
assiettes : les gouvernements cherchent, par
l'utilisation d'instruments fiscaux, à s'approprier une
base taxable mobile. Leur intérêt pour ce faire est,
d'une part, d'augmenter leurs recettes (ou de ne pas
les voir diminuer) et, d'autre part, de bénéficier des
avantages liés à la présence de ces bases imposables
(plus d'investissements, plus d'emplois...). La
deuxième source d'interaction fiscale est le
mimétisme fiscal motivé par des raisons politiques.
Dans ce cas ce n'est plus la mobilité des bases
imposables qui joue le rôle de canal de transmission,
mais bien la crainte, de la part des décideurs
politiques, d'être sanctionnés par leur électorat si
leurs décisions fiscales sont perçues comme moins
bonnes que celles de leurs voisins. Ces deux sources
d'interactions fiscales sont analysées d'un point de
vue théorique dans deux courants distincts de la
littérature : celle sur la concurrence fiscale et celle
sur le mimétisme fiscal, appelé parfois « yardstick
competition ».
L'objectif de cet article est de tester empiriquement
l'existence d'interactions fiscales en Belgique, le
niveau de po uvoir étudié étant celui des
communes
[1]. Il ne s'agit donc pas de vouloir
discerner par quel canal de transmission ces
interactions se produisent
[2].
Il existe une littérature empirique naissante visant à
tester la présence d'interactions fiscales. Nous
recensons huit articles à ce jour, qui tentent de
répondre à la question suivante : « Les décideurs
politiques prennent-ils en compte les décisions de
leurs voisins lorsqu'ils effectuent leurs choix fiscaux
et, si oui, dans quelle mesure ? ». Tous ces articles,
sauf un, portent sur des données nord-américaines.
La plupart examinent le choix en termes de taux de
taxation et l'un d'eux examine les choix en termes de
dépenses (Case, Rosen et Hines, 1993). Différents
types d'impôts sont considérés : l'impôt sur le revenu
des personnes (Heyndels et Vuchelen, 1996,
Goodspeed, 1999, et Case, 1993) ou sur le revenu des
entreprises (Masayoshi et Boadway, 2000), l'impôt
sur le capital (Brueckner et Saavedra, 1999), les
accises (Besley et Rosen, 1998) ou encore la pression
fiscale dans son ensemble (Ladd, 1992).
Les études empiriques incluent toujours un rappel
des fondements théoriques du phénomène étudié.
Parmi ceux-ci apparaissent les deux courants
précités : la littérature sur la concurrence fiscale
[3] et
les modèles d'économie politique du type « yardstick
competition ». Lorsque les auteurs se penchent sur
des taxes portant sur des bases mobiles (taxation du
capital ou taxation indirecte), leur étude empirique
est généralement précédée d'un modèle théorique de
concurrence fiscale. Lorsqu'ils se penchent sur des
taxes portant sur des bases moins mobiles (taxation
des revenus du travail), leur étude empirique est
parfois précédée d'un modèle théorique de type
« yardstick competition ».
Quel que soit le modèle théorique de base adopté
pour étudier l'existence d'interactions fiscales, la
spécification du modèle économétrique visant à
tester celle-ci est la même. En effet, la variable
expliquée est le taux choisi par les entités
considérées et l'équation à estimer est une équation
linéaire o ù apparaissent d es variables
socio-économiques propres à l'entité ainsi que les
taux des entités voisines. La majeure variante parmi
les équations estimées concerne la méthode de
pondération des taux des entités voisines afin de tenir
compte du fait qu'une entité peut être plus fortement
influencée par certaines entités et moins par d'autres.
Dans ces articles, la présence d'une interaction
fiscale est vérifiée si l'on obtient des coefficients
significatifs pour les variables explicatives « taux
des entités voisines ». Les études concluent à
l'existence d'une interaction significative entre les
entités d'un même niveau de pouvoir, cette
interaction étant positive dans la très grande majorité
des cas. Les résultats indiquent que le coefficient
estimé pour les taux des communes voisines est en
moyenne de l'ordre de 0,6. Plusieurs auteurs
terminent leur étude par l'interprétation suivante :
« Si tous les voisins de l'entité i augmentent leur taux
de taxation de 1 %, l'entité i augmentera le sien de
0,6 % ».
Pour les raisons qui suivent, nous estimons que cette
interprétation est abusive. Les études antérieures
analysent en effet le problème de manière statique,
c'est-à-dire pour une année à la fois. Les données
elles-mêmes ne portent souvent que sur une seule
année et, si plusieurs années sont considérées, elles
le sont séparément les unes des autres. Il en résulte
que les résultats économétriques obtenus supposent
implicitement que chaque commune parvient à
adopter effectivement, l'année où il est observé, le
taux de taxation qu'elle préfère compte tenu des taux
de ses voisines. Cette hypothèse nous paraît trop
forte, et surtout intenable, si, comme nous avons
réussi à le faire ici, on fait porter l'analyse sur une
succession d'un grand nombre d'années : dans ce
cadre, on ne peut ignorer que des temps d'ajustement
plus ou moins longs interviennent dans les processus
de décision. Il faut alors en tenir compte dans
l'évaluation du phénomène d'interaction fiscale
proprement dit.
C'est pourquoi nous spécifions un modèle
dynamique, qui rend explicitement compte des
temps d'ajustement, et, sur cette base, les
changements de taux d'imposition observés seront
interprétés comme des tendances vers un taux que
nous qualifions de « préféré » par chaque commune -
taux qui est sujet à influences extérieures telles que
les taux pratiqués par les autres communes, ou
encore les autres variables économiques qui jouent
un rôle dans les choix fiscaux. Dans ce cadre, chaque
changement de taux observé ne sera donc pas
interprété comme résultant d'interactions fiscales,
mais plutôt comme un mouvement vers le taux
préféré ; dans le niveau de ce taux, la présence
d'interactions fiscales est explicitement reconnue
comme une possibilité. Que cette présence
éventuelle puisse être détectée dans les faits est
précisément ce que la présente estimation
économétrique vise à vérifier.
Le plan du travail se présente comme suit. Un modèle
qui synthétise le comportement fiscal supposé de
chaque commune est spécifié dans la première
partie. Les données utilisées pour l'analyse
empirique sont décrites dans la deuxième partie. La
méthode économétrique adoptée fait l'objet de la
troisième partie. Les résultats des estimations et leur
interprétation économétrique sont présentés dans la
quatrième partie. La dernière partie présente un
résumé et tire les conclusions de l'étude.
Spécification du modèle économique
Le modèle censé décrire le comportement des
communes dans le choix du taux de leurs impôts est
exposé en deux temps. Nous commençons par
définir le taux d'imposition que nous appelons
« préféré » par une entité locale, pour ensuite décrire
un processus d'ajustement au cours du temps vers ce
taux préféré.
Nous exposons le modèle en termes d'un seul impôt.
Lorsqu'il est fait usage de plus d'un type d'impôt, le
modèle est censé s'appliquer à chaque impôt
séparément.
Le taux préféré en l'absence d'interaction fiscale
Posons tout d'abord que pour chaque commune i il
existe un taux d'imposition Ti t,* qu'elle pratiquerait à
l'année t si, pour faire ce choix, elle ne devait en rien
tenir compte des autres communes. Ce taux, elle le
cho isirait en fonction d es circo nstances
économiques, que nous représenterons par un
vecteur Zi, t de variables diverses, ainsi qu'en tenant
compte du taux imposé par un autre niveau de
pouvoir sur la même base TF, t. Ce dernier élément
permet de prendre en compte un éventuel effet
d'interaction fiscale verticale entre les communes et
les autres niveaux de pouvoir (régional ou fédéral
dans le cas belge). Nous résumons ces considérations
en spécifiant la fonction
où l'indice temporel est omis parce que non essentiel
à ce stade de l'exposé,
a est un scalaire et
bun vecteur
de même dimension que
Zi. Nous appellerons
Ti* le
« taux préféré de la commune
i en l'absence
d'interaction fiscale »
[4].
Toutefois, au cours de la période étudiée, les taux des
autres niveaux de pouvoir sur les bases imposables
qui nous occupent n'ont pas été modifiés ou n'ont
varié qu'une seule fois, ce qui ne permettra pas de
mesurer leur impact. Nous les ignorerons donc et
remplacerons (1) par
Le taux préféré en présence d'interaction fiscale
Pour prendre en compte l'éventualité d'interactions
fiscales entre communes, amendons le concept de
taux préféré qui vient d'être présenté en posant
alternativement celui de « taux d'imposition préféré
de la commune i, l'année t, en présence d'interaction
fiscale », en le notant , Ti t et en écrivant la fonction qui
le détermine sous la forme (à nouveau, sans l'indice t)
avec
où Tj est le taux effectif de l'impôt du même type
pratiqué par la commune j, tandis que Ï•ii et les Ï•ij
mesurent l'influence sur le choix fiscal de la
commune i, respectivement, de son taux préféré sans
interaction fiscale et des choix fiscaux des autres
communes. La valeur numérique de Ï•ij représente le
degré de « voisinage » entre i et j; nous supposons
que l'influence de l'une sur l'autre croît en fonction de
celui-ci. Sans aucune interaction fiscale des autres
communes sur la commune i, on a ϕij = 0 pour tout j et
ϕii = 1 et donc
Au contraire, avec une interaction maximum, on a
L'entité i ne choisit alors son taux que sur la base de
l'influence qu'elle subit de la part des entités
voisines.
Si l'on considère l'ensemble des 589 communes,
donc l'équation (3), comme un système de 589
équations, l'ensemble des coefficients Ï•ij constitue
une matrice carrée 589 x 589 que nous appellerons
« matrice de pondération des taux extérieurs dans le
choix des taux préférés des communes », plus
brièvement « matrice de pondération ». Selon les
définitions que l'on donnera au terme « voisine », on
aura différentes matrices de pondération constituées
des ϕij correspondants.
La condition formelle
exprime le taux
désiré comme une combinaison convexe du taux
préféré sans concurrence et des taux des entités
voisines
[5].
L'ajustement dynamique vers le taux préféré
Convenons maintenant de noter Ti, t le taux
effectivement pratiqué par la commune i au cours de
l'année t, donc observé. On peut considérer que ce
taux est le taux préféré, c'est-à-dire que T T i t i t, , = et
ce en tout t. Mais cette hypothèse est très optimiste
quant à la flexibilité et la rapidité de décision en
matière fiscale dans l'institution communale - trop
optimiste, probablement. Il nous paraît plus réaliste
de décrire le comportement des décideurs au fil du
temps en incorporant la possibilité d'un temps
d'ajustement entre le taux pratiqué et letaux préféré.
À cette fin, nous adopterons un modèle de type
« mécanisme avec correction d'erreurs » (MCE). Ce
type de modèle a été utilisé avec un succès
considérable dans la littérature théorique et
empirique consacrée aux ajustements dynamiques
dans la direction de solutions d'équilibre de long
terme, en présence de coûts d'ajustement
[6].
Introduisons la notation standard Δ pour représenter
des d ifféren ces premières (par ex emple
ΔT T T t, )= -. Dans le contexte de notre
i t i i t, ,-1 problème, une formulation de type MCE s'écrit
comme suit :
Le coefficient central du modèle MCE est v, qui
représente la fraction instantanée (vitesse)
d'ajustement à un déséquilibre antérieur entre taux
effectif et taux préféré. Pour toute valeur de v
strictement comprise entre 0 et 1, ce modèle
converge vers un équilibre de long terme sous le
scénario (hypothétique) de stationnarité (ΔZi, t = 0) ou
même de croissance équilibrée (ΔZi, t = gi, où gi
désigne un taux de croissance). Il s'agit là d'une
propriété théorique plutôt qu'empirique car dans la
pratique on ne s'attend pas à observer une croissance
équilibrée des ΔZi, t.
Bien entendu, les taux préférés , Ti t n'étant pas
observés, l'équation (5) n'est pas estimable comme
telle. Il faut y substituer les équations (2) et (3) à , Ti t.
Cette substitution produit l'équation suivante :
où les ei, t représentent des termes d'erreurs usuels,
supposés de moyenne nulle et non corrélés avec les
régresseurs (le caractère discret des données
implique des effets de troncature discutés en
quatrième section de la troisième partie).
La matrice de pondération
Il nous reste alors à modéliser la matrice 589 x 589,
dite « de pondération » Φ = (Ï•ij ). Pour ce faire, nous
adoptons une formulation logistique standard dans
laquelle les logarithmes des Ï•ij sont supposés être
proportionnels à une combinaison linéaire (de poids
δ) de variables de « distance socio-économique » dij
(notons que dii = 0 pour tout i), et sont ensuite
normalisés à l'unité, c'est-à-dire :
La forme du dénominateur permet de satisfaire la
contrainte de normalisation
Après
optimisation en δ’ il est possible de calculer les Ï•ij
pour chaque couple de i et j, et le Ï•ii est ensuitecalculé
grâce à l'opération
Le choix des grandeurs dij est discuté en deuxième
section de la deuxième partie ci-dessous. Deux
commentaires s'appliquent à la spécification retenue
pour les ϕij :
- au vu de la période relativement courte des
observations (14 ans), nous nous sommes limités à
des mesures de distance constante dans le temps
(quitte à utiliser des moyennes d'échantillon sur la
période d'observation), ce qui explique l'absence
d'indice t pour les dij et ϕij. Il n'y a pas obstacle
conceptuel à utiliser des mesures de distance variant
dans le temps, mais en pratique cela reviendrait à
calculer une matrice 589 x 589 par année. Cela ne
nous a pas semblé nécessaire compte tenu que les
variations retenues par la suite pour calculer les dij
n'entraîneraient que de faibles variations des Ï•ij dans
le temps ;
- en cours d'analyse, nous avons examiné la question
de savoir si le fait d'appartenir ou non à une (des)
région(s) de même langue avait un impact sur nos
mesures de proximité. Il y a au moins deux façons
d'examiner cette question. La première consiste à
ajouter à la liste des dij une variable dichotomique Iij
prenant la valeur 0 pour une appartenance à une (des)
région(s) de même langue et 1 dans le cas contraire.
Un modèle plus riche consiste à introduire des
valeurs différentes pour δselon la valeur de Iij, soit δ1
pour Iij =1 et δ2 pour Iij = 0. En pratique, cela revient à
remplacer δ dans l'équation (7) par :
-
Il s'est avéré que les différences entre δ1 et δ2
n’étaient pas significatives et cette formulation a
donc été abandonnée en faveur d'un seul (vecteur) δ
commun à toutes les paires de communes.
En résumé de cette partie, le modèle à estimer est
complètement caractérisépar les équations (6)et (7).
Données et choix des variables
Comme cela a déjà été mentionné dans Heyndels et
Vuchelen (1996), la Belgique présente une série de
caractéristiques qui en font un sujet idéal pour une
étude empirique de ce type. Premièrement, le
nombre de communes en Belgique nous offre un
vaste échantillon puisque nous pouvons travailler
avec 589 communes chaque année. Deuxièmement,
pour toutes les communes, seuls deux mêmes
impôts, les additionnels à l'impôt des personnes
physiques (IPP) et le précompte immobilier (PrI),
constituent la majeure partie des ressources fiscales
communales
[7]. Troisièmement, puisque ces deux
impôts sont des additionnels sur un impôt fédéral,
d'une part, et un impôt régional, d'autre part, la
définition de la base imposable est totalement
uniforme car, dans les deux cas, elle est déterminée à
un niveau supérieur. Dès lors, nous pouvons nous
contenter de comparer les taux, sans devoir procéder
à une adaptation des bases. Enfin, les frontières à
l'intérieur desquelles s'exercent les différentes
compétences, dont la compétence fiscale, des entités
en cause, sont exactement les mêmes. Les communes
sont donc institutionnellement homogènes.
Remarquons que ces trois derniers éléments
facilitent les comparaisons intercommunales, tant
pour les contribuables que pour les décideurs
politiques.
Toutes les données utilisées dans l'estimation sont
disponibles pour l'entièreté des communes, pour les
années 1983 à 1997. Les principales sources de ces
données sont l'Institut National de Statistique, le
Ministère des Finances et le département de
géographie de l'Université Catholique de Louvain.
Nous décrivons maintenant les données utilisées
pour estimer cette équation, successivement dans le
cas des additionnels sur l'impôt des personnes
physiques et dans celui du précompte immobilier.
Les variables fiscales
Les centimes additionnels communaux sur l'impôt
des personnes physiques (IPP) s'expriment en
pourcentage de l'impôt dû par le contribuable au
pouvoir fédéral
[8]. Un « centime » additionnel est
donc ici un pour cent de l'impôt dû. La base
imposable de cet impôt fédéral est l'ensemble des
rev enu s des con tribu ables. L es centimes
additionnels communaux varient d'une commune à
l'autre entre 0 % et 10 %, avec une moyenne de 6,7 %
pour l'ensemble du pays.
Les centimes additionnels au précompte immobilier
(PrI) sont pour leur part exprimés en nombre de
centièmes du taux régional du PrI. Si le taux
(régional) du Pr I est de 1,25 %, un « centime »
additionnel est ici 0,01 x 0,0125, nombre qui vient
s'ajouter au taux du PrI régional appliqué au
contribuable. La base imposable du PrI est le revenu
cadastral des immeubles dont le contribuable est
propriétaire. Le revenu cadastral est une sorte de
loyer fictif que l'immeuble pourrait rapporter, qui est
calculé par l'administration fiscale sur la base de
critères objectifs tels que la superficie, l'année de
construction, etc.
Les centimes additionnels communaux sur le PrI
varient de 200 à 4 000 d'une commune à l'autre. Mais
le taux régional du PrI est de 1,25 % en Régions
wallonne et bruxelloise et de 2,5 % en Région
flamande : 200 centimes ne correspondent donc pas
au même taux d'imposition effectif selon la Région
où ils s'appliquent. En conséquence, afin d'exprimer
les centimes additionnels communaux au PrI dans
des unités comparables à travers tout le pays, il a été
nécessaire de transformer les chiffres de ces
centimes. Le taux du précompte immobilier
communal, ainsi réexprimé en pourcentage de la
base imposable (le revenu cadastral), varie entre
2,5 % et 50 %, avec une moyenne de 24,65 %.
Les variables explicatives non fiscales
L'introduction de variables explicatives non fiscales
permet de distinguer, parmi les similitudes de taux
entre communes, celles qui seraient dues à des
caractéristiques socio-économiques et celles dues
aux interactions fiscales.
Pou r ch oisir les v ariables ex plicatives
socio-économiques, nous nous basons sur les études
antérieures en la matière et faisons l'hypothèse que
l’ensemble des variables à retenir
[9] n’est pas modifié
par le caractère dynamique de notre modèle.
Dans la première volée d'estimations, nous avons
introduit neuf variables explicatives, identiques
pour les estimations IPP et pour les estimations PrI.
Les estimations nous permettent ensuite de
sélectionner les variables les plus pertinentes selon
la taxe traitée.
La première variable socio-économique prise en
compte est la population communale. En 1997, le
nombre d'habitants par commune variait de 85 à
Herstappe à 453 030 à Anvers, avec une moyenne de
18 000 en Belgique.
La seconde variable est la densité de la population.
La commune la plus densément peuplée se trouve
dans la Région bruxelloise, avec 191,8 habitants par
hectare à Saint-Josse et la commune la moins
densément peuplée est Léglise avec une densité de
0,209. La moyenne belge est de 6,7. Nous
interprétons cette mesure comme une approximation
du degré d'urbanisation d'une commune.
La troisième variable est le revenu par habitant dans
chaque commune. En 1983, la commune la plus
pauvre, Bertogne, avait un revenu annuel imposable
par habitant égal à 137 100 FB (3 399 Euros), tandis
que dans la commune la plus riche, Kraainem, ce
revenu s'élevait à 335 500 FB (8 317 Euros). En 1998,
l'écart s'est creusé, le minimum étant de 192 100 FB
(4 762 Euros) par habitant à Saint-Josse, et le
maximum étant de 593 200 FB (14 705 Euros) à
Lathem-Saint-Martin. La moyenne nationale est de
394 800 FB (9 787 Euros).
Trois variables dichotomiques régionales ont
également été ajoutées pour observer si les taux
varient significativement d'une Région à l'autre pour
des raisons différentes qu'une variation des
caractéristiques socio-économiques incluses dans le
modèle.
Pour la pondération des communes voisines, quatre
types de « distances » ont été introduits : le premier
est la distance géographique de centre à centre, le
deuxième est le différentiel de revenu par habitant
entre deux communes i et j, le troisième est le
différentiel de densité de population entre i et j et
enfin, le dernier est le différentiel de population. Le
choix de ces variables pour la pondération des
communes résulte de l'hypothèse que s'il y a
mimétisme fiscal ou concurrence fiscale c'est qu'il y
a, à un moment donné, comparaison des taux par les
décideurs politiques ou par les contribuables. Or, par
hypothèse, cette comparaison est plus directe, non
seulemen t en tre des communes proches
géographiquement, mais aussi entre les communes
présentant des caractéristiques semblables en termes
de degré d'urbanisation, en termes de taille de leur
population ou en termes de classe de revenu de leur
population.
Le tableau 1 précise les unités dans lesquelles les
variables expliquées et explicatives sont exprimées.
Tableau 1
variables, symboles et unités
Tableau 1 : variables, symboles et unités
Variable Symbole Unité
Taux du précompte PrI 50 centimes
immobilier
Taux de l’impôt despersonnes physiques IPP 1/2 %
Distance de centre à centre DIS 100 km
Densité de population DEN 100 hab/km2
Population POP 100 000 habitants
Revenu par habitant REV 1 000 FB
Constante CST 1
Flandre FLA 1
Wallonie WAL 1
Bruxelles BXL 1
Remarque : 1 000 FB correspondent à 24,79 Euros.
Technique d'estimation
Le modèle défini par les équations (6) et (7) est non
linéaire en les paramètres v, β et δ. La non-linéarité
en (v,β) est éliminée par la reparamétrisation
suivante de l'équation (6) :
dans laquelle
c =
v.
β. On dispose ainsi d'une
expression linéaire en les coefficients (
a, b, c,
v),
conditionnellement à
δ et donc aux
ϕij. La prise en
considération de cette propriété du modèle va nous
permettre de simplifier considérablement le calcul
d'estimateurs de moindres carrés non linéaires
[10]
pour l'ensemble des paramètres du modèle, y
compris
δ.
En effet, en ce qui concerne δ pour toute valeur
donnée de celui-ci, il suffit de calculer les Ï•ij qui y
correspondent, de les substituer dans l'équation (8) et
d'en estimer les coefficients restants par moindres
carrés ord inaires. O n recherche alors
numériquement les valeurs de δ qui minimisent la
somme des carrés des résidus (estimés) de l'équation
(8).
Ce programme d'optimisation numérique a été
rédigé en FORTRAN 77 et utilise un
sous-programme d'optimisation très performante,
basée sur la méthode du simplexe et adaptée de
l'ouvrage de Press et al. (1986). Un calcul complet
d'optimisation prend de l'ordre de 25 secondes sur
une station de travail SUNFIRE 3800.
Avant de présenter les résultats de l'estimation, il
nous faut discuter de trois aspects complémentaires
essentiels de l'analyse des moindres carrés :
- la calibration statistique des estimateurs ainsi
obtenus, sous la forme d'écarts type (ou encore
d'intervalles de confiance) ;
- une procédure de sélection des variables
explicatives qui permette d'éliminer les variables
non significatives ;
- les effets de la troncature. Nous discutons ces trois
points dans les sous-parties suivantes.
Intervalles de confiance
Il convient de caractériser de façon appropriée
l'incertitude inhérente au caractère aléatoire de
l'échantillon observé. Cela se fait généralement sous
la forme de calcul d'écarts type mesurant la
dispersion statistique des estimateurs. Compte tenu
de la non-linéarité du modèle, il n'existe pas
d'expression analytique pour ces écarts type. Il est
certes possible d'en calculer des approximations,
dites de g rands échantillons (o u encore
asymptotiques), au coût de calculs qui peuvent
s'avérer numériquement délicats.
Dans le cas présent, nous avons préféré recourir à des
techniques de simulation qui nous permettent
d'obtenir avec un effort de programmation minimum
des écarts type correspondant à la taille effective des
échantillons utilisés.
Cette technique consiste essentiellement à assigner
aux paramètres du modèle leur valeur estimée, à
procéder ensuite à des tirages aléatoires des termes
d'erreur ei, t et, par substitution dans l'équation (6),
d'en déduire des échantillons fictifs de variation des
taux d'imposition (ou, plus spécifiquement, compte
tenu de la nature dynamique du modèle, des
trajectoires fictives de taux d'imposition sur les 14
années de notre échantillon). Bien entendu, les
variables explicatives Zi, t qui ne font pas l'objet de la
modélisation et sont « exogènes » au modèle sont
maintenues à leur valeur observée.
À chaque échantillon fictif ainsi obtenu (de taille
589 x 14 = 8246), on applique la technique
d'estimation décrite ci-dessus. Pour chaque
spécification du modèle, nous avons répété cette
procédure de simulation 1 000 fois et avons ainsi
obtenu 1 000 réalisations aléatoires du processus
d'estimation. On calcule enfin les écarts type de ces
1 000 réalisations, obtenant ainsi une mesure
statistique fiable de la dispersion statistique des
estimateurs (vérifiant au passage que les moyennes
empiriques des estimateurs simulés ne diffèrent pas
de façon significative des valeurs retenues pour la
simulation, c'est-à-dire que les estimateurs ne sont
pas significativement biaisés). Les intervalles de
confiance pour les coefficients estimés sont alors
définis comme des intervalles de demi-longueur
correspondant à deux écarts type et centrés sur la
valeur estimée du coefficient.
La validation de cette technique de simulation
dépend bien évidemment des hypothèses relatives à
la distribution des termes d'erreur ei, t, puisque c'est
de cette distribution qu'on tirera des erreurs
simulées. Or, l'examen des résidus estimés du
modèle nous amène à devoir rejeter l'hypothèse
standard de normalité des résidus. Plus
spécifiquement, nous observons une forte
concentration (80 à 90 %) de faibles résidus,
accompagnée d'un petit nombre de résidus beaucoup
plus dispersés. Dans ces conditions, des simulations
sous une hypothèse de normalité entraîneraient des
concentrations excessives de petits aléas simulés et,
en conséquence, une « confiance » excessive en les
valeurs estimées de coefficients.
Dans ces conditions, nous avons utilisé une méthode
de simulation par « bootstrap » qui consiste à
échantillonner les aléas ei, t dans leur distribution
empirique telle qu'obtenue à partir des estimateurs
des coefficients. Plus précisément, une estimation du
modèle produira 8246 résidus estimés, lesquels se
voient chacun attribuer une probabilité 1/8246 pour
la procédure d e simulation (tirages av ec
remplacement).
Sélection des variables explicatives
Nous disposons initialement d'un total de 12
variables explicatives : 3 pour le court terme (les
ΔZ ), 5 pour le long terme (les Zi, t-1, complétés par
i t, deux variables indicatrices pour les Régions
flamande et wallonne - ce qui, compte tenu du terme
constant a, revient à introduire un terme constant
spécifique à chacune des trois Régions) et 4 variables
pour les poids Ï•ij (les quatre types de« distances »).
Afin de simplifier l'interprétation tant statistique
qu'économique des résultats d'estimation, il est en
général recommandé d'éliminer du modèle les
variables qui n'y contribuent pas significativement.
Pour ce faire, nous partons du modèle le plus général
possible, en incluant l'ensemble des variables
exp licatives dispo nibles, et élimin ons
prog ressivemen t les variables les moins
significatives jusqu'à l'obtention d'un modèle où tous
les coefficients retenus sont statistiquement
significatifs. Bien entendu, cette procédure
d'élimination est conduite séparément pour le PrI et
l'IPP puisqu'on peut s'attendre à ce que les variables
retenues diffèrent dans les deux cas. Le critère
d'élimination retenu est le critère usuel de la
« statistique t » (rapport entre l'estimateur et son écart
type) inférieur à 2. Ceci explique que tous les
résultats présentés ci-dessous soient significatifs au
sens de la statistique t.
Notons enfin que pour accélérer la procédure de
sélection interactive des variables, il est légitime de
se baser sur les écarts type de moindres carrés plutôt
que sur ceux obtenus par simulation. Les premiers
sont en effet plus faibles que les seconds puisque, en
particulier, ils ne prennent pas en compte
l'incertitude sur les δet donc sur les ϕij. Il s'ensuit que
toute variable éliminée sur la base des écarts type de
moindre carrés le serait aussi sur la base des écarts
type de simulation. Bien entendu, en ce qui concerne
les dij il convient de se baser sur les écarts type de
simulation qui sont les seuls disponibles ou, en
première approximation, sur la statistique du R2
associée au calcul de moindres carrés.
Effets de troncature
Un examen quelque peu approfondi des données
indique que les changements de taux d'imposition
communaux ne sont pas des variables continues,
mais sont souvent arrondis à des fractions
particulières de points ou à des nombres entiers de
centimes additionnels. La manifestation la plus
évidente de ce phénomène nous est fournie par des
pourcentages élevés de changements nuls (82 % des
observations pour le PrI et 87 % pour l'IPP !). De
façon plus générale, la grande majorité des
changements du taux de l'IPP se traduisent en
multiples de 1/2 % (compris entre les extrêmes – 6 %
et + 6 %). De façon analogue, la majorité des
changements du PrI s'expriment en multiple de 50
centimes additionnels (compris entre les extrêmes
–1 120 et + 2 120, tous les deux non multiples de 50 et
cas exceptionnels). Cette discrétisation implicite
pose des questions d'interprétation et de
modélisation. Elle pose la question plus immédiate
de savoir si elle est susceptible d'affecter de façon
sensible les estimations du modèle représenté par
l'équation (6), en particulier sous forme d'un biais
vers le bas du coefficient d'ajustement dynamique v
(notons que 100 % d'ajustements nuls seraient
parfaitement expliqués par des coefficients tous nuls
dans cette équation !).
Les techniques de simulation décrites plus haut
permettent de répondre à cette question. Il suffit en
effet de procéder en parallèle à des simulations pour
lesquelles les taux d'imposition simulés sont
eux-mêmes arrondis de manière représentative de
l'échantillon observé, c'est-à-dire en multiple de
1/2 % pour l'IPP et de 50 centimes additionnels pour
le PrI.
Nous avons en particulier procédé à des simulations
tronquées des deux versions finales (PrI et IPP) de
notre modèle, telles que présentées ci-dessous. Sans
anticiper sur l'analyse détaillée des résultats, nous
verrons qu'effectivement le coefficient d'ajustement
dynamique v est biaisé vers le bas en conséquence de
l'effet de troncature (et plus particulièrement du
nombre élevé de changements nuls), mais d'une
manière qui ne modifie en rien l'essentiel de nos
conclusions qualitatives relatives à la lenteur des
ajustements dynamiques dans la direction des taux
d'équilibre de long terme.
Les résultats et leur interprétation
économétrique
Pour le précompte immobilier (PrI) comme pour
l'impôt des personnes physiques (IPP), trois
catégories de résultats sont à considérer. La première
est constituée des estimations des paramètres Ï•ij,
après optimisation des coefficients δ. La valeur de
ces paramètres détermine l'importance qu'une
commune accorde, tant à son taux préféré sans
interaction fiscale, Ti t,*, qu'aux taux des autres
communes, dans la détermination de son taux préféré
en présence d'interactions fiscales, , Ti t, et donc dans
le choix de son taux effectif de taxation, Ti, t. De plus,
ces coefficients permettent d'identifier quels critères
déterminent le poids accordé par une commune au
taux d'une autre.
La deuxième catégorie de résultats porte sur
l'estimation de la fraction v de l'écart entre le taux
effectivement pratiqué, Ti, t, et le taux préféré avec
interaction fiscale, , Ti t, qui est corrigé à chaque
période.
Enfin, la troisième catégorie de résultats porte sur les
coefficients b et b des variables explicatives non
fiscales, b indiquant l'influence de ces variables sur
les variations annuelles effectives et bmesurant leur
influence sur le taux préféré de long terme, , Ti t.
Résultats pour le précompte immobilier
Le tableau 2 présente les valeurs des coefficients
estimés dans l'équation relative au précompte
immobilier. Il ne prend en compte que les variables
significatives. Les variables explicatives citées en
deuxième section de la deuxième partie et
n'apparaissant pas dans le tableau n'améliorent pas la
qualité de l'estimation. Nous les avons dès lors
éliminées.
Tableau 2
estimateurs pour le précompte immobilier
Tableau 2 : estimateurs pour le précompte immobilier
Coefficient Variable Estimateurb Statistique-ta
a 0,2345D+00 2,962
b POP-0,2949D+02 2,396
c (
v déf )= β REV 0,2467D+02 6,310
β REV 0,4028D+03 6,850
v 0,6127D-01 16,67
δ1 DIS 0,1026D+02 7,888
δ2 DDEN 0,5361D+01 5,449
R2 régression non linéairec : 0,036.
a La statistique-t (de simulation) est définie comme la valeur absolue
du quotient entre la moyenne de simulation et son écart type.
b En notation décimale flottante du FORTRAN, garantissant 4
décimales significatives pour tous les estimateurs.
c Il s'agit d'un R2 brut (non corrigé pour les effets de troncature).
Nous réécrivons l'équation (6) avec les coefficients
estimés, mais les coefficients Ï•ii et
propres à chaque commune. On ne peut dès lors leur
donner une valeur dans l'équation générale. C'est
pourquoi, à titre indicatif, nous l'écrivons avec les
coefficients estimés pour une commune donnée,
Ixelles, que nous appellerons xl :
où
Avant de passer à l'examen systématique des
coefficients, une remarque importante concerne le
R2 de cette estimation. Celui-ci révèle que la qualité
prédictive du modèle est particulièrement faible, de
l'ordre de 3,6 %. Ceci est dû à plusieurs facteurs : tout
d'abord, le travail en panel génère habituellement de
faibles R2; en second lieu, les données utilisées sont
de nature discrète alors que le modèle est spécifié
pour des variables continues ; en troisième lieu, on
travaille avec des différences premières ; enfin, la
liste des variables Zi prises en considération n'est
évidemment pas exhaustive : elle devrait donc être
complétée.
La valeur des ϕij
Pour le précompte immobilier, l'optimisation de la
valeur des Ï•ij, à travers les coefficients δ, nous
apprend que la distance géographique (DIS) et le
différentiel de densité de population (DDEN) ont un
impact significatif sur la détermination du poids à
accorder au taux d'une autre commune lors du choix
de son propre taux. Cela signifie qu'une commune i
prend en compte, dans son choix de taux de taxation
de l'immobilier, les taux de taxation des communes
qui (1°) ne lui sont pas trop éloignées en distance
physique et (2°) sont relativement comparables en
termes de densité de population. En d'autres termes,
l'importance que la commune i attache aux taux
appliqués en j est inversement proportionnelle à ces
deux types de distance.
Le caractère significatif des deux coefficients
montre l'intérêt qu'il y avait à aller un pas plus loin
que les études mentionnées dans la revue de la
littérature, en ne se limitant pas au seul critère de la
distance géographique. Celui-ci joue un rôle certain,
mais il n'est pas le seul.
Grâce à ces coefficients, il est possible de calculer le
ϕii de chaque commune et le ϕij de chaque paire de
communes. Les Ï•ii varient de 0,06 à 0,70 selon la
commune (avec une moyenne de 0,122). À long
terme, le taux de précompte immobilier effectif
d'une commune dépend pour 6 à 70 % de son taux
préféré sans concurrence fiscale et pour 30 à 94 % du
taux des communes les plus proches en distance et en
termes de densité de population.
Pour la commune xl en particulier (voir équation
(10)), nous interprétons les résultats de la manière
suivante : le taux préféré de long terme en présence
d'interaction fiscale , Txl t dépend à 25,4 % de son taux
préféré en l'absence d'interaction fiscale, Txl t,* (et
donc de ses caractéristiques socio-économiques
propres), et à 74,6 % des choix de taux des communes
voisines.
L'examen des
Ï•ii individuels révèle que les
ϕii des
communes d e la Région bru xelloise sont
relativement grands en moyenne (celui de la
moyenne bruxelloise est de 0,282) : par rapport aux
communes flamandes et wallonnes, les communes
de la capitale se laissent donc moins influencer par
celles qui leur sont voisines et elles accordent
relativement plus d'importance à leur taux préféré
sans interaction fiscale. La raison de cette spécificité
bruxelloise pourrait provenir des externalités
importantes existant entre ces communes et les
communes périphériques en termes de biens et
services publics. En effet, un quart des utilisateurs
des infrastructures bruxelloises, en journée, sont des
navetteurs provenant de la banlieue
[11]. Une autre
particularité de la Région bruxelloise qui pourrait
expliquer cette différence de comportement est la
structure très dense ainsi que la valeur de son parc
immobilier.
Le caractère particulier des Ï•ii bruxellois renforce
notre idée qu'une augmentation du nombre de
variables explicatives, en particulier celles
concernant l'offre de biens et services publics et la
valeur de l'immobilier, améliorerait sensiblement la
valeur prédictive de notre modèle.
Les coefficients estimés et l'équation (10)
permettent encore la lecture suivante :
- à différentiels de densité de population (=DDEN)
égaux , avec des distances, par exemple, de 20 km
entre i et j et de 50 km entre i et h, le poids accordé par
i à j est 21,7 fois plus grand que le poids accordé par i
à h ;
- à distances égales, avec un différentiel de densité
de population entre i et j égal, par exemple, à 10
hab/km2 et un différentiel entre i et h égal à 200
hab/km2, le poids accordé par i à j est 124 fois plus
grand que le poids accordé par i à h.
Rappelons que la somme des Ï•ij est égale à 1 et qu'il y
a 589 Ï•ij. Chacun d'eux est donc très petit et le poids
accordé aux communes un peu éloignées, en distance
ou en termes de différentiel de densité de population,
tend rapidement vers 0.
La valeur du coefficient d'ajustement v
Le coefficient d'ajustement v estimé vaut 0,0612 et
est très significatif. Cette valeur signifie que lorsque
dans la commune i un écart est observé au temps t
entre son taux effectif Ti t,-1 et son taux préféré , Ti t-1,
cette commune ajuste son taux effectif, au temps t, à
raison de 6,12 % de l'écart observé. L'ajustement
dynamique est donc très lent.
Il faut garder à l'esprit que, dans le même temps, le
taux préféré de la commune, , Ti t, varie constamment
en fon ction des changemen ts, tan t des
caractéristiques socio-économiques de la commune i
que des taux des communes voisines.
Il est également important de noter que la
spécification du modèle implique que ce coefficient
d'ajustement est une moyenne des ajustements dans
le temps. Dans la réalité, on observe généralement
que les communes maintiennent leur taux constant
quelques années, puis effectuent un changement plus
important que 6,12 %. Un tel comportement
peut-être attribué aux coûts fixes (administratifs et
politiques) qu'implique un changement de la
fiscalité.
Sur la base de ces explications, nous pouvons
approfondir l'interprétation de l'équation (9)propre à
la commune xl. Faisons l'hypothèse que toutes les
caractéristiques socio-économiques de la commune
xl sont constantes dans le temps (le taux préféré en
l'absence d'interactions fiscales est dès lors fixe) et
que le nombre de centimes additionnels au PrI de
toutes les autres communes ont augmenté de 100 au
temps t-1. Alors, l'équilibre de long terme de xl se
trouve modifié car il dépend à 74,6 % de ce qui se
passe dans les communes voisines. Le taux préféré
de long terme augmente donc de 74,6 centimes. En
moyenne, la commune xl va s'ajuster au temps t à
raison de 6,12 % vers ce nouvel équilibre,
c'est-à-dire qu'elle va augmenter son taux de PrI de
4,55 centimes (= 6,12 % x 74,6).
La valeur des coefficients des variables explicatives
Les variables socio-économiques ayant des
coefficients significatifs dans l'équation du
précompte immobilier sont le revenu par habitant
(REV) et le nombre d'habitants (POP). Ces deux
variables interviennent cependant à des titres
différents : les variations de population influencent
les décisions de court terme par le vecteur de
coefficients b, tandis que le revenu par habitant
détermine, par le vecteur de coefficients b, le niveau
du taux préféré de long terme , Ti t ainsi que les
ajustements (très) progressifs vers celui-ci.
Nous ne nous attardons pas sur l'interprétation du
coefficient de court terme b car il ne s'agit pas là d'un
paramètre-clé de notre modèle. De plus, nous l'avons
dit, la valeur prédictive du modèle est faible et rend
délicate l'interprétation de mouvements de court
terme.
Nous nous penchons par contre sur le coefficient b
déterminant l'objectif de long terme. Si pour une
commune le revenu annuel par habitant atteint de
manière permanente un niveau de 5 000 francs
supérieur à partir du temps t, son taux préféré , Ti t est
modifié et croît de Ï• × 5 × 0,4026, toutes autres
ii choses égales par ailleurs. Dans le cas particulier de
la commune xl, ce taux , Tx t augmente de 0,254 × 5 ×
0,4026 = 0,51. En termes de centimes additionnels,
cela signifie que le taux préféré de long terme
augmente de 25,5 (car les T sont exprimés en unités
de 50 centimes). Étant donné le coefficient
d'ajustement estimé, le modèle prédit que la
commune adaptera son taux effectif en direction de
ce nouveau taux préféré, à raison de 25,5×0,06 = 1,53
centimes par an. Le signe de ce coefficient estimé
peut être vu comme une confirmation de l'idée que la
demande pour les biens et services publics augmente
avec le revenu et que l'offre plus importante de ces
biens et services requiert des moyens financiers
supplémentaires, que la commune peut obtenir à
travers une hausse de sa pression fiscale.
Résultats pour l'impôt des personnes physiques
Le tableau 3 présente les valeurs des coefficients
estimés dans l'équation relative à l'impôt des
personnes physiques. Comme pour le précompte
immobilier, il ne prend en compte que les variables
significatives. La même remarque que celle de la
section précédente vaut pour le R2 qui, bien qu'il ait
une valeur double, reste néanmoins très faible.
Tableau 3
estimateurs pour l'Impôt des personnes
physiques
Tableau 3 : estimateurs pour l'Impôt des personnes
physiques
Coefficient Variable Estimateurb Statistique-ta
a 0,7836D-01 3,891
b1 DEN-0,8068D+01 2,691
b2 REV 0,4391D-02 4,390
c v( )= β DEN 0,9495D+00 7,020
def1 1
c
v def2 2 ( )= β POP 0,1012D+01 4,285
c v( )= β WAL 0,1217D+01 11,50
def3 3
β1 DEN 0,9000D+01 7,072
β2 POP 0,9595D+01 3,923
β3 WAL 0,1153D+02 12,17
v 0,1055D+00 23,44
δ1 DIS 0,6630D+01 7,688
δ2 DREV 0,5268D-01 5,247
R2 régression non linérairec : 0,0637.
a,b,c voir tableau 2.
Les coefficients estimés pour l'IPP donnent
l'équation suivante :
où
La valeur des ϕij
Pour l'impôt des personnes physiques, l'estimation
des δ révèle que ce sont les taux des communes
proches géographiquement et comparables en
termes de revenu par habitant qui influencent le plus
les communes dans leur choix du taux d’IPP. Comme
dans le cas du précompte immobilier, nous faisons
remarquer qu'il était utile d'analyser plus en détail les
critères à prendre en compte dans la définition du
« voisinage », car si nous observons effectivement
que le critère de distance géographique joue le rôle
révélé par des études antérieures, nous constatons ici
qu'il n'est pas le seul. De plus, notre analyse montre
que le critère additionnel à prendre en compte diffère
selon la taxe étudiée : revenu par habitant pour l'IPP
et densité de population pour le PrI.
Pour l'IPP, les Ï•ii varient de 0,063 à 0,843 avec une
moyenne de 0,140. Dans ce cas-ci, comme en
matière de PrI, la moyenne bruxelloise est plus
élevée (0,173), mais de manière moins marquée.
Les coefficients estimés et l'équation (12) nous
permettent la lecture suivante :
- à différentiels de revenu égaux (=DREV), avec la
distance entre i et j égale, par exemple, à 20 km et la
distance entre i et h égale à 50 km, le poids accordé
par i à j est 7,3 fois plus grand que le poids accordépar
i à h;
- à distances égales, avec un différentiel de revenu
entre i et j égal, par exemple, à 20 000 FB/hab et un
différentiel entre i et h égal à 100 000 FB/hab, le
poids accordé par i à j est 67 fois plus grand que le
poids accordé par i à h.
La valeur du coefficient d'ajustement v
Dans le cas de l'IPP, le coefficient d'ajustement vaut
0,1055. En cas d'écart entre son taux effectif et son
taux d'équilibre de long terme, la commune i s'ajuste
donc annuellement, en moyenne, à raison de 10 % de
cet écart. Tout comme le coefficient d'ajustement
pour le PrI, le coefficient pour l'IPP est très
significatif.
Il est intéressant de noter que la vitesse d'ajustement
est plus grande dans le cas de l'IPP que dans le cas du
PrI. Deux interprétations sont possibles. D'une part,
on peut attribuer cela au fait que la base imposable de
l'IPP, le revenu du contribuable
[12], est plus mobile
q ue celle du PrI, le revenu cadastral de
l'immeuble
[13]. D'autre part, nous pouvons y voir un
indice du fait que l'interaction fiscale en matière
d'IPP et l'interaction fiscale en matière de PrI ne
passent pas par les mêmes canaux de transmission et
ne donnent donc pas lieu aux mêmes rythmes
d'ajustement.
La valeur des coefficients des variables explicatives
Il co nvient à nou veau de d istinguer les
caractéristiques socio-économiques qui influencent
le taux de taxation à court terme de celles qui
influencent le taux préféré de long terme. Parmi les
variables ayant une influence à court terme, on
compte la densité de population et le revenu par
habitant. Parmi les variables influençant le taux
d'équilibre de long terme, on retrouve à nouveau la
densité de population, ainsi que le nombre
d'habitants et l'appartenance à la Région wallonne.
Pour les mêmes raisons que celles invoquées dans le
cas du précompte immobilier, nous ne creusons pas
l'aspect de court terme. Nous devons cependant faire
un commentaire concernant la variable explicative
« densité de population », qui apparaît aussi bien
dans les effets de court terme que dans ceux de long
terme mais avec des coefficients de signes opposés.
Lorsque la densité augmente, le modèle prédit que le
taux IPP s'ajuste à court terme à la baisse ; à long
terme cependant, la pression sur le taux d'équilibre
est à la hausse. On peut y voir un rôle ambigu joué par
la densité de population sur les besoins en biens
publics : une plus forte densité peut avoir un impact à
la baisse sur la fiscalité en raison des économies
d'échelle qu'elle permet dans l'offre de services ;
mais une forte densité peut entraîner aussi de
nouveaux besoins liés à la congestion, l'insécurité,
etc.
En ce qui concerne les variables socio-économiques
ayant un impact sur le taux préféré de long terme,
trois sont significatives : la densité de population, le
nombre d'habitants et la variable dichotomique
régionale wallonne. Quand les deux premières de ces
variables changent de niveau de manière
permanente, le taux préféré de long terme est
modifié.
Ainsi, lorsque toutes choses égales par ailleurs,
DENi augmente de 100 hab/km2, alors , Ti t augmente
de Ï•ii ×1 ×9. Pourla commune xl qui a un Ï•xl xl égal à
0,38, le , Ti t augmente de 3,5. Cela signifie que si son
taux préféré était de 6 %, le nouveau taux préféré,
après hausse de la densité de population, passe à
6 + 1,7 = 7,7 % (remarque : les unités pour le taux
d’IPP sont de 1/2 % ; c'est pourquoi, pourl'interprétation, il faut encore diviser le Ti par 2).
Attention, il s'agit là du nouveau taux préféré de long
terme. La commune ne s'y ajustera qu'à un rythme de
10 % par an puisque que le v estimé est de 0,1055.
D'autre part, si, toutes choses égales par ailleurs,
POPi augmente de 1000 habitants, alors , Ti t
augmente deÏ•ii ×0,01×9,59. Si la commune i a un Ï•ii
moyen, soit 0,38, le , Ti t augmente de 0,038. Cela
signifie que si le taux préféré était de 6 %, le nouveau
taux préféré après hausse de la population passe à
6,019 % (même remarque que plus haut). À nouveau,
la commune ne s'ajustera à ce nouveau taux de long
terme qu'à un rythme de 10 % par an.
Pour l'interprétation du coefficient de la variable
dichotomique régionale, rappelons qu'il s'agit d'une
différence entre une commune wallonne et une
commune d'une autre région. Nous pouvons alors
dire qu'en moyenne, si la commune i est wallonne et a
un Ï•ii moyen, soit 0,14, alors son taux préféré de long
terme sera supérieur de (0,14 × 1 × 11,53)/2 = 0,807
au taux d'une commune non wallonne qui aurait le
même Ï•ii. L'introduction de variables dichotomiques
régionales nous apprend donc que le fait qu'une
commune appartienne à la Région wallonne
implique des taux systématiquement plus élevés que
dans les autres Régions, toutes autres choses étant
égales. Il se pourrait que DEN et POP soient en
moyenne plus faibles pour les communes wallonnes
que pour les communes flamandes et bruxelloises.
Dans ce cas, l'effet WAL pourrait ne servir qu'à
contrebalancer ces différences. Ce résultat pourrait
aussi indiquer que d'autres caractéristiques propres à
la Région wallonne n'ont pas été prises en compte
dans nos variables explicatives, comme par exemple
des besoins particuliers de ces communes en matière
de protection sociale.
L 'objectif de cet article était de tes ter
économétriquement l'existence d'interactions
fiscales entre les communes belges. Deux types
d'impôts, pour lesquels les communes ont la maîtrise
des taux, ont été considérés : les additionnels à
l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IPP)
et au précompte immobilier (PrI).
Un modèle dynamique a été spécifié, et estimé sur la
base des données en panel des 589 communes belges
sur une période de 15 ans.
Les résultats obtenus portent essentiellement sur
deux points. D'une part, ils révèlent l'existence
certaine d'une interaction entre les communes, au
cours de la période étudiée, dans leurs choix des taux
de chacun des deux impôts. Cette interaction est
d'autant plus importante que les communes sont
proches et - nouveauté de la présente contribution -
semblables : en matière d'IPP c'est la similitude en
termes de revenu par habitant qui importe ; en
matière de PrI c'est la similitude en termes de densité
de population qui compte.
D'autre part, grâce à la spécification dynamique
introduite ici, il s'est révélé possible de constater que
les ajustements en réaction aux taux des autres
communes se font au cours du temps à un rythme
lent :
- pour le précompte immobilier, l'écart entre le taux
pratiqué et le taux souhaité en raison des interactions
ne se réduit que de 6 % par an : il faudrait donc plus de
15 ans pour atteindre le niveau de taux préféré - qui
entre-temps est très susceptible de s'être modifié ;
- pour les additionnels à l'IPP, cet écart se réduit de
10 % par an.
On peut en conclure tout d'abord que si la
concurrence fiscale entre communes - la seule
observable en Belgique à ce jour- n'est pas absente
dans ce pays en matière d'IPP et de PrI, son ampleur
s'avère être d'une importance faible, trop faible sans
doute pour constituer un obstacle évident et majeur à
la mise en œuvre de politiques de décentralisation
fiscale en général.
En second lieu, le modèle qui a été construit est
susceptible d'autres utilisations, notamment aux fins
de simulation de politiques fiscales communales
coordonnées. C'est là un prolongement d'intérêt
majeur aux travaux dont il est rendu compte ici, car il
ferait servir les résultats méthodologiques de cette
recherche à la préparation de décisions de
coo péra tion insti tutionnelle visa nt à
l'harmonisation fiscale, perspective dont semblent
manquer cruellement bien des débats actuels.
Enfin, le modèle est susceptible d'améliorations dans
sa spécification, principalement pour mieux
appréhender le caractère « discret » (dans le temps)
du processus de décision fiscale, mais aussi en
recourant à une estimation simultanée des équations
qui modélisent les deux impôts. Ces prolongements
accroîtraient la valeur explicative du modèle.
·
Ashworth J. and Heyndels B. (1997). « Politicians
Preferences on Local Tax Rates : an empirical Analysis »,
European Journal of Political Economy.
·
Besley T. and Case A. (1990), « Incumbent Behavior : Vote
Seeking, Tax Setting and Yardstick Competition », American
Economic Review, 85, n°1, pp. 25-45.
·
Besley T. and Rosen, H. (1998), « Vertical Externalities in
Tax Setting : Evidence from Gasoline and Cigarettes”, Journal
of Public Economics, vol. 70, n°3, pp. 383-398.
·
Boadway R. and Hayashi M. (2000), « An Empirical
Analysis of Intergovernmental Tax Interaction : The Case of
Business Income Taxes in Canada », mimeo, Queen’s
University, Ontario, Canada.
·
Brueckner J.K. (1996). « Testing for Strategic Interaction
Among Local Governments : the Case of growth controls »,
Journal of Urban Economics, forthcoming.
·
Brueckner J.K. and Saavedra L.A. (1998). « Do Local
Governments Engage in Strategic Tax Competition ? »,
Department of Economics, University of Illinois at
Urbana-Champaign, mimeo.
·
Case A. (1993). « Interstate Tax Competition After TRA86 »,
Journal of policy analysis and management, 12, n°1, pp.
136-148.
·
Case A., Rosen H.S. and Hines J.R. (1993). « Budget
Spillovers and Fiscal Policy Interdependence : Evidence from
the states », Journal of Public Economics, 52, pp. 285-307.
·
Davidson J., Hendry D., SBRA F. and YEO S. (1978).
« Econometric Modelling of the Aggregate Time-Series
Relationship Between Consumer’s Expenditure and the
Income in the United Kingdom », Economic Journal, 88, pp.
661-692.
·
Feld L. and Kirschgässner G. (2000). « Income Tax
Competition at the State and Local Level in Switzerland »,
CESifo Working Paper Series, n°238, Munich.
·
Feld L. and Kirschgässner G. (2000) « The Impact of
Corporate Income Taxes on Employment : Some Panel
Evidence for the Swiss Cantons », University of St. Gallen,
mimeo.
·
Flohimont O. (1999). « Les finances des pouvoirs locaux sous
l’angle régional », Bulletin du Crédit Communal, n°210,
1999/4, Bruxelles.
·
Genser B. and Weck-Hannemann H. (1993). « Fuel
Taxation in EC Countries : A Politico-Economy Approach »,
University of Konstanz, mimeo.
·
Goodspeed T. J. (1998), « Tax Competition, Benefit Taxes
and Fiscal Federalism », National Tax Journal, vol. LI, n°3,
pp. 579-586.
·
Goodspeed J. T. (October 1998). « Tax Structure in a
Federation », Hunter College mimeo.
·
Goodspeed J. T. (March 1999). « Tax Competition and Tax
Structure in Open Federal Economies : Evidence from OECD
Countries with Implications for European Union », Hunter
College, mimeo.
·
Hendry D. and Anderson G. (1977). « Testing Dynamic
Specification in Small Simultaneous Systems : an Application
to a Model of Building Society Behaviour in United
Kingdom », in Intriligator, M.D. (Ed.) Frontiers in
quantitative economics, vol. 3, pp. 361-383, Amsterdam,
North Holland Publishing Company.
·
Hendry D. and Von Ungern-Sternberg T. (1981).
« Liquidity and Inflation Effects on Consumers
Expenditures » in : A.S. Deaton (Ed.) Essays in the theory and
measurement of consumers’ behaviour, Cambridge :
Cambridge University Press, Chapter 9.
·
Heyndels B. (1990). « De financiering van de gewesten via
een aanvullende personenbelasting en de betekenis hiervan
voor de Belgische gemeenten », Cahiers économiques de
Bruxelles, n°127,3ème trimestre.
·
Heyndels B. and Smolders C. (1994). « Fiscal Illusion at the
Local Level : Empirical Results for the Flemish
Municipalities », Public Choice, n°E80, pp. 325-338.
·
Heyndels B. en Vuchelen J. (1989). « Gemeentenbelastingen
en belastbaar inkomen », Tijdschrift voor Economie en
Management, vol. XXXIV, n°1, pp. 57-76.
·
Heyndels B. en Vuchelen J. (1998). « Tax Mimicking Among
Belgian Municipalities », National Tax Journal, vol. LI, n°1,
pp. 89-101.
·
Hines J.R. (1993). « Budget Spillovers and Fiscal Policy
Interdependance. Evidence from the States », Journal of
Public Economics, n°52, pp. 285-307.
·
Hines J. (1999). « Lessons from Behavioral Responses to
international taxation », National Tax Journal, vol. 52, n°2, pp.
305-322.
·
Hugounenq R., Le Cacheux J. et Madiès Th. (1999). « Les
risques de la concurrence fiscale en Europe », Problèmes
économiques, n°2644,15 décembre 1999.
·
Ladd H. F. (1992), « Mimicking of Local Tax Burdens
Among Neighboring Countries », Public Finance Quaterly,
20, n°4, pp. 450-467.
·
Lambert J.-P., Tulkens H. et alii (1999). Les modes
alternatifs de financement de Bruxelles, Rapport de recherche
réalisé à la demande de Monsieur GRIJP, Ministre de la
recherche scientifique de la Région de Bruxelles-Capitales,
Facultés Universitaires Saint-Louis, Bruxelles.
·
Maddala G.S. (1993). « The Econometrics of Panel Data », in :
The international library of critical writings in econometrics
1, vol. I and II, Edward Elgar.
·
Nickell S.J. (1985). « Error Correction, Partial Adjustment
and all that : an Expository Note », Oxford bulletin of
economics and statistics, n° 47,119-130.
·
Phillips A.W. (1954). « Stabilization Policy in a Closed
Economy », Economic Journal, n°64, pp. 290-323.
·
Phillips A.W. (1957). « Stabilization Policy and the Time
Form of Lagged Responses », Economic Journal, n°67, pp.
265-277.
·
Press W.H., Flannery B.P., Teukolsky S.A. and W.T.
·
Vetterling (1986). Numerical Recipes. The art of Scientific
Computing, Cambridge University Press, Cambridge.
·
Sargan J. D.(1964). « Wages and Prices in the United
Kingdom : A study in Econometric Methodology (with
discussion) », in Hart, P.E., Mills, G. and Whitaker, J.K.
(Eds.), Econometric analysis for national economic planning,
vol. 16 of COLSTON PAPERS, pp.25-63, London :
Butterworth Co.
·
Van der Stichele G. et Verdonck M. (2001). « Les
modifications de la loi spéciale de financement dans l’accord
du Lambermont », Courrier hebdomadaire, n°1733, CRISP,
Bruxelles.
·
Wilson J. D. (1999). « Theories of Tax Competition »,
National Tax Journal, vol. LII, n°2, pp. 269-304.
[(*)]
Pittsburg University, USA.
E-mail : f
fantin+@ pitt. edu
[(**)]
CORE, Université Catholique de Louvain.
E-mail : t
tulkens@ core. ucl. ac. be
E-mail : v
verdonck@ core. ucl. ac. be
[(1)]
Cet exercice a été réalisé en vue d’apporter un éclairage
scientifique et empirique aux débats concernant la
concurrence fiscale qui ont eu lieu en Belgique à l’occasion
des négociations institutionnelles d’octobre 2000, où la
question de l’accroissement de l’autonomie fiscale des
Régions constituait un enjeu important. Un exposé détaillé de
ces négociations et de leurs résultats est fourni dans Van der
Stichele et Verdonck (2001).
[(2)]
Le lecteur intéressé par les études empiriques portant
spécifiquement sur la mobilité des bases imposables est invité
à lire les articles de Feld et Kirschgässner (2000), Goodspeed
(1999) ou encore Heyndels et Vuchelen (1989).
[(3)]
Pour un survol récent de la littérature théorique sur la
concurrence fiscale voir Wilson (1999).
[(4)]
Il ne s’agit pas d’un taux « optimal » car nous ne le
déduisons pas d’un modèle d’optimisation. Cet exercice serait
assurément souhaitable, mais relèverait d’une autre étude.
[(5)]
Cette condition est une contrainte d’identification imposée
par le fait que les taux
Ti* ne sont pas observés et doivent être
estimés ou reconstruits à partir des seules observations. On
note que le modèle ne change pas si on multiplie
Ti* par une
constante arbitraire
k et on divise
Ï•ii par la même constante.
Cela implique que les estimateurs des coefficients des
Ti* ne
sont définis qu’à une constante de proportionnalité près. Il faut
donc imposer une contrainte d’identification pour chaque
ϕii
ou, de façon équivalente pour chaque ligne de la matrice des
ϕij. On aurait pu imposer
ϕii = 1 par exemple, mais il semble
plus naturel d’imposer plutôt que la somme de chaque ligne de
Ï•ij soit égale à 1.
[(6)]
Le lecteur intéressé pourra consulter à ce sujet les
contributions fondamentales de Sargan (1964), Hendry et
Anderson (1977), Davidson et al. (1978) ou Nickell (1985).
[(7)]
Les recettes fiscales représentent 40 % des recettes
communales totales et ces deux impôts constituent plus de
80 % de ces recettes fiscales. Le reste des recettes est composé
des recettes non fiscales et de dotations. Pour plus de
renseignements, voir Flohimont (1999).
[(8)]
Une conséquence de cette forme « d’additionnels »
communaux est que si la pression fiscale du niveau fédéral
varie, les recettes communales varient dans la même
proportion.
[(9)]
Bien évidemment, ce choix des variables
socio-économiques est aussi dicté par la disponibilité des
données.
[(10)]
Sous une hypothèse de normalité des résidus
ei,t la
méthode des moindres carrés non-linéaire coïncide avec la
méthode du maximum de vraisemblance. Ainsi que nous le
discuterons ci-dessous, l’hypothèse de normalité des résidus
n’est clairement pas satisfaite dans l’application présente.
[(11)]
Voir Lambert, Tulkens
et alii (1999).
[(12)]
L’IPP est localisé dans la commune où se situe le domicile
du contribuable.
[(13)]
Le PrI est localisé dans la commune où se situe
l’immeuble.