2003
Économie et Prévision
Les prix automobile dans l’Union Européenne : y a-t-il eu convergence depuis 1993 ?
Guillaume Gaulier
[(*)]
Séverine Haller
[(**)]
Ce travail analyse la dynamique des écarts de prix entre pays de l’Union Européenne sur le marché automobile entre 1993
et 1999. Des données microéconomiques sur les prix de vente des principaux modèles sont utilisées pour construire des
séries de prix par pays à l’aide d’un modèle économétrique de prix hédoniques. On montre que, depuis la mise en œuvre
du Marché unique, il n’y a pas eu de convergence (sigma convergence, c’est à dire réduction de la dispersion) des prix hors
taxes pratiqués dans les différents pays de l’Union. Un mécanisme de convergence (beta convergence) est pourtant bien à
l’œuvre, mais ne se traduit pas par la réduction des écarts de prix principalement en raison des fluctuations monétaires. La
fiscalité, très variable d’un pays à l’autre, exerce un impact considérable sur la dispersion des prix hors taxe. La disparition
des fluctuations monétaires entre les pays de la zone Euro devrait permettre aux mécanismes d’arbitrage de jouer
pleinement leur rôle et conduire à une réelle réduction des écarts de prix.Mots-clés :
automobile, intégration européenne, données de panel, convergence des prix.
This paper analyses movements in automobile-price differentials between European Union countries from 1993 to 1999.
Microeconomic data for selling prices of the principal models are used to construct price series for countries using an
econometric hedonic-price model. It is shown that, since the introduction of the Single Market, there has been no
convergence (sigma convergence, i.e., reduction in dispersion) of the pre-tax prices applied in the various countries of the
Union. However, there is a convergence mechanism operating (beta convergence), but this has not been translated into a
reduction in price differentials, mainly because of currency fluctuations. Taxation varies widely from one country to
another and has a considerable impact on the dispersion of pre-tax prices. The disappearance of currency fluctuations
between countries belonging to the euro zone should make it possible for arbitrage mechanisms to play their full role and
lead to a genuine reduction in price differentials.Keywords :
automobiles, European integration, panel data, price convergence.
Ce travail analyse la dynamique des écarts de prix entre pays de l’Union Européenne sur le marché
automobile entre 1993 et 1999. Des données microéconomiques sur les prix de vente des principaux
modèles sont utilisées pour construire des séries de prix par pays à l’aide d’un modèle économétrique
de prix hédoniques. On montre que, depuis la mise en œuvre du Marché unique, il n’y a pas eu de
convergence (sigma convergence, c’est-à-dire réduction de la dispersion) des prix hors taxes pratiqués
dans les différents pays de l’Union. Un mécanisme de convergence (beta convergence) est pourtant
bien à l’œuvre, mais ne se traduit pas par la réduction des écarts de prix principalement en raison des
fluctuations monétaires. La fiscalité, très variable d’un pays à l’autre, exerce un impact considérable
sur la dispersion des prix hors taxe. La disparition des fluctuations monétaires entre les pays de la zone
Euro devrait permettre aux mécanismes d’arbitrage de jouer pleinement leur rôle et conduire à une
réelle réduction des écarts de prix.
Depuis l’entrée en vigueur du Marché Unique
européen en janvier 1993, on a assisté à une
réduction accrue des disparités de prix entre les États
Membres de l’Union Européenne
[1]. Cependant, des
écarts parfois importants persistent sur les prix de
certains produits et services. Doit-on en inférer que
le marché européen n’est pas encore complètement
intégré d’un point de vue économique ?
Des différences de prix entre pays européens peuvent
traduire des distorsions par rapport aux prix
concurrentiels. En effet, en vertu de la loi du prix
unique, en l’absence de barrières aux échanges
(tarifaires ou non tarifaires), des biens identiques
doivent s’échanger aux mêmes prix relatifs,
indépendamment du lieu où ils sont vendus. Des
distorsions conduisent à une allocation non optimale
des ressources, néfaste aux consommateurs et, plus
généralement, à la croissance à long terme.
La politique de concurrence de la Commission
européenne repose entre autres sur ces fondements
théoriques. En particulier, la Direction Générale de
la Concurrence de la Commission considère comme
allant à l’encontre des principes du marché unique
toute entrave au commerce entre les États membres,
en particulier au commerce parallèle,
l’intensification des relations commerciales étant un
facteur d’uniformisation des prix.
Un des marchés sur lesquels les structures
institutionnelles
[2] et économiques, ainsi que les
comportements, sont les plus générateurs de
segmentation est le marché automobile, pour lequel
on a observé depuis plusieurs décennies des
différences de prix non négligeables
[3].
Le système de distribution exclusive et sélective, en
vertu duquel un concessionnaire distribue, seul, une
marque sur un territoire donné, contribue à la
segmentation des marchés automobile de l’Union.
En effet, cette organisation de la distribution,
autorisée jusqu’en juillet 2002 par le règlement
communautaire (CE) 1475/95, crée naturellement
des conditions de cloisonnement géographique qui,
si elles sont juridiquement contournables par les
consommateurs (ou leurs intermédiaires mandatés),
le sont plus difficilement en pratique. Ainsi, dans le
contexte de la dévaluation de la lire en 1994, les
constructeurs exportant vers le marché italien,
comme Volkswagen / Audi (VAG), afin de conserver
leurs positions sur ce marché, consentirent, en dépit
de la réduction de marge que cela impliquait, au
maintien de leurs prix en lire. On désigne cette
stratégie par le terme de « pricing to market ». Les
différences de prix (en monnaie commune) qui en
résultèrent avec le reste de l’Europe, en particulier
l’Allemagne et l’Autriche, donnèrent lieu à des
importations parallèles. VAG empêcha les achats
transfrontaliers par une pression exercée sur ses
distributeurs italiens. La décision de la Commission
à l’encontre de la firme allemande fut exemplaire,
dans le sens où, pour la première fois, une entreprise
de l’automobile - la plus importante en Europe - fut
lourdement sanctionnée pour entrave au commerce
parallèle.
L’affaire VAG ne constitue pas un cas isolé (au début
des années 90 déjà, l’affaire “Peugeot / Eco-System”
fit jurisprudence) et met en évidence les efforts
déployés par les constructeurs pour préserver le
cloisonnement des marchés. Cette affaire montre par
ailleurs l’importance du contexte macroéconomique (en l’occurrence les fluctuations
monétaires) qui, associé aux comportements
stratégiques des firmes, se révèle un facteur
déterminant des différences de prix. Entre
l’accomplissement du marché unique en 1993 et la
mise en œuvre de l’Union Economique et Monétaire,
l’accélération du processus d’intégration des
marchés européens a-t-elle conduit à une réduction
dans la dispersion des prix automobiles en dépit des
obstacles structurels et des perturbations du contexte
macro-économique ? Que pourrait-on en conclure
quant au débat sur le renouvellement du règlement
(CE) 1475/95 qui a été remplacé en juillet 2002 par le
réglement 1400/2002 ?
Afin d’apporter des éléments de réponse à ces
questions, l’article est organisé de la manière
suivante. Dans une première partie, nous montrons
comment la littérature analyse le lien entre prix
relatifs, arbitrage et taux de change, d’une part, et,
d’autre part, comment sont expliqués plus
spécifiquement les différences de prix dans
l’automobile. La deuxième partie porte sur la
construction de prix agrégés par pays. Dans la
troisième partie, nous étudions l’évolution des
différences de prix des automobiles entre pays
européens de 1993 à 1999. La dernière partie
conclut.
Différences internationales de prix
Arbitrage et taux de change dans le comportement
des prix relatifs
Si le marché mondial d’un produit est pleinement
concurrentiel, étant donné la flexibilité des prix, une
variation de change nominale ne devrait avoir
aucune conséquence en termes de compétitivité. En
vertu de la loi du prix unique, le rapport des prix d’un
même produit sur deux marchés devrait être en
permanence égal au taux de change. Si en revanche
les prix sont rigides, les marchés mondiaux sont
segmentés et caractérisés par des différences de prix.
Dans ce cas, les fluctuations des taux de change n’ont
pas non plus d’effet sur les prix relatifs. Une forte
volatilité du taux de change nominal entre deux pays
produira aussi une forte volatilité des prix relatifs de
biens similaires entre les deux pays. Des facteurs de
rigidité tels que les coûts de transport ou les barrières
non-tarifaires, en restreignant l’arbitrage
international, peuvent alors entraver la convergence
des prix.
Sur le plan empirique, de nombreuses études, parmi
lesquelles Parsley et Wei (1995), ont analysé les
caractéristiques d’un phénomène déjà bien établi :
l’absence de preuves empiriques de vérification de la
loi du prix unique à court terme
[4]. Concernant plus
spécifiquement l’Union Européenne, Chen (2000)
propose une analyse de la convergence des prix
industriels au niveau sectoriel. Ses résultats
montrent que la convergence des prix vers la parité
de pouvoir d’achat est vraie pour certains secteurs et
certains pays, en particulier la France, la Belgique et
les Pays-Bas (pays appartenant au groupe fondateur
de la Communauté Économique Européenne). Les
facteurs susceptibles d’empêcher laconvergence des
prix à long terme sont la volatilité des taux de change
nominaux, la distance entre les pays et l’absence
d’une frontière commune. Ces deux derniers
éléments permettent à l’auteur d’affirmer que
l’arbitrage(rendu possiblepar une courte distance ou
la proximité d’une frontière) joue un rôle important
dans la convergence des prix à long terme. Toutefois,
Campa et Wolf (1997) mettent en doute ce rôle de
l’arbitrage dans la convergence vers la parité des
pouvoirs d’achat. Les auteurs montrent qu’il
n’existe aucune corrélation entre flux de commerce
et déviations de la parité des pouvoirs d’achat. Leur
étude montre, en revanche, que le comportement de
convergence des prix peut être provoqué par un
réalignement des taux de change nominaux.
Manifestement, si le rôle de l’arbitrage dans la
convergence des prix n’est pas évident (βconvergence, ci-après), l’influence des fluctuations
de taux de change sur le comportement des prix
agrégés est incontestable, en particulier en Europe.
L’utilisation de données agrégées pour le test de la loi
du prix unique peut toutefois poser des problèmes
liés à l’agrégation qui obère les propriétés des prix
individuels, auxquels sont réellement confrontés les
acheteurs. Le niveau pertinent de l’analyse glisse
ainsi vers celui les données individuelles : les prix
d’un produit particulier. Le marché de l’automobile
s’avère alors un objet d’étude particulièrement
intéressant. Tout d’abord parce que les écarts de prix
y ont été significatifs depuis de nombreuses années,
mais aussi en raison de la quantité d’information
disponible pour son analyse.
Mécanismes empêchant la convergence des prix
automobile en Europe
En 1983, avec son projet de règlement sur les
différences de prix dans le marché commun (voir
Davidson et alii, 1989), la Commission Européenne
énonce sa volonté de voir les prix automobile plus
uniformes dans les pay s membres d e la
Communauté. Depuis, la question des écarts de prix
sur le marché européen de l’automobile a donné lieu
à des travaux théoriques et empiriques très riches.
L’article de Mertens et Ginsburgh (1985) figure
parmi les travaux précurseurs. Les auteurs
examinent les déterminants des prix des automobiles
européennes et japonaises dans 5 pays de la CEE.
Sous l’hypothèse de concurrence parfaite, les prix
devraient refléter les coûts de production et, de ce
fait, dépendre des caractéristiques techniques des
produits. Les différences trouvées par les auteurs
entre les prix des constructeurs et les prix expliqués
par les caractéristiques des véhicules (prix
hédoniqu es) sont la con séq uence d’u ne
différenciation non observable de ces produits mais
aussi et surtout d’imperfections des marchés comme
la discrimination par les prix
[5]. Cette discrimination
empêcherait-elle la convergence des prix ?
Un des éléments permettant de soutenir la
discrimination par les prix ou encore la segmentation
des marchés, est un coût d’arbitrage prohibitif. Or,
Gual (1993) utilise des données en coupe pour
montrer que le rôle du coût de transport, élément du
coût d’arbitrage, dans la segmentation du marché
automobile européen n’est pas significatif
[6]. Il faut
toutefois nuancer le propos en précisant que l’auteur
identifie la nationalité d’une marque à son lieu de
production, ce qui n’est pas toujours une hypothèse
pertinente. Si le coût de transport ne joue pas, dans le
marché automobile, le rôle qui lui est attribué par les
études empiriques sur la convergence des parités de
pouvoir d’achat (l’absence de coûts de transport
prohibitifs n’empêchant pas la persistance de
différences de prix), quelles sont les causes de la
discrimination par les prix sur ce marché et ces
causes sont-elles à même d’emp êcher la
convergence ?
Verboven (1996) teste trois sources possibles de
discrimination internationale par les prix : de faibles
élasticités-prix sont observées pour les marques
nationales en France, en A llemagne, au
Royaume-Uni et, plus encore, en Italie et attribuent à
ces marques un pouvoir de marché important dans
leur propre pays, leur permettant d’y pratiquer un
prix plus élevé. Par ailleurs, les quotas aux
importations japonaises étaient
[7] contraignants en
France et en Italie et ont engendré des prix plus
élevés dans ces pays. Enfin, la possibilité de
collusion a été mise en évidence en Allemagne et au
Royaume-Uni.
La régulation des différences de prix entre marchés
de l’UE peut donc être une solution de lutte contre les
pratiques anticoncurrentielles. À cet égard, une
tentative d’évaluation des effets de la “règle
anti-discrimination” de 1983 est proposée par
Ginsburgh et Vanhamme (1989). Les auteurs
montrent que les différences de prix entre pays
membres de la CEE ont fortement diminué sur les
périodes 1983-1984 et 1986-1987. Il est toutefois
difficile de dire si ce phénomène est la conséquence
de la réglementation européenne ou celle des
dévaluations de la livre et de la lire entre 1984 et 1987
(la première perdit 15% de sa valeur et la seconde
8%). Par ailleurs, les variations de taux de change et
les coûts de production ne semblent pas avoir été
transmises par les constructeurs dans leurs prix à
l’exportation, qui se sont plutôt alignés sur les prix
pratiqués par les producteurs nationaux. Les
comportements de “pricing to market” pourraient
ainsi avoir induit une partie de la rigidité des prix en
monnaie locale.
L’abaissement progressif des barrières aux échanges
entre les pays européens a-t-il donné lieu à une
convergence des prix automobile et à une réduction
dans leur dispersion ? Quel a été le rôle du taux de
change et quel est celui des taxes indirectes dans
l’évolution des différences de prix ?
L’article de Goldberg et Verboven (1998) utilise des
données individuelles pour mettre en évidence les
caractéristiques de l’évolution des différences de
prix entre pays. En partant du constat qu’en 1993 la
dispersion des prix dans le marché automobile
européen est au moins aussi importante qu’en 1980,
les auteurs montrent que, d’année en année, la
volatilité des écarts de prix entre pays est forte et très
corrélée à la volatilité des taux de change : les
comportements de “pricing to market” auraient donc
persisté jusqu’ au moins 1993. Le maintien de cette
stabilité des prix en monnaie locale dans le long
terme semble lié aux conditions de concurrence
propres à chaque marché. Les auteurs montrent qu’il
s’est produit une convergence globale sur la période.
Mais ce résultat est à nuancer. En effet, si l’on ne
prend pas en compte les variations de taux de change,
la convergence n’est plus significative. Par ailleurs,
en ne considérant que les dix premières années (1980
à 1990) de leur échantillon, les auteurs ne trouvent
pas de convergence. Si en revanche les années 1980 à
1986 sont laissées de côté, la convergence existe
seulement lorsqueles variations de taux de change ne
sont pas prises en compte. En définitive, une
convergence globale a surtout eu lieu, soit au milieu
des années quatre-vingt, soit entre 1991 et 1992. Un
autre résultat essentiel est que la contribution du taux
de change au processus de convergence des prix est
essentielle.
Afin d’apprécier l’évolution de la dispersion des prix
entre les marchés européens, on doit aussi inclure
dans l’analyse la mise en place du marché unique en
1993 et le processus d’intégration monétaire qui l’a
suivi. Cet article s’inscrit donc dans la lignée de celui
de Goldberg et Verboven (1998), que nous retenons
comme élément de comparaison pour identifier une
éventuelle inflexion de la vitesse de convergence à la
date charnière de 1993. Nous proposons en outre une
étude de la convergence fondée sur les concepts de
β-convergence et de σ-convergence, alors que
Goldberg et Verboven n’utilisent que le premier
concept qui est, nous le verrons, une condition
nécessaire, mais non suffisante, à la réduction de la
dispersion des prix (σ -convergence).
Les prix automobile en Europe entre 1993 et 1999
Pour étudier la convergence des prix dans
l’automobile en Europe, nous avons constitué une
base de données en panel décrivant les prix
semestriels de 75 véhicules en moyenne dans 10 pays
de l’Union Européenne de mai 1993 à mai 1999.
Trois raisons nous ont conduit à réagréger les prix au
niveau des pays. Tout d’abord, le panel des prix des
modèles n’est pas cylindré, i.e. trop peu de modèles
sont observés sur la totalité de la période. Ensuite la
fréquence trop faible des changements de prix des
modèles fragilise les estimations, problème auquel
se heurtent aussi Le Cacheux et Reichling (1989),
qui considèrent les prix de certains modèles. Enfin,
en construisant un prix par pays, on évite les
problèmes de représentativité liés au choix de
modèles particuliers.
Les données
Afin d’améliorer la transparence du marché, la
Commission Européenne demande depuis 1993 aux
prin cipaux con structeurs automo bile d e
communiquer les prix de leurs modèles les plus
vendus dans les pays de l’Union Européenne. Nous
disposons ainsi des prix hors taxes semestriels de 75
modèles d’automobile en moyenne pour 10 pays dès
la première date (premier semestre de 1993), puis 12
pays à partir de 1995 et enfin 15 pays en mai 1999,
dernière date. La période d’observation est de 13
semestres. Ces prix sont ceux conseillés par les
constructeurs à leurs concessionnaires. Les prix
d’échange effectifs pratiqués par les distributeurs
sont en effet rarement connus des constructeurs
eux-mêmes, parce qu’ils résultent de la négociation
entre le concessionnaire et son client, et peuvent en
conséquence varier d’une concession à l’autre et
d’un client à l’autre. Les producteurs sont toutefois
en mesure d’estimer les rabais moyens de leurs
concessionnaires. Ceux-ci ont légèrement augmenté
de 1993 à 1997, mais varient peu d’un État à l’autre,
comme le montre le tableau 1. Sous l’hypothèse
d’égalité des marges de négociation des distributeurs
entre pays, les estimations qui suivent (élaboration
de prix agrégés et estimation de la convergence de
ces prix) ne sont pas affectées.
Tableau 1
évaluation de rabais moyens des
concessionnaires (en pourcentage du prix de vente)
[8]
Tableau 1 : évaluation de rabais moyens des
concessionnaires (en pourcentage du prix de vente)
1993 1997
Allemagne - 5,9
Espagne - 9,7
France 8 9,4
Italie 6 7,5
Royaume-Uni - 5,9
Source : ACEA et estimation des constructeurs.
ACEA et estimation des constructeurs.
Les taxes d’achat ainsi que la TVA ont été
reconstituées à partir de données de l’ACEA
[9]. Les
taux de change vis-à-vis de l’ECU sont des
moyennes des taux de change des mois qui
composent le semestre.
Enfin, les caractéristiques techniques des modèles
(voir en annexe pour plus de détails) ainsi que les
segments de marché, de l’économique au luxe, sont
aussi disponibles. Les prix publiés par la
Commission tiennent compte des différences
d’équipements entre les pays. Les données
techniques sur les véhicules (puissance en chevaux,
type et cylindrée du moteur, dimensions,
consommation d’essence et capacité d’accélération)
proviennent du magazine “La Revue Automobile”.
Statistiques descriptives
Existe-t-il un lien entre dispersion des prix et
segment de marché ? Le tableau 2 permet d’éclairer la
question en montrant les corrélations entre
dispersion et niveau moyen des prix hors taxes (HT)
et toutes taxes (TTC). Nous avons calculé le prix
moyen par modèle sur tous les pays, pour chaque
date, ainsi que la dispersion autour de ce prix moyen
(coefficient de variation à chaque date pour chaque
modèle).
Si le coût d’arbitrage représente un coût fixe,
l’arbitrage devient plus rentable pour l’achat d’un
véhicule cher. En revanche, si ce coût d’arbitrage est
proportionnel à la valeur de l’achat, comme dans le
cas de l’intervention d’un mandataire, l’intensité de
l’arbitrage dépendra de la disponibilité à payer pour
le produit. Ainsi, les consommateurs dont la
disponibilité à payer est la plus élevée sont plus
incités à arbitrer que les autres. Le prix effectivement
payé par le consommateur est le prix hors taxe dans le
pays de l’achat additionné de la taxe (TVA + taxes
d’achat) dans son pays d’origine. Par conséquent, on
s’attend à une dispersion plus faible de ces prix hors
taxes pour les véhicules les plus chers. Cette
hypothèse est vérifiée empiriquement : il existe une
corrélation négative entre les prix hors taxes et leur
dispersion (tableau 2). Les prix toutes taxes
comprises en revanche sont corrélés positivement à
leurs coefficients de variation. La comparaison des
résultats concernant les prix hors taxes et les prix
taxes comprises montre que la dispersion dans les
taux de taxe augmente avec le segment de marché :
cet effet est même suffisamment significatif pour
transformer la corrélation négative existant pour les
prix hors taxes en une corrélation positive pour les
prix incluant les taxes.
Tableau 2
corrélation entre la dispersion
(coefficient de variation) et le prix moyen
Tableau 2 : corrélation entre la dispersion
(coefficient de variation) et le prix moyen
Semestre N (modèles) Corrélation (HT) Corrélation (TI)
Mai-93 72 0,157 (0,20) 0,651 (0,0001)
Nov-93 72-0,024 (0,84) 0,642 (0,0001)
Mai-94 74-0,416 (0,0002) 0,439 (0,0001)
Nov-94 76-0,456 (0,0001) 0,493 (0,0001)
Mai-95 75-0,224 (0,054) 0,545 (0,0001)
Nov-95 77-0,164 (0,15) 0,462 (0,0001)
Mai-96 77-0,154 (0,18) 0,576 (0,0001)
Nov-96 75-0,250 (0,03) 0,491 (0,0001)
Mai-97 75-0,440 (0,0001) 0,279 (0,015)
Nov-97 72-0,451 (0,0001) 0,374 (0,001)
Mai-98 74-0,370 (0,001) 0,324 (0,005)
Nov-98 76-0,504 (0,0001) 0,364 (0,001)
Mai-99 75-0,422 (0,0002) 0,697 (0,0001)
Entre parenthèses : p-value des coefficients de corrélation
Construction des prix agrégés
Nous avons choisi de construire un prix agrégé
représentatif par pays en utilisant l’information
disponible sur les caractéristiques et les parts de
marché des marques. Plus qu’un prix moyen, le prix
ag régé tient compte de la variation d es
caractéristiques techniques d’une période à l’autre.
La méthode utilisée est la régression hédonique.
L’hétérogénéité entre les pays est traitée en
pondérant les observations dans les régressions par
la part de marché du constructeur dans le pays.
Les prix hédoniques ont pour origine la théorie des
caractéristiques de Lancaster (1966), qui suppose
que les consommateurs maximisent leur utilité par
rapport au montant de caractéristiques contenues
dans chaque bien. Un bien est considéré comme un
“panier de caractéristiques”
[10]. En pratique, la
méthode hédonique est souvent utilisée dans la
construction des indices puisqu’elle permet de tenir
compte des variations de qualité dans les prix d’une
période à l’autre. La régression hédonique consiste
donc en une régression linéaire des prix sur un
ensemble de caractéristiques techniques ainsi que
sur des indicatrices destinées à capturer des effets
non observés
[11]. Nous régressons le log du prix hors
taxe en écus d’un véhicule donné
i vendu dans un
pays
j à la date
t, sur une combinaison linéaire des
logs de ses caractéristiques continues et d’un
ensemble d’indicatrices, capturant des effets fixes.
L’équation (1) est alors estimée :
C’est le prix hors taxes qui nous intéresse ici, puisque
qu’il s’agit, pour les acheteurs, du prix d’arbitrage
entre les marchés et, pour les firmes, de leur variable
de décision.
z est la matrice contenant les
i t, caractéristiques du véhicule
i à la date
t,
Ds est
l’indicatrice d’appartenance du véhicule au segment
de marché s,
D est un effet fixe croisépays⋅ temps,
j t, et D
m t, est un effet fixe marque ⋅ temps. Ainsi, le
coefficient de
DFiat,98.1 indique de combien les prix
des véhicules Fiat sont différents du prix moyen au
premier semestre de 1998. Enfin,
εj est le résidu
i t, , de la régression. Les régressions sont pondérées par
la part de marché du modèle
i dans le marché
j à la
date
t. Cependant, les seules parts de marché
disponibles sont celles des marques dans chaque
pays et à chaque date. Afin d’obtenir une part de
marché moyenne par modèle, nous avons divisé la
part de marché de la marque par le nombre de
modèles lui appartenant. Cette méthode permet de
tenir compte d’une partie de l’hétérogénéité entre les
structures de marché des pays de l’Union
[12].
Notre objectif à cette étape est la construction d’un
prix agrégé par pays et par date. Pour cela, nous
simulons l’équation (1) en fixant toutes les variables
à leur valeur moyenne, sauf les
D puisqu’ils
j t, capturent l’effet pays à chaque date
[13]. On appelle
alors h
j t, le prix agrégé du pays
j à la date
t.
Le tableau 3 montre les résultats de l’estimation pour
trois spécifications de l’équation (1) : l’équation
(1a), l’équation (1b) avec la consommation de
chaque véhicule différencié par segment de marché
(variable
LCONS) et l’équation (1c) avec le taux de
taxe (
LTTAX). Les trois équations estimées
[14] ont un
pouvoir explicatif très important et toutes les
variables explicatives ont un impact significatif sur
le prix, sauf la puissance (
LPUISS). Mais en raison de
la multicolinéarité entre les caractéristiques, il faut
rester prudent sur l’interprétation des coefficients de
ces variables. Il est toutefois intéressant de noter, par
exemple, qu’une augmentation de 1% de la cylindrée
induit en moyenne un accroissement de 0,56% du
prix du véhicule. Concernant la consommation
d’essence, les équations (1a) et (1c) exhibent, de
façon surprenante, un coefficient positif pour
LCONS. Il s’agit probablement d’une conséquence
de la multicolinéarité mentionnée précédemment : la
consommation d’essence est liée au poids et à la
taille, variables elles-mêmes liées à la cylindrée. La
différenciation de la consommation d’essence par
rapport au segment de marché (équation (1b))
montre que cette caractéristique est valorisée
négativement pour les trois premiers segments – 1%
de consommation d’essence supplémentaire fait
diminuer le prix des véhicules les moins chers – alors
que cette évaluation est positive pour les segments de
marché 4 et 5 (luxe et 4 ⋅ 4). La méthode
quasi-hédonique n’est pas destinée à estimer la façon
dont les caractéristiques observables sont évaluées
par le marché. Notre but est simplement de calculer
des prix agrégés ajustés par la qualité (qui varie dans
le temps). Il est par conséquent légitime de faire
abstraction des problèmes de multicolinéarité pour
se concentrer sur les effets fixes pays ⋅ temps
[15].
Tableau 3
résultats des régressions hédoniques
Tableau 3 : résultats des régressions hédoniques
Variables (1a) (1b) (1c)
INT-5,57 (-12,56) -6,35 (-13,83) -5,45 (-12,27)
LCYL 0,56 (39,87) 0,55 (40,90) 0,56 (39,95)
LPUISS 0,04 (1,55) 0,02 (0,61) 0,04 (1,56)
PORTES 0,002 (5,74) 0,03 (9,81) -0,02 (5,76)
LTAILLE 0,16 (6,18) 0,20 (7,77) 0,16 (6,98)
LPOIDS 0,51 (17,88) 0,32 (10,95) 0,51 (17,90)
LVIT 0,85 (18,05) 1,11 (23,65) 0,85 (18,07)
LACCEL 0,19 (8,42) 0,24 (10,96) 0,19 (8,42)
LCONS 0,03 (2,28) - 0,03 (2,24)
LCONS1 - -0,21 (-6,62) -
LCONS2 - -0,23 (-9,72) -
LCONS3 - -0,13 (-6,01) -
LCONS4 - 0,36 (18,94) -
LCONS5 - 0,18 (3,68) -
LTTAX - - -0,04 (3,43)
R²(1a) = R²(1b) =
R²(1c) = 0,97
Entre parenthèses : t de StudentEquation
(1b) : équation (1a) avec LCONS differenciée par segment de marché.
Il faut noter que le coefficient de LTTAX, le taux de
taxe par pays, est significatif et négatif. Néanmoins,
sa valeur est relativement faible. On peut en inférer
que l’influence de la taxe est relativement faible dans
la dimension temporelle du panel, confirmant le
résultat de De Ghellinck dans son étude avec le
cabinet D.R.I. en 1996 selon lequel les taxes
indirectes n’influencent pas la convergence des prix.
Cependant, comme le montre le tableau 6 (en
annexe), les taxes à l’achat d’automobiles en Europe
sont très variables d’un pays à l’autre. Aussi, nous
proposons d’estimer l’influence de cette taxe en
coupe. Le choix du dernier semestre, qui correspond
à l’entrée dans l’échantillon du Danemark et de la
Finlande, permet de prendre en compte 15 pays et
d’accroître la variabilité de LTTAX puisque ces deux
pays sont caractérisés par des taux de taxe élevés. En
régressant le log du prix hors taxe sur le log du taux de
taxe, il apparaît que l’effet de la taxe, sur ce seul
semestre, est significatif et égal à -0,1. Le R² est
d’environ 60%. Ce coefficient implique par exemple
une différence de près de 20% entre les prix
allemands et danois, du seul fait des taxes.
Le graphique 1 montre la distribution du prix hors
taxe calculé grâce à l’estimation de l’équation (1), en
mai 1999, ainsi que les prix taxes incluses (ces
derniers sont obtenus en appliquant les taux de taxe
aux prix agrégés hors taxes). Les prix hors taxes sont
bien plus faibles dans les pays appliquant un taux de
taxe élevé. Des taux de taxe élevés imposent aux
firmes de pratiquer des prix hors taxes plus faibles de
façon à rester présentes sur ces marchés. Les
consommateurs dans les pays à taxes élevées
(Danemark) n’ont alors aucun intérêt à acheter leur
véhicule à l’étranger (puisque les taxes payées sont
les taxes danoises et que les prix hors taxe étrangers
sont plus élevés). Pour la même raison, les
consommateurs étrangers sont incités à acheter la
leur dans les marchés à prix faibles. Cependant, cet
impact des taxes sur les prix hors taxes ne compense
pas la forte variabilité des taux de taxe : la dispersion
des prix TTC est plus forte que celle des prix HT.
Graphique 1
les prix de l’automobile en 1999
(prix en écus)
Graphique 2
évolution des prix agrégés en écus pour
10 pays depuis 1993
[16]
Nous pouvons maintenant mesurer la dynamique des
prix automobile. Nous utilisons le concept
économique et économétrique de convergence.
Avant de rentrer dans des considérations techniques,
nous proposons un aperçu de l’évolution de ces prix
grâce au graphique 2. L’évolution des prix agrégés
est lisible pour les dix pays présents sur toute la durée
de l’échantillon.
Dès 1993, les voitures étaient en moyenne plus
chères en France et en Allemagne et moins chères en
Italie. Les prix du Royaume-Uni étaient proches de
la moyenne des dix pays avant l’appréciation de la
livre en novembre 1995 (après une période de
dévaluation). En mai 1999 les prix au Royaume-Uni
étaient nettement plus élevés (plus de 16.500 écu)
que dans le reste de la zone.
Un corollaire de la loi du prix unique pourrait être
que l’intégration des marchés européens conduit à
une convergence accrue des prix. En effet, une
quantité croissante d’information et l’arbitrage
facilité dans les marchés de biens et services
devraient accélérer, en dépit des “frictions” que
constituent les comportements d’entrave à
l’arbitrage, la réduction des différences de prix entre
les pays. Nous voyons ici si l’on tend vers cette
situation depuis 1993.
Comment mesurer la convergence ?
Le graphique 2 ne montre pas une tendance claire de
convergence ou de divergence. C’est pourquoi il est
nécessaire d’utiliser des outils statistiques pour
établir l’évolution des prix et leur dispersion. Nous
considérons pour cela deux concepts de convergence
issus de la littérature sur la croissance
[17].
La convergence est une notion qui semble a priori
assez intuitive. Elle nécessite néanmoins une
clarification. La β-convergence indique que les
accroissements de prix sont corrélés négativement à
leurs niveaux initiaux, i.e. les pays dont le niveau de
prix agrégé est relativement faible au départ auront
un taux de croissance de leur prix plus important. La
σ - convergence consiste en la réduction au cours du
temps de la dispersion des prix entre les pays.
La
β-convergence est une condition nécessaire, mais
non suffisante, à la
σ - convergence
[18]. En effet, la
βconvergence traduit un comportement de retour à la
moyenne, une force de rappel, des séries. Les séries
retournent vers leur moyenne suite à un choc.
Lorsqu’elles ont la même moyenne, toutes les séries
ont tendance à converger vers le même niveau et
donc à réduire la dispersion de l’ensemble des séries.
Cependant, des chocs idiosyncratiques
[19] pour
chaque sérieà chaque période peuvent faire dévier de
cette tendance et entraver ainsi la baisse de la
dispersion.
Il faut noter l’existence de deux types de
β-convergence. La
β- convergence absolue traduit la
convergence des séries vers un même niveau. La
β-convergence conditionnelle, concept plus faible,
traduit la convergence en taux de croissance
[20].
Autrement dit, les taux de croissance des séries
tendent vers une même valeur, provoquant la
stabilisation de l’écart entre ces séries.
β - convergence
L’étude de la β- convergence permet de savoir si les
pays dont le niveau initial de prix est inférieur à la
moyenne exhibent une croissance de ces prix
supérieure à ceux dont les niveaux de prix sont plus
élevés. Notre objectif est de tester la β- convergence
et de comparer nos résultats (caractéristiques de
l’évolution et vitesse de convergence) à ceux trouvés
par Goldberg et Verboven (1998) pour une période
précédente. La β- convergence est testée en estimant
l’équation suivante :
La convergence absolue est mesurée par un $
β
significatif et négatif, lorsque l’on ne considère
aucun effet fixe individuel
[21] et aucune variable de
contrôle. Mais en observant les évolutions des prix et
des taux de change on peut penser que les
fluctuations monétaires ont non seulement une
influence sur les politiques de prix des entreprises,
mais qu’elles influencent probablement aussi le
processus de convergence de ces prix au cours du
temps
[22]. Ainsi, le graphique 3 montre que les
périodes de dépréciation de la livre sterling par
rapport à l’Ecu (de mai 1994 à novembre 1995, puis
de mai à novembre 1998) sont aussi des périodes
d’év olution o pposée des prix en Ecu au
Royaume-Uni. Le même phénomène est observé
pour l’Italie (graphique 4). La stabilité des prix en
monnaie locale (
pricing to market) semble être le
comportement qui induit une telle évolution des prix
vis-à-vis des taux de change. Les constructeurs
choisissant de conserver leur part de marché dans les
pays concernés, l’appréciation (dépréciation) de la
monnaie locale n’est pas suivie par une baisse
(hausse) des prix en monnaie locale, mais, au
contraire, par le maintien de ces prix. La volatilité
des taux de change implique une volatilité des prix
relatifs (Rogoff , 1996).
Graphique 3
évolutions du prix agrégé et du taux de
change £/Ecu au Royaume-Uni
Graphique 4
évolutions du prix agrégé et du taux
de change Lire/Ecu
[23] en Italie
Dans une deuxième équation, nous proposons
d’estimer dans quelle mesure la convergence des
prix est liée aux variations de change. La
convergence sera mesurée par $β dans l’équation (3),
de manière à contrôler des fluctuations de taux de
change :
Le tableau 4 résume les résultats de l’estimation de la
convergence. Nous trouvons que $β est significatif
dans toutes les spécifications. Il y a donc eu
β-convergence depuis 1993 : les pays où le prix était
relativement bas (élevé) en mai 1993 ont vu un taux
de (dé)croissance de ce prix relativement rapide vers
la moyenne. Le rythme de cette convergence est
même assez rapide, avec une valeur absolue du
coefficient $β, le coefficient autorégressif, de 0,11.
L’estimation des effets fixes n’est pas incluse dans
cette table, mais le niveau de significativité global de
ces effets est donné par la statistique de Fisher. Leur
non-significativité implique que la convergence
n’est pas conditionnelle à des facteurs non
mesurables spécifiques aux pays. Autrement dit, les
écarts de prix entre les pays tendent à disparaître dans
le temps et non seulement à se stabiliser. La
convergence est absolue. L’élasticité du prix au taux
de change ($ )γ est en moyenne proche de-1, ce qui
j signifie que les prix en monnaie nationale sont
relativement rigides. Cependant, au Portugal et en
France, les variations de change sont en partie (à
hauteur de 40%) transmises dans les prix en monnaie
nationale.
Les statistiques du multiplicateur de Lagrange (LM)
et de Durbin-Watson n’ont, en outre, révélé ni
autocorrélation ni hétéroscédasticité dans
l’estimation de l’équation (3)
[24]. L’autocorrélation
et l’hétéroscédasticité dans l’équation (2) sont bien
capturées par les mouvements du taux dechange
[25].
Tableau 4
résultats de l’estimation de la
β-convergence
Tableau 4 : résultats de l’estimation de la
β-convergence
Variables (2) (3)
Constante 1,22 (2,83) 1,02 (5,45)
ln ( ), hjtecu−1-0,11 (-2,72) -0,11 (-5,62)
∆ ln ( ), ECUAutriche t - -1,11 (-3,10)
Idem pour la Belgique - -0,84 (-5,28)
France - -0,63 (-1,95)
Allemagne - -0,81 (-3,94)
Irlande - -0,77 (-4,90)
Italie - -0,75 (-11,83)
Luxembourg - -0,81 (-5,13)
Pays-Bas - -0,88 (-4,30)
Portugal - -0,61 (-5,07)
Espagne - -0,75 (-6,26)
Suède - -0,83 (-11,37)
Royaume-Uni - -0,9 (-14,16)
Effets fixes pays F = 1,32 F = 1,36
P-value-0,22-0,2
Statistique de Durbin-Watson 1,48 1,99
P-value (0,001; 0,001) (0,41; 0,56)
LM (héteroscédasticité) 7,15 0,23
P-value-0,008-0,64
R²(2) = 0,05 ; R²(3) = 0,84 (t de Student des estimateurs entre
parenthèses).
Tout en gardant à l’esprit que nous observons les prix
sur des durées plus courtes (semestres au lieu
d’années
[26] ), nous trouvons un coefficient de
convergence plus fort que celui calculé par Goldberg
et Verboven (1998) (qui évalue $
β à -0,06 et à -0,07
avec un contrôle des variations de taux de change).
Ce coefficient, -0,11, équivaut à une demi-vie
[27] du
processus de convergence de l’ordre de 6 semestres,
comparé à 20 semestres chez Goldberg et
Verboven
[28]. En d’autres termes, si aucune
perturbation n’avait lieu sur la période, la réduction
de 50% des écarts de prix entre deux pays donnés ne
prendrait pas plus de 3 ans
[29].
Notons en outre que lorsque l’on contrôle des
fluctuations de change, $β reste inchangé mais est
estimé plus précisément. Ceci indique qu’une part
importante des variations de prix est due aux
fluctuations des taux de change. Nous allons voir que
ces fluctuations monétaires sont des chocs qui
empêchent la β - convergence de se traduire en une
σ-convergence.
σ - convergence
Il y a σ-convergence des prix agrégés des pays
lorsque leur dispersion en coupe diminue dans le
temps. Nous utilisons comme mesure de la
dispersion le coefficient de variation. Le graphique 5
montre l’évolution comparée de la dispersion des
prix entre les dix pays présents dans l’échantillon du
premier au dernier semestre, avec et sans contrôle
des fluctuations de taux de change par rapport à
l’Ecu. La courbe (1) montre l’évolution du
coefficient de variation des prix alors que les courbes
(2) et (3) représentent l’évolution du coefficient de
variation des prix “filtrés”.
Les prix sont “filtrés” des variations du taux de
change au moyen d’une régression simple. Dans une
première étape, nous fixons les valeurs initiales des
séries de prix filtrés. Nous faisons pour cela deux
hypothèses différentes. Selon la première
hypothèse, les prix au premier semestre de 1993 sont
convertis en une monnaie commune en utilisant le
taux de change courant (courbe 2). Suivant la
seconde hypothèse, les prix de la période initiale sont
convertis en monnaie commune en utilisant le taux
de change moyen sur toute la période 1993-1999
pour chaque monnaie (courbe 3). En effet, il existe
des raisons de penser que les taux de change en 1993
n’étaient pas à leur niveau d’équilibre (la livre, par
exemple, était sous-évaluée). Aussi, la période
étudiée est considérée comme étant suffisamment
longue pour utiliser le taux de change moyen comme
une approximation du taux de change d’équilibre.
Cette hypothèse conduit à des niveaux de prix à la
date initiale différents de ceux observés et donc à un
niveau de dispersion différent. De manière à faciliter
les comparaisons, nous choisissons de rebaser le
niveau de dispersion (coefficient de variation) au
premier semestre de 1993 par le niveau observé à
cette date. Dans un deuxième temps, nous cherchons
à distinguer les changements dans la dispersion des
prix expliqués par les fluctuations des taux de change
de ceux expliqués par d’autres facteurs (quelle que
soit l’hypothèse choisie pour les taux de change en
première période). Nous estimons alors l’équation
suivante :
Dans (4), ∆ fh est la variation de prix “filtrée” des
j t, fluctuations des taux de change. Dans une dernière
étape, nous reconstituons toutes les séries de prix en
additionnant les variations de prix filtrées :
avec fh dépendant de l’hypothèse initiale sur les
j,0 taux de change.
Sans contrôle des fluctuations de taux de change,
d’amples variations sont observées dans l’évolution
du coefficient de variation à court terme (courbe 1) et
on ne voit apparaître aucune tendance à la
convergence. Les disparités de prix ont augmenté de
moins de 5% à plus de 7% de mai 1993 à mai 1995,
avant de chuter à 3,5% en 1996 pour croître à
nouveau et dépasser 7 % en fin de période. Lorsque
l’on contrôle des fluctuations des taux de change, ces
fluctuations du coefficient de variation sont
considérablement atténuées, ce qui nous conduit à
deux remarques. Tout d’abord, les fluctuations de la
dispersion sont essentiellement dues aux
fluctuations des taux de change. Ensuite, il y a une
tendance générale à la convergence, freinée toutefois
par un épisode de divergence entre novembre 1995 et
novembre 1997 (courbe 2). Cette divergence
s’explique par une diminution des prix en Belgique,
aux Pays-Bas et au Luxembourg, pays dans lesquels
les niveaux moyens de prix étaient déjà bas. En
revanche, lorsque les prix sont ajustés en utilisant les
taux de change moyens sur la période (courbe 3), on
constate une diminution monotone de la dispersion
jusqu’en mai 1996, suivie d’une courbe plate.
Finalement, compte tenu de la sensibilité à
l’hypothèse sur les taux de change initiaux, nous
pouvons dégager deux résultats : l’atténuation de la
dispersion des prix lorsque l’on contrôle des
fluctuations de taux de change, d’une part, et la
preuve alors d’une convergence globale sur la
période, d’autre part. En outre, étant données les
fortes variations de prix au Royaume-Uni, nos
estimations pouvaient être dépendantes de
l’échantillon. Pour vérifier la robustesse des
résultats, n ous avo ns recon sidéré un
sous-échantillon en estimant les équations de
β-convergence et en évaluant la σ - convergence sans
le Royaume-Uni. On ne trouve alors pas de
changement dans la β- convergence et la dispersion
moyenne est atténuée, mais le résultat de
σ-convergence des prix filtrés est robuste.
Dans cet article, nous avons, d’une part, mis en
évidence l’évolution de la dispersion des prix
automobile dans l’Union Européenne entre 1993 et
1999 et, d’au tre part, testé l’imp act d e
l’hétérogénéité des systèmes de taxation à l’achat et
des fluctuations de taux de change sur cette
évolution.
Notre principal résultat est celui de l’existence de
forces conduisant à la convergence (absolue) des
prix automobile. Cette β-convergence est plus
prononcée que celle évaluée par Goldberg et
Verboven (1998) sur la période 1980-1993. La
réduction de la dispersion des prix a cependant été
ralentie par des fluctuations des taux de change.
Nous confirmons la conclusion de Goldberg et
Verboven (1998) : les prix automobile ont suivi de
près les mouvements des taux de change en Europe.
En conséquence, la β - convergence n’induit pas la
σ-convergence, c’est-à-dire la réduction de la
dispersion des prix. De plus, nous proposons une
reconsidération de l’idée “d’exception” britannique.
Après avoir contrôlé les variations du taux de change
£/Ecu, les prix ne sont pas sensiblement plus élevés
au Royaume-Uni. Ce résultat remet en question
l’hypothèse “technique” selon laquelle les prix
automobile au Royaume-Uni sont plus élevés en
raison des coûts de production de véhicules à
conduite à gauche. Toutefois, cette caractéristique
des véhicules britanniques est susceptible d’entraver
l’arbitrage et donc de contribuer au maintien des
écarts de prix automobile avec le continent. Pour une
grande partie, les prix plus élevés au Royaume-Uni
sont néanmoins dus aux comportements de pricing to
market, les constructeurs étrangers décidant d’une
stabilité des prix en monnaie locale.
La mise en évidence du rôle des fluctuations de
change dans l’évolution des différences de prix entre
les marchés européens laisse penser que l’Union
Economique et Monétaire rendra possible une
accélération de la convergence
[30]. De plus, l’euro
facilitera les comparaisons de prix entre les pays et
donc les possibilités d’arbitrage. À l’opposé,
l’hétérogénéité des systèmes de taxation de l’achat
de véhicules neufs, TVA mais aussi (et surtout) taxes
d’achat, empêche l’homogénéisation des prix
automobile en Europe. Nous avons vu que si les
différences dans les taxes n’interviennent pas
significativement dans le processus de convergence,
elles accroissent, en coupe, la dispersion des prix
hors taxes. Même si le nouveau règlement européen
sur la distribution automobile devrait introduire plus
de concurrence
[31] et favoriser la réduction des écarts
de prix, l’harmonisation des taxes en Europe n’est
pas de l’ordre du court terme
[32], si bien qu’en dépit
de la monnaie unique, une dispersion des prix induite
par les différences de taxes demeurera.
Éléments d’appréciation de la dispersion des prix et des taxes automobile
Tableau 5
différences maximales de prix pour certains modèles et prix du pays domestique de la marque en mai
1999
Tableau 5 : différences maximales de prix pour certains modèles et prix du pays domestique de la marque en mai
1999
Prix HT Ecart Pays domestique
Modèles par gamme min (EURO) max (EURO) max en % prix (rang)
Economique
Peugeot 106 6220 (Dk) 8923 (RU) 43,5 8014 (3)
Ford Fiesta 6899 (Dk) 10159 (RU) 47,3 10159 (1)
Moyenne inférieure
Peugeot 306 9307 (Dk) 14733 (RU) 58,3 12426 (6)
Fiat Bravo 8372 (Dk) 14508 (RU) 73,3 11332 (6)
Moyenne supérieure
Renault Laguna II 9520 (Dk) 16416 (RU) 72,4 13905 (3)
Volkswagen Passat 11386 (Dk) 17926 (RU) 57,4 15912 (2)
Supérieure et Luxe
Lancia Kappa 14820 (Dk) 24209 (It) 63,4 24209 (1)
Mercedes C180 18839 (Dk) 21598 (RU) 14,6 20912 (2)
Tableau 6
taxes d’achat de véhicules dans l’Union Européenne en 1999
Tableau 6 : taxes d’achat de véhicules dans l’Union Européenne en 1999
on
Pays T.V.A.(%) Taxes d’achat Frais d’immatriculati(en monnaie locale)
Allemagne 16 Aucune 50 DM
Autriche 20 Basée sur la consommation d’essenceMaximum=16% 842 à 1269 SCH
Belgique 21 Basée sur la cylindrée et l’âge 2500FB
< 50800 DKR, 105 %
Danemark 25 1070 DKR
> 50800 DKR, 180 %
Espagne 16 < 1,6 l 7% 10250 PTA
> 1,6 l 12%
Finlande 22 100 % - 4600 FM Aucun
te
France 20,6 Aucune Taxe locale 102 à 195 FF(cargrise)+charges parafiscales
Grèce 18 16 à 128 % Aucun
Irlande 21 22,5 à 30 % suivant la cylindrée Aucun
Italie 20 Provinciale basée sur la puissance fiscale 300000 à 720000 L
Luxembourg 15 Aucune 1128 LFR
Pays-Bas 17,5 Essence :45,2 % - 3394 G (*) Aucun
Diesel : 45,2 % - 1278 G (*)
Portugal 17 Basée sur la cylindrée 5000 ESC
Royaume-Uni 17,5 Aucune Aucun
Suède 25 Aucune Aucun
Source : Association des Constructeurs Européens d’Automobile (ACEA)
(*) Un montant fixe est soustrait de la taxe après application du montant indiqué
1 Euro = 13,76 SCH, 38,38 FB, 7,07 DKR, 5,66 FM, 6,56 FF, 1,86 DM, 1842,22 L, 38,38 LFR, 2,10 G, 200,48 ESC, 158,30 PTA
Association des Constructeurs Européens d’Automobile (ACEA)
Description des données
Les données sont semestrielles et la période d’observation
débute en mai 1993 (1993.1) et finit en mai 1999 (1999.1).
Liste des pays :
- De 1993.1 à 1999.1 : UE 10 = Allemagne, Belgique,
Espagne, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas,
Portugal, Royaume-Uni.
- De 1995.1 à 1999.1 : UE 12 = UE 10 + Autriche, Suède.
- En 1999.1 : UE 15 = UE 12 + Danemark, Finlande, Grèce.
Liste des caractéristiques (L.caractéristique = Log
(caractéristique)) :
CYL = cylindrée du moteur (en cm3 ); PORTES = 0 si 3
portes, 1 si 5 portes;
POIDS = poids à vide en kg ; PUISS = puissance en
chevaux ;
LONG = longueur en cm ; LARG = largeur en cm;
HAUT = hauteur en cm ; TAILLE = LONG.LARG.HAUT
(en cm3 );
VIT = vitesse théorique maximale (en km/heure);
ACCEL = accélération de 0 à 100 km/heure en s;
TTAX = taux de taxe (T.V.A. + taxes d’achat); ECU = taux
de change en monnaie du pays considéré vis-à-vis de l’ECU.
Parts de marché des marques :
Disponibles pour l’UE 15 dans les brochures annuelles du
C.C.F.A. (Co mi té des Const ruct eurs F rançai s
d’Aut omo bi les) et sur l e si te Mot orsat (h tt p : //
ww w. p e rs o. c l u b-i n t e rn e t. fr / m o t o r sa t / V o i t u re s/
immeuropmarq.html).
Définition des segments de marché
1 : Segment économique inférieur, 2 : Segment moyen
inférieur, 3 : Segment moyen supérieur; 4 : Segments
supérieur et luxe; 5 : 4 * 4
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vol. 27, n° 2, été, pp. 240-268.
[(*)]
CEPII.
E-mail : G
Gaulier@ cepii. fr
[(**)]
Aujourd’hui à la Direction de la Prévision; à EUREQua Université de Paris 1 au moment de la rédaction de cet article.
[(1)]
Voir De Ghellinck et le cabinet DRI (1996)
[(2)]
Comme par exemple les systèmes de taxation à l’achat ou la
réglementation sur la distribution (voir règlement
(CE)1475/95).
[(3)]
Le tableau 5 dans l’annexe donne une appréciation de ces
différences pour quelques modèles en mai 1999.
[(4)]
Voir Rogoff (1996) pour une revue de la littérature sur les
explications de ces déviations de la loi du prix unique et de sa
généralisation à un panier de biens, la Parité de Pouvoir
d’Achat.
[(5)]
On peut définir la discrimination par les prix comme le fait,
pour une entreprise, de pratiquer pour le même produit des prix
diff
érents selon ses clients, ces diff
érences de prix ne
s’expliquant pas par des différences de coûts.
[(6)]
Selon Kirman et Schueller (1990), les producteurs
eux-mêmes affirment qu’expédier des véhicules d’un pays à
l’autre leur coûte moins cher qu’adapter leurs chaînes de
production locales aux besoins de la demande.
[(7)]
Les données utilisées datent de 1990, date à laquelle
existaient encore en Europe des quotas sur les véhicules
importés du Japon.
[(8)]
L’information n’est pas disponible pour l’Allemagne,
l’Espagne et le Royaume-Uni en 1993.
[(9)]
Association des Constructeurs Européens d’Automobiles
[(10)]
La théorie des caractéristiques suppose que le
consommateur maximise son utilité par rapport au montant de
chaque caractéristique des biens. La demande inverse ainsi
obtenue est une fonction des utilités marginales associées aux
montants des différentes caractéristiques. D’où le modèle
empirique “ hédonique” couramment estimé :
p a a Z u i t i t i t, , , = + + 0 1, où
Zit, est le vecteur des caractéristiques
du bien
i en
t, et
a1 le vecteur des valorisations marginales de
ces différentes caractéristiques.
[(11)]
On peut aussi parler de régressions “quasi hédoniques” en
raison de la présence dans l’équation estimée de ces effets
fixes.
[(12)]
Nos résultats sont robustes à la méthode de pondération
retenue.
[(13)]
Nous n’intégrons pas d’effets temporels “purs” (captant
notamment le progrès technique). Notre spécification est plus
générale, grâce aux effets croisés pays ⋅ temps ( ),
Dj t et
marque ⋅ temps ( ),
Dm t.
[(14)]
La méthode d’estimation est celle des moindres carrés
ordinaires
[(15)]
Par soucis de simplicité, de manière à conserver aux effets
pays ⋅temps une interprétation non ambiguë, nous imposons
la restriction d’élasticités aux caractéristiques constantes dans
les dimensions pays et temps (dans le cas contraire, une hausse
du prix pour un pays, mesurée par l’accroissement de l’effet
pays correspondant, pourrait provenir de la variation de la
valorisation d’une caractéristique).
[(16)]
BE : Belgique, FR : France, GE : Allemagne, IR : Irlande,
IT : Italie, LU : Luxembourg, NE : Pays-Bas, PO : Portugal,
SP : Espagne, UK : Royaume-Uni.
[(17)]
Voir Barro et Sala-i-Martin (1995)
[(18)]
Voir Hénin et Le Pen (1995) pour la démonstration du lien
entre
β et
σ convergences.
[(19)]
Non liés aux caractéristiques des pays par exemple
[(20)]
On retrouve la distinction entre PPA absolue et PPA
relative (en taux de croissance).
[(21)]
La non-significativité des effets fixes nous permet
d’assimiler notre modèle à une régression MCO sur données
empilées et d’éviter ainsi le problème du biais de l’estimateur
“Within” dans un panel dynamique (Nickell , 1981). Le biais
d’hétérogénéité (Im, Pesaran et Smith, 1995), de sens opposé
(sous-estimation de
β ), affecte vraisemblablement très peu les
résultats, une estimation pays par pays n’ayant pas révélé de
différences significatives dans la valeur des coefficients des
endogènes retardées. Si toutefois un biais d’hétérogénéité est
présent, la vitesse de convergence estimée doit s’envisager
comme un minorant de sa véritable valeur.
[(22)]
Dans le graphique 2 on remarquera que les prix de la
Belgique et du Luxembourg sont confondus alors que celui des
Pays Bas est plus faible mais suit la même dynamique. Ce
phénomène est sans doute dû au régime de change quasi fixe
entre les pays concernés.
[(24)]
Le test de Durbin Watson utilisé ici est bien adapté aux
données de panel. Étant donné le caractère dynamique de
l’équation, la distribution de la statistique de Durbin Watson
n’est pas standard. Nous ne pouvons donc que constater
l’accroissement de sa valeur entre (2) et (3), sans pouvoir juger
de la significativité.
[(25)]
La hausse du
R² entre les régressions (2) et (3) résulte de
l’introduction de la variable de change et dénote la force du
phénomène de
pricing to market.
[(26)]
Dans la mesure où il existe, durant cette période, un
“millésime” des constructeurs en milieu et en fin d’année, un
semestre contient au moins autant d’information qu’une
année.
[(27)]
La demi-vie
dv est calculée par la formule suivante :
( $ ) /1 1 2+ =
βdv.
[(28)]
Étant donné l’écart type de
β, l’estimation de la demi-vie
se situe dans l’intervalle de confiance à 90% [4; 15] ou [5; 9]
semestres pour, respectivement, les équations (2) et (3).
[(29)]
Parsley et Wei (1995) étudient la convergence de long
terme des parités de pouvoir d’achat sur un panel de pays, dont
les pays européens, et mettent en évidence une demi-vie de
4,75 années pour les pays européens n’appartenant pas au
SME et 4,25 pour les pays appartenant au SME.
[(30)]
Tous les pays de l’Union ne faisant pas partie de la zone
euro, on peut penser que les fluctuations monétaires pourront
persister au moins à moyen terme.
[(31)]
Le Règlement (CE) N°1400/2002 du 31 juillet 2002
comprend une innovation majeure : les constructeurs ne
pourront désormais plus cumuler distribution exclusive et
sélective.
[(32)]
Les États membres se sont déjà mis d’accord sur un taux
minimum de TVA de 15% mais ont rejeté la proposition de
25% pour un taux maximum. Par ailleurs, il existe un projet
d’harmonisation des taxes d’achat, sur la base de la
consommation d’essence et du degré de pollution créé. Mais si
la Commission prend le parti de ce système, les États membres
ne l’ont toujours pas mis en œuvre.