Généralisation de l’espérance d’utilité : le cas des jeux de loterie en France
Serge Blondel
Nous partons d’un fait stylisé identifié depuis Friedman et Savage : plus les gens sont défavorisés, plus ils jouent. Ce
constatseretrouveconcernantlesjeuxdeloteriesenFrance.Cetteobservationpeuts’expliquerdanslecadredelathéorie
de l’espérance d’utilité (EU), mais seulement en supposant une fonction d’utilité remettant localement en cause
l’hypothèse habituelle d’aversion pour le risque.
Nousétudionslesprédictionsdelathéoriedel’EUdépendantedurang,lagénéralisationdel’EUlapluspopulaire.Cette
théorieestcohérenteavecunepropensionaujeudécroissanteenfonctiondelarichesse,toutenconservantune fonction
d’utilitéglobalementconcave.Cerésultatmiliteenfaveurd’unélargissementdelarationalitéparrapportàlaseuleEU.Mots-clés :
jeux d’argent, espérance d’utilité dépendante du rang.
WetakeasstartingpointastylisedfactidentifiedsinceFriedmanandSavage(1948):thepoorerpeoplearethemorethey
gamble. ThisconclusionistobefoundinthecaseoflotteriesinFrance. Itcanbeexplainedintheframeworkofexpected
utility (EU) theory, but only on the assumption of a utility function that exceptionally calls into question the usual
assumption of aversion to risk.
We examine the predictions of rank-dependent expected utility theory, the most popular generalisation of EU. This
theoryisconsistentwithapropensitytogamblethatdecreasesasafunctionofwealthwhilestillmaintaininganotherwise
concave utility function. This result argues in favour of a broadening of the rationality with respect to EU taken on its
own.Keywords :
money games, rank dependent expected utility.
• Le fait stylisé : en France, les gens
défavorisés jouent plus
• Les modèles théoriques
— La décision de jouer
— L’influence de la richesse sur le jeu
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE