Economie & prévision
La Doc. française

I.S.B.N.sans
150 pages

p. 39 à 52
doi: en cours

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no 159 2003/3

2003 Économie et Prévision

Une analyse structurelle de laσ-convergence

Application aux pays de la zone euro

Philippe Casin  [(*)]
L’objet de cet article est d’approfondir la notion deσ-convergence, basée sur un indicateur statistique très simple, la variance,etutiliséepourdécrirelaconvergenceduPIBpartêted’unensembledepays.Eneffet,àunemêmevariancedes PIB par tête peuvent correspondre des structures de PIB très différentes, c’est-à-dire des situations économiques très différentes. Il est donc nécessaire de décrire aussi l’évolution de la structure du PIB et l’analyse en composantes principales généraliséeestun outilstatistiquequipermetcettedescription. Les modifications delastructureduPIBdes pays de la zone Euro entre 1971 et 2000 font l’objet de la dernière partie de cet article.Mots-clés : convergence structurelle, zone euro, analyse en composantes principales généralisée. The aim of this article is to study in more depth the notion of sigma-convergence, based on a very simple statistical indicator,namelythevariance,andusedtodescribetheconvergenceofGDPperheadforagroupofcountries. Thesame varianceinGDPperheadcaninfactcorrespondtoGDPstructuresthatareverydifferent,i.e.toeconomicsituationsthat arethemselvesverydifferent. ItisthereforenecessaryalsotodescribetheevolutionofthestructureofGDP. Generalised principal component analysis is a statistical tool permitting such a description. The last part of the article deals with modifications in the structure of GDPfor countries in the euro zone between 1971 and 2000.Keywords : structural convergence, euro zone, generalised principal component analysis.
Je tiens à remercier L. Job, professeur à l’université de Nice, les participants au séminaire de l’ECARES de l’Université libre de Bruxelles et les deux rapporteurs anonymes pour les conseils, critiques et suggestions qu’ils m’ont adressés lors de l’élaboration de cet article.
L’objetdecetarticleestd’approfondirlanotiondeσ -convergence, baséesurunindicateurstatistique trèssimple, lavariance, etutiliséepourdécrirelaconvergenceduPIBpartêted’unensembledepays. En effet, à une même variance des PIB par tête peuvent correspondre des structures de PIB très différentes, c’est-à-dire des situations économiques très différentes. Il est donc nécessaire de décrire aussil’évolutiondelastructureduPIBetl’analyseencomposantesprincipalesgénéraliséeestunoutil statistique qui permet cette description. Les modifications de la structure du PIB des pays de la zone Euro entre 1971 et 2000 font l’objet de la dernière partie de cet article.
L’étude de la convergence occupe une place centrale dans la comparaison des sentiers de croissance des économies de différents pays (Baumol, 1986 ; Mankiw, Romer et Weil, 1992 ; Barro et Sala-I-Martin, 1995 ; Henin et Le Pen, 1995 ; de la Fuente,1997 ; Tavera, 1999a et 1999b ; Laskar, 2000). La littérature économique distingue essentiellement deux notions de convergence : la β-convergence, qui s’intéresse à l’existence d’un mécanisme de convergence, et la σ-convergence, fondée sur l’évolution de la dispersion des PIB par tête de différentes économies au cours du temps.
Le modèle de Swan (Swan, 1956 et Solow, 1956) conclut à l’existence d’un sentier de croissance de long terme, déterminé par des variables exogènes comme la croissance démographique, l’épargne ou le progrès technique ; empiriquement, vérifier la convergence vers ce sentier de croissance, c’est-à-dire la β-convergence, consiste à tester l’existence d’une relation négative entre le taux de croissance et la valeur initiale du PIB par tête.
La β-convergence a fait l’objet d’études empiriques utilisant des régressions en coupes transversales estimées par les moindres carrés ordinaires (Baumol, 1986; Barro, 1991; Mankiw, Romer et Weil, 1992) ou utilisant les techniques des données de panels (Knight, Loayza et Villuena, 1993 ; Islam, 1995 ; Berthelemy, Dessus et Varoudakis, 1996) ou encore les tests de racine unitaire (Quah, 1994 ; Bernard et Jones, 1996 ; Gaulier, Hurlin et Jean-Pierre, 1999 ; Jean-Pierre, 1999).
Barro et Sala-I-Martin (Barro et Sala-I-Martin, 1992) ont défini la σ-convergence comme la réduction au cours du temps de la dispersion du revenu par tête de différents pays. Laσ -convergence a souvent été étudiée conjointement avec la β-convergence (Henin et Le Pen, 1 995 ; Sala-I-Martin, 1996; de la Fuente, 1997; Cadoret et Tavera, 1999 ; Daalgard et Vastrup, 2001).
L’objet de cet article est d’approfondir le concept de σ-convergence, en montrant la nécessité de décrire et de comparer l’évolution de la structure des PIB par tête de différents pays au cours du temps.
L’organisation de l’article est la suivante : la première partie montre qu’à une même variance des PIB par tête peuvent correspondre des structures de PIB très différentes, c’est-à-dire des situations économiques très différentes, et il est donc nécessaire d’app rofondir la not ion de σ-convergence. La seconde partie propose un outil pour décrire l’évolution de la structure du PIB, l’analyse en composantes principales généralisée. Enfin, la troisième partie décrit les modifications de la structure du PIB des pays de la zone euro entre 1971 et 2000.
 
Les limites du concept de σ-convergence
 
 
La variance des PIB par tête
Différents indicateurs statistiques ont été utilisés pour mesurer la dispersion des PIB par tête (de la Fuente, 1997 ; Daalgard et Vastrup, 2001) ; nous choisissons ici de mesurer cette dispersion en utilisant la variance.
Considérons npays et Tinstants; soit yj t, le PIB par tête pour lepays j(j= 1, …, n) à l’instant tt =1,…,T) et notons Var yt ( ) la variance des revenus par tête des n pays à l’instant t.
On dit alors qu’il y a σ-convergence si Var yt ( ) diminue av ec le temps, autrement dit si Var y Var y t t ( ) ( ) '< dès que t’>t.
À une valeur donnée de cette variance peuvent correspondre des situations et des comportements très divers comme le montre l’égalité comptable suivante, décrivant une économie fermée :
où yj t, désigne le PIB par tête àl’instant tpour le pays j, cj t, désigne la consommation par tête à l’instant t pour le pays j, ij t, désigne l’investissement par tête à l’instant tpour le pays j.
Calculons la variance de yà l’instant ten fonction des variances de c et de i :
Considérons un ensemble de pays dans lequel se trouvent à la fois des pays ayant un niveau de vie élevé et des pays peu développés : alors la variance de chacune des trois variables y c t t, et it est élevée. La covariance entre la consommation et l’investissement à un instant test élevée aussi, car les pays à PIB par tête élevé ont aussi à la fois une co nsommation par tête et un n iveau d’investissement par tête élevé, alors qu’à l’inverse les pays à PIB par tête peu élevé ont aussi à la fois une co nsommation par tête et un n iveau d’investissement par tête peu élevé.
Ainsi, dans ce premier cas, les variances des trois variables y c t t, et it sont élevées et la covariance entre la consommation et l’investissement à un instant t est élevée aussi.
Considérons maintenant un groupe de pays homogène, c’est-à-dire des pays ayant des niveaux de vie comparables, qu’ils soient élevés ou non, c’est-à-dire des pays pour lesquels la variance du PIB par tête est relativement peu importante.
Le partage du PIB entre consommation et investissement dépend de la valeur prise par le taux d’investissement. En effet, notons lj t, le taux d’investissement du pays j à l’instant t :
Alors :
et
Si le taux d’investissement est le même à l’instant t pour tous les pays, c’est-à-dire si :
alors :
Et comme :
Ainsi, dans ce second cas, les trois variables c i t t, et yt ont des faibles variances et Cov c i t t ( , ) a aussi une faible valeur; les pays ont alors des valeurs proches à la fois po ur le PIB, la consommation et l’investissement par tête à l’instant t. La faible variance des PIB par tête traduit la proximité des structures des économies des différents pays. Ce résultat reste valable si le taux d’investissement est non plus constant mais variepeu d’un pays à l’autre.
Considérons maintenant un troisième cas, dans lequel la variance du PIB par tête est faible, mais les variations du taux d’investissement importantes.
En effet, le taux d’investissement d’un pays dépend de nombreuses variables comme le taux d’intérêt de ce pays, sa capacité à innover ou encore sa fiscalité. Ce taux peut donc varier fortement d’un pays à l’autre, même si l’on considère un groupe de pays pour lequel la variance du PIB par tête est relativement faible. Ainsi, en 2000, si l’on considère les pays développés, le taux d’investissement varie de 18 % au Royaume-uni et en Suède à 27 % au Japon et 28 % au Portugal; pour les PECO, il varie de 19 % (Roumanie) à 31% (Hongrie) ou encore, pour l’Amérique du Sud, il est de 16 % pour l’Argentine et de 23 % pour le Chili (CEPII, 2002).
Dans ce troisième cas de figure, la variance de yt est faible alors que les variances de ct et it sont élevées (équations (4) et (5)) : à niveau de PIB par tête équivalent, du fait de la variation du taux d’investissement d’un pays à l’autre, les différents pays ont des niveaux de consommation et d’investissement p ar tête qui varient significativement. La covariance entre la consommation et l’investissement à un instant t est élevée aussi (équation (2)).
Par conséquent, même si à l’instant tles pays ont des valeurs proches pour le PIB par tête, le taux de croissance des différents pays et donc les valeurs des PIB par tête les années suivantes pourront être très différents d’un pays à l’autre. Ainsi, dans ce cas, la faible variance des PIB masque des structures économiques très différentes et la proximité des économies peut n’être que temporaire.
L’équation simple examinée ici décrit le partage du PIB entre consommation et investissement ; en examinant d’autres types de partage, on aboutit à des conclusions du même type. Ainsi, comme la décomposition du PIB entre dépenses publiques et privées est très différente d’un pays à l’autre, une faible variance du PIB par tête peut correspondre aussi bien à une situation où les différents pays ont des comportement proches en matière de dépenses, qu’elles soient privées ou publiques, ou à une situation où l’intervention publique compense le faible niveau des dépenses privées.
La nécessité d’approfondir la notion de σ-convergence
Il y a σ-convergence si la variance du PIB par tête diminue au cours du temps ; reprenons le dernier exemple du paragraphe précédent, où le PIB par tête se décompose en la somme des dépenses privées et des dépenses publiques par tête :
yj t, désigne le PIB par tête à l’instant tpour le pays j;
cj t, désigne les dépenses privées par tête à l’instant t pour le pays j;
gj t, désigne les dépenses publiques par tête à l’instant t pour le pays j.
On peut écrire :
R c g E c t t t ( , ), ( ) et E gt ( ) désignant respectivement le coefficient de corrélation entre ct et gt et les écarts type de ct et gt.
Alors, schématiquement, cette σ-convergence peut correspondre aux deux situations suivantes :
  • Soit Ect c Ect g t t ( ), ( )et cov( , )c g t t ont des valeurs qui décroissent au cours du temps ; il y a donc convergence à la fois pour le PIB, les dépenses privées et publiques par tête ;
  • soit Ect ct ( ) et Ect gt ( ) ont des valeurs qui croissent au cours du temps et, toutes choses égales par ailleurs, la valeur de cov( , )c g t t décroît plus au cours du temps que Var ct ( ) et Var gt ( ) croissent
  • équation (15)). Cela signifie que R c g t t ( , ), qui a une valeur négative, décroît au cours du temps (équation (16)) : il y a donc convergence pour le PIB par tête, mais divergence pour les dépenses publiques et privées par tête, et la σ -convergence masque en fait de fortes disparités de comportement entre les différents pays.
La diminution de R c g t t ( , )au cours du temps traduit une réaction de plus en plus forte au cours du temps des pays connaissant des fluctuations de leurs dépenses privées à utiliser la dépense publique pour se ramener à la moyenne des PIB par tête des autres pays. Cette situation, qui n’est obtenue que grâce à une intervention toujours plus importante des pouvoirs publics, et se traduit par un déficit budgétaire ou une augmentation de la pression fiscale, n’est sans doute pas durable. Ainsi ces dernières années, alors que le déficit budgétaire moyen des pays de la zone euro diminue, ce déficit reste constant, voire s’accroît pour la France, l’Italie, le Portugal et surtout l’Allemagne. Le déficit budgétaire de ces pays peut avoir un effet positif sur la croissance de ces pays et de leurs partenaires commerciaux, mais il co nstitue aussi potentiellement une source d’inflation et compromet donc la baisse des taux d’intérêt par la banque centrale européenne, ce qui a, à l’inverse, un effet négatif sur la croissance de l’ensemble des pays de la zone euro.
La nécessité d’une description plus complète
Ainsi, la σ-convergence apparaît comme un indicateur un peu sommaire de la convergence des économies; l’analyse de la variation du PIB par tête doit être complétée par l’analyse des fluctuations au cours du temps des composantes de ce PIB et des relations entre ces composantes. D’un point de vue formel, commeVar yt ( )s’écrit de la façon suivante :
analyser les fluctuations des composantes signifie s’intéresser aux fluctuations de la variance des composantes au cours du temps, et analyser les fluctuations des relations entre les composantes signifie s’intéresser aux fluctuations de R c g t t ( , ). R c g t t ( , ) varie parce que, d’un instant à l’autre, les positions relatives des pays varient pour les différentes variables.
La situation devient encore plus complexe lorsque l’on con sidère non plu s seu lement deux composantes, mais l’ensemble des composantes du PIB.
Dans le modèle simple décrit par l’équation (17), il s’agit de décrire simultanément les évolutions au cours du temps de Var ct ( ), de Var gt ( ) et de R c g t t ( , ), c’est-à-dire en fait d’analyser l’évolution de la matrice de variances-covariances entre les 2 variables ct et gt.
Si on considère une équation de définition du PIB par tête comportant maintenant p variables :
où Dr j t, , désigne la valeur (comptée positivement ou négativement) de la rième variable constitutive du PIB par tête pour le pays j à l’instant t, c’est l’évolution des p variances des variables et l’évolution de la matrice carrée de dimension p constituée par les corrélations des p composantes du PIB par tête qu’il s’agit de décrire.
 
Le principe de l’analyse statistique
 
 
Le problème
Il s’agit, d’une part, de décrire l’évolution des variances des différentes composantes et, d’autre part, de décrire l’évolution de la matrice de corrélations entre ces différentes composantes.
La description de l’évolution des variances des différentes composantes ne pose pas de difficultés particulières ; décrire l’évolution de la matrice des corrélations entre les différentes variables est un problème plus complexe.
Il s’agit en effet de rechercher quelles sont les relations linéaires entre les variables qui restent stables au cours du temps et quelles sont celles qui se modifient d’une année à l’autre. Le problème est donc double : d’une part, représenter ce qui est commun à l’ensemble des années et d’autre part, mettre en évidence ce qui est particulier à l’une ou plusieurs d’entre elles.
Notons Xt, pour t =1,...T, le tableau à n lignes (les pays) et p colonnes (les variables à l’instant t). La description du tableau Xt et de la matrice de corrélations entre les p variables de ce tableau est le but de l’analyse en composantes principales (Casin, 1999, par exemple). L’ACP s’utilise en présence d’un seul tableau Xt et il faut utiliser une généralisation de cette technique pour appréhender les modifications d’une matrice de corrélations au cours du temps. La méthode d’analyse de tableaux appropriée est l’analyse en composantes Principales généralisée (ACPG) (Casin, 1995,2000 et 2001) qui décrit simultanément les tableaux Xt, pour t=1,...,T, c’est-à-dire détermine les éléments essentiels de chaque tableau t, en recherchant si ces éléments sont communs ou non à plusieurs tableaux.
L’analyse en composantes principales généralisée
L’algorithme de calcul de l’ACPG est décrit en annexe 1. Il est cependant possible de donner de l’ACPG la présentation intuitive suivante.
On dispose d’une suite de T tableaux comportant chacun les mêmes p variables mais observées à des instants différents. La variable jdu tableau test notée Xt j,.
L’ACPG décrit simultanément les tableaux Xt, pour t = 1,...,T, c’est-à-dire détermine les éléments essentiels de chaque tableau Xt en recherchant si ces éléments sont communs ou non à plusieurs tableaux. Cette méthode détermine deux types de repères pour décrire les pT variables :
  • un repère général, composé de K composantes générales zk, (avec K inférieur à p), repère dans lequel on visualise les éléments communs à toutes les années ;
  • T repères composés de composantes ztk relatives à un instant particulier, chacun de ces repères permettant une description complète des variables de l’instant t.
La détermination des variables synthétiques nouvelles composant ces repères est itérative : à l’étape de calcul k sont déterminées simultanément la composante générale zK et les composantes ztk.
Comme en ACP, le premier paramètre à considérer pour chaque étape k et chaque instant t est
c’est-à-dire la corrélation des variables du tableau k expliquée à cette étape. Ce paramètre, appelé dans les résultats “corrélation expliquée”, indique si, pour cette étape et ce tableau, les résultats sont interprétables.
Si les résultats sont interprétables, c’est-à-dire si les variables du tableau t sont “bien décrites” à l’étape k, au sens de l’ACP, on choisit alors, en fonction de la valeur prise par la corrélation entre le tableau et la composante générale, c’est-à-dire par la valeur prise par R z z k tk ( , ), un des deux types de représentations graphiques que l’ACPG propose :
  • si R z z k tk ( , ) a une valeur élevée (c’est-à-dire proche de 1, en valeur absolue), cela signifie que la composante générale zk est proche de ztk et donc il est possible d’envisager une représentation des individus et une représentation des variables communes à plusieurs tableaux ;
  • si R z z k tk ( , )a une valeur plus faible, on construira une rep résentatio n des individu s et u ne représentation des variables propres au tableau t, décrivant la spécificité du tableau t à l’étape k.
L’interprétation des graphiques de l’analyse en composantes principales généralisée
Chaque type de repère permet, comme en ACP, de tracer un graphique représentatif des variables et un graphique représentatif des individus.
Les règles de lecture des graphiques sont celles de l’ACP : ainsi, pour la représentation des variables sur le plan des deux premières composantes générales, l’abscisse d’une variable est sa corrélation avec la première composante générale, son ordonnée la corrélation avec la seconde composante générale. Les variables bien représentées sur ces graphiques sont celles pour lesquelles la somme des carrés des corrélations avec les deux composantes sont proches de 1. Le “cercle des corrélations” est le lieu des variables pour lesquelles la somme des carrés des corrélations est égale à 1; donc, pour deux variables proches de ce cercle, le cosinus de l’angle qu’elles font entre elles sur le graphique est égal approximativement à leurcoefficient decorrélation.
Ainsi, si l’angle entre deux variables proches du cercle est petit, ces variables sont très corrélées entre elles ; si cet angle est droit, la corrélation entre les deux variables est nulle et si cet angle est proche de l’angle plat, la corrélation entre les deux variables est proche de–1.
Cette représentation des variables permet de caractériser les axes; à partir de cette caractérisation, l’interprétation du nuage des pays (les individus) se fait en fonction de la position des pays sur ces axes : ainsi, si un individu a une coordonnée élevée sur un axe très corrélé à une variable donnée, cela signifie que l’individu à très certainement une valeur forte pour cette variable. De la même manière, si cette coordonnée est proche de 0, l’individu a une valeur moyenne pour la variable et, si la coordonnée a une valeur fortement négative, le pays concerné a une valeur très faible pour cette variable.
 
L’évolution de la structure du PIB par tête des pays de la zone euroentre 1971 et 2000
 
 
Les données
Les douze pays de la zone euro sont : la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Autriche, le Portugal, la Finlande et la Grèce. Les variables considérées (Économie Europenne, 2001) ) sont :
  • la consommation privée (PR) ;
  • la consommation publique (PU) ;
  • la formation brute de capital fixe (FBCF) ;
  • les importations (IP) ;
  • les exportations (XP).
Les données sont exprimées en standard de pouvoir d’achat (SPA), c’est-à-dire que chaque année, le niveau du PIB d’un pays donné s’exprime relativement à un indice dont la base est de 100 pour la moyenne des pays de l’union économique. L’utilisation d’un tel indice a pour avantage de gommer les évolutions temporelles, c’est-à-dire les fluctuations globales d’une année à l’autre, et de mettre l’accent sur l’évolution des différences entre les différents pays.
Le niveau des variations de stocks n’est pas pris en compte ici, car cette variable d’ajustement a à la fois une variancetrès faiblechaque année par rapport aux variances des autres variables et une influence marginale sur la structure du PIB.
Dans le même ordre d’idées, le Luxembourg, dont la structure atypique (un commerce extérieur et des valeurs du PIB par tête très forts) a pour conséquence une forte variance de quelques variables et une influence très forte sur la valeur de certains coefficients de corrélations élevées masquant ainsi d’autres phénomènes, n’est pas inclus dans l’analyse.
L’évolutiondes variancesduPIBpartêteetdeses composantes
Les variances des variables sont données en annexe 2.
La variance du PIB par tête est stable jusqu’à la fin des années quatre-vingt, puis diminue fortement : il y a donc σ -convergence des pays de la zone euro.
Cette convergence en fin de période n’apparaît pas pour toutes les variables : la variance de la consommation publique et surtout celle de la consommation privée augmentent progressivement jusqu’au milieu des années quatre-vingt puis diminuent fortement ensuite et la variance de la FBCF fluctue de façon un peu erratique, puis a tendance à diminuer fortement depuis le milieu des années quatre vingt-dix. Mais les deux variables du commerce extérieur ont sur l’ensemble de la période, à l’exception de 85-90, un trend ascendant, avec une progression très forte en fin de période. La variance du solde du commerce extérieur, qui est beaucoup plus faible que celle de chacune des variances des deux variables prises individuellement, du fait d’une forte corrélation entre les deux variables, connaît aussi une forte augmentation en fin de période.
Notons qu’à un instant donné, la variance du PIB par tête est très supérieure à la somme des variances de la consommation privée, de la consommation publique, de la FBCF et du solde du commerce extérieur, ce qui confirme la nécessité d’analyser les corrélations entre les variables et l’évolution de ces corrélations .
Les résultats de l’ACPG
Résultats généraux
Les résultats numériques de l’ACPG sont donnés dans l’annexe 3.
En ce qui concerne les deux premières étapes de calcul (annexe 3, axes 1 et 2), les corrélations expliquées pour chacun des trente tableaux sont très élevées, les corrélations avec les deux premières composantes générales pour chacun des trente tableaux sont très élevées aussi, et donc on utilisera les représentations des variables et des individus dans le plan des deux composantes générales. Pour l’ensemble de la période de 1970 à 2000 et les deux premières étapes, le graphique représentatif des individus est le suivant :
Pour les étapes 3 et 4 (annexe 3, axes 3 et 4), la corrélation expliquée est très faible, c’est-à-dire proche de 0, pour les années les moins récentes; pour les années les plus récentes et pour ces étapes, la corrélation expliquée est plus élevée (ce qui signifie que les étapes 3 et 4 fournissent une description partielle des variables de ces années-là) et les représentations dans les plans des composantes propres aux années permettent d e mieux appréhender les relations que les représentations dans les plans des composantes générales (cf. annexe 1).
Graphique 1
représentation des individus dans le plan des deux premières composantes générales
IMGIMGreprésentation des individus dans 
le plan des deu...IMGIMF
Les graphiques 2 et 3 représentent les corrélations des variables avec les deux premières composantes générales; pour des raisons de lisibilité, PR, PU, IP et XPsont représentées sur un graphique et FBCFsur un autre. Les variables PU, IP et XP sont bien représentées sur l’ensemble de la période, tandis que FBCFet PRsont mal représentées en fin de période.
Graphique 2
représentation de toutes les variables (sauf FBCF) dans le plan des deux premières
IMGIMGreprésentation de toutes les variables 
(sauf FBCF...IMGIMF
En ce qui concerne les variables bien représentées sur ces graphiques, le cosinus de l’angle qu’elles font entre elles est égal approximativement à leur coefficient de corrélation.
En ce qui concerne les variables PR, IP, XPet FBCF, on constate une grande stabilité entre 1970 et 1990, puis un mouvement assez régulier de chacune des variables dans le plan des deux premiers axes, mouvement dont l’amplitude varie d’une variable à l’autre : ainsi, la corrélation entre IP70 et IP00 est de 0,76 et de 0,69 entre XP70 et XP00. Cette corrélation est minimale entre FBCF70 et FBCF00 (0,16), cette dernière variable étant celle qui fluctue le plus lors des dernières années.
La variable PU est stable entre 1971 et 1979 (pour chacune de ces années, la corrélation avec PU70 est toujours au moins égale à 0,98), elle effectue ensuite un mouvement régulier vers le bas du graphique jusqu’à l’année 1990 (la corrélation entre PU81 et PU9 0 vaut 0,87), puis ensuite remo nte régulièrement vers le haut du graphique pour atteindre une position extrême en 2000 (la corrélation entre PU71 et PU00 est égale à 0,89).
Il convient donc de décrire d’abord la période 1970-1990, puis ensuite les évolutions constatées dans la période la plus récente.
La période 1970-1990
Durant la période 1970-1990, on peut distinguer deux directions principales dans le plan des deux premières composantes générales, une direction donnée par les variables importations et exportations et une direction donnée par les variables consommation publique, consommation privée et FBCF. Les positions relatives de ces variables sont stables tout au long de la période 1970-1990.
Graphique 3
représentation de FBCF dans le plan des deux premières composantes générales
IMGIMG représentation de FBCF dans le plan 
des deux pre...IMGIMF
La représentation des individus (graphique 1) oppose dans la direction donnée par “importsexports 70-90” (graphique 2) les pays à faible ouverture internationale aux pays à forte ouverture intern ation ale tandis qu e la direction “consommation privée” (graphique 2) oppose schématiquement les pays pour lesquels la consommation publique, la consommation privée et l’investissement (graphique 3) ont des valeurs fortes aux pays où ces trois variables ont des valeurs faibles. On donc peut distinguer quatre groupes de pays :
  • la Belgique et les Pays-Bas ont des fortes valeurs pour les variables du commerce extérieur, pour la consommation publique, la consommation privée et la FBCF;
  • l’Italie, l’Allemagne, la France, la Finlande et l’Autriche ont des valeurs moyennes pour les variables du commerce extérieur, fortes pour la consommation publique, la consommation privée et la FBCF;
  • l’Espagne, la Grèce et le Portugal connaissent des valeurs faibles à la fois pour le commerce extérieur, la consommation publique, la consommation privée et la FBCF. Le mouvement de PUvers le bas entre 80 et 90 traduit l’augmentation de la consommation publique des pays dece groupedurant cette période;
  • le dernier groupe est constitué par un seul pays, l’Irlande, qui a des valeurs assez fortes pour le commerce extérieur, faibles pour les consommations privées et publiques et la FBCF.
Cette situation est assez stable tout au long de la période 70-90 : ceci ne signifie pas que le niveau des différentes variables fluctue peu, mais signifie que l’évolution des pays se fait à structures constantes, au sens où leurs positions respectives pour les différentes variables se modifient peu au cours de ces années.
Un club de con vergence, au sens de la β-convergence, est un ensemble de pays convergeant vers le même sentier de croissance (Berthelemy et Varoudakis, 1995 ; Desdoigts, 1999 ; Dimaria et Bracke, 1999; Quah, 1997). Ici, les groupes de pays constituent non pas des clubs de convergence, au sens de la β-convergence, mais des clubs constitués de pays dont la structure du PIB reste proche durant la période concernée.
La période 1990-2000 Les évolutions sont assez importantes durant cette dernière période ; nous examinerons à la fois les fluctuations de chacune des variables et les modifications des relations entre ces variables à partir des graphiques 1 et 2.
Le commerce extérieur
Les fluctuations régulières des variables du commerce extérieur sont bien décrites par le plan des deux premières composantes générales ; ces fluctuations concernent essentiellement l’ouverture extérieure rapide de l’Irlande durant les années 1991-2000 et la hausse forte du Portugal et de l’Autriche pour les deux variables du commerce extérieur durant cette période. La corrélation entre les deux variables du commerce extérieur reste élevée tout au long de la période, traduisant une évolution parallèle de celles-ci.
La consommation publique
Le mouvement vers le haut de la variable “consommation publique” dans le plan des deux premières composantes (graphique 2) traduit la décroissance de la consommation publique pour l’Allemagne, la France et l’Italie durant la décennie 1991-2000, surtout en fin de période, les valeurs maximales ayant été atteintes entre 1980 et 1990. À l’opposé, sur la représentation des individus, le Portugal, la Grèce, l’Espagne et l’Irlande continuent d’occuper les derniers rangs, malgré une augmentation sensible durant la période.
La corrélation entre les variables de commerce extérieur et la variable consommation publique est élevée et stable entre 70 et 80 (de l’ordre de 0,80), puis diminue jusqu’à 1990 et se stabilise ensuite à une valeur proche de 0,4. Cette baisse de la corrélation traduit les évolutions divergentes des deux variables : en effet, si l’Irlande, l’Autriche et le Portugal voient leurs valeurs augmenter fortement pour les variables du commerce extérieur, leurs évolutions pour la consommation publique sont moins marquées. À l’inverse, les fluctuations de la consommation publique de l’Allemagne, de la France et de l’Italie ne se traduisent pas par un mouvement identique des variables du commerce extérieur.
Pour la période 1970-1990, la forte corrélation de toutes les variables avec les deux premières composantes générales rendait inutile l’examen des composantes suivantes ; après 90, cette corrélation est assez faible pour les variables consommation publique, consommation privée et FBCF. Il est alors nécessaire d’examiner la position des variables dans les plans des composantes suivantes ; pour chacune des années, puisque la corrélation avec le tableau est assez éloignée de 1, le meilleur plan est alors celui des axes relatifs à chacune de ces années. Il serait trop long ici de reproduire les graphiques de chacune des années de la dernière décennie et seules la représentation des variables et celle des individus de l’année 2000, qui décrivent l’état de la situation à la fin de la période d’étude, figurent ci-dessous.
La FBCF La situation de la FBCF, relativement stable entre 70 et 90, évolue rapidement dans les années 90 (voir la représentation de cette variable dans le plan des deux premières comp osan tes, graphi que 3) et progressivement, des pays comme la Belgique et les Pays-Bas qui améliorent pourtant leur position sont rattrapés, puis dépassés par l’Irlande qui connaît en 2000 la valeur la plus élevée parmi les pays de la zone euro, tandis que la situation de l’Italie, de la Finlande et de la France se dégrade. Le Portugal améliore aussi notablement sa position.
Graphique 4
représentation des variables dans le plan des composantes 3 et 4 de l’année 2000
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le plan des com...IMGIMF
Graphique 5
représentation des individus dans le plan des composantes 3 et 4 de l’année 2000
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le plan des com...IMGIMF
L’examen des graphiques relatifs à la représentation des individus (graphique 4) et des variables (graphique 4) pour les composantes 3 et 4 de l’année 2000 montre une forte poussée de la FBCF de l’Autriche et de l’Espagne cette année-là.
Cette augmentation forte de la FBCF pour l’Autriche, l’Espagne et surtout l’Irlande explique l’augmentation de la corrélation entre la FBCF et les deux variables du commerce extérieur, ces trois pays connaissant aussi une forte progression de leur ouverture internationale.
La consommation privée
La consommation privée évolue rapidement à partir de 1992 : on constate une baisse plus ou moins forte de la cette variable pour la France, l’Italie, l’Allemagne et la Finlande, une hausse plus ou moins importante pour les Pays-Bas, la Belgique et l’Irlande. Le Portugal, la Grèce et l’Espagne, même s’ils connaissent une forte hausse de leur consommation privée, continuent d’occuper les dernières places. L’examen des particularités de l’année 2000 met en évidence la forte augmentation de cette variable pour l’Autriche.
L’évolution de la “consommation privée” se fait indépendamment de celle des quatre autres variables ; donc la corrélation entre celles-ci et “consommation publique” varie peu tout au long de la période, augmente un peu pour les deux variables du commerce extérieur, et diminue un peu pour “consommation privée” et FBCF.
Ainsi, à la stabilité relative des années 1970-1990 a succédé une période de changements plus rapides, durant laquelle les pays n’ont pas connu des évolutions identiques. Dans la dernière décennie, l’Irlande a connu une augmentation forte et rapide de son commerce extérieur, de sa consommation privée et de sa FBCF. La Finlande, l’Italie, la France et l’Allemagne, qui constituaient déjà un groupe homogène entre 1970 et 1990 ont eu des évolutions parallèles : pour ces pays, la consommation privée et la consommation publique restent parmi les plus élevées, mais ils sont rattrapés par l’Espagne et le Portugal pour le commerce extérieur et la FBCF.
L’Autriche, qui faisait partie de ce groupe, s’est rapprochée des Pays-Bas et de la Belgique, et ces trois pays connaissent maintenant des valeurs élevées pour l’ensemble des variables.
Enfin, pour le groupe des trois pays du Sud, le rattrapage par rapport à la moyenne a été très important pour l’Espagne et le Portugal et moins marqué pour la Grèce. Cependant, ces trois pays connaissent encore des valeurs sensiblement inférieures à la moyenne pour la consommation publique et la consommation privée. L’ACP effectuée à partir des seules données de 2000 illustre cette restructuration.
Graphique 6
représentation des variables et des individus dans le plan des composantes 1 et 2 de l’année 2000 (ACP simple)
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des individus dan...IMGIMF
 
Conclusion
 
 
Au delà du constat de la présence ou de l’absence de σ-convergence, il est nécessaire de décrire les modalités selon lesquelles l’évolution des composantes des PIB par tête des différents pays s’est faite, c’est-à-dire de s’intéresser non seulement aux niveaux des PIB et à l’évolution relative des niveaux de ces PIB, mais aussi à la structure de ces PIB et aux modifications de ces structures. Car à une même variance des PIB par tête peuven t correspondre des structures de PIB très différentes d’un pays à l’autre, c’est-à-dire des situations économiques très différentes. Une augmentation ou une réduction de la variance du PIB par tête pour les différentes économies peut alors se faire de diverses manières, ce qui rend n éces saire un approfondissement de la notion de σ-convergence. Autrement dit, il s’agit de compléter l’analyse de la de σ-convergence par une analyse structurelle de la σ-convergence.
L’ACPG, méthode d’analyse de données à trois dimensions (variables, pays, temps), dont l’objet est de décrire les corrélations entre les variables et l’évolution de ces corrélations, est un outil permettant de mener à bien cette analyse structurelle de la σ-convergence.
Appliquée aux pays de la zone euro durant la période 1970-2000, l’ACPG met en évidence deux sous-périodes :
  • la période 1970-1990 où existent quatre groupes de pays homogènes, qui s’opposent selon leur degré d’ouverture internationale, d’une part, et selon les valeurs prises par la consommation publique, la consommation privée et l’investissement, d’autre part ;
  • à partir de 1991, une période de changements plus rapides, en ce qui concerne à la fois les variables et les pays, certains pays quittant leur groupe d’origine pour se rapprocher d’un autre groupe.
Ainsi, la variance du PIB par tête est stable jusqu’à la fin des années quatre-vingt, et les variables constitutives du PIB sont stables elles aussi ; à l’opposé, la σ-convergence des pays de la zone euro dans les années quatre-vingt-dix s’accompagne de fluctuations importantes de ces variables et des relations qu’elles ont entre elles.
 
Annexe 1 : l’algorithme de calcul de l’ACPG
 
 
L’objet de l’ACP normée est de décrire les données rangées dans un tableau contenant un grand nombre d’individus (les lignes du tableau) et /ou un grand nombre de variables (les colonnes du tableau). L’algorithme de calcul de l’ACP est itératif :
  • à l’étape 1, l’ACP détermine une variable synthétique nouvelle, w1, qui est le meilleur résumé possible des p variables du tableau X, au sens de la maximisation d’une somme de carrés de corrélations avec les variables de départ : w1 est déterminé de telle manière que
  • soit maximal, Xj désignant la colonne j du tableau X;
  • à l’étape suivante, l’ACP détermine une variable synthétique nouvelle, w2, qui est, parmi les variables synthétiques non corrélées avec w1, celle qui résume le mieux les variables de départ : w2 est donc déterminé de telle manière que
  • soit maximal, sous la contrainte R w w( , ) 1 2 0=;
  • le processus est itératif et l’étape k consiste à déterminer une variable synthétique wk, non corrélée avec les variables syn th éti qu es ob te nues aux ét apes précéd ent es, w w wk1 2 1, ,...,, et ayant une corrélation maximale avec les variables de départ. wk rend maximale l’expression
  • so us les con trai nte s R w w k ( , ) 1 0=, R w w R w w k k k ( , ) ,..., ( , ) 2 1 0 0= = −.
Les calculs s’arrêtent à l’étape K, lorsque la corrélation “expliquée” par les K premières composantes principales est jugée satisfaisante, c’est-à-dire lorsque l’on estime que les variables de départ sont “bien décrites” par les composantes principales calculées aux K premières étapes.
L’ACPG s’utilise en présence de plusieurs tableaux, ici de T tableaux X t T t =1,...,; il s’agit dès lors non seulement d’obtenir le meilleur résumé possible des variables d’origine, mais aussi de mettre en évidence les éléments communs à un ou plusieurs tableaux. Comme dans le cas de l’ACP, l’algorithme est itératif :
À l’étape 1, l’ACPG détermine une variable générale z1, de variance égale à 1, et T variables zt1 (t = 1,...,T) ( c’est-à-dire une variable pour chaque tableau Xt ), la variable zt1 étant la projection de z1 sur l’espace engendré par les colonnes de Xt (c’est-à-dire la combinaison linéaire des variables de l’instant t la plus corrélée à z1 ) :
  • pour mesurer la qualité de la description du tableau Xt obtenue, le critère est celui de l’ACP normée; la description du tableau Xt obtenue sera d’autant plus satisfaisante que
  • aura une valeur élevée, Xt j, désignant la jème variable du tableau Xt;
  • pour mesurer les proximités entre les tableaux, le critère utilisé est le suivant : cette proximité sera d’autant plus grande que
  • sera plus élevé, autrement dit que les variables zt1 seront plus proches les unes des autres.
La variable z1 est déterminée de manière à ce que la proximité entre les variables zt1 soit la plus grande possible et que la qualité de la description de chaque tableau Xt soit la plus satisfaisante possible : z1 est la variable qui maximise un compromis entre les deux critères, c’est-à-dire la variable qui maximise :
z1 est alors la première composante principale du tableau X = ( X1,..., Xt,..., XT ) (Casin, 2000 et 2001).
À l’étape k, l’ACPG détermine une variable générale zk, de variance égale à 1, et T variables ztk (k = 1,...,T). La variable ztk est la projection de zk sur l’espace engendré par les colonnes de Xt sous la contrainte d’être non corrélée aux variables ztk'pour k’= 1, ..., k -1.
Autrement dit, R z z tk tk ( , ) '= 0 pour k’< k, ce qui permet d’obtenir pour chaque tableau t un ensemble de variables synthétiques deux à deux non corrélées.
La proximité entre les variables ztk doit être la plus élevée possible
doit être le plus élevé possible) et chacune des variables ztk doit décrire le mieux possible le tableau X
doit être le plus élevé possible) ; la variable zk est alors la première composante prin cip ale (au sens d’u ne ACP sur m atri ce d e variances-covariances) du tableau X = ( ,..., ,..., )X X X k tk Tk1, où Xtk est la matrice dont les colonnes sont les résidus de la régression des colonnes de Xt par les variables z t t z k1 1,..., (Casin, 2000 et 2001).
L’algorithme s’arrête à l’étape K lorsque que la corrélation “expliquée” pour chacun des T tableaux est jugée satisfaisante, c’est-à-dire lorsque l’on estime que les variables de départ sont “ bien décrites” par les Kpremières étapes.
Les graphiques utilisent une représentation simultanée ou non des individus et des variables des différents tableaux selon la valeur de R z z k tk2 ( , ) : si ce coefficient R z z k tk2 ( , ) a une valeur faible, alors la “proximité” entre le tableau k et les autres tableaux est faible à l’étape k, et on représentera les individus et les variables de ce tableau sur des graphiques propres au tableau t. À l’inverse, si R z z k tk2 ( , ) est proche de 1, on s’orientera vers une représentation simultanée des individus et des variables de plusieurs tableaux.
Notons que si T = 1, c’est-à-dire si on est en présence d’un tableau unique, le critère de proximité entre les tableaux n’est plus pertinent ( R z z k tk2 ( , ) =1 pour toutes les variables zk envisageables), le seul critère pertinent est donc celui de la corrélation maximale avec les variables de départ du tableau unique, et l’ACPG se confond alors avec l’ACP normée.
 
Annexe 2 : les variances des variables
 
 
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Annexe 3 : les resultats de l’ACPG
 
 


IMGIMGAxe 1 : Axe 1 : Axe 2 : Axe 2 : Axe ...IMGIMF
Axe 1 : Axe 1 : Axe 2 : Axe 2 : Axe 3 : Axe 3 : Axe 4 : Axe 4 : corrélation Corrélation corrélation Corrélation corrélation Corrélation Corrélation Corrélation avec le tableau expliquée avec le tableau expliquée avec le tableau expliquée avec le tableau expliquée 1971 0,976 3,631 0,959 0,989 0,676 0,275 0,055 0,067 1972 0,981 3,455 0,961 1,122 0,563 0,268 0,053 0,108 1973 0,974 3,339 0,961 1,276 0,651 0,257 0,712 0,059 1974 0,965 3,457 0,956 1,106 0,813 0,206 0,221 0,192 1975 0,985 3,401 0,972 1,075 0,910 0,272 0,267 0,214 1976 0,984 3,585 0,973 1,049 0,899 0,152 0,431 0,168 1977 0,981 3,659 0,978 1,019 0,928 0,181 0,418 0,130 1978 0,973 3,700 0,954 0,926 0,885 0,125 0,701 0,162 1979 0,986 3,554 0,946 0,963 0,788 0,115 0,575 0,171 1980 0,980 3,698 0,977 1,019 0,890 0,146 0,570 0,116 1981 0,984 3,440 0,968 1,169 0,785 0,164 0,207 0,120 1982 0,988 3,303 0,952 1,287 0,693 0,218 0,357 0,149 1983 0,990 3,202 0,961 1,424 0,815 0,222 0,462 0,067 1984 0,991 3,390 0,963 1,34 0,769 0,165 0,519 0,017 1985 0,994 3,460 0,967 1,282 0,850 0,162 0,708 0,013 1986 0,992 3,439 0,968 1,301 0,849 0,175 0,549 0,019 1987 0,993 3,289 0,981 1,421 0,885 0,199 0,438 0,016 1988 0,995 3,132 0,982 1,484 0,898 0,252 0,424 0,033 1989 0,995 3,037 0,975 1,484 0,940 0,307 0,579 0,038 1990 0,993 3,150 0,970 1,42 0,972 0,260 0,558 0,025 1991 0,974 3,132 0,982 1,526 0,965 0,195 0,727 0,056 1992 0,975 3,196 0,981 1,335 0,980 0,313 0,908 0,07 1993 0,972 3,204 0,984 1,237 0,946 0,329 0,880 0,08 1994 0,961 3,116 0,981 1,191 0,945 0,455 0,900 0,107 1995 0,974 3,074 0,988 1,219 0,930 0,444 0,828 0,130 1996 0,960 3,025 0,988 1,233 0,882 0,496 0,882 0,137 1997 0,962 2,987 0,978 1,188 0,858 0,499 0,861 0,223 1998 0,958 2,745 0,971 1,316 0,878 0,499 0,777 0,284 1999 0,948 2,548 0,973 1,376 0,879 0,531 0,818 0,334 2000 0,939 2,455 0,971 1,38 0,894 0,545 0,841 0,329 La corrélation avec le tableau, mesurée à l’étape kpour le tableau Xt par ( ) R z t indique la proximité entre la variable ztk et la composante générale z k k, de cette étape, soit zk.Si cette corrélation a une valeur proche de 1 pour plusieurs tableaux, alors les représentations des individus et des variables de ces tableaux peuvent se faire sur le même graphique. p La corrélation expliquée, mesurée par R z X t j t, ), ∑, indique à l’étape k la qualité de la description du tableau Xt obtenue par l’axe zk (c’est le k2 (  j 1= même paramètre que celui que l’on utilise en ACP normée).

 
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NOTES
 
[(*)]Idede. Faculté de Droit et d’Economie de Metz. E-mail : pphilippe. casin@ wanadoo. fr
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représentation des individus dans le plan des deux premières composantes générales
représentation de toutes les variables (sauf FBCF) dans le plan des deux premières
représentation de FBCF dans le plan des deux premières composantes générales
représentation des variables dans le plan des composantes 3 et 4 de l’année 2000
représentation des individus dans le plan des composantes 3 et 4 de l’année 2000
représentation des variables et des individus dans le plan des composantes 1 et 2 de l’année 2000...
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