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Economie & prévision

2004/2 (no 163)



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Je remercie le centre de recherche de la Bundesbank pour son hospitalité et la mise à disposition de la banque de données microéconomiques. Cette version a considérablement bénéficié des suggestions des participants de la conférence sur l’Elargissement économique de Paris (2003). Je remercie particulièrement Olivier Lamotte pour ses remarques sur une version antérieure de ce papier. Jeremercie également Johannes Bröcker, Claudia Buch, Heinz Hermann, Jörn Kleinert, Alexander Lipponer, Horst Raff, et Harald Stahl pour leurs remarques ainsi que les participants du Brown Bag Seminar de Kiel. Toutes erreurs ou imprécisions restent bien sûr de ma responsabilité.
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Cet article se propose d’étudier les motifs de localisation des firmes multinationales allemandes dans les pays d’Europe de l’Est. L’analyse empirique est conduite au niveau des firmes à l’aide d’une nouvelle banque de données mise à la disposition par la Bundesbank. La décision de localisation des firmes allemandes n’est pas seulement dépendante des déterminants traditionnels des IDE (investissements directs étrangers) mais dépend fortement des facteurs propres à la transition vers une économie de marché.

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Cet article analyse la localisation des firmes multinationales allemandes dans les dix pays entrant dans l’Union européenne. L es analyses traditionnelles des investissements directs étrangers (IDE) ont privilégié la demande et/ou les coûts des facteurs comme déterminants des IDE à l’Est. L’analyse proposée s’attache aux facteurs relatifs à la transition comme moteur des IDE dans cette région. Elle les compare aux facteurs traditionnels des IDE. L’impact de ces variables est estimé à l’aide de données micro-économiques reportant une information détaillée du capital détenu par les firmes allemandes dans leurs filiales localisées dans les pays de l’Est. Ces données au niveau des firmes ont récemmentétémisesenplacepar la Bundesbank [1]  Pour une description détaillée de cette base de données,... [1] .

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Les stocks d’IDE allemands à l’Est n’ont cessé de croître depuis le début de la dernière décennie. Cette croissance reste inégalitaire. Dès le début de la transition, les investisseurs allemands ont su distinguer les pays dotés d’un fort potentiel de croissance, en l’occurrence les pays d’Europe Centrale [2]  République tchèque, Hongrie, Pologne, Slovaquie, ... [2] , de ceux éprouvant des difficultés à gérer le changement structurel [3]  Bulgarie, Roumanie, Lituanie au début de la transi... [3] . Cette distinction ne reflète pas seulement une grande hétérogénéité de la demande et des coûts de production mais s’explique également par des choix de transition différents.

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Cet article enrichit la littérature sur les IDE à l’Est de plusieurs points de vue. Une étude des données de panel est appliquée aux IDE allemands à l’Est pour exploiter toute l’information, longitudinale et temporelle, au niveau des firmes. Elle explore la relation bilatérale entre l’entreprise allemande et ses filiales à l’Est et s’attache à la question des facteurs ayant influencés le montant des IDE allemands à l’Est. L’étude intègre les facteurs de transition ayant influencé ce montant et étend les travaux de Lansbury et alii (1996) et Holland et Pain (1998). L’analyse applique ensuite le concept de marché potentiel aux IDE. La localisation de la firme multinationale ne dépend pas seulement du marché domestique auquel elle est confrontée mais dépend également de l’accessibilité aux marchés des pays voisins(Carstensen etToubal, 2004; Ciesliket Ryan, 2001; Head et Mayer, 2001; Altomonte, 2002). Ceci est particulièrement important puisque l’élargissement de l’Europe aux pays de l’Est devrait réduire les barrières aux IDE mais aussi accroître l’accessibilité aux marchés. Finalement, la mise à disposition de données micro-économiques permet une analyse sectorielle des déterminants des IDE allemands.

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Laprochaine section présenteles faits styliséstandis que la section suivante propose une revue de la littérature théorique des IDE. La méthodologie ainsi que la spécification économétrique sont alors présentées. Finalement, les résultats de l’analyse économétrique seront présentés en troisième section, avant de conclure.

Les faits stylisés

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Cette section présente brièvement l’évolution des IDE allemands dans les pays d’Europe de l’est de 1990 à 1999 par le biais d’une analyse d’abord géographique puis sectorielle.

Une distribution géographique concentrée dans les pays d’Europe Centrale

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Le graphique 1 présentela distributiongéographique des IDE allemands en Europe de l’est. Le stock des IDE est rapporté au produit intérieur brut (PIB) des pays d’accueil et tient ainsi compte des différentes tailles des économies observées.

Graphique 1  - stock des IDE sortant allemands par pays (moyenne 1993-1999), en pourcentage du PIB Graphique 1
Bundesbank. Calcul de l’auteur.
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Le graphique 1 présente trois caractéristiques des IDE en Europe de l’est. Les stocks se sont accrus considérablement dans tous les pays à l’exception de la Bulgarie et de la Slovénie. Cependant, la distribution des IDE n’est pas homogène et reste concentrée dans les pays d’Europe Centrale, notamment en République tchèque et en Hongrie où ils atteignent même 10 % du PIB. L’accroissement rapide du stock des IDE allemands dans ces pays est certainement influencé par la proximité géographique mais aussi culturelle et historique de ces pays avec l’Allemagne. Elle est également liée à l’Accord Centre-Européen de Libre Échange. En effet, l’adhésion à la CEFTA garantit l’accès à bas coûts, au marché de ses pays membres. Enfin, la croissance soudaine des stocks des IDE allemandsen Bulgarie (1996), Estonie (1996) et Lettonie (1997) est liée au changement de méthodes de privatisation. Ces privatisations sont, à la fin des années 1990, de plus en plus tournées vers les firmes multinationales étrangères.

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Plus généralement, l’augmentation du stock des IDE à l’Est provient à la fois de l’élimination progressive des barrières aux mouvements de capitaux mais également de l’internationalisation de l’économie allemande au cours de la dernière décennie.

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Le tableau 1 présente quelques faits stylisés macro-économiques qui rendent compte de la part prépondérante des IDE allemands dans certains pays [5]  La Hongrie, la Slvaquie ou encore la République tc... [5] mais également de l’hétérogénéité des pays observés.

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La taille du marché ainsi que les bas coûts de production n’expliquent qu’une partie des motivationsd’investissements à l’Est. Bien qu’ayant un PIB supérieur à celui de la Slovaquie ou de la Slovénie, et un salaire moyen bien inférieur à ceux des pays d’Europe centrale, la Roumanie ne bénéficie que d’un stock d’IDE très faible. Ceci peut s’expliquer en partie par des politiques de privatisation insuffisamment définies, ou encore par la lenteur des réformes institutionnelles et légales comme le souligne l’indicateur de transition de la BERD.

Une diversification sectorielle limitée

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La base de données de la Bundesbank permet une analyse par secteur des IDE allemands. Les Tableaux 2 et 3 présentent la distribution géographique et sectorielle des stocks d’IDE dans les pays de l’Est pour 23 secteurs du pays hôte (NACE-rev1).

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Le tableau 2 permet d’identifier la distribution géographique des IDE allemands au niveau sectoriel. Le pourcentage du stock total investi dans les dix pays est présenté. Ce tableau montre que les multinationales allemandes n’ont pas diversifié leurs localisations géographiques. L es pays d’Europe centrale sont les principaux bénéficiaires. Dans l’industrie manufacturière, 72 % du stock des IDE allemands est investi dans ces pays tandis que dans le secteur des services les IDE allemands dans cette région atteignent 78 %. Dans les secteurs agricole, alimentaire et du tabac, la plupart des investissements se dirigent en Slovénie, tandis que 60 % des stocks d’IDE réalisés dans la fabrication des matériels de transport se répartissent entre la République tchèque et la Hongrie. Ces pays bénéficient d’une main d’œuvre qualifiée relativement peu coûteuse. Ils sont également proches de l’Allemagne, ce qui a également pu influencer la décision d’investir dans un secteur où les coûts de transport sont importants. La Pologne quant à elle, est la grande gagnante dans le secteur des services et tout particulièrement dans la finance, l’immobilier et le service aux entreprises.

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Les pays du sud-est de l’Europe, la Bulgarie et la Roumanie, ont attiré relativement plus d’IDE dans des secteurs plus traditionnels. C’est le cas de l’industrie du bois et de ses produits dérivés et de l’industriemétallurgique, concentrées enRoumanie, ou encore de l’industrie chimique en Bulgarie. Ces pays tirent avantage de leur main d’œuvre relativement moins coûteuse et de leur accès aux matières premières.

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Les pays Baltes ont reçu relativement moins d’IDE que les pays d’Europe Centrale et Orientale. Ils comptent pour moins de 10 % du stock total d’IDE allemands dans l’industrie manufacturière et les services. La Lettonie demeure cependant le premier pays d’accueil dansla cokéfaction, le raffinage et les industries nucléaires.

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Le tableau 3 présente la distribution sectorielle des IDE allemands pour chaque pays. Le tableau montre que la localisation sectorielle au sein d’un pays est concentrée sur quelques secteurs. L’Allemagne a toujours conservé une position forte dans l’industrie manufacturière. À l’exception de l’Estonie, la Hongrie, et la Lituanie, où c’est la production et distribution d’électricité, de gaz et d’eau qui est privilégiée, dans les autres pays, le secteur manufacturierreprésente en moyenne de 60% à 95 % des IDE allemands. En Bulgarie, 53,94 % des stocks d’IDE allemands sont investis dans l’industrie chimique.

Tableau 1  - aspects macroéconomiques (1999) Tableau 1
Bundesbank (2002) WDI (2002) UNICEF(2001) BERD (2001)Euromoney(1999) BERD (2001)
Tableau 2  - distribut ion géographique des IDE sectoriels (en pourcentage du stock total investi dans la région. Tableau 2
Bundesbank. Calcul de l’auteur. BG: Bulgarie, CZ : République Tchèque, EST :Estonie, H : Hongrie, LT : Lituanie, LV : Lettonie, PL : Pologne, RO : Roumanie, SK : Slovaquie, SLO : Slovaquie
T ableau 3 - distribution sectorielle des IDE (en pourcentage du stock investi dans un pays. Moyenne 1990-1999)
Bundesbank. Calcul de l’auteur. BG: Bulgarie, CZ : République Tchèque, EST :Estonie, H : Hongrie, LT : Lituanie, LV : Lettonie, PL : Pologne, RO : Roumanie, SK : Slovaquie, SLO : Slovaquie.
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Dans le secteur des services, les activités financières représentent en moyenne entre 2 % (Slovénie) et 23 % (Pologne) des stocks d’IDE allemands. En Hongrie et Slovaquie, la dérégulation du secteur des télécommunications explique le montant relativement élevé des IDE dans ce secteur.

L es déterminants du choix de localisation

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La littérature théorique et empirique concernant les IDE s’est considérablement accrue cette dernière décennie. Cette section a pour but de délimiter l’espace théorique dans lequel se situe ce travail.

Aspects théoriques

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La littérature théorique a suivi deux directions : le modèle horizontal et le modèle de “ capital-connaissance” [6]  The Knowledge-Capital Model (Markusen et alii, 1996 ;... [6] . Ces deux courants de la littérature intègrent les éléments clés de l’approche éclectique de Dunning (1977,1980) [7]  ou paradigme “OL I” : Ownership, L ocation, Inter... [7] à la concurrence imparfaite et endogénéisent les structures de marché. En particulier, la multinationalisation des firmes est liée à l’existence d’avantages spécifiques (technologie ou savoir-faire), pouvant se combiner aux spécificités des localisations choisies.

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Dans le modèle horizontal [8]  Horstmann et Markusen (1992), Brainard (1993). [8] , les différentes unitésde production des firmes multinationales produisent les mêmes biens et services et servent les marchés locaux par une production locale. La concurrence imparfaite, les rendements croissants et les coûts de transport sont au cœur du processus d’internationalisation de la firme. Les rendements croissants limitent le nombre d’unités de production efficaces, tandis que les coûts de transport jouent en sens opposé. L es firmes multinationales apparaissent comme un arbitrage entre la proximité des consommateurs et la concentration des activités de production [9]  Brainard (1993). [9] . Lesfirmes multinationales de type horizontal apparaissent lorsque l’implantation des unités de production est relativement peu coûteuse, les rendements d’échelle au niveau de la firme sont importants etlorsque les coûts de transport ou toutes autres barrières à l’échange rendent les exportations peu profitables.

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La part prépondérante des IDE entre des pays de niveau de développement similaire explique que les théories ne se soient pas focalisées sur les IDE de type vertical. Les multinationales de type vertical fragmentent géographiquement leur processus de production pour exploiter les différences en dotations factorielles des pays [10]  Helpman (1984). [10] et réduire le coût total de production. L e modèle “capital-connaissance ” élargit l’analyse en intégrant ce type de multinationale au modèle d’équilibre général précédent. Les firmes multinationales de type vertical apparaissent lorsque les dotations factorielles sont différentes et lorsque les coûts de transport sont bas [11]  Des coûts de transport élevés pourraient également... [11] .

Spécification de la forme réduite

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La complexité de ces modèles ne permet pas de dériver uneforme structurelle estimablemais permet de définir une forme réduite applicable aux IDE allemands dans les pays de l’Est. Les déterminants de ces IDE sont scindés en deux groupes. Le premier rassemble les déterminants traditionnels dérivés de la théorie. Il s’agit de la taille du marché, des coûts de transport, des coûts fixes spécifiques aux firmes et à leurs filiales mais également des différences en dotations factorielles. Le second groupe réunit les variables spécifiques à la transition des pays d’E urope de l’E st. Il s’agit du niveau de privatisation, de la méthode de privatisation mise en place, du risque propre au pays, et, moins spécifiquement, du régime de change. L a construction de ces variables et leurs sources sont données en annexe.

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L’analyse empirique de l’impact de la taille du marché sur les IDE en Europe de l’Est doit être menée avec prudence dans le sens ou l’accroissement des stocks d’IDE correspond à une période de récession jusqu’en 1997 pour certains pays. Pour contourner ce problème Meyer (1996) propose d’approcher la taille du marché par la population. Holland et Pain (1998) proposent quant à eux, une analyse de la part des IDE dans le produit intérieur brut national. Dans ces analyses, la taille des marchés a un impact positif sur l’IDE. Une autre approche est proposée par Carstensen et Toubal (2004) et consiste à considérer le marché potentiel de ces pays plutôt que la taille du marché domestique. Cette approche a deux avantages significatifs. Le premier est qu’elle généralise les théories proposées en étendant l’analyse à plus de deux pays. Ensuite, la décision à laquelle fait face la firme multinationale n’est pas seulement dépendante du marché domestique du pays hôte mais dépend également de l’accès au marché des pays voisins. La taille du marché est approchée par le marché potentiel qui correspond à la somme des produits intérieurs bruts pondérés par la distance bilatérale séparant les pays (le détail du calcul est donné en annexe).

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Les spécifications empiriques ont souvent utilisé la distance pour approcher les coûts de transport. Cette variable étant invariante au cours du temps, elle ne se distingue pas des autres effets fixes dans le modèle proposé. Brainard (1997) propose l’utilisation du fret de transport pour approcher les coûts de transport. Cette information n’étant pas disponible pour les pays de l’est, les revenus tarifaires sont choisis pour approcher les coûts de transport. L’impact sur l’IDE peut être positif ou négatif selon que la firme multinationale est de type horizontal ou vertical.

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Les coûts salariaux relativement faibles par rapport à la moyenne des pays européens, sont un motif de délocalisation de la production ou d’une partie du processus productif dans les pays de l’est. Holland et Pain (1998) approchent ces coûts salariaux par le salaire mensuel moyen et montrent que les coûts relativement bas des pays de l’est ont incité les IDE dans ces pays. Cependant, l’approximation des coûts salariaux par le salaire mensuel moyen fait abstraction d’informations importantes pour la localisation des multinationales que sont la productivité de la main d’œuvre et sa qualification. En effet, des bas coûts salariaux ne reflètent en aucun cas des coûts de production moindres si la productivité de la main d’œuvre est basse. L’utilisation du coût unitaire permet une comparaison plus précise des coûts salariaux des pays d’accueil. Celui-ci devrait avoir un impact négatif sur les stocks sortant des IDE allemands tandis qu’une main d’œuvre relativement qualifiée devrait avoir un impact positifs sur ces stocks.

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D’autres déterminants sont particulièrement importants pour la localisation des firmes en Europe de l’est. Il s’agit de déterminants spécifiques et intangibles tels que la proximité culturelle ou historique. Il s’agit encore de la culture commerciale. Les méthodes de privatisation et le niveau de la privatisation renseignent sur l’efficacité de la gouvernance privée. L e niveau de la privatisation est approché par la part du secteur privé dans le produit intérieur brut de la période précédente [12]  Holland et Pain (1998) et Bevan et Estrin (2000) utilisent... [12] . La méthodologie concernant les méthodes de privatisation est celle de Carstensen et Toubal (2004) [13]  Voir l’annexe. [13] .

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La qualité de l’environnement macroéconomique et institutionnel joue également un rôle important dans la décision des firmes allemandes d’investir dans les pays de l’est. L a qualité de l’environnement macroéconomique et institutionnel est approchée par le risque pays de Euromoney. Cet index est élevé pour les pays relativement stables et bas pour les pays relativement risqués. Un environnement institutionnel stable devrait avoir un impact positif sur les IDE. Les régimes de change peuvent également influencer l’environnement macroéconomique et donc la décision d’investir des multinationales. L’impact de l’instabilité du taux de change sur les IDE dépend des stratégies des firmes. Un taux de change très volatile attire les IDE horizontaux, mais dissuade l’entrée des multinationales verticales. L’analyse empirique de l’impact de la volatilité du taux de change apparaît cependant mitigée (Goldberg & Klein, 1998).

Tableau 4  - signes attendus et labels Tableau 4
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Les signes et labels des variables décrites ci-dessus sont donnés en tableau 4

Méthodologie et résultats

Méthodologie

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L’information statistique concerne les encours, ou actifs de premier rang, d’une firme allemande dans ses filiales des pays de l’est. Les données concernent 2328 firmes allemandes et 3660 filiales [14]  Une filiale pouvant avoir plus d’une maison mère ... [14] .

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L’analyse porte sur la période 1996-1999 [15]  Le changement annuel des codes avant 1996 ne permet... [15] , et intègre dix pays de l’est pour lesquels au moins une année d’observation est présente.

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L’étudeporte sur le montant de cet encours et utilise à cet effet un panel à trois dimensions : la firme allemande (i, i=1,…, N), sa filiale à l’Est (j, j=1,…, N) et la période d’observation. Le panel est défini de la façon suivante :

 

y correspond au stock réel d’actifs de la maison ijt mère i investi dans la filiale j à la période t. xijt représentant le vecteur des variables exogènes.

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L a structure des erreurs est représentée par l’équation (2). Les erreurs stochastiques définies par la variable v sont supposées être i.i.d de moyenne ijt nulle et de variance σ2 tandis que les erreurs spécifiques sont représentées par la variable µ. Le ijt test d’homogénéité, qui revient à déterminer si l’on est en droit de supposer que le modèle étudié est parfaitement identique pour toutes les combinaisons parent-filiale, rejette cette hypothèse [16]  F-test (17.48), pvalue: 0.000 [16] . Il existe donc des spécificités propres à chaque combinaison parent-filiale et le modèle “pooled” ne peut être employé. Le test de spécification d’Hausman (1978), qui permet de discriminer les effets fixes des effets aléatoires, indique la présence d’une corrélation entre les effets individuels et les variables explicatives. Ils rejettent donc les effets individuels aléatoires [17]  Chi deux (143,38), pvalue : 0.000 [17] . (Ceci même si le nombre de classe est important). Sur le plan économique, cette corrélation traduit l’influence des spécificités individuelles structurelles sur la détermination du niveau des variables explicatives.

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Le test d’autocorrelation rejette l’hypothèse d’un processus ν “sans mémoire dans la dimension ijt temporelle [18]  LM test (21,68), pvalue : 0.000 [18] . Le biais dû à cette corrélation temporelle est d’autant plus important que la série temporelle est longue. La courte période estimée ne permet pas la correction de ce biais par la méthode des moments généralisés (GMM) mais il est possible d’appliquer une analyse de cluster au panel (Rogers, 1993; Wooldridge, 2003). Cette méthode ne requiert pas de définition de la structure paramétrique de corrélation (Wooldridge, 2002).

Résultats d’estimation

Analyse géographique

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Le tableau 5 présente les paramètres estimés de l’encours réel moyen des firmes multinationales allemandes aux variables considérées. L’estimation est agrégée pour l’ensemble des pays de l’échantillon.

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L e tableau présente trois spécifications. L a spécification (S1) ne concerne que les variables dites traditionnelles, tandis que les spécifications (S2) et (S3) introduisent les variables “ spécifiques ” au pays en transition tandis que la spécification (S4) introduit les régimes de change. Les signes des coefficients sont conformes aux signes attendus.

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Un accroissement du marché potentiel a un impact positif sur l’encours réel moyen de la firme multinationale allemande. Une hausse du marché potentiel de 1% accroît cet encours de 1,38% dans la spécification (S1) et de 0,88 % dans la spécification (S4).

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Les coûts de transport ont quant à eux un impact négatif sur le montant moyen de l’encours. Une diminution de un point de pourcentage des revenus tarifaires conduit à un accroissement du stock moyen investi de 21% à 34%. Une hausse des coûts de transport augmenterait donc les coûts d’exportations des produits intermédiaires et réduirait les IDE. Cet impact négatif indiquerait la présence de firme multinationale de type vertical.

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Les coûts unitaires de travail ont un impact négatif sur l’encours des IDE de la firme allemande. Cet impact est cependant marginal comparé à l’impact positif du ratio de la main d’œuvre qualifiée sur l’encours moyen des firmes allemandes [19]  Les coefficients standardisés bêta confirment ce résultat... [19] . Ceci confirme que la production des firmes multinationales allemandes est conditionnée par une main d’œuvre relativement qualifiée et peu coûteuse. Une main d’œuvre relativement qualifiée est en effet nécessaire à l’adaptation au nouveau processus de production introduit par l’IDE.

Tableau 5  - résultats d’estimation I (encours réel sortant, 1996-1999) Tableau 5
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L’introduction des variables spécifiques à la transition n’affecte pas le signe des coefficients de la spécification (S1). Le niveau de privatisation de la période précédente a un impact positif sur le niveau moyen investipar lafirme multinationale allemande. Il indique que le choix de localisation est anticipé. Autrement dit, ce choix etl’implantation effective ne sont pas simultanés. Cet impact varie selon la spécification [20]  Cet impact est significatif et plus que proportionnel... [20] .

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L es méthodes de privatisation influencent également l’encours moyen investi par la firme multinationale. Seules les méthodes de privatisation de masse ou de vente au management et de vente aux outsiders (M3 et M4) ont un impact positif sur le stock des IDE. Cependant, ces variables ne sont pas significativement différentes l’une de l’autre [21]  F-Test= 0,01 p_values(0,98) dans la spécification (2).... [21] .

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Le risque du pays a un impact négatif significatif sur le stock moyen des IDE investis dans les pays de l’Est. En effet, un accroissement de l’index correspond à une diminution du risque lié à l’investissement.

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Les régimesde changesfixes et intermédiaires ontun impact positif comparativement aux régimes de changes flottants. Cet impact est d’autant plus important que la rigidité du taux de change est accrue. Par exemple, le changement d’un régime de changes flottant à un régime de changes fixes accroît le stock d’IDE moyen de 98,51% [22]  Formule de Kennedy ( 1981) : [ 100* ( exp (0,06-0,5*(0,150))... [22] . L’instabilité induite par le régime de changes flottants sur la demande domestique et les coûts de production a un effet défavorable sur le montant de l’IDE allemand investi dans les filiales des pays de l’Est.

Analyse sectorielle

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Le tableau 6 présente les résultats d’estimation pour l’industrie manufacturière ainsi que pour le secteur des services. Le nombre de groupes présenté dans le tableau 6 ne contredit pas les faits stylisés présentés dans la deuxième section de la deuxième partie. En effet, le nombre de groupes dans le secteur des services est beaucoup plus important que dans celui de l’industrie manufacturière. Cependant, l’encours réel réalisé reste relativement faible dans le secteur des services [23]  La somme des groupes des deux dernières colonnes ne... [23] .

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Les signes des coefficients sont conformes aux signes attendus. Le regroupement des firmes multinationales allemandes dans deux secteurs - manufacturier et des services - montre que ces investissements répondent à des déterminants différents [24]  Il est cependant difficile de comparer les coefficients... [24] . Il convient de souligner ces différences.

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Le marché potentiel a un impact positif et plus que proportionnel sur l’encours moyen des firmes allemandes investissant dans le secteur manufacturier. L’impact du marché potentiel n’est cependant pas significatif dans le secteur des services. Il indique que, dans le secteur des services, le stock d’IDE moyen des multinationales allemandes ne dépend pas de l’accessibilité aux marchés voisins. Ceux-ci sont en effet liés à la demande nationale (c’est le cas dans le secteur de la construction, l’hôtellerie et restauration ou encore les services aux entreprises).

Tableau 6  - résultats d’estimation II (encours réel sortant, 1996-1999) Tableau 6
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Les revenus tarifaires ont comme dans l’analyse “ agrégée ” un impact négatif sur l’encours moyen des multinationales allemandes. Ceci confirme la complémentarité du commerce et de l’IDE pour le secteur manufacturier et les services.

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Les coûts unitaires de travail ont un impact négatif et significatif dans l’industrie manufacturière. Il est cependant difficile d’interpréter le coefficient non significatif dans le secteur manufacturier. En revanche la main d’œuvre qualifiée a un impact positif et significatif sur les deux groupes.

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Le niveau de la privatisation antérieure influence positivement le stock moyen d’IDE des firmes multinationales allemandes dans les deux groupes. Cependant, les méthodes de privatisation ne semblent avoir influencé que le secteur des services. Il n’est pas possible toutefois de distinguer les effets respectifs des méthodes M3 et M4, leurs coefficients n’étant pas significativement différents [25]  F-test=0,22 p_value(0,63) [25] .

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Comme pour l’estimation “agrégée ”, un risque-pays élevé a un impact défavorable sur les deux types d’investissement. C’est également le cas du régime de changes flottants, plus particulièrement dans le secteur manufacturier où l’ancrage a un impact relatif beaucoup plus important que l’impact relatif observé dans les services.

Conclusion

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La croissance des investissements directs étrangers allemands dans les pays entrant dans l’Union européenne est forte et inégale. Les IDE restent en effet concentrés dans les pays d’Europe centrale et leurs distributions sectorielles restent limitées. Ceci peut être en partie expliqué par les caractéristiques nationales des pays hôtes [26]  Pour une analyse de l’impact des characteristques nationales,... [26] .

51

Dérivée de la nouvelle théorie du commerce international, la forme réduite estimée révèle des facteurs traditionnels influencant la localisation des firmes multinationales. L’accessibilité aux marchés ainsi qu’une main-d’oeuvre qualifiée peu couteuse sont des déterminants fort des IDE allemands. Cependant, ces déterminants n’expliquent qu’en partie l’hétérogenités de la distribution des IDE. Des facteurs plus spécifiques à la transition tel que le niveau de la privatisation, les méthodes de privatisation, et le risque-pays ont également influencés le choix de la localisation des firmes allemandes. Ainsi, c’est dans les pays les plus avancés que le montant moyen de l’encours des firmes allemandes est le plus élevé.

52

Au niveau sectoriel, ces déterminants jouent differement selon que les firmes investissent dans l’industrie manufacturière ou les services. Le marché potentiel n’influence pas le montant moyen de l’encours des multinationales allemandes investissant dans le secteur des services alors qu’il a un impact plus que proportionnel dans l’industrie manufacturière. Les méthodes de privatisation n’ont cependant pas influencé le montant moyen de l’encours des firmes allemandes investissant dans cette dernière.

53

L’impact de l’intégration à l’Union européenne sur l’IDE alemand est ambigü. Dans un premier temps les perspectives d’elargissement accroissent l’attractivité de ces pays, leur marché potentiel et par conséquent l’IDE. La baisse consécutive des barrières à l’échanges sont également un facteur d’accroissement des stocks investi puisque l’IDE allemand partage une relation de complémentarité avec le commerce total. Cependant, le rattrapage économique devrait réduire le stock des IDE en augmentant les coûts unitaires de travail.

54

La volatilité des taux de change a un impact déstabilisant sur la demande et les coûts de production. L’émergence d’un bloc monétaire aurait pour conséquence de réduire cette volatibilité et d’augmenter ainsi le niveau des IDE allemands dans les pays en transition.


Annexe

Annexe : définition et méthodologies

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Le stock réel d’IDE est converti en millier de dollars à l’aide du taux de change des statistiques financières internationales du Fonds Monétaire International.

56

Le marché potentiel correspond à la somme des produits intérieurs bruts mondiaux pondérés par la distance. Il prend également en compte le coût de transport interne en intégrant la distance intra-nationale.

57

La distance moyenne séparant deux pays, dijt est calculée à partir des données de distance régionales δkk'séparant les régions k et k’des pays j et i. Ri est défini comme l’ensemble des régions composant un pays. GDPkt Et GDPk t'sont les PIB régionaux. Les données régionales proviennent de Bröcker (2001) tandis que les PIB nationaux sont obtenus par la banque de données WDI (2002).

 
58

Dans un deuxième temps, ces distances sont intégrées au calcul du marché potentiel du pays j

 
59

Les coûts de transports sont approchés par le revenu tarifaire en pourcentage des importations totales du pays hôte (BERD, plusieurs éditions).

60

Les coûts unitaires de travail sont calculés comme suivant :

 

Wjt correspond au salaire mensuel moyen brut (Laborsta : http//laborstat.ilo.org), Ejt à l’emploi total (Laborsta : http//laborstat.ilo.org) et GDPjt au produit intérieur brut du pays hôte (WDI, 2002).

61

La main-d’œuvre qualifiée est approchée par le pourcentage de la main-d’œuvre avec une éducation supérieure (Key Indicators of the Labour Market, 2001-2002).

62

Le niveau de la privatisation est approché par la part du secteur privé dans le produit intérieur brut (BERD, plusieurs éditions).

63

Les méthodes de privatisation sont construites à partir du « Transition Report » de la Banque pour la Reconstruction et le Développement. La méthodologie est celle de Holland et Pain (1998) dévelopée par Carstensen et Toubal (2003). Le tableau A1 présente le détail des dummies employées.

Tableau A1  - méthodes de privatisation Tableau A1
64

Risk correspond au risque politique de E uromoney (1995-2000). Il correspond au risque de non-paiement des biens et services, des crédits et dividendes mais également au risque lié au rapatriement du capital. Cette variable prend la valeur de 0 (aucune chance de paiement) à 10 (aucun risque de non-paiement).

65

Les régimes de taux changes sont tirés de Von Hagen et Zhou (2002).


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Notes

[(*)]

Université de Kiel et Université de Tübingen. E-mail : ffarid. toubal@ uni-tuebingen. de

[(1)]

Pour une description détaillée de cette base de données, voir Lipponer (2002). Buch et alii (2003) conduisent une analyse détaillé des IDE allemands ne se limitant pas aux pays de l’Est.

[(2)]

République tchèque, Hongrie, Pologne, Slovaquie, Slovénie.

[(3)]

Bulgarie, Roumanie, Lituanie au début de la transition.

[(4)]

CEFTA : Central and Eastern Free Trade Area.

[(5)]

La Hongrie, la Slvaquie ou encore la République tchèque.

[(6)]

The Knowledge-Capital Model (Markusen et alii, 1996 ; Markusen et Venables, 1998,2000). Pour une revue détaillée dela litérature théorique, voir Markusen et Maskus (2001).

[(7)]

ou paradigme “OL I” : Ownership, L ocation, Internalization.

[(8)]

Horstmann et Markusen (1992), Brainard (1993).

[(9)]

Brainard (1993).

[(10)]

Helpman (1984).

[(11)]

Des coûts de transport élevés pourraient également encourager les IDE verticaux en magnifiant les écarts de prix des facteurs.

[(12)]

Holland et Pain (1998) et Bevan et Estrin (2000) utilisent la part du secteur privé de l’année correspondante à l’IDE. L’utilisation de lags est plus pertinente dans la mesure où la décision d’investir et l’investissement effectif n’ont pas lieu la même année.

[(13)]

Voir l’annexe.

[(14)]

Une filiale pouvant avoir plus d’une maison mère allemande.

[(15)]

Le changement annuel des codes avant 1996 ne permet pas de tracer la firme multinationale surla période 1990-1999.

[(16)]

F-test (17.48), pvalue: 0.000

[(17)]

Chi deux (143,38), pvalue : 0.000

[(18)]

LM test (21,68), pvalue : 0.000

[(19)]

Les coefficients standardisés bêta confirment ce résultat (non présentés).

[(20)]

Cet impact est significatif et plus que proportionnel lorsque le second lag de la variable de privatisation est introduite dans le modèle.

[(21)]

F-Test= 0,01 p_values(0,98) dans la spécification (2). F-Test= 0,72 p_values (0,39) dans la spécification (3). F-Test= 0,58 p_values(0,44) dans la spécification (4).

[(22)]

Formule de Kennedy ( 1981) : [ 100* ( exp (0,06-0,5*(0,150)) - 1)].

[(23)]

La somme des groupes des deux dernières colonnes ne correspond pas au nombre de groupes du tableau 5 puisque l’estimation n’intègre pas l’agriculture, chasse, pêche et sylviculture, les industries extractives, la production et distribution d’électricité, eau et gaz et les holdings.

[(24)]

Il est cependant difficile de comparer les coefficients des dernières colonnes puisque le nombre de groupes n’est pas identique.

[(25)]

F-test=0,22 p_value(0,63)

[(26)]

Pour une analyse de l’impact des characteristques nationales, sectorielles et spécifiques aux firmes, voir Toubal (2003).

Résumé

Français

Cetarticle seproposed’étudierles motifsde localisation des firmesmultinationalesallemandes dans les pays d’Europede l’Est. L’analyse empirique est conduite au niveau des firmes à l’aide d’une nouvelle banque de données mise à la disposition par la Bundesbank. La décision de localisation des firmes allemandes n’est pas seulement dépendante des déterminants traditionnels des IDE (investissements directs étrangers) mais dépend fortement des facteurs propres à la transition vers une économie de marché.

Mots-clés

  • économie en transition
  • IDE
  • panel

English

Locating German Multinationals in Eastern European Countries This paper sets out to study why German multinationals set up in Eastern European countries. An empirical analysis is made of the firms using a new database provided by the Bundesbank. The decision as to where to site German firms is not just dependent on the traditional determinants of FDI (foreign direct investment). It also depends a great deal on factors inherent in the transition to a free market economy.

Keywords

  • transition economy
  • FDI
  • panel

Plan de l'article

  1. Les faits stylisés
    1. Une distribution géographique concentrée dans les pays d’Europe Centrale
    2. Une diversification sectorielle limitée
  2. L es déterminants du choix de localisation
    1. Aspects théoriques
    2. Spécification de la forme réduite
  3. Méthodologie et résultats
    1. Méthodologie
    2. Résultats d’estimation
      1. Analyse géographique
      2. Analyse sectorielle
  4. Conclusion

Pour citer cet article

Toubal Farid, « Localisation des firmes multinationales allemandes dans les Pays d'Europe de l'Est », Economie & prévision 2/ 2004 (no 163), p. 75-86
URL : www.cairn.info/revue-economie-et-prevision-2004-2-page-75.htm.


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