Economie & prévision 2008/1
Economie & prévision
2008/1 (n° 182)
172 pages
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Vous consultezMarchés avec coûts d'information sur la qualité des biens : une application aux produits écolabellisés

AuteursDouadia Bougherara[(*] [(*] Inra, UR122 Économie et sociologie rurales, Rennes. E...
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du même auteur

Virginie Piguet[(**] [(**] Inra-Enesad, UMR1041 Centre d'économie et sociologie appliquées...
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du même auteur


Nous remercions T. Cason, P. Combris, G. Grolleau, N. Mzoughi, S. Robin, B. Ruffieux, L. Thiébaut, R. Zeiliger ainsi que deux rapporteurs anonymes. Nos remerciements vont également à F. Cacciatore, au Conseil scientifique de l'Enesad, à l'Ademe et au Conseil régional de Bourgogne pour leur soutien matériel et financier.

1 La diversité des programmes d'étiquetage ou de labellisation des produits apparaît notamment dans leur contenu. Les attributs concernés sont intrinsèques comme la résistance des matériaux ou le goût des produits alimentaires mais aussi extrinsèques tels que l'utilisation d'hormones ou le recours au travail des enfants. L'étiquetage a un rôle particulièrement important lorsqu'il s'agit d'attributs de croyance des biens qui sont définis comme des attributs difficilement vérifiables par les consommateurs avant l'achat mais également après l'achat. Contrairement à l'attribut “goût”, l'attribut “utilisation d'engrais chimiques” n'est généralement pas vérifiable par le consommateur même après achat et consommation du produit alimentaire. L'étiquetage a souvent été analysé dans le cadre de la théorie de l'information. Ainsi, en rétablissant la symétrie d'information entre vendeur et acheteur, il permet de répondre à la demande de biens de qualité supérieure.

2 À la fin des années soixante-dix, lécolabellisation est apparue dans le cadre des instruments de politiques d'environnement. Par exemple, certains sacs de sortie de caisse arborent le logo “NF-Environnement” qui certifie que les sacs plastiques ont un effet moindre sur l'environnement. L'écolabel apparaît alors comme un moyen de promouvoir des modes de production et de consommation prenant de plus en plus en compte la dimension environnementale, permettant en quelque sorte au consommateur de “voter avec son portefeuille”. Les potentialités de l'écolabel semblent alors considérables. Par exemple, Ritt Bjerregaard, commissaire européenne, déclare en 1997 que “[l'Ecolabel Européen facilitera] le choix des 373 millions de consommateurs européens pour des produits “verts”, en indiquant clairement les incidences positives sur l'environnement du produit. Les consommateurs disposeront également du choix de boycotter les produits qui ne portent pas l'éco-label. Ainsi pourront-ils exercer une pression sur les producteurs afin qu'ils modifient leur schéma de production et qu'ils s'alignent sur les critères écologiques d'impact réduit”. Néanmoins, la réalisation de telles ambitions repose sur certaines conditions. Dès lors, sous quelles conditions l'écolabellisation peut-elle constituer un instrument efficace de préservation de l'environnement ? Notre article apporte des éléments de réponses à cette question.

3 En effet, nous proposons une autre perspective à l'analyse des politiques d'étiquetage, notamment environnemental, des biens de croyance. Si le cadre de la théorie de l'information est déjà riche, nous suggérons que le rétablissement de la symétrie d'information n'est pas une solution suffisante aux problèmes des biens de croyance. En effet, même avec un écolabel, les coûts d'information sur la qualité subis par les acteurs lors de la transaction, notamment par les consommateurs, peuvent rester relativement élevés. Il peut en résulter une dissipation des dispositions à payer des consommateurs dans une recherche d'information et un traitement coûteux de l'information fournie par le label.

4 Nous utilisons l'économie expérimentale qui a l'avantage de permettre un contrôle des variables considérées. En effet, il est dans la réalité difficile de mesurer le coût réel supporté par les acheteurs pour acquérir l'information sur la qualité des produits. Le temps passé à s'informer de la pertinence du label, à s'assurer que le vendeur n'est pas opportuniste ou à traiter l'information contenue dans le label a un coût d'opportunité différent d'un individu à l'autre. En laboratoire, l'intérêt est que ce coût est fixé par l'expérimentateur afin d'observer la réaction du marché à des coûts croissants d'information. De plus, alors que la littérature expérimentale a très tôt considéré le comportement des marchés en asymétrie d'information, elle n'a jusqu'à présent pas considéré les marchés avec coûts d'information sur la qualité des produits.

5 L'analyse des données d'expérience révèle une inefficacité forte des marchés lorsque le coût d'information est élevé. Peu de biens de qualité supérieure sont échangés. Pour les acheteurs, même un coût d'information faible sur la qualité réduit considérablement le surplus retiré de l'achat. Pour les vendeurs, la probabilité de proposer de la qualité supérieure est d'autant plus forte que l'espérance de gain est élevée et que les coûts d'information sont faibles. Enfin, la probabilité pour les acheteurs de demander l'information sur la qualité est d'autant plus forte que l'information est peu coûteuse. Et elle dépend du prix des biens dans une relation non linéaire. Les résultats montrent bien les risques présentés par les écolabels si ceux-ci entraînent des coûts d'information élevés.

6 L'implication principale de notre travail est que ce sont les caractéristiques individuelles des acheteurs et la nature des achats qui doivent guider les décideurs dans le choix du type d'écolabel pour leur produit. En effet, les coûts d'information sur la qualité correspondent à tous les investissements qui sont susceptibles d'être réalisés par les acheteurs pour s'assurer du niveau de qualité qui leur est délivré. Il peut s'agir du temps investi ou d'efforts consentis pour s'informer de la pertinence du label ou pour s'assurer que le vendeur n'est pas opportuniste auprès d'amis ou d'autres personnes, dans des magazines consuméristes, etc. ou pour traiter l'information contenue dans le label. Le montant des investissements consentis par les acheteurs pour s'informer sur la qualité d'un produit écolabellisé dépend de deux facteurs principaux qui interagissent entre eux : les caractéristiques individuelles des acheteurs et la nature des achats. Un même label demandera des coûts d'information sur la qualité différents d'un individu à l'autre. Ainsi unacheteur au coût d'opportunité du temps élevé aura des coûts d'information élevés si le label est très détaillé par rapport à un acheteur dont le coût d'opportunité du temps est faible. De même, un acheteur à faible capital humain aura des coûts d'information élevés si le label consiste en une information factuelle sans interprétation (plantation de haies) alors qu'un acheteur à fort capital humain (connaissant la fonction de corridor biologique des haies) aura des coûts d'information faibles. D'autre part, prenons l'exemple d'un label très détaillé indiquant de manière précise les quantités de polluants émis dans l'air lors de la fabrication du produit. Les coûts de traitement de l'information sont alors élevés et sont d'autant plus élevés que le bien est acheté fréquemment. Une stratégie efficace de labellisation consistera alors à réserver les labels détaillés pour des produits dont les achats sont peu fréquents tels que les voitures. Nos résultats nous ont amenés à la formulation d'hypothèses qui mériteraient bien sûr des investigations supplémentaires hors cadre expérimental où les labels existants et leur efficacité seraient mis en regard des produits sur lesquels ils figurent et des acheteurs cibles.

7 La diversité des programmes d'étiquetage ou de labellisation des produits apparaît notamment dans leur contenu puisqu'ils portent sur une grande variété d'attributs des biens, allant d'attributs intrinsèquestels que larésistance desmatériaux ou le goût des produits alimentaires à des attributs extrinsèques tels que l'utilisation d'hormones ou le recours au travail des enfants. L'étiquetage a un rôle particulièrement important lorsqu'il s'agit d'attributs de croyance des biens. Certains attributs sont en effet qualifiés d'attributs de croyance du fait de la difficulté pour le consommateur à les vérifier avant l'achat mais également après l'achat. Contrairement à l'attribut “goût” facilement vérifiable après achat et consommation d'un produit alimentaire, l'attribut “utilisation d'engrais chimiques” n'est généralement pas vérifiable par le consommateur même après achat et consommation. À la fin des années soixante-dix, des programmes d'écolabellisation sont apparus dans le cadre des instruments de politiques d'environnement. Par exemple, certains sacs de sortie de caisse arborent le logo “NF-Environnement” qui certifie que les sacs plastiques ont un effet moindre sur l'environnement. L es écolabels sont en expansion et visent à constituer, dans leur principe, un moyen décentralisé de production de biens publics[1] [1] Témoin la déclaration en 1997 de Ritt Bjerregaard, commissaire...
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8 L'étiquetage a souvent été analysé dans le cadre de la théorie des défaillances de marché, théorie qui identifie les situations pour lesquelles la “main invisible” des marchés est prise en défaut et ne peut mener à une allocation efficace. En ce qui concerne les attributs environnementaux, l'information étant asymétrique entre vendeurs et acheteurs, on aboutit à une situation de sélection adverse où les produits de haute qualité sont éliminés du marché (Akerlof, 1970). L'étiquetage des produits, en rétablissant la symétrie d'information entre vendeur et acheteur, permet de répondre à la demande de biens de qualité supérieure et donc de mener à des transactions plus efficaces (voir par exemple, Teisl et alii, 2002 ; McCluskey, 2000; Caswell et Mojduzska, 1996).

9 Notre article apporte une autre perspective à l'analyse des politiques, notamment environnementales, d'étiquetage des biens de croyance. Si le cadre de l'asymétrie d'information est déjà riche, nous suggérons que le rétablissement de la symétrie d'information n'est pas une solution suffisante aux problèmes des biens de croyance. En effet, même avec un écolabel, les coûts d'information sur la qualité subis par les acteurs lors de la transaction peuvent rester relativement élevés. Il peut en résulter une dissipation des dispositions à payer (DAP) des consommateurs dans une recherche d'information et un traitement coûteux de l'information fournie. La DAP, levierfondamental et déjà fragile des politiques d'éco-étiquetage, est mise à mal.

10 Nous posons dans l'article deux hypothèses a priori. Premièrement, il existe une DAP positive pour des produits dont les impacts sont moindres sur l'environnement. Cette première hypothèse est réaliste pour deux raisons. D'une part, il existe une large littérature sur l'évaluation des DAP pour des produits avec attributs environnementaux qui confirme l'existence d'une DAP pour ces produits, certes variable selon le produit, mais positive au moins pour une partie des consommateurs (voir par exemple, Moon et alii, 2002; Wessels et alii, 1999; Blend et Ravenswaay, 1999; Thompson et Kidwell, 1998). D'autre part, les politiques d'écolabellisation sont fondées sur ce présupposé. Notre optique ici ne consiste pas à démontrer que les DAP peuvent être insuffisants pour financer la fourniture de biens d'environnement. Nous souhaitons mettre en évidence que même si les DAP sont suffisants pour couvrir les coûts de production supplémentaires, l'instrument peut être inefficace s'il induit des coûts d'information trop élevés pour le consommateur. Notre deuxième hypothèse est que la qualité environnementale des produits n'a pas de dimension publique. En effet, nous souhaitons nous focaliser sur les problèmes d'information et non de contribution à un bien public. Cette problématique du financement des biens publics, malgré tout très pertinente, est hors du champ de cet article.

11 Nous utilisons l'économie expérimentale qui a l'avantage de permettre un contrôle des variables considérées. En effet, il est dans la réalité difficile de mesurer le coût réel supporté par les acheteurs pour acquérir l'information sur la qualité des produits. Le temps passé à s'informer de la pertinence du label, à s'assurer que le vendeur n'est pas opportuniste ou à traiter l'information contenue dans le label a un coût d'opportunité différent d'un individu à l'autre. En laboratoire, l'intérêt est que ce coût est fixé par l'expérimentateur à différents niveaux afin d'observer la réaction du marché à des coûts croissants d'information. Alors que la littérature expérimentale a très tôt considéré le comportement des marchés en asymétrie d'information, elle n'a jusqu'à présent pas considéré les marchés avec coûts d'information sur la qualité des produits. Nous menons ainsi une analyse de l'efficacité des marchés non plus en présence d'asymétrie totale d'information mais en présence de coûts variables d'information sur la qualité.

12 Notre article est organisé comme suit. Dans la première partie, nous réalisons une revue de la littérature théorique et expérimentale sur les asymétries d'information et les marchés avec coûts d'information sur la qualité. La deuxième partie analyse les sources de coûts d'information sur la qualité pour les produits écolabellisés. L'application à la labellisation environnementale permet de proposer des exemples concrets. Dans cette partie, nous montrons le lien qui existe entre écolabel et coûts d'information sur la qualité. Nous proposons une typologie des types de coûts d'information sur la qualité dans le cas des écolabels. Dans les parties suivantes, nous explorons le lien entre coûts d'information sur la qualité et efficacité du marché à l'aide d'une expérience demarché. Dans latroisième partie, nous présentons le protocole expérimental utilisé. Les modèles et hypothèses de travail font l'objet de la quatrième partie. Enfin, nous présentons et discutons les principaux résultats et leurs implications dans la cinquième partie et la sixième partie conclut.

Revue de la littérature

13 Nous réalisons une revue sommaire de la littérature théorique et expérimentale dans deux domaines : les marchés imparfaits et les coûts d'information sur la qualité.

Littérature sur les marchés imparfaits

Littérature théorique

14 L'économie de l'information classe les biens en trois catégories : les biens de recherche, d'expérience et de croyance. E n l'absence de mécanismes correcteurs, le marché des biens d'expérience et de croyance ne permet pas de fournir des biens de qualité supérieure. C'est le market for lemons d'Akerlof (1970).

15 Dansla théorie de recherche d'informationde Stigler (1961), le consommateur poursuit sa recherche d'information tant que le coût marginal de cette information n'excède pas son bénéfice marginal espéré. Stigler ne traitait pas de la recherche d'information sur la qualité des produits mais de la recherche du prix le plus faible d'un produit homogène dans différents points de vente. Pour Nelson (1970), le bien étudié par Stigler est un bien de recherche, bien pour lequel les acheteurs peuvent inspecter les diverses alternatives avant l'achat. Il distingue ce type de biens des biens d'expérience pour lesquels il vaut mieux acquérir l'information sur la qualité par l'achat du bien que par la collecte d'information avant l'achat. Ainsi, le coût de recherche de l'information avant l'achat est supérieur au prix du bien. Il est préférable d'acheter de l'information à travers “l'expérience” du produit, c'est-à-dire l'achat et la consommation du produit, tant que le coût marginal de l'information acquise de cette manière est inférieur à son bénéfice marginal. Enfin, dans leur article séminal, Darby et Karni (1973) ajoutent la catégorie des biens de croyance, dont la qualité est coûteuse à déterminer même après l'achat. D'autres auteurs reprennent cette classification en termes de coûts d'acquisition de l'information sur la qualité par les acheteurs (Ford et alii, 1988 ; Krouse, 1990, p. 510 ; Andersen et Philipsen, 1998; Cho et Hooker, 2002).

16 La revue de la littérature théorique suggère donc une classification des biens en fonction du coût d'acquisition de l'information sur la qualité par les acheteurs plutôt que sur le moment où le consommateur acquiert l'information sur la qualité (avant, après l'achat ou jamais). Ainsi, les biens sont distribués selon un continuum, du bien de recherche parfait, pour lequel les coûts d'acquisition de l'information sont nuls, au bien de croyance parfait, pour lequel ils sont prohibitifs.

Littérature expérimentale

17 Les expérimentalistes se sont très tôt intéressés aux marchés avec asymétrie d'information[2] [2] Étant donné notre problématique, nous nous focalisons...
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. L es questions traitées sont diverses.

18 Plott et Wilde (1982) étudient l'efficacité[3] [3] On entend ici par efficacité, la capacité du marché à...
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des marchés où l'information sur les besoins des consommateurs est détenue par les vendeurs, en concurrence. Dans leur protocole, les acheteurs peuvent, sans coûts, hypothèse forte, consulter différents vendeurs pour obtenir un diagnostic de leurs besoins avant d'acheter un service. La concurrence entre les vendeurs diminue l'incitation des vendeurs à frauder (par la sur-prescription de services) et augmente l'efficacité du marché.

19 Miller et Plott (1985) s'intéressent à la capacité du signalement à pallier la sélection adverse, en menant à un équilibre séparateur. Le type du vendeur (vendeur de biens de qualité faible ou élevée) est fixé de manière exogène. Les vendeurs ont la possibilité d'ajouter des unités de qualité q coûteuses à leurs biens, q coûtant plus cher aux vendeurs de type faible qu'aux vendeurs de type élevé ; q joue le rôle de signal de qualité. Leurs principaux résultats sont que l'existence d'un équilibre séparateur dépend de la différence de coûts des unités q entre vendeurs de type faible et vendeurs de type élevé (prédiction de la théorie du signal).

20 Lynch et alii (1991 ; 1986) mettent en évidence la sélection adverse dans les marchés avec asymétrie d'information. La révélation publique de la qualité des biens après l'achat est plus efficace que la révélation privée. Les stratégies de réputation individuelle des vendeurs sont difficiles à établir car les acheteurs sont influencés par la réputation totale du marché. Les garanties rendues exécutoires réduisent la sélection adverse, ce qui n'est pas le cas des garanties auto-déclarées. Un résultat intéressant pour notre discussion est que les auteurs n'ont trouvé aucune différence significative sur l'efficacité de marché entre le traitement où la qualité des biens était révélée après chaque achat (bien d'expérience) et celui où la qualité n'était révélée qu'après huit périodes (bien de croyance selon la manière dont nous le définirons plus tard dans le cadre de notre expérience).

21 Enfin, Cason et Gangadharan (2002) analysent la réputation, l'auto-déclaration et la certification comme moyens d'augmenter l'efficacité de marchés avec sélection adverse. La réputation et l'autodéclaration augmentent moyennement l'efficacité du marché. Lacertificationestleseul traitementoùla plupart des unités échangées sont de qualité supérieure.

22 On remarque que la plupart de ces articles traitent de biens d'expérience. Deux articles analysent le marché des biens de croyance : Plott et Wilde (1982) traitent uniquement du problème de diagnostic du bien d'expert (par exemple, l'individu vérifie parfaitement qu'on lui a remplacé son radiateur mais il ne sait pas s'il y a eu sur-facturation ou pas) et Lynch et alii (1991) traitent du problème de vérification (l'individu sait le niveau de qualité dont il a besoin mais il ne peut vérifier tout de suite après l'achat si ce niveau de qualité lui a été fourni).

L ittér atur e sur les mar chés avec coûts d'information sur la qualité

23 De manière surprenante, peu d'articles traitent des marchés avec coûts d'information sur la qualité en comparaison de ceux qui s'intéressent à la recherche coûteuse d'information sur les prix. Néanmoins, deux travaux théoriques sont à noter.

24 Kihlstrom (1974) propose une théorie générale de la demande d'information sur la qualité des produits. Il prête à cette demande d'information deux caractéristiques. Premièrement, c'est une demande dérivée. Elle n'existe que parce qu'elle permet aux consommateurs d'effectuer de meilleurs choix dans l'achat d'autres biens. Deuxièmement, la demande d'information n'apparaît que lorsque la qualité des produits est incertaine.

25 À partir du modèle de Grossman et Stiglitz (1980), Bester et Ritzberger (2001) développent un modèle de marché avec coûts d'information sur la qualité (jeu dynamique à information incomplète). Les vendeurs sont de deux types (offreurs de biens de qualité inférieure q et offreurs de biens de qualité L élevée q ). Les acheteurs savent que les vendeurs H fournissent la qualité q avec la probabilité l ∈ [ , ]0 1 H et la qualité q avec la probabilité( )1− l. Après avoir L observé le prixdu bien, chaque acheteur peuttester la qualité du bien en payant un coût fixe k > 0, révélant parfaitement la qualité. Les auteurs montrent que l'équilibre de ce type de jeu dépend des croyances des agents sur les comportements des autres agents. Sous certaines conditions, plus le coût d'information est faible, plus les prix révèlent l'information et donc moins les acheteurs auront tendance à investir dans l'information.

26 Dans la littérature expérimentale, on note l'étude de Brannon et Gorman (2002) qui étudient notamment le rôle de la connaissance par les acheteurs de la dispersion des prix sur les performances de marchés avec coûts d'information sur les prix. Cependant, la littérature expérimentale n'a à notre connaissance pas traité des marchés avec coûts d'information sur la qualité.

Les produits éco-labellisés : des coûts élevés d'information sur la qualité

27 Dans cette partie, nous considérons le cas des labels environnementaux. Cette application nous permet de définir de manière concrète ce que recouvrent les coûts d'information sur la qualité. Les produits éco-labellisés font souvent partie de la catégorie des biens de croyance. Ainsi, les coûts d'information sur la qualité environnementale des biens sont rarement faibles[4] [4] Certains attributs environnementaux peuvent cependant présenter...
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. Nous identifions trois sources de coûts d'information sur la qualité environnementale (Bougherara et Grolleau, 2004 ; Karl et Orwat, 1999).

Coûts dedéfinition de la qualité environnementale

28 La définition de l'écoproduit n'est pas absolue mais relative. E lle est endogène au processus de qualification des produits (Nadaï, 1998). L a difficulté provient du fait que le consommateur est dans l'incapacité de déterminer ce qu'est un produit respectueux de l'environnement, du fait par exemple de son manque de capacité à juger de la qualité du bien. Le problème n'est pas de vérifier si une pratique a été mise en œuvre (observabilité parfaite des actions du vendeur) mais de déterminer la pertinence de la pratique pour le respect de l'environnement (Plott et Wilde, 1982). Par exemple, au début des années quatre-vingt-dix, la société Henkel a lancé sa lessive “Le Chat” sans phosphates qu'elle présentait comme respectueuse de l'environnement, puisque les phosphates provoquent uneeutrophisationdes cours d'eau. Or, il s'est avéré que pour remplacer les phosphates, Henkel utilisait des zéolites qui présentent un risque pour l'environnement puisqu'ils ne sont pas biodégradables. Ceci montre bien que la question va au-delà de l'observabilité de l'utilisation ou non de phosphates mais nécessite des capacités d'expertise pour déterminer l'effet des pratiques sur l'environnement. Selon ses caractéristiques, un individu aura plus ou moins de difficultés à déterminer la pertinence d'une allégation environnementale. Ses coûts d'information seront plus ou moins élevés.

C oûts de vér ification de la qualité environnementale

29 Il s'agit de la vérification ou de la mesure de la conformité avec la définition préalable. Cette phase est étroitement dépendante de la précédente, qui définit parfois de manière plus ou moins précise les modalités de la vérification. Cette seconde source de coûts est due à l'incapacité de l'acheteur à vérifier ou à observer la qualité du produit. Les caractéristiques environnementales se réfèrent souvent au processus de production. Par exemple, dans le cas de l'agriculture, Doussan (1998) souligne la difficulté, même pour les pouvoirs publics, de vérifier l'application de certaines pratiques environnementales “sauf à imaginer bien entendu, un officier de police judiciaire ou un agent assermenté, chargé de surveiller l'agriculteur d'un bout à l'autre de sa parcelle, et armé des moyens techniques lui permettant de vérifier la teneur en azote du lisier épandu, par exemple”.

30 En l'absence d'indicateurs de qualité tels que la présence del'écolabel, la réputation du vendeur ou la certification par une tierce partie lui garantissant la crédibilité de l'information qui lui est transmise, l'acheteur fera face à des coûts souventprohibitifs de vérification de la qualité fournie. Et même si ces indicateurs existent, la confiance que l'acheteur leur accorde est très hétérogène.

C oût de signalement de la qualité environnementale

31 Enfin, même si les consommateurs identifient leurs besoins (coûts de définition nuls) et ont confiance dans l'écolabel (coûts de vérification nuls), il peut existerune autre sourcede coûts. Nous souhaitonsici distinguer l'asymétrie d'information de la surcharge informationnelle, même si la distinction n'est pas toujours très nette. L'asymétrie d'information correspond à une répartition inégale d'information entre deux agents. Cette distribution inégale permet à l'agent le mieux informé, par exemple le vendeur, de tirer profit de son information privée. La surcharge d'informations, elle, provient des capacités cognitives limitées des individus. Même dans un monde caractérisé par la symétrie d'information, les agents, ici, les consommateurs, sont submergés de flots croissants d'information. C'est l'attention du consommateur et non l'information qui devient une ressource rare (Van Zandt, 2004; Davenport et Beck, 2001).

32 Laprolifération des labels sur les produitsetle peu de temps alloué aux achats par les consommateurs fait de la lecture et du traitement de l'information par les consommateurs une activité coûteuse, en efforts et en temps. L'efficacité d'un écolabel est ainsi, en grande partie, fonction de la clarté du message qu'il véhicule. Si les consommateurs ne peuvent traiter ce message alors leurs coûts d'information vont augmenter (Loader et Hobbs, 1999), alors que le dispositif d'écolabellisation vise justement à économiser sur les coûts.

33 Ainsi, l'apposition d'un écolabel sur le produit peut entraîner une recherche d'information plus ou moins coûteuse par les acheteurs. Maintenant, la question est de savoir comment ces coûts d'information sur la qualité affectent le marché des produits écolabellisés. En plus de la réaction du marché à une asymétrie totale d'information, il est intéressant d'étudier son comportement en présence de coûts variables d'information. Nous présentons dans les sections suivantes une étude expérimentale nous permettant d'apporter des éléments de réponse à cette question.

Protocole expérimental

34 Nous présentons le cadre expérimental utilisé, similaire à celui de Cason et Gangadharan (2002)[5] [5] Le protocole a été rédigé lors d'un séjour à Purdue...
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etde Lynch et alii (1991) ainsiqueles 3traitements.

Cadre expérimental

35 Lesparticipantsde l'expériencesontdesétudiants en sciences (88) de l'Université de Bourgogne (Dijon), de l'Établissement National d'Enseignement Supérieur Agronomique de Dijon et de l'Université de Rennes, sélectionnés par e-mail ou par annonces en amphithéâtre. Chaque session compte 11 participants : 5 vendeurs et 6 acheteurs. Le rôle de chaque participant est déterminé de manière aléatoire. Les expériences ont eu lieu à l'Enesad (Dijon) et au L abex (Rennes) dans une salle informatique où les participants étaient isolés les uns des autres par des cloisons. Le logiciel Regate (CNRS, Ecully) a permis la programmation et le déroulement de l'expérience. L'utilisation de cloisons ainsi que d'un logiciel permet de contrôler l'environnement de l'expérience notamment la possibilitéd'une communicationqu'ellesoitverbale ou non. Les instructions sont lues à l'ensemble des participants en début d'expérience (voir annexe 1 pour un exemple d'instructions). Les participants découvrent ensuite leur rôle et reçoivent leur feuille d'information privée incluant les valeurs de reprise pour les acheteurs et les coûts de production pour les vendeurs. Nous avons réalisé plusieurs séances pilotes pour affiner le protocole, les instructions et le fonctionnement du programme informatique. Les exemples utilisés dans les instructions ont présenté des valeurs délibérément élevées afin d'éviter qu'ils influencent le comportement dans l'expérience.

36 On considère un marché avec vendeurs et acheteurs avec préférences induites[6] [6] On distingue généralement deux types d'expériences selon...
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. Nous avons réalisé 8 sessions, chacune durant 3 à 4 heures[7] [7] L'expérience était relativement longue du fait que les...
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. Toutes les sessions, ont comporté 32 périodes d'échange, exceptée la première[8] [8] Cette session ne comportait que 24 périodes parce que nous...
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. Les participants ont réalisé leurs échanges en points qui ont été convertis en euros au cours et à la fin de l'expérience, selon un taux de conversion défini préalablement. Ce taux de conversion a été 1 point=0,004 euros pour les vendeurs et 1 point=0,013 euros pour les acheteurs. Les gains moyens par participant ontété de 30 euros. Ceux-ci ont été rémunérés à la fin de l'expérience.

37 À chaque période de marché, les vendeurs peuvent vendre au maximum deux unités de type I (Inférieur) ou deux unités de type S (Supérieur). Le fait que les unités S soient plus coûteuses à produire que les unités I est information publique mais seuls les vendeurs connaissent les valeurs des coûts de production. Chaque unité S coûte 120 points aux vendeurs et chaque unité I, 20 points. Les valeurs de reprise des acheteurs pour des unités S sont supérieures aux valeurs de reprise pour des unités I. C'est une information publique, mais seuls les acheteurs en connaissent les valeurs exactes. La valeur marginale des unités S est toujours supérieure à la valeur marginale des unités I. La valeur de la première unitéSest de 330 points, celle dela seconde unité est de 300 points et celle de la troisième unité est de 270 points. Pour les unités I, les valeurs sont respectivement 180,165 et 150. Par conséquent, les acheteurs préfèrent acheter des unités S à moins que le prix soit supérieur de 120 à 150 points au prix des unités I. Tous les acheteurs et les vendeurs ont des valeurs de reprise et des coûts de production identiques. La structure de l'offre et de la demande est indiquée sur la figure 1.

...
offre et demande pour les unités S et I

offre et demande pour les unités S et I

38 Théoriquement, à l'équilibre du marché parfaitement efficace, où seules des unités S sont échangées, le prix d'équilibre est de 300 avec 10 unités échangées. Cet équilibre correspond à un surplus total, pour l'ensemble des participants, de 1980 points[9] [9] À l'équilibre, 10 unités S sont échangées au prix 300 :...
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. À l'équilibre de marché inefficace, où seules des unités I sont échangées, le prix d'équilibre est de 165 avec 10 unités échangées. Cet équilibre correspond à un surplus total de 1540 points.

39 À la manière de Cason et Gangadharan (2002), nous définissons l'efficacité de marché comme le rapport entre la somme des surplus réels de chacun des participants dans la session étudiée et la somme des surplus théoriques que chacun des participants aurait gagné si seules des unités S avaient été échangées à leur prix d'équilibre en information parfaite, soit un prix de 300 qui donne un surplus de 1980 points. L'efficacité du marché à l'équilibre inefficient (seules des unités I sont échangées) est alors 1540/1980=0,778. Enplus des profitsdus auxunités achetées, les acheteurs reçoivent un bonus de 50 points à chaque période et un gain de début d'expérience de 200 points, les acheteurs étant susceptibles, dans les premières périodes de l'expérience, d'essuyer des pertes. Le bonus et le gain initial permettent d'absorber les pertes et de maintenir l'incitation financière tout au long de l'expérience. Par ailleurs, nous donnons la possibilité aux acheteurs de ne pas acheter d'unités dans une période (option de non achat). Leur gain de non achat s'élève alors à 10 points.

Traitements

40 Le tableau 1 résume les 3 traitements[10] [10] Une des sessions a été réalisée plus tard que les autres...
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(Ref, High et Low). Rappelons que l'objectif est de mesurer l'efficacité du marché et les comportements de recherche d'information lorsque les coûts d'information sont croissants et susceptibles d'absorber les DAP, c'est-à-dire les surplus que les consommateurs peuvent retirer du bien. Dans le traitement Ref, nousmesurons l'efficacité du marché en présence d'asymétrie totale d'information. Dans cetraitement, ilestimpossible, pour les acheteurs, de vérifier la qualité des unités, le coût d'acquisition de l'information est pour ainsi dire “infini”. Dans le traitement High, nous observons l'efficacité du marché en présence de coûts d'information élevés, 100 points, c'est-à-dire environ 66% du surplus le plus élevé du fait d'acheter une unité S plutôt qu'une unité I[11] [11] La valeur de reprise d'une unité de type S (respectivement...
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. Dans le traitement Low, nous mesurons l'effet de la possibilité pour les acheteurs d'obtenir l'information à un faible coût de 15 points, c'est à dire 10% du surplus le plus élevé du fait d'acheter une unité S plutôt qu'une unité I.

Tableau 1  - traitements

Tableau 1 : traitements Coût de Coût de l'information en proportion Traitement Sessions Lieu Caractéristiques l'information de la DAP maximale pour une unité S absolu par rapport à une unité I Ref_1 Dijon Asymétrie d'information entre acheteurs Ref et vendeurs “∞ ”Ref_2 Dijon - Ref_3 Rennes High_1 Dijon Possibilité pour les acheteurs d'obtenir High 100 points Environ66% de l'information à un coût élevéHigh_2 Dijon Low_1 Dijon Possibilité pour les acheteurs d'obtenir Low de l'information à un faible coût 15 points 10%Low_2 Dijon Low_3 Dijon

41 Nous avons conduit trois sessions pour les traitements Ref et Low et deux sessions pour High. Les vendeurs indiquent au début de chaque période le nombre d'unités qu'ils souhaitent proposer, le prix unitaire ainsi que le type des unités choisi. Le tableau de l'ensemble des offres (prix et nombre d'unités) est transmis aux acheteurs dans un ordre aléatoire pour cacher l'identité des vendeurs et contrôler les phénomènes de réputation[12] [12] Insistonsici sur le fait que nous considérons le cas où...
suite
. Les acheteurs sont alors choisis de manière aléatoire et séquentielle pourréaliserleursachats (Holt, 1995, pp.361-365).

42 La session est divisée en 4 phases. L'information sur le type des unités est révélée après chaque période en phase 1, après 4 périodes en phase 2, après 8 périodes en phase 3 et après 16 périodes en phase 4. Quand tous les acheteurs ont eu l'occasion d'acheter ou que toutes les unités ont été vendues, les types des unités sont révélées après 1,4,8 ou 16 périodes selon la phase. Cette manière de procéder a permis aux acheteurs de se familiariser avec l'expérience (apprentissage des règles du jeu, des modes de calcul des gains, etc.) surtout pendant les 4 premières périodes[13] [13] Ces 4 premières périodes ont donné lieu à des gains. ...
suite
. Il a semblé en effet difficile de mettre en œuvre le protocole directement, car alors les acheteurs n'auraient eu aucun retour sur leurs décisions.

Modèles et hypothèses

43 Nous nous intéressons d'une part, à l'efficacité du marché (propension à permettre l'échange d'unités de type S) et à la probabilité pour les vendeurs de proposer des unités de type S et d'autre part, au comportement de demande d'information des acheteurs.

Efficacité du marché et probabilité de proposer des unités de type S

44 Deux modèles sont susceptibles de s'appliquer selon le traitement considéré : un modèle d'information parfaite et un modèle de sélection adverse.

Modèle d'information parfaite

45 Dans ce modèle, les unités sont échangées au prix d'équilibre du marché. Les unités S sont échangées au prix de 300 et les unités I au prix de 165 (voir figure 1). Comme, les unités S génèrent un flux de profit supérieur à celui généré par les unités I, l'équilibre prédit est que seules des unités S seront échangées à leur prix d'équilibre 300.

46 Les sessions du traitement Low sont susceptibles de se rapprocher de ce modèle d'information parfaite. “As the information cost becomes negligible, the equilibrium approaches the full information outcome and prices become perfectly informative” (Bester et Ritzberger, 2001, p.1360).

Modèle de sélection adverse

47 Selon ce modèle développé par Akerlof (1970), les biensde haute qualité sont éliminés du marché car les acheteurs, incapables de vérifier la qualité des biens, n'accepteront pas de payer un prix supérieur au prix de la qualité moyenne sur le marché. Les vendeurs de haute qualité ne seront donc pas incités à mettre des biens de haute qualité sur le marché. Seuls des biens de qualité basse seront échangés. Seules des unités I seront échangées au prix d'équilibre de 165. Les marchés dans les sessions destraitements Ref et High sont susceptibles de se rapprocher de cet équilibre.

Comportement de demande d'information sur la qualité des biens

48 On s'intéresse ici au comportement de demande d'information des acheteurs en fonction du coût de l'information mais également du prix des biens. La demande d'information étant une demande dérivée de la demande de bien.

Effet du coût de l'information

49 Concernant la demande d'information, la loi de la demande prédit que plus l'information sera coûteuse moins les participants investiront dans la recherche d'information. On s'attend à ce que le nombre de demandes d'information dans le traitement High soit inférieur au nombre de demandes d'information dans le traitement Low.

Influence du prix des biens sur la demande d'information

50 L'influence du prix des unités sur la demande d'information sur la qualité des biens est moins évidente. La relation de la demande d'informationau prix n'est pas linéaire.

51 Eneffet, ilsemblelogiquede considérerqu'ilexiste :

  • un prix au-dessous duquel les acheteurs n'achèteront pas d'information sur la qualité. Même si l'unité est de type I, l'achat de l'unité apporte de toutemanièreungain supérieurau gaindenon achat;
  • et un prix au-dessus duquel les acheteurs n'achèteront pas d'information sur la qualité. Même si l'unité est de type S, elle est de toute façon trop chère. L'achat de l'unité procure un gain inférieur au gain de non achat.

52 Nous nous basons sur le modèle de Bester et Ritzberger (2001) pour formuler les hypothèses suivantes (voir annexe 2).

53 La demande d'information sera nulle lorsque le prix de l'unité appartient :

  • à l'ensemble ] , ] [ , [− ∞ ∪ + ∞170 320 si l'acheteur n'a pas encore acheté d'unités dans la période;
  • àl'ensemble ] , ] [ , [− ∞ ∪ + ∞155 290 si l'acheteur a déjà acheté 1 unité dans la période;
  • à l'ensemble ] , ] [ , [− ∞ ∪ + ∞140 260 si l'acheteur a déjà acheté 2 unités dans la période.

54 Dans les intervalles restants, après avoir observé le prix p, il est optimal pour un acheteur d'investir dans une recherche coûteuse d'information si et seulement si :

avec u le profit en cas de non achat, p le prix de l'unité,µ ( )p la croyance de l'acheteur selon laquelle l'unité est de type S étant donnée son prix p, k le coût de l'information, V la valeur de reprise de l'unité qui vaut V si l'unité est de qualité inférieure, et VS si I l'unité est de qualité supérieure.

55 Il est difficile de tester cette hypothèse à l'aide des données dont nous disposons puisque nous ne connaissons pas µ ( )p pour notre échantillon. Cependant, on peut raisonner à travers le recoupement des intervalles sur lesquels l'achat d'information est susceptible d'être une stratégie optimale. Ainsi, on peut représenter la probabilité pour un acheteur de demander de l'information sur la qualité en fonction du prix de l'unité et de son ordre d'achat dans la période (figure 2).

56 Quatre seuils apparaissent dans notre discussion : 140,170,260 et 320. Ainsi, si le prix de l'unité est inférieur à 140, aucune information ne sera achetée. De même, si le prix est supérieur à 320. Si le prix est compris entre 170 et 260, la probabilité de demander de l'information sera forte car quel que soit l'ordre d'achat des unités dans la période, il y aura demande d'information. Si leprix est comprisentre 260 et 320, la probabilité de demander de l'information sera élevée mais moins forte que dans l'intervalle [170,260] car seules les premières et deuxièmes unités sont concernées. Enfin, si le prix est compris entre 140 et 170, la probabilité de demander de l'information sera élevée mais moins forte que dans l'intervalle [260,320] car seules les deuxièmes et troisièmes unités sont concernées. Or, par définition, les premières unités ont la fréquence d'interrogation surl'opportunitéd'achatd'informationlaplusforte.

57 L a partie suivante présente les résultats sur l'efficacité des marchés expérimentaux, la probabilité de proposer des unités de type S pour les vendeurs et la probabilité pour les acheteurs de demander de l'information sur les unités proposées à la vente.

...
probabilité pour l'acheteur de demander de l'information sur une unité en fonction de son prix et de son ordre d'achat dans la période (en trait fin, la probabilité est nulle; en trait gras, elle est fonction des croyances µ ( )p des acheteurs)

probabilité pour l'acheteur de demander de l'information sur une unité en fonction de son prix et de son ordre d'achat dans la période (en trait fin, la probabilité est nulle; en trait gras, elle est fonction des croyances µ ( )p des acheteurs)

Résultats et implications

58 Nous réalisons une analyse descriptive puis économétrique des données. L es traitements considèreront les périodes 5 à 32 de chaque session étant donné que les quatre premières périodes ont constitué une phase d'apprentissage des règlesdujeu par les participants. Enfin, nous considérerons quelques implications de notre étude.

Analyse descriptive

59 Le tableau 2 présente le nombre d'unités I et S proposées et l'efficacité du marché par traitement. Les périodes 5 à 32 sont d'abord considérées puis les 10 dernières périodes (23-32) puis les 5 dernières (28-32). Rappelons que la session Ref_1 ne comprenait que 24 périodes.

60 On constate sur ces données quele nombred'unités S et l'efficacité du marché sont croissants lorsque le coût d'information décroît c'est-à-dire quand on passe de Ref à High puis de High à Low. Les résultats de Cason et Gangadharan (2002) peuvent être comparés aux nôtres dans le cas du traitement Ref. Nos résultats concernant le nombre d'unités S et I et l'efficacité du marché sont du même ordre de grandeurqueceux de Cason et Gangadharan (2002).

Analyse économétrique

61 Nous examinons à présent les trois variables dépendantes suivantes : l'efficacité du marché, la probabilité de proposer des unités de type S et enfin la demande d'information.

Tableau 2  - nombre moyen d'unités S et I échangées et efficacité moyenne du marché par période et par traitement

Tableau 2 : nombre moyen d'unités S et I échangées et efficacité moyenne du marché par période et par traitement Nombre d'unités échangées Efficacitédu marché Ref High Low Ref High Low I S I S I S Moyenne par traitement et par période sur l'ensemble des périodes 6,1 0,2 7,8 0,7 6,5 1,3 0,502 0,626 0,620 hors période d'essai(périodes 5 à 32 soit 28 périodes) (76)a (76) (56) (56) (84) (84) (76) (56) (84) Moyenne par traitement et par période sur les dix dernières périodes 7,8 0 8,2 0,7 7,1 1,5 0,597 0,634 0,687 (périodes 23 à 32 soit 10 périodes) (22) (22) (20) (20) (30) (30) (22) (20) (30) Moyenne par traitement et par période sur les cinq dernières périodes 8 0 9,2 0,4 7,1 1,6 0,615 0,692 0,699 (périodes 28-32 soit 5 périodes) (10) (10) (10) (10) (15) (15) (10) (10) (15) (a) Entre parenthèses, le nombre de périodes totales sur lesquelles la moyenne est calculée. Par exemple, le traitement Ref comprend 3 sessions (une session de 24 périodes et deux sessions de 32 périodes au total), la moyenne sur la première ligne est donc calculée sur [20+28+28] périodes soit 76 périodes. Sur la deuxième ligne, la moyenne est calculée sur [2+10+10] périodes soit 22 périodes. Et sur la troisième ligne, la moyenne est calculée sur [0+5+5] périodes soit 10 périodes.
Efficacité du marché

62 L es données rencontrent une caractéristique commune à beaucoup de résultats expérimentaux : les marchés sont sujets à un phénomène de convergence. En effet, les résultats se révèlent différents en début et en fin de session. En tenir compte dans la régression nous permettrait d'étudier la dynamique des sessions. L'introduction d'effets de début de session et de fin de session (encadré 1) à la manière de Noussair et alii (1995, pp.473-4) nous offre cette opportunité.

63 Notre expérience comprend trois traitements : Ref, High et Low. Conformément à la procédure de Noussair et alii (1995) et à l'analyse similaire de Cason et Gangadharan (2002), nous créons deux variables indicatrices pour désigner le traitement : High=1 pour le traitement High et 0 sinon et Low=1 pour le traitement Low et 0 sinon. Ceci nous permet de créer les variables High_init, High_fin, Low_init et Low_fin, afin de capter les effets de début et de fin de session.

64 Les variables indépendantes de la régression et leur signification sont présentées dans le tableau 3.

65 Nous reprenons ici la définition présentée précédemment de l'efficacité du marché. Il s'agit du rapport entre la somme des surplus réels de chacun des participants dans la session étudiée et la somme des surplus que chacun des participants aurait gagné siseulesdesunités S avaient étééchangées à leur prix d'équilibre théorique en information parfaite, soient un prix de 300 et un surplus de 1980 points. On crée une variable EFFIC pour l'efficacité totale du marché, une variable EFFIC_V pour l'efficacité du marché qui ne prend en compte que les surplus des vendeurs et EFFIC_A pour l'efficacité du marché quineprend encomptequeles surplus des acheteurs.

Encadré 1 : étude de la convergence des marchés dans l'analyse économétrique (Noussair et alii, 1995)
Si on définit yit comme la variable dépendante mesurée sous plusieurs traitements i n=1,..., et fonction du temps, la spécification du modèle est la suivante :

avec t, le temps mesurécomme lenombre de périodes dans chaque traitement; Di, une indicatrice qui prend la valeur 1 pour le traitement i et la valeur 0 sinon ; Bi1, la mesure de l'existence éventuelle d'un phénomène de convergence.
Si t=1, alors la valeur de la variable dépendante est Bi1 pour l'expérience i. B2 est l'asymptote de la variable dépendante.
Lorsque t augmente, le poids de Bi1 devient faible car 1/t tend alors vers 0, tandis que le poids de B2 augmente car (t - 1)/t tend vers 1. u est le terme d'erreur aléatoire.

Tableau 3  - définition des variables indépendantes

Tableau 3 : définition des variables indépendantes Variable Signification Description High - Indicatrice pour le traitement High Low - Indicatrice pour le traitement Low 1 “périodes initiales” du traitement de référence par rapport à l'effet “périodes Ref_init t Variable qui capte l'effetfinales” du traitement Ref 1 Variable qui capte l'effet “périodes initiales” du traitement High par rapport au traitement Ref High_init High t⋅ t−( )1 Variable qui capte l'effet “périodes finales” du traitement High par rapport au traitement Ref High_fin High t⋅ 1 Variable qui capte l'effet “périodes initiales” du traitement Low par rapport au traitement Ref Low_init Low⋅ t Low_fin Low t⋅ −( )1 Variable qui capte l'effet “périodes finales” du traitement Low par rapport au traitement Ref t

66 La spécification des modèles est alors :

avec y EFFIC=pour expliquer l'efficacité totale du marché, y EFFIC=_V pour expliquer l'efficacité du marché pour les vendeurs et y EFFIC A=_ pour expliquer l'efficacitédumarchépour lesacheteurs.

67 Les interactions 1/ t captent l'effet “périodes initiales” et les interactions ( ) /t t−1 captent l'effet “dernières périodes” (tendances de long terme).

68 Le traitement de référence est le traitement Ref pour lequel les agents sont en asymétrie totale d'information. L'estimation pour l'efficacité totale du marché(EFFIC) est présentéedansle tableau 4.

Tableau 4  - efficacité du marché

Tableau 4 : efficacité du marché Périodes 5-32 Observations 216 R² 0,26 Variables indépendantes Paramètre Test estimé Écart type p-value Constante 0,574*** 0,033 < 0,0001 Ref_init-0,962** 0,389 0,014 High_init 0,709 0,560 0,206 High_fin 0,075 0,051 0,139 Low_init-0,993** 0,502 0,049 Low_fin 0,199*** 0,046 < 0,0001 *: significatif à 10%, ** : à 5%, *** : 1%

69 La comparaison des variables Ref_init, High_init et Low_init avec respectivement Ref_fin, High_fin et Low_fin montre l'existence de phénomènes de convergence. Les marchés ne se comportent pas de la même manière en début et fin de session. Cela reflète l'apprentissagedesjoueurs toutau long delasession.

70 Les deux variables qui nous intéressent par rapport aux hypothèses formulées quant à l'effet du coût d'information sur la qualité sont : High_fin et Low_fin.

71 L'estimation va dans le sens de nos hypothèses. Ainsi, l'efficacité du marché est significativement (1%) plus élevée dans le traitement Low par rapport au traitement High et au traitement Ref. Par ailleurs, l'efficacité du marché dans le traitement High n'est pas significativement différente de l'efficacité du marché dans le traitement Ref. En ce qui concerne l'efficacité, il semble qu'il existe un seuil au-delà duquel les marchés avec coûts d'information se comportent comme les marchés en asymétrie totale d'information.

72 On peut se demander si l'effet du traitement sur l'efficacité du marché est différencié selon le type d'agent. Nous réalisons deux estimations supplémentaires. L'une où on ne prend en compte que les surplus des vendeurs dans le calcul de l'efficacité (EFFIC_V) et l'autre où on ne prend en compte que le surplus des acheteurs (EFFIC_A). Les résultats sont présentés dans les tableaux 5 et 6.

Tableau 5  - efficacité du marché pour les vendeurs

Tableau 5 : efficacité du marché pour les vendeurs Périodes 5-32 Observations 216 R² 0,15 Variables indépendantes Paramètre Test estimé Écart type p-value Constante 0,571*** 0,039 < 0,0001 Ref_init 1,522*** 0,449 0,001 High_init-1,970*** 0,645 0,003 High_fin 0,136** 0,058 0,021 Low_init-3,207*** 0,579 < 0,0001 Low_fin 0,184*** 0,053 0,001 *: significatif à 10%, ** : à 5%, *** : 1%

Tableau 6  - efficacité du marché pour les acheteurs

Tableau 6 : efficacité du marché pour les acheteurs Périodes 5-32 Observations 216 R² 0,44 Variables indépendantes Test Paramètre estimé Écart type p-value Constante 0,605** 0,284 0,034 Ref_init-25,806*** 3,305 < 0,0001 High_init 27,501*** 4,748 < 0,0001 High_fin-0,531 0,429 0,217 Low_init 21,139*** 4,261 < 0,0001 Low_fin 0,345 0,387 0,373 *: significatif à 10%, ** : à 5%, *** : 1%

73 Nous tirons deux remarques des résultats. Pour les vendeurs, on obtient globalement les mêmes résultats que précédemment sauf que l'efficacité du marché dans le traitement High devient significativement supérieure (5%) à l'efficacité du marché dans le traitement Ref. Pour les acheteurs, le traitement n'a pas d'effet sur l'efficacité. Ainsi, même une légère imperfection de l'information (15 points) mène à un marché inefficace.

Offre d'unités de type S

74 Nous souhaitons étudier la probabilité de proposer de la qualité supérieure en fonction du coût de l'information. Un élément supplémentaire à prendre ici en compte est l'autocorrélation temporelle des résidus : les décisions de la période N dépendent des décisions à la période N-1. À la manière de Cason et Gangadharan (2002), nous ajoutons un terme,

qui représente le rapport des profits espérés de vendre des unités S par rapport aux profits espérés de vendre des unités I.

75 En prenant l'exemple des unités I, si un vendeur a offert de telles unités pendant les (N-1) périodes précédentes et offre des I dans la période courante (N), il actualise ses croyances sur les profits espérés par la formule suivante :

avec

les profits espérés de la vente d'unités I à la période

, le profit réel de la mise sur le marché d'unités I en période N.

76 Nous réalisons un Logit avec effets aléatoires sur les individus et définissons la variable TYPS=1 lorsque l'unité proposée par les vendeurs a une qualité supérieure et 0 lorsque sa qualité est inférieure. Le tableau 7 présente l'estimation.

Tableau 7  -  probabilité de proposer des unités de type S pour les vendeurs (effet aléatoire individuel)

Tableau 7 : probabilité de proposer des unités de type S pour les vendeurs (effet aléatoire individuel) Périodes 5-32 Observations 1080 Observations où TYPS=1 143 -2Log L 704 Variables indépendantes Test Paramètre estimé Écart type p-value Constante-4,518*** 0,605 < 0,0001 Ref_init 16,840*** 3,589 < 0,0001 High_init-7,098 5,377 0,195 High_fin 0,446 0,846 0,601 Low_init-10,783** 4,493 0,021 Low_fin 1,415* 0,710 0,053 RATIO 0,756** 0,337 0,031 σindividu 1,330*** 0,242 < 0,0001 *: significatif à 10%, ** : à 5%, *** : 1%.

77 L'effet aléatoire individuel est significatif à 1%. Les variables High_init et Low_init ne seront pas commentées. Elles révèlent les mêmes phénomènes que précédemment. Seules les variables High_fin, Low_fin et RATIO seront considérées.

78 Le coefficient de la variable RATIO est significatif et positif, ce qui va dans le sens de la théorie. Plus l'espérance de gain de proposer une unité S plutôt qu'une unité I est forte, plus les vendeurs ont tendance à proposer des unités de type S.

79 La probabilité de proposer des unité de type S est significativementsupérieure mais légèrement(10%) dans le traitement Low par rapport aux traitements High et Ref. Par ailleurs, les traitements High et Ref sont non significativement différents.

Demande d'information sur la qualité

80 Nous définissons la variable DEM=1 lorsque de l'information est demandée sur l'unité considérée et 0 sinon. Les traitements considérés ici sont les traitements où les agents ont eu la possibilité de demander de l'information sur la qualité des unités, soit les traitements High et Low. La référence est le traitement Low. Les acheteurs ne pouvaient pas identifier les vendeurs d'une période à l'autre. Les unités d'une période à l'autre sont des unités distinctes.

81 Afin de tester les hypothèses quant à la demande d'information sur la qualité des produits, on crée les variables suivantes :

  • prix_seuil15 est égale au prix si le prix est inférieur à 140 ou supérieur à 320 et 0 sinon;
  • prix_seuil2 est égale au prix si le prix est compris entre 140 et 170 et 0 sinon;
  • prix_seuil3 est égale au prix si le prix est compris entre 170 et 260 et 0 sinon;
  • prix_seuil4 est égale au prix si le prix est compris entre 260 et 320 et 0 sinon.

82 L'estimation est présentée dans le tableau 8.

Tableau 8  - probabilité de demander de l'information sur une unité

Tableau 8 : probabilité de demander de l'information sur une unité Périodes 5-32 Observations 700 Observations où DEM=1 208 -2Log L 462,6 Variables indépendantes P aramètreestimé Écart type Test χ2 Constante-4,822*** 1,091 < 0,0001 High-2,626*** 0,313 < 0,0001 prix_seuil15 0,002 0,005 0,730 prix_seuil2 0,018*** 0,007 0,010 prix_seuil3 0,030*** 0,006 < 0,0001 prix_seuil4 0,026*** 0,005 < 0,0001 T 0,002 0,016 0,894 *: significatif à 10%, ** : à 5%, *** : 1%.

83 La probabilité de demander de l'information sur une unité est significativement inférieure (1%) dans le traitement High par rapport au traitement Low : cela confirme la loi de la demande d'information. Plus le prix de l'information est élevé, plus la demande est faible.

84 Concernant l'influence du prix des unités, les résultats vont dans le sens des prédictions. Comme indiquée dans la partie “modèles et hypothèses”, plusieurs résultats sont attendus. D'abord, au-dessous d'un certain prix, les acheteurs n'achèteront pas d'information sur la qualité du fait que le gain d'achat de l'unité est toujours supérieur augain de non achatet au-dessus d'un certainprix les acheteurs n'achèteront pas d'information étant donné qu'ils n'achèteront pas l'unité même si elle est de type S. Ici, nos résultats vont dans le sens de cette prédiction puisque la régression indique que le prix des unités n'a pas d'influence sur la demande d'information sur la qualité des unités lorsque le prix est inférieur à 140 ou supérieur à 320.

85 Ensuite, nous avons posé des hypothèses quant à la demande d'information en retenant 4 seuils de prix (figure 2). Nos résultats sont que la demande d'information est positivement et significativement (1%) influencée par le prix entre 140 et 320. Cette influence positive est la plus forte pour un prix compris entre 170 et 260 et la plus faible pour un prix compris entre 140 et 170. La demande d'information sur la qualité dépend bien du prix des unités et de leur valeur de reprise pour l'acheteur selon une relation non linéaire.

Implications des résultats

86 L'implication majeure de nos résultats est la nécessitépourlesdécideursde prendre en compte les caractéristiques de la demande dans la conception d'un écolabel pour un produit donné si l'objectif est de garantir un niveau d'efficacité maximum du marché. Le rétablissement d'une certaine symétrie de l'information est une condition nécessaire mais non suffisante. L'élaboration concrète des écolabels joue un rôle important dans le succès du produit écolabellisé. Différentes options se présentent aux décideurs qui souhaitent concevoir un écolabel. L'information transmise à l'acheteur peut être factuelle et sans interprétation (plantation de haies) ou donner des clés pour l'interprétation (plantation de haies qui sont bénéfiques à la biodiversité). L'information peut être binaire ( bon pour l'environnement ou non) ou plus détaillée (écoprofils indiquant les impacts environnementaux du produit sur différents compartiments de l'environnement et sur l'ensemble de son cycle de vie). Nous mettons en évidence la nécessaire prise en compte de deux facteurs afin de garantir un marché efficace : les caractéristiques des acheteurs et la nature des achats du produit candidat à l'écolabellisation.

87 Avant d'aller plus avant dans la discussion, revenons sur l'interprétation du paramètre k ( coûts d'information sur la qualité) dans l'expérience. Ce paramètre représente tous les investissements, convertis en termes monétaires, qui sont susceptibles d'être réalisés par les acheteurs pour s'assurer du niveau de qualité qui leur est délivré. Il peut s'agir du temps investi ou d'efforts consentis pour s'informer de la pertinence du label ou pour s'assurer que le vendeur n'est pas opportuniste auprès d'amis ou d'autres personnes, dans des magazines consuméristes, etc. ou pour traiter l'information contenue dans le label. Le montant des investissements consentis par les acheteurs pour s'informer sur la qualité d'un produit écolabellisé dépend de deux facteurs principaux qui interagissent entre eux : les caractéristiques individuelles des acheteurs et la nature des achats.

88 D'une part, le paramètre k dépend des caractéristiques individuelles de l'acheteur. Les acheteurs sont hétérogènes dans leur coût d'opportunité du temps et leur capital humain. En ce sens, un même label demandera des coûts d'information sur la qualité différents d'un individu à l'autre. Ainsi, toutes choses égales par ailleurs, un acheteur au coût d'opportunité du temps élevé aura des coûts d'information élevés si le label est très détaillé (écoprofil) par rapport à un acheteur dont le coût d'opportunité du temps est faible. De même, un acheteur à faible capital humain aura des coûts d'information élevés si le label consiste en une information factuelle sans interprétation (plantation de haies) alors qu'un acheteur à fort capital humain (dans ce domaine précis) connaissant la fonction de corridor biologique des haies aura des coûts d'information faibles. L'effet conjugué du coût d'opportunité du temps et du capital humain est ambigu. En effet, lorsque le capital humain varie dans le même sens que le coût d'opportunité du temps, l'impact global sur le niveau des coûts d'information est difficile à prédire.

89 D'autre part, le paramètre k dépend de la nature des achats. Les produits écolabellisés recouvrent des produits aux fréquences d'achat plus ou moins élevés. Par exemple, considérons un label très détaillé indiquant de manière précise les quantités de polluants émis dans l'air lors de la fabrication du produit. Les coûts de traitement de l'information sont alors élevés et sont d'autant plus élevés que le bien est acheté fréquemment. L'acheteur investit alors fréquemment dans une recherche d'information coûteuse qui menace l'efficacité du marché. Une stratégie plus efficace consistera à réserver les labels détaillés pour des produitsdont les achats sont peu fréquents tels que les voitures. Bien sûr, si on considère que les coûts d'information initiaux sont amortis dans les achats ultérieurs, l'effet de la fréquence d'achat sur l'efficacité du marché devient nul.

90 Ce sont ainsi les caractéristiques individuelles des acheteurs et la nature des achats qui doivent guider les décideurs dans le choix du type d'écolabel pour leur produit. D'ailleurs, certains fabricants différencient leur écolabel selon leurs acheteurs cibles grâce à un renvoi vers un site Internet pour des informations supplémentaires. Par exemple, sur l'étiquette d'une eau minérale soutenant une initiative de replantation d'arbre, la possibilité de suivre les résultats de l'opération sur un site Internet est offerte. Les implications de nos résultats nous ont amenés à la formulation d'hypothèses qui mériteraient un traitement empirique où les labels existants et leur efficacité seraient mis en regard des produits sur lesquels ils figurent et des acheteurs cibles. L a déclinaison d'écolabels selon des segments spécifiques pouvant induire des coûts supplémentaires, de gestion notamment, nécessitera de comparer les coûts et bénéfices attendus.

Conclusion

91 Notre objectif était de mettre en évidence que la mise en œuvre d'un écolabel ne signifie pas forcément un rétablissement de l'efficacité du marché comme le suggèrent nombre d'analyses. D'une part, notre démonstration a reposé sur l'identification de l'existence de coûts d'information sur la qualité relativement élevés pour l'acheteur de produits écolabellisés. Ces coûts relèvent de coûts de définition, de vérification et de signalement. D'autre part, nous avons montré l'inefficacité desmarchés en présence de coûts d'information élevés sur la qualité des biens par une étude expérimentale. La partie empirique révèle une inefficacité forte des marchés lorsque le coût d'information est élevé. Pour les acheteurs, même un coût d'information faible sur la qualité réduit considérablement le surplus. La probabilité de proposer de la qualité supérieure est d'autantplusforte quel'espérancede gainestélevée. Comme l'efficacité, elle décroît fortement avec les coûts d'information. Enfin, la probabilité de demander l'information sur la qualité est d'autant plus forte que l'information est peu coûteuse. Et elle dépend du prix des unités dans une relation non linéaire. Les résultats montrent bien les risques présentés par les écolabels, si ceux-ci entraînent des coûts d'information élevés. Nous envisageons, dans la suite des travaux, une étude empirique permettant de lier type d'écolabel, type de produit et type d'acheteur de produits écolabellisés.

92 Nos résultats peuvent être discutés au regard du principe du droit à l'information. Si on ne prend en compte que des critères d'efficacité du marché, comme nous l'avons fait jusqu'à présent, il est parfois optimal de limiter l'information qui est transmise au consommateur (B arzel, 1982). Cependant, notre étude se situe dans un cadre institutionnel simplifié où nous n'avons pas considéré l'impact d'institutions telles que les associations environnementales ou consuméristes. Le guide des produits avec ou sans OGM publié par Greenpeace est un exemple d'information qui est traitée par une institution qui contribue à diminuer les coûts d'information des acheteurs.

93 L'expérience réalisée ici est préliminaire. Elle visait à mettre en évidence l'inefficacité du marché lorsque les coûts d'acquisition de l'information sont exclusivement supportés par les acheteurs. Elle constitue une première étape vers l'étude de mécanismes permettant d'améliorer l'efficacité de la transaction en atténuant la dissipation de la DAP des consommateurs (réputation, auto-déclarations, certification par tierce partie). L'analyse peut être généralisée à l'ensemble des caractéristiques de croyance tels que la présence d'OGM, la qualité sanitaire ou le bien-être animal. Une extension possible peut être l'intégration d'une probabilité d'erreur dans l'information achetée, puisque dans la réalité, les consommateurs, à travers la lecture des étiquettes, des revues de consommateurs, etc., acquièrent rarement une information certaine. D'autres améliorations sont envisageables. Etant donné le retour imparfait sur les gains qu'avaient les acheteurs (à moins d'acheter l'information à chaque période), il aurait été intéressant de mesurer les croyances des acheteurs par rapport à la qualité des produits, étant donné leur prix. Des expériences incluant ce type de mesure ont déjà été réalisées (Charness et Dufwenberg, 2004). Enfin, notre protocole était un environnement simplifié. On peut noter que dans la réalité les goûts des acheteurs, leurs préférences pour la qualité environnementale sont hétérogènes. Cette étude limitée à quelques objectifs ouvre des perspectives afin de répondre de manière plus complète à la question de l'efficacité des labels sur les biens de croyance.

Annexe

Annexe 2 : détermination des conditions de demande d'information

94 En se basant sur le modèle de Bester et Ritzberger (2001), soient u le profit en cas de non achat, p le prix de l'unité, µ ( )p la croyance de l'acheteur selon laquelle l'unité est de type S étant donné son prix p, V la valeur de reprise de l'unité qui vautVI si l'unité est de qualité inférieure, etVS si l'unité est de qualité supérieure. Alors, les profits espérés de l'acheteur en n'achetant pas d'information sont :

L'acheteur, une fois informé, achète le bien si V p u− ≥. Le profit espéré du fait d'acheter de l'information est alors :

avec k, le coût de l'information. L'objectif est de déterminer le comportement d'achat d'information sur les unités par les acheteurs. Deux cas se présentent alors :

  • de manière évidente, si u V p S > −, les acheteurs n'achèteront pas l'unité et donc n'investiront pas dans une recherche d'information coûteuse. En effet, si l'unité est de type S, elle apportera un gain inférieur au gain de non achat.
    Comme u=10, les acheteurs n'achètent pas d'unité et donc pas d'information si p V u S > − soit 320 pour la première unité, 290 pour la deuxième unité et 260 pour la troisième unité. En effet, selon l'ordre d'achat de l'unité dans la période,V p p S −=−330 ou 300-p ou 270 - p;
  • de la même manière, si u V p I < −, les acheteurs achèteront l'unité sans chercher à acheter de l'information sur le type des unités. L'achat de l'unité apporte de toute manière un gain supérieur au gain de non achat. De même, les acheteurs achètent l'unité sans chercher à acheter de l'information sur l'unité si p V u I < − soit 170 pour la première unité, 155 pour la deuxième unité et 140 pour la troisième unité. En effet, selon l'ordre d'achat de l'unité dans la période, V p p I −=−180 ou 165 - p ou 150-p.

95 Nous formulons donc l'hypothèse suivante :
La demande d'information sera nulle lorsque le prix de l'unité appartient :

  • à l'ensemble ] , ] [ , [−∞ ∪ +∞170 320 si l'acheteur n'a pas encore acheté d'unités dans la période.
  • à l'ensemble ] , ] [ , [−∞ ∪ +∞155 290 si l'acheteur a déjà acheté 1 unité dans la période.
  • à l'ensemble ] , ] [ , [−∞ ∪ +∞140 260 si l'acheteur a déjà acheté 2 unités dans la période.

96 L es conclusions ne sont pas aussi claires lorsque V u p V u I S − < < −. Dans ce cas, l'acheteur investit dans l'information si le profit espéré avec achat d'information est supérieur au profit espéré sans achat d'information soit :

Comme V u p V u I S − < < −, on sait que V p u S − > et que u V p I > −.

97 Alors, µ + 1− µ( )( ) ( ( ))p V p p u k S − − ≥

98 Alors deux cas se présentent :

  • Soit Max p V p V p u u S I [ ( ) ( ( )) , ]µ 1− µ+ −=Alors,
  • Soit

    Alors,

99 Après avoir observé p, il est optimal pour un acheteur d'investir dans une recherche coûteuse d'information si et seulement si :

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Notes

[ (*)] Inra, UR122 Économie et sociologie rurales, Rennes. E E-mail :douadia.bougherara@rennes.inra.frRetour

[ (**)] Inra-Enesad, UMR1041 Centre d'économie et sociologie appliquées à l'agriculture et aux espaces ruraux, Dijon. E-mail : p piguet@enesad.inra.frRetour

[ (1)] Témoin la déclaration en 1997 de Ritt Bjerregaard, commissaire européenne : “[L'Ecolabel européen] sera un important instrument de la politique de l'environnement de l'Union européenne utilisant les mécanismes de marché”; “[facilitant] le choix des 373 millions de consommateurs européens pour des produits verts', en indiquant clairement les incidences positives sur l'environnement du produit. Les consommateurs disposeront également du choix de boycotter les produits qui ne portent pas l'éco-label. Ainsi pourront-ils exercer une pression sur les producteurs afin qu'ils modifient leur schéma de production et qu'ils s'alignent sur les critères écologiques d'impact réduit”.Retour

[ (2)] Étant donné notre problématique, nous nous focalisons sur la littérature expérimentale traitant de la sélection adverse. Pour l'aléa moral, voir Keser et Willinger (2002 ; 2000), DeJong et alii (1985).Retour

[ (3)] On entend ici par efficacité, la capacité du marché à permettre l'échange de biens ou de services de qualité supérieure.Retour

[ (4)] Certains attributs environnementaux peuvent cependant présenter de faibles coûts d'information. C'est le cas si un écolabel indique l'utilisation moindre d'emballage. D'un simple coup d'œil, le consommateur détermine si le dentifrice est vendu avec ou sans emballage cartonné.Retour

[ (5)] Le protocole a été rédigé lors d'un séjour à Purdue University. Nous sommes reconnaissant à Tim Cason pour son accueil et sa précieuse aide.Retour

[ (6)] On distingue généralement deux types d'expériences selon l'objectif poursuivi. Dans les expériences d'évaluation, on fixe les règles du marché (une enchère au second prix par exemple), et on observe les préférences des agents (la valeur de reprise des participants à l'expérience). Dans les expériences avec préférences induites, on fixe les préférences des agents (la valeur de reprise est fixée par l'expérimentateur) et on compare différentes institutions de marché (on observe les comportements d'offre dans une enchère au second prix et dans une enchère au premier prix).Retour

[ (7)] L'expérience était relativement longue du fait que les participants n'avaient pas de temps de réponse limité. Nous craignions que l'introduction de limites aux temps de réponse induise des décisions biaisées. Dans ce cas, un non achat serait difficilement interprétable comme étant dû à la valeur du couple prix-coût d'information. Cependant, la durée de l'expérience nous a exposé à un effet de lassitude des sujets difficilement quantifiable. Nous pensons que la rémunération moyenne honorable offerte dans l'expérience a pu atténuer cet effet.Retour

[ (8)] Cette session ne comportait que 24 périodes parce que nous pensions à l'époque que 24 périodes suffiraient pour que le marché converge vers l'équilibre. Après avoir réalisé cette session, une première analyse des résultats nous a encouragé à augmenter le nombre de périodes dans les sessions suivantes.Retour

[ (9)] À l'équilibre, 10 unités S sont échangées au prix 300 : • pour les vendeurs : les 10 unités S rapportent un surplus de (300-120)=180 par unité soit 180x10=1800 points de surplus; • pour les acheteurs : les 6 premières unités S correspondent à un prix de réserve de 330 alors que les 4 suivantes, à un prix de réserve de 300. Les acheteurs gagnent ainsi un surplus de (330-300)=30 points par unité sur les 6 premières unités et un surplus de (300-300)=0 sur les 4 unités suivantes. Ainsi, le surplus total des acheteurs est : 30x6+0x4=180. Le surplus total à l'équilibre est donc de 1980 points, 1800 pour les vendeurs et 180 pour les acheteurs Retour

[ (10)] Une des sessions a été réalisée plus tard que les autres et donc dans une autre ville pour des questions pratiques de localisation de l'expérimentateur. Il s'agissait d'ajouter une session au traitement Ref car la session Ref_1 de ce traitement ne comportait que 24 périodes d'échange.Retour

[ (11)] La valeur de reprise d'une unité de type S (respectivement de type I) est de 330 (respectivement de 180) au maximum. La DAP maximale des acheteurs pour une unité de type S par rapport à une unité de type I est donc 330-180=150.Retour

[ (12)] Insistonsici sur le fait que nous considérons le cas où les acheteurs sont dans l'impossibilité d'identifier les vendeurs. Leur investissement dans l'achat d'information sur la qualité ne peut donc être amorti sur plusieurs périodes. Notre souci est ici d'isoler l'effet pur du coût d'information. Bien sûr, l'absence de possibilité pour les vendeurs de bâtir des réputations exacerbe le problème des coûts d'information.Retour

[ (13)] Ces 4 premières périodes ont donné lieu à des gains. Le bonus de 50 points/période et le gain de début d'expérience de 200 points permettent de limiter l'effet de pertes éventuelles dans ces premières périodes.Retour

Résumé

La théorie des défaillances de marché est souvent utilisée pour montrer que les labels sur des biens de croyance augmentent l'efficacité des transactions. Or, ils peuvent avoir l'effet inverse en introduisant des coûts supplémentaires. Nous identifions trois sources potentielles de coûts d'information sur la qualité environnementale des biens. Ensuite, nous montrons expérimentalement l'inefficacité des marchés en présence de ces coûts. Pour les vendeurs, la probabilité de proposer de la qualité supérieure augmente avec l'espérance de gain et diminue avec les coûts d'information. Pour les acheteurs, même un coût faible réduit considérablement les surplus. Leur probabilité de demander l'information sur la qualité dépend du prix des unités dans une relation non linéaire, fonction des croyances sur la relation entre prix et qualité. Ainsi, la manière concrète dont l'écolabel est conçu joue un rôle crucial dans son succès.

Mots-clés

Biens de croyance, Ecolabel, Qualité, Information, Economie expérimentale



Market Efficiency with Costly Information on Product Quality: an Application to Eco-Labeled Products
Market-failure theory is often used to argue that eco-labeling is a way of increasing market efficiency. We show that, because of additional costs, this may not always be true. We identify three types of information costs regarding quality that may arisewith an eco-label. We then measure the market's ability to providehigh-quality goods and buyers'behavior toward information purchase in laboratory posted-offer markets with varying information costs. We find that markets with information costs are inefficient. For sellers, the probability of offering high-quality goods increases with expected profits but decreases with information costs. For buyers, even low information costs imply a significant surplus loss. We conclude that the function linking information purchase and product price is non-linear and depends on buyers'beliefs about the relationship between product prices and quality. The design of eco-labels thus plays a crucial role in their success.

Keywords

credence goods, eco-labeling, quality, information, experimental economics

PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Douadia Bougherara et Virginie Piguet « Marchés avec coûts d'information sur la qualité des biens : une application aux produits écolabellisés », Economie & prévision 1/2008 (n° 182), p. 77-96.
URL :
www.cairn.info/revue-economie-et-prevision-2008-1-page-77.htm.