2001
Économie internationale
Stratégie de promotion des exportations et ajustement macroéconomique
Thi Anh-Dao Tran
[1]
Cet article étudie les enjeux en matière d’ajustement associés au choix d’une stratégie de promotion des exportations. Il analyse l’impact sur la production et l’emploi d’une détérioration des termes de l’échange et d’une chute des entrées de capitaux étrangers. En l’absence de contrainte sur les marchés, le réalignement des prix relatifs et la mobilité intersectorielle du travail peuvent aider le pays à s’ajuster. Toutefois, ceci est remis en cause lorsque le pays subit une contrainte d’exportation, la politique d’ajustement aux chocs extérieurs se réduisant dans ce cas à une politique de demande. Le choix d’une orientation vers l’exportation est d’autant plus risqué que le pays est faiblement endetté, ses niveaux de production et d’emploi devenant complètement dépendants des conditions extérieures.
Classification JEL : 011; 023; E63; F41.Mots-clés :
stratégie de promotion des exportations, ajustement macroéconomique, contrainte d’exportation.
This paper analyses the effects of negative terms of trade shocks and reductions in foreign capital inflows on an individual LDC pursuing an export-oriented strategy. In the absence of market constraints, relative price realignments and intersectoral labour mobility support macroeconomic adjustment. These results reinforce the currently popular view favouring outward-oriented strategies. However, this argument is challenged when the country faces an export constraint: in such a situation, macroeconomic adjustment to external shocks works only through demand policy. An export-oriented strategy is even more risky for a low-indebted country, as its output and employment strongly depend on external conditions.
JELClassification: 011; 023; E63; F41.Keywords :
Export Promotion Strategies, Macroeconomic Adjustment, Export Constraints.
Alors que la crise internationale de la dette et la détérioration de la situation économique dans les pays d’Amérique latine ont révélé l’échec des stratégies de substitution à l’importation, l’ajustement rapide des Nouveaux Pays Industrialisés (NPI) d’Asie a confirmé à l’inverse les travaux précurseurs de Krueger (1978) et Bhagwati (1978) au NBER sur l’existence d’une corrélation positive entre orientation commerciale et performance économique et le rôle moteur des exportations sur la croissance (Edwards, 1993). Ce succès forgea un consensus à partir des années quatre-vingt sur le choix d’une stratégie de développement tourné vers l’extérieur, confortant les organisations internationales dans la promotion d’une plus grande ouverture des Pays en Voie de Développement (PVD) aux marchés internationaux des biens et des facteurs.
Toutefois, si le commerce et l’Investissement Direct Étranger (IDE) ont donné une dimension spécifique aux expériences asiatiques, en contribuant à l’accélération de la croissance et aux changements structurels, la crise financière récente et l’ampleur de ses effets réels (stagnation des industries, fléchissement des exportations en dépit des gains de compétitivité acquis par les dépréciations monétaires successives, gonflement du chômage) ont montré les limites d’une telle stratégie d’ouverture commerciale et financière (Tran, 1999). Par ailleurs, sensibles aux arguments du « miracle asiatique », un certain nombre de PVD se sont alors attaché à réformer leurs politiques commerciale et industrielle sans, pourtant, aboutir à des taux de croissance semblables aux NPI d’Asie.
Certains travaux ont comparé la crise asiatique à la crise mexicaine de 1982 car les événements financiers se sont accompagnés de chocs réels de grande ampleur, tant dans les pays concernés que dans le reste du Monde en développement. Néanmoins, si les chocs réels ont pu être identiques, leurs mécanismes de transmission diffèrent car les caractéristiques structurelles des PVD et l’environnement international auquel ils font face aujourd’hui ont radicalement changé.
Au niveau externe, le processus concomitant de globalisation et d’intégration régionale a forgé une spécialisation étroite des PVD dans quelques produits voire segments de production (activités d’assemblage de produits semi-finis notamment). En raison de ce mode d’insertion internationale, toute stagnation globale affecte davantage les PVD et interrompt le processus de redistribution mondiale du revenu
[2]. Par ailleurs, une insertion généralisée des PVD dans l’économie mondiale, en intensifiant une compétition au niveau de l’offre d’exportation, remet en cause l’hypothèse de « petit pays » pour relever les facteurs de demande dans la détermination de la performance à l’exportation (Faini &
alii, 1992). Dans ce contexte, certains travaux ont tenté de réhabiliter la thèse de Prebisch et Singer sur la détérioration des termes de l’échange entre pays développés et PVD, l’inégalité d’échange affectant cette fois les flux commerciaux « horizontaux » (c’est-à-dire entre biens manufacturés, voir Maizels, Palaskas & Crowe, 1997).
Le choix d’une stratégie d’insertion de la production nationale dans les réseaux de production à l’exportation des pays plus avancés a également modifié les mécanismes de transmission internes des chocs extérieurs, en accentuant un dualisme industriel au sein des PVD entre secteurs d’exportation et secteurs orientés vers le marché local. Les NPI d’Asie de la seconde vague (Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande) se distinguent ainsi de leurs prédécesseurs par un développement industriel fortement dépendant des importations et sans assimilation technologique locale. La stratégie de promotion des exportations et la libéralisation commerciale dessinent par conséquent une économie plus ouverte et plus vulnérable aux fluctuations extérieures, tandis que subsiste la nature d’économie d’endettement du PVD. Cette désarticulation entre les secteurs monétaire et réel est d’autant plus prononcée que le pays en question s’est inséré trop rapidement dans l’économie mondiale, alors que sa base manufacturière n’est pas suffisamment développée.
Cet article se propose d’étudier les enjeux, notamment en matière d’ajustement, associés au choix d’une stratégie de développement tourné vers l’exportation dans ce nouvel environnement économique global. Il s’appuie sur des faits stylisés relatifs aux pays les moins avancés de la zone sud-est asiatique (Vietnam, Laos, Cambodge, Birmanie), qui ont unanimement adopté des politiques d’ouverture dans le cadre de leurs réformes de transition et de développement. La plupart des travaux ont en effet porté sur le Japon et les NPI d’Asie, s’intéressant peu à l’impact de la crise régionale sur les économies les moins avancées de la zone. Bien qu’elles aient été plus ou moins affectées par les phénomènes financiers (inconvertibilité des comptes courant et en capital), l’essentiel de la crise y a été de nature réelle. Néanmoins, il serait pertinent de se demander si le choix d’une stratégie de développement tourné vers l’exportation n’a pas contribué à amplifier ces effets réels.
L’article décrit l’économie d’un pays poursuivant une stratégie de promotion des exportations. Il détermine l’équilibre de court terme pour étudier ensuite les effets de chocs extérieurs (détérioration des termes de l’échange et chute des entrées de capitaux étrangers, à l’instar de ce qu’ont connu les PVD au lendemain de la crise asiatique) sur les niveaux de production et d’emploi du pays. Enfin, il lève l’hypothèse d’élasticité infinie de la demande d’exportation et envisage l’équilibre de court terme dans le cas où le PVD est soumis à une contrainte d’exportation.
Le cadre analytique est d’inspiration néo-structuraliste car il s’agit de formaliser le dualisme économique, les désarticulations sectorielles et les goulets d’étranglement inhérents à une politique de développement donnant la priorité au secteur d’exportation. En effet, la stratégie adoptée ici se traduit par un secteur d’exportation qui n’est jamais contraint sur ses besoins en biens intermédiaires importés et les entrées de capitaux étrangers (en l’occurrence les IDE) sont essentiellement orientées vers l’exportation. En définitive, le secteur abrité solde toutes les contraintes. À la différence des modèles néo-structuralistes traditionnels à un seul bien (Bacha, 1984 et 1991; Taylor, 1994), notre formalisation retient un cadre multi-sectoriel avec comportement d’exportation, dans lequel une attention particulière est accordée aux effets d’une contrainte de débouchés extérieurs sur les mécanismes d’ajustement.
Soit une petite économie ouverte produisant deux biens à partir d’un facteur capital constant à court terme, d’un facteur travail homogène et de biens intermédiaires totalement importés. Le bien X est produit dans un environnement parfaitement concurrentiel et totalement exporté à un prix obéissant à la loi du prix unique; le bien N est produit et entièrement consommé dans le pays à un prix déterminé par un environnement de concurrence imparfaite. Le prix du bien intermédiaire importé étant également déterminé à l’étranger, les termes de l’échange du pays sont complètement exogènes. Mais à la différence du modèle d’économie dépendante à deux biens, les fluctuations des termes de l’échange peuvent être ici sources de chocs macroéconomiques: effets sur l’offre à travers la variation des coûts de production, effets sur la demande à travers la variation du revenu national (Agenor-Montiel, 1999).
Le secteur des biens exportables
La production de biens exportables (yx) nécessite du capital (Kx), du travail (Nx) et des biens intermédiaires (Ix) selon une fonction de production où capital et travail sont substituables mais où les biens intermédiaires entrent comme facteur complémentaire.
où vx définit la quantité de biens intermédiaires nécessaires pour produire une unité du bien exportable. Le capital étant exogène à court terme, on posera pour simplifier Kx = 1 et on suppose que les producteurs du secteur d’exportation peuvent toujours trouver les biens intermédiaires dont ils ont besoin.
En l’absence de contrainte sur les marchés, l’offre de biens et la demande de travail du secteur d’exportation résultent d’un programme de maximisation du profit à court terme:
avec px = Epx* le prix du bien exportable et pI = EpI* le prix du bien intermédiaire en monnaie nationale (E étant le taux de change nominal fixe, c’est-à-dire la monnaie étrangère exprimée en monnaie nationale, et p* les prix en monnaie étrangère), w le salaire nominal et i le taux d’intérêt nominal domestique. On définit les termes de l’échange exogènes par Θ = px/pI et le prix relatif des facteurs par ω = w/pI. Le salaire réel en termes du bien exportable s’écrira alors:
ωx = ω/Θ.
On suppose par ailleurs que les producteurs recourent au crédit pour payer les salaires et les importations de biens intermédiaires: l’emprunt
hx est égal au capital circulant exprimé en termes du bien exportable. On posera la contrainte financière toujours respectée
[3].
En résolvant le programme de maximisation du profit sous les contraintes technologique et financière, on en déduit des fonctions de demande de travail et d’offre de biens du secteur d’exportation décroissantes avec le salaire effectif réel
[4]:
Le secteur des biens non échangeables
Le secteur des biens non échangeables (yn) se caractérise par des techniques à coefficients fixes et à rendements d’échelle constants, la production d’une unité de bien nécessitant des quantités un de travail (Nn) et vn de biens intermédiaires (In).
L’offre de travail étant parfaitement élastique, la capacité de production du secteur non échangeable sera alors le niveau de production correspondant à la pleine utilisation des biens intermédiaires disponibles:
Les producteurs du secteur non échangeable déterminent leur prix en appliquant un taux de marge bénéficiaire
[5] (
ε) sur leurs coûts unitaires de production.
Le taux de change réel z = px/pn peut alors s’écrire:
La demande globale de biens non échangeables est composée de la demande de consommation des ménages (cn) et des dépenses publiques exogènes (gn).
où y est le revenu de l’activité, t les impôts et m les encaisses monétaires exprimés en termes du bien non échangeable; t et m sont supposés tous deux exogènes.
Le revenu net des facteurs détenus par les ménages est la somme des revenus salariaux et des profits redistribués par les producteurs:
Exprimé en termes du bien non échangeable, son expression devient alors:
Dans l’annexe 1, nous démontrons que cette expression est toujours positive.
À supposer que ce secteur ne subisse aucune contrainte de devises, sa production est alors déterminée par la demande globale. Le revenu d’équilibre sur le marché des biens non échangeables s’obtient en substituant le revenu y par son expression (6) dans l’équation (5):
Le multiplicateur (k) est diminué par une fuite liée aux importations de biens intermédiaires dans le secteur des biens non échangeables, la propension marginale à importer étant donnée ici par le coefficient technique vn. De même, le paiement des intérêts sur le capital circulant du secteur d’exportation équivaut à un prélèvement obligatoire sur le revenu, au même titre que les impôts: une politique monétaire restrictive ou une libéralisation financière (qui se traduirait par un relèvement du taux d’intérêt) a un effet dépressif sur l’activité en écartant une partie du revenu hors du circuit économique (Van Wijnbergen, 1983). À l’inverse, le revenu d’équilibre peut augmenter par une politique de relance de la demande autonome (d).
En l’absence de contrainte sur les marchés, yx et Nx peuvent être remplacés par les expressions (1) et (2). Le revenu net des facteurs est alors de la forme:
En substituant (6’) dans (5), on définit la relation (NN) comme la condition d’équilibre sur le marché des biens non échangeables en l’absence de contrainte de devises:
La contrainte extérieure
À partir de l’identité de la balance des paiements, on définit l’égalité entre le déficit de la balance commerciale et le montant net des transferts internationaux:
où
F représente les entrées nettes de capitaux
[6] et
J un terme regroupant le service de la dette et les transferts versés au reste du monde.
Exprimée en termes du bien intermédiaire et en posant un certain volume de financement extérieur disponible (Λ), l’identité de la balance des paiements équivaut à:
On considère que le pays poursuit une stratégie de promotion des exportations: lorsque l’offre disponible de biens intermédiaires est insuffisante pour satisfaire la demande dans le pays, le secteur non échangeable est rationné, tandis que les producteurs orientés vers l’exportation trouvent toujours les biens intermédiaires dont ils ont besoin. Deux types de contraintes peuvent alors être envisagés.
Une chute des entrées de capitaux étrangers ou une moindre disponibilité en capital sur les marchés internationaux limite la capacité de financement extérieur du pays. En cas de contrainte de financement, seul le secteur non échangeable subit le rationnement.
Autre contrainte possible: le pays, aussi petit soit-il, est confronté à des problèmes de demande mondiale. En cas de contrainte d’exportation, le secteur exportateur subit lui aussi un rationnement puisqu’il ne pourra atteindre son niveau de production potentielle
[7]. La promotion des exportations signifie toutefois qu’il sera prioritaire dans l’acquisition des biens intermédiaires pour satisfaire la demande contrainte, le secteur non échangeable consommant alors le résidu.
L’équation (8) va définir la contrainte extérieure (CE) du pays, donnant une expression reliant la capacité de production du secteur non échangeable à la quantité de devises disponibles. En l’absence de contrainte sur les exportations, celle-ci s’écrit:
Équilibre économique global et chocs extérieurs
Équilibre du marché des biens non échangeables et contrainte extérieure
Le revenu d’équilibre du marché des biens non échangeables a été établi en supposant que les producteurs ne subissaient aucune contrainte d’offre. Le niveau d’exportation, fixé par les facteurs d’offre du secteur exposé, va pourtant affecter simultanément le niveau de demande globale (en déterminant le revenu de l’activité) et la capacité de production du secteur non échangeable (en déterminant la quantité de devises disponibles pour financer les importations de biens intermédiaires). Par conséquent, la production réalisée dans le secteur non échangeable sera le minimum de l’offre et de la demande:
L’équilibre économique global résulte de la confrontation des équations CE et NN. Existe-t-il un volume d’exportation pour lequel il y a pleine utilisation des capacités de production dans l’économie?
Or le dénominateur de cette expression est négatif (annexe 2), ce qui signifie que la pente de NN est toujours inférieure à celle de CE. Deux situations d’équilibre sont alors à envisager.
1er cas: le pays dispose d’une capacité de financement extérieur élevée, c’est-à-dire

.
Il n’y a pas d’intersection possible des droites
CE et
NN pour une valeur positive de
yx (
graphique 1). En effet, quelle que soit la valeur des exportations, le pays n’est jamais contraint sur l’offre, compte tenu d’une quantité de devises suffisamment élevée pour répondre aux besoins en biens intermédiaires importés. La production de biens non échangeables est alors déterminée par la demande globale:

.
Graphique 1
Dans une telle situation, il est intéressant de voir les répercussions sur l’économie de chocs extérieurs (
annexe 3 pour les expressions analytiques). Une détérioration des termes de l’échange
[8], en élevant le salaire effectif réel, déprime l’emploi et la production du secteur exportateur. La diminution en volume et en valeur des exportations resserre la contrainte de devises du pays et réduit à son tour la capacité de production du secteur non échangeable. Par la baisse du revenu de l’activité, ceci a un effet récessif sur le niveau de consommation et donc la demande globale de biens non échangeables. Graphiquement, La détérioration des termes de l’échange diminue la pente des deux droites
CE et
NN
[9].
D’un autre côté, un resserrement de la contrainte de financement laisse la demande de biens non échangeables et le volume d’exportation inchangés: en vertu de la priorité portée au secteur d’exportation, c’est en effet l’offre du secteur non échangeable qui subit le rationnement. Graphiquement, ce choc extérieur se traduit par un déplacement vers le bas de la droite CE, déplacement qui peut affecter la situation de contrainte de débouchés dans laquelle se trouve le pays si la chute des entrées de capitaux étrangers est suffisamment importante. Dans ce dernier cas, apparaîtrait une intersection possible des droites CE et NN: l’économie bascule alors dans la deuxième situation envisagée ci-dessous.
2e cas: le pays dispose d’une capacité de financement extérieur faible, c’est-à-dire

.
Il existe dans ces conditions un niveau d’exportation strictement positif pour lequel il y aura pleine utilisation des capacités dans l’économie (équation (10)). La production réalisée dans le secteur non échangeable correspond à la partie hachurée du
graphique 2: au point d’intersection des deux droites, il y a pleine utilisation des capacités (

). À droite de ce point, la production est déterminée par la demande (

); à gauche, elle est déterminée par la contrainte de devises (

). En effet, pour des niveaux de financement extérieur et d’exportation faibles, l’offre de biens non échangeables est contrainte, faute de devises disponibles pour financer les importations de biens intermédiaires. À partir d’un certain niveau d’activité du secteur exportateur, la production est par contre déterminée par la demande globale car des recettes d’exportation élevées se traduisent par plus de revenu et donc plus de consommation de la part des ménages.
Graphique 2
Supposons que notre pays soit initialement à l’équilibre walrasien, c’est-à-dire que la production potentielle du secteur d’exportation soit telle qu’il y ait pleine utilisation des capacités dans l’économie:

Les effets d’une détérioration des termes de l’échange sont identiques à ceux calculés dans le premier cas (annexe 3): une baisse de Θ déprime simultanément les exportations, l’offre et la demande de biens non échangeables. Le choc extérieur place l’équilibre initial du pays dans une situation de contrainte en devises (graphique 3). En effet, le niveau d’exportation initial génère des recettes insuffisantes pour satisfaire les besoins en biens intermédiaires importés du secteur non échangeable. Le retour à la pleine utilisation des capacités nécessite une relance des exportations en vue d’accroître la quantité de devises disponibles et de desserrer la contrainte d’offre.
Graphique 3
Une chute des entrées de capitaux, en déplaçant la droite CE vers le bas, élargit la zone de soumission à une contrainte de devises (graphique 4). Ce resserrement de la contrainte de financement du pays rend insuffisant le niveau de recettes d’exportation initial face aux besoins en biens intermédiaires de l’économie. Le retour à la pleine utilisation des capacités nécessite ici également une stimulation des exportations.
Graphique 4
Quel que soit le choc extérieur, le PVD dispose des politiques de change et de taux d’intérêt pour promouvoir ses exportations et rétablir la pleine utilisation des capacités dans l’économie. Une dévaluation nominale (hausse de E) ou une diminution du taux d’intérêt, en stimulant les exportations et la capacité de production du secteur abrité, augmente le revenu net des facteurs et relance la demande globale de biens non échangeables (annexe 3).
Le marché du travail
Certains travaux récents ont démontré le rôle crucial joué par la structure du marché du travail sur la détermination des effets des politiques d’ajustement structurel
[10]. Dans le cas des pays d’Asie du Sud-Est, des observations empiriques ont relevé l’existence d’une flexibilité du taux de salaire réel et de la mobilité intersectorielle comme modes d’ajustement sur le marché du travail. Cette double caractéristique peut être retenue dans notre cadre formel pour analyser les conséquences des chocs extérieurs sur l’emploi: en particulier, elle permet de prévenir une hausse du chômage dans le secteur abrité puisque
Nn dépend de
ωx à travers
yx*. En posant l’offre de travail exogène (

), le niveau d’emploi dans l’économie est défini par:
En conséquence, lorsque le secteur des biens non échangeables est contraint par la demande, l’emploi dans l’économie est égal à:
À l’inverse, si la contrainte de devises l’emporte, il sera donné par:
Quelle que soit la contrainte, une détérioration des termes de l’échange affecte l’emploi:

Une chute de Θ contracte l’emploi dans le secteur exposé en accroissant le salaire effectif réel; en diminuant yx*, elle amène à son tour une contraction du niveau de production et de l’emploi dans le secteur abrité. Nous avons vu également qu’un resserrement de la contrainte de financement extérieur (Λ) a pour conséquence de restreindre la capacité de production du secteur abrité. Ce choc extérieur n’affectera pas l’emploi lorsque celui-ci est contraint par la demande: c’est le cas du pays disposant d’un important volume de financement extérieur. À l’inverse, en plaçant le pays à faible capacité de financement extérieur dans une situation de contrainte de devises, la chute de Λ déprime l’emploi dans le secteur abrité. La stimulation des exportations par des politiques de change et de taux d’intérêt peut alors contribuer à réduire le chômage, quel que soit le choc extérieur, puisque l’emploi dans les deux secteurs de l’économie dépend de E et i.
Ces résultats confortent l’argument fréquemment avancé quant à la nécessité de combiner une flexibilité du marché du travail avec une stratégie de promotion des exportations pour faciliter l’ajustement macroéconomique, le secteur exposé absorbant l’excès de main-d’œuvre du secteur abrité. Toutefois, cet argument est remis en cause lorsque nous envisageons une situation dans laquelle le pays tourné vers l’exportation se trouve affecté par un choc de demande extérieure. Dans une telle situation, l’ajustement aux chocs ne passe plus par des facteurs d’offre (flexibilité du salaire et du marché du travail, ajustement des prix relatifs au travers des politiques de change et de taux d’intérêt) puisque la performance à l’exportation du pays est soumise cette fois-ci à des conditions de demande.
Stratégie de promotion des exportations et contrainte de débouchés
Peu de travaux ont mesuré les conséquences d’une insertion généralisée des PVD dans l’économie internationale. Dans un article précurseur, Cline (1982) estimait que si tous les PVD avaient la même intensité d’exportation que les quatre NPI d’Asie de la première vague au milieu des années soixante-dix, la généralisation de la stratégie de promotion des exportations induirait une croissance de plus de 700% des exportations manufacturées du Tiers-Monde. Ce qui sous-entend un important problème d’absorption de ces biens par les pays industriels. Dans notre cadre de travail, cet argument fait référence à la contrainte de débouchés qu’ont subie les pays moins avancés de la zone sud-est asiatique lorsque la demande régionale s’est contractée à la suite de la crise financière. Il est traduit dans notre modèle par l’hypothèse que la croissance du PVD peut être contrainte par les devises dans le cas où les exportations sont bornées par une limite supérieure liée aux conditions sur les marchés internationaux (Bacha, 1984 et 1991). Dans ce contexte, le maximum d’exportation que pourra atteindre le PVD sera inférieur au niveau qui maximise le profit de court terme:
La contrainte d’exportation va se reporter sur le marché des biens non échangeables en diminuant le revenu des ménages et leur demande de consommation:
La relation (7) nous permet de déterminer le revenu d’équilibre du secteur des biens non échangeables en l’absence de contrainte de devises:
En présence d’une contrainte d’exportation, la capacité de production du secteur non échangeable se trouve davantage resserrée puisqu’elle subit en priorité le rationnement des devises. Plus précisément, elle est dorénavant entièrement déterminée par les conditions extérieures: volume de financement extérieur disponible et état de la demande mondiale (ou régionale). La relation (8) donne son expression:
En supposant que l’équilibre global initial corresponde aux situations données par le volume de production potentielle du secteur exportateur (yx*), la contrainte d’exportation place le pays à forte capacité de financement extérieur dans une double contrainte de demande: le revenu du secteur exposé étant limité par une insuffisance de la demande mondiale, il se reporte sur le marché des biens non échangeables en affaiblissant la demande intérieure du pays, ce qui accentue davantage la contrainte de débouchés subie par le secteur. Dans le pays à faible capacité de financement extérieur, c’est la contrainte de devises qui prédomine: outre un montant de financement disponible faible, l’insuffisance de débouchés à l’exportation accroît les pénuries dans le pays en limitant la capacité de production du secteur abrité.
Une détérioration des termes de l’échange affecte l’économie de la même manière que précédemment, mais sans modifier la production de biens exportables puisque celle-ci est fixée par les conditions extérieures. L’impact sur l’offre du secteur non échangeable se déduit de la relation CE:
Une diminution de Θ réduit la valeur des exportations sans affecter leur volume, ce qui accentue la contrainte de devises du pays. On retrouve ici le danger d’une croissance appauvrissante à la Bhagwati: les pertes engendrées par la détérioration des termes de l’échange peuvent ne pas être compensées par un accroissement du volume d’exportation, faute de demande suffisante sur les marchés internationaux. Par ailleurs, l’impact sur la demande globale est négatif, la baisse de Θ réduisant dans toutes les situations le revenu net des facteurs. Une relance des exportations étant exclue compte tenu de la contrainte de débouchés extérieurs (aucun déplacement sur l’axe des abscisses ne sera possible), les solutions pour un retour à la pleine utilisation des capacités vont être fonction du volume de financement extérieur disponible.
Comme dans la situation précédente, une détérioration des termes de l’échange fait pivoter les droites CE et NN vers le bas. Un pays disposant d’un volume de financement extérieur élevé peut établir la pleine utilisation de ses capacités en relançant la demande, de manière à déplacer NN vers le haut jusqu’à couper la nouvelle droite CE au niveau d’exportation contraint (l’économie se déplace du point A vers le point B sur le graphique 5). Paradoxalement, une détérioration des termes de l’échange dans un PVD contraint par ses débouchés nécessite une politique de relance domestique alors que dans les pays fortement endettés (par exemple ceux d’Amérique latine), les politiques d’ajustement se sont accompagnées d’une restriction de la demande.
Graphique 5
Si le pays dispose d’un faible volume de financement extérieur, le retour à la pleine utilisation des capacités nécessite à l’inverse une restriction de la demande (déplacement de A vers B sur le graphique 6). En effet, sans choc extérieur, l’offre du secteur non échangeable est déjà limitée par une insuffisance de recettes d’exportation; ce qui amène le pays à compenser la perte de ses débouchés à l’exportation par une contraction de la demande intérieure pour retrouver la pleine utilisation de ses capacités. Mais en accentuant davantage la contrainte de devises, la détérioration des termes de l’échange nécessite une contraction encore plus importante de la demande afin de l’ajuster au moindre niveau de l’offre. Une autre manière de s’ajuster consiste pour le pays à faire appel aux capitaux étrangers: l’économie passe du point A au point C par un déplacement de la nouvelle droite CE vers le haut.
Graphique 6
Dans une situation où le pays subit à la fois une contrainte d’exportation et une contrainte de financement, c’est la capacité de production du secteur non échangeable qui sera la plus affectée. La dépendance vis-à-vis des conditions extérieures implique une importante perte de marge de manœuvre puisque le pays ne disposera plus que de la gestion de la demande intérieure comme seul instrument de politique économique. Et moins le pays dispose de capacité de financement extérieur, plus il sera dépendant.
Lorsque la chute des entrées de capitaux étrangers est faible (la contrainte de débouchés subsiste), le pays à financement extérieur élevé peut établir la pleine utilisation des capacités en relançant la demande comme dans les cas précédents. Mais il se peut que le choc extérieur soit suffisamment fort pour qu’apparaisse un point d’intersection entre CE et NN. Trois cas sont alors possibles.
Lorsque la nouvelle droite CE coupe NN au niveau d’exportation donné, aucune politique économique n’est nécessaire car les conséquences de la chute des entrées de capitaux étrangers sur la capacité de production du secteur abrité sont telles qu’elles annulent sa contrainte de débouchés domestiques.
Si le point d’intersection se situe à gauche de ce niveau d’exportation (point A représenté sur le graphique 7), le pays subit encore une contrainte de débouchés au niveau d’exportation donné. Il faudra alors une relance de la demande (déplacement vers B).
Graphique 7
Enfin, le cas où un point d’intersection se situe à droite correspond à la situation du pays faiblement doté en financement extérieur qui est soumis à une contrainte de devises (graphique 8). En l’absence de stimulation possible des exportations, le retour à l’équilibre walrasien passe uniquement par une restriction de la demande globale (passage du point A au point B par un déplacement de NN vers le bas).
Graphique 8
Quels sont les effets des politiques de change et de taux d’intérêt lorsque le pays subit une contrainte d’exportation? Les exportations étant exogènes, la capacité de production du secteur non échangeable est indépendante de toute relance par E et i: inefficaces à agir sur l’offre, leurs effets se mesurent par conséquent du seul côté de la demande globale.
L’emploi est par ailleurs donné par:
On observe, toutes choses égales par ailleurs, que l’emploi du pays à faible capacité de financement est déterminé par les conditions extérieures (

). Quel que soit le choc subi, les politiques de change et de taux d’intérêt se révèlent inefficaces à relancer l’emploi car, déterminé par la contrainte de devises, celui-ci est insensible à une politique de demande. Seule une hausse du volume de financement extérieur serait susceptible de relancer l’emploi et la production en desserrant la contrainte de devises.
En s’appuyant sur une promotion des exportations et une attraction des IDE, l’insertion rapide des pays asiatiques dans l’économie mondiale a été un important levier de leur processus de développement. Leur performance de croissance, maintenue de manière durable, démontra alors la supériorité d’une stratégie de développement tourné vers l’extérieur, confortant les organisations internationales dans la promotion d’une plus grande ouverture des PVD aux marchés internationaux des biens et des facteurs. Néanmoins, la crise récente survenue dans une région jusque-là portée en modèle a révélé les limites d’une telle stratégie de croissance déséquilibrée, notamment dans les derniers pays prétendants au titre de NPI: industrialisation fortement dépendante des importations, faible diversification de la base manufacturière, dualisme entre secteurs d’exportation et secteurs tournés vers le marché domestique. La récession de certains pays a alors suscité un certain nombre d’interrogations sur les politiques d’ouverture commerciale et d’intégration.
En introduisant un comportement d’exportation et un cadre multi-sectoriel dans l’approche néo-structuraliste, cet article s’est attaché à montrer qu’une stratégie de promotion des exportations, si elle permet d’accélérer la croissance industrielle des PVD, peut accentuer également leur vulnérabilité économique en raison des caractéristiques structurelles qu’elle dessine. Elle s’avère être très risquée en rendant l’économie du PVD fortement dépendante de la demande et des conditions de financement extérieures, au point de générer une causalité cumulative de récession. En outre, de par leur insertion généralisée dans l’économie mondiale, cette stratégie impose dorénavant aux PVD une forte contrainte de demande.
De ce fait, les marges de manœuvre des gouvernements (notamment des pays les moins avancés) se sont substantiellement rétrécies relativement aux NPI d’Asie lors de leur premier stade d’industrialisation. En l’absence de contrainte sur les marchés, l’ajustement aux chocs extérieurs passe par des facteurs d’offre, la stratégie de promotion des exportations jouant alors favorablement. Mais lorsqu’une contrainte de débouchés sur les marchés mondiaux survient, la seule politique économique envisageable par le PVD est une politique de demande puisque l’offre est complètement déterminée par les conditions extérieures (volume de financement extérieur disponible et état de la demande mondiale). Ce résultat nuance dans une certaine mesure les recommandations d’ouverture visant à stimuler l’offre d’exportation: un pays disposant d’une forte capacité de financement extérieur et contraint par ses débouchés devra relancer sa demande intérieure s’il veut s’ajuster aux chocs extérieurs. Les marges de manœuvre en matière de politique économique sont par contre plus étroites pour le pays à faible capacité de financement puisque les politiques de restriction de la demande globale s’avèrent elles-mêmes inefficaces à rétablir l’emploi et la production. C’est effectivement ce qui s’est passé au lendemain de la crise financière, lorsqu’une réduction drastique de la demande intérieure dans certains pays asiatiques en développement, en réponse à la chute des entrées de capitaux et à la détérioration des conditions de demande régionales, ont accentué la récession économique
[11].
T. A.-D. T.
Annexe 1
Le revenu net des facteurs
Le revenu net des facteurs est positif si la valeur ajoutée dans les deux secteurs de production est positive et si celle-ci est suffisante pour couvrir les paiements d’intérêt des besoins en capital circulant dans le secteur d’exportation.
• Dans le secteur des biens non échangeables, une valeur ajoutée positive se traduit par (en substituant z par la relation (4)):
Or, comme Θ > 0 et (1+ε)(ωun + vn) > vn, cette condition est toujours vérifiée.
• Dans le secteur des biens exportables, une valeur ajoutée suffisante pour couvrir les paiements d’intérêt sur les besoins en capital circulant implique:
en sachant que

En l’absence de contrainte sur les marchés:
Nx =

.
En remplaçant

par son expression (1), l’inégalité peut alors s’écrire:
ce qui est toujours vérifié car 0 < β < 1
Annexe 2
Dans cette annexe, nous montrons que la pente de NN est toujours inférieure à celle de CE; de ce fait, le dénominateur du terme de droite dans l’expression (10) est négatif.
En remplaçant le multiplicateur k par son expression, on peut écrire que:
Une pente de CE supérieure à cette expression se traduit par:
Or,

.
Ce qui implique:

.
Comme

, on a l’inégalité:

La pente de NN est par conséquent inférieure à celle de CE.
Annexe 3
Chocs extérieurs en l’absence de contrainte d’exportation
Les effets d’une détérioration des termes de l’échange et d’une chute des entrées de capitaux étrangers sont évalués en dérivant respectivement par rapport à Θ et Λ.
En l’absence de contrainte sur les marchés, le niveau d’exportation du pays est donné par l’équation (2). Ce qui implique:
Comme celui-ci détermine la quantité de devises disponibles pour financer les besoins en biens intermédiaires du secteur non échangeable, on en déduit de la relation CE:
Par conséquent, quel que soit le volume de financement extérieur, une baisse de
Θ aboutit à un même effet récessif sur la capacité de production des deux secteurs. L’effet sur le revenu et la demande globale de biens non échangeables va par contre dépendre du montant de financement dont dispose le pays. Ainsi, en cas de forte capacité de financement extérieur, on sait que la production du secteur N est déterminée par la demande:

. À partir de l’équation (6’), on en déduit alors le niveau de revenu:
en remplaçant
par la relation NN
L’effet sur la demande globale se déduit de la relation NN:

.
Lorsque le pays dispose d’une forte capacité de financement extérieur, une chute des entrées de capitaux étrangers laisse inchangés les niveaux d’exportation et de demande globale. En vertu de la relation CE, seule l’offre de biens non échangeables sera affectée par ce choc:
Partant d’une situation d’équilibre walrasien, un pays disposant d’une faible capacité de financement extérieur subit à l’inverse une contrainte de devises lorsque les termes de l’échange se détériorent:

. Le niveau de revenu de l’activité est alors lui-même influencé par le volume de financement extérieur. En effet, l’expression du revenu se déduit de l’équation (6’):
avec:

et

De cette expression du revenu, la demande globale de biens non échangeables s’écrit:
avec:

et

En cas de contrainte de devises, une détérioration des termes de l’échange ou une chute des entrées de capitaux étrangers aura pour conséquence de réduire la capacité de production du secteur non échangeable et, par-là, de déprimer le revenu et la demande globale.
Quel que soit le choc subi, le pays faiblement doté en financement extérieur dispose des politiques de change et de taux d’intérêt pour stimuler ses exportations et retrouver la pleine utilisation des capacités: ce qui n’était pas le cas du pays à forte capacité de financement. En effet, les exportations et l’offre de biens non échangeables sont fonctions de E et de i:
En sachant que

et

De même,

et

Le revenu net des facteurs en cas de contrainte de devises découle de l’équation (6’):
D’où:

et

L’impact d’une dévaluation et d’une diminution du taux d’intérêt sur la demande globale se déduit de l’équation (5):

et

·
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·
Van Wijnbergen S. (1983), « Credit Policy, Inflation and Growth in a Financially Repressed Economy », Journal of Development Economics, vol. 13, août, p. 45-65.
[1]
Thi Anh-Dao Tran, Maître de Conférences à l’Université PARIS XIII, Centre d’Économie de l’université Paris-Nord (CEPN)
tranad@ seg. univ-paris13. fr.
[2]
La Banque mondiale (1992) avait évalué un effet multiplicateur de 8,4 de toute récession dans les pays industriels sur les exportations manufacturées des PVD.
[3]
L’approche néo-structuraliste a accordé une place prépondérante au capital circulant comme source de demande de crédit dans les PVD (Taylor, 1983; Van Wijnbergen, 1983). En effet, les producteurs doivent payer les salaires et les biens intermédiaires importés avant la vente de leur production, ce qui les oblige à emprunter au préalable auprès des banques pour financer leurs besoins en capital circulant. Le coût de ces besoins entre alors dans les coûts totaux de production et de ce fait, une hausse du taux d’intérêt nominal peut exercer des effets dépressifs sur l’offre.
[4]
Le salaire effectif réel est positif si:

, c’est-à-dire si la recette d’une unité d’exportation supplémentaire est suffisante pour couvrir le coût et le paiement d’intérêt sur les biens intermédiaires.
[5]
Ce taux intègre déjà le paiement d’intérêt sur les emprunts bancaires nécessités par les besoins en capital circulant. On peut concevoir que

.
[6]
On suppose que la variation des réserves de change est soustraite du solde de la balance des capitaux, de sorte qu’apparaisse une valeur nette des entrées de capitaux (Bacha, 1991).
[7]
Une contrainte de débouchés à l’exportation et une contrainte d’importation aboutissent aux mêmes résultats. Dans le dernier cas, elle s’explique par des contraintes d’offre extérieures ou des problèmes de disponibilité en capital circulant qui limitent la quantité de biens intermédiaires disponibles du secteur exportateur.
[8]
Une détérioration des termes de l’échange causée par une baisse de
px* ou une hausse de
pI* a des effets divergents sur
ωx et
ω. Néanmoins, la discussion aboutit aux mêmes résultats puisque:

[9]
Les dérivées des pentes de NN et CE par rapport à
Θ sont respectivement:

[10]
Voir Agenor-Montiel (1999) pour une revue de littérature.
[11]
L’auteur tient à remercier Cuong Le Van ainsi que les deux rapporteurs anonymes pour leurs commentaires et leurs critiques constructives, qui ont permis d’améliorer les versions préliminaires de cet article. Il reste néanmoins seul responsable des éventuelles erreurs ou insuffisances.