Economie internationale
La Doc. française

I.S.B.N.sans
192 pages

p. 93 à 114
doi: en cours

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Forum de politique économique “L'économie britannique et l'euro”

no 91 2002/3

2002 Économie internationale Forum de politique économique “L’économie britannique et l’euro”

Le Royaume-Uni devrait-il rejoindre l’Union économique et monétaire?

Michael Artis  [1]
L’article traite de l’adhésion du Royaume-Uni à l’UEM. L’analyse en termes de zone monétaire optimale (ZMO) ne fournit que de faibles arguments en faveur de l’adhésion, car le Royaume-Uni est situé à la périphérie et non dans le noyau de l’UEM. Cependant, les coûts possibles de l’isolement (risques de discrimination commerciale et dangers d’une monnaie volatile) et la possible endogénéité du critère de ZMO renforcent l’intérêt d’adhérer. Quoique non écrasant, le verdict final est en faveur de l’adhésion.
Classification JEL: E32; F15; F33; F36.Mots-clés : euro, UEM, zone monétaire optimale.
This article focuses on whether or not the UK should join the EMU. The economic analysis provided by the “optimal currency area” (OCA) theory offers only weak arguments in favor of membership, since the United Kingdom is at the periphery and not at the core of the EMU. Nervertheless, the costs of being isolated (risks of trade discrimination and of a volatile currency), as well as the possible endogeneity of OCA criteria strengthen the case for joining. Even if not overwhelming, the final argument thus favours membership.
JEL Classification: E32; F15; F33; F36.Keywords : euro, EMU, optimal currency area.
L’Union Économique et Monétaire (UEM) est constituée et fonctionne. Le choix auquel est confronté le Royaume-Uni (R-U) est de savoir s’il veut y adhérer et, si c’est le cas, à quel moment. L’opinion publique, le monde des affaires et les économistes sont divisés sur cette question, tout comme les principaux partis politiques. Il est clair que cette décision est politique et que, de ce fait, les arguments politiques sont vraiment importants dans ce débat. Après tout, les unions monétaires sont généralement précédées ou accompagnées d’une union politique. Néanmoins, une union monétaire est une question économique et l’analyse économique est essentielle.
Cet article expose cette dimension économique en rappelant d’abord quel en est le contexte: les conséquences de l’adhésion; la situation constitutionnelle; l’opinion publique et celle du monde des affaires; les “cinq tests” définis par le gouvernement, etc. La théorie des zones monétaires optimales (ZMO) étant le cadre offert par l’analyse économique pour discuter des arguments pour ou contre une union monétaire, nous examinons ensuite ce que celle-ci propose. Après avoir constaté qu’aucune opinion tranchée ne s’en dégage, nous cherchons à établir ses éventuelles faiblesses. Ceci permet de réduire les défauts de l’analyse traditionnelle – mais, de notre point de vue, sans transformer complètement l’impression finale. Ainsi, il semble que le bilan des coûts et bénéfices économiques soit en définitive plus ou moins neutre.
Toutefois, c’est une chose d’étudier le projet d’UEM, pour ainsi dire dans l’abstrait, et c’en est une autre d’évaluer l’hypothèse d’adhérer (ou non) à une organisation déjà existante. C’est ce dernier point qui est maintenant la question pertinente. Ainsi pour achever l’analyse, il est nécessaire d’examiner les arguments pour ou contre la décision de rester en dehors de l’UEM – ce que nous pouvons appeler “la solution canadienne”. Nous ne trouvons pas qu’une telle solution soit ou impossible, ou clairement indésirable d’un point de vue économique. Cependant, il semble que cette solution comporte quelques risques qui font pencher la balance légèrement en faveur de l’adhésion. Il convient de voir notamment si la non participation du R-U à l’UEM met en danger sa participation au Marché unique. De manière générale, la question est de savoir si la flexibilité du taux de change et l’indépendance monétaire garantissent contre des chocs externes ou offrent simplement un canal supplémentaire à travers lequel peuvent s’exercer des forces déstabilisantes. À cet égard, pour de grands pays développés ayant des systèmes financiers bien gérés, il n’est pas évident de savoir si les avantages l’emportent sur les inconvénients.
 
Le contexte
 
 
L’Union Économique et Monétaire est née le 1er janvier 1999 avec initialement onze pays de l’Union européenne sur quinze. L’éligibilité pour y participer dépendait du respect d’une série de critères définis dans le Traité de l’Union européenne (plus connu sous le nom de Traité de Maastricht).
Ces critères requièrent que:
  • la banque centrale nationale du pays concerné soit indépendante;
  • la monnaie du pays ait participé au Mécanisme de Change Européen (MCE) pendant au moins deux ans, sans dévaluation;
  • le taux d’inflation du pays n’ait pas dépassé une valeur de référence définie par les trois pays les mieux placés en matière d’inflation de plus 1,5%;
  • le taux d’intérêt de long terme n’ait pas excédé de 2% la moyenne des trois pays présentant les meilleurs taux d’inflation;
  • le ratio du déficit public rapporté au PIB n’excède pas 3% et que le ratio de la dette rapportée au PIB ne dépasse pas 60% (avec des exceptions qui impliquent que les infractions au critère de déficit ne doivent être “qu’exceptionnelles et temporaires” ou que le ratio “ait baissé substantiellement et de manière continue” tandis que les manquements au ratio de la dette sur PIB ne sont permis que si “le ratio baisse suffisamment”) [2].
Dans les faits, un de ces critères – à savoir le ratio dette publique sur PIB – a été ignoré. De plus, ni la Finlande, ni l’Italie ne remplissaient à la lettre le critère du taux de change. La Grèce n’a pas réussi à remplir les critères, tandis que le R-U et le Danemark ont choisi de ne pas participer, option qui avait été négociée dans le Traité de Maastricht. La Suède, qui n’était pas encore membre de l’UE au moment des négociations de Maastricht, a également été considérée comme ne remplissant pas les critères.
La position du gouvernement britannique est que l’adhésion du R-U dépend du résultat positif d’un référendum lors de la prochaine législature et du respect de “cinq tests” (HM Treasury 1997) [3]. La version officielle de ces tests est la suivante.
Les cycles et les structures économiques sont-ils conciliables de telle sorte que le R-U et les autres pays membres de l’euro puissent vivre confortablement et de façon durable avec les taux d’intérêt de l’Euro? Si des problèmes émergent, y a-t-il suffisamment de flexibilité pour les traiter? Rejoindre l’UEM crée-t-il de meilleures conditions pour les entreprises qui prennent des décisions d’investissement à long terme en Grande-Bretagne? Quel serait l’impact de l’entrée dans l’UEM sur la position compétitive du secteur financier du R-U, en particulier pour les entreprises de la City? En résumé, est-ce que l’adhésion à l’UEM provoquera une croissance plus forte, de la stabilité et une augmentation durable de l’emploi?
La réponse à tous ces “tests” sera donnée par le gouvernement, au moment qui lui conviendra. Certes, ces “tests” nécessitent tous un peu d’interprétation. Les deux premiers coïncident en réalité avec les préoccupations de la théorie des ZMO que nous examinons plus loin. Les autres, au contraire, n’appartiennent à aucun cadre théorique précis de l’analyse économique. Le quatrième semble refléter le pouvoir d’un groupe d’intérêt particulier, la City de Londres.
Enfin, il est difficile de voir comment un effet sur l’investissement peut être confirmé avant l’événement, et le même argument pourrait s’appliquer au “test” concernant l’emploi, bien que cela pourrait être rattaché à la question du niveau du taux de change au moment de l’entrée.
Il semble clair qu’actuellement, l’UEM n’est pas une option populaire. Le tableau 1 présente les résultats d’un sondage d’opinion conduit par ICM sur une période assez longue. Les réponses à la première question mentionnée montrent que généralement moins d’un tiers des sondés voteraient “oui” à un référendum sur l’adhésion à l’UEM. Cependant, les réponses enregistrées à la seconde question font apparaître avec une probabilité plus élevée que le R-U sera dans l’UEM “dans dix ans”. Il est souvent soutenu que l’opinion publique peut être influencée significativement par une intervention décisive du gouvernement. Bien que cela puisse être le cas, il est évident que l’opinion publique a du chemin à faire avant d’être convaincue par une participation à l’UEM.

Tableau 1
Évolution de l’opinion publique britannique
IMGIMGEn %	Question 1: S’il y avait un ref...IMGIMF
En % Question 1: S’il y avait un referendum, voteriez-vous pour une adhésion à la monnaie unique européenne (euro) ou voteriez-vous contre? (votes ICM) Oui Non Octobre Mai Mai Mai Mai Avril 1992 1998 1999 2000 2001 2002 27 34 35 27 25 28 59 48 52 61 62 59 Question 2: En laissant de côté ce pour quoi vous voteriez, dans 10 ans, qu’est ce qui est le plus probable parmi ce qui suit? R-U inclu R-U exclu Juillet Juin Décembre 1999 2000 2001 36 40 62 26 25 14

Une étude récente de l’opinion réalisée dans le monde des affaires a constaté que, là aussi, les avis sont très partagés. Dans un sondage MORI, réalisé pour le Financial Times et publié dans le numéro du 1er novembre 1999, portant sur 1 000 entreprises du R-U, seulement 49% d’entre elles (une fois l’échantillon pondéré par l’emploi) s’exprimaient en faveur de l’adhésion à l’euro. Une étude récente de l’opinion des économistes, rapportée dans The Economist du 17 avril 1999, a montré que 64% de ceux qui ont renvoyé le questionnaire, étaient favorables au remplacement de la livre par l’euro. L’enquête ciblait des économistes académiques et plus précisément des professeurs des principales universités plutôt que ceux travaillant dans le commerce ou la finance. Parmi ces professeurs se déclarant macroéconomistes, la proportion d’opinion favorable était légèrement plus élevée que la moyenne, à 67%; les économistes spécialisés dans les questions monétaires (“monétaristes”?) votaient contre pour les deux tiers d’entre eux.
Que devrait faire le R-U pour participer à l’UEM? D’un point de vue formel, il devrait se conformer aux critères du Traité de Maastricht. En 1998, lorsque la composition initiale de la zone euro a été décidée, le R-U aurait rempli presque tous les critères, et il le ferait encore aujourd’hui [4]. Les exceptions étaient (et restent) le critère d’indépendance de la banque centrale et celui du taux de change [5]. Le premier peut aisément être satisfait. Dans tous les cas, participer à l’UEM devrait mettre un terme aux nouvelles procédures de définition de la politique monétaire, puisque la responsabilité de cette décision passerait à la BCE.
Le critère de change pourrait poser des problèmes plus ardus. La condition formelle requise par le Traité de Maastricht concernant le taux de change suppose l’appartenance au MCE “à l’intérieur de marges de fluctuation normales… sans tensions sérieuses pendant au moins les deux dernières années”. Et “En particulier, l’État membre ne devra pas avoir dévalué sa parité bilatérale par rapport à aucune autre monnaie des États membres de sa propre initiative sur la même période”. Les “marges de fluctuation normales”, auxquelles il est fait référence, signifiaient bien sûr, au moment des négociations de Maastricht, ± 2,25%, mais lors de l’examen de 1998, le MCE avait été modifié substantiellement avec l’adoption de marges de fluctuation élargies de ± 15%, suite à la crise de 1993. Lors de l’examen de 1998, la Commission a recherché la stabilité du taux de change définie par des fluctuations de ± 2,25% par rapport à la monnaie médiane dans la grille du MCE, sur la période mars 1996-février 1998. Comme mentionné précédemment, ni l’Italie ni la Finlande ne remplissaient le critère des “deux années” d’appartenance au MCE avant mai 1998 (le mark finlandais a rejoint le MCE pour la première fois en octobre 1996 et la lire italienne l’a réintégré le mois suivant), mais l’accent a été mis sur la stabilité du cours de la lire et du mark plutôt que sur une appartenance continue et formelle pendant deux ans.
Quelle devrait être la position du R-U? Le gouvernement britannique a insisté jusqu’ici sur le fait que l’adhésion à un “MCE II” n’est pas une option acceptable pour le R-U, et que les arrangements du MCE qui ont suivi la crise de 1993 rendent absurdes les exigences formelles du Traité. Les futurs partenaires du R-U pourraient probablement accepter cela, mais ils devraient raisonnablement exiger quelques garanties sur le niveau du taux de change (qui devrait même être validé) auquel le R-U rejoindrait l’UEM; et ils devraient probablement se sentir obligés d’insister pour que le R-U prouve la stabilité de son taux de change pendant une période donnée. Dans tous les cas, il devrait presque à coup sûr y avoir une “période transitoire” explicite, entre la date à laquelle la participation serait acceptée et la date formelle d’entrée.
Dans le cas des pays de la zone euro existante, il y a eu une période de transition analogue, qui a duré environ sept mois entre la décision de participation en mai 1998 et le lancement formel de l’UEM le 1er janvier 1999. Cette période a été remarquable par sa stabilité; les taux de change croisés pré-annoncés entre les monnaies des pays participant n’ont pas été sérieusement remis en question par les marchés et il n’y a pas eu d’attaques spéculatives. Ceci a reflété, inter alia, qu’il n’y avait aucune menace sérieuse de retrait de la part d’un pays membre; tant que les engagements restaient fermes, la spéculation semblait inutile – échanger des francs français contre des deutsche marks aurait été équivalent à échanger des livres contre des pennies. On ne peut pas avoir la même certitude pour le R-U, dans la mesure où le souvenir de la crise de 1992 peut conduire les marchés à remettre en question les arrangements négociés, surtout si les conditions politiques à l’intérieur du R-U laissent penser qu’un consensus total est encore loin d’être atteint. Le dernier recours serait une promesse d’intervention illimitée de la part de la BCE sur les marchés des changes, mais on ne peut raisonnablement espérer une telle promesse dans un climat d’incertitude politique substantielle.
Ceci signifie que trois choses seront particulièrement importantes pour une transition réussie vers l’adhésion du R-U à l’UEM: l’accord avec nos futurs partenaires sur un taux de change d’entrée qui soit largement considéré comme sensé et donc qui suscite le soutien des marchés financiers; des lignes de défense techniques comprenant des interventions éventuelles sur les marchés des changes d’une grande ampleur si nécessaire; un consensus national assez solide; et, étant donné ce qui a été dit plus haut, une période de transition courte [6]. Contrairement aux autres conditions d’entrée, cette dernière pourrait être difficile à atteindre.
 
La théorie des zones monétaires optimales
 
 
L’analyse économique traditionnelle des unions monétaires, la théorie des zones monétaires optimales, a été élaborée à partir des contributions pionnières de Mundell (1961) et McKinnon (1963) qui ont donné suite à de nombreuses contributions ultérieures développées à l’intérieur du même cadre. Tavlas (1993) propose une revue de la littérature récente qui donne un aperçu des apports issus d’autres cadres théoriques. La théorie des ZMO a été créée dans le cadre de la macroéconomie à “prix fixe” et accentue, de ce fait, le rôle clé des chocs de demande, tandis que les variations de taux de change nominaux et réels sont considérées comme pertinentes à court terme mais pas à long terme. L’argument central de la théorie des ZMO est alors que les coûts d’une union monétaire proviennent du fait qu’il n’est plus possible d’utiliser une politique monétaire indépendante et de recourir aux modifications appropriées de taux de change pour corriger des chocs asymétriques entre les éventuels pays partenaires. Le coût peut être atténué si les partenaires conviennent d’un mécanisme budgétaire fédéral qui amortit les chocs asymétriques, si la mobilité du travail entre les partenaires est suffisamment élevée, ou si la flexibilité interne du marché du travail est assez importante.
Il est souvent admis que l’UEM ne se dotera d’aucun dispositif budgétaire fédéral (tel qu’il existe aux États-Unis) dans le futur proche [7], et il est également assez clair que la mobilité du travail à l’intérieur de l’Union est plutôt faible, encore une fois si on la compare à celle des États-Unis [8]. Stimuler la flexibilité interne de marché du travail reste, cependant, une option politique réaliste pour les pays européens. L’intégration du marché des capitaux pourrait également aider le processus d’ajustement à des chocs asymétriques puisqu’il permet de favoriser le partage du risque. Un des objectifs de l’UEM est de réaliser une zone européenne financière plus intégrée. Des études récentes (Sorensen et Yosha, 1998) ont montré qu’il y avait beaucoup plus de partage des risques à travers les marchés de capitaux privés et de crédit à l’intérieur des États-Unis qu’à l’intérieur de l’Europe. Cette caractéristique est vraisemblablement liée – mais pas exclusivement – à la présence d’une monnaie unique aux États-Unis et à son absence à l’époque en Europe. Les bénéfices d’une union monétaire sont d’abord liés à la disparition des coûts de transaction dans la conversion d’une monnaie en une autre. Il est devenu courant de soutenir qu’une monnaie unique, parce qu’elle rend transparentes les pratiques de monopole discriminant, contribue également à renforcer l’efficacité de la concurrence. Krugman (1990) a montré que les arguments pour et contre les ZMO pouvaient être présentés dans un cadre coût-bénéfice, tel qu’illustré par le graphique 1.
Graphique 1
Bénéfices et coûts des ZMO, en fonction de l’intégration
IMGIMGBénéfices et coûts des ZMO, en fonction de l’intég...IMGIMF
Notes : B: Bénéfices, en % du PIB.
C: Coûts, en % du PIB.
Le graphique 1 décrit la situation d’un pays envisageant de participer à une union monétaire avec un autre pays ou un groupe de pays. Les coûts et les bénéfices (disons en pourcentage du PIB) sont mesurés sur l’axe vertical et l’intégration commerciale avec le futur pays ou groupe de pays partenaire(s) sur l’axe horizontal. Cette dernière pourrait être mesurée, de façon standard, par {Mi + Xi}/2YiMi représente les importations du pays i en provenance de son futur partenaire, Xi les exportations du pays i vers son partenaire potentiel et Yi le PIB du pays i.
Sur le graphique, la courbe des bénéfices (BB) est représentée avec une pente croissante. Ceci exprime l’idée selon laquelle plus le degré d’intégration commerciale est élevé, plus les bénéfices liés à la disparition des coûts de transaction dans la conversion des monnaies entre les futurs partenaires sont importants. La courbe des coûts (CC) présente une pente décroissante, exprimant l’idée selon laquelle plus le degré d’intégration est important, moins un changement dans le taux de change nominal est efficace pour induire une modification du taux de change réel. Dans un groupe d’économies fortement intégrées, et quel que soit le pays considéré, une proportion importante des dépenses des consommateurs consistera en biens importés des autres pays. Par conséquent, une dévaluation, compte tenu de la hausse induite des prix d’importation, aura un effet relativement important sur le niveau des prix domestiques, produisant une augmentation des salaires nominaux, et annulant l’effet “réel” initialement recherché par la dépréciation. À droite du point E, point d’intersection entre les courbes BB et CC, les bénéfices sont supérieurs aux coûts et l’union monétaire est intéressante pour le pays considéré. La courbe C’C’ indique que les coûts seront plus élevés pour un pays qui est surtout exposé à des chocs asymétriques. Pour un pays qui subit les mêmes chocs que le partenaire qu’il désire rejoindre, les coûts liés à l’abandon d’une politique monétaire indépendante seront moins importants et une courbe de coût plus faible – commeC’’C’’ – devrait prédominer.
Ce graphique est un résumé utile de quelques-uns des principaux problèmes. Il suggère, par exemple, qu’au fur et à mesure que l’intégration s’intensifie, l’union monétaire deviendra plus souhaitable. Il est également facile de comprendre que les pays les plus petits sont susceptibles de trouver l’union monétaire plus attrayante que les pays plus grands (l’intégration est susceptible d’y être plus importante). En même temps, le cadre coût-bénéfice utilisé dans le schéma permet de garder à l’esprit qu’il y a des coûts et des bénéfices non-économiques qui pourraient conduire à la décision d’adhérer (ou non) avec un coût économique.
Cependant, le schéma indique aussi, ce qui n’est généralement pas réalisable, que la théorie des ZMO peut être utilisée de manière à offrir une estimation claire des coûts ou des bénéfices nets. Quoiqu’un tel calcul ne puisse pas être mené à bien, on peut néanmoins pressentir que l’union monétaire est “plus évidente” pour certains pays que pour d’autres (intégration commerciale plus élevée, fréquence de chocs asymétriques plus faible). Dans le débat sur la structure de l’UEM, il est devenu vraiment courant de distinguer un groupe “centre” et une ou plusieurs “périphéries”. Pour les pays du groupe “centre”, l’union monétaire semble plus attrayante ou moins indésirable que pour les groupes périphériques. Dans la plupart des exercices de ce type, le R-U se range parmi les pays périphériques. Nous allons maintenant expliquer le type d’estimation qui peut être menée et qui conduit à une telle conclusion.
L’application de la théorie des ZMO
Les bénéfices de l’adhésion à une union monétaire peuvent être mesurés par le montant de commerce effectué avec les pays avec lesquels l’union est envisagée. Le tableau 2 donne quelques données essentielles qui illustrent cette optique. Il montre (colonnes 1 et 2), pour chaque pays membre de l’UE-15, le montant du commerce intra-UE exprimé en pourcentage du PIB (“intégration commerciale avec l’UE”) et le ratio du commerce intra-UE sur le commerce total (intensité des échanges avec l’UE) [9]. La colonne 3 donne les ratios d’échanges réalisés avec l’Allemagne, exprimés en proportion du commerce total de chaque pays (l’intensité des échanges avec l’Allemagne). Comme nous le verrons, dans les nombreux exercices d’application de la théorie des ZMO à l’UEM, l’Allemagne a été prise comme ancre ou pays de référence. Évidemment, certaines conclusions obtenues sur cette base pourraient ne pas tenir aussi fortement si l’exercice était élargi en prenant comme référent l’UE dans son ensemble ou un sous-échantillon des 12 pays de la zone euro. Les chiffres présentés dans le tableau 2 pour l’Irlande diffèrent sensiblement selon que l’on se réfère à l’une ou l’autre de ces deux ancres, du fait de la dépendance encore forte de l’Irlande par rapport au R-U en matière commerciale. Si l’on se fie à ces chiffres, il est important de noter que le R-U n’est pas très différent des autres grands pays de l’UE. De même, à partir des données centrées sur l’Allemagne, la position du R-U n’est pas exceptionnelle par rapport aux autres grandes économies.

Tableau 2
Intégration commerciale et intensité commerciale dans l’Union européenne
IMGIMGEn %	Intégration commerciale Intensi...IMGIMF
En % Intégration commerciale Intensité des échanges Intensité des échanges avec l’UE (a, c) avec l’UE (a, d) avec l’Allemagne (b, d) (1) (2) (3) Belgique/Luxembourg 51,6 65,5 17,1 Danemark 19,4 64,5 20,0 Allemagne 16,0 49,8 – Grèce 10,5 61,0 13,1 Espagne 17,6 66,9 13,8 France 16,2 62,5 15,3 Irlande 35,8 51,8 9,2 Italie 11,9 48,6 16,3 Pays-Bas 28,3 59,5 21,6 Autriche 25,2 62,8 38,7 Portugal 24,0 73,2 15,2 Finlande 19,0 55,7 13,6 Suède 22,4 61,9 13,8 Royaume-Uni 12,1 53,8 12,3 UE-15 17,4 56,5 16,5 Notes: Les données se rapportent uniquement au commerce de biens. (a) Données prévisionnelles pour 2002. (b) Données se rapportant à l’année 2000. (c) L’intégration commerciale est mesurée par { Mi + Xi }/2Yi – voir texte. (d) L’intensité des échanges est mesurée par la part du commerce total (exportations, importations) réalisée avec l’UE (l’Allemagne). Sources: The EU Economy: 2000 Review, The European Economy 71, 2000; IMF Direction of Trade Statistics, mars 2002.

Il a été probablement plus difficile d’illustrer les coûts de l’adhésion à l’UEM représentés par la fréquence des chocs asymétriques. Idéalement, on a besoin d’une estimation de l’asymétrie des chocs que le pays va subir à l’avenir, par rapport à ceux qui toucheront son futur partenaire. En principe, on aimerait avoir une évaluation des chocs “indépendants des politiques économiques”, puisque l’une des tâches de la politique économique est précisément de les compenser. En pratique, les économistes ont eu recours à deux approches alternatives pour estimer l’asymétrie des chocs.
L’une, suivant Bayoumi et Eichengreen (1993), isole les chocs comme étant les termes d’erreur de l’estimation d’un modèle VAR (vecteur auto-régressif) à deux variables (la production et les prix) sur lequel quelques restrictions simples d’identification ont été imposées. Ces restrictions servent à identifier les chocs d’offre et de demande séparément; les chocs de demande sont estimés en imposant la restriction suivant laquelle ils n’ont pas d’effet à long terme sur la production mais seulement sur les prix, tandis que les chocs d’offre peuvent avoir un tel effet. Le tableau 3 montre les corrélations entre les chocs de demande identifiés avec cette méthode et ceux de l’Allemagne. Ces derniers semblent mériter plus d’attention que les corrélations de chocs d’offre dans la mesure où la politique monétaire est évidemment davantage en mesure de les corriger qu’elle ne l’est pour les chocs d’offre. Le tableau montre des estimations pour deux périodes: 1960-88 et 1960-95. Une distinction centre-périphérie, fondée sur les valeurs relatives des coefficients de corrélation croisée, semble observable dans les deux estimations, bien que la composition des deux groupes varie selon la période d’observation. Dans tous les cas, le R-U semble appartenir à la périphérie et non au centre, même si sa corrélation se renforce sensiblement avec l’ajout des données plus récentes.

Tableau 3
Centre et périphérie: corrélations des chocs de demande par rapport à l’Allemagne
IMGIMG1960-1988	1960-95	UE-15	0,32	0,57	Al...IMGIMF
1960-1988 1960-95 UE-15 0,32 0,57 Allemagne 1,00 1,00 France 0,28 0,28 Danemark 0,30 0,25 Royaume-Uni 0,07 0,14 Italie 0,14 0,29 Pays-Bas 0,17 0,18 Belgique 0,38 0,28 Autriche 0,30 0,32 Espagne – 0,07 – 0,03 Portugal 0,20 0,16 Grèce 0,18 0,09 États-Unis – 0,21 – 0,22 Canada – 0,05 0,03 Norvège 0,28 0,22 Suède 0,07 0,19 Finlande 0,16 0,02 Source: Artis, 2000.

L’autre approche a consisté à assimiler les asymétries dans les cycles conjoncturels à la présence de chocs asymétriques, au sens approprié du terme. Selon Artis et Zhang (1997) qui ont utilisé cette méthode en mesurant les corrélations croisées des séries de productions corrigées de leur tendance, le R-U serait plus étroitement lié au cycle des États-Unis qu’au cycle allemand alors que la période du SME aurait servi à renforcer la liaison avec le cycle économique “européen” pour la plupart des autres pays. Les échantillons de données plus longs, utilisés dans les estimations présentées dans le tableau 4, confirment ces hypothèses, bien que sous une forme légèrement plus faible que dans l’étude originale. Il reste vrai que l’affiliation du R-U semble plus étroite avec le cycle américain qu’avec le cycle allemand; et il est vrai, à une exception près, que les liens des pays du SME avec l’Allemagne se sont renforcés, comparés à leur lien avec les États-Unis, entre les périodes de pré-SME et de SME. Cependant, sur l’échantillon de données plus étendu utilisé ici, les corrélations croisées des pays du SME avec l’Allemagne n’augmentent pas toutes en termes absolus entre les deux périodes.

Tableau 4
Cycle économique corrélations croisées avec l’Allemagne et les États-Unis*
IMGIMGAllemagne	États-Unis	Pré-SME**	SME**...IMGIMF
Allemagne États-Unis Pré-SME** SME** Pré-SME** SME** France 0,65 0,69 0,72 0,34 Italie 0,37 0,43 0,58 0,30 Pays-Bas 0,79 0,48 0,43 0,31 Autriche 0,63 0,73 0,44 0,22 Belgique 0,69 0,56 0,63 0,18 Espagne 0,48 0,38 0,64 0,17 Portugal 0,41 0,30 0,52 – 0,18 Royaume-Uni 0,64 0,16 0,75 0,35 * Les corrélations croisées sont calculées à partir des composantes cycliques des données mensuelles de productions industrielles, après les avoir filtrées par un filtre Hodrick –Prescott (avec λ = 50 000). ** Le “pré-SME” correspond à la période 1965: 5 –1979: 3; Le “SME” correspond à 1979: 3 –1997: 6. Source: Artis, 2000.

Les estimations globales
À quoi ressemblent les estimations globales qui cherchent à combiner à la fois les coûts et les bénéfices? Bayoumi et Eichengreen (1997) ont fourni une telle évaluation. Ils ont calculé un index de ZMO fondé sur la contribution de différents facteurs à la détermination des taux de change bilatéraux. Ceux-ci comprenaient: une mesure de la synchronisation du cycle économique, une mesure de composition des exportations et des mesures de taille de pays et d’intensité d’échange pondérée par la production. Sur cette base, ils ont distingué un groupe de pays “convergents”, un autre de pays “en train de converger” et un troisième groupe de pays montrant peu de signe de convergence. Cette identification et la composition des trois groupes ressemblent assez fortement à l’identification fondée sur une analyse de regroupement (cluster) réalisée par Artis et Zhang (2001, 2002) que nous discutons ci-dessous [10].
L’analyse (cluster) est fondée sur l’identification de similarités entre des séries de données. Le choix des variables utilisées dans les études d’Artis et Zhang, est inspiré de la théorie des ZMO. Elles sont centrées sur l’Allemagne qui est pris comme pays de référence, et comprennent les six variables suivantes: l’intensité des échanges bilatéraux entre l’Allemagne et le pays considéré; la flexibilité du marché du travail du pays par rapport à l’Allemagne (mesurée par le classement relatif de sa législation de protection du travail); la synchronisation de la politique monétaire du pays (mesurée par le taux d’intérêt réel) avec celle de l’Allemagne; la synchronisation du cycle économique du pays considéré avec l’Allemagne; la volatilité de son taux de change réel par rapport au DM; et son taux d’inflation relatif par rapport à l’Allemagne. Cette dernière mesure est censée représenter l’engagement des autorités à lutter contre l’inflation, une variable proposée par des contributions récentes à la théorie des ZMO.
Les tableaux 5 et 6 donnent les résultats respectivement des versions fortes et “faibles” des analyses (cluster) appliquées aux six variables mentionnées ci-dessus. L’échantillon a été construit à partir de données portant sur la période d’avril 1979 à l’automne 1995. Le rassemblement des pays en groupe – dans sa version forte – s’effectue sur la base d’une démarche séquentielle, en formant un groupe initial à partir des deux pays dont les vecteurs de caractéristiques respectifs présentent la distance la plus faible, puis en continuant à former le groupe suivant sur le même critère de distance minimum entre une paire de pays (ou entre un pays et le groupe constitué initialement) [11]. Étant donné la manière dont les variables sont construites dans cet exercice spécifique, les groupes de pays sont constitués sur la base de la similarité entre les vecteurs de caractéristiques des pays qui, d’une certaine manière, mesure la ressemblance avec l’Allemagne. Dans le tableau 5, l’échantillon de pays comprend tous les membres de l’UE-15 (à l’exception du Luxembourg qui n’est pas analysé isolément), les États-Unis, le Canada, le Japon et la Norvège. Le premier groupe constitué dans la séquence décrite est celui des États-Unis et du Canada (semblables, en effet, dans leur éloignement par rapport à l’Allemagne), suivi par un groupe périphérique Sud, un groupe central et un groupe périphérique Nord. Le Japon est le dernier et l’unique pays à entrer dans un groupe.

Tableau 5
Groupes de pays détectés d’après le regroupement au sens “fort”
IMGIMG1. Centre:	(France, Pays-Bas, Belgiq...IMGIMF
1. Centre: (France, Pays-Bas, Belgique, Autriche) RMS: 0,56 2. Périphérie Nord (Danemark, Irlande, Suisse, Suède, Norvège, Finlande, R.-U.) RMS: 0,81 3. Périphérie Sud (Italie, Espagne, Portugal, Grèce) RMS: 0,47 4. Amérique du Nord (États-Unis, Canada) RMS: 0,18 5. Japon (Japon) Source: Artis et Zhang, 2001.


Tableau 6
Regroupement “faible”: coefficients d’appartenance
IMGIMGPays	Groupe I Centre	Groupe II (Nord...IMGIMF
Pays Groupe I Centre Groupe II (Nord) Groupe III (Sud) France 62,7 19,9 17,4 Italie 11,6 18,5 69,9 Pays-Bas 87,3 7,0 5,7 Belgique 87,9 6,1 6,0 Danemark 22,8 58,7 18,5 Autriche 66,7 16,2 17,1 Irlande 8,4 75,8 15,8 Espagne 8,1 28,7 63,2 Portugal 2,1 4,9 93,0 Suède 3,2 86,8 10,0 Finlande 6,1 82,5 11,4 Grèce 8,1 15,5 76,4 R-U 5,3 82,9 11,8 Note: Les chiffres en gras sont les plus élevés de la ligne. Source: Artis et Zhang, 2002.

Le graphique 2 illustre le processus séquentiel de regroupement des pays dans un diagramme en arbre. La procédure forte de regroupement des pays peut être effectuée suivant plusieurs méthodologies légèrement différentes. Dans l’étude à laquelle il est fait référence, les principaux résultats sont robustes aux différences dans la méthodologie de construction des groupes de pays (les résultats mentionnés ici concernent la “moyenne des groupes”) et à l’introduction d’un système de pondération qui regroupe les éléments de “coût” des six variables. Dans ce dernier cas, le commerce bilatéral et le différentiel d’inflation se sont vus attribués chacun un coefficient de 0,33 tandis qu’un poids de 0,33/4 = 0,08 a été donné respectivement aux corrélations cyclique et de politique monétaire, à la performance relative du marché du travail et à la volatilité du taux de change.
Graphique 2
Regroupement au sens “fort” pour l’UEM
IMGIMGRegroupement au sens “fort” pour l’UEMIMGIMF
Source : Artis et Zhang, 2001.
Cependant, on peut prétendre que la procédure de regroupement au sens “fort” constitue une perte d’information. Elle nécessite qu’un pays soit classé dans un groupe ou un autre. Ceci signifie que les cas limites peuvent être mal représentés. Au contraire, le regroupement “faible” attribue à chaque pays un “coefficient d’appartenance”, de telle sorte que ces coefficients totalisent 100%. De cette manière, les cas limites sont clairement identifiés. Le tableau 6 montre les résultats du regroupement au sens “faible” appliqué aux 15 pays de l’UE, en utilisant les mêmes six variables listées plus haut. Ceci confirme l’existence d’un ensemble similaire de trois groupes – avec un centre et deux groupes périphériques. Le R-U est identifié ici comme un membre fort du groupe périphérique Nord, avec peu d’inclinaison à appartenir au centre.
Carlin et alii (1999) apportent des arguments sur une autre question qui permet de distinguer un centre et une périphérie. C’est la sensibilité du commerce d’un pays aux variations de taux de change. Carlin et alii trouvent que les pays périphériques, en particulier le R-U et la Suède, éprouvent une sensibilité bien plus importante aux coûts unitaires du travail dans leurs performances à l’exportation que les pays du centre. Ceci pourrait fournir une raison de douter des mérites de la participation des pays périphériques à l’UEM puisque l’abandon d’un taux de change indépendant est plus coûteux pour eux.
Jusqu’ici, le résultat de cette synthèse de la littérature économique est que, d’après la théorie des ZMO, le Royaume-Uni est un candidat marginal pour l’UEM. Tout au moins, il semble plus proche de la périphérie que du centre. Ceci ne signifie pas que le R-U ne doive pas participer à l’UEM; mises à part d’autres considérations franchement plus politiques, plusieurs faiblesses dans l’analyse des ZMO méritent être soulignées. Certaines, mais pas toutes, peuvent être perçues comme plus favorables à l’hypothèse économique de la participation du R-U à l’UEM. Nous allons examiner quelques-unes de ces observations.
Vers un verdict plus positif?
Plusieurs raisons conduisent à remettre en question l’avis rendu par la théorie des ZMO. Il est pratique de les regrouper sous deux rubriques: tout d’abord, les considérations qui peuvent être comprises dans le cadre de la théorie des ZMO elle-même; puis les observations qui ne relèvent pas de ce cadre d’analyse.
Relevant de la première rubrique, la question importante de l’endogénéité des critères mêmes de ZMO. Ce problème a été soulevé directement par Frankel et Rose (1997, 1998); ils soutiennent, en se basant sur une étude statistique étendue que, en réalité, l’intensité bilatérale du commerce et la symétrie du cycle économique sont fortement corrélées. Ainsi, si une union monétaire produit davantage d’intégration commerciale, comme cela semble probable, ceci encouragera en soi une plus grande symétrie cyclique. Ex post, une union monétaire semblera plus facile à recommander qu’ex ante. Il n’est pas évident, cependant, que le type de commerce créé par une union monétaire aura nécessairement cet effet. Parmi les effets attendus d’une union monétaire, les études ont recherché quel pouvait être l’impact sur la localisation des industries; avec une certitude plus affirmée concernant les coûts relatifs, il est soutenu que les usines n’ont plus besoin d’être dispersées à travers l’Union pour se couvrir contre le risque de change. Les décisions de localisation peuvent plus librement exploiter les économies d’échelle. Les structures de production qui en résultent, en étant plus spécialisées, sont susceptibles de produire une plus grande asymétrie des chocs plutôt que l’inverse. Krugman (1993) a souligné cette possibilité, en s’appuyant sur l’exemple de la localisation des industries aux États-Unis qui est géographiquement plus spécialisée. Les résultats économétriques de Frankel et Rose ne contredisent pas cette hypothèse puisque les vérifications sont limitées à la relation entre le commerce bilatéral et la symétrie des chocs et ne concernent pas la qualité spécifique du commerce créé par l’union monétaire, point au cœur de l’argument sur la spécialisation. La question va au-delà de celle qui consiste à savoir si le commerce créé est du commerce intra-branche ou inter-branche. Même le commerce intra-branche peut avoir des implications en termes d’asymétrie s’il recouvre un commerce de variétés (par exemple, l’échange de moteurs de qualité supérieure contre des moteurs de faible qualité plutôt que l’échange de transmissions contre des moteurs) [12]. Une autre raison pour laquelle les critères de ZMO peuvent se révéler endogènes est que la politique économique est elle-même (ou le marché des changes) est une source de chocs; à ce moment-là, l’adoption d’une politique commune et l’élimination des marchés des changes réduiront ipso facto les chocs asymétriques. Les résultats obtenus par Artis et Zhang (1997, 1999) confortent cette thèse puisque les pays du SME semblent avoir évolué vers un cycle économique plus commun que les pays restés en dehors. Ici les résultats concernant le R-U sont gênants; l’incapacité du R-U à rester dans le SME, durant la crise de 1992, peut raisonnablement être reliée au fait que son cycle économique n’était pas en phase avec celui de ses partenaires. C’est cela qui a nourri l’impression des spéculateurs qu’une attaque devait réussir. Ainsi le sens de causalité n’est pas clair. Réussir dans le SME peut refléter une convergence antérieure ou concomitante, autant que la convergence reflète l’expérience réussie du SME.
Il a aussi été soutenu qu’en raison de mécanismes différents de transmission de la politique monétaire, une politique commune provoquera nécessairement des chocs qui, s’ils ne sont pas asymétriques, seront d’une ampleur assez différente. Pour Dornbusch et alii (1998), c’est un problème, mais les résultats sont mitigés (voir par exemple Ehrmann, 2000) et nombre des différences existantes actuellement pourront sans doute être applanies au cours du temps. Cependant, il existe une autre série d’argument: la théorie des ZMO attribue aux fluctuations du taux de change réel le rôle d’amortir les chocs asymétriques, alors que rien ne prouve vraiment que les fluctuations de taux de change réel jouent bien ce rôle [13]. Le marché des changes peut être considéré comme une source indépendante de chocs. Buiter (2000) argumente fortement dans ce sens. Selon les chercheurs du FMI (Samiei et alii, 1999) les fluctuations anormalement élevées de la production au R-U peuvent être reliées à des chocs sur les marchés des changes, et donc à une politique monétaire défaillante. Actuellement, il y a bien sûr, à l’étranger, un scepticisme assez généralisé concernant les propriétés stabilisatrices des marchés des changes du fait des crises en Asie du Sud-Est. Cependant, il n’est pas évident que ce scepticisme doive, dans son ensemble, s’appliquer au marché de la livre sterling, au moins en présence de politiques bien conduites. Les variations de taux de change en présence de politiques complémentaires et sensées peuvent avoir des effets souhaitables, c’est ce que montre de Grauwe (1997) en analysant certains d’entre eux.
Un dernier point qui devrait être débattu est en fait celui des institutions. La “nouvelle” littérature sur les unions monétaires (voir par exemple Tavlas, 1993) souligne que l’engagement pris par la banque centrale de l’Union pour lutter contre l’inflation devrait être une priorité pour les participants. L’hégémonie de la Bundesbank a constitué un exemple positif pour l’union monétaire “débutante” du SME; son statut a servi de modèle pour la constitution de la Banque Centrale Européenne. Au Royaume-Uni, la modification du mécanisme de décision pour la politique monétaire, le niveau d’inflation actuellement bas et la réforme concomitante de la politique budgétaire sont à cet égard largement rassurants. De fait, et pour le moins, la consolidation de ces réformes pourrait contraster avec les critiques de “sous-développement” toujours valables pour une partie du système européen, et peut-être plus particulièrement, pour la politique budgétaire. Cependant, il n’y a pas lieu de douter de la réalité des intentions du système européen, ou des réalisations jusqu’à présent réussies qui sont à mettre à l’actif de ses dirigeants.
La “solution canadienne”
On a parfois l’impression que l’entrée dans l’UEM, sans être parfaitement souhaitable, est un inévitable “pis-aller”. L’exemple du Canada suggère cependant qu’il est possible de maintenir une politique monétaire indépendante et d’appartenir à une zone de libre-échange avec un pays partenaire très important. Le taux de change dollar canadien/dollar US est de plus, beaucoup plus stable que n’importe quel taux de change bilatéral contre deutsche mark ne l’a été à l’intérieur de l’Union européenne, au cours des deux dernières décennies. Puisque le R-U est approximativement deux fois plus grand par rapport à la zone euro en termes de PIB relatifs, que ne l’est le Canada par rapport aux États-Unis, le Royaume-Uni pourrait très bien faire ce que fait le Canada. Et quoiqu’il y ait eu un regain d’intérêt au Canada pour la possibilité d’une union monétaire avec les États-Unis (pour des références utiles voir Courchene et Harris, 1999; Laidler et Poschmann, 1998), celui-ci s’explique paradoxalement en grande partie par ce qui s’est passé en Europe [14].
Le libre-échange nécessite des taux de change fixes
L’exemple canadien sert à amoindrir, sans complètement la nier, la force de certains arguments utilisés pour convaincre que le R-U doit rejoindre la zone euro. Un de ceux-ci – argument important – est qu’une appartenance durable au Marché unique nécessite un moyen de stabiliser la compétitivité et de se protéger contre des déviations dues à des chocs sur le taux de change nominal. De façon générale, il peut être soutenu qu’un marché unique ou un accord de libre-échange ne peut pas durer sans une certaine stabilité des taux de change nominaux entre les partenaires. Lorsque la compétitivité est sujette à des changements brusques et transitoires, les pays partenaires affectés demandent le rétablissement de mesures protectionnistes. Ainsi, l’approfondissement de la libéralisation commerciale se trouve contrarié en l’absence d’un accord parallèle sur la stabilité du taux de change. On peut rechercher dans les accusations de “dévaluation compétitive” de la livre sterling, portées à l’encontre du R-U à la suite de la crise du SME en 1992, une confirmation de cette idée. Bien que cet argument ait une logique forte, il est possible de le sur-accentuer: l’Accord de Libre-Échange Nord-Américain (Alena) – auquel appartient le Canada (avec les États-Unis et le Mexique) n’est doublé d’aucune mesure explicite pour maintenir la stabilité des taux de change. De plus, les débouchés du marché britannique sont relativement importants pour les producteurs de la zone euro; il s’ensuit qu’il ne serait pas nécessairement dans leur intérêt de demander des mesures les protégeant contre des mouvements temporaires sur les taux de change nominaux. Néanmoins, la solution canadienne implique un isolationnisme qui risque d’exposer le pays à une menace de discrimination, au moins s’il y a des mouvements erratiques de taux de change.
Assurer la stabilité du taux de change
Ceci nous amène à un autre argument important selon lequel l’adhésion à la zone euro est la seule manière de procurer aux producteurs britanniques un degré de stabilité du taux de change souhaitable. L’alternative – qui consiste à adopter une politique de ciblage du taux de change – n’est pas crédible. Des événements récents dans le monde ont été de plus en plus interprétés comme le signe qu’il n’y a pas de solution intermédiaire entre l’union monétaire (et des dispositifs très comparables) et le flottement complètement libre. Et ce dernier, même avec un passé de politique monétaire transparente et bien gérée, impliquera sans doute une volatilité des taux de change inaccoutumée. Une partie de la force de cet argument provient de l’expérience faite par des économies qui sont différentes du R-U (par exemple les crises du Sud-Est asiatique et de l’Amérique latine), mais il semble clair qu’il subsiste un risque de volatilité excessive du taux de change pour le R-U s’il reste en dehors de la zone euro [15].
“Wait and see”?
Pour quelques observateurs extérieurs, la position actuelle du Royaume-Uni pourrait refléter une décision rationnelle de “wait and see”. En n’adhérant pas immédiatement, le R-U a l’opportunité d’apprendre de l’expérience des autres et de se protéger sur des aspects de la construction de la zone euro à propos desquels il y a, ou il y avait, des doutes légitimes. Ceci est un argument pour l’adoption temporaire et conditionnelle de la “solution canadienne”. Quels sont ses mérites?
Un aspect du fonctionnement de la zone euro qui soulève des hésitations légitimes est bien sûr la question centre-périphérie. Pour quelques pays, l’adoption de la politique monétaire unique a semblé totalement inappropriée jusqu’à présent. L’Irlande, pays où une relative expansion a été soutenue par une politique monétaire plus souple et une situation budgétaire plus expansive, est une bonne illustration de ce point. Les coûts d’une déviation “par le haut” ne sont pas aussi évidents que ceux d’une déviation “par le bas”, et on peut soutenir que les petits pays ont quelques avantages de politique économique qui ne sont pas accessibles à des économies plus grandes, comme le Royaume-Uni. Les petits pays peuvent adopter “des politiques tripartites” et internaliser des stratégies d’ajustement ce qui n’est pas envisageable pour le R-U [16]. Ils peuvent aussi compter sur des avantages collatéraux et un degré de tolérance de la part du reste de l’UE pour des comportements exceptionnels qu’un pays plus grand ne peut pas espérer. Pour ces raisons, le R-U ne peut pas apprendre beaucoup de l’expérience des petits pays; il ne peut pas non plus, jusqu’à présent, apprendre beaucoup de l’expérience des économies les plus grandes de la zone euro. En raison de leur taille, ces dernières ont presque la politique monétaire qu’elles auraient décidée seules et, jusqu’ici au moins, elles partagent une situation conjoncturelle un tant soit peu similaire. En restant en dehors, le R-U peut espérer apprendre quelque chose d’utile, ce qui est probablement rassurant, même si le temps écoulé jusqu’ici est comparativement court: la BCE a beaucoup progressé dans la clarification de sa stratégie monétaire et a créé un degré élevé de transparence dans ses actions. Le pacte de stabilité a aussi clairement gagné en crédibilité et a survécu à des premiers temps difficiles. Mais il y a un coût à rester en dehors temporairement. C’est le coût de ne pas être partie prenante au cadre institutionnel, et de ne pas participer à l’élaboration des règles fondamentales de son fonctionnement. Bien qu’aucun préjudice potentiel ne soit encore avéré du fait de cette exclusion, c’est clairement un danger.
Pour résumer, l’exemple du Canada permet de réduire la force de certains arguments qui sont utilisés pour convaincre du besoin d’une participation du R-U à l’UEM. Mais il reste des fragments de vérité dans ces arguments.
 
Conclusion
 
 
L’UEM s’inscrit dans la lignée des opportunités européennes qui s’offrent au Royaume-Uni et qui, de manière caractéristique, suscitent des phases allant, côté britannique, du dédain, à l’obstruction et finalement au consentement à contrecœur [17].
Le projet est d’abord considéré avec mépris parce qu’il ne fait pas partie des intérêts britanniques et parce qu’il n’est probablement pas réalisable; puis, au fur et à mesure que le projet avance, il y a une tentative pour l’arrêter ou le détourner; enfin, considérant que le projet est formé et qu’il fonctionne, le Royaume-Uni finit par y adhérer. En tardant, le R-U a peut-être perdu quelque chose. Les attitudes changeantes – passant du dédain, de l’opposition à l’assentiment – sont psychologiquement et politiquement difficiles. L’analyse adéquate au premier stade – lorsque le projet est envisagé comme une hypothèse – n’est pas celle qui est appropriée au stade final.
Dans le cas présent, il est assez clair que, considérée comme un projet hypothétique, l’UEM ne serait pas une priorité pour le R-U. Mais l’UEM est réalisée et fonctionne. L’analyse doit prendre en compte le fait que le choix est d’être dans l’UEM ou en dehors, et non de décider si l’UEM était une bonne idée au départ. Ceci implique que certains des arguments favorables à l’adhésion ont des défauts (l’existence “de coûts d’isolationnisme”) qui tendent à réduire à néant l’enthousiasme qu’ils pourraient susciter. Néanmoins, dans le cas présent, et tout bien considéré, les arguments économiques vont dans le sens d’une décision positive.
Adhérer signifie de façon quasi-certaine qu’il faut être préparé à accepter des coûts transitoires, puisque la divergence du cycle économique n’est pas prête à disparaître complètement et rapidement. Cela signifie également qu’il faut être disposé à investir dans quelques programmes de recherche pour trouver des instruments qui pourraient être utilisés dans les cas les plus extrêmes pour se substituer à la perte d’une politique monétaire indépendante. On pense plus particulièrement à des raffinements des politiques budgétaire et régionale, définis pour limiter les inefficiences les plus préjudiciables qui pourraient subsister après la délégation de la politique monétaire à Francfort.
M. A.
 
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NOTES
 
[1]Michael Artis, Professeur d’économie, Institut universitaire européen (Florence); Fellow, Center for Economic Policy Research-CEPR (michael. artis@ iue. it).Cet article est basé sur un article très similaire du même auteur publié sous les auspices de Clare Group dans The National Institute Economic Review de janvier 2000.
[2]Kenen (1995) fournit un descriptif définitif des critères et explique le sens de la construction de l’UEM.
[3]Barrell (2002) décrit les versions successives des tests. Voir aussi: hhttp// www. hm-treasury. gov. uk/ documents/ the_euro/ euro_index_index. cfm.
[4]L’examen de 1998 (The European Economy 56) a été effectué sur la base des données de 1997; à ce moment-là, le taux d’inflation du R-U (mesuré par l’indice harmonisé des prix à la consommation) était en dessous de la valeur de référence de 2,7%; son taux d’intérêt long terme, à 7,1%, était en dessous de la valeur de référence 7,8% et les ratio déficit/PIB et dette/PIB du R-U, à 1,9 et 54,3%, étaient largement en dessous des valeurs de référence respectivement 3 et 60%.
[5]Il semble qu’il y ait une approche des besoins spécifiques du R-U en matière d’investissements du secteur public en infrastructure, qui pourraient autrement générer un conflit avec les exigences du pacte de stabilité et de croissance en termes de position budgétaire “proche de l’équilibre ou en surplus” à moyen terme.
[6]Dans un examen des problèmes analogues que pourrait rencontrer la Suède durant la transition, Genberg (1999) arrive à des conclusions très comparables.
[7]Les estimations de l’effet amortissant du budget fédéral des États-Unis sur les chocs intra-zone à l’intérieur des États-Unis ont été progressivement révisées à la baisse. Les estimations initiales (Sala-i-Martin et Sachs, 1992) suggéraient que le système amortissait “40 cents pour un dollar” d’un choc de revenu primaire. Les estimations suivantes de l’effet amortissant sont tombées à 10 cents (Von Hagen, 1992).
[8]Voir Bayoumi et Prasad, 1998.
[9]Le commerce est la somme des importations et des exportations, ainsi dans les calculs où le PIB apparaît au dénominateur il a été multiplié par 2. Les données du Direction of Trade existent seulement pour les expéditions de biens, ainsi les données dans le tableau 2 se rapportent uniquement au commerce des biens. En principe, il serait préférable d’inclure également les échanges de services.
[10]Plusieurs études utiles et simples sont disponibles – Taylor (1995) en est un bon exemple – qui distinguent des groupes similaires.
[11]Dans l’exercice auquel il est fait référence, les variables sont tout d’abord normalisées avec une moyenne de zéro et une variance égale à 1, puis on fait la somme non pondérée des racines carrées des différences entre les pays.
[12]Voir Fontagné et Freudenberg, 1999.
[13]Canzoneri et alii (1996) examinent cette question directement. Les conclusions qu’ils en tirent, ne confirment pas l’idée selon laquelle les taux de change réels répondent “correctement” aux stimuli appropriés.
[14]Comme me l’a dit un collègue canadien, “l’expérience européenne a inquiété les Canadiens et les a conduit à se demander s’ils n’avaient pas manqué quelque chose”. Il est plus qu’important, bien sûr, de noter que l’union monétaire pour le Canada et les États-Unis ne se présente pas dans les mêmes termes que l’union monétaire entre l’Europe et R-U Le mieux que puisse espérer le Canada est de se dollariser complètement. Buiter (1999a) soutient que c’est une raison déterminante pour que le Canada prolonge ses dispositions actuelles.
[15]Bien sûr, il y a une possibilité théorique pour que la stabilisation du taux de change de l’euro pour les producteurs du R-U se fasse au détriment de la stabilité d’autres taux de change ou encore qu’elle transfère l’ancienne volatilité du taux de change vers d’autres parties de l’économie (par exemple sur les taux d’intérêt). Toutefois, l’expérience du SME ne fournit aucun support à ces idées de transfert de volatilité.
[16]L’Irlande a une telle politique tripartite. Les “politiques tripartites” se réfèrent aux politiques de négociations sur les salaires, les prix et les taux d’impositions qui font l’objet d’accords entre le gouvernement, les syndicats et les entreprises.
[17]Cette caricature est tirée de Young (1998) qui offre une bonne description de la politique européenne britannique.
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Michael Artis, Professeur d’économie, Institut universitair...
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Kenen (1995) fournit un descriptif définitif des critères e...
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Barrell (2002) décrit les versions successives des tests. V...
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L’examen de 1998 (The European Economy 56) a été effectué s...
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Il semble qu’il y ait une approche des besoins spécifiques ...
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Les estimations de l’effet amortissant du budget fédéral de...
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Le commerce est la somme des importations et des exportatio...
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Plusieurs études utiles et simples sont disponibles – Taylo...
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Dans l’exercice auquel il est fait référence, les variables...
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Voir Fontagné et Freudenberg, 1999. Suite de la note...
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Canzoneri et alii (1996) examinent cette question directeme...
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Bénéfices et coûts des ZMO, en fonction de l’intégration
Regroupement au sens “fort” pour l’UEM