Economie internationale
La Doc. française

I.S.B.N.sans
126 pages

p. 5 à 11
doi: en cours

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no 100 2004/4

2004 Économie internationale

Présentation

Lionel Fontagné  [1]
Économie internationale publie son centième numéro. C’est pour le CEPII l’occasion de faire le bilan d’une expérience éditoriale originale: créée par le CEPII, d’abord émanation exclusive du Centre avant de s’ouvrir plus largement et d’adopter les standards des revues scientifiques de la profession en matière éditoriale, la revue a toujours conservé une place originale au sein des publications françaises, en raison de sa cible en matière de public (large mais “informé”) comme d’objet (l’économie internationale appliquée). Un bref survol du quart de siècle écoulé permet de caractériser une évolution faite de prise en compte croissante des exigences scientifiques, de ligne éditoriale maintenue, et de capacité à intégrer très en amont les grands sujets de l’économie internationale, comme par exemple la publication il y a dix-huit ans d’un numéro spécial sur l’insertion internationale de la Chine et de l’Inde.
Nous avons choisi de retenir les numéros un, dix, vingt, trente… ce qui donne une vue tronquée en matiére de contenu et de surtout de contributions. Pour ne parler que des auteurs extérieurs au Centre dont les contributions appréciées à la revue passeront à travers les mailles de notre présentation, citons pour les seules “années 2000”: Michael Artis, Patrick Artus, Antoine D’Autume, John Beghin, Christoph Böhringer, Marius Brülhart, Jean-Marc Burniaux, André Cartapanis, Bruno Crepon, Patrick Criqui, Jean-Paul Fitoussi, Joe Francois, Eric Girardin, Olivier Godard, Tom Hertel, Jean-Charles Hourcade, Otmar Issing, Mervyn King, Francis Kramarz, Richard Lyons, Stéphan Marette, Dominique van der Mensbrugghe, Patrick Messerlin, Mondher Mimouni, Patrick Minford, Stephen Oliner, David Roland-Holst, Tom Rutherford, Jean-Marc Siroen, Akiko Suwa, Stefan Tangermann, David Tarr, Federico Trionfetti, Thierry Verdier, John Whalley, parmi beaucoup d’autres qui nous pardonneront de ne pouvoir citer plus de noms ici.
En janvier 1980 paraissait donc à la Documentation française le premier numéro de la revue Économie prospective internationale, sous le titre “Spécialisation et adaptation face à la crise” (ceci-après un numéro 00 et un numéro 0 publiés en 1978 et 1979). La première de couverture est barrée d’une mappemonde sur fond bleu occupant la moitié de l’espace. La deuxième de couverture précise qu’il s’agit de la revue trimestrielle du CEPII, centre d’études créé en mars 1978 dont on se rappelle qu’il faisait suite au GEPI.
Face à la déformation de la demande mondiale, les performances industrielles de l’Allemagne, de la France, du Japon, du Royaume-Uni et des États-Unis étaient comparées dans un dossier de quelques cent pages. On pouvait y lire notamment que “c’est par une spécialisation optimale qu’un tissu cohérent peut être construit autour des pôles de compétitivité, et donc qu’une économie peut progresser vers des niveaux technologiques qui étaient auparavant hors de sa portée”. Le même numéro présentait la banque de données CHELEM du CEPII “en cours de construction” en promettant qu’“avant la fin de 1980 un certain nombre de modules de cette banque de données seront rendus disponibles par abonnement grâce aux moyens de la téléinformatique”. Bel exemple de prospective: Internet et la mise en ligne des données avaient déjà été anticipés ! Du côté des auteurs, la revue est portée à bout de plume par Gérard Lafay, qui rédige les soixante premières pages de ce dossier, soit 56% du numéro. Il fallait débourser 50 F en 1980 pour se procurer ce numéro historique.
Le numéro dix publié en 1982 s’intéresse à la Corée et au Mexique “deux expériences de développement face à la crise”. Ce numéro comprend deux articles, ou plutôt deux sommes de respectivement cent-quarante et cent pages. On n’est pas encore réellement dans le format usuel d’une revue scientifique, Économie prospective internationale n’accueillant que des contributions des chercheurs du CEPII, et ne comportant ni comité de rédaction, ni conseil scientifique.
Deux ans plus tard, le numéro vingt est très différent: le rédacteur en chef est distinct du directeur de la publication, qui reste le directeur du Centre. Cette situation fluctuera par la suite, mais correspond au principe actuel. La revue est dotée d’un comité de rédaction comprenant neuf membres extérieurs. La mappemonde s’est faite beaucoup plus discrète mais l’affichage “revue du CEPII” est désormais en première de couverture. Ce numéro comprend trois articles écrits par des membres du centre, chercheur associé ou conseillers scientifiques, ainsi qu’une exploitation de CHELEM et une note de lecture.
Les numéros trente et quarante publiés respectivement en 1987 et 1989 traduisent à la fois une certaine permanence de l’équipe éditoriale et des thèmes d’intérêt et une évolution en cours des pratiques du CEPII et de son positionnement. Quatre articles traitent de l’Inde et de la Chine dans le numéro trente. Ces contributions sont dues à un chercheur du CEPII, un chercheur associé, un chercheur de Shanghai visiteur au CEPII, enfin un article traduit une publication de New Delhi: l’internationalisation de la revue a débuté, reflétant l’implication internationale du Centre. Le numéro quarante est un numéro spécial sur l’Europe et le “Grand marché”. La revue accueille de plus en plus d’auteurs extérieurs au CEPII: Alan WINTERS ouvre ce numéro, en résumant son travail aujourd’hui largement repris sur l’évaluation ex ante du Marché unique. Suit la présentation des simulations réalisées avec le modèle MIMOSA commun à l’OFCE et au CEPII. L’article suivant traite des fonctions d’importation en concurrence imparfaite et s’inscrit directement dans la ligne des modélisations à la Dixit-Stiglitz ou encore Helpman et Krugman. Les travaux du CEPII accordent désormais une place centrale à la modélisation, ce dont la revue rend compte de façon “raisonnablement” technique: les fonctions à élasticité de substitution constante (CES) ne sont pas épargnées au lecteur, qui trouvera aussi les résultats d’estimations économétriques, mais l’ensemble est pédagogique, ce qui justifie le succès rencontré par la revue auprès de publics diversifiés, notamment des étudiants. On y explique par exemple la signification du pass-through dans une note de bas de page. Deux articles plus courts et une exploitation de CHELEM complètent cette livraison.
À mi-route, le numéro cinquante offre une nouvelle maquette, en rupture totale: la référence “revue du CEPII” a disparu de la première de couverture, marquant une volonté d’ouverture à des contributions extérieures et un logo du CEPII s’est substitué à la mappemonde stylisée que l’on se prend déjà à regretter; un passage couleur est intégré au corps du texte, dans un vert proche de celui largement utilisé aujourd’hui pour les supports du Centre. En dépit de cette affichage moins “CEPII” les quatre articles sont tous écrits par des chercheurs du Centre ou des associés et cinquante-six pages sont écrites par les mêmes auteurs soit la moitié des pages réservées aux articles. Le Président du Conseil du CEPII ouvre ce numéro par un hommage rendu au directeur sortant en soulignant des évolutions importantes: “lorsque le Centre a été créé (…) il fallait expliquer ce qu’était l’économie mondiale aux hommes politiques, aux responsables de l’Administration et des entreprises, aux commissions du Plan, aux journalistes aussi. (…) Les responsables français ont aujourd’hui acquis une connaissance plus précise de l’économie mondiale et ont d’ailleurs accès à une offre – française ou étrangère – d’informations et d’analyses beaucoup plus abondante et diversifiée que par le passé”. Et de souligner la nécessité d’une “confrontation permanente aux meilleurs travaux internationaux (…). le CEPII a engagé ce mouvement. Il doit le poursuivre sans relâche”. Une page est donc tournée, cet avant-propos projetant sur la revue les évolutions en cours au niveau du Centre.
Le numéro soixante, nous sommes en 1994, inaugure une couverture très proche de celle utilisée aujourd’hui. La revue a changé de nom, puisque Économie prospective internationale a été abandonné au profit de Économie internationale. La mention “La revue du CEPII” réapparaît sur la couverture, mais le logo du Centre est relégué en quatrième de couverture, dont il disparaîtra rapidement ensuite. Un Comité scientifique comprenant des personnalités étrangères et un comité de rédaction associant des membres du CEPII à des experts extérieurs sont mentionnés. Surtout, la revue est désormais officiellement ouverte aux contributeurs extérieurs, publiant des articles “proposés par des auteurs appartenant ou non au CEPII”. Les manuscrits sont adressés à la revue en triple exemplaire, traduisant une procédure de référé. Les auteurs trouvent une note de “recommandations” mentionnant en effet l’examen des manuscrits “par un ou plusieurs relecteurs”. Un avant-propos précise ces évolutions: les articles émanant du CEPII seront désormais soumis à des rapporteurs extérieurs au Centre; il y au moins un référé par article et si possible deux pour l’ensemble des articles. Ce numéro consacré aux comparaisons de productivité s’ouvre par un panorama méthodologique rédigé par Dirk Pilat. Outre les contributions du CEPII on trouve un article co-signé par Bart van Ark et un autre par Gilbert Cette. La revue traite le sujet en s’ouvrant aux spécialistes reconnus dans le champ.
En 1997, le numéro soixante-dix présente de nouvelles évolutions: le rédacteur en chef change, le précédent ayant exercé pendant cinq ans cette responsabilité. On y verra le signe d’une bonne gouvernance de la revue. Il en va de même de la création d’un Comité éditorial. Ces changements, annoncés dans l’avant-propos, s’accompagnent d’un renouvellement partiel du comité scientifique et du comité de rédaction, 60% des membres n’appartenant plus au CEPII. Cet avant-propos précise également que le principe du “double référé anonyme” est désormais la règle. Économie internationale est alignée sur les critères scientifiques des revues académiques. Les articles restent en français, même lorsqu’ils émanent d’auteurs étrangers, et sont accompagnés d’un résumé en anglais. Un seul article sur les cinq que comprend cette livraison est rédigé par un économiste du CEPII. Les articles sont également plus courts, vingt pages en moyenne. Que publiait-on dans la revue il y a trente numéros? Laurence Boone examinait la question de la symétrie des chocs en union monétaire; Najat El Mekkaoui la question des fonds de pension dans l’OCDE; Alain Henriot et Andras Inotai, l’intégration des PECOs à l’Union européenne; Jean-François Nivet, les privatisations en Pologne; Michel Delapierre et Christian Milelli, l’investissement en Chine. La revue, créée sur des sujets de commerce par des spécialistes du commerce, s’est ouverte à des questions diversifiées posées par l’intégration internationale. Le numéro soixante-dix est aussi un vrai numéro de mélanges, distinct des numéros spéciaux publiés à intervalle régulier.
Le numéro quatre-vingt apporte peu de changements apparents, si ce n’est la présence d’un abstract (résumé court) en plus du summary (résumé long), ainsi que l’indication des codes du Journal of Economic Literature (JEL) pour faciliter l’indexation des articles. L’innovation majeure est ailleurs, Économie internationale est désormais référencée dans la base Econlit, ce qui constitue une étape décisive de sa reconnaissance internationale.
Le numéro quatre-vingt-dix publié en 2002 est un numéro double, consacré aux politiques commerciales, domaine dans lequel le Centre réalise alors un investissement important. La maquette s’est fortement aérée. La responsabilité de Rédacteur en chef est désormais conjointement exercée par un chercheur du CEPII et un universitaire extérieur. Par ailleurs le triptyque comité éditorial, comité de rédaction, comité scientifique est abandonné: le Comité scientifique dont s’est doté fin 2000 le CEPII devient celui de la revue, tandis qu’un Comité éditorial restreint peut faire appel ponctuellement à ses Membres correspondants. François Bourguignon est le premier Président de ce nouveau Comité scientifique du CEPII, évaluant annuellement les orientations et le contenu de la revue. Il est précisé que les auteurs non francophones peuvent proposer des manuscrits en anglais. Cette livraison comprend d’ailleurs un article en anglais d’un auteur italien. La première page de la revue indique le site web du centre, sur lequel le lecteur peut trouver les sommaires et un article de chaque numéro en texte intégral. Les numéros anciens sont donnés en texte intégral. Il faut débourser 18,50 euros pour un numéro: nous faisons le constat que la maigre différence avec les 50 FF (équivalant à 16,90 euros d’aujourd’hui) du numéro un est donc très largement justifiée par l’effet qualité.
Le numéro cent consacre ces différentes évolutions. Philippe Aghion, Michel Aglietta, François Bourguignon, Jean-Philippe Cotis, Barry Eichengreen, David Greenaway, Hans-Werner Sinn et John Williamson ont accepté d’y contribuer. Les articles correspondants ont été relus au CEPII, mais la procédure traditionnelle a été exceptionnellement allégée étant donné la nature particulière de ce volume.
Le numéro s’ouvre sur la question de la mondialisation et des inégalités. François Bourguignon, Victoria Levin et David Rosenblatt s’appuient sur la version 2004 des World Development Indicators de la Banque mondiale pour procéder à un nouvel examen des grandes évolutions des inégalités mondiales. Sur la période 1980-2002, ils vérifient que les inégalités entre pays se sont creusées, alors que les inégalités mondiales, une fois pris en compte la taille des populations concernées, se sont réduites. Le rôle de la Chine est central dans cette évolution: 97% des personnes ayant un revenu inférieur à 710 $ en 1980 sont des Chinois, passés dans le quintile 2 890 à 10 000 $ en 2002. La mondialisation a donc eu globalement des effets positifs en termes de réduction des inégalités moyennes, mais s’est aussi accompagnée de mouvements importants, avec en particulier l’appauvrissement d’une vingtaine de pays retombés en bas de la distribution. Et le plus pauvre des pays en fin de période (le Sierra Leone) est nettement plus pauvre que son équivalent vingt ans plus tôt (le Malawi).
Philippe Aghion et Beatriz Armendáriz De Aghion posent la question des déterminants de ces succès inégaux d’insertion dans l’économie mondiale, en jetant un pont entre théories du développement et de la croissance. Le cas de l’Inde montre que l’innovation et les gains de productivité ont été les principaux moteurs de réduction de la pauvreté; l’Amérique latine offre l’exemple d’un blocage de ces mécanismes. Un système d’éducation efficace, une amélioration de la propriété intellectuelle, la stabilité macro-économique, le développement financier, la concurrence, sont des ingrédients identifiés par les nouvelles théories de la croissance; ils expliquent aussi la réduction de la pauvreté. À l’opposé, l’adoption du “consensus de Washington” n’a pas eu les effets escomptés en Amérique latine, faute d’engagement suffisant dans les politiques de lutte contre les inégalités, d’éducation et d’ouverture.
Les déséquilibres de l’économie mondiale nourrissent les trois articles suivants. Le point de départ est naturellement le déficit du compte courant américain dont l’ampleur n’a pas besoin d’être rappelée ici. Selon Barry Eichengreen, l’idée commune selon laquelle la situation actuelle serait similaire à celle connue il y a quarante ans (le “Centre” émettant la monnaie internationale accumulée dans ses réserves par une “Périphérie” engagée dans une croissance tirée par les exportations), est erronée. Le monde a changé. Les pays membres de la Périphérie sont à la fois plus diversifiés et moins homogènes aujourd’hui. Et l’acceptabilité d’une accumulation de réserves en dollar à la Périphérie pourrait être limitée par le manque de visibilité de la politique américaine en matière de taux d’épargne intérieure. Et surtout, il y a quarante ans, les États-Unis avaient un excédent de leur compte courant et étaient exportateurs nets de capitaux; notamment les capitaux investis par les firmes multinationales dans leurs filiales étrangères. Aujourd’hui, les États-Unis ont des incitations limitées à rééquilibrer épargne et investissement intérieur; l’ajustement devrait donc se faire en Asie et probablement par un mouvement des réserves officielles vers l’euro, complété d’un régionalisme monétaire en Asie.
John Williamson rappelle que l’on ne peut pas parier sérieusement sur l’évolution de l’euro-dollar. Fondamentalement, l’existence d’une force de rappel de moyen terme vers un taux de change d’équilibre aux alentours de 1,25 dollar par euro ne règle pas la question des hypothèses sous-jacentes des modèles utilisés pour cette estimation, comme celle relative à la soutenabilité du déficit public.
Michel Aglietta élargit le débat à la question de l’architecture financière internationale. Quatre domaines d’action possibles sont analysés: la soutenabilité de l’endettement international, le prêteur en dernier ressort au niveau international, les mécanismes de résolution des crises de solvabilité, les actions en faveur des pays le moins avancés.
Comment l’articulation entre responsables de la politique économique et théoriciens a-t-elle évolué dans la dernière décennie? A-t-on assisté à des avancées théoriques majeures? Jean-Philippe Cotis gratifie plutôt la décennie passée comme celle de la sagesse: l’analyse macroéconomique a avancé sur la voie du consensus, identifiant l’importance des arguments en faveur d’une réhabilitation de politiques prudentes de stabilisation; ce consensus a favorisé le dialogue avec les responsables de la politique économique; les résultats de la conduite de la politique macro-économique ont été plutôt bons, comparativement aux périodes passées, sans que l’on puisse dissocier la part de chance de la part de réussite.
La mondialisation c’est avant tout l’intégration des systèmes de production. Que sait-on pour commencer de l’impact de l’exportation sur les structures économiques? Cette question en apparence fort simple a fait l’objet de développements très avancés dans la période récente, permettant de faire un pas décisif dans la compréhension fine des mécanismes à l’œuvre. David Greenaway et Richard Kneller font le tour de cette nouvelle littérature qui permet d’éclairer la relation allant de l’ouverture à la productivité, dans la lignée du mécanisme déjà souligné dans l’article de Philippe Aghion. L’un des points déterminants des nouvelles approches est la prise en compte de coûts fixes à l’exportation, dans la mesure où toutes les firmes (si l’on veut bien abandonner l’hypothèse de producteur représentatif) ne pourront y faire face. Ceci a un corollaire, qui est l’accroissement de la productivité au sein des firmes avant l’échange, indépendamment des autres effets mieux connus: plus grande concurrence sur les marchés internationaux poussant à l’efficacité par exemple. Mais la productivité au sein du secteur va également augmenter du fait de la sélection des firmes, par rationalisation en quelque sorte. À l’idée ancienne selon laquelle l’ouverture déplace les ressources entre secteurs vers les emplois les plus efficaces, on ajoute un processus de sélection au sein des secteurs, et une dynamique de productivité au sein des firmes elles-mêmes.
L’article clôturant ce numéro a une portée plus normative, puisqu’il pose la question des excès de la mondialisation (délocalisations,…) et des perdants au jeu de l’intégration économique non raisonnée. Hans-Werner Sinn fait en effet un parallèle entre les nouvelles formes prises par la mondialisation et le ralentissement de la croissance allemande. La valeur ajoutée allemande dans les produits allemands est en fort recul, en raison des délocalisations à l’Est, ce que les performances allemandes à l’exportation font oublier. Près de 90% de la valeur ajoutée de l’automobile allemande la plus prestigieuse n’est plus allemande. La délocalisation a dépassé ce qui permettrait d’assurer la compétitivité des firmes allemandes, dans la mesure où les effets de déversement en termes d’emploi sont trop limités, en raison d’une inadéquation du marché du travail. Les effets en termes d’inégalités internes dans les pays industrialisés sont très élevés, aux dépens des non-qualifiés. Et les mécanismes redistributifs ne peuvent fonctionner correctement en raison de la forte mobilité des facteurs gagnant à la mondialisation. On retrouve ici une dernière dimension des inégalités, non plus entre pays ou entre individus au niveau mondial, mais entre individus au sein d’un même pays: il y a probablement là un axe de recherche appliquée dans lequel de nombreuses contributions ne manqueront pas de nourrir cette revue dans les années à venir.
Nous ne saurions refermer cette introduction sans rendre hommage aux directeurs successifs du Centre qui ont tous fait du rayonnement de la revue et de son évolution une priorité de leur action, aux rédacteurs en chef successifs: Christian Sautter, Yves Berthelot, Catherine Blum, Jean-Michel Charpin, Anton Brender, Jean Pisani-Ferry, Virginie Coudert, Jérôme Sgard; mais aussi et surtout à l’équipe actuelle: Antoine Bouët, Laurence Boone, Jean Chateau, Virginie Coudert, Amina Lahrèche-Revil, membres du comité éditorial; Dominique Plihon et Sébastien Jean, co-rédacteurs en chef; et ceci sous l’autorité bienveillante de notre comité scientifique désormais présidé par Olivier Blanchard. Mais une revue c’est aussi le quotidien des relances, des relectures, et autres questions de composition ou de graphiques; le secrétariat de la revue s’est récemment enrichi de l’arrivée dans l’équipe de Véronique Le Rolland. Didier Boivin réalise les graphiques, Isabelle Bartolozzi entretient les pages Internet de la revue. Économie internationale reste donc bien la revue du CEPII, au sens où elle est très concrètement réalisée au CEPII et soumise aux exigences de qualité et de rigueur scientifique que le Centre s’est imposé. Elle ne saurait toutefois vivre sans les innombrables relecteurs extérieurs que nous sollicitons régulièrement, et sans les auteurs extérieurs permettant de respecter la règle d’ouverture très large des pages d’Économie internationale à la profession. Qu’ils en soient tous chaleureusement remerciés.
L. F.
 
NOTES
 
[1]Lionel Fontagné, Directeur du CEPII, Professeur à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne.
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Lionel Fontagné, Directeur du CEPII, Professeur à l’Univers...
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