L’enseignement sociologique au lycée : entre problèmes sociaux et sociologie savante
Élisabeth Chatel
Gérard Grosse
Dès sa création, en 1966, au sein d’une discipline, l’enseignement de la sociologie aux
lycéens français se fixe pour objectif le développement d’une posture réflexive et d’un
point de vue critique sur le monde social. Une enquête, menée auprès d’élèves de
Première, montre dans quelle mesure cet objectif est en partie atteint. Les dispositifs
didactiques de mise en œuvre sont analysés dans leur tension entre deux modèles. L’un, le
recours à “l’analyse sociale”, prévalait jusqu’aux années 1980, l’autre, qui tend à se développer, est plus proche d’une initiation à la sociologie. Ces deux orientations font débat
entre les enseignants, ce qui influe sur l’évolution du curriculum, tant formel que réel,
d’autant que son contenu se révèle particulièrement sensible à la dimension politique des
évolutions sociales.
Par cette triple entrée — la réception de l’enseignement par les élèves, les contours du curriculum formel, ceux du curriculum réel— nous avons voulu illustrer la complexité des
évolutions curriculaires et en dégager les ressorts.
From its creation within a discipline in 1966, the teaching of sociology to French secondary school pupils aims at developing a thoughtful approach and a critical viewpoint on
social questions. A survey carried out with lower sixth form pupils ( 11th grade) showed
the extent to which this aim had been met. The didactical methods used are analysed
keeping in mind the rival tension between the two models. The first one involving a
recourse to ‘social analysis’ was prevalent up until the 1980’s while the second, which
tends to be developing, is closer to an introduction to Sociology. These two approaches
give rise to debate amongst teachers which, in turn, influences the development of the
curriculum, both formally and in substance, all the more so the subject contents show
themselves to be particularly sensitive to the political dimension of social developments.
Through this three-fold approach — how the pupils receive this teaching, the scope and
formal nature of the curriculum, the curriculum in itself— the authors have sought to
illustrate the complexity of curriculum development and to bring out the driving forces at
work to explain it.
Seit ihrer Einführung als eigenständiges Unterrichtsfach im Jahre 1966 hat sich der
Soziologieunterricht in den französischen Gymnasien zum Ziel gesetzt, die Entstehung
einer reflexiven Haltung und eines kritischen Standpunkts zur sozialen Welt zu fördern.
Eine unter den Schülern der Première durchgeführte Umfrage zeigt, dass dieses Ziel zum
Teil erreicht worden ist. Die didaktischen Vorgaben werden unter dem Gesichtspunkt der
Desde su creación en 1966 en el seno de una asignatura, la enseñanza de la sociología a los
alumnos de secundaria en Francia se da como meta el desarrollo de una postura reflexiva
y de un punto de vista crítico sobre el mundo social.
Una encuesta llevada entre alumnos de Primer Año de Bachillerato muestra en qué
medida este objetivo casi está alcanzado. Se analiza la tensión de los recursos didácticos de
puesta en marcha entre estos dos modelos . Uno, el recurso al “análisis social”, prevalía
hasta los 1980, otro, que tiende a desarrollarse, está más cerca de una iniciación a la socio-logía. Estas dos orientaciones plantean debate entre el cuerpo docente lo que influye en la
evolución del curriculum, tanto formal como real ya que su contenido depende de la
dimensión política de las evoluciones sociales.
Por esta triple entrada — la recepción de la enseñanza por el alumnado, los contornos del
curriculum formal, los del curriculum real— tratamos de ilustrar la complexidad de la evolución curricular y desentrañar sus mecanismos.
• La réception de la sociologie par les lycéens
• Connaître et réfléchir les phénomènes sociaux :
deux modèles didactiques
— De l’analyse sociale...
— ...À la Sociologie
• La place de la sociologie en question
— Les limites des changements
— La perméabilité de l’enseignement à l’égard des problèmes
politiques et sociaux
• Conclusion
• Bibliographie