Une politique de l’enfance, du patronage au centre de loisirs
Francis Lebon
À travers les centres de loisirs (cette dénomination succède à celles de centre aéré et de
patronage) et leurs animateurs (cette désignation se substitue à celles de moniteur et de
surveillant), nous esquissons une analyse des politiques périscolaires menées en direction
de l’enfance en faisant appel à des éléments historiques et institutionnels. Les premières
formes d’intervention relèvent de l’initiative privée et c’est seulement à partir du Front
populaire et du régime de Vichy que l’encadrement devient une affaire d’État, tandis que
le rôle des communes s’accroît après la Libération. Jusqu’aux années 1950-1960, l’affrontement des institutions laïques et catholiques structure l’encadrement périscolaire de l’enfance qui hérite des luttes et des enjeux liés au processus de laïcisation de l’enseignement
amorcé sous la IIIe République. Les objectifs, sanitaires et moraux, visent les enfants des
classes populaires urbaines. Le centre de loisirs sans hébergement CLSH date de 1970 et
semble marquer un tournant territorial (relations entre villes et État) et social. Il se trouve
notamment investi par les classes moyennes (devoir de plaisir, éducation fondée sur le jeu,
rythmes de l’enfant, etc.) tout en demeurant une institution de masse.
Through a study of the French ‘Centre de Loisirs’ (part day-care centers, part youth-clubs,
and formerly called ‘Open-air centres’ and ‘Centres of Patronage’) and their personnel
overseeing the leisure activities (now called ‘animateurs’ but formerly known as ‘monitors’), the author outlines an analysis of the policies determining after-school activities
run for children by referring to historical and institutional data. The first examples of
intervention were at the initiative of private interests, and it was only from the time of the
Popular Front and the Vichy regime that the management of such centers became a State
affair, while at the same time the role of the municipal authorities increased after 1945.
Up until the period 1950-1960 the confrontation between secular institutions and
Catholic ones determined the administration of after-school activities for children. This
was a leftover from the struggles and the convictions at stake, linked to the process of secularism which began during the period of the Third Republic. The aims of the centers,
both health-wise and moral, targeted the children of the urban working-class. The centers
with no boarding facilities CLSH, Centre de loisirs sans hébergement, which date from
1970, seem to mark a turning-point socially and territorially (concerning the relations
between local authorities and the State). The centers then notably became places for
middle-class children (the parents’ belief in the child’s right to play, education founded on
play, children’s bodily rhythms) while still remaining an institution for the general population.
Anhand der Freizeitzentren [diese Benennung folgt der Stadtranderholung (centre aéré)
und der Kinderbetreuung patronage] und ihren Animateuren [ diese Benennung ersetzt
die der Helfer und die der Aufpasser] zeichnen wir in groben Zügen eine Analyse der
außerschulischen Politik im Hinblick auf die Kinder, wobei wir uns auf historische und
institutionelle Elemente berufen. Die ersten Formen des Eingriffs waren privater Art, und
erst nach der Volksfront und dem Vichyregime wurde die Betreuung eine Angelegenheit
des Staates, während die Rolle der Gemeinden nach der Befreiung wichtiger wurde. Bis in
die fünfziger und sechziger Jahre wurde die außerschulische Betreuung der Kinder durchzogen von den Gegensätzen zwischen laizistischen und katholischen Strukturen, die ein
Erbe der Kämpfe und Kampfobjekte des Laizisierungsprozesses der Dritten Republik
waren. Die Ziele, gesundheitlicher und moralischer Art, richteten sich auf die Kinder der
populären städtischen Klassen. Die Stadtranderholung ohne nächtliche Unterbringung
stammt von 1970 und scheint eine Wende territorialer und sozialer Art zu bezeichnen
Beziehungen zwischen Städten und Staat. Sie wird vor allem von den mittleren Klassen
genutzt (Vergnügen als Pflicht, spielorientierte Erziehung, Rhythmen der Kinder usw.),
wobei sie trotz allem eine Masseninstitution bleibt.
A través de los centros de recreación (esta denominación sucede a las de campamento de
verano y patronato) y sus animadores (antes guías y supervisores) se inicia un análisis de
las políticas periescolares dedicadas a la infancia al utilizar elementos históricos e institucionales. Las primeras formas de intervención relevan de la iniciativa privada y sólo es
apartir del Frente Popular y del régimen de Vichy cuando encuadrar viene a ser un problema de Estado, mientras que el papel de los municipios va creciendo después de La
Liberacón. Hasta los años 50-60, el enfrentamiento de las instituciones laicas y católicas
estructuran el encuadramiento periescolar de la infancia que hereda de las luchas y de lo
que está en juego con los procesos de laicización de la enseñanza empezado en la Tercera
República. Los objetivos, sanitarios y morales, se centran sobre los niños de las clases
populares urbanas. El centro de ocios sin alojamiento data de 1970 y parece marcar un
cambio territorial relaciones entre ciudades y estado y social. Se encuentra en particular
investido (deber de placer, educación basada en el juego, ritmos de los niños etc) sin dejar
de ser una institución de masa.
• De la IIIe République aux années 1960 :
les patronages, garderies et centres aérés
— Les initiatives privées aux débuts de la IIIe République :
une conjoncture marquée par la question scolaire
— Le Front populaire et Vichy : l’entrée en scène de l’État
— La IVe République : les premiers “centres aérés” et la naissance
de nouveaux mouvements de Jeunesse et d’Éducation populaire
— La Ve République : l’invention du métier d’animateur
• De 1970 à nos jours :
l’avènement des “animateurs” des “centres de loisirs”
— L’avènement de nouveaux agents :
une nouvelle définition du métier d’animateur en centre de loisirs
et l’extension de son champ d’activités aux garderies maternelles
— Le centre de loisirs comme entité éducative
— Les centres de loisirs entre projet éducatif et intégration
aux politiques économiques et sociales des communes ?
• Bibliographie