Langues distinctes et langage mutuel
Patrick Dahlet
La pensée d’un enseignement intégré du portugais langue maternelle et du français langue étrangère repose historiquement sur une conviction forte, qui la différencie de toute entreprise similaire conçue en situation
de bi- ou plurilinguisme : il est possible et souhaitable de rapprocher l’enseignement de deux langues dans un contexte, comme celui du Brésil, où elles
ne coexistent pas hors de l’école. Né d’une offre de coopération linguistique,
le projet se soude initialement autour de la bivalence institutionnelle, portugaisfrançais, des professeurs licenciés et d’un objectif de transfert positif des
références méthodologiques des départements de français des universités
brésiliennes (apparentement des deux langues et techniques du français
instrumental avant tout) en direction des classes du second degré. À partir
d’une analyse des apports et des blocages de cette formulation initiale, on
envisage d’abord quelques-uns des défis que doit relever cette volonté d’intégration pour apparaître comme une nouvelle alternative d’apprentissage (la
tentation de l’enfermement dans l’hypothèse d’une logique fonctionnelle
unique à découvrir notamment). Posant, au regard de ces défis, qu’un enseignement intégré de langues ne définit pas seulement un espace de remédiation méthodologique mais un espace de variations à construire, dont
l’extension est comprise entre l’englobement et la pluralisation, on mentionne
ensuite trois principes directeurs pour cette construction, dont on précise le
sens et les enjeux : concevoir une rupture de ruptures, penser les décompositions nécessaires, viser une conscience de langage.
• 1. APPROCHES D’UN RAPPROCHEMENT
• 2. BIVALENCE DES ENSEIGNEMENTS, AMBIVALENCE D’UNE
TRANSPOSITION
— 2.1. Des mots au(x) projet(s) de première génération
— 2.2. Un projet sans équivalent
— 2.3. Les bornes d’un prodige
• 3. INTÉGRATION DES APPRENTISSAGES, DISCERNEMENT
DES LIENS
— 3.1. Une rupture de ruptures
— 3.2. De nécessaires décompositions
— 3.3. Une conscience de langage
• 4. CONCLUSION : POUR UN EFFACEMENT DES BARRIÈRES