La « didattica delle lingue moderne » en Italie
Bona Cambiaghi
En Italie, la glottodidattica est institutionnalisée en 1970, lorsque
Giovanni Freddi de l’Université Ca’Foscari de Venise obtient la première
chaire de « Didattica delle Lingue Moderne ». Or son enseignement, qui
prend une place de plus en plus importante pour les Facultés de Langues et
Littératures Étrangères, est précédé par un gros travail réalisé sur le terrain,
grâce à l’œuvre de quelques grands précurseurs et à la passion de nombreux
enseignants. L’article passe en revue les travaux de ces précurseurs, et en
particulier l’imposant volume intitulé Le Lingue Estere de Renzo Titone,
psychologue et didacticien à la fois, qui est à l’origine de plusieurs projets
d’educazione linguistica unifiée, s’insérant parfaitement dans le contexte
d’une école qui devient obligatoire pour tous les italiens à partir de 1963. La
glottodidattica italienne a donc des connotations psychologiques et didactologiques importantes, et s’écarte sensiblement d’une linguistique appliquée
pure et dure. Cette linguistique semble réapparaître maintenant sous le nom
de « linguistique de l’acquisition », mais elle ne constitue qu’une partie, un
aspect de la discipline générale qui doit garder la multiplicité de ses aspects
et de ses points de vue : c’est une richesse qui doit être sauvegardée.
D’ailleurs cette richesse ne constitue que le miroir de la dualité de son
essence, le champ disciplinaire relevant des sciences du langage (glotto) et
des sciences de l’éducation (didattica).