Du droit et du devoir d’une discipline à exister par elle-même : la sage utopie d’un être de passion
Chantal Forestal
Cet article se propose de présenter deux sensibilités différentes
vis-à-vis de la Didactique des Langues-Cultures (DLC) : une approche
sociologisante représentée par Louis Porcher et François Mariet, dont la
démarche consiste à dévoiler la réalité de l’évolution de la société contemporaine en matière d’enseignement/apprentissage des langues, à élucider
les représentations qu’ont les différents acteurs (enseignants/apprenants) de
cet enseignement/apprentissage. L’autre approche, représentée par Robert
Galisson, s’efforce de dépasser un enjeu purement descriptif – en effet, tout
n’est pas dans la grammaire des représentations – ou encore un enjeu purement pragmatique – en effet, on ne peut s’en tenir à une réalité immédiate
plus ou moins prisonnière des rapports de force du monde des languescultures où seuls les facteurs économiques seraient déterminants. C’est
parce qu’il refuse cette fatalité que Robert Galisson choisit une DLC qui
met plus en avant l’éthique, et qui défend une pensée forte, pleine de
sagesse, de lucidité et d’espoir pour une réelle « éducation » à la diversité
des langues-cultures.
• Note préalable
• L’enseignement-apprentissage des langues-cultures : les positions
divergentes de Louis Porcher et Robert Galisson
• Louis Porcher : une visée « réaliste » sous-tendue par une philosophie
pessimiste
• La sage utopie de Robert Galisson : une alternative aux pouvoirs en
place
• Les ruptures épistémologique et éthique de Robert Galisson
• Conclusion : une éthique active pour une pensée forte en DLC
• BIBLIOGRAPHIE