2001
revue de didactologie des langues-cultures
Enseigner une langue de chasseurs-cueilleurs en France
Jacques Montredon
LASELDI EA 22 81 Idiomes – Labo C.L.A. Geste, parole, scripturalité et didactique des langues
En juillet 1994 a eu lieu, au Centre de Linguistique Appliquée de
Besançon, un cours de langue aborigène australienne (ngaatjatjarra) pour
lequel une approche originale a été dessinée, s’appuyant à la fois sur une
pédagogie en contexte (appréhension du sens dans un environnement relationnel humain affectivement positif) et la prise en compte de la spécificité de
la culture ngaatjatjarra et des cultures du centre et de l’ouest australiens, où
récits quotidiens et récits mythiques jouent un rôle central dans la vie sociale
et religieuse. Cette contribution expose la réflexion théorique préalable au
cours et rend compte de la conduite et du déroulement de cette expérience.
J’ai organisé en juillet 1994 au Centre de Linguistique Appliquée de
Besançon un cours de langue et de culture ngaatjatjarra à l’intention d’un
petit groupe d’étudiants motivés (un doctorant en anthropologie aux
HESS, un champion européen du lancer de boomerang, une artiste peintre
australienne d’origine anglo-saxonne, une étudiante hollandaise en traduction et interprétation, et enfin une retraitée de l’enseignement que les
langues fascinent). Lizzie Ellis, elle-même Ngaatjatjarra, professeur et
interprète alors à l’Institut de développement aborigène à Alice Springs,
avec qui j’entretiens des rapports d’amitié et de recherche, avait accepté
de venir à Besançon pour être le professeur principal d’un cours dont nous
avions convenu ensemble de l’objectif, du contenu et de l’approche
méthodologique.
Le ngaatjatjarra est une variété régionale de la langue dite du « Désert
de l’Ouest », et est parlé par environ 1500 personnes, ce qui n’est pas
négligeable pour une langue aborigène australienne. Si l’on considère
qu’un locuteur ngaatjatjarra peut être compris des locuteurs des autres
variétés de la langue du Désert de l’Ouest, kukatja, luritja, ngaanyatjarra,
pintupi, pitjantjarra et yankunytjatjarra, et peut les comprendre, l’apprentissage du ngaatjatjarra est un bon investissement pour celui ou celle qui
veut communiquer ou entreprendre des recherches dans le Centre et
l’Ouest australiens.
Figure 1. — divisions linguistiques de l’Australie continentale
Les noms des groupes linguistiques à l’intérieur de la famille Pamanyungan sont écrits en petits caractères. Carte empruntée à Yallop, Australian
Aboriginal Languages, 1982, André Deutsch, États-Unis et Canada.
Les dialectes que j’ai mentionnés plus haut et qui, tous ensemble,
forment « la langue du Désert de l’Ouest », appartiennent à la famille des
langues australiennes pama-nyungan (175 langues parlées du Cap York à
la côte sud-ouest de l’Australie de l’Ouest, d’après Yallop) ; ces langues
sont caractérisées par l’abondance de suffixes et l’utilisation de cas pour
indiquer la fonction grammaticale des noms dans l’énoncé.
Figure 2. — l’aire ngaatjatjarra
Selon l’anthropologue américain Richard A. Gould, qui a pu partager un
moment leurs derniers jours de vie nomade (1963), les Ngaatjatjarra,
comme les autres habitants de l’aire culturelle du Désert de l’Ouest, ont
vécu en tant que chasseurs-cueilleurs jusqu’aux années soixante dans un
environnement qui était exceptionnellement pauvre en plantes comestibles
tant en variété qu’en quantité. De même le gibier était rare et ne constituait
de ce fait qu’une partie réduite de leur subsistance. En ce qui concerne le
climat et plus particulièrement les précipitations, celles-ci sont variables
d’une année à l’autre et d’un lieu à un autre. La recherche de nourriture et
la nécessité de revenir à des points d’eau plus ou moins permanents
condamnaient donc les Ngaatjatjarra à se déplacer constamment.
La communauté avec laquelle je travaille est celle de Tjukurla. Située
à 600 kilomètres à vol d’oiseau d’Alice Springs, Tjukurla est un site du
Temps du Rêve (Tjukurrpa) que les Ngaatjatjarra ont réinvesti en 1985
suite au mouvement de retour des Aborigènes vers leurs terres ancestrales.
200 Ngaatjatjarra vivent à Tjukurla : ils s’y sont fixés entre deux rockholes, « Tjukurla » et « Pulpa », auxquels sont rattachés divers récits
fondateurs. Comme l’écrit Myers :
Tous les groupements aborigènes contemporains dépendent de l’eau permanente
fournie par des puits et de la disponibilité de nourriture apportée de l’extérieur. La
cash economy prédomine à la fois pour la nourriture et les vêtements, la plupart du
temps achetés au magasin communautaire. L’éducation scolaire des enfants est
également encouragée et les instituteurs sont nommés par le Ministère de l’Éducation du Nord. (p. 261)
C’est dans ce cadre que vit la communauté de Tjukurla. Les films de
qualité professionnelle que nous y avons réalisés en 1992, Lizzy Ellis et
moi, ont servi d’exposition à la langue et à la culture des Ngaatjatjarra
lors du cours de 1994.
Objectifs du cours
Tout au long des trois semaines qu’a duré notre enseignement, nos objectifs prioritaires étaient de développer chez nos étudiants une capacité d’écoute
et de perception par rapport à la langue ngaatjatjarra, de leur donner
confiance en leur capacité d’expression et de les équiper d’un bagage linguistique minimum (appareil de l’énonciation et outils spatio-temporels) tout en
leur fournissant implicitement (à travers la langue) et explicitement (à partir
de courts exposés dans leur langue) des informations pour faciliter l’approche
d’une culture pour le moins différente de la leur propre. En résumé, nous
voulions préparer nos étudiants à être prêts, s’ils devaient par la suite se
rendre à Tjukurla, à commencer à communiquer avec les membres de la
communauté et à enrichir d’une façon autonome leur compétence en compréhension et expression orales. C’est ce qui s’est d’ailleurs passé pour l’un des
participants à ce cours, qui a mené par la suite à Tjukurla une enquête de
terrain sur les relations de parenté entre les membres de la communauté.
Bases théoriques
Le cours a d’abord reposé sur quelques acquis de la didactique des
langues que nous considérons comme essentiels et que nous rappelons
brièvement ci-dessous :
- l’apprentissage-acquisition d’une langue ne peut se développer et s’affermir que dans un environnement relationnel humain affectivement
positif où le sens des mots et/ou des énoncés ou leur « interprétant »
(pour reprendre la terminologie de Peirce) est d’abord saisi à travers
des activités et des émotions ;
- dans le langage parlé, le résultat de l’activité sémiotique est à la fois
verbal et non verbal et inscrit dans un contexte : aussi la compréhension
est-elle facilitée si tous ces paramètres font partie de l’exposition à la
langue;
- l’écoute en contexte et les risques pris dans des interactions ouvertes
déclenchent chez le sujet apprenant des stratégies qui activent des
processus d’acquisition latents : l’oralité est donc le cadre naturel où
ces stratégies peuvent se déployer et ces processus jouer ;
- le problème de la prononciation, pour être résolu dynamiquement, doit
être traité comme la perception et la production d’un nouveau rythme,
c’est-à-dire qu’il s’agit de sensibiliser les sujets apprenants à celui-ci en
associant débit, accents et groupes à des mouvements de tout le corps
et/ou des gestes (Llorca) ;
- la maîtrise de routines linguistiques agrandissant la marge de manœuvre
des sujets apprenants dans leurs interactions, la formation d’automatismes
ne peut être négligée au début de l’apprentissage : elle peut être assurée
par des activités de rebrassage pour les mêmes énoncés ou des énoncés
parallèles en variant les contextes et les situations de leur production.
L’approche purement didactique ne peut cependant faire abstraction ni
de la langue de départ ni de la langue à apprendre ni bien sûr des cultures
en présence. En rapport avec le premier point, celui des langues en
présence et au niveau le plus apparent, leurs différences peuvent être plus
ou moins accentuées sur le plan de leurs paysages sonores respectifs
(Lhote). Une approche pédagogique conséquente prend en compte cette
diversité de paysages.
En ce qui concerne les cultures, le désir de différence qui nous porte
vers les autres cultures (ou certaines autres) que la nôtre est un puissant
moteur dans l’apprentissage des langues : dans le cas de celui du ngaatjatjarra, l’appétit culturel de ceux qui s’y engagent est grand. L’entrée
dans une langue aussi lointaine est en même temps une entrée dans une
culture dont la singularité les attire a priori. L’une (la langue) ne va pas
sans l’autre (la culture) et réciproquement, en effet « en tant que pratique
sociale et produit socio-historique, la langue est toute pénétrée de culture.
Le jeu de symbiose dans lequel fonctionnent langue et culture fait qu’elles
sont le reflet réciproque et obligé l’une de l’autre » (Galisson, 1986).
C’est en décidant de prendre en compte la spécificité de la culture
ngaatjatjarra que j’ai trouvé des points d’appui pour créer une pédagogie
originale. Quels sont les traits singuliers de cette culture ? Culture de
chasseurs-cueilleurs, les déplacements et les récits, qu’ils soient fondateurs
ou quotidiens (jusqu’à maintenant) y occupent une place privilégiée. Les
récits mythiques renvoient aux parcours, aux actions des êtres fondateurs
qui ont les premiers, tout à la fois, parcouru en même temps qu’inventé
l’espace ngaatjatjarra. Ces récits ont été et sont encore transmis oralement
lors de cérémonies (initiation et autres). Les camps et les chemins des
êtres totémiques sont ainsi remémorés. Comme les résidents de Tjukurla
n’ont plus la nécessité de pourvoir chaque jour par la chasse et la
cueillette à leurs besoins alimentaires, la vie cérémonielle, loin de disparaître, donne lieu à des déplacements plus fréquents. Les sorties dans le
bush la brousse, maintenant rares, sont amplement commentées. Les
visites en voiture entre communautés sont régulières. De plus, du fait du
manque d’une structure hospitalière à Tjukurla, les malades sont acheminés par la voie des airs à Alice Springs : leurs proches doivent se
déplacer pour leur rendre visite.
Le locuteur ngaatjatjarra raconte en employant les ressources habituelles de l’oralité : voix, gestes, mimiques ; mais il ne prive pas non plus
d’utiliser des dessins sur le sable pour illustrer ses récits. Chez lui donc,
voix, gestes et dessins concourent harmonieusement à son expression.
L’iconographie dont il dispose est codifiée.
Pour des raisons à la fois rituelles (cérémonies d’initiation, relations
taboues, périodes de deuil) et pratiques (chasses en particulier), les
Aborigènes ont développé des langages gestuels hautement complexes. Si
les signes de ces langages gestuels peuvent donc se substituer totalement
à langue parlée dans des contextes bien définis (périodes de deuil pour les
femmes et cérémonies d’initiation), certains peuvent cependant accompagner la parole, exactement, d’ailleurs, comme dans notre comportement
langagier ordinaire.
Récits, dessins et gestes, tels sont les traits d’une culture retenus pour
une approche adaptée qui entraînerait les étudiants du cours à la fois sur
la piste de la langue et sur celle de la culture ngaatjatjarra. Le récit,
comme nous allons le voir, allait être le fil conducteur du cours.
Mise en œuvre
Le samedi matin précédant la semaine où devait débuter le cours, les
participants se sont retrouvés au pied du Centre et, boussole en main (les
Ngaatjatjarra s’orientent à partir des points cardinaux), nous sommes
partis vers les ruines du Château de Montferrand. De là, pendant deux
jours, nous nous sommes promenés dans la campagne franc-comtoise, en
revenant aux heures de repas au même site, où nous avions pour ainsi dire
établi notre camp autour d’un feu de bois. Les membres du groupe ont
fait connaissance en parlant soit en français, soit en anglais. Tout au long
du parcours et des activités (préparation des mets et leur cuisson, lancer
de boomerangs), une vingtaine de mots ngaatjajarra ont été introduits
comme ngurra (le camp) ou waru (le feu) ou encore kapi (l’eau) mais
sans insistance. Itinéraire, déplacements et activités étaient soigneusement
notés : des photographies, une vidéo ont été prises et l’artiste avait la
charge de préparer des planches pour la suite.
Trois objectifs étaient à l’origine de cette démarche : créer un environnement humain relationnel positif, ancrer certains comportements et certains
mots dans un contexte, et fournir enfin la matière première d’un récit en
quelque sorte fondateur du groupe. Ce récit, nous l’avons composé en ngaatjatjarra, Lizzie Ellis et moi, en termes simples, et nous l’avons présenté
séquence après séquence jour après jour pendant une semaine. Pour
comprendre, les participants au cours pouvaient s’appuyer sur l’expérience
vécue en commun et les planches exécutées par l’artiste peintre lors des
déplacements et des activités. À partir de ces entrées intelligibles, par un jeu
de va et vient entre le récit, les images et les réactions des étudiants, nous
avons réussi en n’utilisant pratiquement que le ngaatjatjarra à ce qu’ils
saisissent globalement puis plus finement les éléments du récit et se les réapproprient. Seul un étudiant lors du premier cours a eu du mal à se servir du
rapport diagrammatique qui liait le récit à son expérience pour comprendre.
Dans la séance du matin l’oral était privilégié, mais pour l’heure de laboratoire l’après-midi, des scripts étaient distribués. L’apprentissage reposait sur
l’implicite, mais tous les trois jours des mises au point permettaient aux
étudiants de vérifier ou de corriger leurs intuitions.
Texte 1 (début du récit)
C.L.A.-ngkala lurrtjurringu. Jacques Bellot-nya marla pitjangu. Mutuka mankurrpa
kutjutjarra-la yulparira Montferrandku yanu. Montferrandtala mutuka ngaratjunu,
tjarungarangu. Purli katula tikalpakanu. Marlakulan tjarungarangu purli katunguru.
Kalan mutukangka Boussières-lakutu yanu. Boussièreslalan ngurra tjunu.
Mungarrtjilan yanu yurukutu, yurungka tjarpatjaku. Nyangka Jacques Bellot-nya
kutju ngurrangka nyinarantja. Marlakulan ngurraku yanu.
Traduction :
Nous nous sommes retrouvés au C.L.A. [Centre de Linguistique Appliquée de
Besançon]. Jacques Bellot [l’un des participants] est arrivé en retard. Ensemble nous
sommes partis avec trois voitures vers le sud, vers Montferrand. À Montferrand nous
avons arrêté nos voitures : nous en sommes descendus et nous sommes montés au
sommet du rocher, puis nous sommes descendus de ce sommet et nous sommes allés
avec nos voitures à Boussières. C’est là que nous avons établi notre camp. Dans
l’après-midi nous avons gagné une étendue d’eau et nous nous y sommes baignés.
Seul Jacques Belot était resté au camp que nous avons regagné par la suite.
Chaque jour, après l’avoir préparé la veille à partir d’informations
recueillies, nous présentions en ngaatjatjarra le portrait d’un étudiant du
cours : un formatage identique facilitait la compréhension de quelques
variantes.
Texte 2 (portrait de Laurent, étudiant en anthropologie)
Laurentnga Moulinsla nyinapayi. Palunyanya pilyirrpa Balta ngarringu. Palunyaku
kurri yini Myryamnga. Besançonla Laurentlu wanka ngaatjatjtjarra nintirringkula.
Palunyalu Parisla anthropology nintirringkula. Palunyanya farmpangka warrkamurrirra puluka pirnitjarra.
Traduction
Laurent habite à Moulins. Il est né à Bâle. Sa compagne s’appelle Myriam. À
Besançon, Laurent apprend le ngaatjatjarra. Il est étudiant en anthropologie à Paris
mais il gagne sa vie dans une ferme où il y a beaucoup de bêtes à cornes.
Une semaine et demie a été consacrée à la présentation et à l’exploitation du récit fondateur ainsi qu’aux petits portraits des participants du
cours. De temps en temps le camp était revisité.
Comme on le sait, je préconise une pédagogie qui va du connu vers
l’inconnu en passant par le sujet apprenant : la deuxième période du cours
a été centrée autour de la communauté de Tjukurla et de l’expression de
sa culture.
Tirant parti d’abord des vidéos que nous avions réalisées à Tjukurla,
nous avons extrait de celles-ci des portraits de femmes qui dans cette
communauté fabriquent des produits artisanaux ou peignent, et nous les
avons travaillés de la même façon qu’au cours de la semaine.
Portrait de Pirrmangka
Yirni Pirrmangkalurna yatura yungkupayi warta warta wiira tjurtanya nullanulla
yanamulpa yatura yatura walypalaku nintilpayi pitjanyangka manilanyatju yungkupayi yuwa linga tjurtanyarna yatulpayi nulla nulla yanamulpa tjurlpu tjurta palyalpayi nulla nulla wirra tjurtanya palyalpayi tirnka palyara tjunkupayi lirru.
Traduction :
Je m’appelle Pirmangka et je livre des objets que j’ai sculptés : des coupes, des
bâtonnets, des animaux : je les présente à l’homme qui nous donne de l’argent
quand il vient. C’est ça, je sculpte beaucoup d’oiseaux, de bâtonnets, de coupes. Je
livre, après les avoir fabriqués, des goannas, des serpents. Voilà, c’est fini.
Ces femmes ont un rapport de parenté avec Lizzie Ellis. Cette partie a
donc conduit à l’introduction de termes de parenté ngaatjajarra et au
système d’obligations qui leur correspond. Chaque après-midi, de très courts
exposés en français sur la culture ngaatjatjarra (une demi-heure) étaient
d’ailleurs présentés pour donner quelques clefs pour comprendre cette
culture : ces exposés s’appuyaient naturellement sur le cours de langue.
Dans la dernière semaine du cours, les étudiants ont été initiés au Temps
du Rêve (Tjukurrpa) par un récit de ce genre enregistré en vidéo à
Tjukurla. Dans le paysage du désert, la narratrice raconte à sa fille une
histoire dont les événements se sont justement déroulés près du lieu où elle
parle. Assise en tailleur, elle narre en utilisant des gestes déictiques et illustratifs et en symbolisant sur le sable les lieux, les positions des personnages
et de leurs déplacements. Profitant de ce récit, nous avons attiré l’attention
des étudiants sur la gestuelle ngaatjatjarra, en particulier sur celle relative
au temps pour l’expression du présent, du passé et du futur proche. La
présentation simultanée du geste et du mot laissant chez l’étudiant une
double empreinte visuelle et sonore garantit la mémorisation.
Le cours s’est achevé par une séance où chaque étudiant a été filmé se
présentant en ngaatjatjarra sur le canevas de départ avec des variantes et des
ajouts personnels. L’aptitude à apprendre et à continuer d’apprendre une
langue étrangère, que nous avions voulu activer et développer chez les
étudiants de ce cours en les faisant passer par les étapes cruciales de
l’écoute et de la découverte du sens en contexte, tout en les sensibilisant
concrètement à une culture de chasseurs-cueilleurs par le choix du récit
comme mode d’accès, s’est bien manifestée vu la satisfaction de chacun à
faire ses premiers pas dans une langue et une culture radicalement différentes. C’est muni d’un bagage acquis dans ce cours que l’un des participants a pu entreprendre une étude de terrain à Tjukurla en communiquant
en langue ngaatjatjarra avec les membres de la communauté qui y est
établie. Les autres ont regretté que d’une manière ou d’une autre ce cours
n’ait pas eu une suite au moins à distance. Si une autre expérience de ce
type devait voir le jour pour l’apprentissage d’une langue aborigène australienne, ou de toute autre langue de chasseurs-cueilleurs, nous ne pourrions
la concevoir sans prolongements.
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ELLIS, E. and MONTREDON, J. 1992. Narratives in Tjukurla (umatic, 45 mn). The
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LLORCA, R. 1992. Les histoires-actions : exercices pour l’œil et la mémoire en
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