2001
revue de didactologie des langues-cultures
Didactique des langues en région frontalière, frontière de la didactique ?
Wolfgang Bufe
Université de la Sarre
Après une définition de la notion de la didactique en région frontalière, l’auteur en dégage les spécificités proxémiques, qui se situent entre
pédagogie de la langue du voisin et pédagogie de la rencontre. Opposant les
avantages et les inconvénients de la didactique transfrontalière, il souligne la
complémentarité entre l’apprentissage des langues intra muros et l’acquisition extra muros. Les remarques théoriques sont illustrées par la présentation
de quelques résultats pratiques d’un projet « Interreg » franco-allemand.
1. DIDACTIQUE DES LANGUES EN RÉGION FRONTALIÈRE
Par le terme « didactique en région frontalière » nous désignons l’apprentissage/enseignement de la langue du voisin
[1]. Quelle différence y a-t-il entre «
langue du voisin » et « langue scolaire »? : la langue scolaire
est une langue virtuelle qui relève surtout de la simulation pédagogique.
Comme elle est utilisée dans le domaine de l’institution éducative, c’est
plutôt une langue latente. On apprend la langue dans le but de l’utiliser
un jour, on est donc loin du champ d’action. Par contre, la langue du
voisin étant bien ancrée dans une région donnée, son utilisation réelle
constitue un défi permanent. Grâce à la proximité de deux régions, l’enseignement/apprentissage des langues peut être considérablement facilité.
Dans la région de la Sarre, en Allemagne, et de la Lorraine, en France, il
s’agit donc de l’apprentissage du français par les Allemands et de l’allemand par les Français. L’une des caractéristiques de la didactique transfrontalière
[2] est la réciprocité de l’apprentissage des langues. En ce sens,
la Volkshochschule
[3] de la ville de Sarrebruck, le GRETA du Bassin
Houiller de Lorraine et l’Université de Metz ont lancé un projet
Interreg
II concernant l’apprentissage mutuel de la langue et de la culture de la
région voisine.
Il ne faut pas confondre langue du voisin avec le FLE,
français langue
étrangère, ou avec le DAF,
Deutsch als Fremdsprache. Ce qui caractérise
surtout le FLE et le DAF, c’est la dimension de la
survéhicularité des
langues scolaires au niveau national ou supranational au détriment de la
véhicularité locale au niveau de la communication quotidienne (cf.
Laumesfeld 1984,211). En région frontalière, les langues objets d’apprentissage sont bien ancrées dans deux régions contiguës. Les liens multiples
entre les deux langues en question ne concernent pas seulement la topographie, mais aussi l’histoire, l’économie, etc. On parlera donc d’un réseau
à facettes multiples entre les deux langues-cultures, réseau qui constitue la
base de la didactique transfrontalière. Les participants du cours possédant
déjà une amorce de compétence « régionale » à la fois sur le plan linguistique que sur le plan (inter)culturel, le chemin à parcourir pour arriver à
une compétence régionale approfondie est déjà tracé. Signalons par ailleurs
que la langue du voisin peut être un échantillon de la langue nationale,
comme le français régional, ou un parler différent, comme le francique
parlé en Lorraine et en Sarre. Tel un
pars pro toto, la langue du voisin, du
premier type, fait partie intégrante de la langue nationale sans pour autant
être complètement identique avec elle. Par rapport à la langue nationale, la
compétence régionale peut, toutefois, se présenter comme une catégorie de
réduction
[4]. Nous comptons montrer que la compétence « régionale »
constitue quant à elle un tremplin pour accéder à une compétence socio-culturelle dépassant largement la compétence scolaire traditionnelle.
2. PÉDAGOGIE DE LA RENCONTRE
L’apprentissage des langues s’articule-t-il de la même façon en région
frontalière qu’à l’intérieur du pays même ? Retenons d’abord le fait qu’il
est beaucoup plus facile et certainement moins coûteux de rencontrer en
région frontalière des représentants du pays cible dont on veut apprendre
la langue que lorsqu’on se trouve plus à l’intérieur du pays.
Le rapport entre l’enseignant et les enseignés est normalement un rapport
préétabli. Une fois la classe constituée, le réseau entre l’enseignant et les
enseignés d’une part, et entre les enseignés eux-mêmes d’autre part, reste
stable
[5]. En pédagogie de la rencontre, par contre, le réseau entre les apprenants travaillant sur le terrain doit d’abord être constitué. L’établissement
de contacts avec des personnes appartenant à différents milieux sociaux fait
donc partie intégrante de la pédagogie transfrontalière. Il découle de tout
cela qu’il ne peut pas s’agir de rencontres fortuites, mais de l’établissement
de contacts en fonction de l’objectif didactique précédant les rencontres. On
peut envisager plusieurs types de rencontre : rencontres formelles ou officielles, rencontres familières, rencontres ponctuelles, rencontres répétitives,
rencontres de longue durée, etc. Nous voyons ici que la rencontre dépend
de plusieurs facteurs tels que l’objectif fixé, le lieu, le temps, les origines
sociales des personnes intéressées et les contextes.
3. FONCTION PROPRE DE LA DIDACTIQUE DES LANGUES
Mais vouloir prendre la didactique transfrontalière comme modèle d’apprentissage, n’est-ce pas neutraliser la fonction propre de la didactique des
langues, dont l’objet primordial est la fonction de médiation
[6] entre la
langue et la culture du pays de départ et du pays d’accueil ? La raison
d’être de la didactique des langues réside justement dans la distance entre
ces deux domaines, le professeur gardant le contact avec le pays cible, à
la place de et pour l’apprenant. Ce n’est qu’à partir de l’installation chez
celui-ci d’une compétence linguistique minimale que l’on osera franchir la
frontière pour aborder des personnes sur le terrain en situation réelle.
L’accès à la langue et à la culture du pays cible n’est donc possible que
grâce à l’interface didactique, autrement dit, à une compétence fonctionnelle en langue étrangère
[7]. Vu le voisinage du pays cible, il y a un
chevauchement entre les phases de l’acquisition et de l’emploi linguistiques dans le cas de la didactique en région frontalière.
Les apprenants ne courent-ils pas le risque d’utiliser la langue étrangère
à un moment où leur compétence n’est pas encore suffisamment développée, ce qui, en dernière analyse, ne ferait que renforcer l’amateurisme ?
Pour répondre à cette question, dégageons un autre aspect. Même les
apprenants qui ont une bonne maîtrise de la langue étrangère doivent
toujours faire face à des moments inattendus, ce qui peut les mettre dans
des situations d’embarras. Une des raisons qui expliquent cet état de
choses est le fait que certains apprenants ne peuvent que reproduire leurs
acquis linguistiques. Ce qui leur manque plus ou moins, c’est une compétence stratégique leur permettant de maîtriser des situations spontanées. La
région frontalière, parce qu’elle fournit de nombreuses opportunités de
pratiquer la langue, constitue un terrain privilégié de mise à contribution
de cette compétence stratégique. Or la didactique des langues classique
n’est pas à même d’atteindre ce but.
4. ALTERNANCE DES PHASES INTRA MUROS ET EXTRA
MUROS EN RÉGION FRONTIÈRE
L’une des meilleures manières de faire acquérir une compétence spontanée en expression orale, c’est de faire sortir l’apprenant le plus tôt
possible du cocon scolaire pour le plonger dans des situations de communication réelle. Autrement dit, il faut casser l’ordre canonique 1) acquisition linguistique en phase scolaire étendue, 2) emploi de la langue réelle
en phase tardive. L’excès d’une pédagogie trop systématique, mettant l’accent sur des inventaires grammaticaux et lexicaux, contribue rarement à
une véritable maîtrise de la langue parlée. L’ordre canonique doit céder la
place à un ordre permettant l’alternance entre l’apprentissage intra muros
et l’apprentissage extra muros, alternance que nous avons appelée la
double articulation de l’apprentissage des langues-cultures, les deux
dimensions nous semblant indispensables pour une bonne maîtrise de
l’oral (Bufe : 1984,220).
C’est justement à la didactique transfrontalière qu’incombe le rôle
d’une synthèse entre l’apprentissage institutionnel et l’acquisition
[8] sur le
terrain. Vouloir interdire aux apprenants le passage de la frontière en alléguant que ceux-ci n’ont pas encore une compétence linguistique et interculturelle suffisante, relève de l’absurdité d’une didactique des langues qui
se voudrait trop propédeutique et en même temps trop perfectionniste.
C’est en région frontalière que l’apprenant se trouve, un peu comme le
migrant, dans une situation linguistiquement très riche, pour ne pas dire
trop abondante, situation qui constitue un défi permanent.
Dans cette situation, deux réactions pourront se présenter : 1) L’input
trop riche par rapport à une progression du type institutionnel peut provoquer la frustration de l’apprenant en le conduisant à une démotivation plus
ou moins totale. 2) L’apprenant se découvrira des capacités stratégiques
déclenchées par les expériences du vécu sur le terrain, cette prise de
conscience pouvant considérablement augmenter sa motivation. L’enseignant veillera à ce que s’instaure un équilibre entre l’approche institutionnelle et une pédagogie de la rencontre tenant compte des besoins
linguistiques et psychologiques de chacun. La didactique transfrontalière,
telle une tête de Janus, constitue un potentiel didactique pouvant coiffer
des antagonismes comme enseignement directif/apprentissage autonome,
enseignement institutionnel/apprentissage sur le terrain, enseignement
médiatisé/apprentissage direct. Ce sont justement ces tensions régnant entre
les dimension indiquées qui, dans une perspective dialectique, pourront
déclencher un changement fondamental dans l’attitude de l’apprenant à
l’égard de la langue-culture qu’il voudra assimiler.
5. AVANTAGES ET DÉSAVANTAGES DE LA DIDACTIQUE
TRANSFRONTALIÈRE
Nous énumérons quelques aspects concrets de cette didactique transfrontalière, en insistant sur les avantages et sur les éventuels inconvénients. La liste pourrait en être allongée.
5.1. Avantages
Quels sont les avantages de la didactique frontalière par rapport à l’enseignement des langues étrangères institutionnel du type traditionnel ?
- L’apprenant obtiendra tôt la possibilité d’entrer en contact direct avec
le locuteur natif, sans être obligé de passer par le détour de l’instance
éducative.
- La didactique frontalière libère l’apprenant de l’artificialité de la langue
du ghetto scolaire.
- L’apprenant n’est pas, comme dans l’enseignement des langues traditionnel, dans un circuit d’attente permanent. Sur le terrain, il pourra
directement appliquer les connaissances linguistiques acquises.
- Profitant de la compétence modèle des natifs, l’apprenant pourra enrichir sa compétence en langue étrangère.
- Pour l’apprenant, la langue étrangère deviendra un moyen d’échange
naturel en communication interpersonnelle.
- L’apprenant pourra se faire une idée directe des réalités culturelles de
l’Autre.
- L’acquisition linguistique dans l’espace frontalier peut conduire l’apprenant à un élargissement de son habitat naturel direct
[9].
- L’apprenant n’abordera pas son voisin comme un technocrate de l’apprentissage de la langue, mais comme un sujet à la recherche de
contacts humains.
- Par rapport au collectif de la classe, il pourra travailler d’une manière
plus individuelle.
5.2. Désavantages
Mais la didactique frontalière soulève aussi quelques problèmes,
comme les suivants :
- Par rapport à l’enseignement institutionnel, cette didactique nécessite un
investissement plus élevé sur le plan de l’organisation et des horaires.
- Comme cette didactique se soustrait largement au contrôle de l’enseignant, l’évaluation des connaissances est plus difficile à réaliser.
- Cette didactique exige de la part de l’apprenant des comportements qui
contredisent en partie l’habitus scolaire.
- Le terrain constitue un risque et un défi difficiles pour beaucoup d’apprenants.
- En l’absence des activités scolaires de systématisation, l’apprenant a
parfois l’impression de ne pas apprendre grand-chose dans les contacts
avec les locuteurs natifs.
- L’apprentissage peut se retrouver en décalage voire en conflit avec le
programme pédagogique officiel.
- Le caractère aléatoire des rencontres sur le terrain produit souvent une
certaine banalité des contenus.
Quelles conclusions en tirer pour justifier une didactique frontalière ?
Le lecteur aura peut-être l’impression que les avantages et les inconvénients de la didactique frontalière se valent plus ou moins, malgré une
certaine priorité aux avantages. Il faut cependant souligner qu’une compétence linguistique légitimée au niveau institutionnel ne correspond pas
forcément à une vraie compétence communicative en situation réelle.
Alors que la compétence institutionnelle, qui relève surtout de la simulation didactique, tend souvent à se suffire à elle-même et à se contenter
d’une justification officielle, la communication dans l’entourage naturel du
pays cible, au contraire, doit faire face aux défis multiples de la réalité.
Elle doit fournir la preuve que l’échange linguistique entre l’apprenant et
le locuteur natif fonctionne vraiment, qu’il est couronné de succès.
Comme bilan provisoire, je retiens que ni la didactique frontalière, ni
l’accès institutionnel à eux seuls ne sont à même de rénover la pédagogie
des langues, mais que seulement une synthèse entre les deux voies pourra
apporter la solution requise. Il semble donc indiqué de relier d’une
manière fonctionnelle les deux types d’accès à la langue étrangère, en
réunissant respectivement ses composantes positives pouvant conduire à
une nouvelle qualité de l’enseignement linguistique. Nous voudrions citer
trois exemples soulignant la complémentarité des deux approches :
- La dimension ouverte des rencontres entre les apprenants et les natifs
en région frontalière peut très bien venir en complément des activités
de systématisation de l’approche institutionnelle.
- L’enseignement classique peut fournir les contenus pouvant faire l’objet
d’une enquête sur le terrain.
- La culture relevant surtout de l’institution constitue la base de la
pratique de l’interculturel
[10] sur le terrain.
La didactique transfrontalière présente-t-elle la meilleure façon d’apprendre les langues ? On pourra nous opposer tout de suite que, pour les
citoyens habitant à l’intérieur du pays, cette voie prometteuse semble
exclue. Les frontaliers-ci connaissant déjà souvent un peu la langue du
voisin, ne vaudrait-il pas mieux s’occuper plutôt des apprenants à l’intérieur du pays ? Cependant, si l’on tient compte du nombre grandissant des
étrangers vivant un peu partout dans le pays, la notion de didactique transfrontalière peut être élargie aux voisins vivant parmi nous. Mais cela
présuppose qu’on veuille bien donner voix au chapitre à nos concitoyens
étrangers, qu’on ne les laisse pas ante portas, sur le seuil, mais qu’on leur
donne un rôle actif dans les cours de langues à l’intérieur et à l’extérieur
de l’institution éducative. Dans cette perspective, une telle conception
élargie de la didactique transfrontalière constitue un moyen non négligeable pouvant faciliter l’intégration des concitoyens étrangers.
Pour donner une idée concrète de la didactique transfrontalière, nous
présentons brièvement quelques résultats du projet sarro-lorrain mentionné
ci-dessus :
- Grande motivation des participants de part et d’autre de la frontière.
- Motivation différente : du côté français, priorité à la formation continue
et à la formation professionnelle; du côté allemand, priorité à la formation générale.
- Implication directe des participants concernant leur biographie régionale.
- Bonne intégration du discours institutionnel et des rencontres personnelles.
- Niveau de langue supérieur par rapport à d’autres cours comparables.
- Priorité de la communication et du contenu par rapport aux questions
de langue (lexique, grammaire).
- Connaissances surprenantes, parfois, des réalités culturelles en région
frontalière.
- Les participants fonctionnent comme personnes-ressources, d’où un
changement du rapport enseignant - enseignés.
- Ambiance de convivialité et de coopération pendant les cours et les
phases de pédagogie de la rencontre.
Ce qu’il faut souligner surtout, c’est le saut qualitatif introduit par la
didactique transfrontalière, telle que l’aisance à l’oral, la compétence
sociale et interculturelle, la compétence professionnelle, dimensions difficilement enseignables dans une approche purement institutionnelle.
Comment la réciprocité dont il était question ci-dessus s’est-elle articulée
dans le projet ? L’input institutionnel des deux côtés de la frontière – les
participants français apprenant l’allemand, les Allemands le français – a
fourni la base d’un échange thématique personnalisé lors des rencontres
binationales. Nous pensons que la dimension relationnelle entre les partenaires « frontaliers » peut encore être renforcée considérablement par l’organisation des cours binationaux.
Enfin, quelle place assigner à la didactique transfrontalière par rapport à
la didactique des langues ? Comme tête de pont, elle constitue une
synthèse entre l’enseignement présenciel et l’enseignement/apprentissage
de proximité. Privilégiant la rencontre humaine, elle prend ses distances à
la fois par rapport à l’approche institutionnelle et par rapport à l’approche
technologique de l’enseignement à distance. C’est le degré de médiation
zéro des rencontres entre l’apprenant non natif et le natif qui constitue la
composante pertinente et le grand atout de la didactique transfrontalière par
rapport aux autres formes d’enseignement/apprentissage, qui sont soumises
à des degrés de médiation plus élevés. En renforçant considérablement
l’autonomie de l’apprenant, la didactique frontalière peut donc contribuer
à compléter la didactique des langues classique, d’une part, et à créer un
nouveau paradigme de l’approche des langues-cultures sans frontières.
·
BUFE, Wolfgang. 2000. « De la médiation technologique à l’apprentissage interculturel des langues étrangères ». ÉLA 117,73-95.
·
—. 1999. « De l’enseignement des langues à la formation interculturelle : plaidoyer pour une synthèse ». Nouveaux Cahiers d’Allemand 17,129-155.
·
—. 1990. « Von grenzüberschreitenden Kontakten zur interkulturellen Begegnung :
am Beispiel Saarland/Lothringen ». Fremdsprachen und Hochschule 30,73-100.
·
—. 1984. « Alternativer Fremdsprachenunterricht : Videointerviews vor Ort ».
In : W. Bufe, I. Deichsel, U. Dethloff. (dir.). Fernsehen und Fremdsprachenlernen. Tübingen, Gunter Narr, 209-309.
·
CICERO. 2001. Kleine Fremdsprachendidaktik für Grenzregionen. Maastricht.
·
GALISSON, Robert. 1990. De la linguistique appliquée à la didactologie des
langues-cultures. ÉLA 79.
·
LAUMESFELD, Daniel. 1984. La diglossie en Lorraine luxembourgeophone.
Pratique/idéologies. Thèse de doctorat. Paris V, Paris.
·
RAASCH, Albert (dir.). 1999. Didactique des langues étrangères pour les régions
frontalières/Foreign language teaching for border regions. Sarrebruck,
Université de la Sarre.
[1]
Cela peut être le voisin dans un pays de proximité, mais cela peut être aussi un voisin à
l’intérieur du pays même, à condition qu’il soit alloglotte. À partir des années 80, nous avons
organisé des projets transfrontaliers dans le cadre de l’université, de la formation pour adultes
et de l’enseignement secondaire. Voir Bufe (1984 et 1990). Le terme de « didactique en région
frontière » nous semble plus court que
Didactique des langues étrangères pour les régions frontalières (Raasch 1999). L’équivalent en allemand,
Fremdsprachendidaktik für Grenzregionen
( CICERO 2001) se dit couramment
Grenzdidaktik. En anglais on rencontre
Foreign language
teaching for border regions (Raasch 1999).
[2]
Synonyme pour « didactique en région frontière ».
[3]
Institution pour la formation pour adultes en Allemagne.
[4]
Dans la mesure où la langue régionale ne correspond pas toujours aux exigences de la
norme de la langue standard.
[5]
Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne puisse pas y avoir de changement dans la vie de
la classe.
[6]
Sur cette notion, voir Bufe (2000,78-82).
[7]
Nous écartons ici la traduction et l’interprétation comme moyens d’accès à la culture cible.
[8]
Sans vouloir ranimer le débat concernant la théorie de Krashen, nous soulignerons ici l’interdépendance entre la dimension de l’apprentissage et la dimension de l’acquisition, débat qui
dépasse largement celui qui concerne le lieu, ou, comme dirait Robert Galisson, le
milieu des
études de langue (Galisson : 1990,39-42).
[9]
Normalement, l’apprenant est coupé du pays cible, dont il apprend la langue. En région
frontalière, par contre, il peut se permettre le luxe de vivre dans deux langues/cultures différentes. « L’habitat naturel direct » s’oppose également à l’environnement artificiel proposé par
l’approche institutionnelle, qui, elle, ne permet qu’un contact indirect avec le pays cible.
[10]
Pour la relation entre apprentissage linguistique et apprentissage interculturel ainsi que pour
les aspects méthodologiques, voir Bufe (1999).