Ela
Klincksieck

I.S.B.N.sans
256 pages

p. 305 à 312
doi: en cours

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n° 123-124 2001/3-4

2001 revue de didactologie des langues-cultures

Didactique des langues en région frontalière, frontière de la didactique ?

Wolfgang Bufe Université de la Sarre
Après une définition de la notion de la didactique en région frontalière, l’auteur en dégage les spécificités proxémiques, qui se situent entre pédagogie de la langue du voisin et pédagogie de la rencontre. Opposant les avantages et les inconvénients de la didactique transfrontalière, il souligne la complémentarité entre l’apprentissage des langues intra muros et l’acquisition extra muros. Les remarques théoriques sont illustrées par la présentation de quelques résultats pratiques d’un projet « Interreg » franco-allemand.
 
1. DIDACTIQUE DES LANGUES EN RÉGION FRONTALIÈRE
 
 
Par le terme « didactique en région frontalière » nous désignons l’apprentissage/enseignement de la langue du voisin [1]. Quelle différence y a-t-il entre « langue du voisin » et « langue scolaire »? : la langue scolaire est une langue virtuelle qui relève surtout de la simulation pédagogique. Comme elle est utilisée dans le domaine de l’institution éducative, c’est plutôt une langue latente. On apprend la langue dans le but de l’utiliser un jour, on est donc loin du champ d’action. Par contre, la langue du voisin étant bien ancrée dans une région donnée, son utilisation réelle constitue un défi permanent. Grâce à la proximité de deux régions, l’enseignement/apprentissage des langues peut être considérablement facilité. Dans la région de la Sarre, en Allemagne, et de la Lorraine, en France, il s’agit donc de l’apprentissage du français par les Allemands et de l’allemand par les Français. L’une des caractéristiques de la didactique transfrontalière [2] est la réciprocité de l’apprentissage des langues. En ce sens, la Volkshochschule [3] de la ville de Sarrebruck, le GRETA du Bassin Houiller de Lorraine et l’Université de Metz ont lancé un projet Interreg II concernant l’apprentissage mutuel de la langue et de la culture de la région voisine.
Il ne faut pas confondre langue du voisin avec le FLE, français langue étrangère, ou avec le DAF, Deutsch als Fremdsprache. Ce qui caractérise surtout le FLE et le DAF, c’est la dimension de la survéhicularité des langues scolaires au niveau national ou supranational au détriment de la véhicularité locale au niveau de la communication quotidienne (cf. Laumesfeld 1984,211). En région frontalière, les langues objets d’apprentissage sont bien ancrées dans deux régions contiguës. Les liens multiples entre les deux langues en question ne concernent pas seulement la topographie, mais aussi l’histoire, l’économie, etc. On parlera donc d’un réseau à facettes multiples entre les deux langues-cultures, réseau qui constitue la base de la didactique transfrontalière. Les participants du cours possédant déjà une amorce de compétence « régionale » à la fois sur le plan linguistique que sur le plan (inter)culturel, le chemin à parcourir pour arriver à une compétence régionale approfondie est déjà tracé. Signalons par ailleurs que la langue du voisin peut être un échantillon de la langue nationale, comme le français régional, ou un parler différent, comme le francique parlé en Lorraine et en Sarre. Tel un pars pro toto, la langue du voisin, du premier type, fait partie intégrante de la langue nationale sans pour autant être complètement identique avec elle. Par rapport à la langue nationale, la compétence régionale peut, toutefois, se présenter comme une catégorie de réduction [4]. Nous comptons montrer que la compétence « régionale » constitue quant à elle un tremplin pour accéder à une compétence socio-culturelle dépassant largement la compétence scolaire traditionnelle.
 
2. PÉDAGOGIE DE LA RENCONTRE
 
 
L’apprentissage des langues s’articule-t-il de la même façon en région frontalière qu’à l’intérieur du pays même ? Retenons d’abord le fait qu’il est beaucoup plus facile et certainement moins coûteux de rencontrer en région frontalière des représentants du pays cible dont on veut apprendre la langue que lorsqu’on se trouve plus à l’intérieur du pays.
Le rapport entre l’enseignant et les enseignés est normalement un rapport préétabli. Une fois la classe constituée, le réseau entre l’enseignant et les enseignés d’une part, et entre les enseignés eux-mêmes d’autre part, reste stable [5]. En pédagogie de la rencontre, par contre, le réseau entre les apprenants travaillant sur le terrain doit d’abord être constitué. L’établissement de contacts avec des personnes appartenant à différents milieux sociaux fait donc partie intégrante de la pédagogie transfrontalière. Il découle de tout cela qu’il ne peut pas s’agir de rencontres fortuites, mais de l’établissement de contacts en fonction de l’objectif didactique précédant les rencontres. On peut envisager plusieurs types de rencontre : rencontres formelles ou officielles, rencontres familières, rencontres ponctuelles, rencontres répétitives, rencontres de longue durée, etc. Nous voyons ici que la rencontre dépend de plusieurs facteurs tels que l’objectif fixé, le lieu, le temps, les origines sociales des personnes intéressées et les contextes.
 
3. FONCTION PROPRE DE LA DIDACTIQUE DES LANGUES
 
 
Mais vouloir prendre la didactique transfrontalière comme modèle d’apprentissage, n’est-ce pas neutraliser la fonction propre de la didactique des langues, dont l’objet primordial est la fonction de médiation [6] entre la langue et la culture du pays de départ et du pays d’accueil ? La raison d’être de la didactique des langues réside justement dans la distance entre ces deux domaines, le professeur gardant le contact avec le pays cible, à la place de et pour l’apprenant. Ce n’est qu’à partir de l’installation chez celui-ci d’une compétence linguistique minimale que l’on osera franchir la frontière pour aborder des personnes sur le terrain en situation réelle. L’accès à la langue et à la culture du pays cible n’est donc possible que grâce à l’interface didactique, autrement dit, à une compétence fonctionnelle en langue étrangère [7]. Vu le voisinage du pays cible, il y a un chevauchement entre les phases de l’acquisition et de l’emploi linguistiques dans le cas de la didactique en région frontalière.
Les apprenants ne courent-ils pas le risque d’utiliser la langue étrangère à un moment où leur compétence n’est pas encore suffisamment développée, ce qui, en dernière analyse, ne ferait que renforcer l’amateurisme ? Pour répondre à cette question, dégageons un autre aspect. Même les apprenants qui ont une bonne maîtrise de la langue étrangère doivent toujours faire face à des moments inattendus, ce qui peut les mettre dans des situations d’embarras. Une des raisons qui expliquent cet état de choses est le fait que certains apprenants ne peuvent que reproduire leurs acquis linguistiques. Ce qui leur manque plus ou moins, c’est une compétence stratégique leur permettant de maîtriser des situations spontanées. La région frontalière, parce qu’elle fournit de nombreuses opportunités de pratiquer la langue, constitue un terrain privilégié de mise à contribution de cette compétence stratégique. Or la didactique des langues classique n’est pas à même d’atteindre ce but.
 
4. ALTERNANCE DES PHASES INTRA MUROS ET EXTRA MUROS EN RÉGION FRONTIÈRE
 
 
L’une des meilleures manières de faire acquérir une compétence spontanée en expression orale, c’est de faire sortir l’apprenant le plus tôt possible du cocon scolaire pour le plonger dans des situations de communication réelle. Autrement dit, il faut casser l’ordre canonique 1) acquisition linguistique en phase scolaire étendue, 2) emploi de la langue réelle en phase tardive. L’excès d’une pédagogie trop systématique, mettant l’accent sur des inventaires grammaticaux et lexicaux, contribue rarement à une véritable maîtrise de la langue parlée. L’ordre canonique doit céder la place à un ordre permettant l’alternance entre l’apprentissage intra muros et l’apprentissage extra muros, alternance que nous avons appelée la double articulation de l’apprentissage des langues-cultures, les deux dimensions nous semblant indispensables pour une bonne maîtrise de l’oral (Bufe : 1984,220).
C’est justement à la didactique transfrontalière qu’incombe le rôle d’une synthèse entre l’apprentissage institutionnel et l’acquisition [8] sur le terrain. Vouloir interdire aux apprenants le passage de la frontière en alléguant que ceux-ci n’ont pas encore une compétence linguistique et interculturelle suffisante, relève de l’absurdité d’une didactique des langues qui se voudrait trop propédeutique et en même temps trop perfectionniste. C’est en région frontalière que l’apprenant se trouve, un peu comme le migrant, dans une situation linguistiquement très riche, pour ne pas dire trop abondante, situation qui constitue un défi permanent.
Dans cette situation, deux réactions pourront se présenter : 1) L’input trop riche par rapport à une progression du type institutionnel peut provoquer la frustration de l’apprenant en le conduisant à une démotivation plus ou moins totale. 2) L’apprenant se découvrira des capacités stratégiques déclenchées par les expériences du vécu sur le terrain, cette prise de conscience pouvant considérablement augmenter sa motivation. L’enseignant veillera à ce que s’instaure un équilibre entre l’approche institutionnelle et une pédagogie de la rencontre tenant compte des besoins linguistiques et psychologiques de chacun. La didactique transfrontalière, telle une tête de Janus, constitue un potentiel didactique pouvant coiffer des antagonismes comme enseignement directif/apprentissage autonome, enseignement institutionnel/apprentissage sur le terrain, enseignement médiatisé/apprentissage direct. Ce sont justement ces tensions régnant entre les dimension indiquées qui, dans une perspective dialectique, pourront déclencher un changement fondamental dans l’attitude de l’apprenant à l’égard de la langue-culture qu’il voudra assimiler.
 
5. AVANTAGES ET DÉSAVANTAGES DE LA DIDACTIQUE TRANSFRONTALIÈRE
 
 
Nous énumérons quelques aspects concrets de cette didactique transfrontalière, en insistant sur les avantages et sur les éventuels inconvénients. La liste pourrait en être allongée.
5.1. Avantages
Quels sont les avantages de la didactique frontalière par rapport à l’enseignement des langues étrangères institutionnel du type traditionnel ?
  • L’apprenant obtiendra tôt la possibilité d’entrer en contact direct avec le locuteur natif, sans être obligé de passer par le détour de l’instance éducative.
  • La didactique frontalière libère l’apprenant de l’artificialité de la langue du ghetto scolaire.
  • L’apprenant n’est pas, comme dans l’enseignement des langues traditionnel, dans un circuit d’attente permanent. Sur le terrain, il pourra directement appliquer les connaissances linguistiques acquises.
  • Profitant de la compétence modèle des natifs, l’apprenant pourra enrichir sa compétence en langue étrangère.
  • Pour l’apprenant, la langue étrangère deviendra un moyen d’échange naturel en communication interpersonnelle.
  • L’apprenant pourra se faire une idée directe des réalités culturelles de l’Autre.
  • L’acquisition linguistique dans l’espace frontalier peut conduire l’apprenant à un élargissement de son habitat naturel direct [9].
  • L’apprenant n’abordera pas son voisin comme un technocrate de l’apprentissage de la langue, mais comme un sujet à la recherche de contacts humains.
  • Par rapport au collectif de la classe, il pourra travailler d’une manière plus individuelle.
5.2. Désavantages
Mais la didactique frontalière soulève aussi quelques problèmes, comme les suivants :
  • Par rapport à l’enseignement institutionnel, cette didactique nécessite un investissement plus élevé sur le plan de l’organisation et des horaires.
  • Comme cette didactique se soustrait largement au contrôle de l’enseignant, l’évaluation des connaissances est plus difficile à réaliser.
  • Cette didactique exige de la part de l’apprenant des comportements qui contredisent en partie l’habitus scolaire.
  • Le terrain constitue un risque et un défi difficiles pour beaucoup d’apprenants.
  • En l’absence des activités scolaires de systématisation, l’apprenant a parfois l’impression de ne pas apprendre grand-chose dans les contacts avec les locuteurs natifs.
  • L’apprentissage peut se retrouver en décalage voire en conflit avec le programme pédagogique officiel.
  • Le caractère aléatoire des rencontres sur le terrain produit souvent une certaine banalité des contenus.
 
6. BILAN PROVISOIRE
 
 
Quelles conclusions en tirer pour justifier une didactique frontalière ? Le lecteur aura peut-être l’impression que les avantages et les inconvénients de la didactique frontalière se valent plus ou moins, malgré une certaine priorité aux avantages. Il faut cependant souligner qu’une compétence linguistique légitimée au niveau institutionnel ne correspond pas forcément à une vraie compétence communicative en situation réelle. Alors que la compétence institutionnelle, qui relève surtout de la simulation didactique, tend souvent à se suffire à elle-même et à se contenter d’une justification officielle, la communication dans l’entourage naturel du pays cible, au contraire, doit faire face aux défis multiples de la réalité. Elle doit fournir la preuve que l’échange linguistique entre l’apprenant et le locuteur natif fonctionne vraiment, qu’il est couronné de succès.
Comme bilan provisoire, je retiens que ni la didactique frontalière, ni l’accès institutionnel à eux seuls ne sont à même de rénover la pédagogie des langues, mais que seulement une synthèse entre les deux voies pourra apporter la solution requise. Il semble donc indiqué de relier d’une manière fonctionnelle les deux types d’accès à la langue étrangère, en réunissant respectivement ses composantes positives pouvant conduire à une nouvelle qualité de l’enseignement linguistique. Nous voudrions citer trois exemples soulignant la complémentarité des deux approches :
  • La dimension ouverte des rencontres entre les apprenants et les natifs en région frontalière peut très bien venir en complément des activités de systématisation de l’approche institutionnelle.
  • L’enseignement classique peut fournir les contenus pouvant faire l’objet d’une enquête sur le terrain.
  • La culture relevant surtout de l’institution constitue la base de la pratique de l’interculturel [10] sur le terrain.
 
7. CONCLUSION
 
 
La didactique transfrontalière présente-t-elle la meilleure façon d’apprendre les langues ? On pourra nous opposer tout de suite que, pour les citoyens habitant à l’intérieur du pays, cette voie prometteuse semble exclue. Les frontaliers-ci connaissant déjà souvent un peu la langue du voisin, ne vaudrait-il pas mieux s’occuper plutôt des apprenants à l’intérieur du pays ? Cependant, si l’on tient compte du nombre grandissant des étrangers vivant un peu partout dans le pays, la notion de didactique transfrontalière peut être élargie aux voisins vivant parmi nous. Mais cela présuppose qu’on veuille bien donner voix au chapitre à nos concitoyens étrangers, qu’on ne les laisse pas ante portas, sur le seuil, mais qu’on leur donne un rôle actif dans les cours de langues à l’intérieur et à l’extérieur de l’institution éducative. Dans cette perspective, une telle conception élargie de la didactique transfrontalière constitue un moyen non négligeable pouvant faciliter l’intégration des concitoyens étrangers.
Pour donner une idée concrète de la didactique transfrontalière, nous présentons brièvement quelques résultats du projet sarro-lorrain mentionné ci-dessus :
  • Grande motivation des participants de part et d’autre de la frontière.
  • Motivation différente : du côté français, priorité à la formation continue et à la formation professionnelle; du côté allemand, priorité à la formation générale.
  • Implication directe des participants concernant leur biographie régionale.
  • Bonne intégration du discours institutionnel et des rencontres personnelles.
  • Niveau de langue supérieur par rapport à d’autres cours comparables.
  • Priorité de la communication et du contenu par rapport aux questions de langue (lexique, grammaire).
  • Connaissances surprenantes, parfois, des réalités culturelles en région frontalière.
  • Les participants fonctionnent comme personnes-ressources, d’où un changement du rapport enseignant - enseignés.
  • Ambiance de convivialité et de coopération pendant les cours et les phases de pédagogie de la rencontre.
Ce qu’il faut souligner surtout, c’est le saut qualitatif introduit par la didactique transfrontalière, telle que l’aisance à l’oral, la compétence sociale et interculturelle, la compétence professionnelle, dimensions difficilement enseignables dans une approche purement institutionnelle. Comment la réciprocité dont il était question ci-dessus s’est-elle articulée dans le projet ? L’input institutionnel des deux côtés de la frontière – les participants français apprenant l’allemand, les Allemands le français – a fourni la base d’un échange thématique personnalisé lors des rencontres binationales. Nous pensons que la dimension relationnelle entre les partenaires « frontaliers » peut encore être renforcée considérablement par l’organisation des cours binationaux.
Enfin, quelle place assigner à la didactique transfrontalière par rapport à la didactique des langues ? Comme tête de pont, elle constitue une synthèse entre l’enseignement présenciel et l’enseignement/apprentissage de proximité. Privilégiant la rencontre humaine, elle prend ses distances à la fois par rapport à l’approche institutionnelle et par rapport à l’approche technologique de l’enseignement à distance. C’est le degré de médiation zéro des rencontres entre l’apprenant non natif et le natif qui constitue la composante pertinente et le grand atout de la didactique transfrontalière par rapport aux autres formes d’enseignement/apprentissage, qui sont soumises à des degrés de médiation plus élevés. En renforçant considérablement l’autonomie de l’apprenant, la didactique frontalière peut donc contribuer à compléter la didactique des langues classique, d’une part, et à créer un nouveau paradigme de l’approche des langues-cultures sans frontières.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  BUFE, Wolfgang. 2000. « De la médiation technologique à l’apprentissage interculturel des langues étrangères ». ÉLA 117,73-95.
·  —. 1999. « De l’enseignement des langues à la formation interculturelle : plaidoyer pour une synthèse ». Nouveaux Cahiers d’Allemand 17,129-155.
·  —. 1990. « Von grenzüberschreitenden Kontakten zur interkulturellen Begegnung : am Beispiel Saarland/Lothringen ». Fremdsprachen und Hochschule 30,73-100.
·  —. 1984. « Alternativer Fremdsprachenunterricht : Videointerviews vor Ort ». In : W. Bufe, I. Deichsel, U. Dethloff. (dir.). Fernsehen und Fremdsprachenlernen. Tübingen, Gunter Narr, 209-309.
·  CICERO. 2001. Kleine Fremdsprachendidaktik für Grenzregionen. Maastricht.
·  GALISSON, Robert. 1990. De la linguistique appliquée à la didactologie des langues-cultures. ÉLA 79.
·  LAUMESFELD, Daniel. 1984. La diglossie en Lorraine luxembourgeophone. Pratique/idéologies. Thèse de doctorat. Paris V, Paris.
·  RAASCH, Albert (dir.). 1999. Didactique des langues étrangères pour les régions frontalières/Foreign language teaching for border regions. Sarrebruck, Université de la Sarre.
 
NOTES
 
[1]Cela peut être le voisin dans un pays de proximité, mais cela peut être aussi un voisin à l’intérieur du pays même, à condition qu’il soit alloglotte. À partir des années 80, nous avons organisé des projets transfrontaliers dans le cadre de l’université, de la formation pour adultes et de l’enseignement secondaire. Voir Bufe (1984 et 1990). Le terme de « didactique en région frontière » nous semble plus court que Didactique des langues étrangères pour les régions frontalières (Raasch 1999). L’équivalent en allemand, Fremdsprachendidaktik für Grenzregionen ( CICERO 2001) se dit couramment Grenzdidaktik. En anglais on rencontre Foreign language teaching for border regions (Raasch 1999).
[2]Synonyme pour « didactique en région frontière ».
[3]Institution pour la formation pour adultes en Allemagne.
[4]Dans la mesure où la langue régionale ne correspond pas toujours aux exigences de la norme de la langue standard.
[5]Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne puisse pas y avoir de changement dans la vie de la classe.
[6]Sur cette notion, voir Bufe (2000,78-82).
[7]Nous écartons ici la traduction et l’interprétation comme moyens d’accès à la culture cible.
[8]Sans vouloir ranimer le débat concernant la théorie de Krashen, nous soulignerons ici l’interdépendance entre la dimension de l’apprentissage et la dimension de l’acquisition, débat qui dépasse largement celui qui concerne le lieu, ou, comme dirait Robert Galisson, le milieu des études de langue (Galisson : 1990,39-42).
[9]Normalement, l’apprenant est coupé du pays cible, dont il apprend la langue. En région frontalière, par contre, il peut se permettre le luxe de vivre dans deux langues/cultures différentes. « L’habitat naturel direct » s’oppose également à l’environnement artificiel proposé par l’approche institutionnelle, qui, elle, ne permet qu’un contact indirect avec le pays cible.
[10]Pour la relation entre apprentissage linguistique et apprentissage interculturel ainsi que pour les aspects méthodologiques, voir Bufe (1999).
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[1]
Cela peut être le voisin dans un pays de proximité, mais ce...
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[2]
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[3]
Institution pour la formation pour adultes en Allemagne. Suite de la note...
[4]
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[5]
Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne puisse pas y avo...
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[6]
Sur cette notion, voir Bufe (2000,78-82). Suite de la note...
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Nous écartons ici la traduction et l’interprétation comme m...
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