2001
revue de didactologie des langues-cultures
S.O.S. formation initiale mal contextualisée...
Intendance ne suit toujours pas
[1]
Edvige Costanzo
SSIS – UNICAL
L’article aborde le problème de la formation initiale des enseignants
de langues étrangères, définis selon le profil d’enseignant-chercheur que
demande l’éclectisme en vigueur dans la pratique enseignante. Vu l’impossibilité de procéder à une analyse globale de la formation en Europe du fait de
la différence qui existe, à l’heure actuelle, entre les différents systèmes de
formation, l’auteur se limite à étudier le cas de l’Italie. Il y montre comment
pour une gestion performante de la formation initiale, l’enseignant-chercheur
à l’université ne peut oublier la contextualisation dans le système scolaire,
dont il décrit ici la situation spécifique quant aux langues étrangères.
L’analyse comparative entre les curricula de quelques universités italiennes
fait ressortir l’immobilité du système depuis 30 ans et la position marginale
qu’y occupe la didactique. L’auteur conclut cette étude de cas en montrant
comment, faute encore de contextualisation correcte, même le renouveau de la
formation initiale mis en place depuis deux ans à travers la nouvelle structure
des « Écoles de Spécialisation » n’a pas donné les résultats attendus.
Le titre de cet article affiche immédiatement la couleur en le situant du
côté d’une formation « réflexive », qui n’est pas sans rappeler la « contextualisation » envisagée par R. Galisson et Ch. Puren
[2] pour celui que nous
convenons d’appeler « l’enseignant-chercheur », descendant en droite
ligne du « chercheur-praticien » que Galisson estimait, en 1980 déjà, « à
l’origine des innovations méthodologiques les mieux reçues par la
base »
[3], et sur lequel il misait pour faire échapper la D.L.E. « aux deux
dangers polaires qui la guettent : la mode d’un côté (avec les théoriciens),
la routine de l’autre (avec les praticiens) »
[4].
Si vingt ans après ces affirmations la didactique des langues étrangères
baigne enfin dans un éclectisme de bon aloi, consciemment partagé même
si différemment évoqué
[5], qu’en est-il de l’enseignant-chercheur quant à
sa formation initiale ? Est-il formé actuellement à gérer cet éclectisme qui,
pour être incontournable, n’en demande pas moins une grande rigueur
procédurale ?
Conscients que nous sommes de l’impossibilité d’une réponse univoque
à cette question étant donné la différence qui existe entre les systèmes de
formation des enseignants en Europe, nous nous limiterons à analyser dans
les pages qui suivent le cas de Italie, pour montrer comment, sous peine
d’offres inadéquates et de dérives malsaines, la gestion d’une formation
initiale qui se veut réflexive ne peut oublier son « contexte », à savoir le
système scolaire dans lequel vont devoir s’intégrer les futurs enseignants.
Pour ce faire, nous allons examiner dans une première partie ce que
l’institution prévoit pour l’enseignement des langues et ce qu’on demande
pour entrer dans la profession enseignante.
Dans la deuxième partie nous prendrons en considération la formation
initiale des enseignants en comparant le cursus académique des facultés
de langues étrangères de quelques universités italiennes à différentes
époques, pour montrer que peu de choses ont changé depuis trente ans et
que ce cursus n’est plus adéquat aux exigences du système scolaire.
La dernière partie de cette contribution sera enfin réservée à l’analyse
de la nouvelle formation initiale mise en place depuis deux ans à travers
les SSIS (
Scuola di Specializzazione all’Insegnamento Secondario
[6] ) pour
vérifier comment, encore une fois, faute de bonne « contextualisation »,
les meilleures intentions n’accouchent pas de résultats conséquents.
LES LANGUES ÉTRANGÈRES DANS L’ÉCOLE ITALIENNE
Ce que disent les programmes
Les langues étrangères semblent occuper une place privilégiée dans le
panorama de l’école italienne depuis que les programmes de l’école
élémentaire ont rendu obligatoire, en 1985, l’enseignement précoce d’une
langue, dont les buts sont ainsi définis :
- aider et enrichir le développement cognitif de l’enfant en lui offrant un
autre instrument d’organisation des connaissances ;
- lui permettre de communiquer avec les autres en employant une langue
différente de sa langue maternelle;
- le conduire, par l’intermédiaire de l’instrument linguistique, à la
compréhension des autres cultures et des autres peuples.
M. de Carlo présente ainsi en 1995 la méthodologie conseillée :
[Elle] devra suivre la démarche compréhension, assimilation, production. Au départ,
l’activité didactique s’effectuera oralement et devra développer l’aptitude des élèves
à comprendre les messages et à répondre de façon adéquate. Par la suite, on pourra
introduire des exemples simples de langue écrite et rendre ainsi l’élève conscient de
la différence qui existe entre le code oral et le code écrit. L’élève procédera enfin à
des réflexions linguistiques en situation de contraste ou d’analogie entre l’italien et
la langue étrangère. [7]
Les buts ambitieux et la méthodologie moderniste ne constituent pourtant
pas une nouveauté pour l’école italienne, car, en 1979 déjà, les programmes
de la
Scuola Media
[8] s’étaient mis à l’école de la communication.
La définition de la finalité assignée à la langue étrangère – qui « doit
contribuer, en étroite liaison avec les autres disciplines et surtout avec
l’italien, à la conquête des capacités expressives et communicatives des
élèves dans le cadre de l’éducation linguistique »
[9] – est déjà parlante,
mais l’orientation communicative des programmes est encore plus claire
dans les indications méthodologiques, où on lit entre autres :
… on utilisera des exercices qui permettent d’employer la langue étrangère en situation de communication pour comprendre et donner des informations, décrire des
lieux, des objets, des personnes, lire et comprendre des textes tirés de journaux,
dépliants, modes d’emploi…, comprendre et écrire des lettres amicales, participer à
une conversation spontanée… [10]
Même le problème « grammaire » est considéré d’un point de vue révolutionnaire puisque l’on en parle comme d’une pratique réflexive de la
langue « qui sera effectuée à partir de ses usages contextualisés et non pas
de tableaux de grammaire […]. Elle offrira aussi l’occasion d’un travail
de réflexion interculturelle, étant donné que la langue est un élément révélateur du contexte socioculturel »
[11].
À leur tour, ces objectifs principaux et cette méthodologie moderniste
finissent par conditionner les programmes des lycées qui, vieux d’un demi
siècle, sont obligés de s’y rapporter, même si c’est encore à titre expérimental
[12]. Ainsi, dans les programmes de lycées, l’enseignement de la
langue étrangère doit :
- favoriser la formation humaine et culturelle des jeunes générations par le contact
avec d’autres réalités ;
- développer des modalités générales de la pensée par la réflexion sur le langage;
- assurer l’acquisition d’une compétence communicative;
- permettre la réflexion sur sa propre langue et sur sa propre culture par l’analyse
comparative avec d’autres langues et cultures.
[13]
Et, naturellement, ces finalités pourront être réalisées grâce à une
méthodologie relevant de l’approche communicative, par laquelle, en
travaillant en intégration avec la langue maternelle, on devra mettre
l’élève à même de :
- comprendre des messages oraux de caractère général, produits avec un débit
normal dans diverses situations ;
- comprendre globalement des documents sonores authentiques sur des sujets
d’ordre général;
- s’exprimer sur des sujets de caractère général de façon efficace et appropriée à la
situation, même si la forme n’est pas totalement correcte;
- comprendre des textes écrits de nature différente en ayant recours aux capacités
d’inférence et d’intuition;
- produire des textes écrits simples, de type fonctionnel ou créatif, efficaces d’un
point de vue communicatif même avec des imperfections d’ordre formel;
- réfléchir sur la langue à différents niveaux (pragmatique, textuel, sémantique,
morpho-syntaxique et phonologique) à partir de documents authentiques ;
- identifier les éléments para-verbaux qui entrent en jeu dans la communication;
- identifier et comprendre les éléments culturels dont la langue étrangère est
porteuse en s’appuyant sur une démarche de type interculturel.
[14]
La continuité des trois programmes saute aux yeux, et il serait aisé d’en
déduire que les élèves italiens jouissent de conditions privilégiées sinon
optimales pour l’apprentissage des langues. Mais si les programmes sont
beaux, il n’en reste pas moins que pour les réaliser il faut passer par les
enseignants, qui doivent avoir reçu la formation qui leur permette de faire
face facilement à toutes les nouveautés proposées.
L’entrée dans la profession enseignante
L’accès à l’enseignement primaire est possible à travers un concours
qui, depuis 1995, prévoit une épreuve orale facultative en une langue
étrangère que l’on peut ensuite enseigner. Avant cette date, l’enseignement
généralisé de la langue étrangère à l’école élémentaire, prévu par les
programmes de 1985 et mis en place réellement en 1990, a donc posé le
problème du recrutement. Il a été partiellement résolu en faisant appel à
la disponibilité des instituteurs qui pouvaient faire preuve d’une certaine
compétence dans une langue étrangère, mais cela n’a pas permis de
couvrir toutes les écoles, ce qui fait qu’à l’heure actuelle il y a encore des
établissements où cet enseignement de langue étrangère n’est pas assuré.
Pour les collèges et les lycées, la formation initiale des enseignants de
langues prévoit un diplôme universitaire de quatre ans, et l’accès à l’enseignement est lié ici aussi à un concours qui devrait évaluer les compétences des candidats en matière de didactique générale et de méthodologie
spécifique à la langue étrangère enseignée.
Les épreuves prévues pour ce concours « généraliste »
[15] comprennent un
écrit (analyse d’un texte, littéraire ou non, avec mise en contexte), suivi
d’un entretien où le candidat doit faire preuve de maîtrise de la langue orale
et montrer des connaissances adéquates en matière de législation scolaire,
de littérature (toute l’histoire de la littérature et la connaissance directe d’un
certain nombre d’œuvres au choix du candidat), de linguistique (l’évolution
des théories linguistiques depuis 1940), de civilisation (France et pays francophones) et de didactique des langues étrangères.
Il est évident que ce type de concours en reste encore à l’évaluation des
connaissances théoriques en ce qui concerne la didactique des langues, qui
fait figure de parent pauvre dans le système de recrutement.
La « pauvreté » des exigences en didactique, surprenante dans un
concours pour futurs enseignants, n’est par ailleurs que l’aboutissement
naturel d’un cursus académique où le mot « didactique » a été longtemps
ignoré ou considéré comme une sorte de corollaire applicationniste situé
quelque part entre les Sciences de l’éducation et les « théories pures »,
linguistiques ou littéraires.
Ainsi, pour l’instituteur italien – qui n’a pas eu jusqu’ici de formation
académique, ses études se limitant à cinq années de lycée à orientation
pédagogique –, on a créé en 1998 le diplôme en « Sciences de la formation primaire » comprenant des modules de langues étrangères qui
comprennent environ 120 heures de cours de langue pendant les quatre
ans d’une formation dans laquelle priment les Sciences de l’éducation, et
où la didactique des langues se limite à un module de 30 heures.
Quant aux enseignants de collège et de lycée, ils reçoivent une formation académique sur quatre années (la «
Laurea » en langues étrangères
[16] )
dont le cursus, à orientation linguistico-littéraire, n’a pratiquement pas
changé depuis presque 30 ans. Il suffit de comparer la liste des enseignements suivis par deux diplômés de deux universités, lointaines dans l’espace et dans le temps (Annexe 1), pour en vérifier l’étonnante ressemblance : variété des langues étudiées mise à part, l’axe philologique de
l’option n’a guère changé, et la personne ayant suivi ce type d’enseignement peut commencer à enseigner sans aucun autre type de formation. Si
on veut être titularisé, il suffit de passer le concours mentionné, qui est
censé vérifier les connaissances encyclopédiques du candidat, mais qui ne
garantit en rien la formation pédagogique de l’enseignement. Cependant,
l’option linguistico-littéraire n’est pas la seule qui donne accès à la profession enseignante. Les universités ont jadis essayé de répondre de manière
plus adéquate à une demande de formation en créant des options
« linguistico-didactique » (Annexe 2). Mais là aussi le même exercice de
comparaison montre, dans le premier cas, que la didactique n’est qu’une
étiquette pour un cursus littéraire; dans le second, qu’elle se limite à une
seule unité de valeur noyée dans des disciplines de références qui sont, là
encore, la littérature, la linguistique et les Sciences de l’éducation.
La réponse des Écoles de Spécialisation, un échec programmé
Le problème de la formation initiale des enseignants, telle qu’on l’a
décrite, a pris une telle ampleur en Italie qu’une loi de 1998 a enfin créé
un diplôme de spécialisation de deux ans après les quatre années du cursus
académique. À l’heure actuelle, les premiers diplômés sont sortis, et il est
donc possible de dresser un premier bilan. C’est ce que je vais faire en
montrant comment, parce que l’on a confié l’organisation des nouvelles
formations uniquement aux « théoriciens purs » – en l’absence d’un profil
du « bon enseignant » dicté par les nouvelles exigences du système
scolaire – on a donné naissance à des curricula qui risquent paradoxalement d’aggraver encore les défauts du système au lieu de l’améliorer.
Il suffit d’analyser l’organisation du travail prévue dans le cursus
proposé par une de ces écoles. Les deux ans d’étude sont partagés en
quatre semestres organisés de cette manière (voir Annexe 3).
Comme on le voit dans ces programmes, entre a) les enseignements
« transversaux » ou « spécifiques », qui pourraient constituer les savoirs
de référence, b) les travaux pratiques, qui sont censés être la charnière
entre la théorie et la pratique de l’autre et c) le stage, qui constitue le
moment privilégié de prise de contact avec le système scolaire, une articulation pourrait être crée et bien exploitée pour instaurer un « circuit
vertueux » : l’observation et les pratiques de classe effectuées dans le
stage donneraient lieu, dans les séances de travaux pratiques, à des activités de conceptualisation et théorisation interne qui seraient ensuite
confrontées aux savoirs de référence de manière à valider les instruments
d’observation et de pratique de classe ou de les modifier, et ainsi de suite.
Dans la réalité, cela ne se passe pas du tout ainsi, et les trois composantes vivent des vies complètement séparées, ce qui constitue le défaut
principal de cette formation. À l’origine de ce cloisonnement se trouve le
fait que les travaux pratiques sont assurés par les mêmes « théoriciens
purs » qui sont chargés des enseignements « transversaux » et « spécifiques », et que ces travaux pratiques sont organisés selon les mêmes
modalités, sinon avec les mêmes contenus que ces enseignements. Dans
ces conditions, le stage se réduit à la fonction de « pratique du métier »,
où on montre « comment faire », mais où aucune recherche ne vient interroger en retour les deux autres composantes de la formation.
Si on analyse maintenant les enseignements, on constate là aussi un
manque évident de contextualisation. L’étude de la littérature en langue
étrangère est actuellement présente en Italie dans les seules filières générales des lycées, et le calcul est donc très simple à faire : cette étude
touche environ 25 % du total des élèves. Comment expliquer alors que
parmi les enseignements de l’École de Spécialisation prise en exemple il
y ait encore cinq modules de littérature, pourtant déjà très présente dans
le cursus académique initial, et un seul par contre consacré à la didactique
du FLE ? Pourquoi un seul module (qui souffre, entre autres, d’une
formulation maladroite) sur les quatre compétences langagières, alors que
la didactique de l’oral et de l’écrit devrait occuper une place privilégiée ?
Quel peut être le sens d’une « analyse critique des programmes » confiée
à des universitaires qui, à moins d’avoir enseigné eux-mêmes dans le
secondaire, n’ont ni les connaissances ni les outils pour le faire ? Toutes
ces questions, et bien d’autres encore qui surgissent immédiatement,
proviennent du fait qu’on y a délibérément ignoré, voire refusé, l’apport
des enseignants du secondaire. Ces enseignants n’ont pas été consultés
pour l’élaboration des curricula, alors que par exemple les associations des
enseignants de langues avaient proposé, à plusieurs reprises, des plans de
formation initiale certainement plus adéquats
[17]. Ils ont été écartés du
recrutement comme « chercheurs-praticiens », alors que ce genre de profil
est quand même plus facile à rencontrer parmi eux que parmi les universitaires. Si au moins les travaux pratiques pouvaient leur être confiés, cela
permettrait peut-être de mettre en route le « circuit vertueux » dont je
parlais plus haut. Sans cela, la formation initiale des enseignants italiens
ne sortira pas de l’impasse où elle se trouve actuellement.
CURSUS ACADÉMIQUES ITALIENS POUR LES DIPLÔMES EN LANGUES
OPTION LINGUISTICO-LITTÉRAIRE
A – “Laurea” en langues étrangères. B – “Laurea” en langues étrangères. Année
Année académique 1970 académique 1996
Université de Pise Université de la Calabre
Enseignements suivis Enseignements suivis
1. Langue et littérature française I 1. Langue et littérature française I
2. Langue et littérature française II 2. Langue et littérature française II
3. Langue et littérature française III 3. Langue et littérature française III
4. Langue et littérature française IV 4. Langue et littérature française IV
5. Langue et littérature anglaise I 5. Langue et littérature anglaise I
6. Langue et littérature anglaise II 6. Langue et littérature anglaise II
7. Langue et littérature espagnole 7. Langue et littérature anglaise III
8. Langue et littérature allemande 8. Langue et littérature albanaise I
9. Langue et littérature russe 9. Langue et littérature albanaise II
10. Langue et littérature italienne I 10. Littérature italienne moderne et contemporaine
11. Langue et littérature italienne II 11. Littératures modernes comparées
12. Langue et littérature latine I 12. Histoire de la critique littéraire
13. Langue et littérature latine II 13. Philologie albanaise
14. Histoire médiévale 14. Philologie romane
15. Histoire moderne 15. Dialectes albanais de l’Italie du Sud
16. Philologie romane 16. Linguistique générale
17. Philologie germanique 17. Histoire contemporaine
18. Histoire contemporaine 18. Histoire du spectacle
19. Histoire de la philosophie 19. Histoire des traditions populaires
20. Géographie 20. Sociologie des mass-media
CURSUS ACADÉMIQUES ITALIENS POUR LES DIPLÔMES
EN LANGUES OPTION LINGUISTICO-DIDACTIQUE
A – “Laurea” en langues étrangères. B – “Laurea” en langues étrangères.
Année académique 1980 Année académique 1998
Université de Naples Université de la Calabre
Enseignements suivis Enseignements suivis
1. Langue et littérature française I 1. Langue et littérature anglaise I
2. Langue et littérature française II 2. Langue et littérature anglaise II
3. Langue et littérature française III 3. Langue et littérature anglaise III
4. Langue et littérature française IV 4. Langue et littérature anglaise IV
5. Langue et littérature anglaise I 5. Langue et littérature française I
6. Langue et littérature anglaise II 6. Langue et littérature française II
7. Langue et littérature anglaise III 7. Langue et littérature française III
8. Langue et littérature allemande I 8. Histoire de la langue italienne I
9. Langue et littérature allemande II 9. Histoire de la langue italienne II
10. Langue et littérature italienne I 10. Histoire contemporaine
11. Langue et littérature italienne II 11. Linguistique générale
12. Langue et littérature latine I 12. Dialectologie
13. Langue et littérature latine II 13. Philologie germanique
14. Philologie romane I 14. Sociologie de l’éducation
15. Philologie romane II 15. Sociologie des mass-media I
16. Philologie germanique 16. Sociologie des mass-media II
17. Histoire médiévale 17. Psychologie générale
18. Histoire moderne 18. Psychopédagogie
19. Géographie 19. Psychologie expérimentale
20. Hygiène 20. Didactique des langues étrangères
21. Institutions internationales
ANNEXE 3
(Programme d’une École de Spécialisation)
Premier semestre (224 heures)
1) 224 heures de cours magistraux transdisciplinaires obligatoires pour tous,
comprenant « des activités didactiques finalisées à l’acquisition des compétences nécessaires dans les Sciences de l’éducation et dans d’autres aspects de la fonction enseignante »
[18] :
- Pédagogie
- Méthodologie et didactique
- Philosophie de l’Éducation
- Histoire de la pédagogie
- Psychologie générale
- Psychologie de l’âge évolutif
- Psychologie de l’Éducation
- Anthropologie culturelle
- Sociologie de l’Éducation
- Législation scolaire
2) stage (20 heures) dans une école secondaire agrée par l’université
Deuxième semestre
1) Enseignements spécifiques (64 heures) : enseignements spécifiques
« aux connaissances et compétences demandées par la didactique disciplinaire »
[19]
Exemple des modules prévus pour la spécialisation en FLE :
- Programmation en Langue, Civilisation, Littérature
- Didactique du FLE
- Principes d’analyse contrastive italien-français : grammaire du lexique, des structures
syntaxiques, de la sémantique du français (sic !)
- Didactique de la Littérature française et francophone I
2) Travaux pratiques (56 HEURES)
- Analyse critique des instructions officielles
- Analyse de manuels/méthodes
3) Stage (70 heures)
Troisième semestre
1) Enseignements spécifiques (48 heures)
- Les quatre compétences : formation (sic !), développement (sic !), évaluation
- Didactique de la Civilisation française et francophone
- Didactique de la Littérature française et francophone II
- Formation à l’analyse linguistico-textuelle
2) Travaux pratiques (56 heures)
- Utilisation des documents authentiques
- Réemploi « didactisé » de l’analyse linguistico-textuelle
3) Stage (110 heures)
Quatrième semestre
1) Travaux pratiques (80 heures)
- Préparation d’expériences didactiques concernant la langue française
- Préparation d’expériences didactiques concernant la civilisation française
2) Stage (100 heures)
·
CALZETTI, M.T. 1995. « Didattica delle lingue e discorsi didattici : 25 anni
dopo », LEND, anno XXIV, n° 3, Marietti Editore.
·
—. 1997. « Formazione e identità professionale dell’insegnante », LEND, anno
XXVI, n° 1, Petrini Editore.
·
—. 1999. « Quale formazione e tirocinio per il futuro insegnante europeo »,
LEND, anno XXVIII, n° 1, Petrini Editore.
·
—. 1999. « La professione docente oggi », LEND, anno XXVIII, n° 3, Petrini
Editore.
·
COSTANZO, E. 1997. « La formazione che vorremmo e la tabella XXIII-bis »,
LEND, n° 4, anno XXVI, Petrini Editore.
·
—. 1999. « Prescrittivo è meglio », LEND, n° 1, anno XXVIII, Petrini Editore.
·
—. 2000. « Se questo accade a… », LEND, n° 3, anno XXIX, Petrini Editore.
·
—. 2000. « Minima scholastica », LEND, n° 5, anno XXIX, Petrini Editore.
·
FORUM DELLE ASSOCIAZIONI PROFESSIONALI DELLA SCUOLA. 1998. « La formazione
degli insegnanti », LEND, anno XXVII, n° 5, Petrini Editore.
·
SALVADORI, E. 1997. « Dalla formazione in servizio alla formazione iniziale : un
percorso a ritroso », LEND, anno XXVII, numero speciale Seminario
Nazionale, Petrini Editore.
[1]
Référence à l’article de Galisson, R. « …S.O.S… Didactique des langues étrangères en
danger… intendance ne suit plus… », paru dans Besse, H., Galisson, R., 1980,
Polémique en
didactique, Paris, CLE International (coll. « DLE »), et à son sens métaphorique, l’accroissement de la distance entre théorie et pratique.
[2]
Galisson, R., Puren, Ch., 1999,
La formation en question, Paris, CLE International (coll.
« DLE »), p. 121.
[3]
Galisson, R.,
op. cit., p. 29.
[5]
Beacco, J.-C., 1987, « Quel éclectisme en grammaire ? »,
Le Français dans le Monde, avril,
n° 208, pp. 65-70; Beacco, J.-C., 1995, « La méthode circulante et les méthodologies constituées »,
Le Français dans le Monde, Recherches et Applications, janvier, pp. 42-49; Puren, C.,
1994,
La didactique des langues étrangères à la croisée des méthodes. Essai sur l’éclectisme,
Paris, Didier-CRÉDIF, coll. « Essais ».
[6]
« École de Spécialisation à l’Enseignement Secondaire » : ce type de structure correspond
aux IUFM français [Instituts Universitaires de Formation des Maîtres, fondés en 1991, NDLR].
[7]
De Carlo, M., 1995, « Approche communicative : de beaux lendemains ? »,
Études de
Linguistique Appliquée, n° 100, oct.-déc., Paris, Didier Érudition.
[8]
La
Scuola media est le premier degré du secondaire et le dernier cycle de la scolarité obligatoire. Elle correspond, comme classe d’âge, aux trois premières années du collège en France.
[9]
Nuovi programmi, orari di insegnamento e prove di esame per la scuola media statale,
Roma, Istituto Poligrafico dello Stato, 1979. C’est nous qui traduisons.
[12]
Je fais ici allusion aux programmes que l’on connaît sous le nom de «
Programmi Brocca »,
du nom du Président de la commission d’experts qui les avait formulés dans le cadre d’un projet
général de réforme des lycées. Ce projet est resté à l’état de projet, mais les programmes ont
pu être adoptés dans les lycées à titre expérimental.
[13]
Piani di studio della scuola secondaria superiore e programmi dei primi due anni. Le
proposte della Commissione Brocca, Annali della Pubblica Istruzione, Studi e Documenti,
n° 56, avr.-juin 1991, Firenze, Le Monnier. C’est nous qui traduisons.
[15]
J’emploie cet adjectif “généraliste” pour rappeler que ce type de concours permet à ceux
qui y réussissent d’enseigner la langue dans les collèges ou les lycées dans des filières très
diverses, qui vont demander depuis l’enseignement de la langue instrumentale jusqu’à celui des
langues de spécialité, en passant par l’analyse textuelle et l’histoire de la littérature.
[16]
Au moment où j’écris ces lignes, ce type de diplôme, qui constituait le degré unique des
diplômes italiens, suivi des trois ans du doctorat de recherche, vient d’être modifié : à partir de
l’année académique 2001-2002, il sera remplacé par la formule BAC + 3 (
laurea breve
= licence) + 2 (
laurea specialistica = maîtrise) + 2 (École de Spécialisation pour l’enseignement) ou + 3 (doctorat de recherche).
[17]
Voir en bibliographie les articles dédiés à ce sujet dans la revue
LEND, qui a dénoncé
depuis 1971 l’absence d’une formation initiale adéquate pour les enseignants de langues des
collèges et des lycées, mais qui n’a pas été consultée pour cette occasion.
[18]
Arrêté Ministériel du 26/5/1998.