2002
revue de didactologie des langues-cultures
Contribution à une histoire de l’enseignement de l’oral en primaire par une étude du discours des manuels
Bruno Maurer
Université Montpellier III Équipe DIDAXIS
Cette contribution entend proposer, de 1923 à nos jours, une étude
longitudinale du discours des manuels de cycle 3 sur la didactique de l’oral
visant à aboutir à un essai de périodisation. Le discours des manuels est
étudié dans sa constitution dialogique plus ou moins avouée avec ces autres
discours que sont les instructions officielles. De 1923 aux années 70, le paradigme dominant est celui du langage reflet et outil de la pensée. À partir de
1972, si l’écrit ne perd pas son statut dominant, le changement de paradigme
est net, du langage reflet de la pensée au langage outil de communication.
Mais si la nécessité d’un travail sur l’oral est affirmée avec force, les avancées réelles sont limitées par le recours à des théories de référence structurales. Les années 80-90 constituent le creux de la vague, avec le retour en
force de l’écrit sous l’influence des linguistiques textuelles. À partir de
nouvelles instructions officielles, quelques manuels récents proposent de
nouveaux objectifs, intégrant une partie de l’oral du quotidien, et de
nouvelles activités permettant d’entrevoir un renouveau du discours didactique des manuels en matière d’oral.
Cette contribution porte sur un objet dont le statut, pour le moins
problématique, pourrait même apparaître à certains comme carrément
paradoxal : l’étude de supports écrits, les manuels, consacrés à une réalité
d’un tout autre ordre, l’oral.
N’y a-t-il pas là comme une incompatibilité sémiotique qui condamnerait d’emblée toute réalisation d’un tel objet et en expliquerait la relative
rareté ? Force est de constater qu’à côté d’une profusion de manuels de
lecture, ceux relatifs à l’oral sont en nombre plus restreint; et, alors
qu’existent des ouvrages uniquement consacrés à l’écrit, l’oral est pratiquement toujours abordé dans le cadre d’ouvrages généraux, livres
uniques ou manuels d’expression. L’explication tient plus selon nous aux
orientations générales en matière de didactique du français qu’à une
incompatibilité essentielle. Aussi, au moment où l’enseignement de l’oral
fait un retour en force dans les discours et les textes officiels, nous
voudrions adopter une perspective diachronique pour éclairer l’actualité et
répondre à quelques questions : quelles pratiques d’enseignement de l’oral
le manuel a-t-il historiquement favorisé, véhiculé et lesquelles retrouve-t-on aujourd’hui ? En quoi ces pratiques sont-elles le reflet des évolutions
de la linguistique sur le langage, le statut de l’oral, la prise en compte de
la communication ?
Au plan méthodologique, quelques précisions peuvent être utiles avant
d’entrer dans l’essai d’analyse et de périodisation.
- La période embrassée
- Nous ne remonterons pas au XIXe siècle, quand l’existence d’une population dialectophone nécessitait un travail spécifique allant de la nomination des objets usuels à la correction phonétique, nécessaire dans une
perspective orthographique : les textes officiels ressemblaient souvent à
des orientations de français langue étrangère et les problématiques de
l’oral différaient trop des nôtres pour servir de base de référence. Leur
étude seule mériterait une contribution. Notre point de départ sera l’année
1923, marquée par des Instructions officielles importantes qui donnent le
ton jusqu’en 1972.
- Le corpus
- des manuels
Le niveau d’étude choisi est l’actuel cycle 3. En effet, bien que l’oral en
maternelle soit central, les manuels n’existent pas pour ce niveau. Quant
au cycle 2, les préoccupations ont toujours été trop focalisées sur la lecture
pour que la place accordée à l’oral dans les manuels soit significative.
Il va de soi que nous n’avons pas pu, dans les limites de cet article,
prendre en compte la totalité des ouvrages accordant une place à la didactique de l’oral sur près d’un siècle. Nous avons donc procédé par coups de
sonde, sélectionnant les livres uniques de français les plus utilisés aux différentes époques, et donc les plus représentatifs, et accordant une attention
particulière aux ouvrages dont le titre mentionnait spécifiquement l’oral.
- des textes officiels
Le regard sur les manuels peut difficilement être coupé d’une analyse
des textes officiels. En effet, une particularité du manuel comme discours
didactique est de se constituer dans une relation de dialogisme, plus ou
moins avouée, avec ces autres discours que sont les instructions officielles. Un dialogisme qui peut être affiché dans les préfaces et avantpropos, argument commercial non négligeable en même temps que label
de reconnaissance, ou qui peut être plus subtil, repérable dans les titres
des sommaires, la nomenclature des leçons, ou les types d’activité. Nous
contenter d’analyser seulement les discours des manuels serait nous
condamner à ne pas en saisir l’originalité, faute de connaître les options
officielles par rapport auxquelles ils se situent.
- Les lieux d’observation
- Il s’agit de préciser dans quelles parties le discours didactique du manuel
se donne à voir. Certaines sont fort rentables, comme les préfaces, avantpropos, avertissement ou discours introducteur du livre du maître. Dans ces
textes, souvent signés, le discours didactique se fait explicite et souvent, le
dialogue avec les documents officiels s’y trouve engagé. Les tables des
matières sont également un indicateur précieux en fonction de la
présence/absence d’une rubrique consacrée à l’oral, de la place qu’occupe
cette matière par rapport aux autres composantes du cours de français et
des liens éventuels (thématiques, linguistiques ou textuels) faits avec elles.
Mais l’étude perdrait à s’arrêter à ces discours déclarés. Dire ce qu’on
fait (ou ce qu’on prétend faire) est un type de discours, aisément repérable; mais les activités concrètes proposées aux élèves tissent aussi sûrement un discours didactique, à reconstruire. C’est pourquoi nous
intégrerons un examen des leçons et des exercices.
- Les différentes définitions de l’oral
- Une des caractéristiques de la didactique de l’oral est d’être un objet
aux dimensions multiples. Pour éviter de rompre la linéarité de la démonstration par des détours terminologiques, nous en rappellerons ici quelques-unes, dont il est évident qu’elles ne concourent pas à l’exercice des
mêmes compétences :
- la récitation : activité de production orale à partir d’un texte écrit
mémorisé; ses objectifs sont le travail de la mémoire mais aussi l’amélioration de la maîtrise de la langue par intégration de modèles textuels
venus de l’écrit;
- la lecture oralisée : exercice oral de contrôle d’une activité reposant sur
un texte écrit;
- la lecture expressive : variante de l’activité précédente, accentuant le
caractère oral par un travail sur les rythmes et les intonations témoignant de la compréhension fine;
- l’exposé, le débat et autres genres oraux : ce qui est visé, c’est la
maîtrise de compétences de communication dont fait partie la connaissance des caractéristiques formelles de genres discursifs oraux;
travailler le débat, l’exposé, le récit oral, la description, le dialogue,
c’est aller dans le sens de la construction de compétences relevant
d’une textualité de l’oral;
- les activités d’écoute : rarement prévues dans le cadre d’un manuel, où
la compréhension écrite prime sur la compréhension orale, l’écoute est
une des dimensions importantes de la didactique de l’oral.
1. PARLER COMME UN LIVRE : L’ORAL DE LA LEÇON
D’ÉLOCUTION
1.1. L’élocution dans les textes officiels
La didactique de l’oral a longtemps été le règne d’un ensemble d’activités regroupées sous le terme d’élocution. Il est présent dans tous les
textes officiels du XXe siècle jusqu’en 1972, même si quelques années
avant cette date, des frémissements annonciateurs de changements
d’orientation se faisaient sentir. Le terme n’a pas été inventé par la didactique du français. L’élocution, sous la forme latine elocutio, est l’une des
composantes de la rhétorique aux côtés d’inventio et dispositio. Après la
recherche des arguments et la façon de les ordonner, l’elocutio correspond
à l’ornement de la parole à l’aide des figures de rhétorique.
On ne se défait pas facilement de ses héritages : l’élocution garde de
ses origines une orientation vers le modèle écrit et l’idée qu’il n’est d’oral
que monologal. En cela, elle rejoint l’autre grande activité, la récitation,
toujours liée au texte poétique.
Pour comprendre ce qu’a été le discours sur l’élocution, nous nous contenterons de reprendre deux textes officiels, particulièrement représentatifs de
ceux produits jusqu’en 1972 : les Instructions de 1923 et celles d’août 1941.
Dans aucun de ces documents n’existe de rubrique « Oral ».
L’élocution fait partie de l’ensemble « Langue française ». Le texte de
1941 précise les activités possibles :
Exercices d’élocution. Reproduction orale de phrases lues puis de récits faits par le
maître; résumé de morceaux lus en classe.
On trouve des indications sur la façon de mener à bien ces exercices
dans les Instructions officielles de 1923, du ministre Léon Bérard.
Au début, on guide l’élève; on lui demande simplement de répéter ou de résumer
ce qu’il vient d’entendre.
La leçon de langage oral fait une large place à la répétition de modèles,
parmi lesquels la parole du maître figure en bonne place mais au premier
rang desquels se trouve la langue des textes écrits. En effet, il s’agit avant
tout de développer l’oral par imitation des textes, comme l’expliquent les
« Principes généraux » des Instructions relatives au nouveau plan
d’études des écoles primaires du 5 mars 1942 :
Il convient de recommander la « reproduction orale » de phrases lues ou la « reproduction de récits faits de vive voix ». Les phrases d’une lecture, exactement reconstituées ou dites de mémoire, enrichissent beaucoup plus le vocabulaire ou la syntaxe
que des réponses incomplètes ou appauvrissantes à des questions dont le constat de
fait est de manquer de variété.
Le point de départ de l’oral est donc un texte lu, qu’il s’agit de répéter
jusqu’à en avoir mémorisé des éléments lexicaux ou syntaxiques particulièrement riches, loin en tout cas des « réponses incomplètes ou appauvrissantes » qui semblent caractériser, pour les auteurs de ces textes, les
productions marquées par un caractère plus net d’oralité, par exemple les
situations de question-réponse. Parler comme un livre, pour reprendre
l’expression populaire : tel semble être l’objectif avoué.
Pourquoi cette domination du modèle écrit pour ce qui est de la production orale ? Bien entendu, l’ensemble des représentations qui composent
le « Bon Usage » depuis le XVIIe siècle font des écrits littéraires l’étalon
de la norme au détriment des productions orales. Au-delà, la production
orale n’est pas conçue dans la perspective d’un enseignement communicatif, mais comme l’expression d’une pensée.
Élocution et rédaction constituent au fond une même discipline. Apprendre à parler
ou apprendre à écrire, c’est apprendre à analyser et à traduire sa pensée.
(Instructions de 1942).
Le paradigme dominant de cette période est celui du langage reflet et
outil de la pensée, pas encore celui du langage comme instrument de
communication.
Il ne faut pourtant pas en rester à ce constat qui ferait de l’élocution un
simple exercice de répétition orale, ou de résumé oral, d’un texte lu. Dès
1923, les textes laissaient la place à des pratiques plus ouvertes et plus
personnelles. La suite du passage cité plus haut est éclairante :
Au début, on guide l’élève; on lui demande simplement de répéter ou de résumer
ce qu’il vient d’entendre. Mais peu à peu, on lui laisse plus de liberté : ce sont ses
impressions qu’on lui demande de traduire après les leçons et les promenades qu’il
a faites […]. Nous ne verrions d’ailleurs aucun inconvénient à laisser des enfants
montrant de bonne heure un certain goût pour l’invention raconter à leur guise les
histoires dues à leur imagination.
Le moment d’élocution laisse donc la possibilité, même s’il ne le
prévoit pas toujours, de conduites verbales tirant du côté de l’expression
orale (« ses impressions ») et ne négligeant pas le recours à l’imaginaire,
avec l’évocation « d’histoires dues à leur imagination ».
Qu’en était-il dans les classes ? À défaut de voyage dans le temps, nous
étudierons la manière dont les injonctions ministérielles étaient interprétées par les manuels.
1.2. Un manuel canonique : Dumas L., Le livre unique de français,
CE2, Hachette, 1929.
La situation de langage suit le texte de lecture : c’est la situation la plus
courante de l’élocution. Une rubrique, « Exercices oraux sur la lecture »,
invite les élèves à commencer par reformuler « Les idées ». Ainsi, à la
page 5, l’élève doit répondre à cinq questions : Qui menait Yvette à
l’école ? Qui allait la chercher ? Que montrait-elle à son papa ? Pourquoi
sa serviette était-elle lourde ? Que faisait-elle en rentrant ?
Il s’agit donc d’un oral sur un écrit. La vérification de la compréhension du texte, objectif de lecture, compte autant que l’aptitude à la reformulation, compétence orale. Puis suit la leçon de grammaire, conjugaison
et orthographe, à base d’exercices oraux.
La même formule est utilisée dans trois leçons successives. La
quatrième est un moment de bilan et l’occasion d’une rédaction, par
rapport à laquelle le moment d’élocution prend un sens nouveau. Cette
fois, il est intégré à une rubrique « Préparation à la rédaction ». Les questions sont alors ciblées sur le vécu de l’enfant, qu’elles orientent vers un
usage plus personnel du langage. Suit une sorte de bande dessinée muette,
avec légendes à compléter d’un mot, d’un groupe ou d’une proposition.
Enfin, la consigne d’écriture situe la tâche rédactionnelle dans le prolongement de ce qui a été fait.
L’élocution, pourtant reliée à un texte, n’empêche donc pas le recours
à des usages personnels du langage oral; la pratique orale est vue comme
une phase de préparation à la rédaction de texte.
1.3. Les évolutions ultimes du modèle de l’élocution : Delpierre P.,
Furcy P., Lire et parler, CE2, Nathan, 1967.
Les dernières années du règne officiel de l’élocution – dont il subsiste
encore des traces dans les manuels – enregistrent quelques aménagements
du modèle. Pour en saisir l’essentiel, nous analyserons un des manuels en
vogue au début des années 70 au titre évocateur :
Lire et parler
[1].
L’avant-propos précise le projet :
Donner aux élèves le goût de la lecture, les aider à bien s’exprimer, tel est le double
but que se propose ce premier ouvrage de la collection « Lire et parler.
La semaine ménage une variété d’activités orales, au moins affichée.
1er jour : lecture expressive et expression orale
2e jour : lecture expressive et vocabulaire
3e jour : lecture expressive et expression dirigée (mieux que construction de phrases,
il s’agit d’une initiation aux moyens d’expression, en liaison avec l’enseignement de
la grammaire) :
4e jour : lecture expressive et expression personnelle.
La suite de l’avant-propos expose des justificatifs sur les choix de textes,
mais rien sur ce que l’on entend par expression, un terme tout de même
problématique. Quant à la table des matières, elle ne précise aucun objectif
d’oral, puisqu’on y trouve seulement les titres des textes de lecture.
Il faut donc examiner les activités pour savoir ce que recouvrent
« expression orale », « expression dirigée » et « expression personnelle ».
En expression orale, il s’agit de répondre à des questions en rapport
avec la thématique du texte. Par exemple, pour les pages 4 et 5, après un
texte intitulé « Une belle bicyclette » dont les héros sont un lapin et un
lièvre, l’expression orale se décline en 5 questions qui exercent différentes
compétences. Il faut tantôt expliquer (1. Comment peut-on apprendre à
rouler à bicyclette ?), argumenter (2. Est-il prudent de rouler à deux sur
la même bicyclette ? Pourquoi ?), décrire (4. Madeleine entretient bien sa
bicyclette. Que fait-elle pour cela ? Jean néglige la sienne. Elle roule
encore mais elle n’est plus très belle. Décrivez-la.)
L’expression dirigée est une série d’exercices oraux visant en fait des
apprentissages grammaticaux. Pour la même semaine, sur le thème « Idée
de la phrase » et après le rappel du fait que « La phrase commence par
une majuscule et se termine par un point », on demande aux élèves de :
- Reconstituer les phrases (des mots, des phrases à trous)
- Relire le paragraphe 1 et compléter des phrases.
- Répondre par une phrase. Les questions sont du type : « Que possède
le lièvre ? », sans que rien ne soit dit sur le type de phrase attendu :
phrase nominale ou verbale ? Reprise attendue du GNS ou pronom
suffisant ?
Enfin, voici la rubrique Expression personnelle :
- Alain apprend à sa jeune sœur à rouler en bicyclette.
-
Comment se tiennent-ils ? Que fait Catherine, que fait Alain ? Que
disent-ils ?
- Le cycliste accidenté. Où l’accident s’est-il passé ? Par quoi a-t-il été
provoqué ? Comment s’est retrouvé le cycliste ? Et la bicyclette ? Que
disaient les témoins ? Quelles ont été les suites de l’accident ?
L’ensemble suit la fin de l’histoire du lièvre et du lapin cycliste. On
voit mal ce qui différencie l’expression personnelle du premier jour de la
semaine et l’expression orale qui la termine. En tout cas, le système
d’énonciation n’est pas en cause, car dans « Expression personnelle »,
l’élève n’est jamais invité à dire je. Au contraire même, c’est la partie
« Expression orale » qui invite l’enfant à parler à la première personne.
Par exemple, à la page 13, on lui demande :
Pourquoi François est-il ennuyé ? Aimeriez-vous rester toujours comme vous êtes,
redevenir petit comme vous l’étiez à quatre ans, ou grandir très, très vite ?
Pourquoi ?
On retiendra de ce manuel l’importance égale accordée à l’oral et à
l’écrit, visible dans le titre et l’avant-propos, l’accent mis sur l’expression,
l’effort fait pour structurer l’enseignement de l’oral et le mettre en rapport
avec la grammaire et le fait que les enfants sont invités à tenir des
conduites verbales diversifiées, allant du récit à l’argumentation et à l’explication en passant par la description.
Au total, le discours didactique proposé témoigne d’évolutions notables
par rapport aux pratiques classiques de l’élocution. La part d’invention l’emporte sur la répétition des modèles, l’idée d’enseignement structuré de l’oral
est clairement portée et la variété des types de discours oraux est abordée.
Ces évolutions vont être reprises et portées plus loin par les réformes
des années 1970.
2. LES INFLUENCES DE LA LINGUISTIQUE STRUCTURALE
ET LE RENOUVELLEMENT DES PRATIQUES
Le discours des manuels va être renouvelé par un discours institutionnel
radicalement nouveau qui apparaît en 1971 dans le Plan Rouchette,
synthèse de recherches menées depuis 1963 et qui trouve sa traduction
dans les Instructions de 1972. S’y trouvent concrétisées à la fois les
exigences sociales nées d’une prise de conscience politique et les avancées de la description linguistique structurale.
Pour l’oral, ces textes sont à la fois positifs et négatifs. Positifs parce
qu’ils l’inscrivent au premier rang des réalités langagières, qu’ils popularisent la notion de communication et qu’ils mettent en avant de nouveaux
modes de travail, particulièrement propices au développement de l’oral :
les travaux de groupe.
Mais l’optique structurale privilégiant la langue comme système formel,
des limites apparaissent : minoration de la variation, réduite à la problématique des registres, centration sur la langue comme système abstrait. Le
niveau d’analyse, au mieux phrastique, ne permettait pas encore de
réflexion sur la textualité de l’oral.
2.1. Le plan Rouchette de janvier 1971 et les Instructions officielles
de 1972
Paru en janvier 1971, le « Préambule » du Plan Rouchette donnait le ton :
Nous souhaitons que le français soit enseigné comme une langue vivante, que l’enfant apprenne à s’exprimer oralement et par écrit, à comprendre ce qui est dit et
écrit.
Les Instructions officielles de 1972, qui en découlent, sont un texte riche
et important, dont voici les principales orientations en matière d’oral.
L’affirmation paradoxale de la priorité de l’oral
L’oral est premier parce que l’enfant parle avant de lire et d’écrire. La
priorité de l’oral fonde la première étape de l’enseignement, celle de la
pratique intuitive orale, et pense l’approche de l’écrit comme le passage
de l’oral à l’écrit. Pour autant, priorité ne veut pas dire primauté. En effet,
le Préambule du Plan Rouchette précise :
Il n’est pas recommandé de faire porter tout l’effort sur l’expression orale : on
constate seulement que, sur celle-ci, doit être fondé l’apprentissage de l’expression
écrite parce qu’elle est prioritaire ou, si l’on veut, antérieure.
L’écrit n’en perd donc pas pour autant son statut dominant.
De l’élocution vers la communication
Le terme élocution n’est repris que pour être mis à distance; il disparaît ensuite des textes officiels.
Les exercices d’élocution et de rédaction ne sauraient être des occasions de faire
fonctionner le langage à vide, mais doivent s’enraciner dans l’affectivité, la sensibilité de l’enfant, dans son besoin de s’exprimer pour les autres, de comprendre ce que
les autres disent.
« S’exprimer pour les autres, comprendre ce que les autres disent » : le
changement de paradigme est net, du langage reflet de la pensée au
langage outil de communication. L’objectif communicatif, sous l’influence
des travaux de R. Jakobson et de B. Bernstein, va être traduit en termes
d’adaptation du registre de langue à la situation et d’acquisition d’une
langue structurée, « élaborée ». Dans les classes, le passage de la communication maître-élèves à la communication entre élèves va être encouragé :
exposés, entretien, délibérations (assemblées d’élèves) font leur apparition.
La méthode : le couple structuration-libération
Si toute langue est à la fois contrainte et liberté, la liberté du langage de l’enfant est
d’autant plus grande qu’il domine mieux la langue qui en est le moyen. L’expression
rencontre à un certain moment une contrainte à laquelle l’enfant doit se soumettre
et qui est la condition de ses progrès. On peut donc considérer dans la conduite de
la classe des moments de libération où l’enfant, à l’oral comme à l’écrit, s’exprime
sans contrainte, et d’autres moments de travail systématique où il se soumet à une
discipline qui est celle même que la langue s’impose à elle-même pour une
meilleure communication. (Plan Rouchette, 2.2.2)
2.2. Un manuel canonique : NAJAC, Apprendre à s’exprimer,
Exercices oraux, CE1 et CE2, O.C.D.L., 1974
Ouvrage collectif, c’est un des rares manuels à cibler spécifiquement
des exercices oraux. Pour autant, le fait que les exercices soient oraux ne
signifie pas que les compétences visées relèvent de ce domaine.
Ce livre correspond à la place que les instructions du 4 décembre 1972 assignent à
l’expression orale.
La psychologie génétique nous enseigne que l’enfant construit son langage à partir
des matériaux qu’il trouve dans son entourage. De là les problèmes pédagogiques
que posent les enfants venant de milieux sociaux différents. Cette situation de fait a
conduit NAJAC à reconnaître la nécessité de concevoir à ce niveau privilégié de
l’enseignement élémentaire – sans cependant mettre en place une activité pédagogique spécifiquement compensatoire – un programme qui permet à l’enfant au cours
d’exercices oraux [2] de découvrir par l’expérience de la manipulation les moyens
d’expression (morpho-syntaxiques, lexicaux et prosodiques) de la langue écrite et
orale. [3]
La langue orale n’est pas distinguée de la langue écrite. S’opère une
sorte de reflux vers un point situé en amont de cette distinction, qui n’est
pas discursif ou textuel mais linguistique : morpho-syntaxe, lexique,
prosodie. De ce fait, l’oral risque d’être plus présent en tant que canal de
communication utilisé pour la résolution des exercices que comme
objectif propre.
Le livre du maître d’un ouvrage de la même série, Mieux s’exprimer,
objectifs pédagogiques et présentation des travaux, 1975, explique pourquoi (p. 3) :
Plus que de proposer des exercices sur la langue orale, il s’agit, pour l’équipe
NAJAC, de mettre à la disposition des élèves un matériel pédagogique qui leur
permet de faire oralement le maximum d’exercices, sans se soucier du caractère
spécifique de l’écrit ou de l’oral.
La forme de travail privilégiée est le travail en groupe et ses bénéfices
escomptés en terme d’oral sont pointés, à la page 4 des « Notes pour le
maître », « Ainsi naît et a lieu une tribune où l’on discute en français sur
des problèmes de français ».
Ce qui devient très important du point de vue du manuel lui-même,
c’est qu’il est prévu comme inducteur d’activités orales.
La rubrique « Histoires à continuer » est un bon témoin de l’évolution
des représentations en matière de didactique du français. Nous partirons
d’une consigne donnée pour l’exercice 4, page 81.
On sonne, Martine ouvre la porte. Il n’y a personne, mais devant elle, par terre, elle
voit une boîte. Martine l’ouvre et trouve trois petits chats.
Que ferais-tu à sa place ?
On voit qu’il ne s’agit pas réellement d’une histoire à continuer mais
d’une invitation à se mettre à la place, puisqu’il s’agit de passer de la
personne 3 à la personne 1. Et rien n’est dit du mode sur lequel l’activité
va se dérouler : conditionnel ou indicatif ?
Notons aussi que cette activité orale n’est pas liée à une manipulation
grammaticale : c’est que l’oral n’est pas en rapport avec la grammaire,
mais avec l’expression écrite. Comme cela est écrit, « Chaque histoire
pourra être le
pré-texte à un texte à rédiger »
[4].
Les manuels de français de cette période font donc passer de l’élocution, du parler comme un livre, à la communication promouvant une sorte
de parler pour écrire. Cette tendance, déjà présente avec l’élocution, se
trouve confortée. On mesure aisément le chemin qui reste à parcourir pour
en arriver au couple « lire-écrire » qui domine actuellement la didactique
du français.
3. LE CREUX DE LA VAGUE : LES ANNÉES 80-90 ET LE
RETOUR EN FORCE DE L’ÉCRIT SOUS L’INFLUENCE DES
LINGUISTIQUES TEXTUELLES
La fin de La Maîtrise de la langue à l’école, de 1992, comprenait un
important développement de cinquante-six pages : « Lire et écrire des
textes à l’école : de nouveaux savoirs pour de nouvelles exigences ». Une
courte citation suffit à montrer l’orientation autour du couple lire-écrire :
Par ailleurs, et c’est l’une des réflexions importantes de ces dernières années, il
apparaît avec évidence que les activités de réception et de production d’écrits, c’est-à-dire de lecture et d’écriture, doivent plus largement se conjuguer pour asseoir les
apprentissages.
L’articulation parler/écrire, dominante dans les années 70, s’efface
derrière le couple lire-écrire.
3.1. De Chevènement à Bayrou : l’écrit au centre des apprentissages
Les Instructions du 11 mai 1985 renforcent la domination du « Lireécrirecompter » avec un accent particulier mis sur la lecture, l’orthographe, la grammaire. La nouveauté vient de l’affirmation qu’au centre
n’est plus seulement placée la lecture mais le couple lecture-écriture.
Les quatorze lignes de la rubrique « Pratique de la langue orale » sont
des déclarations d’intention en retrait par rapport au texte de 1972 :
La parole du maître est claire, bien articulée, correcte, elle offre aux élèves
l’exemple d’une langue simple et juste, car elle leur sert de modèle. Le maître
engage l’élève à oser prendre la parole, à savoir écouter ses camarades, à formuler
ce qu’il veut dire. Les exercices ont pour but de l’habituer à exprimer ses idées de
façon simple et correcte, d’étendre et de préciser son vocabulaire.
Le programme du CM prévoit l’« usage de différents modes de
discours (narration, description, argumentation, etc.) et de différents
niveaux de langue. Entraînement à l’exposé (compte-rendu, présentation
de projet, discussion) et au dialogue. »
La terminologie reprend des termes en vogue dans les travaux sur
l’écrit, en faisant référence à ce qui est alors nommé des « modes de
discours ». Une nouveauté est à noter, l’entraînement au dialogue, mais
pour laquelle la suite du texte reste très silencieux.
Les programmes de 1995 sont dans la continuité, voulant donner une
« place particulière à trois domaines qui prennent une importance croissante à l’école et dans la société » :
- lecture et utilisation des ressources documentaires
- image
- informatique.
L’oral reste quant à lui toujours l’objet des mêmes discours… d’intention.
3.2. L’oral, parent pauvre des manuels
Les éditeurs emboîtent le pas des ministères, les manuels sont l’écho
des recommandations.
Les titres phares ciblent sur le lire-écrire :
Le livre-miroir,
Entrelignes,
Expression écrite
[5]. La composante orale disparaît de la plupart des livresuniques. Le plus souvent, elle ne figure pas dans les tables des matières,
pourtant fort détaillées, ni dans les préfaces ou avant-propos. Ainsi,
Le
français au CM2, La courte échelle, ou
L’atelier de français
[6] n’utilisent
pas une seule fois le mot. La palme revient à ce dernier qui affirme
aborder « l’ensemble des domaines d’enseignement » et qui n’évoque pas
cette composante.
À la croisée des mots
[7] présente sa rubrique « S’exprimer » dans une
double page qui est un éclaté du manuel (p. 4-5) : « Deux leçons pour
mieux s’exprimer, à l’oral comme à l’écrit. » L’examen des leçons révèle
que toutes sont centrées sur l’expression écrite, aucune n’étant consacrée
à l’oral.
La régression est importante par rapport aux manuels de la fin des
années 1970, dont certains étaient riches du point de vue de l’entraînement à la communication orale et des liens tissés entre oral et grammaire
[8]. À cet égard, le statut de la grammaire dans les années 90, au
service la lecture et de la production d’écrits, ne favorise pas non plus la
pratique de l’oral.
À défaut d’un enseignement réfléchi de l’oral, les manuels se bornent
au mieux à un retour, qui ne dit pas son nom, vers les pratiques les plus
restrictives de la défunte élocution.
Après lecture d’un texte, on demande son avis au lecteur. Il en va ainsi
pour la question n° 4 de la page 17 de
La courte échelle CM1
[9], où après
la lecture d’un texte sur une inondation intitulé « Sita et la rivière », on
demande :
Imagine ce qui a pu se passer avant que cette histoire ne commence. Depuis quand
pleut-il ? Où sont les parents de Sita ? Pourquoi est-elle seule au moment de la crue
de la rivière ?
L’oral ayant atteint le creux de la vague ne pouvait, dans un mouvement de balancier bien connu dans l’histoire de la didactique, que
connaître un nouveau retour en grâce. On conviendra qu’il ne pouvait
guère tomber plus bas… Les facteurs internes à l’histoire de la didactique,
cette déshérence presque totale, rejoignent aujourd’hui des préoccupations
d’ordre politique et social pour préparer une réévaluation de la didactique
de l’oral.
4. L’APPARITION DE NOUVELLES THÉORIES DE RÉFÉ-RENCE. UN NOUVEAU DÉPART ?
4.1. Le retour de la linguistique dans les Instructions sur l’oral
En matière d’oral, les instructions les plus récentes font appel à de
nouvelles théories de référence.
En attendant de nouvelles instructions en primaire, on peut toujours se
reporter à celles du collège pour voir quels courants vont les inspirer.
De manière générale, l’importance de l’oral dans les derniers textes du
collège s’est considérablement accrue : il est même affirmé que sa place
est équivalente à celle de l’écriture et de la lecture. Le document
Le
collège des années 2000
[10] dit qu’il faut « partager plus équitablement ce
“pouvoir de dire” qui est aussi pouvoir de penser et de défendre un point
de vue face aux autres » (p. 7).
Parmi les objectifs, figure en bonne place la nécessité de former les
élèves à l’utilisation des différentes formes de discours exploitées à l’oral.
Cela va de l’activité de narration (à la première ou à la troisième
personne) et de description, à d’autres formes comme les discours explicatif et argumentatif. Pour être intéressants, ces objectifs n’en sont pas
moins relativement traditionnels, déjà exprimés dans La maîtrise de la
langue à l’école primaire, de 1992.
L’évolution majeure est l’accent est mis sur le dialogue et ses règles,
sur l’apprentissage d’un oral du quotidien. Le texte pose même la question de la dimension pragmatique du dialogue :
La perspective générale du discours donne une importance particulière à la dimension pragmatique et du dialogue : la visée des interlocuteurs dans l’échange, le
travail sur ses conditions de réussite et d’échec, aussi bien en observation et analyse
qu’en production.
Pour entrer dans cette dimension pragmatique, un nouveau concept fait
son apparition en FLM, celui
d’acte de parole depuis longtemps utilisé en
FLE. Le
Document
[11] d’accompagnement des programmes de 3e (p. 29),
y fait référence dans la partie intitulée « Grammaire du discours » :
Il paraît important de faire comprendre aux élèves que parler à autrui c’est exercer
sur lui une forme d’action, qui peut être adaptée ou non à la situation de communication, et entraîner des malentendus ou des affrontements (verbaux ou physiques) si
elle est inadaptée. L’étude des actes de parole est donc essentielle.
Il s’agit d’objectifs nouveaux assignés aux enseignants de collège,
auxquels ceux-ci sont souvent mal préparés et pour lesquels les manuels
existants sont inadaptés
[12].
4.2. De nouvelles activités dans les manuels pour de nouveaux objectifs
L’oral est en train de réapparaître dans les sommaires, des pages spécifiques lui sont consacrées dans des livres-uniques récemment parus. Pour
illustrer ce propos, nous examinerons
L’île aux mots. Tout le français au
CM
[13], paru en 1998. L’« Avant-propos » emploie des expressions comme
« parler », « maîtrise de la parole » ou « expression orale », disparus
depuis des années des textes de même nature :
« Savoir parler, lire et écrire sont des performances et des compétences
solidaires les unes des autres. »
« 10 séquences d’expression orale forment un vrai parcours de maîtrise
de la parole. »
Se présenter – décrire
Questionner – décrire
Témoigner – donner son avis (1)
Convaincre – donner son avis (2)
Raconter – donner son avis (3)
La nouveauté de l’approche est d’être exprimée en termes de paroles.
Certes, un acte de parole comme « raconter » ou « convaincre » peut être
ramené à des approches textuelles, ce qui en limite l’originalité; par
ailleurs, l’espace d’une page est insuffisant pour aborder deux actes. Il
n’en reste pas moins que le manuel traite d’actes comme « se présenter »,
« questionner » ou « témoigner », qui sont résolument orientés vers des
formes sociales et quotidiennes de la communication, ce qui est une
incontestable nouveauté dans le champ de la didactique.
D’un point de vue méthodologique, l’oral est mis en scène sous la
forme d’une petite bande dessinée présentant les actes de parole étudiés
dans une situation de communication. Un questionnaire guide l’attention
de l’enfant, puis une boîte à mots fournit les tournures à utiliser pour
réaliser les actes de parole; enfin, des jeux de rôles sont conçus comme
moments de réinvestissement. Même si les modalités en sont critiquables,
ces activités figurent pour la première fois dans des manuels de français
langue maternelle.
De nouveaux objectifs, intégrant une partie de l’oral du quotidien, de
nouvelles activités pour un nouveau discours didactique des manuels de
français sur l’oral : quelques signes avant-coureurs d’un renouveau de
l’oral en français langue maternelle commencent à apparaître.
Il n’en reste pas moins que la nature même du manuel ne lui a pas
encore permis d’intégrer l’exercice de certaines dimensions constitutives
de l’oralité.
En tant que support écrit, il est mal adapté aux apprentissages relevant
de la compréhension orale. Pour travailler dans ce domaine, le manuel
devrait évoluer vers un produit multisupport et intégrer, comme cela se
fait depuis longtemps pour les langues étrangères, des ressources audio,
voire audio-visuelles, sous forme de cassettes ou de disques compacts.
En tant que forme d’organisation de contenus d’enseignements, il
semble par ailleurs condamné à rester à l’écart d’un important courant de
recherche, celui qui privilégie les formes d’oral réflexif, les oraux intermédiaires servant à l’appropriation des connaissances. En effet, ces
approches, dont les maîtres-mots sont conduites verbales, reformulation,
étayages, ne se laissent guère réduire à un enseignement programmé et à
des contenus pouvant être mis en progression : or, ce sont là deux des
principales caractéristiques des savoirs susceptibles d’être appris par le
biais d’un manuel.
Le manuel saura-t-il relever le défi sur ces deux terrains ? C’est en tout
cas une des mutations auxquelles il lui faudra faire face dans un proche
avenir pour adopter un discours didactique à la hauteur des missions que
l’institution se prépare à donner à la didactique de l’oral.
[1]
Il s’agit pour l’édition citée de Delpierre P., Furcy P.,
Lire et parler, CE2, Nathan, 1967.
[2]
C’est nous qui soulignons.
[3]
« Notes pour le maître », p. 3.
[4]
« Notes pour le maître », p. 10.
[5]
Séménadisse B., Gauthereau C., Clamens L.,
Lecture-écriture. Le livre miroir, Magnard,
1992.
Panchout-Dubois M. (dir.),
Entrelignes, Hatier, 1998.
Schneuwly B., Revaz F.,
Expression écrite, Nathan, 1994.
[6]
Guérault D., Léon R., Coucelle M., Hamel S.,
Le français au CM2, Hachette, 1984.
Landier J.-C., Marchand F.,
La courte échelle, Hatier, 1996.
Roure D. (dir.),
L’atelier de français, Bordas, 1995.
[7]
Heine M., Dejoux P.,
À la croisée des mots, Istra, 1994.
[8]
Nous pensons ici à un manuel que nous n’avons pas eu la place d’analyser dans le cadre
de cette contribution : Roux P.,
Entraînement à l’expression écrite et orale, CM2. Hachette,
1979.
[9]
Landier J.-C., Marchand F.,
La courte échelle, Hatier, 1996.
[10]
Supplément au
B.O. n° 23 10-6-1999.
[11]
Programmes de 3e et documents d’accompagnement. Paris, CNDP, 1996.
[12]
Pour des propositions concrètes en la matière, Maurer B.,
Une didactique de l’oral du
primaire au lycée. Paris, Bertrand-Lacoste, 2001.
[13]
L’île aux mots. Tout le français au CM. Nathan, 1998.