2002
revue de didactologie des langues-cultures
Dehors/dedans ou la problématique du corps dans l’espace classe entre public asiatique et non asiatique
Alex Cormanski
Université de la Sorbonne Nouvelle Paris III
Enseigner une langue étrangère en milieu guidé implique toujours
une contrainte, pas toujours apparente puisque perçue comme naturelle, mais
néanmoins réelle, celle du cadre spatial et temporel imposé par l’institution.
L’enseignement se déroule dans une classe où les apprenants sont assis
pendant un temps défini. On enseigne/apprend donc dans la position normée
du corps plié.
Quand on demande généralement à un enseignant quelle position il adopte
quand il enseigne, il répond la plupart du temps debout. Ce choix n’est
probablement pas fortuit et pose tout de suite la question de savoir comment
il gère son corps dans cette situation. Mais demande-t-on à l’apprenant dans
quelle position il apprend le mieux ? S’interroge-t-on pour savoir si la position du corps a une quelconque incidence sur l’apprentissage ?
Il est admis que les modes d’apprentissage et d’enseignement varient
selon l’origine ethno-linguistique des apprenants. Mais s’interroge-t-on
dans la même logique sur la nature et la réactivité des corps apprenants ?
Par ailleurs, si certains enseignants, conscients du rôle du corps dans
l’apprentissage des langues étrangères en font un élément non négligeable
de leur pratique pédagogique, quelle vision ont-ils du statut, de l’image,
de la praxis du corps selon l’origine culturelle des apprenants avec qui ils
travaillent et notamment de ceux du public asiatique ?
Cette interrogation sera au centre de l’argumentation de cet article.
La langue enseignée en milieu guidé apparaît trop souvent décorporalisée, limitant ainsi sa fonction communicative à la seule composante
verbale. La linguistique structurale ayant été pendant longtemps la seule
référence en matière d’enseignement des langues étrangères, il n’y a là rien
d’étonnant, la langue étant pour cette discipline essentiellement objet
d’analyse, donc observée au plan de l’énoncé, plus rarement au plan de
l’énonciation. L’influence de l’anthropologie, de l’ethnologie, de la socio-logie, de la psychologie, a permis, avec Hymes et l’école de Chicago, de
changer de cap en mettant en avant l’usage communicationnel de la langue.
En privilégiant alors la situation de communication, c’est le sens, plus
que la forme, qui devenait davantage objet d’attention. D’une linguistique
de la langue, on passait alors à une linguistique de la parole, mieux à une
didactique du dire, plus axée sur la mise en scène de la signification.
L’intérêt pour le corps est alors devenu manifeste. La langue s’articule,
s’énonce sur un support physique – le corps – capable de moduler
l’énoncé, d’en changer même la nature selon les circonstances de sa
production, notamment selon le cadre spatial. Les variations proxémiques
entre interlocuteurs seront déterminantes. L’énonciation, le type d’énoncés
produits, le(s) geste(s) accompli(s) seront configurés par la distance entre
les interlocuteurs.
Geste et parole apparaissent donc inextricablement solidaires et l’association des deux, dans le cadre de l’enseignement des langues, permet à
l’apprenant d’accéder plus rapidement au sens, en même temps qu’à une
appropriation linguistique en contexte.
Ainsi la « recorporalisation » de la langue, équivalant à une réhabilitation de son statut d’origine, redonne au corps une place et un rôle majeur,
celui de produire du sens, dans l’apprentissage de la langue.
DYNAMIQUE DE LA MISE EN SENS
C’est par l’utilisation des techniques dramatiques adaptées à l’apprentissage des langues que cette « recorporalisation » est entreprise, dans la perspective de créer une dynamique de la mise en sens dans la classe de langue.
Le choix de cette démarche repose sur l’hypothèse d’un parallèle dans
le processus d’acquisition/apprentissage de la langue entre l’apprenti
acteur et l’apprenant en langue étrangère.
Si le premier ne peut se passer d’un travail sur son propre corps pour
aborder le corps du texte, le second est rarement encouragé à travailler
pareillement alors qu’il est mis d’emblée, en règle générale, en contact
avec la langue cible par l’oralité.
L’un et l’autre ont donc à emprunter un itinéraire commum dans la
mise en chantier du corps énonçant, travaillant la voix, le regard, son articulation dans l’espace, car, comme le dit justement Condon, « le langage
dans son aspect naturel sous forme de parole n’est jamais désincarné, il
est toujours exprimé à travers un comportement »
[1].
Les techniques dramatiques proposent un travail par étape sur chacun
des outils d’expression corporelle (voix, geste, mimique, espace) dans des
combinaisons diverses et variées pour aboutir en fin de parcours à la mise
en œuvre par le corps global de l’équation verbale/non-verbale du discours.
Ces techniques sont en fait une démarche d’investigation permanente au
cours de laquelle l’apprenant est mis en situation de guidage et de self
monitoring. N’est-il pas en réalité le mieux placé pour mesurer la portée
de son énonciation, de sa « prise de langue »? Réussir à prononcer
correctement une langue, et donc à se faire entendre par un interlocuteur
natif par exemple, est la preuve immédiate d’une certaine compétence
chez le locuteur et en même temps la reconnaissance par l’interlocuteur
de cette même compétence.
Ne devrait-elle pas dès lors être un objectif commun à tout apprenant
quelle que soit son origine ethno-linguistique ?
Mais, parallèlement, tous les apprenants sont-ils égaux pour acquérir
cette compétence ? S’agit-il d’une question d’aisance individuelle ou d’appartenance culturelle ? Y a-t-il compatibilité ou incompatibilité avec tous
les habitus culturels dans une approche de la langue centrée sur le corps
de l’apprenant ?
Au rang de ses détracteurs, nombreux sont ceux qui la déclarent irrecevable auprès des publics d’origine asiatique. Pareille assertion ne peut
que susciter interrogation, voire étonnement, autant le préjugé le dispute
à la caricature.
Il n’y a pas peut-être pas de corps universel comme il existe une grammaire universelle (Chomsky), encore que ceci reste à être démontré, mais
il y a certainement des dénominateurs communs d’expression corporelle
d’une culture à l’autre qui toutes répondent à une logique interne de fonctionnement, même si des variables sont repérables ici et là. Et la lecture
de cette logique nécessite peut-être un décodage préalable.
Le préjugé dont il est question s’octroie même un double statut. Le
corps occidental serait par essence plus libre (mais de quoi ?) et le corps
oriental, identifié comme son pendant, le serait moins. C’est donc du
degré d’expressivité apparent qu’un plus ou moins de liberté est attribué
comme par décret.
La première observation qui s’impose est que le corps occidental ne
saurait être rangé dans une catégorie unilatérale du globalement apte à la
fonction expressive. À moins de prendre les manifestations de jeu de
société qui révèle le souci de l’apparence corporelle de façon si marquée,
si plébiscitée dans le monde occidental pour des symboles de liberté d’expression que d’aucuns appelleront plutôt « auto-conscience épidermique »
(Umbero Eco). Les représentations figurées ont une place importante dans
toute vie sociale, ce que Durkheim nomme « emblématisme ». Or, les jeux
de l’apparence sont-ils l’apanage des sociétés occidentales ? Au Japon, déjà
à l’époque d’Edo (1615-1868) par exemple, l’art du plaisir corporel était
fortement mis en évidence par un code vestimentaire ou de coiffure.
Comme autre signe distinctif d’ordre sociétal ayant le corps pour
affiche dans les sociétés asiatiques, on ne peut omettre le tatouage, par
ailleurs bien plus répandu qu’en Occident. Mais au delà d’une simple
valeur esthétique, il y est bien la marque d’une appartenance à un clan, à
un groupe social.
Le corps parure qui permet de « faire société » existe donc bel et bien
dans les deux mondes qui nous concernent.
Leur différence résiderait plutôt dans le fait que la société occidentale
apparaît davantage comme une société de type individualiste où le corps
se construit sur un même schéma d’individuation. « Elle érige un culte au
corps et en fait une voie de salut »
[2]. En prenant un exemple extrême,
celui de l’Amérique, on peut dire avec Baudrillard, que le corps est « le
seul objet sur lequel se concentrer, non comme source de plaisir, mais
comme objet de sollicitude éperdue, dans la hantise de la défaillance et de
la contre-performance, signe et anticipation de la mort… »
[3]
En conséquence, et c’est là la deuxième observation que l’on peut faire,
le corps occidental dans sa quête effrénée de performance peut fort bien
se révéler non performant, justement parce qu’il est dans un schéma
compétitif. Il connaît des limites dans sa programmation. Le corps bien né
« naturellement », doué de toutes les facultés d’expression est encore à
trouver.
Un apprenant né et éduqué dans le monde occidental se trouve donc
dans la position de tout autre apprenant en situation d’apprentissage quand
il s’agit de
performer son acte de parole de façon optimale, aussi bien
dans sa langue maternelle que dans une langue étrangère si on reprend le
parallèle entre didactique des langues et didactique du théâtre. Les techniques du comédien offrent un menu commun dans le travail du corps,
certes avec quelques variantes, quelle que soit l’hémisphère où on les
pratique. Comme le souligne David Le Breton, « son art n’est pensable
que parce qu’(il) est d’abord dans la vie sociale […]. En fait, le paradoxe
du comédien n’est que le paradoxe de la symbolique corporelle, il est le
prolongement de la latitude propre à l’homme de témoigner aux autres des
seules significations qu’il entend leur donner »
[4].
Un acteur chinois, japonais, français, américain ou autre ont en commun
de cultiver un savoir-faire artistique qui consiste à exploiter le registre des
significations et valeurs à travers lesquelles il vit et qu’il se donne d’interpréter à loisir dans son métier de comédien, sachant qu’il a en réserve un
extraordinaire gisement de signes donné comme une matière première.
Il ne s’agit plus dès lors du corps parure, effet de société momentané,
mais du corps sujet à interaction entre vie réelle et transposition symbolique. Or cette « interaction implique des codes, des systèmes d’attente et
de réciprocité »
[5], auxquels il faudrait ajouter des codes culturels lorsqu’on
passe d’une culture étrangère à une autre.
C’est précisément sur ce terrain de la théâtralité que l’enjeu du corps
se pose. Comme on l’a dit précédemment, le corps occidental obéit à un
rituel narcissique qui trouve son paroxysme dans une théâtralité assez
hystérique. Il « se veut d’essence physiologique, et non plastique : c’est
une collection d’organes, une musculature de passions dont chaque ressort
(voix, mimes, gestes) est soumis à une sorte d’exercice gymnastique »
[6].
Au Japon, pour prendre un exemple, « le corps existe, se déploie, agit,
se donne, sans hystérie, sans narcissisme »
[7]. Il est un tout qui ne cherche
pas à
s’excentriser. Il est ce « mode graphique d’exister »
[8] évoqué par l’auteur de l’Empire des signes. Ce qui ne signifie pas que toute individualité
est exclue. Simplement, elle ne cherche pas à singulariser l’individu, distinctement des autres, mais plutôt à solidariser des corps dans leur différence.
Cette approche anthropologique du corps est fondamentale pour qui
veut dans la classe de langue faire interagir des apprenants d’origine
ethno-culturelle différente. Chacun possède sa mémoire du corps,
première empreinte culturelle constituée. Il n’est guère possible de
déranger des habitus culturels aussi ancrés.
Est-ce à dire pour autant qu’un public asiatique serait réfractaire à une
approche de la langue par les techniques dramatiques impliquant le corps ?
Des années d’expérience dans l’enseignement du français langue étrangère à des publics asiatiques variés – et les particularismes culturels au
sein de ce public sont nombreux – m’ont amené à constater qu’il n’y avait
pas de tabous en la matière. Mieux, qu’une certaine réserve, plus explicable par la dimension culturelle mentionnée plus haut, était riche d’enseignement à tirer dans l’approche proposée.
Une enquête a été réalisée auprès d’une vingtaine d’étudiants originaires de pays d’Asie différents (Chine, Corée, Japon, Taïwan, Vietnam).
Un tiers d’entre eux a répondu à l’enquête après avoir suivi un cours utilisant les techniques dramatiques, les deux tiers restant n’y ont pas été
initiés. Il en ressort que la quasi-totalité répond favorablement à une
approche mettant en avant le corps (cf. annexe).
La première question avait pour but de dresser un constat de départ sur la
pratique de l’oral propre à chacun avant de venir étudier en France. Les deux
tiers répondent qu’il était plutôt rare de s’exprimer oralement devant d’autres
étudiants dans la classe, 22 % que c’était très rare et 22 % habituel.
Par contre, 95 % affirment être maintenant en situation de devoir s’exprimer oralement devant les autres. 50 % jugent absolument nécessaire et
41 % nécessaire de s’entraîner à l’oral. Et 91 % jugent faisable un travail
sur le corps qu’elles trouvent compatible avec leur culture pour 50 %
d’entre elles, 28 % assez contraire et 5 % totalement contraire. Ces résultats montrent à l’évidence que des apprenants d’origine asiatique exposés
à une culture étrangère pouvant afficher un mode comportemental différent du leur, jusqu’à provoquer un changement important dans leur être
culturel – une praxis du corps – non seulement acceptent cette différence,
mais estiment en plus qu’elle n’empêche pas de s’adapter (68 %).
S’il est clair que « l’éducation façonne le corps, modèle les mouvements et la forme du visage, enseigne les manières physiques d’énoncer
une langue »
[9], on ne peut alors rester insensible au fait de voir un public
apprenant prêt à littéralement prendre le pli pour s’adapter à une nouvelle
donne qu’un public occidental aurait peut-être du mal à faire dans une
situation identique.
En fin de compte, au lieu de s’interroger sur la technicité corporelle,
travaillable sur le plan de l’interculturel, ne devrait-on pas s’interroger
plutôt sur la perception du corps de l’autre, comme celle d’ailleurs de son
propre corps, sur le même schéma de comparaison entre milieu endolingue et milieu exolingue ?
On y verrait probablement que le corps occidental est contextualisé dans
un hyper narcissisme qui le met toujours en situation de devoir s’affirmer.
À l’inverse, le corps asiatique n’a pas besoin d’un espace de glorification pour être là; il est fortement présent, entièrement vivant. À la fois
offert et caché. Il n’apparaît pas « sculptural mais scriptural » comme
disait Barthes, même si ce dernier faisait essentiellement référence au seul
corps japonais. Il suffit d’observer une interaction entre apprenants d’origine ethnique différente dans la classe de langue pour s’en rendre compte.
Un asiatique sera probablement plus économe de ses gestes qu’un occidental ou qu’un latino-américain, mais non moins signifiant dans son
syntagme corporel.
Il me revient en mémoire l’exemple d’un apprenant japonais disant un
poème en français à propos d’un exercice sur l’adaptation des techniques
dramatiques aux textes littéraires.
Il s’agit fondamentalement d’un travail de relaxation et de concentration sur le corps dont le but est d’aider l’apprenant à toucher au sens du
texte, à le sentir physiquement en sortant dans un premier temps de sa
stricte verbalité – une compilation de mots appris par cœur – pour mieux
se concentrer par la suite sur le verbe/action.
Chaque apprenant dit un poème court qu’il avait à mémoriser. Le constat
qu’il fait lui-même en général est que sa prestation « manque de vie ».
La deuxième étape consiste alors à lui faire faire une action physique
simple à prendre dans le répertoire de ses activités quotidiennes. Un
échange verbal avec l’enseignant ou, de préférence, un autre partenaire
appelé pour interagir physiquement, peut avoir lieu pendant cette phase.
Puis, tout en restant très concentré sur l’activité du faire, il est encouragé à passer à celle du dire avec, pour partie, des mots liés à l’activité
en cours et pour l’autre les mots du poème. La juxtaposition des deux
niveaux d’activité, en apparence décalés, est l’occasion de travailler le
« maintien-de-la-relation-ensemble »
[10] des composants verbaux et non-verbaux dans un espace défini. Le rôle de ce dernier sera prépondérant
pour faire ressortir la nécessité de respecter les pauses et le rythme, et, par
voie de conséquence, l’importance de la posture du corps.
À ce stade, l’apprenant énonciateur, comme ses partenaires auditeurs,
constate souvent une nette évolution entre la première et la deuxième
prestation qui se traduit d’abord par un meilleur contrôle de soi dans
l’émotion, ainsi qu’une plus grande maîtrise de son expression verbale
comme non verbale.
La troisième étape ne diffère de la seconde que par l’abandon de tout
ce qui est énoncé à côté du poème. La même concentration est requise
pour trouver la juste dimension physique des mots à dire, leur calibrage,
leur espace sonore, leur débit,…
Pour finir, la quatrième étape consiste à dire le poème sans avoir recours
à une activité physique, en abandonnant en quelque sorte le support contextuel, en essayant de tirer tout le bénéfice acquis du travail préliminaire.
Sur le plan didactique, il est intéressant de noter l’approche de chaque
apprenant selon son origine ethno-culturelle et particulièrement celle du
public asiatique. Non seulement, il n’y a pas de blocage, mais l’expression corporelle se révèle souvent plus fluide que celle du corps occidental.
Pour revenir à l’exemple de l’apprenant japonais cité plus haut, c’est
dans une unité gestuelle a minima qu’il avait dit son poème alors que les
autres, non asiatiques, avaient, eux, montré davantage d’exubérance dans
leur dire. L’empreinte la plus forte fut bien celle laissée par le premier.
Il reste néanmoins un point à travailler de façon générale avec le public
asiatique. C’est celui de la fluidité, quelle que soit la langue d’origine
(chinois, vietnamien, thaï, japonais, coréen).
Une des techniques à proposer pour y remédier peut être celle du
parler-chanter (« Sprachgesang »). Elle a pour but de sensibiliser l’apprenant aux marques prosodiques du discours, principalement à la différence
de rythme entre sa langue maternelle et la langue cible bien moins
saccadée. Ce qui souligne combien il est nécessaire de travailler cette part
physique de la langue dans la classe dès le début de l’apprentissage.
Que ce soit à l’aide d’un poème ou d’un autre type de texte, l’apprenant est invité à énoncer en mouvement dans un espace à configurer
proportionnellement au débit et au rythme du texte. Ce travail implique au
préalable d’utiliser une des techniques dramatiques de base, la prise de
conscience des mécanismes de l’appareil phonatoire, grâce à l’aide de
l’enseignant, et la relaxation des parties du visage à l’œuvre dans la
production des phonèmes. Mais pourrait-on demander à un francophone
de prononcer du chinois sans faire de même ?
Pour finir, on ne peut manquer de souligner à quel point les préjugés
sont souvent tenaces qui voudraient faire croire que les techniques dramatiques dans le schéma occidental ne sont assimilables qu’à une forme
d’expressionnisme, c’est-à-dire une expression gestuelle quelque peu
surdimensionnée (comme on dit d’ailleurs d’un acteur qu’il
surjoue), voire
outrancière. La corrélation entre le dire et le faire ne se fait pas toujours
dans une configuration hyperréaliste. Ou bien faut-il y voir la trace d’une
fragmentation de l’unité corporelle assez caractéristique de l’Occident où
le corps devient un membre surnuméraire de l’homme
[11].
Toujours est-il que toucher le corps, c’est entrer dans un domaine
hautement culturel.
[1]
W.S. Condon, « Une analyse l’organisation comportementale », dans
La communication
non-verbale, ouvr. collectif, 1984, Delachaux & Niestlé, p. 34
[2]
D. Le Breton, « Imaginaires modernes du corps », dans
Le corps tabou, Babel, 1998, p. 183.
[3]
J. Baudrillard,
Amérique, Grasset, 1986, p. 69
[4]
D. Le Breton, « Le corps en scène », dans
Lieux et non lieux de l’imaginaire, Babel, 1994,
p. 36.
[5]
O
p. cit., p. 41.
[6]
R. Barthes,
L’empire des signes, Flammarion, 1970, p. 76.
[7]
Op. cit., p. 18.
[8]
Op. cit., p. 106
[9]
D. Le Breton, « Le corps en scène », dans
Lieux et non lieux de l’imaginaire, 1994, p. 38.
[10]
W.S. Condon, « Une analyse de l’organisation comportementale », dans
La Communication
non-verbale, ouvrage collectif, Cosnier et Brossard, Delachaux et Niestlé, 1984, p. 40.
[11]
D. Le Breton, « Imaginaires modernes du corps », dans
Le corps tabou, Babel n° 303,
1998, p. 180.