2002
revue de didactologie des langues-cultures
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots (Mallarmé, brise marine)
Jacques Cortès
Université de Rouen GERFLINT
Didactologie, une charmante adolescente aventureuse, rêve de
découvrir les Indes Orientales. Mais le Père Ubu, son vieux parâtre, ne l’entend pas du tout de cette oreille. La disparition de sa filleule le priverait d’une
curatelle fort lucrative. Il estime, du reste, pour justifier sa tyrannie, que les
voyages ne forment pas vraiment la jeunesse et qu’il est important de maintenir
le monde dans les préceptes de l’Écriture. Didactologie ronge peu à peu son
frein et ses liens. Parviendra-t-elle à trouver la fameuse « poudre
d’escampette » nécessaire pour accomplir son destin : découvrir l’Amérique (à
défaut des Indes Orientales) ? C’est à cette angoissante question que les lignes
qui suivent s’efforcent de répondre.
Paul Watzlawick a écrit un opuscule intitulé Guide non conformiste pour
l’usage de l’Amérique (1978), qui me paraît aller tout à fait dans le ton qui
convient pour répondre à la question que m’a posée (comme à d’autres)
Robert Galisson. Je crois, en effet, faire partie de la race des « aventuriers »
embarqués sur l’une des trois caravelles de Christophe Colomb croyant
avoir atteint les Indes Orientales en débarquant en Hispaniola, et tombant en
fait sur un formidable obstacle pour y accéder, une barrière gigantesque
tout à fait imprévue et constituant une difficulté beaucoup plus grande que
de contourner le cap de Bonne Espérance.
Tentons ici un premier décodage de ce flot d’images. On y trouve
d’abord l’idée du voyage vers l’ailleurs, de la quête du nouveau et c’est tout
à la fois poétique, stimulant et même exaltant. On y trouve ensuite celle de
l’échec (Colomb n’a pas trouvé les Indes), mais d’un échec ressemblant à
une grande victoire (l’Amérique c’est tout de même loin d’être négligeable)
encore que les marins eux-mêmes et les bonnes gens de l’ancien monde restés à quai eussent rapidement déploré que le nouveau continent fût désolé et
vide, et que les bons sauvages ne fussent pas si bons qu’ils auraient dû
l’être selon les Européens. D’où, nous dit P.W., cette petite phrase amère de
Clive S. Lewis dans son ouvrage English literature in the 16th Century
(1954) : « L’existence de l’Amérique fut l’une des grandes déceptions de
l’histoire de l’Europe ».
Je poserai ici que, pour le linguiste moyen, la didactologie serait aux
sciences du langage ce que l’Amérique de Colomb a été à la vieille Europe :
un continent immense mais vide, donc sans grand intérêt scientifique, bon
tout au plus à être colonisé (on ne sait jamais) et donc condamné à vivre
éternellement dans cette dépendance étroite qu’est l’application de théories
considérées comme sérieuses. Mon expérience professionnelle, l’agressivité
et le mépris ostensiblement affichés de certains milieux à l’égard du FLE,
l’enthousiasme des étudiants et le succès social évident de la didactologie,
tout cela évidemment conjugué aux écrits fondateurs de Robert Galisson,
m’amène à tenter une mise au point en forme, je le crains, de réquisitoire,
et, consécutivement, d’appel à d’urgentes réformes universitaires.
Père Ubu : « J’ai l’honneur de vous annoncer que pour enrichir le
royaume je vais faire périr tous les nobles et prendre leurs biens »
Ceux qui m’ont fait l’honneur de lire l’article que j’ai écrit, en 1998, sur la
disparition du CRÉDIF, savent que je n’ai pas du tout apprécié ce lamentable
sabordage. J’ai peur d’avoir été parmi les rares protestataires. Tout s’est
passé en douceur et dans l’apparence de la plus parfaite légalité, et les plus
virulents de mes collaborateurs (lorsque je dirigeais la « Maison ») m’ont
paru soudain d’une étonnante pâleur politique, acceptant docilement leur
relégation au sein d’une École Normale où, d’évidence, on les conservait par
obligation bien plus que par besoin réel. Sans doute leurs qualités de chercheurs, que je connais bien, leur ont-elles aujourd’hui permis de « creuser
leur trou », et je m’en félicite, mais qu’est devenu le grand CRÉDIF qui était
connu, admiré et attendu sur les 5 continents ? Il est bienséant (la pensée
commune a de ces faiblesses !) de faire comme si cette disparition relevait
du bon sens. Je m’en inquiète. Détruire est parfois nécessaire, par exemple
pour remplacer un dédale de ruelles par les Champs Élysée, mais là, honnêtement, je ne vois pas quelle a pu être la visée du bureaucrate inspiré qui a
anéanti cinquante années d’efforts pour construire une renommée internationale. Il est vrai qu’Alfred Jarry était français et que l’absurdité est souvent la
face cachée de notre bonne vieille logique cartésienne.
Cette destruction du Centre de Recherches et d’Études pour la Diffusion
du Français est probablement une des raisons qui m’ont conduit vers la
didactologie, mais certainement pas la première. Mon indignation, du reste,
était moins provoquée par la décision politique elle-même que par une sorte
de veulerie du système. Depuis le début des années 80, en effet, tout avait été
mis en place pour le passage « à la trappe » du CRÉDIF. Les chercheurs du
Centre, sentant fort lucidement le vent tourner, avaient massivement investi
du côté de la recherche universitaire en préparant des thèses de doctorat, et je
me souviens que j’avais moi-même beaucoup favorisé cette évolution de
leurs carrières. Mon idée, toutefois, d’évidence erronée, était de donner au
Centre les moyens de parler d’égal à égal avec n’importe quel département
de sciences du langage pour faire reconnaître la didactique des langues
comme une discipline universitaire à part entière. Les choses ont rapidement
mal tourné, d’une part en raison de consignes occultes d’évidence données
aux responsables successifs de Fontenay-Saint-Cloud de « se débarrasser
rapidement du CRÉDIF »; ensuite parce que cette disparition rencontrait
l’approbation tacite des linguistes persuadés, depuis le commencement du
monde, que la pédagogie et sa face théorique, la didactique, sont à la rigueur
l’affaire du primaire, à l’extrême rigueur du secondaire, mais certainement
pas du Supérieur (avec une majuscule de notoriété); enfin parce que l’idée
de la non scientificité de la didactique des disciplines avait déjà fait son chemin jusque dans l’âme de bien des didacticiens, les entraînant à se vouloir
autre chose que ce qu’ils étaient. Montrer patte blanche pour être admis dans
le cercle des linguistes a donc été la préoccupation essentielle de bien des
collègues. On rédigeait des thèses fondées sur des préoccupations didactiques mais on les baptisait recherches en linguistique (ou en sociolinguistique) avec la complicité quelque peu distante de linguistes portés à l’indulgence dans la mesure où ces avatars de la vraie recherche, perdus dans les
« ténèbres extérieures » de leur discipline, ne remettaient finalement pas en
question l’ordre immémorial du monde universitaire.
Père UBU : « Eh ! Je m’enrichis. Je vais me faire MA liste de MES
biens. Greffier, lisez MA liste de Mes biens ». […]
Le Greffier : « Principauté de Podolie, Grand-duché de Posen […]
Père UBU : « Et puis après ? »
Le Greffier : « C’est tout »
Père Ubu : « Comment, c’est tout ! Oh ! bien alors, en avant les Nobles,
et comme je ne finirai pas de m’enrichir, je vais faire exécuter tous les
Nobles et ainsi j’aurai tous les biens vacants. Allez, passez les Nobles
dans la trappe. (On empile les Nobles dans la trappe.) Dépêchez-vous,
plus vite, je veux faire des lois maintenant ».
Relire Jarry devrait être l’un des principaux exercices à faire pratiquer à
tous les niveaux, scientifique et administratif, du corps social. L’histoire des
grandes institutions est régulièrement, en France, celle de leur disparition.
L’âme du Père UBU revit dans celle de nos ministres et de nos grands commis qui mettent souvent leur génie à faire table rase de l’existant en nous
promettant la cité radieuse du futur. L’ennui, c’est qu’ils détruisent et disparaissent rapidement de la scène publique avant même d’avoir posé la première pierre du projet annoncé. Jeunesse euphorique, suivi languissant,
conclusion sénile, impuissance… tel est le schéma classique des prétendues
réformes annoncées par les rapports conclusifs, notamment celui du fameux
audit ayant justifié la disparition du CRÉDIF, bel exercice de vain style
auquel Villon aurait pu répondre avec juste ce qu’il faut de facétie :
Prince, n’enquérez de semaine
Où elles sont, ne de cet an,
Qu’à ce refrain ne vous remaine
Mais où sont les neiges d’antan ?
Je laisse à mon éventuel lecteur le soin de mettre les noms qui conviennent.
Ne nous dissimulons pas hypocritement que la destruction d’un organisme qui, dans la deuxième moitié du XX e siècle, a porté très haut le flambeau de la diffusion de la langue-culture française dans le monde, n’a rien
d’un remaniement administratif anodin. Il s’agissait en fait de l’aboutissement d’un raisonnement complexe dans lequel des arguments affectifs et
mercantiles ont pesé de tout leur poids.
Affectivement, observons qu’on assiste aujourd’hui à de multiples combats d’arrière-garde de la part des disciplines qui, à tort ou à raison, s’estiment menacées par la Didactologie. C’est dans ce cadre général qu’il faut
envisager les choses. La linguistique est en crise depuis une trentaine d’années, notamment au niveau de la syntaxe structurale, et son élargissement
spectaculaire vers la prise en compte de plus en plus fine des situations de
communication et d’échange, l’a amenée sur les confins de la pédagogie
dont, jusqu’ici, elle niait par principe l’intérêt scientifique. Seulement voilà,
le problème de l’annexion du domaine n’est pas aussi simple qu’il pouvait y
paraître. Si les linguistes veulent intervenir sur notre territoire, et je ne suis
personnellement pas hostile à cette éventualité même si je la crois pour
l’instant utopique, il convient qu’ils fassent un sérieux nettoyage de leurs
préjugés scientistes d’abord, qu’ils admettent ensuite qu’ils ont un gros travail d’acclimatation à programmer pour intégrer ces idées toutes simples
mais très obstinées que l’on ne travaille pas avec un sujet apprenant selon
les mêmes méthodes qu’avec un sujet parlant, qu’il ne s’agit plus d’analyser
et de présenter un système existant mais en construction et reconstruction
continues, et que la finalité des opérations que nous conduisons n’est pas la
description statique mais l’apprentissage dynamique d’une langue-culture
naturelle. Récuser « l’application fonctionnant sur les bases d’une épistémologie néo-positiviste, qui perdure curieusement dans certaines sciences
humaines, alors qu’elle a pratiquement disparu dans les sciences dites
exactes » (Galisson, 1999,77) revient à créer et à maintenir entre la linguistique et la didactologie une raison tenace d’incompatibilité. Pour le didactologue, pas de science a priori, pas de vérité transcendantale. Citons encore
Galisson : « La didactologie oppose la conceptualisation à l’application,
dans une démarche pragmatique qui part de l’observation de l’objet d’étude,
passe par la problématisation en contexte, puis la théorisation interne, c’est-à-dire la construction d’une réponse spécialement adaptée au problème »
(ibid.). S’obstiner à ne pas voir que la didactologie procède d’une épistémologie différente de la linguistique, c’est s’acharner à nier l’évidence.
On a cependant pris des mesures de protection sévères pour empêcher la
croissance naturelle d’une discipline dont on s’est pourtant réjoui de
l’exceptionnel succès qu’elle remporte auprès des étudiants. La croissance
de certains départements de linguistique, ainsi, a été de l’ordre de 1 à plus
de 20 (cas de Rouen, par exemple), afflux considérable que l’on a très mercantilement exploité sans vergogne au seul bénéfice de linguistes hostiles
par nécessité au domaine qui les nourrit. Dissimuler son incompétence sous
un noble dédain est une attitude dont on peut comprendre les mobiles, mais
le gâchis est tel, dans certains lieux de France, que l’on peut se demander ce
qu’il adviendrait de certaines structures universitaires actuelles si, par un
effet boomerang, un audit permettait à l’administration centrale de découvrir le pot aux roses. On crée des U.V. fantaisistes pour justifier les postes
imprudemment créés, et, au bout d’un semestre à peine, on est obligé d’y
mettre un terme faute d’inscrits en nombre suffisant. Et pendant ce temps-là, le Prince de Podolie, le Grand-Duc de Posen et les autres… se décomposent dans la trappe en forme de mitard où on les maintient.
Mon engagement en DLC, on le comprend déjà, est aussi la manifestation d’un certain écœurement. Après presque un demi-siècle de carrière, je
pense avoir le droit de porter un jugement fondé sur mon expérience dans la
mesure où je ne vise rien d’autre qu’une certaine part de vérité et d’équité.
Mais je ne prétends pas être didactologue pour des raisons simplement
négatives. Je le suis également par conviction professionnelle, et, sans donner dans l’emphase ou l’enflure, disons que je le suis probablement aussi
par conviction républicaine et par humanisme.
Avoir été élève-maître à Constantine et à Oran (promotion 52-56) m’a
permis de découvrir les vertus incontournables de la pédagogie. Nos étudiants universitaires sont un peu perdus en arrivant sur nos campus, et l’accueil qu’on leur réserve, autant que les cours qu’on leur dispense, devraient
être à la hauteur de leurs attentes et de leurs besoins. Il conviendrait donc de
corriger le déséquilibre actuel en faveur de la recherche au niveau du recrutement dans le supérieur. Avec le mot Didactologie, les deux aspects
recherche et enseignement sont liés à proportion égale. On ne s’improvise
pas plus chercheur que professeur. Pour un didactologue, l’enseignement
n’est pas un acte anodin, en tout cas pas une sorte de sacrifice insupportable
sur les autels de la Recherche. Tout « prof » de FLE, même s’il ne fait pas
un DEA ou une thèse, est un chercheur persuadé que la noblesse de son
métier est d’être une tentative d’adaptation continue à un terrain qui ne nous
facilite certainement jamais la tâche, mais qui nous fait en même temps le
cadeau d’être sans cesse différent. « On ne se baigne jamais deux fois dans
le même fleuve ». L’École Normale d’Instituteurs m’a appris à découvrir le
sens très profond de la boutade d’Héraclite. Mon travail n’a jamais été un
simple gagne-pain mais un acte de foi, d’espérance, d’amour… et bien souvent de contrition. J’ai conscience de retarder sans doute de quelques décennies en parlant ainsi mais c’est un fait que la didactologie, telle que décrite
et expliquée par Galisson, m’a permis de revivre avec émotion les motivations profondes qui ont fait de moi un « instituteur » auquel les hasards de la
vie ont eu la gentillesse d’accorder en prime le titre et les prérogatives de
Professeur des Universités (avec des majuscules partout), mais sans m’autoriser pour autant à oublier, par exemple, mes chers « voyous » du quartier
de la Casbah de Constantine qui, en juin 1960, au plus fort de la guerre
d’Algérie, m’ont accordé la récompense de réussir, tous sans exception, au
certificat d’études primaires. Il faut être et rester artisan dans son âme pour
comprendre les joies d’un métier où l’on nous donne à créer, si peu que ce
soit… des « Hommes » de métier. Je ne sais pas si les IUFM, à ce niveau,
ont bien pris aujourd’hui le relais des ENI.
Cette page émotion tournée, je ne m’étendrai pas sur les influences dont
j’ai bénéficié, tant à l’occasion de mes séjours à l’étranger (Japon, Maroc et
Zaïre) que dans le cadre de mes études universitaires. Disciple de Martinet et
lecteur de beaucoup d’autres, je me félicite d’avoir une formation de linguiste sanctionnée par deux doctorats, et cela me donne précisément le droit
de dire deux choses : la première, c’est que le dialogue personnel que j’ai
entretenu avec la linguistique m’a beaucoup enrichi et aidé dans mon
travail; la seconde, c’est qu’il ne faut pas confondre dialogue et application.
Ma conviction de didactologue de formation linguistique est que le
XXI e siècle n’aura pas d’autre alternative que la didactologie s’il veut sauvegarder les valeurs véhiculées par les langues-cultures du monde. Le choix
d’une langue unique pour la planète entière montre déjà des signes de faiblesse rassurants. On commence à s’émouvoir, dans les milieux les plus
acharnés à donner carrière à une économie libérale fondée uniquement sur le
profit, du fait que l’on malmène la diversité des cultures. Le débat entre unité
humaine et cultures (au pluriel) est désormais largement ouvert comme l’indiquait Edgar Morin, en juin 2001, dans la revue Synergies Brésil :
Ceux qui voient la diversité des cultures tendent à minimiser ou occulter l’unité
humaine, ceux qui voient l’unité humaine tendent à considérer comme secondaire la
diversité des cultures. Il est au contraire approprié de concevoir une unité qui assure et
favorise la diversité, une diversité qui s’inscrit dans l’unité.
Ma conviction de didactologue puise sa substance dans cette certitude
que notre époque ne pourra plus tourner le dos à l’altérité, c’est-à-dire à la
dignité, « l’étrangeté de l’autre, sa part d’irréductible, bref, sa part d’humanité » (ibid.). Je m’aperçois, en le citant de plus en plus, qu’Edgar Morin a
décidément tout dit. Qu’on en juge :
Quand j’accueille et respecte l’autre dans sa différence à moi, je ne pense pas à sa couleur de peau, ni à sa religion, ni à son origine. Je le vois comme un être humain,
comme une unité complexe sans distinction d’origine, de race ou de religion. Mais
encore faut-il un enseignement ouvert sur cette complexité humaine et planétaire.
L’internationalisation de l’enseignement est une façon de nourrir l’éducation par les
échanges, par le dialogue des langues et cultures qui véhicule la trame profonde de
notre humaine condition.
Ce sont de telles idées qui circulent dans les écrits de tous les didactologues, constituant le fonds philosophique actuel de leur discipline. Il ne
s’agit pas, en fin de compte, de lutter contre autre chose que le figement de
certaines théories. Je n’ai rien, bien au contraire, contre la linguistique,
même s’il m’arrive de fustiger la suffisance, l’irresponsabilité et l’esprit de
l’escalier de certains collègues en retard de quelques trains sur l’évolution
du monde. Je subis avec ce qu’il faut d’humour pas mal de mesquineries
inhérentes, nous dit David Lodge, à notre « si petit monde », mais il est une
certitude que m’inspirent autant ma formation ancienne « d’Instit » que
mon expérience professionnelle, mes recherches linguistiques, mon intuition, mes lectures, le respect que m’inspire Robert Galisson… et ma culture
républicaine de laïcité pour penser avec conviction, reprenant à mon
compte, mais pour la transformer, une vieille formule de Louis Porcher : « à
la loterie de l’avenir, le hasard sera à coup sûr didactologue ».
C’est pour cela que mes amis et moi avons créé le GERFLINT et
déclenché un vaste mouvement mondial de recherche en Didactologie des
Langues-Cultures publiant la série des revues SYNERGIES. Gageons que
le temps où le décideur politique s’avisera enfin de donner à la didactologie
la place éminente qui lui revient au sein de l’Université française est désormais proche. Nous ne crierons pas alors victoire car nous n’aurons vaincu
personne. Simplement donné une nouvelle chance à la Culture et aux cultures d’être porteuses de liberté.
Christophe Colomb n’a pas découvert les Indes Orientales. Simplement
l’Amérique. Souhaitons que l’existence de plus en plus visible de la didactologie ne soit pas la grande déception des linguistes du monde entier et
qu’on s’avise enfin des immenses potentialités de recherche et d’expansion
qui sont les siennes à un moment où les sciences du langage classiques
manifestent pour le moins (mais je ne m’en réjouis nullement) une nette
tendance à l’essoufflement.
Comment peut-on être didactologue ? Mais simplement comme ça, mon
cher Robert.
·
GALISSON, Robert, PUREN, Christian. 1999. La Formation en questions, Clé
International.
·
JARRY, Alfred, Ubu Roi, III, 2, Fasquelle.
·
MORIN, Edgar, « Diversité culturelle et pluralité d’individus » in Revue Synergies
Brésil du Groupe GERFLINT, n° spécial, Mondialisation et Humanisme, Les
enjeux du Français, Rio, juin 2001.
·
VILLON, François. 1964. Poésies complètes, Livre de Poche.
·
WATZLAWICK, Paul. 1987. Guide non conformiste pour l’Usage de l’Amérique,
Seuil, Paris.