Ela
Klincksieck

I.S.B.N.sans
130 pages

p. 455 à 466
doi: en cours

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no 128 2002/4

2002 revue de didactologie des langues-cultures

La culture dans les dictionnaires bilingues : où, comment, laquelle ?

Nadine Celotti Université de Trieste
Les dictionnaires bilingues sont traditionnellement présentés comme des outils de traduction et souvent regardés avec méfiance par les enseignants de FLE. Or la mise en contact de deux univers lexicaux-culturels ne pourrait-elle pas déceler la présence de la culture inhérente à chaque langue? La recherche de l’équivalence ne pourrait-elle pas faire surgir l’aspect culturel de certaines unités lexicales ? La phraséologie, à travers les exemples, les phrases idiomatiques et les collocations, ne pourrait-elle pas ouvrir des fenêtres sur la culture ? Aujourd’hui, les dictionnaires bilingues vivent une phase de renouveau : de nouvelles formes lexicographiques porteuses d’informations culturelles apparaissent. Les dictionnaires bilingues ne pourraient-ils pas devenir aussi un outil de réflexion sur la culture approprié à stimuler les apprenants de FLE, friands de lexiculture? Ce sont ces questions qui ont tracé le parcours des propos qui suivent.
Bref, tout est culture, du vêtement au livre, de la nourriture à l’image, et la culture est partout, d’un bout à l’autre des échelles sociales. Cette culture, décidément, est un objet bien paradoxal : sans contours, sans terme oppositionnel, sans reste.
Roland Barthes, Le bruissement de la langue
Terrains de rencontre de deux langues(-cultures), souvent traités par la didactique du français langue étrangère comme des laissés-pour-compte à côté des dictionnaires monolingues de FLM ou de FLE, les dictionnaires bilingues vivent à l’heure actuelle une phase de réflexion et de renouvellement [1] qui ne peut laisser insensible qui s’intéresse à la didactique des langues, notamment à la lexiculture.
On s’interroge sur le traitement des écarts culturels [2], on exprime le besoin de créer un bilingue qui soit outil de médiation [3] pour la compréhension et non plus seulement outil de traduction, on constate le rôle grandissant de la monographie encyclopédique [4]. Éléments, tous, qui touchent à la question de la culture dans les mots.
Le mot « culturel » fait son apparition dans les préfaces des dictionnaires bilingues [5] à partir des années 90 et il annonce que le dictionnaire bilingue entend suivre de nouvelles voies pour offrir des informations culturelles. L’objectif des propos qui vont suivre n’est pas de faire un état des lieux de la question métalexicographique mais, en s’appuyant sur ces réflexions récentes, d’aller explorer des dictionnaires bilingues [6], outils concrètement utilisés par les apprenants de FLE, pour comprendre comment la question culturelle est posée actuellement.
 
1. LA CULTURE : OÙ ET COMMENT ?
 
 
1.1. À la recherche de l’équivalent
De par leur nature les dictionnaires bilingues ont toujours eu affaire à l’essence culturelle inhérente aux langues : la propre vision du monde de chaque langue qui se manifeste par un propre découpage des mots surgit au moment même du choix des équivalents. Le contact des deux univers met en pleine lumière la spécificité culturelle de chacun. Prenons l’exemple classique [7] pour l’italien et le français, la langue française s’applique à distinguer un cours d’eau de grande importance qui aboutit à la mer fleuve du cours d’eau de moyenne importance et qui n’ira jamais jusqu’à la mer rivière, tandis que pour la langue italienne ces deux cours d’eau n’en font qu’un : fiume. Ou encore la langue italienne aime à dévoiler deux phases de l’amour par deux substantifs distincts innamoramento (le moment, la période pendant lesquels on tombe amoureux) et amore, ce que la langue française ne fait pas. Ces différenciations culturelles qui sont inscrites dans la langue ont toujours été prises en charge par les dictionnaires bilingues que cela soit par une glose explicative en guise d’équivalent ou par une explicitation à côté de l’équivalent « partiel ». Aujourd’hui de nouveaux chemins sont en train d’être parcourus : une tentative d’offrir un ajout d’informations culturelles. Pour certaines entrées plus « culturelles » des notes spécifiques (dans la langue d’arrivée) apparaissent à la fin de l’entrée signalée par une marque [8], ou même des encadrés autonomes de l’entrée typographiquement mis en relief [9].
Par exemple, en suivant la paire fleuve et rivière à côté de la glose explicative (précédée du signe =) [10]
Rivière 1. (cours d’eau) = fiume minore, che si getta in un altro più
importante DIF
(pour Fleuve le DIF propose simplement l’équivalent Fiume)
et de l’explicitation mise entre parenthèses après l’équivalent
Fleuve 1. Fiume (che sfocia nel mare) NG
(Pour Rivière le NG propose deux équivalents comme interchan-
geables fiume, corso d’acqua – signe d’embarras sans doute)
Rivière fiume (detto solo degli affluenti) B 4éd
un dictionnaire propose un encadré culturel pour fleuve :
Si chiamano fleuves unicamente i fiumi che si gettano in mare. Gli affluenti sono tutti rivières, piccoli o grandi che siano : la Seine est un fleuve qui se jette dans la Manche, la Senna è un fiume che si getta nella Manica; la Marne est une rivière qui se jette dans la Seine, la Marna è un fiume che si getta nella Senna. B 4éd
Un autre aspect culturel intrinsèque des dictionnaires bilingues qui ressort de la mise en contact de deux univers est la présence d’unités lexicales qui n’appartiennent qu’à un seul des univers : des mots qui relèvent de l’anthropologie culturelle, comme la nourriture ou les fêtes et ceux correspondant à des réalités institutionnelles, comme le système de l’éducation ou la politique. Le traditionnel traitement de ces unités lexicales considérées « intraduisibles » [11] par les dictionnaires bilingues est d’avoir recours à des gloses explicatives, quelquefois accompagnées d’une brève indication encyclopédique. Aujourd’hui de propres ajouts culturels sont offerts pour ces entrées. Certaines entrées du monde institutionnel peuvent même être enrichies par l’explicitation de la mise en rapport des deux univers.
Par exemple : les traditionnelles gloses explicatives avec et sans indication encyclopédique :
  • à île : île flottante GASTR. INTRAD (chiare d’uovo zuccherate, sbattute, cotte nel latte e posate su una crema inglese) DIF
  • à quiche : « quiche » crostata salata condita con pancetta, uova sbattute e panna da cucina (tipica della Lorena) NG
  • à ailloli : « ailloli » (maionese all’aglio tipica della cucina provenzale) B 4éd
et les nouvelles voies :
  • une note culturelle à l’intérieur de l’entrée :
  • • à centre : Centre aéré, centro di vacanza estivo dove i bambini, al di sotto dei dieci anni, svolgono delle attività ricreative all’aperto NG
  • une glose plus un encadré culturel :
  • • à galette :
    galette des rois, tipico dolce francese dell’Epifania.
    L’encadré :
    La « Galette des rois » è un dolce di pasta foglia i cui viene nascosta
    una piccola fava : chi la trova nella fetta di dolce viene proclamato re,
    riceve una corona di cartone e sceglie una regina tra le ragazze pre-
    senti [12]. (I re ai quali si referisce questa tradizionale festa sono, ovvia-
    mente, i re magi.) B 4éd
  • une note culturelle avec explicitation de la différence :
  • • à lycée :
    Da notare che il termine francese lycée si applica, diversamente che in Italia, a ogni tipo di scuola superiore frequentata tra la scuola media inferiore e l’università. NG
Les associations culturelles liées à la communauté de chacun que peut susciter un mot ont toujours intéressé la réflexion métalexicographique qui reconnaît la nécessité de les traiter dans les dictionnaires bilingues [13] mais aussi la difficulté de les cerner [14]. Elle n’est pas allée beaucoup plus loin que la classique différence de charge culturelle entre la vache en France et en Inde ou entre le cheval en France et en Grande-Bretagne. C’est un immense terrain vague encore à défricher, sûrement pour les langues en contact comme le français et l’italien. Trouver une place pour cet aspect connotatif ne semblerait pas difficile aujourd’hui avec les nouvelles formes comme les encadrés ou les notes culturelles mais l’explicitation reste délicate : une zone floue apparaît entre le collectif et le personnel [15]. Les dictionnaires consultés semblent pratiquement ignorer ce plan connotatif.
Bref, la culture a toujours fait trembler les frontières de la pièce maîtresse des dictionnaires bilingues : l’équivalence. Et aujourd’hui avec ces nouvelles formes elle s’y est bel et bien installée. Lieux culturels qui ne devraient donc passer inaperçus à qui s’intéresse de lexiculture.
1.2. À la découverte de la partie syntagmatique
Autre pièce majeure de la microstructure qui est mobilisée à jouer un (autre) rôle culturel est la partie syntagmatique créée en premier lieu pour mettre le mot-entrée en contexte : les exemples, les collocations, les expressions idiomatiques.
1.2.1. Les exemples
La fonction d’informateur culturel des exemples est non seulement reconnue [16] mais aussi revendiquée [17]. Mais rencontrées au hasard de la consultation, à des entrées inattendues, les données culturelles restent encore un puzzle à construire, peu exploitable d’une façon systématique en cours.
Quelques exemples en vrac :
  • à l’entrée amener :
  • c’est Nicot qui a amené le tabac en Europe B 4éd
  • à l’entrée arroser :
  • la Seine arrose Paris B 4éd
  • à l’entrée grenier :
  • La Beauce est le grenier de la France. NG
1.2.2. Les expressions idiomatiques
Les expressions idiomatiques, les aînées de la lexiculture, ont depuis une vingtaine d’années [18] reçu, au sein des dictionnaires bilingues, un statut propre (ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas sujettes à amélioration) [19]. Regroupées à la fin de l’article ou signalées par un système de marquage annoncé dans la préface, elles sont identifiables et facilement exploitables en cours. Il arrive aussi que les proverbes bénéficient d’un placement autonome en annexe. La question de l’équivalence qui reste la plus délicate et la plus discutée s’avère stimulante pour prendre conscience des différences (ou similitudes) culturelles.
Quelques exemples avec les fruits :
  • à l’entrée cerise
  • devenir rouge comme une cerise diventare rosso come un peperone B 4éd
  • à l’entrée orange
  • (fig.) presser l’orange et jeter l’écorce spremere q. come un limone e buttarlo via B 4éd
  • à l’entrée poire
  • (fig.) couper la poire en deux venire a un compromesso NG
  • à l’entrée pomme
  • être haut comme trois pommes essere alto come un soldo di cacio. DIF
Et confronter les différents équivalents en italien que proposent les dictionnaires peut se traduire, aussi, en des moments de discussion où les apprenants sont incités à réfléchir sur leur langue par le truchement d’une langue autre.
Quelques exemples avec les parties du corps :
  • à l’entrée main avoir les mains de beurre : avere le mani di ricotta B 4éd avere le mani di pasta frolla DIF
  • à l’entrée pied faire des pieds et des mains pour faire qch :
  • smuovere mari e monti, fare salti mortali per ottenere qcs DIF fare di tutto per ottenere qcs B 4éd fare di tutto, tentare tutto il possibile.
  • NG
1.2.3. Et que dire des collocations ?
Les collocations, serrées entre les exemples et les expressions idiomatiques, ont encore un statut flou. Elles « ne sont pas reconnues par tous les dictionnaires comme des unités qui méritent un traitement lexicographique spécial » [20]. Ces expressions semi-phraséologiques, associations habituelles d’un mot avec un autre, ne pourraient-elles pas être considérées des sites lexiculturels où la culture est « significativement présente » [21] pour qui étudie le FLE ? Derrière un (quasi) figement, le cliché [22] ne peut-il pas apparaître ? La question est ouverte. Il reste que vagabonder à travers les collocations en cours peut amener l’apprenant à connaître ce que le sujet parlant natif perçoit comme naturel, comme « ce qui se dit » et dans une perspective contrastive le sensibiliser à la polysémie bilingue, là où pour une acception d’un mot correspondent plusieurs équivalents.
Par exemple à l’entrée court dans sa première acception (pas long) les différents équivalents de court sont associés aux différents indicateurs de collocation :
[vêtement, cheveu, mémoire, balle] corto
[texte, distance, période] breve
[victoire, joie, espoir, maladie] di breve durata
[prêt, emploi] a breve termine
Bref, la partie syntagmatique s’avère aussi être un potentiel terrain d’observation culturelle, fragmentaire pour les exemples, incertain pour les collocations et fertile pour les expressions idiomatiques qui se taillent la part du lion.
 
2. LA CULTURE : LAQUELLE ?
 
 
De la culture savante à la culture courante, au fil des gloses en guise d’équivalence, des exemples, des encadrés culturels ou des notes culturelles, on peut vagabonder du littéraire français :
à l’entrée rose à travers l’exemple :
Et, rose, elle a vécu ce que vivent les roses, / L’espace d’un matin.
F. De Malherbe NG
même avec une glose explicative :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. Ronsard
Cogliete fin da oggi le rose della vita (invito al carpe diem) NG
à la civilisation française :
  • à l’entrée bison avec une glose explicative :
  • opération bison futé, partenze intelligenti (operazione congiunta del ministeri dei trasporti e delle forze dell’ordine per facilitare la viabilità delle strade durante i grandi esodi) NG
  • à l’entrée département avec un exemple :
  • le territoire métropolitain de la France est divisé en 95 départements B 4éd
  • à l’entrée marais avec une note culturelle :
  • Le Marais Il Marais (quartiere di Parigi anticamente consacrato all’orticoltura) NG
  • à l’entrée argus avec l’équivalent de la civilisation italienne :
  • L’argus de la presse », agenzia specializzata nel procurare ritagli di stampa su determinati argomenti che interessano gli abbonati (in Italia,
  • l’Eco della Stampa ») B 4éd
à l’histoire française :
  • à l’entrée triomphe à travers l’exemple :
  • Austerlitz fut un véritable triomphe pour Napoléon B 4éd
  • à l’entrée sauf avec une note culturelle :
  • tout est perdu sauf l’honneur, tutto è perduto fuorchè l’onore. Frase attribuita a Francesco I, dopo la battaglia di Pavia (1525) NG
  • après l’entrée sans-culottes un encadré :
  • Cosi erano detti, durante la Rivoluzione francese, gli uomini del popolo, semplicemente perché usavano portare i pantaloni anzichè, come gli aristocratici, la culotte, cioè i calzoni corti (portati con calzettoni a coscia) B 4éd
au cinéma français :
  • à l’entrée avec à travers l’exemple :
  • Le quai des Brumes » avec Jean Gabin NG
  • à l’entrée nouvelle vague avec une note culturelle :
  • con questo termine era stata disegnata la tendenza innovatrice della cinematografia francese degli anni ‘50-60, caratterizzata da una illustrazione critica del disagio delle giovani generazioni NG
à un savoir encyclopédique universel :
  • à l’entrée culminer à travers l’exemple :
  • l’Everest culmine à 8 848 mètres DIF
  • à l’entrée fondre à travers l’exemple :
  • le fer fond à 1510 °C, il ferro fonde a 1510 °C B 4éd
à la culture courante :
• à l’entrée se manger à travers l’exemple :
Le poulet peut se manger avec les doigts DIF
à travers les encadrés :
• après l’article bonjour on remarque que :
Il semplice bonjour ! è molto familiare. Rivolgendosi a una persona di riguardo, a una persona poco nota o a uno sconosciuto si dovrà dire :
bonjour Monsieur ! bonjour Madame ! bonjour docteur ! ecc. aggiungendo eventualmente il cognome di chi si saluta B 4éd
ou encore
• à l’encadré sur Mademoiselle on précise qu’aujourd’hui : « si usa chiamare Madame anche le nubili maggiorenni e non più Mademoiselle, appellativo riservato alle adolescenti » B 4éd
au découpage sémantique spécifique de chaque langue
• à l’encadré éplucher Attenzione ! Mentre éplucher si usa soprattutto per i legumi in genere, per la frutta si preferisce usare il verbo peler : pelare patate, éplucher des pommes de terre; pelare una pesca, peler une pêche. B 4éd
Un peu de tout partout. Un pot-pourri culturel désordonné mais qui commence à prendre forme grâce aux nouvelles formes lexicographiques pour les informations culturelles. Certes ce n’est qu’un début. En s’arrêtant sur le choix des encadrés on se demande pourquoi les « sans-culottes » et pas les « sans-papiers » qui n’ont le droit qu’à un équivalent qui ne leur rend pas justice : (immigrato) clandestino [23]. Pourquoi « la galette des rois » et pas « les cloches de Pâques » totalement ignorées ? Questions de choix culturel ? Questions à discuter en cours pour faire percevoir à l’apprenant que la culture est à dévoiler partout même à travers les absences.
Et puis le traditionnel site lexiculturel des expressions idiomatiques : un terrain favori des apprenants où ils « s’amusent » à observer la culture de l’autre et la propre. Facilement exploitable en cours à travers toute une typologie d’exercices bien expérimentée, comme par exemple : la recherche des expressions sur les animaux, les couleurs, les parties du corps ou les chiffres et la découverte des similitudes et des différences entre les deux cultures. Et encore la culture inhérente à la langue, celle qui fait la spécificité d’une langue : ses propres découpages sémantiques. Les (peu d’) encadrés qui les explicitent, une nouvelle piste encore hésitante et qui requiert un approfondissement contrastif encore à faire d’une façon systématique, peuvent devenir un lieu d’observation où l’apprenant et l’enseignant, ensemble, révèlent comment la culture, la propre vision du monde, est reflétée dans une langue. Et enfin le silence sur les connotations, plus que révéler la carence des dictionnaires, devrait se transformer en une invitation à la lexicologie pour redoubler ses efforts sur la voie de la découverte des associations culturelles : l’intimité de la culture existentielle. Point sensible de la lexiculture. Bref, le dictionnaire bilingue, traditionnellement présenté comme un dictionnaire de langue appelé à donner des équivalents et non pas à « renseigner sur le monde », se révèle aujourd’hui dans sa phase de transformation comme un outil de réflexion sur la culture. Stimulant pour une prise de conscience lexicale qui porte l’apprenant de FLE à dévoiler les mille facettes de la culture présente dans la langue, le dictionnaire bilingue devrait avoir sa place à côté du dictionnaire monolingue de FLM et de FLE sans complexe d’infériorité. Il « déborde son ustensilité … c’est aussi une machine à rêver » [24] comme tout autre dictionnaire.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
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NOTES
 
[1]Les Journées d’étude sur la lexicographie bilingue organisées par l’INALCO depuis 1998 ainsi que les nombreuses publications récentes peuvent le témoigner; cf. bibliographie.
[2]Notamment la IIIe Journée d’études sur la lexicographie bilingue consacrée au traitement des écarts culturels. Actes à paraître cf. compte rendu de Pruvost et Laurian 2001.
[3]Cf. notamment Béjoint 2002 qui affirme que les usagers ont « davantage besoin de “comprendre” les textes et les documents plutôt que de les traduire ». Il envisage un bilingue qui puisse offrir tout « genre d’information susceptible de favoriser la compréhension de l’usager, comme dans les cas liés à la culture étrangère », p. 33.
[4]Cf. notamment Duval et Lefur au cours de la IIIe Journée d’études sur la lexicographie bilingue.
[5]Mes propos s’appuient sur trois dictionnaires bilingues français-italien : Il nuovo dizionario Garzanti di francese, Milano, Garzanti, 1992 (désormais NG) DIF dizionario francese italiano – italiano francese, Torino, Paravia, 1999 (désormais DIF) Il Boch quarta edizione, Bologna, Zanichelli, 2000 (désormais B 4éd). Ces trois dictionnaires, sans doute les plus utilisés par les apprenants de FLE niveau avancé (lycée et université) ont non seulement mobilisé le mot « culturel » mais ils ont annoncé aussi l’introduction de nouveaux apports touchant l’information culturelle. Le NG, dans les Caratteristiche del dizionario, explicite le besoin d’introduire des éléments culturels et propose des informations de civilisation, historiques et culturelles signalées par un marquage spécifique. Le DIF précise, dans la Note de l’éditeur, qu’il accorde « une grande attention aux langues de spécialité concernant les techniques, l’économie et le patrimoine culturel qui sont au cœur des échanges entre l’Italie et la France » et qu’il « reflète parfaitement les innovations culturelles et techniques au seuil du nouveau siècle ». Il souligne aussi l’introduction d’« une structure lexicographique d’avant-garde », pour la première fois en Italie, des indicateurs de collocation, « associations caractéristiques que le sujet parlant perçoit comme “naturelles” ». Le B 4éd, dans l’Introduction, annonce la présence d’encadrés grammaticaux et culturels « portant sur des points où les deux langues, pourtant si proches, s’éloignent l’une de l’autre au point d’induire en erreur une personne amenée à employer la langue qu’il connait le moins ».
[6]Je me baserai essentiellement sur la partie français-italien dans une perspective de FLE et non pas de traduction. Et je limiterai ici mes propos au corps (équivalents) et à la queue (partie syntagmatique : exemples, collocations et combinaisons phraséologiques) de la microstructure où apparaissent des nouvelles formes lexicographiques porteuses d’informations culturelles en laissant de côté la tête de l’article (variations graphiques, prononciation, informations grammaticales et informations sémantico-stylistiques), ainsi que le choix des entrées et les annexes : autres composantes qui pourraient être elles aussi des lieux d’observation culturelle.
[7]Cf. Fourment – Berni Canani 1993, Marello 1996.
[8]Le NG a choisi de l’indiquer avec un gros rond noir.
[9]Voie adoptée par le B 4éd.
[10]Le DIF a recours à ce signe quand il est « impossible de trouver un terme dans la langue cible qui reflète de façon adéquate la particularité de l’entrée » dans Instructions pour la consultation.
[11]« Les mots ayant trait aux traditions et aux institutions d’un pays sont pratiquement intraduisibles », B 4éd p. 8. Dans les Instructions pour la consultation le DIF précise l’emploi de la marque INTRAD. (intraduisible) pour « signaler les entrées que le dictionnaire conseille de ne pas traduire : il s’agit surtout de termes gastronomiques (GASTR.) ou œnologiques (ENOL.) se rapportant à un usage local ».
[12]À remarquer le fragment d’idéologie de cet encadré qui suppose que seul le garçon trouve la fève et choisisse la reine mais naturellement l’opposé est aussi possible.
[13]Cf. Szende, 1996, p. 120 : « Aussi, les dictionnaires bilingues doivent-ils s’employer à combler le handicap des locuteurs non natifs face aux diverses connotations partagées par les natifs ».
[14]Cf. Rey, 1986, p. 38 : « le rôle du dictionnaire bilingue ne peut être que très modeste vis-à-vis des divergences d’ordre connotatif ou bien pragmatique ».
[15]Cf. Szende, 1996, p. 120 : « avant de les [connotations] signaler, le lexicographe doit s’assurer qu’il s’agit bien de connotations collectives et non pas de connotations individuelles ».
[16]Cf. Rosenkilde Jacobsen et al., 1991.
[17]Cf. Szende, 1999, p. 217 : « Examples might not only reflect the linguistic competence of a community, but also its culture and way of life ».
[18]Cf. Roberts, p. 187 qui remarque que depuis 1980 « une certaine évolution dans le statut accordé aux expressions figées ».
[19]Cf. parmi d’autres Roberts 1996 qui pense qu’« il faut donc que les lexicographes doivent redoubler leurs efforts pour bien les traiter », p. 197 ou Ferrario 2002 qui considère « le traitement souvent lacunaire du point de vue du statut, de l’agencement et surtout pour les équivalences », p. 95.
[20]Cf. Alonso Ramos, 2001. Seul le DIF des trois dictionnaires consultés a recours à des indicateurs de collocation. Il les indique dans la langue de l’entrée en italique et entre crochets à côté des équivalents.
[21]Cf. Galisson, 1999, à la recherche de sites lexiculturels « dans lesquels la culture est significativement présente », p. 480.
[22]Cf. Antoine, 2001 : « dans la mesure où toute collocation ou toute expression idiomatique peut être en passe ou en danger de devenir cliché, le dictionnaire bilingue doit sans doute tenter de désigner celles qui le sont devenues. Dans ce sens, le dictionnaire bilingue est un conservatoire de clichés, réalisés et potentiels ; dans le figé qu’il consigne, il existe divers degrés qu’il convient peut-être d’indiquer », p. 33.
[23]La dénomination sans-papiers naît de l’application des « lois Pasqua » de 1994 par laquelle des personnes immigrées non clandestinement qui résidaient donc régulièrement en France se trouvaient d’un jour à l’autre « en situation irrégulière ». Dénomination revendiquée par les sans-papiers : « arme linguistique pour désigner les personnes sans autorisation de séjour mais aussi pour affronter et réfuter la principale dénomination, clandestins, qui leur est appliquée dans les discours adverses ». Cf. Akin, 1999, p. 72.
[24]Reprise des mots de Barthes à propos du dictionnaire monolingue dans sa préface du Dictionnaire Hachette, 1980.
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Les Journées d’étude sur la lexicographie bilingue organisé...
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Notamment la IIIe Journée d’études sur la lexicographie bil...
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Cf. notamment Béjoint 2002 qui affirme que les usagers ont ...
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Mes propos s’appuient sur trois dictionnaires bilingues fra...
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Je me baserai essentiellement sur la partie français-italie...
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Cf. Fourment – Berni Canani 1993, Marello 1996. Suite de la note...
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Le NG a choisi de l’indiquer avec un gros rond noir. Suite de la note...
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Voie adoptée par le B 4éd. Suite de la note...
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Le DIF a recours à ce signe quand il est « impossible de tr...
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« Les mots ayant trait aux traditions et aux institutions d...
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À remarquer le fragment d’idéologie de cet encadré qui supp...
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Cf. Szende, 1996, p. 120 : « Aussi, les dictionnaires bilin...
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[14]
Cf. Rey, 1986, p. 38 : « le rôle du dictionnaire bilingue n...
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Cf. Szende, 1996, p. 120 : « avant de les [connotations] si...
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[16]
Cf. Rosenkilde Jacobsen et al., 1991. Suite de la note...
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Cf. Szende, 1999, p. 217 : « Examples might not only reflec...
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Cf. Roberts, p. 187 qui remarque que depuis 1980 « une cert...
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