Langue(s) maternelle(s): de la mère ou de la patrie ?
Pierre Boutan
L’expression « langue maternelle » ne manque pas d’ambiguïté : on
retrouve dans les usages soit le sens de « langue nationale », c’est-à-dire
langue de l’Etat dans lequel on est né (longtemps seul reconnu dans les dictionnaires), soit le sens de vernaculaire transmis en famille par la mère.
Cependant les « idiomes locaux » sont reconnus au moins comme objets scientifiques à partir du XIX e siècle, ce qui va se conjuguer avec la mise en avant du
modèle éducatif de la mère, et de la pédagogie allant « du connu à l’inconnu »,
issue des Lumières. Il y eut donc débat pour savoir ce qu’il y avait à faire de ce
que les enfants apportaient de leurs familles en matière de langue, débat complexe où se mêlèrent considérations religieuses et politiques.
La question se repose aujourd’hui moins à propos des langues régionales,
devenues au mieux langues « grand-maternelles », que des langues de l’immigration. D’autant plus que l’on veut généraliser l’apprentissage d’une autre
langue vivante en primaire.
• 1. QUESTION PRÉALABLE, CE QUE PEUT VOULOIR DIRE :
« LANGUE MATERNELLE »
• 2. …ET LANGUE ?
• 3. LA QUESTION DE L’ENSEIGNEMENT
• 4. QUAND LA MÈRE DE FAMILLE VIENT SUR LE DEVANT DE
LA SCÈNE
• 5. LA PRISE EN COMPTE DE LA RÉALITÉ PLURILINGUE DE
LA FRANCE À L’ÉCOLE
• 6. PRENDRE ENFIN AU SÉRIEUX LES LANGUES MATERNELLES
• BIBLIOGRAPHIE