L’émergence de l’inconscient dans l’appropriation des langues étrangères
José Luis Atienza Merino
Que les émotions soient une composante des processus d’apprentissage est aujourd’hui une idée largement partagée. Beaucoup moins commune
est une autre idée que cet article se propose de fonder théoriquement en
l’étayant d’arguments empiriques : ces émotions qui commandent le désir ou le
refus d’apprendre seraient le fait des mouvements transférentiels qui, des tréfonds de l’inconscient, viennent se poser de manière inespérée sur les objets,
les activités, les idées ou les personnes que l’apprenant rencontre dans les
interactions pédagogiques. Ceci serait particulièrement vrai – c’est l’hypothèse
qui est ici proposée – des situations d’appropriation de langues étrangères
dans la mesure où, puisque le langage – selon la formule de Lacan – cause le
sujet et le cause en tant que divisé – c’est-à-dire, ayant un conscient et un
inconscient –, celles-ci remettraient profondément en question ce que la
langue-culture maternelle a inscrit sur les tables du corps de l’apprenant. Le
succès ou l’échec des personnes dans l’apprentissage des langues étrangères
pourraient alors, au moins en partie, être mis en rapport avec le caractère
positif ou négatif pour le vécu du sujet de ce que ce questionnement produit
comme transfert.
• 1. ÉMOTIONS ET SUJET DE L’INCONSCIENT
• 2. LA SALLE DE CLASSE EN TANT LIEU DE TRANSFERT
• 3. LANGUE ET INCONSCIENT
— 3.1. Inconscient, langue maternelle et émotions
— 3.2. La voix – le signifiant – à l’origine du sujet divisé
— 3.3. La voix et l’apprentissage du fonctionnement de l’interlocution
— 3.4. « Lalangue », langue de l’inconscient
— 3.5. Ce que le signifiant fait du sujet
• 4. LES LANGUES ÉTRANGÈRES COMME LIEU DE TRANSFERT
— 4.1. Une justification théorique
— 4.2. Des preuves empiriques
• 5. UNE DIDACTIQUE DES LANGUES QUI TIENNE COMPTE DE
L’INCONSCIENT
• BIBLIOGRAPHIE