La migration, la perte et la mémoire
Jacqueline Amati Mehler
Mon travail se propose de comprendre comment le pluralisme culturel comportant la migration, pertes et mémoires peut affecter l’accès à l’altérité – c’est-à-dire la différence entre soi-même et les autres – ainsi qu’à l’identité et à la formation de la personnalité. Ces sujets sont abordés du point de vue
du langage, des affects et de l’organisation chez les sujets multilingues. Que se
passe-t-il lorsqu’on pense, parle ou rêve en plus qu’une seule langue ? Quel est
donc le processus interne qui donne lieu à cette traduction chez l’individu multilingue? Héberger plus qu’une seule langue serait-ce une richesse ou bien
être voué à la confusion interne ?
J’aborderai ces sujets dans une perspective théorique et clinique, ainsi qu’ils
ont surgi au cours d’une recherche qui aboutit à un livre sur la langue maternelle et les langues étrangères d’un point de vue psychanalytique (La Babel de
l’inconscient, 1994). Dans la deuxième partie de ce travail, j’essayerai de montrer à travers ma propre expérience en rapport avec plusieurs changements de
pays, langage et environnement culturel, la façon dont ces événements ont pu
affecter mon identité personnelle et psychanalytique, et aussi suggérer
quelques hypothèses.
• INTRODUCTION
• 1. LANGAGES, AFFECTS ET ORGANISATION PSYCHIQUE
• 2. MIGRATION, LANGAGE ET CRÉATIVITÉ
• 3. MA BABELIQUE EXPÉRIENCE DE POLYLINGUE
• CONCLUSION
• BIBLIOGRAPHIE