Nouvelles orientations gouvernementales et bouleversements dans le monde de la formation
Les limites du contrat d’accueil et d’intégration
Sophie Etienne
L’auteure (doctorante en Didactologie des Langues et des Cultures),
actuellement chargée de mission à la Fédération AEFTI (Association d’Enseignement et de Formation pour les Travailleurs Immigrés) a été formatrice pendant plus de 10 ans. Elle explique, dans cet article, en quoi les nouvelles
mesures gouvernementales mettent en péril le champ de la formation à visée
insertion et inquiètent les professionnels quant à la prise en compte effective des
besoins des publics. Elle démontre que le code des marchés publics appliqué au
secteur de la formation de base conduit à priver la formation de sa dimension
sociale. La décentralisation mène à une inégalité de traitement d’une région à
l’autre. Elle encourage les professionnels à être très vigilants vis-à-vis d’un
contrat d’accueil et d’orientation qui comporte de nombreuses limites, tant au
niveau politique et institutionnel qu’en ce qui concerne les contenus.
La formation à visée insertion est bouleversée par de nouvelles orientations
gouvernementales, notamment le contrat d’intégration, la décentralisation et la
volonté actuelle d’appliquer à ce secteur le code des marchés publics de
manière stricte. Au niveau institutionnel et financier, ces mutations se traduisent par une déstructuration des réseaux de formation qui agissent à partir
d’objectifs associatifs de partage des savoirs. Ces nouvelles orientations ont
des répercussions sur la pérennité des actions qui caractérisent habituellement
le secteur de la formation linguistique de base.
• 1. LE CODE DES MARCHÉS PUBLICS
• 2. LA DÉCENTRALISATION
• 3. LE CONTRAT D’ACCUEIL ET D’ORIENTATION
— 3.1. Inquiétudes face à la mise en place de ce contrat
— 3.2. La méthode « Assimil » pour le contrat d’intégration ?
• CONCLUSION
• POUR EN SAVOIR PLUS