Et si l’on parlait d’incivilité institutionnelle et d’immobilisme ?
Chantal Forestal
S’il est important pour une institution comme l’Université de ne pas être
soumise directement à la compétition économique, il n’en est pas moins indispensable qu’elle se préoccupe de la demande sociale et du devenir professionnel des
étudiants qu’elle forme, ne serait-ce que pour éviter qu’ils soient à leur tour marginalisés par l’absence de perspectives professionnelles. Toutefois elle doit résister à l’utilitarisme, pouvoir se distancier et ne pas se soumettre aux urgences marchandes, gestionnaires. Elle devrait se préoccuper de préserver un peu moins un
certain académisme universitaire qui évite les débats de fond sur les liens entre
disciplines, sur les rapports entre les théories et les pratiques et sur la dimension
philosophique et politique de la formation. La mise en place du LMD renvoie
conjoncturellement à de vrais problèmes professionnels que l’académisme ne veut
pas voir. L’Université se doit plus que jamais de prendre en compte la dimension
professionnelle et d’accepter de réfléchir sur la diversité des profils et des attentes
de ses publics. La question se pose notamment pour les futurs formateurs en FLE
ainsi que pour les étudiants étrangers. L’Université fonctionne dans l’incivilité
institutionnelle, comme si elle s’adressait essentiellement à cette majorité de gens
dits « normaux », si tant est qu’on puisse définir ce qu’est aujourd’hui un public
universitaire « normal ». Les critères anciens nous fournissent-ils, en effet, un
modèle de référence acceptable aujourd’hui ?
• 1. LE FLE/FLS : INCIVILITÉS INSTITUTIONNELLES ET IMMO-BILISME FACE À L’ENJEU POLITIQUE ET SOCIAL DE L’IN-TÉGRATION
— 1.1. Toute formation est politique : le droit à la langue, une responsabilité du service public
— 1.2. Une absence de préoccupation citoyenne de l’Université : l’avenir
des enseignants du FLE/FLS
— 1.3. L’incivilité citoyenne par absence de solidarité pour ces salariés de
« seconde zone » que sont les enseignants de FLE/FLS
— 1.4. La formation de formateurs : le refus de la subordination de la
didactique à d’autres disciplines constituées
• 2. LA DIDACTOLOGIE DES LANGUES-CULTURES (DLC) : POUR
UNE INDÉPENDANCE NÉCESSAIRE ET UNE TRANSFORMA-TION INDISPENSABLE DU DISPOSITIF DE FORMATION
— 2.1. La Didactologie des Langues-Cultures en position de responsabilité scientifique, culturelle et éthique
— 2.2. La formation en langue : une officialisation des approches interculturelles et transculturelles
• 3. LA CITOYENNETÉ SOLIDAIRE : POUR UN COMBAT COL-LECTIF ET UNE COMPÉTENCE ÉTHIQUE EN DLC
• CONCLUSION