« L’patois s’apprind tout seu »: les pièges de l’enseignement du picard
Alain Dawson
Le picard apparaît comme une langue très proche du français, et les
effets de la proximité des langues sur leur enseignement devraient s’observer,
dans son cas, de façon plus sensible que dans le cas, par exemple, de l’enseignement du russe à des tchécophones. Néanmoins, l’examen des trois manuels de
picard existants, ainsi que les opinions exprimées par les picardophones eux-mêmes comme par les instances ministérielles, peuvent faire craindre que la très
grande proximité du picard au français annihile la possibilité même de son
enseignement, par un effet d’évaporation de son objet en tant que langue.
Pourtant, dans une conception de l’enseignement des langues comme transmission d’une compétence de communication, le picard peut retrouver sa place en
tant que pôle secondaire coorganisateur de la diglossie au sein de l’espace discursif régional. Cette approche implique néanmoins un travail de (re)création
d’un référentiel normatif picard, destiné à le rendre visible aux yeux des locuteurs/apprenants, et donc apte à organiser cet espace discursif comme diglossie.
• 1. TROIS MANUELS DE PICARD
• 2. « TÉTER LE PICARD AVEC LE LAIT DE LA MÈRE » ?
• 3. ENSEIGNER LE PICARD, MALGRÉ TOUT
• CONCLUSION
• RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES