Ela
Klincksieck

I.S.B.N.sans
130 pages

p. 389 à 391
doi: en cours

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no 136 2004/4

2004 revue de didactologie des langues-cultures et de lexiculturologie

Présentation

Jean-Michel Robert
À l’origine de ce numéro se trouvent les travaux du LESCLaP (Laboratoire d’Études Sociolinguistiques sur les Contacts de Langues et la Politique linguistique) de l’université de Picardie Jules Verne. Après le Colloque International « Problèmes linguistiques, sociologiques et glottopolitiques de la proximité linguistique » à Amiens (du 21 au 24 novembre 2001) [1], il a semblé fructueux à certains des membres de ce laboratoire de pousser plus avant la réflexion en confrontant les avancées des recherches en sociolinguistique et en didactique des langues et des cultures proches. Ce fut l’occasion d’un Atelier Colloque du LESCLaP sur le thème « langues voisines et langues étrangères : approches didactiques et sociolinguistiques », tenu à l’Alliance Française de Paris (18 juin 2004).
Une des questions centrales était la possible distinction entre langues voisines et langues proches en se basant sur le degré d’intercompréhension et de culture partagée. Il y aurait alors des langues voisines (collatérales) et des langues étrangères proches. Cette question, qui a plus sensibilisé les intervenants provenant de la linguistique appliquée et de la didactique des langues que ceux issus de la linguistique ou de la sociolinguistique, n’a pas été résolue lors de ce colloque. Cette distinction existe pourtant, particulièrement en pédagogie des langues voisines scandinaves. Les réflexions se sont poursuivies, dans le cadre de l’élaboration de ce numéro, avec l’aide de quelques enseignants chercheurs spécialistes de l’enseignement/apprentissage des langues proches (et/ou voisines). La problématique de départ s’est quelque peu déplacée et s’est recentrée sur les stratégies d’accès aux langues proches et aux langues voisines (termes qui selon les auteurs et les aires didactiques ne recouvrent pas toujours les mêmes significations), avec cependant comme question transversale la pertinence d’une approche pédagogique différenciée pour les langues proches et les langues voisines.
Dans son article « Langues proches : que signifie de les enseigner ? », Jean-Michel Éloy propose une typologie des distances, des proximités linguistiques et défend la prise en compte, au niveau didactique, du voisinage linguistique. L’article suivant de Horst G. Klein « L’eurocompréhension (EuroCom), une méthode de compréhension des langues voisines » présente les objectifs et les réalisations des programmes de recherches EuroCom : développement d´une méthode de compréhension (orale et écrite) de langues apparentées dans les trois grands groupes linguistiques européens (roman, slave et germanique).
Les deux articles suivants s’attachent particulièrement au cas des langues romanes. Celui de Mariella Causa « Langue officielle, langue seconde, langue proche, langue voisine… bref, l’italien dans tous ses états » dresse un état de la situation linguistique en Italie et de l’enseignement/apprentissage de cette langue, particulièrement dans les programmes Galatea et EuRom4 et offre une réflexion sur les notions de « langue proche » et de « langue lointaine ». Celui de Philippe Reynés « Approche de l’apprentissage lexical et du rôle du lexique dans plusieurs méthodes et manuels de catalan » aborde, avec la comparaison de quelques méthodes de catalan pour non catalanophones, la problématique langues proches/langues voisines à la lumière d’une collatéralité linguistique et d’une collatéralité référentielle dans un même espace linguistique communautaire.
Les langues scandinaves se devaient bien sûr d’être présentes dans ce numéro [2]. En effet, les Scandinaves ont depuis longtemps développé une pédagogie des langues voisines, enseignées en milieu scolaire dans le cadre de la langue maternelle alors que l’enseignement des autres langues s’inscrit dans un apprentissage des langues étrangères. Cette didactique particulière d’intercompréhension des langues voisines peut influencer l’enseignement de ces langues scandinaves dans un pays proche où l’intercompréhension n’est que partielle ou faible (Jean-Michel Robert : « Les langues voisines en Scandinavie »). Pour Bodil Aurstad « Des langues semblables, simplement différentes. Enseigner le norvégien en Suède », l’idéal linguistique d’intercompréhension en Scandinavie est menacé par le prestige linguistique de l’anglais. C’est pour lutter contre ce péril que le système éducatif nordique préconise un enseignement minimal des langues voisines dans le but de favoriser la communication inter-scandinave.
Le cas des langues régionales ne devait pas non plus être négligé, particulièrement celui du picard [3]. Pour Alain Dawson « “L’patois s’apprind tout seu”: les pièges de l’enseignement du picard », la très (trop) grande proximité de cette langue avec le français fait obstacle à son enseignement. L’examen de quelques manuels de picard montre qu’il est plus question de sensibilisation que de transmission d’une compétence de communication.
Dans le dernier article « Proximité linguistique et pédagogie des langues non maternelles », je propose une distinction, au niveau didactique, entre d’un côté les langues voisines (grande intercompréhension et culture partagée) et les langues proches (intercompréhension plus faible sans culture partagée), de l’autre les langues relativement éloignées et les langues très éloignées.
 
NOTES
 
[1]Cf. Des langues collatérales, problèmes linguistiques, sociologiques et glottopolitiques de la proximité linguistique. Actes du Colloque international réuni à Amiens, du 21 au 24 novembre 2001. J.-M. Éloy (dir.), L’Harmattan, 2004.
[2]Tout comme elles sont présentes dans les recherches en collatéralité. Le deuxième colloque sur les langues collatérales « Langues proches (langues collatérales 2) », qui se tiendra en Irlande, à l’université de Limerick, du 16 au 18 juin 2005, présentera des interventions sur l’intercommunication dans les pays scandinaves.
[3]Le LESCLaP est associé à l’université d’Amiens au Centre d’Études Picardes (CEP).
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[2]
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