Quelques réflexions sur la traduction littérale
Catherine Gottesman
Il semble utile, en milieu scolaire, de clarifier les positions adoptées
à l'égard de la traduction dite « littérale » : la notion est moins claire qu'on ne
le pense, étant donné la contradiction entre un jugement laudatif ou dépréciatif du terme « littéral » et l'ambiguïté des recommandations du professeur, des
barèmes de correction ou des discours institutionnels.
Un jugement sur l'utilité de la traduction littérale ne peut se dispenser d'une
réflexion sur sa place dans la chaîne des travaux scolaires afférents à la traduction inter ou intralinguale : j'opterai pour un usage en fin de chaîne, postérieurement à la traduction proprement dite. On peut aussi proposer, à la lumière
de l'expérience et des recherches des traducteurs professionnels, des exercices
nouveaux destinés à réduire le risque de traduction littérale inopportune.
Une meilleure synergie entre les matières scolaires permettrait sans doute aux
élèves de progresser plus facilement : pourquoi ne pas envisager un cours commun sur la langue maternelle et les langues étrangères, intégrant des exercices
de résumé, de reformulation intra- et interlinguale et d'explication de texte ? Ce
serait le lieu d'une réflexion sur la langue et sur les opérations de transfert.
• 1. QU'EST-CE QU'UNE TRADUCTION LITTÉRALE ?
— 1.1. Premières observations
— 1.2. La « traduction littérale » dans les dictionnaires
— 1.3. La « traduction littérale » dans l'institution scolaire
• 2. QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LA PLACE DE LA TRADUC-TION « LITTÉRALE »
— 2.1. Des degrés de littéralité
— 2.2. La traduction littérale est générée par la consigne scolaire, la pratique scolaire et la stratégie face au barême
— 2.3. La traduction littérale générée par les barèmes de version aux examens et concours
• 3. AUTRES PLACES DE LA TRADUCTION LITTÉRALE
• CONCLUSION
• BIBLIOGRAPHIE