Catégories du genre linguistique et performativité : pour une expérimentation des « identités contextuelles de genre » en classe d'anglais
Véronique Perry
D'après les positionnements constructivistes d'Edward Sapir, « la
langue conditionne la vision du monde ». En français, la lecture traditionnellement bicatégorielle des sexes est maintenue systémiquement par la bicatégorisation linguistique du genre associant « le masculin » à « l'homme » et
le « féminin » à la « femme », même dans la rhétorique féministe. La langue
anglaise possède une organisation systémique tripolaire pronominale très peu
grammaticalisée du genre, où le genre neutre devient un tiers inclus qui peut
stratégiquement alterner avec le masculin/féminin pour devenir épicène (mixte/
commun) ou autre en fonction des contextes. Pour tenter de relier le linguistique et le social, j'ai comparé « l'affectivité face au genre » dans ces deux langues afin de mesurer les résistances aux démarches de féminisation/désexisation/dépassement de la bicatégorisation. M'appuyant sur le détachement relatif
observé face au genre en anglais, j'ai dégagé des pistes didactiques (pratiques
de classe) qui proposent de dépasser l'enfermement verbal imposé par les catégories linguistiques.
• 1. LE FONCTIONNEMENT LINGUISTIQUE DU GENRE EN
FRANÇAIS ET EN ANGLAIS
— 1.1. La grammaticalité, contraintes d'accord et catégorisation
— 1.2. Le troisième genre de la langue anglaise face au « paradigme bipolaire »
• 2. GENRE ET AFFECTIVITÉ, UNE ANALYSE QUALITATIVE
— 2.1. L'expérience
— 2.2. Analyse typologique
— 2.3. Conclusions sur l'expérience
• 3. LA CLASSE D'ANGLAIS POUR EXPÉRIMENTER LES « IDEN-TITÉS CONTEXTUELLES DE GENRE »
— 3.1. De nouveaux modèles théoriques pour le genre
— 3.2. De nouveaux modèles culturels pour le genre
• CONCLUSION
• BIBLIOGRAPHIE