Et si l’on parlait des créoles dans les territoires créolophones ?
Marie-Christine Hazaël-massieux
C’est dans le cadre des situations diverses de contacts de langues
qu’il convient de poser la question de l’enseignement des divers créoles français. On n’oubliera pas les autres « créoles » pratiqués en France (haïtien,
mauricien...), mais cet article sera centré sur les créoles des DOM. On tentera
de rendre compte des questions posées par leur enseignement, aussi bien dans
les départements d’outre-mer qu’en France métropolitaine. Les attitudes des
populations sont diverses et les réponses faites aux demandes, toujours ambivalentes, se révèlent plus ou moins adaptées. Dans les situations variées de type
diglossique qui caractérisent leurs usages, les créoles sont de toute façon des
langues fortement minorisées face aux « grandes langues » que sont l’anglais,
l’espagnol et le français (ce dernier étant souvent désormais langue « maternelle » au même titre que chaque créole dans les DOM ou langue maternelle
exclusive en France métropolitaine). Alors que là on souhaitera découvrir
progressivement le créole écrit, enseigné comme « langue régionale » par des
enseignants désormais certifiés (il existe un CAPES bivalent de créole depuis
2001), ici l’apprentissage du créole, demandé dans le cadre associatif par des
jeunes (ou moins jeunes !) de la seconde – ou même troisième – génération
installée en métropole, sera surtout l’occasion d’une recherche plus ou moins
culturelle, afin de retrouver des racines et des marques identitaires qui font
défaut.
• 1. QUELQUES ÉLÉMENTS SUR LE STATUT ET LES DEMANDES
D’ENSEIGNEMENT DES CRÉOLES EN FRANCE MÉTROPO-LITAINE
• 2. L’ENSEIGNEMENT DES CRÉOLES DANS LES DOM
• 3. L’AVENIR DES CRÉOLES DANS LES DOM ?