Une autre langue : l’ailleurs comme protection de l’espace intérieur ?
Françoise Hatchuel
Qu’est-ce qu’apprendre une langue étrangère du point de vue psychique ? Dans cet article, l’auteure part de l’hypothèse que l’apprentissage d’une
nouvelle langue renvoie toujours à la première découverte des mots, et donc
au lien aux adultes qui ont initié l’enfant au langage. Les travaux de psychanalystes comme S. Ferenczi, J. Laplanche, P. Aulagnier ou S. de Mijolla nous
permettent alors de concevoir comment le sujet peut « construire sa langue
propre », c’est-à-dire un espace qui n’appartient qu’à lui au sein duquel peut
se déployer la pensée. Selon les cas, la langue étrangère pourra constituer un
étayage pour la mise en place de cet espace et l’accès à l’altérité, un ailleurs
inaccessible, une transgression insupportable, etc. Quelques développements
cliniques sur l’apprentissage d’une langue à l’adolescence et la rencontre des
langues en situation de production de savoir viennent enrichir le propos.
• I. INTELLIGIBILITÉ ET SENSIBILITÉ DE LA LANGUE : LA
CONFRONTATION A L’ALTÉRITÉ
• II. « CONSTRUIRE SA PROPRE LANGUE » POUR POUVOIR
RENCONTRER CELLE DE L’AUTRE
• III. DEUX MOTS POUR UNE MÊME RÉALITÉ : EXEMPLES
CLINIQUES
• IV. LA LANGUE : INTELLIGIBILITÉ OU FIGURABILITÉ ?
• V. LE DROIT AU SECRET, CONDITION DE MISE EN PLACE DE
LA PENSÉE
• VI. LA LANGUE ÉTRANGÈRE COMME OUTIL DE PRÉSER-VATION DU SECRET
• VII. LA CONSTRUCTION DU RAPPORT AUX LANGUES ÉTRAN-GÈRES DANS LA FAMILLE
• VIII. LE PLURILINGUISME DANS LA PRODUCTION DE SAVOIRS
• CONCLUSION
• RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES