Du sentiment de la langue aux arts du langage
Gilles Siouffi
Le propos de cette contribution est d’ancrer la nécessité de remettre à
l’honneur les arts du langage au sein du système éducatif français dans
une réflexion historique sur les conditions d’émergence d’une culture langagière propre à notre pays. La première partie procède à la définition
de quelques termes : « langue », « langage », « parole », « culture de la
langue », « langue de culture », « sentiment de la langue », « culture langagière ». La deuxième partie explore historiquement les raisons pour lesquelles la culture langagière française accorde si peu de place aujourd’hui
aux arts du langage. Un regard sur le XVIIe siècle, vu par le prisme du
théâtre de Molière, montre ensuite que les problématiques que nous rencontrons aujourd’hui avec les publics migrants existaient déjà à l’époque,
à l’intérieur de la société française. Nous mettons l’accent ensuite sur le
déficit de culture de l’oral dans notre culture, et montrons que celui-ci
s’est peut-être encore renforcé à l’époque contemporaine du fait de certains paramètres civilisationnels. Pour terminer, l’arti cle appelle à une
« conscientisation » des faits de culture langagière dans l’appren tissage,
de manière à sortir de la pression normative caractéristique de la culture
française.
• 1. SENTIMENT DE LA LANGUE ET CULTURE LANGAGIÈRE
• 2. UN DÉFICIT HISTORIQUE
• 3. MIGRATIONS EXTERNES ET INTERNES
• 4. OÙ EST LA CULTURE DE LA PAROLE ?
• 5. LE « MAL A PARLER »