Défaut des langues et parole trouée au théâtre : Tardieu, Beckett, Novarina
Lydie Parisse
« L’homme est un trou. Et [...] il faut jouer au bord » écrit Novarina. « Il faut faire
des trous, transpercer les mots, pour voir s’il y a quelque chose – ou le néant derrière » écrivait Beckett. Évoquant le vertige du « Rien » Tardieu écrivait : « mon
langage regarde que le langage regarde le langage ! » ; si parmi ces trois écrivains
qui revendiquent clairement un héritage « mys tique », Tardieu et Beckett connaissaient certaines théories du langage (Abel, Mauthner) c’est qu’ils inscrivent leurs
écritures dans le sentiment du défaut des langues, renforcé par une situation de
l’écrivain dans l’interlangue chez Beckett et Novarina. Si leur théâtre met en jeu
chacun à sa manière, une parole « trouée », ce n’est pas seulement que les blancs
font partie de l’écriture théâtrale, c’est que parler est aussi futile qu’essentiel, que
la parole fait advenir ce qui est tout en niant que ce qui est puisse se dire, mettant en
œuvre à la fois une impossibilité et une nécessité de l’incarnation/représentation.
• 1- LE DÉFAUT DES LANGUES
— 1.1. La relation mot/chose. Le fait de nommer
— 1.2. La relation sujet/objet
• 2- LA PAROLE TROUÉE EN SCÈNE
— 2.1. Trous scéniques
— 2.2. Objets-sujets scéniques