2002
EMPAN
Lectures
Ouvrages et revues
La psychose froide Kestemberg, E. 2001. Paris, puf, 221 p., 30 €
Le monde de la psychose s’étend au-delà des frontières fixées par la nosographie traditionnelle. Les études cliniques et théoriques réunies ici constituent l’antidote indispensable au totalitarisme du manuel de psychiatrie dit dsm iv et des échelles d’évaluation purement dictées par les protocoles d’essais des divers médicaments. La psychose froide, non délirante, fermée sur elle-même, douloureuse et dangereuse dans ses conséquences vitales, étend son domaine des névroses de caractère grave à l’anorexie mentale. Le psychanalyste qui écoute de tels patients se trouve confronté à des difficultés spécifiques que ce livre aborde avec lucidité, imagination et humanité.
Une présence constante habite chaque page de ce livre : celle de tous ceux qui souffrent dans leur pensée, dans leur affectivité, dans leur vie.
Éduquer avec les parents L’action éducative en milieu ouvert : une pédagogie pour la parentalité ? Lavoue, J. 2001. Paris, L’Harmattan, 254 p., 19,80 €
Comment caractériser et situer les pratiques qui se trouvent rassemblées depuis maintenant une quarantaine d’années sous le label de l’action éducative en milieu ouvert ? Née de la critique de l’internat rééducatif, mais aussi d’une recherche de protection dans l’intérêt de l’enfant, l’aemo, qu’elle soit judiciaire ou administrative, occupe une place à part dans l’histoire professionnelle.
Avec beaucoup de précisions, Jean Lavoué en décortique la configuration complexe, qui met en rapport des prescripteurs, des services d’intervention, des professionnels en chair et en os, des familles situées et in fine des enfants ou des adolescents en souffrance (en danger ou en risque de danger).
Telle qu’elle est abordée ici, la responsabilisation des parents n’est pas un a priori, ni un impératif moral, ni une incantation conjoncturelle contre les incivismes. C’est avant tout le choix motivé d’un référentiel pour l’action, validé par l’expérience professionnelle. À un moment où la parentalité fait l’objet d’une délégation interministérielle à la famille, orientée vers le soutien aux initiatives locales, la parole d’un acteur de la protection de l’enfance est à entendre et à méditer. Composé à partir d’articles rédigés durant une dizaine d’années pour diverses revues institutionnelles, cet ouvrage s’inscrit en résonance avec l’actualité contemporaine du champ social.
Frères et sœurs tuteurs (Prix gerse 2001) Lagnau-Vuillet, F. 2000. Mémoire dsts, 2000, 148 p.
Approche compréhensive de l’engagement des frères ou des sœurs d’une personne handicapée mentale dans le rôle de tuteur.
À partir de son expérience professionnelle dans le secteur du handicap mental, l’auteur interroge la rareté des travaux et communications consacrés au « lien fraternel ».
Pourquoi cet étrange silence des parents, de leurs associations et des professionnels sur ce chapitre ?
Pourquoi cette tendance à reléguer les frères et sœurs sur les rives du drame parental, ni dedans ni dehors, ou parfois trop dedans ou trop dehors ?
Au regard des professionnels du secteur pour adultes handicapés mentaux depuis une quinzaine d’années, les frères et sœurs semblent sortir de l’ombre de longues histoires familiales lorsqu’ils sont confrontés au vieillissement ou au décès des parents, à « la question du relais » et à celle de l’avenir du frère ou de la sœur handicapé, qui a déjà un certain âge.
L’enquête auprès de douze frères et sœurs devenus tuteurs offre autant de témoignages personnalisés de cette forme singulière d’engagement.
Un engagement qui officialise le plus souvent une certaine place occupée depuis l’enfance, sous-tendue par une forte identification parentale, et qui se traduit chez les personnes rencontrées par une position de « grands donateurs ».
La référence aux concepts de « don » (M. Mauss) et de « dette symbolique » est ici éclairante pour montrer que dans cette « position fraternelle/parentale », le don ne peut se comprendre que dans une relation où la différence entre rendre et donner s’estompe.
Chez les frères et sœurs rencontrés, « cette dimension de grand donateur » apparaît comme une forme de réponse individualisée aux paradoxes en jeu dans un tel engagement.
Comment concilier le lien fraternel, une position de substitut des parents communs et le rôle de tuteur qui l’officialise sur le plan socio-administratif ?
La place symbolique de la personne handicapée majeure est simultanément « bousculée » par le statut du tuteur qui lui assigne un rôle « d’enfant/frère ».
« Le risque de confusion des places » dans l’ordre symbolique des générations et de la filiation, et les vertiges identificatoires qui peuvent en résulter, ne sauraient être banalisés lorsque les frères et sœurs s’interrogent sur l’éventualité de devenir tuteur.
Sans préjuger d’un choix qui leur appartient, l’essentiel n’est-il pas de préserver « le lien fraternel » sans répudier les ambivalences qui l’animent, de préserver la différenciation des places et des parcours qui entre frères et sœurs offre à « ce lien spécifique », un espace de présence et de mouvement. Au fil de la lecture, l’auteur nous fait partager un cheminement résolument méthodologique et didactique, solidement documenté, riche en nuances et en sensibilité, respectueux à l’égard des « grands donateurs », et jalonné d’interrogations humainement constructives sur un chapitre désormais incontournable pour tous, et notamment pour les frères et sœurs. Diffusion : Gerse/Ateliers Denis Cordonnier. 16, chemin des Cuers, 69570 Dardilly. Tél. : 04 78 66 43 80. Fax : 04 78 43 82 19. Tarif participation : 15,24 € + frais d’envoi.
La veille sociale face à l’urgence Beauville, C. 2001. Paris, esf, fnars, 188 p., 21,19 €
L’urgence sociale est devenue ces dix dernières années en France une dynamique qui tend à pallier les dysfonctionnements de la politique et de l’action sociale « ordinaires ».
La veille sociale, officialisée par la loi contre les exclusions de 1998, est un dispositif chargé d’informer, d’orienter les personnes en difficulté sociale et de leur proposer des solutions. Élément déterminant dans la lutte contre les exclusions, ce dispositif doit garantir un accueil pour tous dans tous les territoires, quelles que soient la situation et l’origine géographique du demandeur.
À la fois réflexif et documentaire, cet ouvrage dresse un véritable « état des lieux » de la veille sociale aujourd’hui en France à partir d’évaluations et de témoignages des acteurs de terrain, d’études qualitatives et quantitatives, de textes juridiques et de constats de pratiques. Il permet de mieux connaître et évaluer les enjeux actuels de la veille sociale, outil privilégié d’une politique volontariste d’éradication de la grande exclusion.
La Fnars – Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale regroupe plus de sept cents associations et organismes publics. Ce réseau participe activement aux dispositifs de veille sociale par ses structures d’accueil et d’orientation de téléphonie sociale (115), d’hébergement et de logement temporaire, d’accueil de jour et d’insertion, etc.
Jeunes et citoyenneté Lagree, J.-C. ; Loncle, P. (sous la dir. de) 2001. Problèmes politiques et sociaux, no 862, août, Paris, éd. La Documentation française, 84 p., 7 €
Le thème de la citoyenneté est à la mode. On en parle, on multiplie les écrits à ce sujet. Aux inquiétudes provoquées par la crise du lien social, de la société salariale et des institutions font écho un renforcement des politiques publiques destinées à maintenir la cohésion sociale et des appels à participer à la vie sociale et politique.
La question des jeunes se retrouve au centre de ces préoccupations. Parce que, dans une société radicalement modifiée, la place des jeunes ne peut plus être la même, parce que les critères de définition de la population jeune sont eux-mêmes remis en cause, parce que la jeunesse inquiète.
Parmi la multiplicité des modèles de citoyenneté – de la citoyenneté la plus classique qui octroie droits civiques et juridiques à la citoyenneté multiculturelle ou européenne –, quelle peut être la porte d’accès des jeunes à la citoyenneté ? L’Éducation nationale en ouvre une en consacrant un enseignement à l’éducation civique, juridique et sociale et plus encore à travers sa volonté de ne pas couper l’école du monde extérieur. La sphère politique et institutionnelle offre également des terrains d’expérimentation à ceux qui veulent faire entendre leur voix avant d’atteindre l’âge légalement requis, celui de la majorité. Mais ces formes de participation (aux conseils d’établissement, conseils municipaux, Parlement des enfants…) peuvent-elles vraiment être considérées comme un engagement à part entière dans la vie politique et sociale ? Donne-t-on suffisamment de droits – et notamment de droit à la parole – à ces citoyens en devenir qui revendiquent qu’on les écoute ?
Transformation de la famille et délinquance juvénile Mucchielli, L. (sous la dir. de) 2001. Problèmes politiques et sociaux, no 860, juillet, Paris, éd. La Documentation française, 88 p., 7 €
À tort ou à raison, la délinquance juvénile est devenue l’un des thèmes politiques et sociaux majeurs de ces dix dernières années. Dans un consensus qui bouleverse le clivage idéologique traditionnel droite-gauche, beaucoup invoquent une crise morale et présentent une partie de la jeunesse comme dénuée de repères et de normes. Dès lors, la famille devient la première cible de leurs préoccupations, voire de leurs accusations : les parents ne savent plus ou ne peuvent plus élever leurs enfants. Et certains n’hésitent plus à proposer des mesures répressives pour « responsabiliser » les parents défaillants comme la mise sous tutelle, voire de la suppression pure et simple des allocations familiales. Les mutations de la famille (monoparentalité, divorce, évolution de la fonction paternelle, etc.) favorisent-elles le développement de comportements déviants chez les jeunes ?
Quel rôle joue le contrôle familial dans la prévention du risque de délinquance ? Quelle crédibilité faut-il accorder au thème de la démission parentale ? Faut-il sanctionner les familles défaillantes ?
La prévention spécialisée Outils, méthodes et pratiques de terrain Le Rest, P. 2002. Paris, L’Harmattan, 388 p., 29 €
Dans le champ du travail social, la prévention spécialisée est une technique d’intervention spécifique dont la finalité est de répondre aux risques et aux problèmes d’inadaptation des enfants, des adolescents et des jeunes majeurs dans leurs lieux de vie. Un cadre réglementaire et législatif permet aux éducateurs, dits de rue, de construire l’offre relationnelle aux publics présentant des difficultés. Cependant, les outils, les méthodes et les pratiques de terrain des éducateurs de prévention spécialisée sont peu connus. Les rares ouvrages qui existent sur cette question s’adressent aux spécialistes et quand ce n’est pas le cas, occultent la dimension technique qui caractérise la finesse de cette prévention. Or, les représentations qui se forgent et circulent sur la prévention spécialisée et ses professionnels, largement erronées, appelaient un effort de lisibilité et de visibilité afin de contribuer à modifier quelque peu les regards. Ce livre s’adresse par conséquent aux éducateurs en général, aux animateurs, aux enseignants, mais également aux étudiants qui s’orientent vers le travail social. Au-delà, il apporte des réponses à tous ceux qui s’interrogent sur les questions de société, de délinquance, de marginalité et de changement social.
Aimer au-delà du handicap Vie affective et sexualité du paraplégique Soulier, B. 2001. Paris, Dunod, 2e édition, 160 p., 20,39 €
Après l’accident, que deviennent l’amour, la procréation, la grossesse ?
Comment répondre à l’effroyable solitude des paraplégiques devant les questions touchant leur vie affective et sexuelle ?
Il y a, en France, plus de quarante mille paraplégiques et tétraplégiques, dont environ 60 % ont moins de 30 ans.
Pour répondre à leur désarroi et à leur solitude affective, le livre montre qu’il est possible, après l’accident, de poursuivre harmonieusement une vie de couple.
Ayant connu, elle-même, le handicap, l’auteur considère l’individu dans sa globalité tant médicale que psychologique.
Son objectif est d’offrir une réponse cohérente aux problèmes posés par les troubles sexuels et d’indiquer le chemin pour reconquérir un bonheur affectif. Cette deuxième édition complète et actualise l’ensemble des textes, notamment, ceux consacrés à l’aspect des suivis de la grossesse.
L’ouvrage s’adresse à un vaste public : tout soignant, travailleur social, thérapeute interrogé par une personne paraplégique au sujet de son avenir sexuel ; tous ceux qui ont un enfant, un parent, un ami accidenté ; tous ceux qui ont, un jour, songé à ce que pouvait signifier une vie en fauteuil ; et, bien entendu, les paraplégiques qui vivent au quotidien la difficulté d’aimer.
Écrire au juge Enjeux et méthodes Viaux, J.-L. (sous la dir. de) Paris, Dunod, 240 p., 22,79 €
Écrire la clinique du sujet dans le respect du droit suppose que s’élabore une clinique de l’écriture ?
Écrire à un juge fait partie des responsabilités des professionnels de l’action sociale et éducative rapports éducatifs, expertises psychologiques ou médicales, enquêtes sociales, etc. Éducateurs, magistrats, cliniciens, sociologues ou chercheurs, tous les auteurs de ce livre ont réfléchi sur la complexité de ces innombrables rapports qui alimentent les décisions judiciaires concernant le règlement des dysfonctionnements familiaux.
L’ouvrage aborde, tout d’abord, le lien qui existe entre la légitimité du discours et l’état de droit. Les auteurs démontrent que l’éthique pèse d’un même poids que la technique au moment d’écrire sur ces personnes, ces familles, ces enfants qui confient leur vie, leurs actes, leurs mots, et qu’il faut « mettre en texte » sachant que le juge les interprétera, à son tour, pour en faire un « texte judiciaire » participant à sa décision.
Plus avant, les auteurs abordent l’importante question : dire ou ne pas dire ? Car là est le dilemme des professionnels de l’action sociale et éducative au moment de rédiger leurs rapports dont ils savent qu’ils feront trace dans un dossier judiciaire. Tout dire de leur investigation ou de leur travail, mais ne pas trop dire pour ne pas empiéter sur la place du droit et ne pas faire effraction dans l’intimité du sujet. Écrire au juge est, au bout du compte, un exercice redoutable bien éloigné du simple exercice de « faire un rapport ». Mettre la vie en écriture, ce n’est pas faire de la vie des autres un roman, un essai, une sorte de traité scientifique ou juridique. C’est restituer, dans un cadre légal, les contradictions de chacun, afin qu’un dialogue ait lieu avant que le jugement, écrit, ne referme la discussion au profit de l’action.
Le livre illustre fort bien ce qu’écrire à un juge représente comme enjeu pour le justiciable comme pour les professionnels, pour tous ceux qui écrivent comme ceux qui en sont destinataires. Il porte sur tous les aspects de la construction de l’écrit, de sa rédaction à son exploitation par les magistrats.
Écrire au juge est le premier ouvrage consacré, en France, à ce thème délicat et pourtant majeur dans la chaîne judiciaire.
Quartiers, conflits, acteurs Le Petit Laboratoire : Aubervilliers deuxième Boivin, J.-P. ; Peyre, V. ; Prigent, A. 2002. Toulouse, érès, 152 p., 16 €
Cet ouvrage rassemble et valorise des récits d’acteurs « de terrain » en poste socio-éducatif dans les quartiers réputés sensibles. Ces témoignages, vifs et cohérents, offerts par les étudiants du Dispositif expérimental de formation (def), tournent pour la plupart autour d’une « méchante affaire » et ont été choisis pour leur capacité à en dire long sur les jeunes et les habitants dans le quotidien de leurs interactions, sur l’action de proximité des intervenants socio-éducatifs et de leurs équipes, sur les institutions parties prenantes, et sur les rapports croisés et complexes des uns et des autres. Ils laissent apparaître en arrière-plan l’histoire d’un territoire d’intervention, les transformations de sa morphologie urbaine, de son peuplement, de ses équipements, si bien que le lecteur est invité à délaisser l’idée générale de banlieue et à découvrir un quartier ou une cité dans sa configuration urbaine et sociale singulière.
Divers spécialistes de ces questions donnent la réplique à ces récits groupés par thème, et font ainsi apparaître les constantes et les lignes de perspective de la situation présentée. Le patient travail de défrichage entrepris dans le cadre de la formation expérimentale de professionnels de terrain permet ainsi l’émergence d’inventions que tous les acteurs aux prises avec les « jeunes des banlieues » appellent de leurs vœux.
La dynamique des groupes d’hier à aujourd’hui De Visscher, P. 2001. Paris, puf, 299 p., 23 €
L’expression « dynamique des groupes » évoque des référents multiples et souvent inappropriés, le terme « groupe », lui-même, étant mis à toutes les sauces.
Dans sa première partie, le présent ouvrage ambitionne de préciser les concepts : il propose une taxinomie de base du psychosocial. Sont clarifiées ensuite la naissance du terme « dynamique des groupes » et l’évolution de son référent, au départ des deux dernières années de vie de Lewin, puis de l’action ultérieure des chercheurs-praticiens. Sont enfin repris les actuels présents sous le vocable « groupe ».
La deuxième partie entame un processus de reconstruction et de réappropriation conceptuelles. La dynamique des groupes, en tant que science-action, est définie comme un « construct » à la fois « restreint » et « dynamique » du groupe psychosocial, construct dont le contenu et les limites sont analysés. On insiste sur la spécificité du paradigme dynamico-groupal en regard tant de la socio-psychologie que de la psychosociologie.
La troisième partie développe les constituants du paradigme : postulats, intentions et principes sous-jacents aux processus d’approche de la dynamique des groupes restreints et à l’animatique. Celle-ci se donne pour objet l’élaboration d’une méthodologie fiable de l’animation des groupes.
Les professionnels face à la sexualité des adolescents Les institutions à l’épreuve Huerre, P. ; Lauru, D. 2001. (sous la dir. de), Toulouse, érès, 240 p., 20 €
À l’école, dans les foyers socio-éducatifs, dans les lieux de soins, la sexualité des adolescents pose souvent problème. Dans ces institutions, des adultes – individus sexués et sexualisés – et des adolescents – filles et garçons – accédant à une vie sexuelle vivent ensemble. Généralement tout se passe bien, mais certaines situations sont difficiles à vivre, voire explosives, et embarrassent les professionnels qui rencontrent le silence et se retrouvent seuls, sans références. Les images et les représentations culturelles des uns et des autres, les histoires personnelles, les idéologies sont à l’œuvre, et pas toujours de manière explicite.
À l’initiative de la fondation Santé des étudiants de France, les auteurs ont réuni sur ce sujet les approches de professionnels et de spécialistes : proviseur, éducatrice et psychologue, psychiatres, pédiatre, gynécologue et magistrats, éclairées par les points de vue de l’anthropologue et de l’historienne. Les informations juridiques, les réflexions cliniques et théoriques, les prises de position, les réflexions éducatives et éthiques, les récits d’expériences rassemblés ici seront utiles à toutes les équipes qui souhaitent préciser leur rôle et travailler mieux encore avec les adolescents.
Un ouvrage qui devrait faire référence.
Associations loi 1901 Gestionnaires ou citoyens ? Pour une nouvelle donne associative Grandclaudon-leblanc, M. ; Leblanc, M. 2001, Paris, esf, 157 p., 21,64 €
Cent ans après le vote de la loi relative au contrat d’association (« la loi de 1901 »), le phénomène associatif concerne aujourd’hui en France toutes les sphères de la vie sociale, économique, culturelle et sportive.
Mais au-delà de cette manifestation positive de la liberté d’association, des milliers d’associations recouvrent des pans entiers de l’administration (de l’État et des collectivités locales), gèrent d’innombrables structures sur fonds publics ou grâce aux ressources de la solidarité nationale, conduisent de nombreuses activités économiques dans le secteur marchand (du tourisme à la formation continue, du spectacle culturel ou sportif aux services à la personne).
Les auteurs rendent compte de cette réalité contrastée du monde associatif, dans un état des lieux qui apporte les clarifications nécessaires pour en comprendre les logiques internes. Ils analysent ensuite les transformations des nombreuses associations entrées massivement dans l’activité économique, afin de mettre au jour les conséquences préjudiciables qu’elles impliquent dans le management de ces entreprises associatives et dans leurs pratiques démocratiques.
Mais les auteurs ne se contentent pas de relever les incohérences du monde associatif et les évolutions discutables qu’elles entraînent ; ils proposent des solutions alternatives adaptées pour entreprendre, sans pour autant vouloir en tirer profit, ou pour conduire des activités d’intérêt général au nom de la puissance publique. Ce faisant, les conditions se trouveraient réunies pour permettre aux associations, devenues citoyennes, d’investir l’espace entre l’État et le citoyen devenant alors un lieu générateur de démocratie participative.
S’appuyant sur les théories de la complexité et sur celles de l’intelligence collective, les auteurs proposent les formes d’organisation appropriées pour conduire démocratiquement un projet associatif qui donne sens aux pratiques sociales et restaure les valeurs fondant l’association « loi 1901 » : non pas instrument commode de gestion, mais lieu riche de vie citoyenne.
La relation d’aide Développer des compétences pour mieux aider Tremblays, L. 2001. Lyon, Chronique Sociale, 191 p., 18,29 €
Les situations sociales (précarité, ruptures de vie…) amènent le renforcement de dispositifs professionnels, le développement de groupes, d’associations utilisant la relation d’aide.
Ce type d’accompagnement se réalise autant par le face-à-face individuel ou collectif (entretien – groupe de parole), qu’à travers une relation téléphonique.
Un appui méthodologique rigoureux est souhaitable pour garantir une réelle efficacité à la personne en demande (en la sollicitant comme auteur et actrice de sa solution) tout en permettant à l’aidant de se préserver (gestion des émotions, distanciation…).
La première partie de cet ouvrage précise le contexte de la relation et ses spécificités. Elle insiste sur l’importance d’une connaissance de soi, sur les attitudes et qualités à privilégier.
La deuxième partie propose des pistes de réflexion et des exercices pour développer les compétences essentielles en relation d’aide.
La troisième partie est consacrée à des situations d’un haut degré de difficulté.
Les intervenants tant professionnels que bénévoles apprécieront le caractère concret de cet ouvrage. Les formateurs trouveront un outil complet pour construire et animer des dispositifs de formation, d’analyse de la pratique.
L’aube de la vie psychique Études psychanalytiques Houzel, D. 2002, Paris, esf, 320 p., 27,30 €
C’est en explorant les niveaux les plus archaïques de la vie psychique et de la pathologie la plus grave et la plus précoce rencontrée chez l’enfant que la psychanalyse nous éclaire sur la naissance du psychisme et les conditions de son développement. L’axe primordial de la psychanalyse, selon la conception de l’auteur, est celui de la dynamique : quelles sont les forces qui agissent pour qu’un nouveau psychisme vienne à éclore, dans quel contexte ces forces peuvent-elles promouvoir cette éclosion, vers quels équilibres tendent-elles, quelles sont les impasses où elles peuvent se perdre ?
Telles sont les questions qui se posent du point de vue dynamique pour comprendre comment s’initie le développement psychique d’un enfant en relation avec son entourage.
Les modèles, sur lesquels Freud et les premiers psychanalystes s’étaient appuyés, méritent d’être interrogés à la lumière des découvertes récentes de l’exploration psychanalytique et des développements modernes de la théorie des systèmes dynamiques.