Empan
érès

I.S.B.N.2749200555
144 pages

p. 19 à 24
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

L'inédit du projet

no45 2002/1

Mon propos sera bref. Il s’agit moins à proprement parler d’un article que d’une série de réflexions suscitées par la généralisation de la thématique du projet dans le champ des politiques publiques, qu’elles soient relatives à l’aménagement du territoire, à la ville ou aux politiques sociales. Quels que soient l’objet qu’elles se donnent, les échelles auxquelles elles s’appliquent, de la nation à l’individu, l’injonction au projet s’y manifeste sans discontinuer. Longtemps cantonné au champ de l’architecture, le projet, qui désignait alors un objet concret nécessitant la maîtrise d’une certaine technicité, a peu à peu envahi non seulement la sphère de l’action publique mais également celle de la société dans son ensemble, au point d’être devenu un terme d’une grande banalité s’appliquant presque à toutes les situations de la vie. C’est ainsi qu’à propos de ce qu’on peut être amené à faire le soir même, il est tout à fait possible de s’entendre demander : « Tu as un projet ? » Quand un mot devient à ce point « polysémique », touchant à des questions aux incidences différentes (du projet de la soirée au projet de société), il risque de se diluer et de perdre sinon tout sens, du moins un contenu précis. Aussi est-il sans doute salutaire de chercher à comprendre ce que recouvre un tel « abus de langage ».
 
Dans le champ de l’aménagement
 
 
Toute politique, qu’elle concerne l’économie, les équipements ou l’habitat, se définit désormais en référence à un projet de développement que la commune ou l’ensemble des communes considérées se doivent de formuler. Comment comprendre cette référence constante à la nécessité duprojet ?
Une conséquence de la décentralisation ?
On peut y voir, entre autres éléments, une conséquence de la décentralisation : l’État toujours mis à contribution par des collectivités qui disposent désormais de pouvoirs étendus, ne souhaite pas être réduit à une simple fonction de « guichet ». Il aspire à ne pas être seulement sollicité par des élus pour abonder de ses subventions le financement d’actions qu’ils auraient décidées. Si de manière pragmatique le projet permet aux collectivités de justifier leurs demandes, l’État contributeur veut de son côté savoir au financement de quoi il participe et à quelles fins. Le projet est censé rendre explicites les intentions de la collectivité et permettre aux « partenaires » appelés à s’y associer de les apprécier au regard de leurs propres objectifs, comme il donne aux habitants ou usagers la possibilité d’intervenir et de faire valoir leurs points de vue ou revendications.
Le projet vient donc en quelque sorte compenser la perte de maîtrise de l’État sur des politiques qu’il n’initie plus seul, en l’autorisant à se situer « en connaissance de cause ». Mais, en retour de l’exigence du projet que l’État fait désormais valoir, il est lui aussi placé dans l’obligation d’énoncer le sien, d’affirmer ses priorités de les rendre lisibles. L’exercice, en parallèle, du projet, pour des acteurs que la décentralisation a rendus partenaires, apparaît bien comme une des conséquences du développement de la contractualisation dans les politiques publiques. Qui dit contrat, dit négociation préalable sur des objectifs qui doivent être clairement stipulés. C’est là le rôle du projet dont la « fabrication » exige compétences et savoir-faire nouveaux : élaboration d’un diagnostic, définition d’une stratégie. C’est bien une nouvelle axiomatique de l’action publique qui se dessine.
Si, en première instance, elle peut sembler répondre à un souci de rationaliser et moderniser la définition et la mise en œuvre des politiques publiques, on peut aussi la comprendre comme une volonté d’établir de nouvelles règles dans un jeu infiniment plus complexe, où la connaissance des intentions de chacun des partenaires est devenue nécessaire à la définition du positionnement de chacun, dans un contexte également où les moyens mobilisables ne sont pas extensibles à l’infini et où il convient de pouvoir identifier des priorités et de s’assurer de la pertinence des choix. En matière d’action publique, il n’est plus possible de « gouverner à l’aveugle » et le projet est censé participer à une meilleure maîtrise.
Le projet comme substitut à des politiques publiques privées de contenu ?
Mais l’injonction au projet peut aussi être comprise comme la nécessité impérieuse de donner un contenu aux politiques publiques depuis que l’État a perdu la capacité d’en établir seul et l’architecture et le dessein. Le projet viendrait ainsi signer sinon l’impuissance du moins la modestie d’un État, qui avant la décentralisation, avait la maîtrise du contenu comme des conditions de mise en œuvre des politiques publiques. Paradoxalement, si le projet est pour les collectivités locales la contrepartie de leur plus grande autonomie, il les assigne à devoir signifier leur dessein, ce qui pourrait être apprécié comme une forme nouvelle de dépendance. Quant à l’État, l’obligation dans laquelle il se trouve également de préciser ses attentes et intentions, peut être interprétée comme un progrès participant à la clarification des modes d’élaboration de l’action publique, mais elle peut, pour certains qui ne se réduisent pas aux nostalgiques d’un État régalien, tenir d’une forme de régression de l’État, tenu comme n’importe lequel des acteurs locaux, de justifier sa position. Dans un système où chacun peut opposer à l’autre son projet, qui en dernier ressort a le pouvoir d’arbitrage ? Et au nom de quelle légitimité supérieure ? Serait-ce celle de la collectivité locale qui peut se prévaloir d’une meilleure connaissance des besoins locaux ou celle de l’État garant de l’intérêt général ?
 
Dans le champ des politiques sociales
 
 
Mais la thématique du projet a envahi bien d’autres sphères de l’action publique que celle des politiques d’aménagement. Elle fait aussi florès dans d’autres champs dont celui des politiques sociales. Elle s’y adresse tant aux dispositifs qu’aux individus qui en sont les bénéficiaires. Le Revenu minimum d’insertion comme l’ensemble des programmes de lutte contre l’exclusion y font explicitement référence. Concernant les dispositifs, qu’il s’agisse des associations opératrices de l’insertion ou des plans d’action définis par les institutions en charge de l’insertion, les ressorts qui justifient, pour les premières comme pour les secondes, la définition d’un projet participent des mêmes logiques que celles exposées précédemment.
Nous voudrions plutôt nous intéresser ici à ce que recouvre le projet lorsqu’il s’adresse aux individus.
L’injonction au projet comme nouvelle contrainte sociale
Le rmi, qui associe une prestation financière et un contrat d’insertion, définit ce dernier en référence à l’expression par l’allocataire d’un projet personnel. Mais cette injonction à la formulation d’un projet est loin de ne s’adresser qu’aux allocataires du rmi. Chacun est aujourd’hui sommé d’avoir un projet de vie, qui peut se décliner à l’infini, du projet familial en passant par le projet professionnel ou le projet résidentiel ou encore le projet de formation… L’individu contemporain semble ne pas pouvoir exister sans projet. Celui-ci est à ce point devenu un attribut incontournable, interrogeable à tout moment qu’il apparaît bien comme une nouvelle contrainte sociale. Comment comprendre cette insistance à disposer d’un projet, de projets ?
Revenons d’abord sur la signification du mot : avoir un projet suppose d’avoir la capacité de se projeter dans l’avenir et de formuler un ou des objectifs à atteindre, car le projet n’est pas le rêve, il engage à sa réalisation. Développer un projet ce n’est donc pas rêver. Il s’agit d’une entreprise sérieuse qui est censée n’avoir rien de déraisonnable. Il faut y montrer de la persévérance et de la constance au risque sinon d’être considéré comme instable. Tenir à son projet, ne pas en changer ni en dévier sont le gage de sa consistance.
Si l’on revient un instant dans le champ des politiques sociales et plus précisément encore de la mise en œuvre du rmi, cette remarque, quant à ce qu’indique le terme projet, n’est pas sans conséquence sur ce qui se trame entre l’allocataire et son référent, au moment où ceux-ci ont à définir et à négocier le contenu du contrat d’insertion. Si le premier est sommé de dire quel est son projet, encore faut-il que ce projet soit apprécié par le second comme susceptible d’être réalisé. Il faut donc bien en conclure que le projet n’est pas que la projection du seul désir de l’allocataire puisqu’une des caractéristiques exigée est d’être réaliste. En d’autres termes, le désir de l’individu n’est considéré comme un projet légitime, qu’il est donc en droit de revendiquer, que s’il est symboliquement validé par la société ou qui la représente. Pour le reste (la part de « rêve »), il lui est demandé implicitement d’y renoncer, ou d’en faire le deuil. Elle ne peut en tout cas faire l’objet d’une transaction sociale.
La généralisation du projet comme effet de l’individuation
À tenter d’en comprendre les ressorts, on pourrait avancer l’idée que la nécessité dans laquelle se trouve placé aujourd’hui chaque individu d’avoir un projet est probablement une des conséquences de l’individuation. En effet, dans des sociétés où la destinée de l’individu était au fond écrite indépendamment de lui, par la tradition, sur prescription familiale, comme la simple reproduction d’une condition connue, souvent celle de la génération précédente, le destin de l’individu ne lui appartenait pas. Nul besoin alors de formuler pour soi un projet. On peut illustrer très simplement ce propos en rappelant que, pendant des générations, chacun savait en naissant quelle allait être sa place. C’est bien la mobilité sociale horizontale qui prévalait pour le plus grand nombre : le fils de maçon avait de fortes chances de le devenir lui-même, de même que celui de mineur ou d’ouvrier sidérurgiste ou de paysan. On dérogeait rarement à son destin. Parfois l’insistance de l’instituteur poussait à faire des études, ce qui ouvrait à d’autres trajectoires. Cette prédétermination des rôles sociaux s’accompagnait souvent d’un encadrement de chacun par des institutions sociales (la famille, la communauté « villageoise » puis, avec l’industrie fordiste, l’usine mais aussi le syndicat, sans oublier le rôle des églises et des partis) qui étaient à même de fournir assurance et sécurisation, tout en inscrivant l’individu dans une histoire plus collective, une « geste », un combat plus qu’un projet.
La transformation du fonctionnement des sociétés, sous l’effet de la généralisation de l’instruction et de l’accès à des informations en nombre toujours plus grand, comme sous l’effet de la mutation du système productif par le renouvellement de plus en plus rapide des technologies, s’est traduite par l’aspiration de chacun à devenir maître de son destin. Dans une société de plus en plus mobile et ouverte, il est peu à peu devenu légitime de chercher à s’affranchir de la pesanteur de la tradition et des tutelles pour revendiquer l’autodétermination de son destin. C’est un peu comme si chacun au fond était désormais appelé à inventer son histoire, à être « auteur de sa vie ». Parfaitement légitimé à se libérer de ce qui apparaît comme l’entravant, l’individu aspire à la fois à son autonomie et à son épanouissement. Il veut désormais décider de ce qu’il fera. La place d’un individu ne lui est plus dévolue, il lui faut désormais la gagner. Chacun est donc non seulement autorisé à exprimer un projet, à se projeter dans un lieu, une condition, un métier, mais est quasiment placé dans l’obligation de le faire.
Cette nouvelle axiomatique peut donner le vertige. Il y aurait là une conception quasi « managériale » de la condition humaine, procédant par objectifs et moyens. L’individu sera-t-il pourvu des compétences qui lui permettront d’être à la hauteur de cette exigence ? Il n’est pas certain que l’ensemble des individus dispose également de telles capacités. D’autant que l’autonomie n’est pas que liberté, elle est aussi devenue une nouvelle norme sociale, une sorte de nouvelle règle du jeu à laquelle chacun doit se soumettre. Elle se traduit par de nouvelles contraintes et, en particulier, celle de la nécessité d’exprimer un projet, nécessité qui pèse y compris sur celles et ceux qui sont placés dans des situations de vie, matérielles et psychiques, trop précaires pour être compatibles avec la moindre capacité à se projeter hors de l’exigence du quotidien le plus prégnant.
L’assurance comme condition nécessaire à la formulation d’un projet
Car pour se projeter, il faut être sinon tout à fait sécurisé, du moins suffisamment assuré pour en prendre le risque. Or l’injonction au projet s’opère au moment où le fonctionnement des sociétés insécurise de plus en plus les individus qui la composent et là n’est pas son moindre paradoxe : porter pour une part sur des individus que la société place dans des situations de relative insécurité, et cette insécurité ne pèse pas seulement sur ceux qui sont confrontés à la précarité ou à la pauvreté.
Quand le quotidien requiert de leur part autant d’énergie, comment ceux-là peuvent-ils encore avoir de la ressource pour se projeter ? Quand ils ont aussi peu de maîtrise sur leur environnement proche, comment disposeraient-ils de cette sécurité minimale qui autorise à ne plus simplement regarder le présent pour en conjurer le caractère aléatoire mais à regarder un peu plus loin devant soi ? De très nombreux travaux se sont attachés à montrer la mobilisation de tous les instants qu’exige la simple survie matérielle. Ils font douter que les individus qui ont à assumer un tel poids du quotidien puissent disposer de la faculté de s’en abstraire pour énoncer ce qui pourrait être de l’ordre du projet. Sans doute rêvent-ils de s’en sortir mais ce n’est pas ce qui leur est demandé. Le projet n’a pas grand-chose à voir avec l’évasion.
Quant aux autres, qui ne sont pas requis de la même manière par l’impérieuse nécessité de la survie quotidienne, se projeter n’est pas non plus pour eux sans risque, tant le fonctionnement de la société est devenu de moins en moins prévisible, de plus en plus incertain. Et cette incertitude pèse bien sûr également sur le destin des individus. Dans le même temps où chacun fait sans doute l’expérience de sa possible liberté, il fait aussi l’expérience d’une société qui se dérobe et lui échappe tant la complexité de son fonctionnement rend toute prévision aléatoire.
Projet et responsabilité indéfectiblement liés
Le risque de formuler un projet, c’est aussi celui d’être confronté à son échec, à l’incapacité à le mener à bien, sans pouvoir au final en imputer la responsabilité à un tiers. Être ou se croire libre de son destin, c’est aussi devoir assumer la responsabilité de ses atermoiements, de ses doutes. Car, si les sociétés contemporaines sont marquées par la possibilité donnée à chacun de « faire sa vie », de tracer sa trajectoire, elles obligent ceux qui échouent à faire l’expérience douloureuse d’une solitude absolue et d’une sorte de disqualification sociale. Le projet par essence s’énonçant, sa réalisation ne saurait être tenue secrète. Elle s’opère sous le regard de qui en a été pris à témoin : du compagnon, de l’ami ou de l’institution. Si le succès est valorisant parce qu’il résulte, par nécessité, des qualités et mérites de l’individu, contribuant à améliorer sa valeur, à ses propres yeux comme à ceux de son environnement, il est en revanche impossible de se défaire de son échec puisque le projet est bien l’expression, au moins partielle, de son propre désir et non pas le résultat de celui d’un autre, qu’il soit le père, la communauté ou qu’il incarne « la société ». Il y a, dans cette nouvelle manière pour les individus de « jouer leur vie », des règles du jeu d’une certaine dureté bien plus que de l’empathie.
La réalisation du projet réactive les inégalités sociales
Nouvelle norme sociale à laquelle chacun est prié de se conformer, la logique du projet, malgré les apparences, reste socialement discriminante, réactivant entre les individus, les inégalités de ressources et le « capital social » pour reprendre le terme de Pierre Bourdieu. Car, contrairement aux apparences, l’individu, pour réaliser son projet, ne saurait compter sur ses seules forces, sur sa seule énergie ou sur ses seules capacités intellectuelles ou relationnelles. Il bénéficie également des ressources de son environnement social, qu’elles soient matérielles ou immatérielles. Et l’analyse sociale a montré depuis longtemps qu’en la matière, les individus n’étaient pas à égalité de chances. Dès lors, la rhétorique du projet, qui survalorise la motivation comme ressort de la réussite, pour séduisante qu’elle apparaisse, peut se révéler être un leurre et du même coup accroître les frustrations de ceux qui sont confrontés à ce défaut de ressources. Tel est bien souvent le cas des personnes inscrites dans la nécessité du projet par les dispositifs de l’action sociale. Certes, la possibilité qui leur est donnée d’énoncer un projet peut être appréciée comme une seconde chance, d’autant qu’ils peuvent bénéficier des ressources que ces programmes mettent à leur disposition, au titre d’une compensation de ce défaut de « capital » qu’ils ne peuvent mobiliser par eux-mêmes. C’est bien là, dans le Revenu minimum d’insertion, une des significations possibles du contrat, que cette mise au service du projet de l’individu d’un certain nombre de ressources en échange de l’énonciation d’un projet qui symboliserait la conformation à cette règle impérieuse du jeu social qu’est désormais devenu le principe d’autonomie. Mais cette mobilisation de la société pour aider à la réalisation du projet l’autorise du même coup se préoccuper de son contenu et à vérifier si l’individu qui le porte a la capacité ou non de le réaliser. L’on sait que, dans ce travail d’appréciation, il y a souvent, pour celui qui le subit, plus que du désenchantement, une manière d’être rappelé à l’adhérence de sa condition, alors même que le projet repose, nous le disions plus haut, sur une capacité à se projeter hors de soi-même, ou en d’autres termes à s’arracher à sa condition.
Nous ne saurions conclure, d’autant que l’on peut s’étonner de voir traiter sur un même plan l’injonction au projet, qu’elle s’adresse aux politiques publiques ou aux individus. Il n’y a pas là qu’un effet de rhétorique censé confirmer l’affirmation initiale d’une généralisation de la thématique du projet et de son invasion dans toutes les sphères de la société. Nous avons tenté de souligner quelques traits communs du projet comme effet ou attribut de la liberté, ou de la libération, qu’elle soit celle des communes que la décentralisation a pour partie soustraites à la tutelle de l’État, ou qu’elle soit celle des individus. Mais paradoxalement il est aussi l’obligation faite aux uns comme aux autres de rendre compte de l’usage qu’ils font de cette liberté dont on pourrait dire qu’elle est sous surveillance ou qu’il y en a un usage prescrit. En cela, le projet est bien une nouvelle contrainte dont l’expression est nécessaire à qui veut rentrer dans le jeu de la négociation, pour ce qui est des politiques publiques, dans le jeu social, pour ce qui est des individus. Peut-on y échapper et à quel prix ? Le silence serait-il devenu une nouvelle forme de résistance ?
 
NOTES
 
[*] Chercheuse au cnrs, directrice du cieu (umr 5053 du cnrs), université Toulouse-le-Mirail, 5, allées A.-Machado, 31058 Toulouse cedex.
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[*]
Chercheuse au cnrs, directrice du cieu (umr 5053 du cnr...
[suite] Suite de la note...