2002
EMPAN
L'inédit du projet
De la généralisation de l’injonction au projet
Marie-Christine Jaillet
[*]
Mon propos sera bref. Il s’agit moins à proprement parler d’un
article que d’une série de réflexions suscitées par la généralisation de la
thématique du projet dans le champ des politiques publiques, qu’elles soient
relatives à l’aménagement du territoire, à la ville ou aux politiques sociales.
Quels que soient l’objet qu’elles se donnent, les échelles auxquelles elles
s’appliquent, de la nation à l’individu, l’injonction au projet s’y manifeste
sans discontinuer. Longtemps cantonné au champ de l’architecture, le projet,
qui désignait alors un objet concret nécessitant la maîtrise d’une certaine
technicité, a peu à peu envahi non seulement la sphère de l’action publique
mais également celle de la société dans son ensemble, au point d’être devenu un
terme d’une grande banalité s’appliquant presque à toutes les situations de la
vie. C’est ainsi qu’à propos de ce qu’on peut être amené à faire le soir même,
il est tout à fait possible de s’entendre demander : « Tu as un projet ? »
Quand un mot devient à ce point « polysémique », touchant à des questions aux
incidences différentes (du projet de la soirée au projet de société), il risque
de se diluer et de perdre sinon tout sens, du moins un contenu précis. Aussi
est-il sans doute salutaire de chercher à comprendre ce que recouvre un tel «
abus de langage ».
Dans le champ de l’aménagement
Toute politique, qu’elle concerne l’économie, les équipements
ou l’habitat, se définit désormais en référence à un projet de développement
que la commune ou l’ensemble des communes considérées se doivent de formuler.
Comment comprendre cette référence constante à la nécessité duprojet ?
Une conséquence de la décentralisation ?
On peut y voir, entre autres éléments, une conséquence de la
décentralisation : l’État toujours mis à contribution par des collectivités qui
disposent désormais de pouvoirs étendus, ne souhaite pas être réduit à une
simple fonction de « guichet ». Il aspire à ne pas être seulement sollicité par
des élus pour abonder de ses subventions le financement d’actions qu’ils
auraient décidées. Si de manière pragmatique le projet permet aux collectivités
de justifier leurs demandes, l’État contributeur veut de son côté savoir au
financement de quoi il participe et à quelles fins. Le projet est censé rendre
explicites les intentions de la collectivité et permettre aux « partenaires »
appelés à s’y associer de les apprécier au regard de leurs propres objectifs,
comme il donne aux habitants ou usagers la possibilité d’intervenir et de faire
valoir leurs points de vue ou revendications.
Le projet vient donc en quelque sorte compenser la perte de
maîtrise de l’État sur des politiques qu’il n’initie plus seul, en l’autorisant
à se situer « en connaissance de cause ». Mais, en retour de l’exigence du
projet que l’État fait désormais valoir, il est lui aussi placé dans
l’obligation d’énoncer le sien, d’affirmer ses priorités de les rendre
lisibles. L’exercice, en parallèle, du projet, pour des acteurs que la
décentralisation a rendus partenaires, apparaît bien comme une des conséquences
du développement de la contractualisation dans les politiques publiques. Qui
dit contrat, dit négociation préalable sur des objectifs qui doivent être
clairement stipulés. C’est là le rôle du projet dont la « fabrication » exige
compétences et savoir-faire nouveaux : élaboration d’un diagnostic, définition
d’une stratégie. C’est bien une nouvelle axiomatique de l’action publique qui
se dessine.
Si, en première instance, elle peut sembler répondre à un
souci de rationaliser et moderniser la définition et la mise en œuvre des
politiques publiques, on peut aussi la comprendre comme une volonté d’établir
de nouvelles règles dans un jeu infiniment plus complexe, où la connaissance
des intentions de chacun des partenaires est devenue nécessaire à la définition
du positionnement de chacun, dans un contexte également où les moyens
mobilisables ne sont pas extensibles à l’infini et où il convient de pouvoir
identifier des priorités et de s’assurer de la pertinence des choix. En matière
d’action publique, il n’est plus possible de « gouverner à l’aveugle » et le
projet est censé participer à une meilleure maîtrise.
Le projet comme substitut à des politiques publiques privées de
contenu ?
Mais l’injonction au projet peut aussi être comprise comme la
nécessité impérieuse de donner un contenu aux politiques publiques depuis que
l’État a perdu la capacité d’en établir seul et l’architecture et le dessein.
Le projet viendrait ainsi signer sinon l’impuissance du moins la modestie d’un
État, qui avant la décentralisation, avait la maîtrise du contenu comme des
conditions de mise en œuvre des politiques publiques. Paradoxalement, si le
projet est pour les collectivités locales la contrepartie de leur plus grande
autonomie, il les assigne à devoir signifier leur dessein, ce qui pourrait être
apprécié comme une forme nouvelle de dépendance. Quant à l’État, l’obligation
dans laquelle il se trouve également de préciser ses attentes et intentions,
peut être interprétée comme un progrès participant à la clarification des modes
d’élaboration de l’action publique, mais elle peut, pour certains qui ne se
réduisent pas aux nostalgiques d’un État régalien, tenir d’une forme de
régression de l’État, tenu comme n’importe lequel des acteurs locaux, de
justifier sa position. Dans un système où chacun peut opposer à l’autre son
projet, qui en dernier ressort a le pouvoir d’arbitrage ? Et au nom de quelle
légitimité supérieure ? Serait-ce celle de la collectivité locale qui peut se
prévaloir d’une meilleure connaissance des besoins locaux ou celle de l’État
garant de l’intérêt général ?
Dans le champ des politiques sociales
Mais la thématique du projet a envahi bien d’autres sphères de
l’action publique que celle des politiques d’aménagement. Elle fait aussi
florès dans d’autres champs dont celui des politiques sociales. Elle s’y
adresse tant aux dispositifs qu’aux individus qui en sont les bénéficiaires. Le
Revenu minimum d’insertion comme l’ensemble des programmes de lutte contre
l’exclusion y font explicitement référence. Concernant les dispositifs, qu’il
s’agisse des associations opératrices de l’insertion ou des plans d’action
définis par les institutions en charge de l’insertion, les ressorts qui
justifient, pour les premières comme pour les secondes, la définition d’un
projet participent des mêmes logiques que celles exposées
précédemment.
Nous voudrions plutôt nous intéresser ici à ce que recouvre le
projet lorsqu’il s’adresse aux individus.
L’injonction au projet comme nouvelle contrainte sociale
Le rmi, qui associe
une prestation financière et un contrat d’insertion, définit ce dernier en
référence à l’expression par l’allocataire d’un projet personnel. Mais cette
injonction à la formulation d’un projet est loin de ne s’adresser qu’aux
allocataires du rmi. Chacun est
aujourd’hui sommé d’avoir un projet de vie, qui peut se décliner à l’infini, du
projet familial en passant par le projet professionnel ou le projet résidentiel
ou encore le projet de formation… L’individu contemporain semble ne pas pouvoir
exister sans projet. Celui-ci est à ce point devenu un attribut incontournable,
interrogeable à tout moment qu’il apparaît bien comme une nouvelle contrainte
sociale. Comment comprendre cette insistance à disposer d’un projet, de projets
?
Revenons d’abord sur la signification du mot : avoir un
projet suppose d’avoir la capacité de se projeter dans l’avenir et de formuler
un ou des objectifs à atteindre, car le projet n’est pas le rêve, il engage à
sa réalisation. Développer un projet ce n’est donc pas rêver. Il s’agit d’une
entreprise sérieuse qui est censée n’avoir rien de déraisonnable. Il faut y
montrer de la persévérance et de la constance au risque sinon d’être considéré
comme instable. Tenir à son projet, ne pas en changer ni en dévier sont le gage
de sa consistance.
Si l’on revient un instant dans le champ des politiques
sociales et plus précisément encore de la mise en œuvre du
rmi, cette remarque, quant à ce
qu’indique le terme projet, n’est pas sans conséquence sur ce qui se trame
entre l’allocataire et son référent, au moment où ceux-ci ont à définir et à
négocier le contenu du contrat d’insertion. Si le premier est sommé de dire
quel est son projet, encore faut-il que ce projet soit apprécié par le second
comme susceptible d’être réalisé. Il faut donc bien en conclure que le projet
n’est pas que la projection du seul désir de l’allocataire puisqu’une des
caractéristiques exigée est d’être réaliste. En d’autres termes, le désir de
l’individu n’est considéré comme un projet légitime, qu’il est donc en droit de
revendiquer, que s’il est symboliquement validé par la société ou qui la
représente. Pour le reste (la part de « rêve »), il lui est demandé
implicitement d’y renoncer, ou d’en faire le deuil. Elle ne peut en tout cas
faire l’objet d’une transaction sociale.
La généralisation du projet comme effet de
l’individuation
À tenter d’en comprendre les ressorts, on pourrait avancer
l’idée que la nécessité dans laquelle se trouve placé aujourd’hui chaque
individu d’avoir un projet est probablement une des conséquences de
l’individuation. En effet, dans des sociétés où la destinée de l’individu était
au fond écrite indépendamment de lui, par la tradition, sur prescription
familiale, comme la simple reproduction d’une condition connue, souvent celle
de la génération précédente, le destin de l’individu ne lui appartenait pas.
Nul besoin alors de formuler pour soi un projet. On peut illustrer très
simplement ce propos en rappelant que, pendant des générations, chacun savait
en naissant quelle allait être sa place. C’est bien la mobilité sociale
horizontale qui prévalait pour le plus grand nombre : le fils de maçon avait de
fortes chances de le devenir lui-même, de même que celui de mineur ou d’ouvrier
sidérurgiste ou de paysan. On dérogeait rarement à son destin. Parfois
l’insistance de l’instituteur poussait à faire des études, ce qui ouvrait à
d’autres trajectoires. Cette prédétermination des rôles sociaux s’accompagnait
souvent d’un encadrement de chacun par des institutions sociales (la famille,
la communauté « villageoise » puis, avec l’industrie fordiste, l’usine mais
aussi le syndicat, sans oublier le rôle des églises et des partis) qui étaient
à même de fournir assurance et sécurisation, tout en inscrivant l’individu dans
une histoire plus collective, une « geste », un combat plus qu’un
projet.
La transformation du fonctionnement des sociétés, sous
l’effet de la généralisation de l’instruction et de l’accès à des informations
en nombre toujours plus grand, comme sous l’effet de la mutation du système
productif par le renouvellement de plus en plus rapide des technologies, s’est
traduite par l’aspiration de chacun à devenir maître de son destin. Dans une
société de plus en plus mobile et ouverte, il est peu à peu devenu légitime de
chercher à s’affranchir de la pesanteur de la tradition et des tutelles pour
revendiquer l’autodétermination de son destin. C’est un peu comme si chacun au
fond était désormais appelé à inventer son histoire, à être « auteur de sa vie
». Parfaitement légitimé à se libérer de ce qui apparaît comme l’entravant,
l’individu aspire à la fois à son autonomie et à son épanouissement. Il veut
désormais décider de ce qu’il fera. La place d’un individu ne lui est plus
dévolue, il lui faut désormais la gagner. Chacun est donc non seulement
autorisé à exprimer un projet, à se projeter dans un lieu, une condition, un
métier, mais est quasiment placé dans l’obligation de le faire.
Cette nouvelle axiomatique peut donner le vertige. Il y
aurait là une conception quasi « managériale » de la condition humaine,
procédant par objectifs et moyens. L’individu sera-t-il pourvu des compétences
qui lui permettront d’être à la hauteur de cette exigence ? Il n’est pas
certain que l’ensemble des individus dispose également de telles capacités.
D’autant que l’autonomie n’est pas que liberté, elle est aussi devenue une
nouvelle norme sociale, une sorte de nouvelle règle du jeu à laquelle chacun
doit se soumettre. Elle se traduit par de nouvelles contraintes et, en
particulier, celle de la nécessité d’exprimer un projet, nécessité qui pèse y
compris sur celles et ceux qui sont placés dans des situations de vie,
matérielles et psychiques, trop précaires pour être compatibles avec la moindre
capacité à se projeter hors de l’exigence du quotidien le plus
prégnant.
L’assurance comme condition nécessaire à la formulation d’un
projet
Car pour se projeter, il faut être sinon tout à fait
sécurisé, du moins suffisamment assuré pour en prendre le risque. Or
l’injonction au projet s’opère au moment où le fonctionnement des sociétés
insécurise de plus en plus les individus qui la composent et là n’est pas son
moindre paradoxe : porter pour une part sur des individus que la société place
dans des situations de relative insécurité, et cette insécurité ne pèse pas
seulement sur ceux qui sont confrontés à la précarité ou à la
pauvreté.
Quand le quotidien requiert de leur part autant d’énergie,
comment ceux-là peuvent-ils encore avoir de la ressource pour se projeter ?
Quand ils ont aussi peu de maîtrise sur leur environnement proche, comment
disposeraient-ils de cette sécurité minimale qui autorise à ne plus simplement
regarder le présent pour en conjurer le caractère aléatoire mais à regarder un
peu plus loin devant soi ? De très nombreux travaux se sont attachés à montrer
la mobilisation de tous les instants qu’exige la simple survie matérielle. Ils
font douter que les individus qui ont à assumer un tel poids du quotidien
puissent disposer de la faculté de s’en abstraire pour énoncer ce qui pourrait
être de l’ordre du projet. Sans doute rêvent-ils de s’en sortir mais ce n’est
pas ce qui leur est demandé. Le projet n’a pas grand-chose à voir avec
l’évasion.
Quant aux autres, qui ne sont pas requis de la même manière
par l’impérieuse nécessité de la survie quotidienne, se projeter n’est pas non
plus pour eux sans risque, tant le fonctionnement de la société est devenu de
moins en moins prévisible, de plus en plus incertain. Et cette incertitude pèse
bien sûr également sur le destin des individus. Dans le même temps où chacun
fait sans doute l’expérience de sa possible liberté, il fait aussi l’expérience
d’une société qui se dérobe et lui échappe tant la complexité de son
fonctionnement rend toute prévision aléatoire.
Projet et responsabilité indéfectiblement liés
Le risque de formuler un projet, c’est aussi celui d’être
confronté à son échec, à l’incapacité à le mener à bien, sans pouvoir au final
en imputer la responsabilité à un tiers. Être ou se croire libre de son destin,
c’est aussi devoir assumer la responsabilité de ses atermoiements, de ses
doutes. Car, si les sociétés contemporaines sont marquées par la possibilité
donnée à chacun de « faire sa vie », de tracer sa trajectoire, elles obligent
ceux qui échouent à faire l’expérience douloureuse d’une solitude absolue et
d’une sorte de disqualification sociale. Le projet par essence s’énonçant, sa
réalisation ne saurait être tenue secrète. Elle s’opère sous le regard de qui
en a été pris à témoin : du compagnon, de l’ami ou de l’institution. Si le
succès est valorisant parce qu’il résulte, par nécessité, des qualités et
mérites de l’individu, contribuant à améliorer sa valeur, à ses propres yeux
comme à ceux de son environnement, il est en revanche impossible de se défaire
de son échec puisque le projet est bien l’expression, au moins partielle, de
son propre désir et non pas le résultat de celui d’un autre, qu’il soit le
père, la communauté ou qu’il incarne « la société ». Il y a, dans cette
nouvelle manière pour les individus de « jouer leur vie », des règles du jeu
d’une certaine dureté bien plus que de l’empathie.
La réalisation du projet réactive les inégalités
sociales
Nouvelle norme sociale à laquelle chacun est prié de se
conformer, la logique du projet, malgré les apparences, reste socialement
discriminante, réactivant entre les individus, les inégalités de ressources et
le « capital social » pour reprendre le terme de Pierre Bourdieu. Car,
contrairement aux apparences, l’individu, pour réaliser son projet, ne saurait
compter sur ses seules forces, sur sa seule énergie ou sur ses seules capacités
intellectuelles ou relationnelles. Il bénéficie également des ressources de son
environnement social, qu’elles soient matérielles ou immatérielles. Et
l’analyse sociale a montré depuis longtemps qu’en la matière, les individus
n’étaient pas à égalité de chances. Dès lors, la rhétorique du projet, qui
survalorise la motivation comme ressort de la réussite, pour séduisante qu’elle
apparaisse, peut se révéler être un leurre et du même coup accroître les
frustrations de ceux qui sont confrontés à ce défaut de ressources. Tel est
bien souvent le cas des personnes inscrites dans la nécessité du projet par les
dispositifs de l’action sociale. Certes, la possibilité qui leur est donnée
d’énoncer un projet peut être appréciée comme une seconde chance, d’autant
qu’ils peuvent bénéficier des ressources que ces programmes mettent à leur
disposition, au titre d’une compensation de ce défaut de « capital » qu’ils ne
peuvent mobiliser par eux-mêmes. C’est bien là, dans le Revenu minimum
d’insertion, une des significations possibles du contrat, que cette mise au
service du projet de l’individu d’un certain nombre de ressources en échange de
l’énonciation d’un projet qui symboliserait la conformation à cette règle
impérieuse du jeu social qu’est désormais devenu le principe d’autonomie. Mais
cette mobilisation de la société pour aider à la réalisation du projet
l’autorise du même coup se préoccuper de son contenu et à vérifier si
l’individu qui le porte a la capacité ou non de le réaliser. L’on sait que,
dans ce travail d’appréciation, il y a souvent, pour celui qui le subit, plus
que du désenchantement, une manière d’être rappelé à l’adhérence de sa
condition, alors même que le projet repose, nous le disions plus haut, sur une
capacité à se projeter hors de soi-même, ou en d’autres termes à s’arracher à
sa condition.
Nous ne saurions conclure, d’autant que l’on peut s’étonner
de voir traiter sur un même plan l’injonction au projet, qu’elle s’adresse aux
politiques publiques ou aux individus. Il n’y a pas là qu’un effet de
rhétorique censé confirmer l’affirmation initiale d’une généralisation de la
thématique du projet et de son invasion dans toutes les sphères de la société.
Nous avons tenté de souligner quelques traits communs du projet comme effet ou
attribut de la liberté, ou de la libération, qu’elle soit celle des communes
que la décentralisation a pour partie soustraites à la tutelle de l’État, ou
qu’elle soit celle des individus. Mais paradoxalement il est aussi l’obligation
faite aux uns comme aux autres de rendre compte de l’usage qu’ils font de cette
liberté dont on pourrait dire qu’elle est sous surveillance ou qu’il y en a un
usage prescrit. En cela, le projet est bien une nouvelle contrainte dont
l’expression est nécessaire à qui veut rentrer dans le jeu de la négociation,
pour ce qui est des politiques publiques, dans le jeu social, pour ce qui est
des individus. Peut-on y échapper et à quel prix ? Le silence serait-il devenu
une nouvelle forme de résistance ?
[*]
Chercheuse au
cnrs,
directrice du
cieu (
umr 5053 du
cnrs), université Toulouse-le-Mirail, 5, allées
A.-Machado, 31058 Toulouse cedex.